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bande dessinee francaise

L'arabe du futur de Riad SATTOUF

Publié le par Hélène

Mon avis :

Que de stéréotypes !

Riad Sattouf est né d'une mère bretonne et un père syrien. Ce premier tome consacré à son enfance raconte ses premières années de 1978 à 1984. Il grandit d'abord à Tripoli, en Libye, avant de regagner la Syrie. Professeur, son père travaille pendant que Riad et sa mère restent à la maison. Il nous livre son ressenti "d'enfant" face à la découverte de son univers. 

Et voilà où je ne peux pas cautionner cet album : les ressentis en question sont une suite sans fin de clichés révoltants qui vont crescendo. 

Les femmes : sa mère est une personne effacée qui passe quasi inaperçue dans ce tome. Elle reste au foyer avec son fils. En Libye, elle travaille brièvement à la radio, mais une crise de fou rire en direct oblige le père à demander la démission de sa femme en justifiant le fou rire par ces mots : "C'est une femme... Elle est un peu hystérique... Haha." La mère retourne donc à ses fourneaux, ne se révoltant jamais face au père qui balance entre deux cultures. Le jour où il lui assène "C'est moi qui commande", elle se contente d'avoir des sueurs froides. La grand-mère maternelle est tout aussi ridiculisée : quand elle voit Kadhafi pour la première fois, son propos respire l'intelligence : "Dis donc, il est grandement bel homme Kadhafi". De même toutes les femmes que rencontrent Riad font preuve d'une superficialité unanime : elles ne sont capables que de s'extasier devant ses boucles blondes. 

Les enfants : c'est simple, tous les enfants de ce tome sont des débiles ! Sauf Riad bien sûr qui conjugue toutes les qualités : doué en dessin, pacifiste, intelligent, presque "précoce". En Libye ses voisins sont Adnan, "yéménite à l'air endormi" et Abani "une indienne qui sentait une drôle d'odeur". Tous deux ont en commun -outre leur débilité-  "d'être totalement fascinés" par Riad. Les enfants français rencontrés en Bretagne sont tout aussi idiots "Je  n'arrivais pas à communiquer avec les enfants : beaucoup d'entre eux avait des comportements incohérents et frénétiques." Quant aux enfants syriens, en plus d'être fous -comme les autres enfants-, sont d'une violence inouïe, ses cousins étant des"brutes" à l'état pur. 

Les pays arabes sont des espèces de no man's land que ne mettent nullement en valeur les dessins de Riad Sattouf. Ce parti pris de choisir une couleur pour un pays crée une Libye jaunâtre peu accueillante, et une Syrie rosâtre tout aussi inhospitalière. Les bâtiments sont bien souvent fissurés, les chantiers abandonnés, les rues sales, domaine des rats, le fleuve pollué, etc... Les pays sont dirigés par des militaires lobotomisés. 

Les arabes eux-mêmes sentent la sueur ou l'urine, au choix... Ils passent leur temps à se battre et à s'insulter, et ce, depuis leur plus jeune âge. Ah et aussi, ils adorent les armes !

Antisémites dans l'âme, les enfants arabes pensent que Riad est juif à cause de ses cheveux blonds, et s'en prennent donc violemment à lui. Le père de Riad lui-même est contradictoire, pensant que l'homme arabe devait s'éduquer pour sortir de l'obscurantisme religieux mais qui n'hésite pas à comparer les noirs à des "gorilles". Professeur qui pourrait défendre des valeurs humaines, ses idéaux restent bassement matériels : il rêve de devenir multimilliardaire et de posséder une mercédès. 

A la fin du tome Riad a des sueurs froides à l'idée de retourner en Syrie, ce pays sanguinaire et inadapté. 

On le comprend tant toutes les personnes qu'il a pu croiser dans sa vie manque cruellement d'humanité ou de tendresse... De la bêtise, de la violence. Seulement ça. 

Qu'est ce qui justifie une accumulation de tels clichés dangereux ? La vision innocente du jeune Riad justifie-t-elle cette vision tellement stéréotypée ? Est-ce censé être drôle ? L'auteur a-t-il des comptes à régler avec son histoire et ses racines ? En souhaitant pointer le choc des cultures, Riad Sattouf finit par nous choquer par sa vision encourageant implicitement les arabophobes. 

Pourquoi un tel engouement pour cet album, la question mérite d'être posée : pouquoi un prix à Angoulême, des critiques élogieuses des médias, des lecteurs enthousiastes (cf babélio, avec une seule critique négative sur 61 critiques)

Je n'aurais qu'un seul mot : glaçant !

Présentation de l'éditeur :

Allary Editions

Vous aimerez aussi :

D'autres avis :

JérômeLaurieYaneck ; MiorPhilisine

Nouvel obsTélérama 

 

L'arabe du futur, Une jeunesse au Moyen Orient (1978-1984), Riad Sattouf, Allary Editions, mai 2014, 20.9 euros

 

Reçu dans le cadre de l'opération "la BD fait son festival" de Priceminister.   

 

Bd de la semaine, cette semaine chez Noukette 

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Moby Dick de CHABOUTE

Publié le par Hélène

  

♥ ♥ ♥ 

"Si la vie sur mer l'emporte déjà sur la vie à terre, dans le domaine des fables et du fantastique, la pêche à la baleine, elle, surpasse en contes merveilleux, tragiques et effrayants tout autre mode de vie maritime."

Ce que j'ai aimé :

Un jeune moussaillon s'embarque sur le Pequod aux côtés de son capitaine Achab, pensant chasser les baleines.Mais cet étrange capitaine ne traque pas seulement les baleines, mais LA baleine, celle qui lui a arraché la jambe, et lui a volé son âme, la baleine blanche insaississable, Moby Dick.

"Achab nourrit envers la baleine blanche une fureur vengeresse. L'identifiant à ses douleurs physiques mais aussi à tous ses tourments et souffrances morales !! La baleine blanche nage devant lui obsédante incarnation de ces puissances maléfiques !"

La fragilité des harpons, des lances, des frêles embarcations se heurte à l'imposante masse de la baleine qui d'en mouvement balaie tout ce petit monde et l'envoie dans les profondeurs. Combat inégal et insensé mais qui est la raison de vivre de Achab qui entraîne ses  hommes à sa suite, les retenant priis au piège de sa folie. Son obsession remplit d'effroi l'équipage désarmé face à tant de persévérance ! Sa conscience angoissée par la néant recherche la réalité en arpentant les mers. Sa quête incessante reste profondément humaine.

Les dessins en noir et blanc rendent l'histoire d'autant plus intense, fouillant les tréfonds de l'âme du capitaine Achab, dont la noirceur s'oppose à la pureté blanche de la baleine. Mais ce manichéisme n'est qu'apparent, humanité et bestialité affleurant dans les deux âmes jumelles.

Une superbe adaptation de ce classique mythique de Herman Melville paru en 1851 !

Présentation de l'éditeur :

Vents d'ouest pour le tome 1 ; pour le tome 2 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Tout seul Un peu de bois et d’acier 

D'autres avis :

France inter ; Télérama 

Cathe SaxaoulJérôme 

 

Merci à l'éditeur.

 

Moby Dick, Chabouté, 2 tomes, Vents d'ouest, 2014, 18.50 euros le tome

 

C'était ma BD de la semaine, d'autres BD chez Stephie cette semaine.

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Petites coupures à Shioguni de Florent CHAVOUET

Publié le par Hélène

♥♥

Prix Fauve polar SNCF au festival d'Angoulême 2015

Ce que j'ai aimé :

Dans une ville fictive nommée Shioguni, à la nuit tombée, des yakuzas viennent réclamer leur dû à un restaurateur. Une jeune fille témoin s'enfuit en taxi. Commence alors une course poursuite endiablée dans une ville japonaise tentaculaire. Les policiers enquêtent aussi sur l'agression du restaurateur, mais découvrent rapidement que la simplicité de la situation n'est qu'apparence. Les détails détonnants s'accumulant au fur des heures créent une autre réalité parallèle bien plus complexe. 

Florent Chavouet présente ici son premier récit de fiction après deux récits de voyage parfaitement réussis : Manabé Shima et Tokyo sanpo. Il reprend le graphisme utilisé dans les carnets de voyage, sorte de patchwork constitué de dessins, de documents divers et variés, de notes prises à la va-vite... Il y intègre des documents d'enquête et construit autour d'eux un enquête policière trépidante. Saturés de détails les dessins sont une mine d'informations qui permettent de rendre compte de l'atmosphère cosmopolite et vibrante de cette mégalopole japonaise. 

"Mais bon, plus rien ne me surprend maintenant. On trouve n'importe quoi dans les rues de cette ville, même des tigres !"

Un graphisme d'une grande originalité qui densifie l'aspect policier de cette bande dessinée teintée d'humour.

Ce que j'ai moins aimé :

Il faut être doué en puzzle pour remettre toutes les pièces en place ! J'avoue ne pas avoir saisi à la première lecture toutes les nuances de l'intrigue...

Présentation de l'éditeur :

Picquier Editions

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Manabé Shima

Le blog de l'auteur : http://florentchavouet.blogspot.fr/

D'autres avis :

Page des libraires ; 

Jérôme ; Choco 

 

Petites couures à Shioguni, Florent Chavouet, Picquier éditions, novembre 2014, 184 p., 21.50 euros

 

Bd de la semaine que l'on retrouve cette semaine chez Stephie

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Pablo de Julie BIRMANT et Clément OUBRERIE

Publié le par Hélène

♥♥♥

"Un soir, j'ai assis la beauté sur mes genoux.

- Et je l'ai trouvée amère.

- Et je l'ai injuriée."

Rimbaud

Ce que j'ai aimé :

Cette série présente le quotidien de Picasso à Montmartre de 1900 à 1912.

Le point de vue proposé est celui de Fernande, celle qui sera le premier amour de Picasso et dont il réalisera une centaine de portraits. Nous suivons tout d'abord parallèlement les histoires du jeune Pablo fraîchement arrivé l'Espagne, et de Fernande qui vient de se marier et va vite vivre un enfer conjugal. Le premier tome se terminera par leur rencontre au Bateau Lavoir, quand Fernande sera devenue modèle pour les peintres.

                            

Puis l'hiver 1904-1905 arrive et Picasso rencontre Apollinaire, le poète ami des peintres. Une amitié sincère naîtra entre les deux hommes. Le troisième salon d'automne consacrera le succés des fauves quand Picasso est lui fasciné par Ingres et de son "Bain turc". Gertrude et Léo Stein achètent des toiles à Picasso et le convient à des soirées que fréquentent déjà de nombreux artistes. Le CM, cher Maître Matisse à la vie si bien rangée fait de l'ombre à Picasso.

Le troisième tome commence en Espagne en mai 1906 où Picasso a emmené Fernande. De plus en plus jamoux, il s'exile dans un petit village perdu dans la sierra pour préserver Fernande des mauvaises rencontres. Picasso est habité par un génie créateur, mais ils doivent rentrer à Paris précipitamment. Picasso travaille à "son grand bordel" et est obsédé par l'art des fangs, par les têtes ibériques, les femmes nues. Sa folie créatrice et sa personnalité torturée le place aux antipodes de la vie posée et harmonieuse de Matisse son grand rival qui triomphe avec son "Nu bleu". Apollinaire quant à lui tombe fou amoureux de Marie Laurencin ce qui apporte de l'équilibre dans l'âme de cet artiste habité.

La gloire arrivera dans le tome 4 porté par la naissance du cubisme et du "bordel" devenu le célèbre "Les demoiselles d'Avignon".

                          

"C'est une bombe, un concentré de tout ce qui n'a pas encore été peint : la peinture de l'avenir."

L'histoire de Picasso est aussi prétexte pour peindre cette époque virevoltante, cette émulation intellectuelle et culturelle des artistes, cette bohème enivrante. 

Une réussite !

Présentation de l'éditeur :

Dargaud 

                   

Vous aimerez aussi :

D'autres albums de Oubrerie :  Aya de Yopougon ;   Zazie dans le métro 

Blog de Oubrerie 

Présentation Julie Birmant

D'autres avis :

Jérôme 

 

 

Pablo, Max Jacob, Julie Birmant et Clément Oubrerie, Dargaud, environ 17 euros le tome

 

Chez Noukette cette semaine.

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Un océan d'amour de Wilfrid LUPANO et Grégory PANACCIONE

Publié le par Hélène

                        

♥ ♥ ♥ ♥ 

Mon avis :

Tous les matins ce breton part à la pêche aux larges des côtes bretonnes, pendant que sa femme l'attend fidèlement au port. Leur routine est bien établie, jusqu'au jour où un grain de sable se coince dans la machine huilée du quotidien : le pêcheur est lui-même pêché par un cargo usine. Sa femme qui ne le voit pas revenir, part alors à sa recherche, bien décidée à ramener au port son petit bout d'homme. Elle va traverser un océan d'amour pour lui...

                         

Entièrement muet, cet album est atypique. La force des images permet de combler l'absence de paroles. Les mots sont inutiles, futiles, s'envolant au vent, les actes étant plus forts et plus parlants que les paroles.  Les liens du pêcheur et de sa bigoudenne s'affirment au fil des bulles, l'amour est capable de déplacer des montagnes et surtout de traverser des mers. L'aventure attend les deux bretons, l'un aux prises avec son cargo et la mer impitoyable, avec pour seule compagnie une mouette un peu collante, l'autre refusant de rester au port à se lamenter avec les autres femmes de marin, mais plutôt prête à embarquer sur tous les bateaux pour suivre la trace de son cher et tendre. 

Cette histoire millénaire d'une femme qui court après son aimé est aussi un prétexte pour voguer sur des mers parfois polluées, souvent malmenées, à bord d'une petite coque de noix bien frêle face à la grandeur de certains armateurs...

Une lecture pleine d'humour et d'émotions.

                           

Présentation de l'éditeur :

          

Chez Delcourt

Vous aimerez aussi :

Le singe de Hartlepool

D'autres avis :

Repéré chez  Noukette

Alfie's mec ; Mo ; Jacques

Babelio

Le Figaro 

 

Prix BD Fnac 2015

 

Chez Jacques d'Un amour de BD cette semaine

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Arsène Lupin Les origines Tome 1, Les disparus de la Haute-Boulogne, Benoît Abtey, Christophe Gaultier, Pierre-Jean Deschodt

Publié le par Hélène

                           

Mon avis :

1888. Le jeune Arsène Lupin a 12 ans quand il est envoyé à la Haute Boulogne, une maison de redressement sur Belle-Ile en Mer, en Bretagne. Après quelques mésaventures, il sera adopté par le Comte Perceval de La Marche, qui l'entraînera dans la lutte contre la confrérie des Lombards.

         

Trop d'intrigues se télescopent : les activités funestes de ce pensionnat isolé, l'enquête du journaliste Roubaud, l'apparition de l'inspecteur Bellemain, le massacre perpétré chez le marquis de Kerrichard, les origines du fils décédé du comte de la Marche, le mystère entretenu autour de son épouse, ses rapports avec le jeune Arsène, etc...  De fait la construction est brouillonne, l'action sautille trop rapidement d'intrigues en intrigues, les actions sont menées à grande vitesse, les personnages sont seulement esquissés, avant d'être assassinés, tout va trop vite, trop d'informations se bousculent dans ce premier tome. L'homme au masque de fer fait même une apparition éclair, comme si les auteurs avaient voulu à tout prix placer des références historiques, mais sans les exploiter suffisamment -pour l'instant.

L'univers des romans de Maurice Leblanc avec l'humour et la classe inséparable du célèbre gentleman cambrioleur sont dissous, dépassés par ce trop-plein d'intrigues. La quatrième de couverture promettait "Une saga d'aventures pleine d'humour menée avec brio et panache !", il est certain que si les aventures se succèdent, l'humour lui a fui vers d'autres latitudes...

Le dessin est assez sombre, l'usage des traits noirs accentuant encore cette absence de netteté ressentie à travers le scénario.

Une déception !

Vous aimerez aussi :

Le collier de la reine et autres nouvelles de Maurice Leblanc

D'autres avis :

Les 8 plumes

 

Chez Noukette d'autres bd de la semaine 

 

Reçu dans le cadre de Masse Critique de Babélio

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Fraternité de CHARLIE HEBDO

Publié le par Hélène

"Frères de gauche

Frères de droite

Tous des frères en charter

Sans fraternité fixe

Frères sans frontières

Tous frères dans les vestiaires

Frères-soeurs mode d'emploi

Tous frères devant Dieu

Tous frères à Noël."

 

En 2008 Charlie Hebdo lance sa propre maison d'édition "Les échappés"

Parmi les premiers titres ce Fraternité qui fait partie d'une trilogie ("Liberté","Egalité", "Fraternité"), trois recueils de dessins politiques "une trilogie qui vole au secours de la gauche complexée, en rappelant les hauts faits du sarkozysme".

Y participent Cabu, Luz, Charb, Riss, Willem, Catherine, Jul, Honoré, Tignous, Wolinski.

Le contexte politique est celui de 2008 avec Sarkozy au pouvoir après la défaite de la gauche, ceux qui quittent le navire, la politique de Brice Hortefeux, le plan banlieue de Fadela Amara, la politique africaine de Sarkozy, le sport... Mais toujours en toile de fond, l'occasion de relire cet humour corosif, l'esprit Charlie Hebdo, ce second degré qui les caractérise, pour "dénoncer la bêtise en faisant rire." (Cabu)

Ce titre m'a surtout interpellée pour son titre, ce "fraternité" si vital. Un mot que chacun doit faire sien, qui devrait être l'essence même de l'être humain...

 

Pour que Charlie Hebdo survive, vous pouvez les soutenir. C'est ICI

En kiosque aujourd'hui également le journal des "survivants" de l'attentat de mercredi dernier, avec en couverture un dessin de Luz :

De nombreux blogueurs se réunissent aujourd'hui sur l'initiative de Yaneck des chroniques de l'Invisible, pour faire revivre en ce mercredi symbolique les dessinateurs de Charlie Hebdo :

Noukette Dessins pour se taire

Violette Dessins des auteurs

Fan de BD Maurice et Patapon

Les lectures de Caro Dessinateurs de presse

Mélo Pandas dans la brume

Faelys Pandas dans la brume

Sandrine L'intégrale des beaufs

Une case en plus L'intégrale des beaufs

Véronique D Les impubliables

Yaneck La vie de Mahomet

Marion New York de CABU

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Bulles et nacelle de Renaud DILLIES

Publié le par Hélène

                      

♥ ♥ 

"Les aventures de Charlie la souris ou les vicissitudes du muridé solitaire"

Ce que j'ai aimé :

Charlie est une petite souris écrivain en mal d'inspiration qui aime gratouiller sa guitare dans sa grande maison vide en écoutant Django, Plutôt solitaire, elle rencontre par hasard une girafe qui accroche des guirlandes en vue du carnaval et reçoit également la visite dun petit oiseau bleu nommé Monsieur Solitude.

Charlie nous parle des difficulté des rapports humains, des êtres qui se frôlent, se manquent avant de retourner à leur solitude presque salvatrice et pourtant terriblement aliénante. De temps en temps, Charlie a besoin de prendre l'air quand trop de sensations l'assaillent. Il redoute et aime sa solitude à la fois, craint de n'avoir rien à raconter sur sa page blanche et est finalement condamné à tourner sur une grande roue aux côtés de ses peurs et angoisses sans parvenir à en descendre. Prisonnier de ses aspirations, de ses habitudes, de cette recherche éternelle de la beauté.

"-Vous savez quel est le point commun entre vous et l'enfant qui souffle des bulles, là-bas ?

- C'est exactement ce que je n'arrive pas à faire !

- Vous, vous décorez les quatre coins de la ville de centaines de guirlandes... Tandis que lui lâche quelqeus bulles de savon qui flottent un instant au gré du vent... Tout ça pour quoi ?... Juste pour, ne serait-ce qu'un moment, rendre les choses plus jolies... en fin de compte, plus supportables... J'aimerais écrire la vie de cette manière-là. Mes phrases seraient des guirlandes et mes mots des bulles... Tisser l'étoffe d'un voile translucide brodé de rêves.... Hisser mes sensations au plus haut mât d'un bateau de papier... Et laisser le vent souffler. Respirer."

Comment écrire quelque chose d'utile pour soi ou pour les autres ? Comment retranscrire la légèreté et le bonheur émanant naturellement d'une bulle de savon ou d'une guirlande ? Comment vivre avec et sans les autres ? 

                          

Sans apporter de réponses, ce magnifique album tracera sur votre chemin un faisceau de questionnements rayonnant sur la beauté des pages.

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien

Informations sur la BD :

Dargaud 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Abélard, Betty Blues

D'autres avis :

Mo ; Noukette ; Antigone ; Sandrine

 

Bulles et nacelle, Renaud Dillies, Dargaud, 16.45 euros

 

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Errance en mer rouge de Joël ALESSANDRA

Publié le par Hélène

                           

♥ ♥ ♥

"N'ayez jamais peur de la vie, n'ayez jamais peur de l'aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée..." (dernières paraoles de Henry de Monfreid)

Ce que j'ai aimé :

Tom erre sans but depuis que son épouse est récemment décédée. Professeur d'arts plastiques, il finti par accepter un poste à Djibouti, pensant ainsi tourner une page douloureuse de sa vie. Là-bas, il marche sur les traces des grands voyageurs comme Henry de Monfreid, mais aussi Conrad, Rimbaud...

"Henry de Monfreid, un écrivain voyageur, un explorateur, un trafiquant rebelle, un homme à la mer ! Je découvrais ses romans, ses récits, influencés par une vie ressemblant à un conte oriental."

Il se laisse porter par ses lectures, ses dessins, ses photos et par ses rencontres. C'est ainsi qu'il rencontre Fred, un baroudeur qui lui offre une aventure moderne ancrée dans les considérations géopolitiques de notre siècle.  

Les dessins magnifiques rendent hommage à cette Afrique qui a su fasciner tant de voyageurs. L'insertion de photos noir et blanc des enfants rencontrés renforce cette volonté de naviguer entre récit de voyage et aventure moderne. 

  

De fait, le mélange des questions géopolitiques plutôt sanglantes et de la poésie des carnets de voyage est assez troublant, on oscille sans cesse entre une Afrique fantasmée et un pays violent gangréné les trafics et la contrebande. Sauf que cette aventure-là n'est nullement édulcorée et heurte Tom de plein fouet !

"Surfer sur les ombres de Monfreid, découvrir ce monde fictif qui lie les hommes rêveurs à une actualité tellement présente." tel est le propos.

Loin des idéaux littéraires, l'aventure a aussi ses revers sordides...

                      

Ce que j'ai moins aimé :

 Le contraste entre une première partie douce et mélancolique et une deuxième partie sanguinaire régie par les armes à feu peut déranger. 

             

Infos sur le livre :

Casterman 

Vous aimerez aussi :

Pawnee de Patrick PRUGNE

D'autres avis :

Libération 

 

Errance en mer rouge, Joël Alessandra, Casterman, mars 2014, 22.5 euros

 

Pioché à la médiathèque.

 

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Le chien qui louche de Etienne DAVODEAU

Publié le par Hélène

                      

♥ ♥ ♥ ♥  

Ce que j'ai aimé :

Fabien est agent de surveillance au Louvre et aime ce qu'il fait. Il vient de rencontrer Mathilde avec qui il vit une relation harmonieuse.

"Elle s'appelle Mathilde.
- Joli prénom. Où est le problème ?
- Elle a un père et deux frères.
- Ça arrive à des gens très bien.
- Elle a même un arrière-arrière grand-père.
- Cette famille semble bénéficier d'une longévité exceptionnelle."

Si l'arrière arrière grand père est mort, les deux frères et le père Benion sont eux bien vivants. Et un peu lourdauds. Puisque ils ont enfin face à eux un "expert", ils vont lui soumettre le tableau phare de la famille qui croupit dans le grenier en lui demandant s'il pourrait lui trouver une place au Louvre ? Ce "Chien qui louche" n'a rien d'une oeuvre d'art, et pourtant Fabien va se pencher sur la question...

                            

La question est de savoir si n'importe quelle oeuvre a sa place au Louvre ? Les touristes qui parcourent les salles au pas de course verraient-ils la différence entre une "Victoire de Samothrace" et une toile d'un peintre inconnu ?

Fabien est sensible à l'art, tout comme Balouchi, fervent visiteur du Louvre. Il savent apprécier les oeuvres et sont en mesure de dire quelles sont les plus belles fesses du Louvre... Mais les autres ?

"Je cherche ainsi à montrer les œuvres et m'arrêter sur elle de façon ludique. Afin de piquer l'attention du lecteur, à une époque où les visiteurs déambulent au Louvre comme on va chez Disneyland, en glissant davantage qu'en observant vraiment." (Interview de l'auteur pour Télérama)

Réflexion aussi sur le couple, sur la liberté, la solitude, la peur de se lier et de fonder quelque chose de plus durable et profond, cet album complet est une vraie réussite !

             

Le dossier final réalisé avec Anne Vincent, chef du service des acquisitions au musée du Louvre présente le processus d'acquisition des oeuvres.

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien

Informations sur le livre :

Chez Futuropolis 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Les ignorants

Autre : La traversée du Louvre de Prudhomme

D'autres avis :

Télérama

Jérôme Mo’ ; Noukette ; Cristie ; Stephie

 

Le chien qui louche, Etienne Davodeau, Futuropolis en co-édition avec le Musée du Louvre, octobre 2013, 144 p., 20 euros

 

Pioché à la bubliothèque

 

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