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bande dessinee francaise

Alvin de Renaud DILLIES et Régis HAUTIERE

Publié le par Hélène

 

♥ ♥ ♥ ♥

"On n'a que deux vies, la deuxième commence le jour où on réalise qu'on n'en a qu'une."

Gaston l'ours bougon a perdu son ami de coeur le jeune Abélard au regard mélancolique. Inconsolable, il traîne son désespoir dans les bars de New York, peu réceptif au monde impitoyable qui l'entoure et lui a ôté son seul ami. Il se confie de temps à temps à Purity, une prostituée au grand coeur. Quand celle-ci est tabassée à mort par un client, Gaston lui promet d'éviter à son fils Alvin l'assistance publique. Ainsi, le voilà accompagné d'un nouvel être en mal d'amour, un jeune orphelin récalcitrant, boudeur, que Gaston décide de ramener à sa famille. Commence alors un périple auquel va s'adjoindre "le bizarre", Jimmy, un compagnon atypique qu'ils ont extirpé des griffes d'un prédicateur fou. 

Dans le tome 2, Gaston et Alvin s'apprivoisent doucement au rythme des questions du jeune garçon qui derrière ses airs réfractaires cache une envie tenace de connaître le monde. Ils arrivent dans le bayou et se heurtent alors aux préjugés du Sud.

 

Alvin de Renaud DILLIES et Régis HAUTIERE

Cette fable philosophique éclaire les âmes des ours bougons que nous sommes d'une aura particulière. Elle chante l'éloge de la différence et de l'entraide avec une tendresse toute abélardienne. Le jeune Abélard illumine toujours le monde des étoiles qu'il a rejointes, et ses petites phrases philosophiques jalonnent le chemin tortueux qu'empruntent Gaston et ses acolytes. 

De là-haut, il nous prend par la main et avec sa naïveté légendaire nous laisse croire à cette petite fable optimiste qui distille ses leçons de tolérance.

Un bel album touchant...

Alvin de Renaud DILLIES et Régis HAUTIERE

Présentation de l'éditeur : tome 1 Dargaud tome 2 Dargaud  Le-Bal-des-Monstres ; 

Des mêmes auteurs : Abélard

D'autres avis : Jérôme ; Noukette ; Mo 

 

Merci à Marie de la Fnac.

 

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Au revoir là-haut de Pierre LEMAITRE et Christian DE METTER

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Un Goncourt en BD

1919. Albert et Edouard sont deux rescapés de la guerre 14-18, amis au-delà de la vie, l'un ayant sauvé la vie de l'autre. Toutefois Edouard n'en est pas sorti indemne, un obus lui ayant arraché la mâchoire. Gueule cassée, il refuse de reprendre contact avec sa famille.Il imagine une arnaque permettant de se venger de cette paix qui les a oubliés et de réaliser son rêve de partir aux colonies, entraînant dans son projet fou son acolyte. 

Cette histoire mémorable de deux laissés pour compte de la grande guerre a valu à son auteur Pierre Lemaître le prix Goncourt en 2013. Chrsitian de Metter propose ici son adaptation en BD. Mais comment résumer un roman de près de 600 pages en quelques planches, 168 pages pour être exacte. Il faut faire des coupes, des choix. Le choix de ne garder que les évènements marquants qui font avancer l'intrigue par exemple. Pour moi, l'adaptation pâtit de ces choix nécessaires. Elle manque de coeur, de sentiment, l'action prévalant sur des détails subtils laissés de côté, détails qui donnaient toute sa force au roman. Que reste-t-il de la douleur, de la difficulté de s'adapter, de l'amitié indéfectible des deux êtres soudés à jamais, de la description fine des rapports familiaux ou conjugaux ? Trop peu à mon goût. De plus, je ne suis pas certaine que quelqu'un ne connaissant pas le roman réussirait à suivre tous les méandres de l'intrigue, je pense qu'il serait rapidement perdu. 

Mais il faut reconnaître que les dessins rendent magnifiquement hommage au roman, en parfaite harmonie avec les personnages et les lieux. Le jeu des masques d'Edouard est admirablement rendu, parfait clin d'oeil à la verve créatrice de Edouard, lui même dessinateur refoulé.

Un bilan en demi-teinte pour cette adaptation...

 

Présentation de l'éditeur : Editions Rue de Sèvres 

Vous aimerez aussi : Le roman de Pierre Lemaître

D'autres avis : Noukette  ; JérômeAntigoneLivresse des mots ; Sandrine . Miss Alfie

 

Au revoir là-haut, Pierre Lemaître et Christian De Metter, Rue de Sèvres, octobre 2015, 176 p., 22.50 euros

 

Merci à Marie du prix BD Fnac. . 

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Nouvelles graphiques d'Afrique de Laurent BONNEAU

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Muet comme le soleil

Brûlant comme le silence

La dureté de la terre

Prend le reflet du ciel

Si longtemps

Qu'elle pénètre le corps

La terre craquelée du crépuscule

Continûment

Fuit le vent

encore haut et brûlant

Plein de lumière

C'est dans ce ciel nu

Que le soleil luit

Au-dessus du sable gris

Puis nait la nuit."

 

La forme de la nouvelle, peu usitée en Bd permet à Laurent Bonneau d'exposer une vision touchante de l'Afrique contemporaine. 

Il peint un continent magnifique, aux couleurs ocre et pastel lumineuses, continent riche de ses ressources naturelles, continent aux hommes altiers. Mais continent pillé par les occidentaux, et maintenant aussi par les chinois. L'instabilité politique règne dans tous les pays, à chaque instant tout peut partir en fumée et la guerre s'installer durablement. L'argent tient tout, et c'est l'économie de nos pays qui finance les guerres là-bas et qui envoie de fait des enfants-soldats au front. Et pourtant, alors que nous savons ce qui se passe "Nous savons, mais nous n'apprenons pas." 

"Dans le fond, le véritable danger pour l'état ne se situe pas tant dans les actions armées comme aujourd'hui, qu'à travers les relations avec les entreprises occidentales. Ce sont elles qui imposent de manière sous-jacente l'économie du pays. On nous fait croire que tout va bien, mais ça peut exploser à tout moment."

Face à cette situation, certains se résignent : 

"Est-ce seulement possible de photographier l'extrême patience de ceux qui attendent toute leur vie dans ce vent de poussière emportant tel un souffle les bruits et les odeurs âcres sans que rien n'arrive jamais ?"

D'autres prennent le risque de fuir, comme ce migrant qui quitte son pays en pirogue avec ces mots à la résonance macabre :

"Au vu de ce périple interminable, je ne sais quand tu pourras lire cette lettre que je garde sur moi, mais je tente de me convaincre que ce temps est proche pour alimenter l'espoir."

Comment de fait alimenter l'espoir pour ce continent ? La réponse vient d'un vieux sage lucide :

"La seule véritable arme de l'homme est la parole."

Un album incontournable sur ce continent millénaire qui a tant à nous apprendre.

 

Présentation de l'éditeur : Des ronds dans l'O 

D'autres avis : Découvert chez Jérôme et Noukette

 

Nouvelles graphiques d'Afrique de Laurent Bonneau, Des ronds dans l'O, 25 euros

 

Aujourd'hui chez Jacques

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Les vieux fourneaux tome 2 Bonny and Pierrot de Paul CAUUET et Wilfrid LUPANO

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Nous retrouvons les joyeux drilles du tome 1 avec un plaisir identique ! Chacun a repris le cours de sa vie après leur virée italienne. Pierrot reçoit un don "pour la cause" signé d'une mystérieuse Ann Bonny. Il se retrouve ainsi plongé dans son passé, sur les traces de la belle Ann, militante de la première heure. Parallèlement une manifestation s'organise à Paris à laquelle Antoine participe. Les trajectoires des comparses vont se recroiser sur Paris sur l'île de la Tordue...

Nos p'tits vieux préférés continuent leurs actions militantes sous le collectif "Ni yeux ni maître". Ils usent cette fois-ci d'armes révolutionnaires à l'inventivité remarquée pour créer des "attentats gériatriques". D'autres personnages peuplent le monde déjanté de ces "vieux fourneaux" comme la Francine de la Rochebonnefoy qui s'initie avec brio au hacking dans le but de pirater le site de Nadine Morano, avec l'aide de Arnaud, hacker accroc aux granolas, Robert fasificateur de talent, des infrimières dénudées, Sophie, gaffeuse professionnelle qui tente de préparer son jeune bébé Juliette au monde de demain ...

Leur bonhomie cache quelquefois des failles, les plongées dans le passé ne sont pas toujours bénéfiques, peut-être vaut-il mieux quelquefois rester ancré dans le présent pour garder les souvenirs intacts...

Des dialogues savoureux, des personnages attachants et une action qui décoiffe, une lecture à recommander pour se secouer les méninges !

Ce que j'ai moins aimé :

Tome moins tonitruant que le tome 1, les histoires sont moins reliées entre elles, plus anecdotiques.

Présentation éditeur :

Dargaud

Vous aimerez aussi :

Le tome 1

D'autres avis :

JacquesNouketteMo ; Jérôme

 

 

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L'arabe du futur de Riad SATTOUF

Publié le par Hélène

Mon avis :

Que de stéréotypes !

Riad Sattouf est né d'une mère bretonne et un père syrien. Ce premier tome consacré à son enfance raconte ses premières années de 1978 à 1984. Il grandit d'abord à Tripoli, en Libye, avant de regagner la Syrie. Professeur, son père travaille pendant que Riad et sa mère restent à la maison. Il nous livre son ressenti "d'enfant" face à la découverte de son univers. 

Et voilà où je ne peux pas cautionner cet album : les ressentis en question sont une suite sans fin de clichés révoltants qui vont crescendo. 

Les femmes : sa mère est une personne effacée qui passe quasi inaperçue dans ce tome. Elle reste au foyer avec son fils. En Libye, elle travaille brièvement à la radio, mais une crise de fou rire en direct oblige le père à demander la démission de sa femme en justifiant le fou rire par ces mots : "C'est une femme... Elle est un peu hystérique... Haha." La mère retourne donc à ses fourneaux, ne se révoltant jamais face au père qui balance entre deux cultures. Le jour où il lui assène "C'est moi qui commande", elle se contente d'avoir des sueurs froides. La grand-mère maternelle est tout aussi ridiculisée : quand elle voit Kadhafi pour la première fois, son propos respire l'intelligence : "Dis donc, il est grandement bel homme Kadhafi". De même toutes les femmes que rencontrent Riad font preuve d'une superficialité unanime : elles ne sont capables que de s'extasier devant ses boucles blondes. 

Les enfants : c'est simple, tous les enfants de ce tome sont des débiles ! Sauf Riad bien sûr qui conjugue toutes les qualités : doué en dessin, pacifiste, intelligent, presque "précoce". En Libye ses voisins sont Adnan, "yéménite à l'air endormi" et Abani "une indienne qui sentait une drôle d'odeur". Tous deux ont en commun -outre leur débilité-  "d'être totalement fascinés" par Riad. Les enfants français rencontrés en Bretagne sont tout aussi idiots "Je  n'arrivais pas à communiquer avec les enfants : beaucoup d'entre eux avait des comportements incohérents et frénétiques." Quant aux enfants syriens, en plus d'être fous -comme les autres enfants-, sont d'une violence inouïe, ses cousins étant des"brutes" à l'état pur. 

Les pays arabes sont des espèces de no man's land que ne mettent nullement en valeur les dessins de Riad Sattouf. Ce parti pris de choisir une couleur pour un pays crée une Libye jaunâtre peu accueillante, et une Syrie rosâtre tout aussi inhospitalière. Les bâtiments sont bien souvent fissurés, les chantiers abandonnés, les rues sales, domaine des rats, le fleuve pollué, etc... Les pays sont dirigés par des militaires lobotomisés. 

Les arabes eux-mêmes sentent la sueur ou l'urine, au choix... Ils passent leur temps à se battre et à s'insulter, et ce, depuis leur plus jeune âge. Ah et aussi, ils adorent les armes !

Antisémites dans l'âme, les enfants arabes pensent que Riad est juif à cause de ses cheveux blonds, et s'en prennent donc violemment à lui. Le père de Riad lui-même est contradictoire, pensant que l'homme arabe devait s'éduquer pour sortir de l'obscurantisme religieux mais qui n'hésite pas à comparer les noirs à des "gorilles". Professeur qui pourrait défendre des valeurs humaines, ses idéaux restent bassement matériels : il rêve de devenir multimilliardaire et de posséder une mercédès. 

A la fin du tome Riad a des sueurs froides à l'idée de retourner en Syrie, ce pays sanguinaire et inadapté. 

On le comprend tant toutes les personnes qu'il a pu croiser dans sa vie manque cruellement d'humanité ou de tendresse... De la bêtise, de la violence. Seulement ça. 

Qu'est ce qui justifie une accumulation de tels clichés dangereux ? La vision innocente du jeune Riad justifie-t-elle cette vision tellement stéréotypée ? Est-ce censé être drôle ? L'auteur a-t-il des comptes à régler avec son histoire et ses racines ? En souhaitant pointer le choc des cultures, Riad Sattouf finit par nous choquer par sa vision encourageant implicitement les arabophobes. 

Pourquoi un tel engouement pour cet album, la question mérite d'être posée : pouquoi un prix à Angoulême, des critiques élogieuses des médias, des lecteurs enthousiastes (cf babélio, avec une seule critique négative sur 61 critiques)

Je n'aurais qu'un seul mot : glaçant !

Présentation de l'éditeur :

Allary Editions

Vous aimerez aussi :

D'autres avis :

JérômeLaurieYaneck ; MiorPhilisine

Nouvel obsTélérama 

 

L'arabe du futur, Une jeunesse au Moyen Orient (1978-1984), Riad Sattouf, Allary Editions, mai 2014, 20.9 euros

 

Reçu dans le cadre de l'opération "la BD fait son festival" de Priceminister.   

 

Bd de la semaine, cette semaine chez Noukette 

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Moby Dick de CHABOUTE

Publié le par Hélène

  

♥ ♥ ♥ 

"Si la vie sur mer l'emporte déjà sur la vie à terre, dans le domaine des fables et du fantastique, la pêche à la baleine, elle, surpasse en contes merveilleux, tragiques et effrayants tout autre mode de vie maritime."

Ce que j'ai aimé :

Un jeune moussaillon s'embarque sur le Pequod aux côtés de son capitaine Achab, pensant chasser les baleines.Mais cet étrange capitaine ne traque pas seulement les baleines, mais LA baleine, celle qui lui a arraché la jambe, et lui a volé son âme, la baleine blanche insaississable, Moby Dick.

"Achab nourrit envers la baleine blanche une fureur vengeresse. L'identifiant à ses douleurs physiques mais aussi à tous ses tourments et souffrances morales !! La baleine blanche nage devant lui obsédante incarnation de ces puissances maléfiques !"

La fragilité des harpons, des lances, des frêles embarcations se heurte à l'imposante masse de la baleine qui d'en mouvement balaie tout ce petit monde et l'envoie dans les profondeurs. Combat inégal et insensé mais qui est la raison de vivre de Achab qui entraîne ses  hommes à sa suite, les retenant priis au piège de sa folie. Son obsession remplit d'effroi l'équipage désarmé face à tant de persévérance ! Sa conscience angoissée par la néant recherche la réalité en arpentant les mers. Sa quête incessante reste profondément humaine.

Les dessins en noir et blanc rendent l'histoire d'autant plus intense, fouillant les tréfonds de l'âme du capitaine Achab, dont la noirceur s'oppose à la pureté blanche de la baleine. Mais ce manichéisme n'est qu'apparent, humanité et bestialité affleurant dans les deux âmes jumelles.

Une superbe adaptation de ce classique mythique de Herman Melville paru en 1851 !

Présentation de l'éditeur :

Vents d'ouest pour le tome 1 ; pour le tome 2 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Tout seul Un peu de bois et d’acier 

D'autres avis :

France inter ; Télérama 

Cathe SaxaoulJérôme 

 

Merci à l'éditeur.

 

Moby Dick, Chabouté, 2 tomes, Vents d'ouest, 2014, 18.50 euros le tome

 

C'était ma BD de la semaine, d'autres BD chez Stephie cette semaine.

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Petites coupures à Shioguni de Florent CHAVOUET

Publié le par Hélène

♥♥

Prix Fauve polar SNCF au festival d'Angoulême 2015

Ce que j'ai aimé :

Dans une ville fictive nommée Shioguni, à la nuit tombée, des yakuzas viennent réclamer leur dû à un restaurateur. Une jeune fille témoin s'enfuit en taxi. Commence alors une course poursuite endiablée dans une ville japonaise tentaculaire. Les policiers enquêtent aussi sur l'agression du restaurateur, mais découvrent rapidement que la simplicité de la situation n'est qu'apparence. Les détails détonnants s'accumulant au fur des heures créent une autre réalité parallèle bien plus complexe. 

Florent Chavouet présente ici son premier récit de fiction après deux récits de voyage parfaitement réussis : Manabé Shima et Tokyo sanpo. Il reprend le graphisme utilisé dans les carnets de voyage, sorte de patchwork constitué de dessins, de documents divers et variés, de notes prises à la va-vite... Il y intègre des documents d'enquête et construit autour d'eux un enquête policière trépidante. Saturés de détails les dessins sont une mine d'informations qui permettent de rendre compte de l'atmosphère cosmopolite et vibrante de cette mégalopole japonaise. 

"Mais bon, plus rien ne me surprend maintenant. On trouve n'importe quoi dans les rues de cette ville, même des tigres !"

Un graphisme d'une grande originalité qui densifie l'aspect policier de cette bande dessinée teintée d'humour.

Ce que j'ai moins aimé :

Il faut être doué en puzzle pour remettre toutes les pièces en place ! J'avoue ne pas avoir saisi à la première lecture toutes les nuances de l'intrigue...

Présentation de l'éditeur :

Picquier Editions

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Manabé Shima

Le blog de l'auteur : http://florentchavouet.blogspot.fr/

D'autres avis :

Page des libraires ; 

Jérôme ; Choco 

 

Petites couures à Shioguni, Florent Chavouet, Picquier éditions, novembre 2014, 184 p., 21.50 euros

 

Bd de la semaine que l'on retrouve cette semaine chez Stephie

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Pablo de Julie BIRMANT et Clément OUBRERIE

Publié le par Hélène

♥♥♥

"Un soir, j'ai assis la beauté sur mes genoux.

- Et je l'ai trouvée amère.

- Et je l'ai injuriée."

Rimbaud

Ce que j'ai aimé :

Cette série présente le quotidien de Picasso à Montmartre de 1900 à 1912.

Le point de vue proposé est celui de Fernande, celle qui sera le premier amour de Picasso et dont il réalisera une centaine de portraits. Nous suivons tout d'abord parallèlement les histoires du jeune Pablo fraîchement arrivé l'Espagne, et de Fernande qui vient de se marier et va vite vivre un enfer conjugal. Le premier tome se terminera par leur rencontre au Bateau Lavoir, quand Fernande sera devenue modèle pour les peintres.

                            

Puis l'hiver 1904-1905 arrive et Picasso rencontre Apollinaire, le poète ami des peintres. Une amitié sincère naîtra entre les deux hommes. Le troisième salon d'automne consacrera le succés des fauves quand Picasso est lui fasciné par Ingres et de son "Bain turc". Gertrude et Léo Stein achètent des toiles à Picasso et le convient à des soirées que fréquentent déjà de nombreux artistes. Le CM, cher Maître Matisse à la vie si bien rangée fait de l'ombre à Picasso.

Le troisième tome commence en Espagne en mai 1906 où Picasso a emmené Fernande. De plus en plus jamoux, il s'exile dans un petit village perdu dans la sierra pour préserver Fernande des mauvaises rencontres. Picasso est habité par un génie créateur, mais ils doivent rentrer à Paris précipitamment. Picasso travaille à "son grand bordel" et est obsédé par l'art des fangs, par les têtes ibériques, les femmes nues. Sa folie créatrice et sa personnalité torturée le place aux antipodes de la vie posée et harmonieuse de Matisse son grand rival qui triomphe avec son "Nu bleu". Apollinaire quant à lui tombe fou amoureux de Marie Laurencin ce qui apporte de l'équilibre dans l'âme de cet artiste habité.

La gloire arrivera dans le tome 4 porté par la naissance du cubisme et du "bordel" devenu le célèbre "Les demoiselles d'Avignon".

                          

"C'est une bombe, un concentré de tout ce qui n'a pas encore été peint : la peinture de l'avenir."

L'histoire de Picasso est aussi prétexte pour peindre cette époque virevoltante, cette émulation intellectuelle et culturelle des artistes, cette bohème enivrante. 

Une réussite !

Présentation de l'éditeur :

Dargaud 

                   

Vous aimerez aussi :

D'autres albums de Oubrerie :  Aya de Yopougon ;   Zazie dans le métro 

Blog de Oubrerie 

Présentation Julie Birmant

D'autres avis :

Jérôme 

 

 

Pablo, Max Jacob, Julie Birmant et Clément Oubrerie, Dargaud, environ 17 euros le tome

 

Chez Noukette cette semaine.

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Un océan d'amour de Wilfrid LUPANO et Grégory PANACCIONE

Publié le par Hélène

                        

♥ ♥ ♥ ♥ 

Mon avis :

Tous les matins ce breton part à la pêche aux larges des côtes bretonnes, pendant que sa femme l'attend fidèlement au port. Leur routine est bien établie, jusqu'au jour où un grain de sable se coince dans la machine huilée du quotidien : le pêcheur est lui-même pêché par un cargo usine. Sa femme qui ne le voit pas revenir, part alors à sa recherche, bien décidée à ramener au port son petit bout d'homme. Elle va traverser un océan d'amour pour lui...

                         

Entièrement muet, cet album est atypique. La force des images permet de combler l'absence de paroles. Les mots sont inutiles, futiles, s'envolant au vent, les actes étant plus forts et plus parlants que les paroles.  Les liens du pêcheur et de sa bigoudenne s'affirment au fil des bulles, l'amour est capable de déplacer des montagnes et surtout de traverser des mers. L'aventure attend les deux bretons, l'un aux prises avec son cargo et la mer impitoyable, avec pour seule compagnie une mouette un peu collante, l'autre refusant de rester au port à se lamenter avec les autres femmes de marin, mais plutôt prête à embarquer sur tous les bateaux pour suivre la trace de son cher et tendre. 

Cette histoire millénaire d'une femme qui court après son aimé est aussi un prétexte pour voguer sur des mers parfois polluées, souvent malmenées, à bord d'une petite coque de noix bien frêle face à la grandeur de certains armateurs...

Une lecture pleine d'humour et d'émotions.

                           

Présentation de l'éditeur :

          

Chez Delcourt

Vous aimerez aussi :

Le singe de Hartlepool

D'autres avis :

Repéré chez  Noukette

Alfie's mec ; Mo ; Jacques

Babelio

Le Figaro 

 

Prix BD Fnac 2015

 

Chez Jacques d'Un amour de BD cette semaine

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Arsène Lupin Les origines Tome 1, Les disparus de la Haute-Boulogne, Benoît Abtey, Christophe Gaultier, Pierre-Jean Deschodt

Publié le par Hélène

                           

Mon avis :

1888. Le jeune Arsène Lupin a 12 ans quand il est envoyé à la Haute Boulogne, une maison de redressement sur Belle-Ile en Mer, en Bretagne. Après quelques mésaventures, il sera adopté par le Comte Perceval de La Marche, qui l'entraînera dans la lutte contre la confrérie des Lombards.

         

Trop d'intrigues se télescopent : les activités funestes de ce pensionnat isolé, l'enquête du journaliste Roubaud, l'apparition de l'inspecteur Bellemain, le massacre perpétré chez le marquis de Kerrichard, les origines du fils décédé du comte de la Marche, le mystère entretenu autour de son épouse, ses rapports avec le jeune Arsène, etc...  De fait la construction est brouillonne, l'action sautille trop rapidement d'intrigues en intrigues, les actions sont menées à grande vitesse, les personnages sont seulement esquissés, avant d'être assassinés, tout va trop vite, trop d'informations se bousculent dans ce premier tome. L'homme au masque de fer fait même une apparition éclair, comme si les auteurs avaient voulu à tout prix placer des références historiques, mais sans les exploiter suffisamment -pour l'instant.

L'univers des romans de Maurice Leblanc avec l'humour et la classe inséparable du célèbre gentleman cambrioleur sont dissous, dépassés par ce trop-plein d'intrigues. La quatrième de couverture promettait "Une saga d'aventures pleine d'humour menée avec brio et panache !", il est certain que si les aventures se succèdent, l'humour lui a fui vers d'autres latitudes...

Le dessin est assez sombre, l'usage des traits noirs accentuant encore cette absence de netteté ressentie à travers le scénario.

Une déception !

Vous aimerez aussi :

Le collier de la reine et autres nouvelles de Maurice Leblanc

D'autres avis :

Les 8 plumes

 

Chez Noukette d'autres bd de la semaine 

 

Reçu dans le cadre de Masse Critique de Babélio

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