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200 articles avec litterature amerique du nord

Le temps où nous chantions de Richard POWERS

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

  L’auteur :

 Adolescent fasciné par les sciences, Richard Powers étudie la physique à l'Université de l'Illinois. Vite rattrapé par le virus de la littérature, il obtient un diplôme dans ce domaine en 1979, avant de travailler à Boston en tant que programmateur informatique. Il y fait la connaissance d'un photographe au musée des Beaux-Arts, rencontre artistique le marquant si profondément qu'il abandonne son emploi afin d'écrire son premier roman, Trois fermiers s'en vont au bal , publié en 1985.

Il déménage ensuite aux Pays-Bas, où il écrit Prisoner's Dilemma, puis The Gold Bug Variations, oeuvre alliant la génétique, la musique et l'informatique. Operation Wandering Soul est rédigé durant un séjour d'un an à l'université de Cambridge, avant son retour en Illinois. Ecrivain reconnu, il publie alors Galatea 2.2 en 1995, relatant les déviations d'une intelligence artificielle, et Gain en 1998, l'évolution parallèle d'une fabrique de produits chimiques et de la vie déclinante d'une femme atteinte d'un cancer.
Plowing the Dark, sorti en 2000, est construit sur le même modèle, abordant le concept de réalité virtuelle. En janvier 2003 est publié. Richard Powers poursuit son travail d'exploration quant aux effets de la science moderne sur les vies humaines, à travers ses romans. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

En 1939, lors d'un concert de Marian Anderson, David Strom, un physicien juif allemand émigré aux États-Unis pour fuir les persécutions nazies, rencontre une jeune femme noire, Delia Daley.

Ils se marient et élèvent leurs trois enfants dans le culte exclusif de la musique, de l'art, de la science et de l'amour universel, préférant ignorer la violence du monde autour d'eux.
Cette éducation va avoir des conséquences diverses sur les trois enfants. Jonah devient un ténor de renommée mondiale, Ruth va rejeter les valeurs de sa famille pour adhérer au mouvement de Black Panthers, leur frère Joseph tentera de garder le cap entre l'aveuglement des uns et le débordement des autres, afin de préserver l'unité de sa famille en dépit des aléas de l'histoire.

Avec des personnages d'une humanité rare, Richard Powers couvre dans cet éblouissant roman polyphonique un demi-siècle d'histoire américaine, nous offrant, au passage, des pages inoubliables sur la musique. Le Temps où nous chantions a été élu meilleur livre de l'année par The NewYork Times et The Washington Post. (Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

"Je travaillais sur mon premier roman, Trois fermiers s'en vont au bal*, raconte Richard Powers, lorsque j'ai découvert un document décrivant le concert que donna Marian Anderson à Washington en 1939. Ce nom est sans doute peu connu des Français mais c'est un symbole de l'histoire américaine." Ce jour-là, une Africaine de Philadelphie dont la voix fascinait les plus blasés monta sur scène à l'initiative d'Eleonore Roosevelt, la première dame des Etats-Unis, et colla aux Blancs et aux Noirs venus, en pleine ségrégation, assister à ce concert en plein air, le même indéfinissable frisson. "Ce jour-là, poursuit Powers, lorsque cette femme noire se mit à chanter les lieder de Schubert, toute l'Amérique, même la plus sauvage, se rendit compte que quelque chose ne tournait pas rond dans le pays." Ce jour-là, un émigré juif blanc tout juste arrivé d'Allemagne où il fuyait le nazisme rencontra une jeune Noire mélomane ; le roman de Richard Powers pouvait débuter. (Source L’express)

 Roman foisonnant, intelligent  et complet, Le temps où nous chantions compose une symphonie littéraire autour de cet évènement marquant les années de la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Il nous plonge au coeur d'une famille dans laquelle se fondent les nationalités : le père est un physicien juif allemand immigré, la mère une chanteuse noire américaine, si bien que parmi les enfants métis pas un n'aura la même couleur que l'autre.

 "L'identité américaine passe par la couleur de la peau, précise Richard Powers. United we stand, proclame l'Amérique. Mais c'est une illusion! La réalité est que l'Amérique est une nation qui n'a jamais été unie. Le racisme est la question centrale de ce pays. Depuis la fin de la ségrégation, le fossé qui séparait les Noirs des Blancs s'est déplacé, mais il existe toujours. Le sort des métis est le moins enviable qui soit." (Richard Powers)

Leur père tente de les guider dans leur quête d'identité :  « à vous de défendre vos propres couleurs. » (p. 39) La musique va se placer au coeur de leur vie et leur permettre de transcender leurs origines, comme un écho à la première rencontre des deux parents. Jonah deviendra un grand ténor, accompagné au piano par son frère Joseph, quant à Ruth, elle choisira un tout autre chemin en rejoignant le mouvement des Black Panthers.  

 L'histoire de cette famille est passionnante et permet de balayer un demi-siècle de l'histoire américaine dans sa lutte pour l'intégration, en passant par le supplice et la mort du jeune Emmett Till, tué pour avoir siffler une femme blanche, la marche de Martin Luther King et son discours, les Black Panthers...   

Un roman symphonique époustouflant élu meilleur livre de l'année par le Washington Post et le New York Times.  

 « On sort de ce fleuve ému, bouleversé et admiratif : sans jamais écrire un roman politique, ni polémique, Richard Powers a décrit, à voix feutrée, l'échec définitif d'un idéal. »

Christophe Mercier, Le Figaro littéraire

 Ce que j’ai moins aimé :

 Ce roman est réellement un pavé, prévoyez du temps devant vous…

 

Premières phrases :

 « Quelque part dans une salle vide, mon frère continue de chanter. Sa voix ne s’est pas encore estompée. Pas complètement. Les salles où il a chanté en conservent encore l’écho, les murs en retiennent le son, dans l’attente d’un futur phonographe capable de les restituer. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : La chambre des échos

Autre : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper LEE

 

D’autres avis :

 Lire

 Théoma ; Kathel ; Keisha ; Luocine  

 

Le temps où nous chantions, Richard POWERS, traduit de l'anglais (États-Unis) par Nicolas Richard, Le Cherche Midi – mars 2006 – 765 pages

POCHE : Le temps où nous chantions, Richard POWERS, traduit de l'anglais (États-Unis) par Nicolas Richard, 10/18, avril 2008, 1045 p., 11.10 euros

 

12 d'Ys

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Les Règles du jeu de Amor TOWLES

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 « Efforce-toi de Conserver dans ta Poitrine cette petite Etincelle de feu céleste qu’on nomme Conscience. » (p. 504)

 

L’auteur :

AMOR TOWLES, diplômé d'une grande famille WASP du Mayflower, diplômé de Yale University, a fait une brillante carrière dans la finance. Son premier roman, « les Règles du jeu », publié chez Albin Michel, a connu un grand succès aux Etats-Unis. Il vient de recevoir à l'hôtel Belles Rives de Juan-les-Pins le prix Scott Fitzgerald.

 L’histoire :

 Véritable phénomène d'édition aux Etats-Unis, le premier roman d'Amor Towles est un vibrant hommage au New York flamboyant de la fin des années 30, où les hommes avaient la mélancolie des héros de Fitzgerald et les femmes l'esprit des héroïnes de George Cukor.

Dactylo dans un grand cabinet juridique de Wall Street, Katey Kontent dissimule soigneusement ses origines. Intelligence mordante, nerfs d'acier, ambition, cette fille d'immigrés russes de Brooklyn s'est fixé comme objectif de rejoindre un jour les cercles dorés de Manhattan. Et l'aristocratique et séduisant banquier Tinker Grey, rencontré un soir de réveillon, va indirectement lui en ouvrir les portes avant de disparaître. Plus tard, le hasard remettra Tinker sur le chemin d'une Katey qui n'ignore alors plus rien des impitoyables règles du jeu.

« Un premier roman époustouflant, une voix qui tient de Francis Scott Fitzgerald et de Truman Capote mais a su trouver son identité. » Publishers Weekly

 (Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

Les règles du jeu nous plonge dans cette atmosphère insouciante des années 30 entre frivolité et vivacité, les jeunes gens courent les bars et les boites de jazz, à la recherche d’un avenir brillant et ludique. Katey et son amie Eve emplissent leur vie de tourbillons de musique, de danse, d’alcool, entre deux journées moins amusantes passées à taper des textes sur leur machine à écrire dans des cabinets d’avocat.

 Mais si Katey n’est que dactylo, persuadée d’être la victime de ses origines sociales, elle apprendra à évoluer vers des sphères plus enrichissantes, poussée indirectement par la belle et fascinante Anne.

« A mon époque, les opportunités qui se présentaient à une jeune femme étaient plutôt limitées, si bien que le mieux était de se choisir un époux convenable le plus tôt possible. Par contre, aujourd’hui… » (p. 171)

 Les différences de classe et d’origine ne sont qu’apparences qui méritent d’être bousculées. Tant que l’on connaît les règles du jeu, tout devient alors possible, l’univers s’ouvre à ceux qui souhaitent le conquérir. Certains, comme Tinker refuseront ces règles qui l’aliènent et d’autres se faufileront dans le moule prévu pour eux.

 Le récit débute au jour de l’an de l’année 1938 et il s’achèvera un an plus tard offrant un condensé de vie et apportant un effet réaliste. Il nous offre en prime de belles réflexions sur la perte des illusions ou sur l’amitié :

  « Parfois, on a vraiment l’impression que c’est ce à quoi la vie nous destine. Après tout, elle n’est au fond qu’une centrifugeuse qui, tous les trois ou quatre ans, tourne sur elle-même en projetant les corps les plus proches dans des directions opposées. Et quand elle cesse de tourner, elle nous ensevelit sous une montagne de préoccupations nouvelles en nous donnant à peine le temps de reprendre notre souffle. Quand bien même nous voudrions revenir sur nos pas et ranimer les vieilles amitiés, comment en trouverions-nous le temps ? » (p. 481)

 Les références littéraires sont nombreuses, à Walden notamment, mais aussi à Agatha Christie, à Dickens. L’écriture fluide est efficace et entraîne le lecteur dans un tourbillon de lecture agréable...

  

Ce que j’ai moins aimé :

Il s'agit plus d'un roman divertissant que marquant. Ce qui n'est déjà pas si mal...

 

Premières phrases :

 « Le soir du 4 octobre 1966, Val et moi, tous deux dans la cinquantaine, assistâmes au vernissage de l’exposition Many Are Called au Museum of Modern Art, où l’on présentait pour la première fois les portraits pris par Walker evans à la fin des années 30 dans le métro new-yorkais avec un appareil photo dissimulé. »

 

D’autres avis :

Presse : L’express ; Télérama ; Le figaro ; Bibliobs ; Elle

Blogs : Cryssilda 

 

Les règles du jeu, Amor Towles, traduit de l’américain par Nathalie Cunnington, mars 2012, 507 p., 22.9 euros

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Grand maître de Jim HARRISON

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

  

L’auteur :

 Scénariste, critique gastronomique et littéraire, journaliste sportif et automobile, Jim Harrison, né dans le Michigan, décide de devenir écrivain à l'âge de douze ans.

D'abord enseignant à l'Université de New York, il retourne dans sa région natale et connaît ses premiers succès avec sa poésie, puis bifurque vers le roman.
Depuis, il a publié quatre recueils de nouvelles, sept de poésie, sept romans et une autobiographie, En marge.

Lauréat de multiples prix, ses livres ont été adaptés à plusieurs reprises au cinéma : Vengeance (Revenge) (1990), de Tony Scott, Wolf (1994), de Mike Nichols, Légendes d'automne (Legends of the Fall) (1994), d'Edward Zwick. (Source : babélio)

 

L’histoire :

Sur le point de prendre sa retraite au terme d’une longue carrière dans la police du Michigan, l’inspecteur Sunderson enquête sur une secte hédoniste qui a pris ses quartiers à quelques kilomètres de chez lui. Simple hurluberlu inoffensif au premier abord, le gourou se fait appeler Grand Maître. Au fil de leurs recherches, Sunderson et son improbable acolyte de seize ans, Mona, découvrent un personnage bien plus sinistre qu’il n’y paraît. Lui-même poursuivi par ses propres démons, imbibé d’alcool et obsédé par les femmes, Sunderson traque sa proie des bois du Michigan jusqu’à une petite ville d’Arizona qui fourmille de criminels transfrontaliers, avant d’atterrir dans le Nebraska, où les adeptes du Grand Maître espèrent s’établir pour de bon. Un chef-d’œuvre tragicomique, étincelant d’humour et de désespoir. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 Sunderson est un homme à l’automne de sa vie, soudain désoeuvré sans le travail qui régissait sa vie à tel point qu’il lui a fait perdre sa femme. (« Elle lui avait dit : « Ta profession consiste à découvrir ce qui cloche et tu l’exerces depuis si longtemps que tu n’es plus capable de voir ce qui va bien dans la vie. » » (p. 149)) Sunderson, rattrapé par son vieil insctinct de flic décide de mener une dernière enquête en neutralisant le chef d’une secte soupçonné de détournement de mineures. Il traque l’homme aidé par sa jeune et affriolante voisine, elle-même mineure, Mona.  Mais au-delà de cette dernière mission, il va surtout apprendre à s’adapter  sa nouvelle vie et aux plaisirs assouvis ou fantasmés qui emplissent désormais exclusivement son univers. Il va apprendre à aimer la liberté en jouissant des plaisirs simples de la vie : une boisson fraîche et alcoolisée, un bon repas et une belle partie de jambes en l'air... 

 «Il dormit les deux premières heures et se réveilla avec l’étrange impression  d’avoir été écrabouillé, une sensation tout à fait nouvelle, pas exactement comme un animal écrasé sur la route, plutôt comme un homme dont les contours ont été brouillés, dilués par la perte de la profession qui le définissait jusque là. (…) Il n’était plus personne, mais il était libre. » (p. 61)

 Sa quête de Dwight est plus une dernière errance dans les antichambres de la violence et de l’immoralité qu’une véritable enquête. Grand maître n’est pas un roman policier, il est un roman su un homme qui tourne une page et apprend à apprivoiser sa retraite. 

 « Je viens de feuilleter The Practice of the Wild de Gary Snyder et d’y lire : « La marche est l’équilibre exact entre l’esprit et l’humilité. » Je ne suis pas sûr de bien piger ce qu’il veut dire, mais au cours d’une marche de deux ou trois heures la première demi-heure est saturée de banalités mentales sans intérêt, puis on émerge soudain dans le paysage et l’on est simplement un bipède humanoïde qui avance dans les collines et les forêts enneigées, ou le long des plages gelées du lac Supérieur. On n’essaie même pas de comprendre cet immense plan d’eau, car on n’est pas censé le faire. » (p.284)

  

Ce que j’ai moins aimé :

 Quelques longueurs.

 Premières phrases :

« L’inspecteur Sunderson marchait à reculons sur la plage en jetant parfois un regard derrière lui pour s’assurer de ne pas trébucher sur un bout de bois. Le vent du nord-ouest soufflait sans doute à plus de cinquante nœuds, et le sable lui piquait le visage et lui brûlait les yeux. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Dalva

   D’autres avis :

 Presse : Le Figaro ; Le Monde ; Les Echos 

  

Grand maître, Jim Harrison, traduit de l’anglais (EU) par Brice Matthieussent, Flammarion, septembre 2012, 342 p., 21 euros

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  challenge rentrée littéraire 2012

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Tout piller, tout brûler de Wells TOWER

Publié le par Hélène

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  ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

Wells Tower, originaire de Caroline du Nord, a été la révélation littéraire américaine 2009 aux Etats-Unis. Ses nouvelles et ses articles sont publiés dans le New Yorker, The Paris Review ou encore le Washington Post. Il travaille actuellement à l’écriture de son premier roman, à paraître en 2012.

Tout piller, tout brûler est en cours de traduction dans une dizaine de langues.

 

L’histoire :

    Des maraudeurs vikings envahissent une île souvent pillée, dans l’espoir que quelques massacres les aideront à dissiper l’ennui de l’hiver... Un homme est jeté dehors par sa femme qui a découvert sur le pare-brise intérieur de leur voiture l’empreinte d’un pied qui n’est pas le sien… Deux cousines adolescentes, enivrées par l’été, règlent leurs comptes dans une forêt… Un jeune homme débarque dans une fête foraine après une bagarre avec son beau-père… Dans les nouvelles de Wells Tower, les familles se déchirent et essayent péniblement de recoller les morceaux. Sa vision de l’Amérique éclaire le monde trouble des marginaux et des inadaptés : inventeurs ratés, rêveurs alcooliques, pères malheureux, fils rebelles…

Combinant une prose électrique à un esprit ravageur, Tout piller, tout brûler nous fait découvrir une voix comme nous n’en avions jamais entendue.

 

Ce que j’ai aimé :

Wells Tower nous offre une vision désabusée du monde, tant celui-ci peut offrir des beautés insoupçonnées mais aussi des pièges et des horreurs innommables.

La complexité des rapports humains est pointée du doigt comme dans « Un lien fraternel », lien  tendu entre deux frères souvent sur les chardons ardents... Mais les  êtres établissent des liens même s’ils savent que ces maigres ficelles risquent d’être mis à mal : dans « La côte de brun » Bob sympathise avec ses voisins,  dans « En bas dans la vallée » le narrateur va aider le mari de son ex-femme qui s’est blessé la cheville.  Bien sûr tout cela finit souvent mal car la vie les écorche. Les familles sont éclatées, les êtres à la dérive cherchent des échappatoires eux aussi bancals, l’amour même est malmené. Même les manèges et l’innocence d’une fête foraine est dangereuse et cache des fêlures irrémédiables.

Dans ce contexte tourmenté, la nature n'offre pas l'échappatoire idéalisé par Thoreau et quelques autres, elle aussi peut se révèler redoutable et trahir les attentes des protagonistes. 

 La violence gratuite et finalement absurde de ce monde est portée à son apogée dans la nouvelle éponyme finale : contant une lutte barbare entre deux peuples, elle éclaire l'inanité des conflits, qu'ils soient d'hier ou d'aujourd'hui...

  

Ce que j’ai moins aimé :

   - Rien de spécial.


Premières phrases :

 « Bob Munroe se réveilla couché sur le ventre. Sa mâchoire lui faisait mal, les oiseaux piaillaient et son caleçon le gênait. Il était arrivé tard, des élancements dans le dos à la suite du voyage en car, et il s’était allongé par terre pour dîner de deux paquets de crackers, si bien qu’il était plein de miettes – sous son torse nu, dans les plis moites de transpiration de ses coudes et de sa nuque, tandis que la plus grosse et la plus désagréable s’était logée dans la raie de ses fesses, pareille à une pointe de flèche en silex. »

 

D’autres avis :

 Blogs : Ys ; Keisha

 Presse : L'express ; biblioobs ; Télérama 

 

Tout piller, tout brûler, Wells Tower traduit de l’anglais par Michel Lederer, Albin Michel (Terres d’Amérique), 2010, 239 p., 20 €

 

POCHE : Tout piller, tout brûler, Wells TOWER, traduit de l’anglais par Michel Lederer, 10/18, septembre 2012, 264 p, 8.10 euros

  12 d'Ys

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Le jeu des ombres de Louise ERDRICH

Publié le par Hélène

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♥ ♥ 

 

L'auteur :

 Née en 1954 dans le Minnesota, Louise Erdrich est considérée comme l’une des grandes voix de la littérature américaine contemporaine. De Love Medicine à La Malédiction des Colombes, elle a bâti, livre après livre, une oeuvre polyphonique à nulle autre pareille.

 

L'histoire :

 Rythmé à la manière d’un thriller sombre et tragique, Le jeu des ombres est sans doute le livre le plus personnel de Louise Erdrich. Construit comme un huis-clos hypnotique, portrait d’un mariage et d’une famille sur le point de voler en éclat, d’un homme et d’une femme en proie à la violence d’un face-à-face, c’est aussi une réflexion sur les cicatrices qu’une histoire collective douloureuse peut laisser sur les individus.

Gil est un peintre reconnu qui doit son succès à Irene, sa femme, un écrivain qui a longtemps été son modèle. Quand elle découvre que son mari lit son journal intime, Irene décide d’en rédiger un autre, qu’elle met cette fois-ci en lieu sûr. Elle y livrera sa vérité, se servant du premier comme d’une arme pour manipuler son unique lecteur. Une guerre psychologique commence, qui va révéler le côté obscur de chacun des personnages.

En faisant alterner les journaux d’Irene et un récit à la troisième personne, Louise Erdrich témoigne, une fois de plus, d’une prodigieuse maîtrise narrative.

  

Mon avis :

Le jeu des ombres est un roman fort sur le couple et ses dérives. Jusqu’où peut-on être transparent à l’autre, faut-il garder des zones d’ombres mais l’autre est-il capable de les supporter, où commence la folie où s’arrête la passion, autant de questions profondes portées par une écriture limpide et perçante. La relation tissée entre Gil et sa femme est passionnelle, mais aussi torturée, terrassée par les années et les changements des deux membres du couple.  

 Louise Erdrich nous livre un roman très psychologique, presque un huis-clos souvent oppressant d’autant plus que de jeunes enfants se retrouvent pris dans les rets de la guerre psychologique que se livrent les deux époux en bout de course. De belles allusions à l’histoire indienne émaillent le récit et permettent d’aborder une autre dimension historique et psychologique.

 Je dois avouer ne pas être friande de ce type de récit, sans doute parce que je recherche dans la littérature davantage d’évasion et que je n’ai pas réellement envie de retrouver dans mes lectures les problématiques et les angoisses de mon quotidien. Pour ceux que cela intéresse, ce roman sera parfait…

  

Premières phrases :

« Maintenant, j’ai deux agendas. Le numéro un, c’est le Mémento Journalier  à couverture rouge et cartonnée, semblable à ceux dans lesquels j’écris depuis 1994, quand nous avons eu Florian. Tu m’as offert le premier pour que j’y consigne ma première année dans mon rôle de mère. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La malédiction des colombes de Louise ERDRICH

Autre : Mr.Peanut d’Adam ROSS

 

D'autres avis :

Clara

 

 Le jeu des ombres, Louise ERDRICH, traduit de l'anglais (EU) par Isabelle Reinharez, Albin Michel , 2012, 252 p.,

  dialogues-croises

  challenge rentrée littéraire 2012

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Mais qu’est-ce que tu fais là, tout seul ? de Pierre SZALOWSKI

Publié le par Hélène

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 ♥  

L’auteur :

Ancien photographe de presse, journaliste, directeur de création dans la publicité et vice-président d’Ubisoft Canada, Pierre Szalowski est aujourd’hui scénariste et auteur, mais avant tout « bonheuraturge ». Après le succès international du Froid modifie la trajectoire des poissons, Mais qu’est-ce que tu fais là, tout seul ? est son second roman. Il vit à Montréal.

 

L’histoire :

Le 24 décembre, dans un palace déserté de Montréal, Martin Ladouceur, célibataire endurci, s’apprête à passer le pire réveillon de sa vie. Avec pour seule compagnie un concierge protocolaire, un groom débutant et une femme de chambre timide, l’ex-légende du hockey canadien se retrouve en prime au régime sec, sans strip-teaseuses ni grands crus.
Mais, contre toute attente, en cette nuit de Noël, un petit bonhomme va lui offrir le plus beau des cadeaux. Et, comme par magie, la terreur des patinoires découvrira un sentiment qu’il ignorait jusqu’alors.


Petite philosophie du bonheur, Mais qu’est-ce que tu fais là, tout seul ? est une fable tendre et drôle, remède absolu contre la morosité. (Quatrième de couverture)

 


Mon avis  :

  Le nouveau roman de Pierre Szalowski est frais comme une nuit de Noël et tel le Père Noël, l’auteur nous offre un joli conte.

Martin Ladouceur est un joyeux fêtard qui n’a jamais pu se résoudre à accepter un enfant dans sa vie, trop occupé à enchaîner beuveries sur beuveries avec diverses filles faciles comme compagnes. Mais un soir de Noël, grâce à la magie de ce jour particulier, tout va basculer…

Mais qu’est-ce que tu fais là, tout seul ? est un conte gentillet, sans grande prétention, avec des facilités (comme le revirement soudain de personnalité de Martin), mais néanmoins distrayant.

 

Premières phrases :

« Avant de descendre du taxi, le client a dédicacé cinq reçus qu’il s’est empressé  de rendre au chauffeur. En retour, le jovial Haïtien lui a serré la main sans le quitter des yeux, pour s’assurer qu’il ne rêvait pas. »

 

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Le froid modifie la trajectoire des poissons

 

Mais qu’est-ce que tu fais là, tout seul, Pierre Szalowski, Editions Héloïse d’Ormesson, août 2012, 272 p., 19 euros

  challenge rentrée littéraire 2012 

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Chapardeuse de Rebecca MAKKAI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Je continue de penser que les livres peuvent vous sauver. » (p. 362)

 

L’auteur :

 Rebecca Makkai vit avec son mari et ses deux filles au nord de Chicago. Son premier roman, Chapardeuse, a fait partie de la sélection des meilleurs romans de 2011 du Chicago Magazine. (Source : Festival America)

 

L’histoire :

 Lucy, bibliothécaire pour enfants dans le Missouri, se lie d’amitié avec Ian, dix ans, fils unique de chrétiens fondamentalistes homophobes et grand amateur de littérature jeunesse. Quand le jeune garçon décide de fuguer et de se réfugier dans la bibliothèque, Lucy décide de ne pas le ramener à la maison et de voyager avec lui du Missouri jusqu’au Vermont. Pour ce gamin rêveur et surdoué, c’est la découverte du vaste monde ; pour elle, l’occasion de s’interroger sur ses origines russes, le déracinement de ses ancêtres et leurs aspirations à plus de liberté… (Source : Festival America)

 

Ce que j’ai aimé :

 En tissant des liens privilégiés avec son jeune lecteur Ia, Lucy en vient à se poser une question de moralité : dois-je laisser un enfant subir une pression morale sans jouer de rôle ou prendre les choses en mains pour que cet enfant s’épanouisse. Rebecca Makkai pas plus que sa narratrice ne livrent la réponse à cette question, la fin du roman reste ouverte sur ce sujet, mais elle élabore des pistes qui, peut-être permettront en temps et en heure à l’enfant de s’envoler…

 La littérature est au cœur de cette entreprise de sauvetage, bibliothécaire convaincue du pouvoir des mots, Lucy offre au jeune Ian la possibilité de découvrir un autre monde, si différent de celui créé par les évangélistes, un monde de tolérance, d’ouverture, de connaissance et donc de liberté.

 « Ian Drake se procurerait ces livres aussi sûrement que n’importe quel camé se procure sa drogue. Il soudoierait sa baby-sitter, sortirait furtivement de sa maison à la nuit tombée pour casser une fenêtre de la bibliothèque. Il vendrait son cochon d’inde pour se payer des bouquins. Il lirait sous sa couette avec une lampe frontale. Il creuserait son matelas et l’emplirait de livres de poche. Ils pourraient bien l’enfermer dans la maison, ils ne parviendraient jamais à le convaincre que le monde se résumait à cet endroit. Ils se demanderaient alors pourquoi ils n’arrivaient pas à le dompter. Ils s’interrogeraient sur ses sourires chaque fois qu’ils lui demanderaient de monter dans sa chambre. » (p. 362)

 A travers leur fuite, les deux acolytes vont se confronter à la question de la vérité, de la fuite, et de ce qui finalement nous forge, nous humains. Faut-il quelquefois renier ses origines, fuir loin ou au contraire ne vaut-il pas mieux se blottir au sein du connu pour mieux évoluer par la suite ?

 Un roman aux multiples pistes de réflexion, tendre et profond à la fois...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 La partie voyage est un peu linéaire, elle aurait mérité plus d’aventures, d’intensité, de rebondissements peut-être. Ian ne semble pas vraiment découvrir « le vaste monde » comme le laisse penser la quatrième de couverture, il semble se laisser porter sans vraiment réagir. Cette partie méritait un peu plus de relief… Mais c’est un bémol léger, le roman tient très bien la route…

 

 

Premières phrases :

 « Je pourrais être la méchante de l’histoire. Difficile à dire, aujourd’hui encore.

Du temps de la bibliothèque, parmi les livres et ouvrages sur l’Egypte ancienne, l’illustration favorite des enfants montrait le dieu de la mort pesant le cœur d’un homme morte et une plume. Une consolation : un jour, le moment venu, je connaîtrai les poids de ma faute. »

 

Vous aimerez aussi :

   L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet de Reif LARSEN

 

 Chapardeuse, Rebecca Makkai, traduit de l’anglais (EU) par Samuel Todd, Gallimard, août 2012, 21 euros

 challenge rentrée littéraire 2012

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La malédiction des colombes de Louise ERDRICH

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 Un magnifique roman polyphonique.

 

  

L’auteur :

 

Louise ERDRICH est une auteure américaine de romans et livres jeunesse. Elle est l’une des écrivains les plus emblématiques de la jeune littérature indienne.

 

L’histoire :

 

Nous sommes en 1966 et le souvenir de quatre innocents lynchés cinquante ans auparavant hante les esprits. En écoutant les récits de son grand-père indien qui fut témoin du drame, Evelina, une adolescente pleine d’insouciance, prend soudainement conscience de la réalité et de l’injustice…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La beauté de l’ensemble des histoires imbriquées les unes dans les autres pour former un patchwork vivant et signifiant est époustouflante... Les destins apparemment isolés les uns des autres trouvent leur cohérence au fil des pages, prouvant qu’une histoire est composée de plusieurs individualités rassemblées par un socle commun.

 

« Quand nous sommes jeunes, les mots sont éparpillés autour de nous. Au fur et à mesure qu’ils sont assemblés par l’expérience, nous le sommes nous aussi, phrase par phrase, jusqu’à ce que l’histoire prenne forme. » (p. 414)

 

Et c’est ce socle commun que veulent garder les indiens comme une identité qu’on ne pourra plus leur voler tant que le récit durera.

 

«  Il en va de même pour toutes les entreprises desespérées auxquelles sont mêlées les limites que nous posons sur cette terre. En traçant une ligne et en la défendant, nous semblons penser que nous avons dominé quelque chose. Quoi ? La terre engloutit et absorbe même ceux qui réussissent à bâtir un pays, une réserve.  (Pourtant il y a quelque chose dans l’amour et la connaissance de la terre et son rapport avec les rêves – voilà ce qu’avaient les anciens. Voilà pourquoi en tant que tribu nous existons encore aujourd’hui.) » (p. 182)

 

-          Ce sont des histoires tragiques quelquefois, des histoires comiques, des relations illogiques, mais toujours des histoires magnifiques. Comme celle de ce violon venu sur les eaux cueillir son destinataire qui ravira ensuite de sa musique les âmes sensibles :

 

« Le son touchait instantanément quelque chose de profond et de joyeux. Ces moments forts de connaissance vraie que nous devons masquer avec la vie de tous les jours. La musique venait tapoter le dos de nos terreurs aussi. Des évènements que nous avions vécus et que nous ne voulions jamais voir revenir. Des rêves en lambeaux, des nostalgies bannies, de la peur et aussi des plaisirs surprenants. Non, nous ne pouvons pas vivre à ce degré-là. Mais de temps à autre quelque chose se brise comme de la glace et nous sommes dans la rivière de notre existence. Nous sommes conscients. » (p. 303)

 

-          Les personnages sont profondément humains, plus complexes qu’ils ne le semblent au premier abord. Par exemple, les confrontations entre le personnage du grand-père d’Evelina, Mooshum et le prêtre qui souhaite le convertir sont très drôles, même si derrière cette façade clownesque se cache une réelle souffrance.

 

 «  J’ai vu que la perte de leurs terres était logée en eux pour toujours. Cette perte entrerait aussi en moi. Au fil du temps, je découvris que le chagrin était une chose que chacun dissimulait à sa façon – mon vieil oncle grâce à sa discipline passionnée, ma mère grâce à une sévère bonté et un ordre méticuleux. Quant à mon grand-père, il pratiquait l’art patient du ridicule. » (p. 135)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

Premières phrases :

 

«  En 1896, mon grand-oncle, l’un des premiers prêtres catholiques de sang indien, lança un appel à ses paroissiens pour qu’ils se retrouvent à l’église St. Joseph le cou ceint d »un scapulaire et munis de leur missel. De là, ils iraient parcourir les champs en un long rang ondoyant, et à chaque pas chasseraient les colombes à coups de bruyantes prières. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Eden ROBINSON Les esprits de l’océan

 

La malédiction des colombes, Louise ERDRICH, Traduit de l’américain par Isabelle REINHAREZ, Albin Michel, août 2010, 22.50 euros

 

D’autres avis chez Aifelle, Choco, Keisha, Kathel

 

Merci à Carol MENVILLE des Editions Albin Michel pour cette magnifique découverte…

 

1pourcent 

 

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Article déjà édité en octobre 2010, réédité pour le blogoclub...  

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Emily de Stewart O’NAN

Publié le par Hélène

emily

♥ ♥ ♥

 "Se pouvait-il que, même pour les gens d’âge mûr, la vie soit ainsi – déconcertante, inattendue, inconnue?" (Virginia Woolf)

  

L’auteur :

 

Stewart O’Nan est né en 1967 à Pittsburgh. Il a notamment publié aux Éditions de l’Olivier : Des anges dans la neige (1997), Un monde ailleurs (2000) ou Chanson pour l’absente (2010). Aussi virtuose dans le roman noir, la fiction pop que dans les récits plus intimistes, il consacre toute son œuvre à dépeindre la face cachée du rêve américain, celle du quotidien, des actes et des lieux ordinaires, cette vraie Amérique loin de ses propres légendes.

 

L’histoire :

 

Dans la vie d’Emily, il y a eu les repas animés, la ronde des jours et des choses à faire. Aujourd’hui, Emily est veuve. Ses enfants sont loin. Sa belle-sœur, Arlene, lui tient compagnie. Elle aime la musique classique, les musées, les petits déjeuners copieux du Eat’n Park. Sa santé est bonne. Elle ne manque de rien. À 80 ans, le temps rétrécit mais il semble infini.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Emily est un roman tendre, doux, ouatiné, tranquille à l'image de son héroïne éponyme, une femme veuve de 80 ans qui considère sa vie quotidienne tempérée avec tendresse et sagesse. Ne nous y trompons pas : Emily est une vieille femme qui refuse de capituler devant la mort et qui ne souhaite pas attendre les bras croisés que la belle faucheuse vienne la chercher. Elle décide donc de reprendre ses derniers moments en main et d'achèter une nouvelle voiture pour gagner en autonomie et pourquoi pas, partir en virée avec sa copine Arlène… Elle rêve également devant une maison proche de celle de son enfance, elle fait des projets, elle VIT, encore, toujours...

 Des petits riens jalonnent sa vie paisible : son chien Rufus, ses sorties avec sa belle-sœur Arlène, compagne indispensable, une symphonie de Schubert, des appels à ses enfants pour prendre des nouvelles, leurs  visites, toujours trop courtes et laissant un sentiment d’insatisfaction dans l’air, les enterrements aussi, inévitables, une exposition de van Gogh, mille petits détails qui font de sa vie un ensemble cohérent paisible et heureux...

 Un très beau roman que la vieillesse, vu comme le début d’une autre aventure…

  

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien


Premières phrases :

 

« Tous les mardis, Emilly Maxwell remettait le peu qui lui restait de vie entre les mains de Dieu et celles, tremblantes, de sa belle-sœur, Arlene, et elles allaient en voiture au drive-in Eat’n Park, prendre un petit-déjeuner-buffet « deux-pour-le-prix-d’un ».

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Nos plus beaux lendemains

Autre : La tournée d'automne de Jacques POULIN

 

D’autres avis :

 

Blogs : Clara

Presse : L’express ; Libération ;Le Figaro  

 

Emily, Stewart O’NAN, traduit de l’anglais (EU) par Paule Guivarch, Editions de l’Olivier, mai 2012, 334 p., 22 euros

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A la lueur d’une étoile distante de Mary McGARRY MORRIS

Publié le par Hélène

a la lueur d'une étoile distante

♥ ♥ ♥ 

 « Les gens n’admettraient pas que les apparences sont parfois trompeuses. A l’image des meilleures prises de combat, les mots peuvent être retournés contre vous et une fois que vous êtes à terre, ils sont à même de vous tuer. » (p. 364)

 

L’auteur :

 Mary McGarry Morris est née en 1943 dans le Connecticut. Disparue (Flammarion, 1989), son premier roman, a été sélectionné pour le National Book Award et le Pen Faulkner Award. Elle a depuis publié Une femme dangereuse (Julliard, 1991), Mélodie du temps ordinaire et Un abri en ce monde (Belfond, 2005). Mary McGarry Morris vit aujourd'hui à Andover, dans le Massachusetts.

 L’histoire :

Ces derniers temps, Nellie Peck, treize ans, a enfin trouvé de quoi combler son désoeuvrement : espionner la nouvelle locataire de sa mère dans le petit studio attenant à leur maison.

Activité d'autant plus excitante que l'arrivée de la jeune et jolie Dolly, danseuse de cabaret à la sensualité débordante, n'est pas passée inaperçue dans le quartier. Et rapidement, c'est à un véritable défilé de prétendants qu'assiste Nellie, cachée dans les arbres. (Début de la quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

Le point de vue adopté est celui de la petite Nellie, qui observe le monde à son niveau, se fiant à son innocence, à son instinct naïf pour interpréter ce qu'elle entend et voit. Or elle ignore encore que la vérité est insaisissable, fuyante, réinterpréable à l'infini.  

 « Nellie commençait à voir combien la vie pouvait être compliquée. Aucun fait n’était isolé. Chaque action entraînait une réaction, qui elle-même en entraînait d’autres, et ainsi de suite, en une série de combustions insidieuses qu’ils ne pouvaient pas cerner précisément, ni a fortiori prévenir, et qui se répandait désormais partout. Ils assistaient à leur propre désastre nucléaire, assis là, au centre de la zone dévastée par l’explosion, essayant toujours de paraître normaux, son père et elle, face au bureau de l’avocat au teint terreux. » (p.229)

 « Peut-être en allait-il de même pour tout le monde en grandissant. Petit à petit le vérité perdait de sa force, jusqu’à ce que, comme les particules en suspension dans l’air, elle devienne invisible. Et si c’était ça aussi, être un adulte ? Rationaliser une expérience, la transformer jusqu’à oublier la plupart des choses importantes, celles que personne n’avait besoin d’expliquer à certains enfants, parce que, eux, ils savaient, voilà tout. Et ils n’oubliaient pas. » (p. 428) 

 Les éléments se mettent en place petit à petit pour former un tout cohérent dans l'esprit de Nellie, mais inadéquat à sa vie familiale, à cet univers confortable, connu qui est le sien.

Le suspens est savamment dosé, tenant en haleine le lecteur partagé entre vérité et illusions, le ton naturel de la jeune Nellie allégeant un propos profondément plus grave.

 A la lueur d'une étoile distante est un roman prenant, intelligent, bien construit, une agréable découverte... 

 Ce que j’ai moins aimé :

Le début est un peu long par rapport à la fin beaucoup plus dense… Au point que j’ai trouvé certaines réactions des personnages peu crédibles à la fin, comme s’il fallait effacer rapidement les problèmes pour conclure… 

La question du résumé de la quatrième de couverture mérite d’être posée : fallait-il parler de l’évènement majeur ou laisser le lecteur le découvrir par lui-même ? Le fait de savoir éclaire-t-il finalement le récit d’un point de vue différent qui densifie le roman ? Je n’ai pas tranché… 

Le titre me semble difficile à retenir pour qui veut en conseiller la lecture au débotté…

 

Premières phrases :

 « A quoi voit-on parfois que l’on connaît bien une personne ? Elle n’a même pas besoin de vous fixer dans les yeux ou de dire un mot, et vous savez. Bon, ce que vous savez au juste n’est peut-être pas très clair, mais vous le savez, c’est tout. »

 

Vous aimerez aussi :

   Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper LEE

   D’autres avis :

Lire

 

  A la lueur d’une étoile distante, Mary McGarry Morris, traduit de l’américain par Valérie Bourgeois, Belfond, mai 2012, 444 p., 21.50 euros

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