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litterature amerique du nord

Le général sudiste de Big Sur de Richard BRAUTIGAN

Publié le par Hélène

                                      

♥ ♥ ♥ ♥

"La première fois que j'ai rencontre Lee Mellon, la nuit filait jusqu'à la dernière goutte de whiskey." 

 

Ce que j'ai aimé :

Richard Brautigan nous raconte l'improbable rencontre entre le narrateur Jesse et Lee Mellon, descendant d'un général sudiste ayant combattu pendant la guerre de Sécession "fleur de la chevalerie sudiste, et lion sur le champ de bataille."

"Lee Mellon regarda la ciel Parfois, quand on rencontre des gens pour la première fois, ils regardent le ciel. Il le regarda longtemps."

Lee devient son voisin avant de s'exiler à Big Sur où Jesse finit par le rejoindre. Là-bas, Lee habite une cabane qu'il a  lui même édifiée, si bien qu'elle est quelque peu bancale : dotée d'un mur en terre, d'un en verre, et pas de mur qui donne sur une mare au grenouilles. Le plafond est trop bas, les grenouilles croassent de façon un peu trop envahissante si bien que les solutions germent pour les chasser : le lancée de pierres, le tapage de balai, l'eau bouillante dans la mare ou encore le vin rouge aigre jeté sur les fautives. Rien n'y fait. Jusqu'à ce que deux mastodontes interviennent... Le coin est aussi agrémenté d'un fantôme vétéran de la guerre hispano américaine. Entre rencontres délirantes, expériences avec de la marijuana, le temps file doucement et sereinement dans ce coin perdu du monde.
 

                           

 @Coastal living

Ce roman est totalement délirant, décalé, les personnages vivent dans une autre dimension pour le plus grand plaisir du lecteur !

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

 

Informations sur le livre 

chez 10/18 

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Un privé à Babylone

 

Le général sudiste de Big-Sur, Richard Brautigan, traduit de l'américain par Marc Chénétier, 10/18,  2004, 7.10 euros

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Le gang de la clé à molette de Edward ABBEY

Publié le par Hélène

   

♥ ♥ ♥

"Tout patriote doit être prêt à défendre son pays contre son gouvernement."

 

Ce que j'ai aimé :

La magnifique nature sauvage des Etats-Unis, celles des canyons et des rivières infinies est peu à peu saccagé par la prolifération des installations liées au développement industriel : bases de lancement de missiles, lignes haute tension, voies ferrées, autoroutes. La nature est enlaidie, dénaturée, comme lors de la construction du barrage et de la centrale de Glen Canyon 1955. Le Colorado est canalisé et l'un des plus beaux canyons des Etats-Unis noyé sous les eaux de la retenue.

Quatre destins vont s'unir pour faire preuve d'"éco-activisme", nécessaire combat même s'il est sans espoir contre cette industrialisation à outrance : Doc Sarvis, chirurgien à ses heures, Bonnie Abbzug, juive assistante du doc, Georges Hayduke, des Forces spéciales du Vietnam, un homme "plein d'amertume" devant le spectacle des bulldozers dénaturant le paysage et enfin Seldon Seen Smith un mormon doté de 3 femmes et désolé lui aussi de la disparition des paysages idylliques des canyons englouti par le barrage de Glen Canyon "étranges ampithéâtres appelés Music Temple et Cathedral in the Desert". A quatre, ils vont lutter avec leurs armes, clé à molette et dynamite contre les géants de l'industrialisation.

"Tout ce fantastique effort - machines géantes, réseaux d'autoroutes, mines, tapis roulants, pipe-lines, silos, voies ferrées et trains électriques, centrales électriques de cent millions de dollars, dizaine de milliers de miles de lignes à haute tension et de pylones, destruction des paysages, de paturâges, de maisons, de lieux sacrés et de cimetières indiesn, empoisonnement du dernier réservoir d' air pur des Etats-Unis, assèchement de ressources en eau potable précieuse - tout ce travail éreintant, ces dépenses épuisantes et ces écoeurantes insultes à la terre, au ciel et à l'homme, pourquoi ? Tout ça pourquoi ? Mais pour éclairer les futurs immeubles de San Diego et de Los Angeles, pour illuminer les centres commerciaux et le sparkings à deux heures du matin, pour alimenter en énergie mes raffineries d'aluminium, les usines de magnésium, les fabriques de vinyle-chloride, les fonderies de cuivre, pour faire briller les tubes au néon qui justifient (pauvre justification) Las Vegas, Albuquerque, Tucson, Salt Lake City, les métroples amalgamées de la Californie du Sud, pour maintenir en vie cette gloire putréfiée et phosphorescente (de là toute gloire s'en est allée) appelée Centre-Ville, Vie Nocturne, Wonderville, USA."

Après quelques coups de maître, ils vont être traqués au fond des canyons qu'ils défendent et connaissent heureusement comme leur poche... Le rythme devient alors haletant jusqu'au final explosif !

Hymne à la désobéissance civile, cette épopée contée par un amoureux de la nature est à lire et à méditer sans tarder...

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Quelques longueurs, légères...

 

Premières phrases :

"Lorsqu'un nouveau pont entre deux Etats souverains des Etats-Unis esta chevé, arrive l'heure des discours, des drapeaux, des fanfares et de la rhétorique techno-industrielle amplifiée par haut-parleurs. A l'adresse du public. La foule patiente. Le pont, orné de banderoles, d'oriflammes et de bannières flamboyantes, est prêt."

 

                          

@panoramio

 

Informations sur le livre :

http://www.gallmeister.fr/livres/fiche/58/abbey-edward-le-gang-de-la-clef-a-molette

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le retour du gang

 

D'autres avis :

Lecture commune avec Manu

Papillon ; Keisha 

 

Le gang de la clé à molette, Edward Abbey, traduit par Jacques Mailhos, Gallmeister, avril 2013, 552 p., 25 euros

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Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne SAUCIER

Publié le par Hélène

                                             

♥ ♥

"Le grand âge lui apparaissait comme l'ultime refuge de la liberté, là où on se défait de ses attaches et où on laisse son esprit aller là où il veut."

 

Mon avis :

Au fin fond de la forêt canadienne, trois vieillards ont décidé que "La mort, on en fait notre affaire." Ne souhaitant pas terminer dans des mouroirs, ils se cachent, en marge de la société et vivent leur vie libre, loin de la civilisation et des assistantes sociales qui décident pour eux ce qui est bien ou pas. Heureux ? Sans nul doute.

"Et ça, dit-il en désignant la boîte de fer-blanc, c'est ce qui donne son prix à un coucher de soleil quand on a mal à ses os, c'est ce qui donne le goût de vivre parce qu'on sait qu'on a le choix. La liberté de vivre ou de mourir, y a pas mieux pour choisir la vie."

Ces drôles de bonhomme ne vont pas rester longtemps seuls, une jeune photographe à la recherche des rescapés des grands feux de 1916 les rencontre, puis une charmante vieille dame diaphane au cheveux blancs s'annonce dans leur vie. Mais ces deux envoyées du ciel ne trahiront pas leur secret...

Un petit conte éclatant, tendre et merveilleux comme ses personnages. Jocelyn Saucier nous parle de la vieillesse, de la vie, de la liberté, et de la mort, mais elle nous parle surtout de choix de vie et de mort. Elle nous rappelle que tout un chacun reste libre de choisir sa vie, et libre de choisir son propre mouroir... Une pépite...

@bonjourquebec

Premières phrases :

"Où il sera question de grands disparus, d'un pacte de mort qui donne son sel à la vie, du puissant appel de la forêt et de l'amour qui donne aussi son prix à la vie. L;histoire est peu probable, mais puisqu'il y a eu des témoins, il ne faut pas refuser d'y croire. On se priverait de ces ailleurs improbables qui donnent asile à des êtres uniques."

 

D'autres avis :

Aifelle ; Cathulu  Karine Sylire ; Antigone ; Clara

 

Informations sur le livre :

Auteur: Jocelyne Saucier est une romancière canadienne née dans la province du Nouveau-Brunswick en 1948. Elle a fait des études de sciences politiques et de journalisme. Il pleuvait des oiseaux est son quatrième roman.

Interview ICI

Présentation de l'éditeur : Une photographe du Herald Tribune part réaliser un reportage sur la région québécoise du Témiscamingue, dont les forêts ont été ravagées par de gigantesques incendies au début du XXe siècle. Elle y trouve une communauté de marginaux fantasques et solitaires, dont Tom et Charlie, deux vieillards qui ont survécu à l'incendie et vivent en ermites au fond des bois. Dabord méfiants puis déterminés à aider la photographe dans son enquête, les deux hommes voient leur quotidien chamboulé. Et, soudain, lorsque arrive Marie-Desneige, octogénaire énigmatique tout juste échappée de sa maison de retraite, la vie, puis contre toute attente l'amour, reprend peu à peu ses droits. Superbe récit, lumineux et tendre, Il pleuvait des oiseaux nous entraîne au plus profond des forêts canadiennes, où le mot liberté prend tout son sens, et l'émotion, brute et vive, jaillit à chaque page.
 

 

Il pleuvait des oiseaux, Jocelyn Saucier, Denoël, août 2013, 16 euros

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Tante Mame de Patrick DENNIS

Publié le par Hélène

"Tante Mame est la charmante dingue qu'on voudrait dans la famille." (Préface)

 

L'auteur :

Patrick Dennis est un romancier américain né en 1921 à Chicago et mort en 1976 à New York. Dans les années cinquante, Dennis fut l'un des auteurs américains les plus populaires. Ses romans ont été des Bestsellers, notamment le cultissime Tante Mame qui se vendit à deux millions d'exemplaires et fut maintes fois interprété, joué à Broadway, mis en musique et adapté au cinéma. (Présentation de l'éditeur)

 

L'histoire :

Patrick, orphelin à 10 ans, est recueilli par sa tante, Mame, une femme aux fiers principes moraux et religieux, qui est en fait une célibataire tout à fait émancipée, sensible au souffle de liberté qui anime l'Amérique des années 1920. Mame associe peu à peu son neveu à sa vie agitée, lui donnant ainsi une leçon de liberté d'esprit. (Présentation de l'éditeur)

 

Ce que j'ai aimé :

Tante Mame est une optimiste maladroite, libre penseuse, elle s'attache à tout courant qui sort de l'ordinaire. Ainsi quand elle recueille le jeune Patrick, il en fait rapidement les frais puisqu'il se retrouve dans une école avant-gardiste dans laquelle l'enseignement se fait entièrement nu. Et il n'est pas au bout de ses surprises, même si son banquier le tire au plus vite des griffes de cette école atypique. Malgré tout cette femme fantasque et crédule est attachante et le récit rocambolesque de ses aventures l'est tout autant. L'épisode du cheval est particulièrement désopilant, Tante Mame ayant prétendu pour préserver son honneur qu'elle était une cavalière hors paire se retrouve aux prises avec un cheval fou...

 

Ce que j'ai moins aimé :

Malheureusement, je ne me suis pas attachée à cette drôle de tante, si certains épisodes sont fluides et admirablement contés, d'autres sont franchement laborieux, voire même désuets, si bien qu'on finit par se lasser de ces aventures de cette sympathique écervelée.

 

Premières phrases :

"Il avait plu toute la journée. Non que la pluie me dérange, mais j'avais promis d'installer les auvents, et d'emmener le petit à la plage. J'avais aussi l'intention de barbouiller sauvagement au pochoir les murs de stuc de cette partie de la cave que l'agent immobilier appelait la Salle des Fêtes, et de travailler à ce qu'il appelait une Future Chambre Mansardée, idéale comme Chambre d'AMis, Salle de Jeux, Atelier ou Bureau."

 

Vous aimerez aussi :

Voyage avec ma tante de Graham GREENE

 

D'autres avis :

Lire ; Manu ; Babélio 

 

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Liberté pour les ours de John IRVING

Publié le par Hélène

                                  

Le premier roman de John Irving

 

Ce que j'ai aimé :

La première partie est un hymne à la liberté : Siggy et Graff parte dans une équipée sauvage en moto. Ils pêchent des truites, observent les animaux qui courent dans les près, se reposent, conquièrent deux ou trois belles en chemin, bref ils profitent de leur liberté, errant dans une période de vacance aérienne. 

 

Ce que j'ai moins aimé :

Quand les deux protagonistes arrivent au château de la tante de Gallen, le rythme s'essouffle. Les deux amis ne sont plus en phase puisque l'un poursuit la jeune Gallen de ses assiduités quand l'autre ne pense qu'à reprendre la route et sa liberté. Leurs aventures dans le château sont réellement rocambolesques, tellement fantasques  qu'il est difficile de les suivre. 

La fin de cette première partie est brutale et surpenante, avant que ne s'amorce une deuxième partie qui revient en arrière puisqu'elle livre les carnets de Ziggy écrits pendant les nuits où s'est laissé enfermer au zoo. Les carnets alternent le récit de Siggy, ses observations concernant le zoo, et parallèlement, il nous conte le destin de sa famille, de ses parents qui ont connu la montée du nazisme en Autriche et l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne. 

J'avoue avoir décroché à ce moment-là; la première partie funambule m'aurait suffi. Trop de longueurs par la suite, et cette structure qui oblige à revenir en arrière est frustrante, dans le sens où le lecteur a l'impression de ne pas avancer. 

Dans la troisième partie Graff veut accomplir le rêve de Siggy et libérer les animaux du zoo, mais j'étais déjà partie bien loin dudit zoo...

Je pense que décidemment John Irving n'est pas fait pour moi, j'avais déjà abandonné "Dernière nuit à Twisted River"...

 

Premières phrases :

"Je savais le trouver tous les midis, assis sur un banc dans le parc de l'Hôtel de Ville, un petit sachet bourré de radis de serre sut les genoux et une bouteille de bière à la main." 

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le monde selon Garp

 

D'autres avis :

Lecture commune avec Manu

 

Liberté pour les ours, John Irving, traduit de l'américain par Josée Kamoun, Présentation par Patrick Grainville, Points, 1995, 460 p., 7.60 euros

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L’arbre aux haricots de Barbara KINGSOLVER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le périple d'une jeune femme pas comme les autres

L'auteur :

http://www.kingsolver.com/

Ce que j’ai aimé :

Taylor Greer est une jeune femme qui sait ce qu'elle veut. Et ce qu'elle ne veut pas. A savoir devenir comme toutes ses camarades et se retrouver enfermée dans un mariage bancal avec deux ou trois mioches en prime. Non, Taylor veut tenter l'aventure, et partir loin de son comté de Pillman, pour vivre autre chose. Même si elle ne sait pas vraiment quoi... 

Aussi part-elle au volant de sa vieille coccinelle Volkswagen vers l'Ouest, les grands espaces, la liberté... Sauf que justement, quand on tombe en panne dans ces grands espaces, dans le désert de l'Oklahoma par exemple, il faut s'attendre à des surprises de taille : comme cette petite indienne qu'on lui confie à la va-vite dans un bar miteux et dont elle va devoir s'occuper, envers et contre tout. 

Vous cherchez de la littérature « feel good » de qualité ? N'hésitez plus, vous avez trouvé !

Taylor Green est une jeune femme attachante pleine de ressources qui grâce à sa bonne humeur et à sa gentillesse, va rencontrer des personnes qui lui ressemblent qu'elle va accompagner et aider comme elle le peut. Sa toute nouvelle "maternité" ne va pas de soit, mais peu à peu elle apprend à apprivoiser la petite Turtle et à l'aimer, avec les risques qu'inclut tout sentiment profond :

« Est-ce que je suis capable de donner à cette enfant la meilleure éducation possible et de la mettre à l’abri du danger jusqu’à la fin de ses jours ? La réponse est non, tu ne peux pas ? Mais personne d’autre ne le peut non plis. (…) Personne ne peut mettre un enfant à l’abri du monde. C’est pour ça que tu ne te poses pas la bonne question, si tu as vraiment envie de prendre une décision.

-Alors quelle est la bonne question ?

-Est-ce que j’ai envie d’essayer ? Est-ce que je pense qu’il serait intéressant, peut-être même agréable à la longue, de partager ma vie avec cette enfant et de lui donner ce que j’ai  de meilleur, et peut-être, au bout du compte, me retrouver avec une bonne amie. »n (p. 264)

Aux côtés de cette enfant tombée du ciel, de sa nouvelle amie Lou Ann, et de Mattie qui cache des secrets dans sa maison, Taylor affronte et apprivoise sa nouvelle vie faite de joies et d'épreuves, portée par l'amour et le soutien de ces personnes tellement riches en humanité. Un bel hommage rendu à ces laissés pour compte de l'Amérique, à ceux qui restent en marge du système ou n'ont pas l'autorisation de s'y intégrer. 

Ainsi Barbara Kingsolver nous livre un beau récit plein d'espoir et d'amour, drôle et profond à la fois, comme la vie elle-même...

Ce que j’ai moins aimé :

- Rien. 

L’arbre aux haricots de Barbara KINGSOLVER

Premières phrases :

« L’idée de mettre de l’air dans un pneu me rendait malade. Et ça depuis où j’ai vu un pneu de tracteur exploser et expédie le père de Newt au sommet de la pancarte Standard Oil. C’est la stricte vérité. Le pauvre homme s’est bel et bien retrouvé  coincé sur sa pancarte. »

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Les cochons au paradis (la suite des aventures de Taylor Green)

Autre : Billie LETTS

D’autres avis :

Lecture commune avec Manu

Babélio

L’arbre aux haricots, Barbaba Kingsolver, traduit de l’anglais (USA) par Martine BEQUIE, rivages poche,  1997, 339 p., 8.7 euros

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La dernière fugitive de Tracy CHEVALIER

Publié le par Hélène

 

 dernière fugitive

 

♥ ♥ ♥

 

"Est-il pire de ne pas avoir de principes, ou d'avoir des principes qu'on n'est pas à même de défendre ?" (p. 211)

 

L'auteure :

 

http://www.tchevalier.com/

 

L'histoire :

 

Quand Honor Bright se décide à franchir l'Atlantique pour accompagner, au cœur de l'Ohio, sa sœur promise à un Anglais fraîchement émigré, elle pense pouvoir recréer auprès d'une nouvelle communauté le calme de son existence de jeune quaker : broderie, prière, silence. Mais l'Amérique de 1850 est aussi périlleuse qu'enchanteresse ; rien dans cette terre ne résonne pour elle d'un écho familier. Sa sœur emportée par la fièvre jaune à peine le pied posé sur le sol américain, Honor se retrouve seule sur les routes accidentées du Nouveau Monde. Très vite, elle fait la connaissance de personnages hauts en couleur. Parmi eux, Donovan, «chasseur d'esclaves», homme brutal et sans scrupules qui, pourtant, ébranle les plus profonds de ses sentiments. Mais Honor se méfie des voies divergentes. En épousant un jeune fermier quaker, elle croit avoir fait un choix raisonnable. Jusqu'au jour où elle découvre l'existence d'un «chemin de fer clandestin», réseau de routes secrètes tracées par les esclaves pour rejoindre les terres libres du Canada.

Portrait intime de l'éclosion d'une jeune femme, témoignage précieux sur les habitudes de deux communautés méconnues – les quakers et les esclaves en fuite –, La Dernière Fugitive confirme la maîtrise romanesque de l'auteur du best-seller La Jeune Fille à la perle. (Source : Editeur)

 

Ce que j'ai aimé :

 

Quel souffle romanesque dans ce roman ! Une fois la première ligne lue, impossible de se détacher du destin de la jeune Honor, qu'on accompagnera le coeur battant jusqu'à la dernière page !

 

1850, la jeune femme embarque pour l'Amérique aux côtés de sa soeur, pour fuir un amour contrarié et écrire les fondements d'une autre histoire, ailleurs. Seulement le futur qui lui tendait les bras va connaitre quelques vicissitudes en chemin, et la jeune quaker devra s'adappter au changement survenu. Livrée à elle-même, la jeune Honor rencontre Belle, une jeune femme qui deviendra son ami, mais surtout, elle croise la route de Donovan, le frère de Belle, chasseur d'esclaves qui ne laissera pas la jeune femme indifférente ! 

 

Tracy Chevalier va souvent là où on ne l'attend pas : elle plante le décor, présente ses personnages, le lecteur pense alors vois les ficelles de l'intrigue à venir, mais non, l'auteure nous étonne alors par la psychologie affinée des personnages, qui ne tombent pas dans le piège de la facilité et se densifient au fil des pages. 

 

Son roman a aussi 'avantage de se présenter sur un arrière-fond historique documenté : La jeune Honor appartient à la société religieuse des amis , ou quakers, communauté religieuse fondée en Angleterre au XVIIème siècle. A la recherche de la "lumière intérieure", ce sont des personnes droites et morales, qui devront ici faire des choix qui ne seront pas forcément en adéquation avec leurs principes. Ils furent parmi les premiers à s'opposer à l'esclavage. 

 

Car la jeune Honor  va se trouver sur le chemin de fer clandestin emprunté par les esclaves en fuite pour se rendre au Canada. Traqués par les chasseurs d'eclaves comme Donovan, ils doivent compter sur des appuis dans la région pour espérer passer entre les mailles du filet. Honor devra faire des choix qui bouleverseront sa vie...

 

Un des romans de l'auteure les plus réussis, à découvrir sans hésiter !

       

Ce que j'ai moins aimé :

 

Un peu éducoré sur les esclaves et le sort qui leur est réservé.
 

Premières phrases :

 

"Elle ne pouvait pas revenir en arrière. Quand Honor Bright avait brusquement annoncé à sa famille qu'ele allait accompagner sa soeur Grace en Amérique - quand elle avait trié ses objets personels, ne gardant que le nécessaire, quand elle avait fait don de tous ses patchworks, quand elle avait dit au revoir à ses onlces, et tantes, et embrassé ses cousins et cousines et ses neveux et nièces, quand elle était montée dans le coche qui allait les arracher à Bridport, quand Grace et elle s'étaient donné le bras pour gravir la passerelle du bateau à Bristol -, tous ces gestes, elle les avait effectués en se disant en son for intérieur : Je pourrai toujours revenir. Sous cette pensée, toutefois, était tapi le soupçon que dès que ses pieds auraient quitté le s ol anglais, sa vie serait irrévocablement transformée."

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :  Prodigieuses créatures de Tracy CHEVALIER

 

 

D'autres avis :

 

Télérama ; Les 8 plumesJostein ; Dominique ; Véronique ; Claudia Lucia

 

La dernière fugitive, Tracy Chevalier, traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff, Quai Voltaire, 2013, 373 p., 22 euros

 

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Les vrais durs ne dansent pas de Norman MAILER

Publié le par Hélène

♥ ♥

 "Nous avons tous en nous de l'extraordinaire qui ne demande qu'à sortir, et voilà tout. Chacun est libre de s'y prendre comme il peut." (p.135)

 

L'auteur :

Fils d'Isaac Barnett, un comptable juif originaire d'Afrique du Sud, et de Fanny Schneider, gestionnaire d'une agence de femme de ménage, il est élevé à Brooklyn, et entre à l'université Harvard en 1939 où il étudie l'ingénierie aéronautique. Il s'y découvre un intérêt pour l'écriture et publie sa première histoire à 18 ans.

 Enrôlé dans l'armée américaine, il participe à la Seconde Guerre mondiale dans le Pacifique Sud. En 1948, juste avant d'entrer à la Sorbonne à Paris, il écrit The Naked and the Dead, basé sur son expérience de la guerre dans le Pacifique, qui le rend célèbre.

 Les années suivantes, Norman Mailer écrit des scripts pour Hollywood qui sont pour la plupart refusés. Vers le milieu des années 1950, tenté par le marxisme et l'athéisme, il devient un célèbre écrivain « anti-establishment » et libertaire. Dans The White Negro: Superficial Reflections on the Hipster (1956) et Advertisements for Myself (1959), il traite de la violence, de l'hystérie, des crimes et du désarroi de la société américaine. Son œuvre, partagée entre un réalisme hérité de John Dos Passos et une écriture journalistique proche d'Ernest Hemingway, se veut la conscience en éveil des injustices du temps, des débordements politiques américains et des drames qui en découlent. Aussi, tente-t-elle d'étudier, de manière souvent provocatrice, les névroses et pathologies d'une société occidentale constamment en crise de valeurs. Il a été l'un des emblèmes de l'opposition à la guerre du Vietnam dans les années 60 et 70.

 Norman Mailer est aussi connu comme biographe, il a par exemple écrit sur Marilyn Monroe, Pablo Picasso, et Lee Harvey Oswald.

 Il s'était marié six fois et a eu neuf enfants (dont un adopté avec sa dernière épouse - Matthew Norris Mailer). En 1960, il agresse à coups de canif sa seconde épouse (Adele) lors d'une fête. Elle n'est que légèrement blessée, et ne portera pas plainte contre Mailer.
L'écrivain-journaliste est un habitué des récompenses : il a reçu aux États-Unis le prix Pulitzer pour Les Armées de la nuit en 1969, et à nouveau en 1980, pour Le Chant du bourreau avant de recevoir, en 1983, l'insigne de Commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres de la part de la France et le 3 mars 2006, la Légion d'honneur des mains de l'ambassadeur de France aux États-Unis. (Source : Babélio)

 

L'histoire :

À Provincetown, dans la trompeuse quiétude de la morte-saison, Tim Madden, écrivain raté et amateur de femmes, noie son ennui dans le bourbon.

 Un matin de plus, il se réveille avec une formidable gueule de bois, mais cette fois il va aller de découverte en découverte : un curieux tatouage sur le bras, du sang dans sa voiture et, dans la cache où il planque sa marijuana, la tête, proprement coupée, d'une belle blonde platinée... Est-il pour autant un assassin ? Pour répondre à cette question, Tim se lance dans une enquête personnelle. Une poursuite pleine de péripéties qui l'amènera à rencontrer des ex-boxeurs, des maniaques sexuels, des repris de justice, une ancienne maîtresse et enfin son propre père, dont la figure haute en couleur restera l'une des créations les plus mémorables de Mailer. (Source : Babélio)

 

Ce que j'ai aimé :

- La couverture !

- L'intrigue de départ est aguichante, un peu à la "Very bad trip" : après une nuit agitée, Tim Madden se réveille avec un tatouage sur son bras, du sang dans sa voiture, et surtout la tête coupée d'une blonde platine cachée dans sa plantation de marijuana. Avouez que cela fait beaucoup pour un seul homme... Sauf qu'il ne garde aucun souvenir de ladite nuit mouvementée à l'origine de tant de bouleversements. Ques s'est-il passé ? Est-il coupable ou non coupable ? Lui-même doute, les frontières entre violence latente et actions sont quelquefois si ténues... Bienvenue à Enferville !

- En sus d'une intrigue somme toute bien intriguante, les personnages paumés sont attachants : Tim, écrivain plus inspiré par les blondes, la drogue et le sexe que par la page blanche, son père, soutien indéfectible, ses relations, loosers drogués...

 

Ce que j'ai moins aimé :

- très sexe drogue et rock'n'roll, trop à mon goût

- lent

- la résolution de l'intrigue est un peu alambiquée...

 

Premières phrases :

A l'aube, quand la marée découvrait les bas-fonds, le bavardage des mouettes m'éveillait. Les mauvais jours, j'avais l'impression d'être mort et que ces volatiles me picoraient le coeur. Plus tard, après que j'eus sommeillé encore un moment, la marée montait sur le sable aussi vite que l'ombre descend sur les collines quand le soleil disparaît derrière la crête, et, avant peu, les permiers rouleaux venaient se fracasser sur la muraille de la jetée sous la fenêtre de ma chambre, le choc montant en un infime espace de temps sur un mur marin jusqu'aux passages les plus intimes de ma chair." 

 

Vous aimerez aussi :

Las Vegas Parano de Hunter S. THOMPSON

 

D'autres avis :

Babélio


Les vrais durs ne dansent pas, Norman Mailer, traduit de l'anglais (EU) par Jean-Pierre Carasso, Robert Laffont, pavillons poche, 2010, 471p., 9.90 euros

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La fille sur le coffre à bagages de John O’HARA

Publié le par Hélène

                                             fille-sur-coffre.jpg

♥ ♥

L’auteur :

Ami d'Ernest Hemingway et de Francis Scott Fitzgerald, John Henry O'Hara a écrit de nombreux feuilletons et nouvelles pour le magazine américain The New Yorker. Ses scénarios et ses romans ont été très bien accueillis par la critique au point qu'on le surnomma le "Balzac américain".

Une des œuvres majeures de John O'Hara est Rendez-vous à Samarra, qu'il publia en 1934 et dont Hemingway disait : « Si vous rêvez d'un roman magnifique, écrit par un auteur qui maîtrise parfaitement son sujet, lisez Rendez-vous à Samarra ». 

Citons aussi son roman Gloria (BUtterfield 8) (1935), qui fut adapté au cinéma par Daniel Mann en 1960, le rôle de Gloria Wandrous est incarné par Elizabeth Taylor. 

L’histoire :

 A New York, pendant la Prohibition, James Malloy, attaché de presse pour une société de production cinématographique, accompagne Charlotte Sears, actrice sur le déclin et maîtresse d'un riche homme d'affaires lié à la pègre. Au retour d'une réception, la star et son amant ont un accident de voiture. Ami d'Hemingway et de Fitzgerald, John O'Hara, qui fut surnommé par la critique « le Balzac américain », excelle dans le portrait désenchanté d'une société où l'on promène ses chagrins en limousine et en vison, en buvant du champagne.

 Ce que j’ai aimé :

 John O'hara peint les portraits désenchantés d'une génération aspirée par la spirale du cinéma, aliéné par l'or factice de la gloire et de l'argent. Ses personnages évoluent dans le monde du cinéma, monde dans lequel les rôles se font et se défont, et où les carrières peuvent sombrer dans l'oubli en quelques minutes, au gré des accointances du moment. Ainsi Charlotte Pears artiste que le déclin cherche encore dans les yeux de ses spectateurs la lumière qui lui permettrait d'exister. James Malloy ne sera qu'un miroir pour son égocentrisme exacerbé...

La description de ces personnages se fait tout en finesse, l'auteur passant au crible une société, usant pour ce faire de dialogues fluides et très cinématographiques. Surnommé «  Le Balzac américain », il brille dans l’art de la short story, de la novella, sorte de court roman.

Ce que j’ai moins aimé :

 Je n'ai pas bien compris la relation entre le titre traduit et le titre original "Sermons and soda-water »

Il s'agit là d'un roman d’atmosphère pas inoubliable.

Premières phrases :

 « Au début de ma carrière, à New York,, j’écrivis de nombreuses nécrologies d’hommes vraisemblablement en bonne santé, mais qui n’étaient plus tout jeunes. Dans le quotidien pour lequel je travaillais, la coutume voulait qu’un journaliste sans rubrique spécifique se vît confier cette tâche, considérée par la plupart comme une corvée, mais qui, moi, me plaisait assez. »

Vous aimerez aussi :

Les nouvelles de Raymond CARVER

 

La fille sur le coffre à bagages, John O’Hara  Le livre de poche, 2012, 128 p.,  5.10 euros

 

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La mécanique du bonheur de David BERGEN

Publié le par Hélène

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L’auteur :

 Salué comme l’un des meilleurs écrivains canadiens contemporains, David Bergen a déjà publié quatre romans aux éditions Albin Michel : Une année dans la vie de Johnny Fehr (2000), Juste avant l’aube (2002), Un passé envahi d’ombres (2007) et Loin du monde (2010). Son œuvre a été récompensée par le Giller Prize, le Margaret Laurence Award et le Carol Shields Book Award. Il vit à Winnipeg, dans la province du Manitoba. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 « Une écriture immaculée, une honnêteté percutante, un pouvoir d’attraction considérable, c’est ce qui caractérise ce magnifique roman sur les ambiguïtés insolubles de l’existence. » The Globe and Mail

 « Un livre lumineux, intelligent, provocateur et émouvant. » The Edmonton Journal

 Quand Morris Schutt, un journaliste important, passe en revue l’année qui vient de s’écouler, il ne peut que constater que tout autour de lui n’est que désastre, à commencer par sa famille. Son fils a été tué en Afghanistan, sa femme psychiatre de renom s’éloigne de plus en plus, sa fille a l’air d’avoir une liaison avec un de ses professeurs et son journal l’a mis en congé pour une durée indéterminée. Suite à l’une de ses chroniques, il entretient une correspondance avec la femme d’un fermier du Minnesota qui a, elle aussi, perdu un fils en Afghanistan. Morris Schutt veut retrouver le goût de la vie et du bonheur. Quoi de plus naturel que d’interroger les grands philosophes en quête de vérité : Cicéron, Platon, Socrate ? Ou peut-être vaut-il mieux chercher le bonheur sur un site de rencontre ? Mais le bonheur est-il si facile à atteindre ? Avec le charme et l’intelligence qui lui sont propres, La mécanique du bonheur est une dissection brillante de la vie d’un homme, à un moment critique, et de celle de sa famille, qui refuse de le laisser tomber. David Bergen nous éblouit par son écriture, sa sensibilité et son humour ironique. Avec ce nouveau roman, il prouve une fois encore qu’il est un formidable connaisseur de la complexité humaine.

(Quatrième de couverture)

 

Mon avis :

 Morris Schutt traverse une mauvaise passe. Il faut dire que son fils a été tué en Afghanistan, que sa femme l’a quitté, que sa fille aînée ne veut plus le voir, et que sa fille cadette semble entretenir une liaison avec un professeur beaucoup plus âgé qu’elle, et que son journal l’a mis en congé pour une durée indéterminée. Bon. Mais Morris Schutt essaie de garder la tête hors de l’eau, que ce soit en se rapprochant d’une femme lointaine qui lui ressemble, ou d’une femme proche qui gravite dans un univers bien différent du sien. 

La quatrième de couverture m’a induite en erreur : je pensais lire un roman sur le bonheur, et je me retrouve avec un personnage semi dépressif, un peu mou et perdu. Psy, groupe de paroles, introspection, liaisons, toutes les étapes lui permettant de faire le deuil de la mort de son fils et de son mariage jalonnent les pages.  

Bref quand on aime ce genre-là je pense qu’on pourra reconnaître le talent de conteur de David Bergen, mais si vous cherchez dans vos lectures autre chose que le destin ordinaire d’une homme dépressif, comme moi vous risquez de vous ennuyer à sa lecture…

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Loin du monde

Autre :  Le cœur par effraction par James MEEK

 

D’autres avis :

 CathuluKeisha  ;   Clara 

 

La mécanique du bonheur, David BERGEN, Traduit de l’anglais (Canada) par Hélène Fournier, Albin Michel, Collection « Terres d’Amérique », octobre 2013,

 

rentrée littéraire2013 2

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