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litterature amerique du nord

Esprit d'hiver de Laura KASISCHKE

Publié le par Hélène

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Un récit oppressant

 

L’auteur :

Laura Kasischke est née en 1961 à Grand Rapids, dans l’État du Michigan. Elle a fait ses études à l'Université du Michigan. Ella a publié des recueils de poésie, également parus en revues, pour lesquels elle a gagné de nombreux prix littéraires ainsi que le Hopwood Awards. Elle a également reçu la Bourse MacDowell. Laura Kasischke est aussi romancière. Les Éditions Christian Bourgois ont déjà publié huit de ses romans, dont À suspicious river(1999), La Couronne verte(2008), En un monde parfait(2010) et Les Revenants (2011). Deux d’entre eux, La Vie devant ses yeux, et À suspicious riveront été adaptés au cinéma. Laura Kasischke vit actuellement à Chelsea, dans le Michigan, avec sa famille. Elle enseigne l'art du roman à l’université de Ann Arbor. (source : éditeur)

 

L’histoire :

Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

« Et si c'était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasischke, s'impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération. » François Busnel, Lire

« Douce et inquiétante, experte en malaise phosphorescent et ouaté, de livre en livre, elle a su bâtir un univers sans pareil, suspendu dans la rêverie aveuglante qui précède toujours le drame, ce moment de flottement où la clairvoyance se débat pour se faire entendre. » Marine Landrot, Télérama

(Quatrième couverture)


Mon avis :

Le matin de Noël, Holly se réveille tard. Son mari part comme une flèche chercher ses parents à l’éaroport, et  sa fille se terre dans sa chambre. Holly ressent comme une angoisse diffuse, difficile à cerner, qu’elle aimerait retranscrire par écrit, comme pour mieux l’appréhender et la comprendre. Mais elle ne trouve ni le temps car il lui faut préparer le repas de Noël, tandis que la cohabitation avec sa fille Tatiana se fait de plus en plus tendue et étrange. Le blizzard se lève, les invités annulent leur venue, Tationa devient inquiétante et l’angoisse sourde prend ses aises, entre souvenirs de l‘adoption de Tatiana et tensions exacerbées dans la maison.

Esprit d’hiver est un huis-clos anxiogène, qui plonge dans la psychologie de Holly avec une précision chirurgicale. Les non dits évacués par la conscience de Holly s’estompent petit à petit, le pire revient à la surface, et le coup de massue ne sera assenée qu’à la toute dernière page.

Il faut être prêt à aborder des rivages mouvants qui effleurent la conscience et l’inconscient, prêt à sentir jusque dans nos chairs le mal être rampant dans les pièce sd ela maison, insidieusement, sournoisement.

Laura K. crée un univers particulier, suintant, qui crée un malaise lancinant.

"Vous voyez, c'est toujours la même obsession qui revient, des êtres qui voudraient supprimer des choses qu'ils savent avant que ces choses ne les anéantissent eux-mêmes." Interview le Monde 

 

Premières phrases :

"Noël, 20..

 

Ce matin-là, elle se réveilla tard et aussitôt elle sut :

Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux.

C'était dans un rêve, pensa Holly, que cette bribe d'information lui avait été suggérée, tel un aperçu d'une vérité qu'elle avait portée en elle pendant - combien de temps au juste ?

Treize ans ?

Treize ans !"

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Sucipisious river

D’autres avis :

  Lecture commune avec Géraldine,  Tiphanieet Cynthia

Les Inrocks ; Télérama

      Papillon Clara 

 

Esprit d’hiver, Laura Kasischke, traduit de l'anglais (EU) par Aurélie TRONCHET, Christian Bourgeois éditeur,

 

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      11/20

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L’école des saveurs de Erica BAUERMEISTER

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« Nous sommes tous des ingrédients, Tom, reprit-elle, rien de plus. Ce qui compte, c’est la grâce avec laquelle on prépare le repas. » (p. 139)

 L’auteur :

 Erica Bauermeister est née à Pasadena en Californie en 1959.
Elle a longtemps enseigné la littérature et l’écriture à l’université de Washington, et a publié deux ouvrages consacrés à la littérature féminine. Son séjour au nord de l’Italie durant 2 ans avec sa famille lui a donné cet amour pour la « Dolce Vita » et la bonne chair.
L’École des saveurs, son premier roman, a connu un succès considérable. Traduit dans une vingtaine de pays, il est resté plus de deux ans dans la liste des meilleures ventes aux États-Unis.
Elle vit actuellement à Seattle avec son mari et ses deux enfants, et dit à propos de son livre, qu’il parle « de nourriture et des gens, de cette façon de prendre les choses "sans grande importance" de la vie et de les rendre beaux ».

 L’histoire :

 Un jour, la petite Lilian se lance un défi fou : si elle parvient à guérir sa mère de son chagrin en cuisinant, elle consacrera son existence à la gastronomie. La magie d'un chocolat chaud aux épices opère et, une vingtaine d'années plus tard, Lilian anime tous les premiers lundis du mois un atelier de cuisine dans son restaurant. L'École des saveurs réunit des élèves de tous horizons qui, de l'automne au printemps, vont partager des expériences culinaires, découvrir la force insoupçonnée des épices, capables par leur douceur ou leur piquant, d'éveiller des ardeurs inconnues et de guérir des peines anciennes... Un savoureux roman culinaire, une ode à la gourmandise et aux sens.

http://www.lecoledessaveurs-livredepoche.com/recettes.html

Ce que j’ai aimé :

 La cuisine et les alliances de saveur sont au cœur de ce roman. Les élèves de l’école des saveurs concoctent des repas savoureux qui leur permettent de s’éveiller à la vie et aux  sens. Une idée quelque peu éculée et banale…

Les descriptions des sensations donnent nénamoins l'eau à la bouche, comme pour ces spaghettis del mare :

« Après le sucre du melon, cette saveur était riche d’explosions rouges et de flèches de piment qui lui transperçaient la langue, et en dessous, comme une main qui stabilise, un coussin salé de palourdes, le velours doux de l’origan et des spaghettis, chauds comme du sable sur une plage. » (p. 217)

Ce que j’ai moins aimé :

Un peu facile, léger comme une bulle de savon qui s’évanouit dés la dernière page refermée. Lecture agréable sans être inoubliable.

Alors que le roman s’ouvre sur l’histoire de Lillian, rapidement, elle laisse place à des chapitres consacrés aux élèves, et le mystère demeure que la jeune femme, rien  n’est totalement levé.

 Premières phrases :

« Le moment que préférait Lillian, c’était juste avant d’allumer la lumière. Debout sur le pas de la porte, laissait derrière elle l’air chargé d’humidité, elle sentait les odeurs de la cuisine venir à elle : la levure fermentée ; le café, terreux et sucré ; l’ail qui s’adoucissait à l’air libre. »

 Vous aimerez aussi :

   Le restaurant de l’amour retrouvé par OGAWA Ito

D’autres avis :

   chez Babélio 

 

L’école des saveurs, Erica Bauermeister, traduit de l’anglais (EU) par Mona de Pracontal, Le livre de poche, 2009, 6.50 euros

 

Merci à ma JU..

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Le goût sucré des pommes sauvages de Wallace STEGNER

Publié le par Hélène

gout-sucre.jpg

♥ ♥ ♥

L’auteur :

 http://wallacestegner.org/bio.html

 

L’histoire :

 « Il engagea la décapotable sur le chemin, et Margaret se laissa aller contre son dossier pour regarder le ciel se déverser sur elle en une enveloppante cascade de bleu »: un couple, ébloui par la splendeur de l'automne, sillonne les routes du Vermont. A la faveur d'une halte aux abords d'un village isolé, Ross sort pinceaux et chevalet, Margaret ramasse quelques pommes sauvages et aperçoit la silhouette fragile d'une jeune femme venant à sa rencontre. Entre rêve et mélancolie, cinq nouvelles de Wallace Stegner au sommet de son art. (Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

Ce petit recueil de nouvelles datant des années 50 contient de véritables pépites :

Le goût sucré des pommes sauvages : Un couple découvre une région du Vermont du bout du monde, des hameaux abandonnés avec quelques habitants dont une jeune fille dans un « chemin fantôme qui se termine en cul-de-sac au milieu de nulle part. » (p. 19)

Le couple erre parmi ces fermes abadonnées, le mari peint pendant que sa femme se promène, nous conviant à une ballade hors du temps qui emmène le lecteur dans ce no man’s land.  

Une nouvelle qui nous enjoint à savourer le présent et le goût sucré des pomme sauvages...

 Jeune fille en sa tour : 

Un homme retourne sur les lieux de son adolescence, dans une maison habitée jadis par l’élue de son cœur, et aujourd’hui attribuée à un funérarium.

Entre remords et regrets, le bilan d’un homme qui se fait prendre au piège du passé  : « cela le tenaillait comme une souffrance » p. 47

« Il ne trouvait pas de consolation à se dire que l’on ne pouvait prendre aucune direction sans tourner le dos à quelque chose. » (p. 47)

Guide pratique des oiseaux de l’ouest :

Un homme de 70 ans observe les oiseaux dans une maison isolée sur la proue d’une colline californienne, quand il est sommé d’assister à un dîner mondain organisé par des voisins, dîner durant lequel un jeune pianiste doit se produire.

Une nouvelle sur les relations humaines et leurs complexités, et sur ce monde artistique : l'impression pour ce jeune pianiste d’être incompris perdurera longtemps après cette soirée.

L'auteur nous offre de très belles pages sur l’observation de la nature :

« Le soleil, très bas, commence à filtrer sous le chêne et m’aveuglede reflets intenses Du pied de notre colline deux grands eucalyptus s’élèvent au-dessus des houx et des yeuses, et els feuilles ovales et flexibles de leur cime, pas très loin en contrebas, tournoient comme autant de poissons éblouissants en papier d’aluminium. Dans le sous-bois la caille se remet à caqueter. Une hirondelle passe au-dessus de la terrasse, décrit une embardée à la poursuite d’un insecte et s’en va. » (p. 58)

Fausse perles pêchées dans la fosse de Mindanao :

Un homme va découvrir des caractère forts, téméraires, des vies de passion plus que de raison.

Génèse :

Ma nouvelle préférée de ce recueil, la plus longue aussi .

Il s'agit d'un western : un jeune anglais Rusty accompagne dans la Saskatchewan une équipe de meneurs de bétail « chargé de rassembler et ramener aux stations de fourrage des veaux que l’on ne pouvait laisser hiverner dans la prairie."

Il va connaître alors l'aventure dans toute sa splendeur mais aussi dans toute sa dureté. Il sera difficile pour lui de s’intégrer dans cette équipe de cow-boys aguerris, mais le temps et les épreuves feront leur oeuvre. Rusty ressortira grandi de cette belle aventure dans le blizzard...

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Bilan :

Un recueil avec deux nouvelles qui prennent l’ascendant sur les autres la première et la dernière et qui revèlent le grand talent de cet auteur « doyen des écrivains de l’ouest », maître pour les romanciers de l’école du Montana. 

Une très belle découverte !

 Ce que j’ai moins aimé :

  Comme dans tout recueil de nouvelles, certaines plaisent plus que d'autres...

 Premières phrases :

 « Ils roulèrent sur une chaussée égale, dont les bas-côtés avaient été creusés par la lame d’une niveleuse. Puis la route obliqua sur la doroite, et un écriteau peint cloué  à un poteau leur annonça : « Harrow. » Harrow, ils en venaient. Droit devant, en revanche, un chemin peu passant filait entre deux hauts talus pareils à des haies vives. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : La vie obstinée

D’autres avis :

 Lmda 

Babélio 

 

Le goût sucré des pommes sauvages, Wallace stegner, traduit de l’anglais (EU) par Eric Chédaille, Points, 302 p., 10 euros

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Super triste histoire d’amour de Gary SHTEYNGART

Publié le par Hélène

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  ♥  

 

L’auteur :

 

   Né en 1972, Gary Shteyngart a été désigné comme l'un des vingt meilleurs auteurs de sa génération par le New Yorker. Ses deux premiers romans, Absurdistan et Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes Russes, sont disponibles en Points. 

 

L’histoire :

 

Lenny Abramov vit dans un New York futuriste, image exagérée de notre époque mais qui lui ressemble étrangement : le monde entier est arrimé à son téléphone ultra-perfectionné, la publicité triomphe et la littérature est un art préhistorique que quelques inadaptés tentent de sauvegarder sans succès. Lenny fait partie de ceux-là. Il lit des "livres papier", croit encore aux relations humaines et commet la folie de tomber amoureux d’Eunice Park, jeune américaine d’origine coréenne. Cette Super Triste Histoire d’amour est une comédie romantique qui finit mal (Lenny et Eunice ne vieilliront pas ensemble) et qui dresse un portrait accablant de la "modernité". L'Amérique, au bord de l'effondrement économique, est menacée par ses créanciers chinois et une ambiance très Big Brother s’installe au quotidien. Cette satire mélancolique est surtout un roman à l’humour dévastateur.

Sans délaisser la fable politique, Shteyngart livre ici un texte plus personnel, un autoportrait à peine déguisé d’un homme en décalage avec son temps. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Gary Shteyngart nous entraîne dans un univers décalé, loufoque, au sein d'une sorte de roman d'anticipation se situant aux Etats-Unis, pays devenu un état policier glaçant. Ce changement d'époque lui permet de figurer une satire de la modernité avec au centre de l'intrigue un Lenny décalé et has been, face à un monde dans lequel il ne trouve plus sa place.

Les points de vue varient entre ceux de Lenny par le biais de son journal et les conversations d'Eunice avec ses amies sur le forum Globados. Cette formation en miroir des situations racontées sous deux formes différentes permet de mettre en valeur la solitude des êtres appelés bien souvent à se tromper sur leurs congénères, aveuglés par leurs égos. 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

 Le style est assez vulgaire notamment dans les conversations entre Eunice et sa soeur :

"Quoi de neuf, pétasse ? Ta nigaude te manque ? Tu veux me lâcher la purée dessus ? MDR. J'suis grave dégoûtée de baiser avec des meufs. A prop', j'ai vu les photos du comité des anciens d'Elderbird où tu mets ta langue dans, hum !, l'oreille de Bryana." (p. 41)

De plus les personnage principaux sont peu sympathiques voire franchement antipathiques : Lenny est un vieux bedonnant amoureux d’une jeunette, et Eunice, une jeune femme perdue et vulgaire. Des êtres obsédés par le sexe et en perpétuel décalage entre ce qu'ils montrent d'eux-mêmes et ce qu'ils sont, des êtres égoïstes, se répétant sans cesse, pour le plus grand désarroi du lecteur. 

Une déception...


Premières phrases :

 

"Très cher journal,

Aujourd'hui, j'ai pris une grande décision : je ne mourrai jamais.

D'autres mourront autour de moi. Annihilés. Rien de leur personnalité ne substitera. Extinction des feux. Leur vie, leur entièreté, seront résumées sur le marbre poli de leur pierre tombale par des formules mensongères ("Son étoile brillait au firmament", "Nous ne t'oublierons jamais", "Il aimait le jazz"), lesquelles seront à leur tout balayées par un raz-de-marée ou mises en pièces par on ne sait quelle dinde de l'avenir génétiquement modifiée." 

 

D’autres avis :

L'express  ; Les inrocks ; France Info 

  Babélio 

 

Super triste histoire d’amour, Gary Shteyngart, traduit de l'anglais (EU) par Stéphane Roques, Points, 8 euros

 

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Avant la nuit de Pete FROMM

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Un bel hommage aux rapports pères-fils

 

L’auteur :

 PETE FROMM est né en 1958 dans le Wisconsin et a d'abord été ranger avant de se consacrer pleinement à l'écriture. Il a publié plusieurs romans et recueils de nouvelles qui ont remporté de nombreux prix et ont été vivement salués par la critique. Indian Creek est son premier livre traduit en français. Il vit à Great Falls dans le Montana.

 

L’histoire :

 

 Les nouvelles de ce recueil ont pour cadre les paysages du Montana et de l'Ouest qui tissent des liens entre les êtres, les fêlures, les espoirs ou les désillusions qui les hantent. Du père divorcé qui traverse les Etats-Unis en voiture pour emmener son fils à la pêche au jeune homme qui retourne chez sa mère et son beau-père après une absence de six années, Avant la nuit présente une galerie de personnages inoubliables. Ces histoires offrent autant de tableaux de l'Amérique et se placent dans la lignée des plus beaux textes de Norman Maclean ou de Thomas McGuane. Après le succès d'Indian Creek, Pete Fromm confirme, avec ces héros ordinaires auxquels il prête une voix singulière, son appartenance à la famille des grands auteurs de l'Ouest américain. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

« Père et fils » : un père traverse le pays pour aller voir son fils et l’emmener pêcher. Emouvant.

« Epuisette » : des jeunes mariés en conflit.

« Avant la nuit » : un homme va pêcher avec son beau-fils soudainement réapparu après six ans de silence. Ils ont peur de ne pas rentrer avant la nuit.

De belles réflexions sur l’angoisse de perdre ceux qu’on aime même si comme le dit un des personnages « On ne peut pas commencer à regretter la chose la plus importante de sa vie avant même qu’elle ait disparu. (...) On finirait par devenir dingue. » (p. 64)

« Indigènes, wagons et déménagements » : un homme se souvient d’une belle histoire d’amitié.

« Le cours normal des choses » : un père emmène ses deux enfants pêcher après la mort de leur mère. Le plus jeune est hanté par l’image de sa mère sur son lit de mort, et touché par les changements survenus chez son père.

« Stone » : un père essaie de pêcher avec son fils qui préfère faire des ricochets. L’un comme l’autre vont apprendre à apprivoiser la passion de l’autre. Une de mes nouvelles préférées du recueil. Un bel échange entre les deux êtres.

« Ambre » : partie de pêche entre deux frères.

« La petite frappe » : un jeune garçon emmène le petit frère de sa petite amie à la pêche avec des amis à lui.

« Pour le gamin » : deux anciens amis partent à la pêche avec le jeune fils de l’un d’eux, qui va être le révélateur des changements survenus entre les deux hommes.

« Super souris et le fromage bleu de la Lune » : un couple part pêcher pour le meilleur et pour le pire.

 Ce que ces récits ont en commun, hormis un goût immodéré pour la pêche à la mouche, est sans doute l’analyse très fine des rapports humains. Pete Fromm nous parle de l’incommunicabilité entre les êtres, de la difficulté de se faire comprendre, de laisser de côté son égo pour venir à l’autre en toute innocence. Il évoque aussi nos peurs, angoisses diffuses : celles liées au fait d’être parents, mais aussi la peur de perdre ceux qui nous sont chers, la peur que le temps passe trop vite. La rivière est là pour leur rappeler que tout file, inexorablement…

 Un très beau recueil pour apprendre à se recueillir sur le bord des rivières …

 

Ce que j’ai moins aimé :

-Rien 

 

 Premières phrases :

 « L’argent ne coule pas à flots. Il n’y a pas vraiment de quoi emporter ou noyer quelqu’un, si vous voyez ce que je veux dire. Un désastre après un autre. Vous savez ce que c’est. Alors la décision du juge m’arrive ne pleine figure, comme si elle débarquait d’une autre planète. En parcourant des yeux le compte rendu d’audience, vous vous posez d’abord la question habituelle –Qu’est-ce que c’est que cette langue ? – avant de vous demander : c’est de moi qu’on parle là ? »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  Indian creek : un hiver au coeur des Rocheuses de Pete FROMM

Autre :  La rivière de sang de Jim TENUTO

 

D’autres avis :

 ClaraClaudia Lucia 

 

Avant la nuit, Pete Fromm, traduit de l’américain par Denis Lagae-Devoldère, Gallmeister, avril 2010, 172 p., 21 euros

 

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Swamplandia de Karen RUSSELL

Publié le par Hélène

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Une visite mouvementée dans les Everglades...

 

L’auteur :

 Originaire de la Floride, où se déroule ce premier roman classé par le New York Times comme un des meilleurs de l’année passée, Karen Russell est considérée par le New Yorker et la revue britannique Granta comme un des vingt jeunes auteurs américains les plus talentueux.

Swamplandia a été un des trois finalistes du prix Pulitzer 2012 (non attribué, les jurés n’ayant pu se mettre d’accord). Il est en cours de traduction dans une quinzaine de langues.

 

L’histoire :

      « Quand on n’est qu’au commencement de la fin, on peut très bien se croire déjà au milieu. Quand j’étais petite, je ne voyais pas ces nuances. C’est seulement après la déchéance de Swamplandia que le temps s’est mis à avoir comme un début, un milieu et une fin. En bref, je peux résumer toute l’histoire d’un seul mot : chute. »

Swamplandia a longtemps été le parc d’attractions le plus célèbre de toute la Floride, et sa star, Hilola Bigtree, dompteuse d’alligators de classe internationale, cuisinière exécrable et mère de trois enfants, n’y était pas pour rien. Mais à sa mort, l’entreprise sombre dans le chaos. Seule sa fille Ava, treize ans, semble en mesure de sauver les Bigtree du naufrage et de la menace du Monde de l’Obscur, leur redoutable concurrent… Sélectionné par le New York Times comme l'un des meilleurs romans américains de l'année 2011, Swamplandia plonge le lecteur dans l'univers luxuriant et magique de Karen Russell, dont l'écriture inventive n'est pas la moindre des qualités. 

 Mon avis :

 Je ne m’attendais pas du tout à cela après lecture de la quatrième de couverture : je pensais lire quelque chose de beaucoup plus délirant, or l’atmosphère est plutôt glauque , marécageuse, on ne voit pas bien où veut en venir l’auteure. Passé cette première impression négative, je reconnais que le récit fait preuve d'originalité et d'excentricité avec le destin atypique de ces personnages perdus sur une île et contraint de se confronter au monde pour s'extraire d'ennuis financiers. La mort de la mère obligera tout un chacun à grandir et à assumer ses responsabilités. Mais elle bouleversera aussi profondément l'une de ses filles qui se réfugiera dans un imaginaire débordant et aliénant. Le fils partira vers le continent obnibilé par l'envie de rembourser les dettes de son père, père qui lui aussi partira, laissant la jeune Ava seule avec sa soeur étrange qu'elle essaiera de protéger de ses mauvaises rencontres...

 

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Un contexte humide et sordide : les Everglades, une famille ruinée, un marécage dangereux, un continent aliénant synonyme de grande consommation inutile, le monde de Karen Russell est assez particulier...

Il doit y avoir une allégorie, mais je n’ai même pas eu envie de me creuser la tête, d'autant plus que des longueurs pèsent sur le récit assez souvent…

Une déception...

Premières phrases :

 « Notre mère entrait en scène dans la clarté des étoiles. Qui avait eu cette idée ? Je ne l’ai jamais su. Sans doute Chef Bigtree, et c’était une bonne idée – neutraliser la poursuite pour laisser le croissant de lune se détacher dans le ciel, sans chaperon ; couper le micro, laisser les projecteurs sous leurs paupières de fer afin de permettre aux touristes d’apprécier ce cadre nocturne ; encourager le public à anticiper le palpitant numéro exécuté par la vedette de Swamplandia – la fameuse dompteuse d’alligators : Hilola Bigtree. »

 

D’autres avis :

Presse : http://www.rentree-litteraire.com/auteur/karen-russell/

Blogs : JérômeYvesCathulu

 

Swamplandia, Karen Russell, traduit de l’américain par Valérie Malfoy, Albin Michel, août 2012, 22.50 euros

 

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Contrée indienne de Dorothy m. JOHNSON

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

Cap sur le western !


 L’auteure :

 

DOROTHY M. JOHNSON est née en 1905 dans l’Iowa et a passé son enfance dans le Montana. Rédactrice pour des magazines féminins, puis professeur à l’université du Montana, elle publiera une quinzaine de livres et plus de 50 nouvelles dont plusieurs seront adaptées au cinéma (L’Homme qui tua Liberty Valance, Un homme nommé cheval, La Colline des potences). En 1959, elle est faite membre honoraire de la tribu blackfoot. Elle meurt en 1984. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 

Dans l’intimité de loges indiennes ou celle de ranches à peine construits, à travers les plaines, derrière les murs des forts militaires ou dans les rues de villes nouvelles, pionniers, Indiens et cow-boys sont confrontés à la dure loi de l’Ouest. Dotés d’un formidable instinct de survie, ces hommes et ces femmes résistent à la destruction de leurs foyers, de leurs croyances et de leurs rêves. Ces onze nouvelles – dont deux restaient inédites en français – racontent les incidents devenus légendaires et les paysages encore sauvages de cette terre de frontières. On retrouve parmi elles L’Homme qui tua Liberty Valance et Un homme nommé Cheval qui inspirèrent deux grands westerns de John Ford et Elliot Silverstein.

Avec Contrée indienne, Dorothy Johnson, grande dame de la littérature américaine, ressuscite le mythe de l’Ouest américain. (Présentation de l’éditeur)

 Première publication chez JC Lattès en 1986 et chez 10/18 en 1993.

Ce recueil est présenté pour la première fois dans son intégralité, deux nouvelles “L’incroyant” et “Cicatrices d’honneur” étant jusqu’à présent restées inédites en français.

 Deux nouvelles ont été adaptées au cinéma : L’Homme qui tua Liberty Valance par John Ford en 1962, avec James Stewart et John Wayne ; Un homme nommé Cheval par Elliot Silverstein en 1970.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Les cow-boys… et les indiens !!! Ils me manquaient…

Les nouvelles sont variées : il est question d'enlèvements de femmes colons dans « Flamme sur la plaine », « Retour au fort », d'hommes blancs qui ont été des indiens ou le sont toujours dans « L’incroyant », « La tunique de guerre », « Un homme nommé cheval », de colons confrontés aux attaques d'indiens dans « Prairie kid », « Après la plaine », d'indiens et de leurs rituels dans « L’exil d’un guerrier », de vrais cow boys dans « L’homme qui tua Liberty Valance »... Dorothy m Johnson en conteuse exemplaire ne prend pas partie pour l'un ou l'autre camp, elle palpite aux cotés des colons traqués, comme elle respire avec le souffle des indiens et de leurs coutumes. Elle nous explique par exemple ce rituel pour que les jeunes indiens découvrent leur totem : 

« Seul dans un endroit élevé pendant quatre jours et quatre nuits, sans eau ni nourriture ? Certains rêvent d’une bonne médecine, d’autres d’une mauvaise médecine, d’autres encore ne font pas de rêve. » (p. 192)

Elle s'interroge sur la limite entre la sauvagerie et la civilisation et représente intelligemment les deux peuples. Ainsi, ses nouvelles mettent en scène des personnages forts, marquants, confrontés à la violence, mais aussi humains qui vont apprendre la tolérance, l'ouverture, dans un enrichissement mutuel des cultures.

Un incontournable du genre !

 

Ce que j’ai moins aimé :

  - Rien 

 

Premières phrases :

«Le dimanche matin, le chef sioux nommé Little Crow, portant les vêtements sobres d’un homme blanc, assista au service religieux de la Lower Sioux Agency et serra la main du pasteur après la cérémonie. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Lonesome Dove de Larry McMURTRY

Le tireur de Glendon SWARTHOUT

Mille femmes blanches de Jim Fergus

 

D’autres avis :

 

Folfaerie ; Télérama 

 

 Contrée indienne, Dorothy Johnson, traduit de l’américain par Lili Sztajn, mars 2013, 256 p., 10.00 euros

 

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L’oiseau canadèche de Jim DODGE

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 « - Nous refusons tout ce qui sort de l’ordinaire.

- Eh ben, ça doit vous faire une petite vie bien merdeuse et salement étroite, non ? »

 L’auteur :

 Né en 1945, Jim Dodge est une figure atypique de la littérature américaine, à la fibre nettement écologiste et libertaire. Peu prolifique, auteur de quatre livres, trois romans et un recueil de poésie, l’homme a pris le temps de vivre, a partagé durant quelques années l’expérience d’une communauté autonome de Californie, exercé divers métiers, entre autres bûcheron, berger, joueur professionnel, etc. Il oeuvre aujourd’hui pour la préservation de l’environnement dans un ranch de la région de Sonoma. Après Stone Junction, L’Oiseau Canadèche a rencontré un accueil très enthousiaste.

 

 L’histoire :

À près de 80 ans, Jake envisage sereinement l’avenir : c’est qu’un vieil indien lui a révélé le secret de l’immortalité, la recette d’un tord-boyau carabiné, le « Râle d’agonie », qu’il est a peu près le seul à pouvoir avaler : « Bois ça, tiens-toi peinard et tu seras immortel » lui a affirmé Johnny Sept-Lunes, avant de rendre son dernier souffle.

À la mort de sa fille qu’il a à peine connue, Jake se bat pour gagner le droit de recueillir son petit-fils : c’est que l’administration rechigne un peu à confier l’enfant à un vieux solitaire excentrique, porté sur le jeu et la bouteille, réfractaire à toutes les contraintes sociales, travail et impôt en premier lieu. Écumant avec une chance insolente les tables de poker de tout l’Ouest, il gagne de quoi se racheter une moralité aux yeux de l’état américain, et le droit conséquent d’élever son petit-fils. Quelques divergences de caractère semblent éloigner le jeune Titou de son grand-père, en particulier sa passion pour les clôtures ainsi qu’une relative sobriété, alors que toute forme de barrière répugne son alcoolique de grand-père. Mais le duo fonctionne pourtant bien, et mieux encore du jour où Titou découvre Canadèche, canard boulimique et fort sympathique, qui devient le compagnon préféré. La vie s’écoule à peu près totalement peinarde, à peine perturbée par la présence sur leur domaine d’un antique et monstrueux sanglier... En lequel Pepe Jake croit reconnaître la réincarnation de son vieil ami indien, alors que Titou le chasse comme son pire ennemi…

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 Traversé d‘un agréable souffle libertaire, L’Oiseau Canadèche est un délicieux conte naturaliste moderne, un trésor de malice et de tendresse brillant comme un coeur de canard… (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Canadèche est un conte assez délirant, cocasse et certaines scènes restent gravés dans nos mémoires. Celle du cinéma par exemple, où l’on apprend les goûts cinématographiques très sûrs de Canadèche, ou encore celle durant laquelle le grand-père décide d’apprendre au volatile à voler, sans prendre en compte la loi de l’attractivité terrestre…

 Les personnages sont profondément humains, inspirés, hors-normes et nous permettent d’évoluer dans un monde parallèle bienheureux, simple dans lequel ennemis et amis sont clairement identifiés. Tout coule dans l’univers de cette drôle de famille.

 « On pense à Richard Brautigan et son Général sudiste de Big Sur  pour les divagations pacifistes, au James Crumley de La danse de l’Ours pour mille raisons, au Denis Johnson de Déjà mort pour les vies d’aventure remontées au petit bonheur, à Will Oldham de Palace Music pour le trémolo dans la voix, à Sherman Alexie pour l’eau de feu, les visions… à tous ces tendres déconneurs qui dans le effluves matutinaux de café remettent leur casquette, leur épaisse chemise à CARREAUX, et remontent dans le pick-up intersidéral de leurs vies cabossées. » ( Postface de Nicolas Richard)

 

Ce que j’ai moins aimé :

Trop court, je suis restée sur ma faim, surtout que j’en avais énormément entendu parler par la blogosphère.

 Pour moi, ce court roman souffre d’un problème de construction : les premiers chapitres mettant en place l’action sont trop  longs par rapport au court nombre de pages du roman : « Brève histoire de famille » présentant la famille des personnages court de la page 11 à 55, soit près de la moitié du roman, « Canadèche » centré sur le canard, partie plus drôle et intéressante à mon goût, de la page 59 à 105.

Les ellipses temporelles sont des tunnels  occultant  tout un pan de l’histoire des personnages, puisque l’on passe de Titou enfant à Titou adulte de vingt ans en quelques pages à peine.

 Le tout aurait pu être plus fluide en étant plus travaillé à mon sens.

 Premières phrases :

« Elle avait dix-sept ans ; elle s’appelait Gabrielle Santee ; elle était enceinte de trois mois quand elle se maria avec Johnny Makhurst, dit le Supersonique. Lui, il était pilote d’essai chez Boeing et venait de faire un héritage ; il lui était échu la modeste fortune d’un quincaillier de l’Etat de d’Ohio. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Stone Junction

Autre : souvent cité dans le Challenge Rire et Humour.  

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D’autres avis unanimes :

 Presse et libraires :

 « Cela faisait un petit paquet d’années qu’on rêvait de voir ça, histoire que soit enfin rendu un hommage public et massif au plus formidable des livres courts découvert ces 10 dernières années. » Benjamin Berton, Fluctuat

« Quel excellent petit remontant. J’ai adoré. » Librairie A livre Ouvert à Bruxelles

« Un court roman sur la Liberté comme seuls les Américains savent les faire ! 106 pages de pur bonheur, de folie, de Grand Ouest Américain, de clôtures, d’échecs, de whisky qui rend immortel, de canard chasseur de sangliers… Les aventures de trois personnages, un orphelin, un vieux grincheux et un canard, dont le but principal est de vivre tranquillement, loin de toute contrainte quotidienne. Bref, les 106 meilleurs pages publiées depuis bien longtemps. » François, Librairie des Halles à Niort

« Jim Dodge appartient à sa manière à la communauté des poètes du grand Ouest américain tels que Brautigan, James Crumley ou Denis Johnson. Un écrivain à découvrir de façon idéale avec L’Oiseau Canadèche. » Florence, Librairie Atout Livre

« Un petit roman folk bienfaisant, comme une chanson de Neil Young ou de Greg Brown. Pastorale hors la loi, conte spirituel et spiritueux, eau de vie de bouilleur de cru, petit élixir du grand Ouest américain  ! Santé  ! » Julien de la Panneterie, Librairie Millepages

« C’est une fable absolument incroyable, totalement décalée, réjouissante. Un livre à lire, à relire et à faire lire sans modération. » Télématin, France2, Linda Cassou, libraire à Antipodes

« Vif, mordant et malicieux. » Elle

« Réjouissant et constamment surprenant. Un conte de fée vient de se poser sur terre. » Daily Telegraph

« Un conte moral moitié Zen moitié Punk. Intensément drôle et bizarrement profond. » Herald

« Un canardage sauvage. » The Times

« Vous allez l’adorer. » Independent on Sunday

« Incroyable...Un joyau, une pépite, un diamant dans la gadoue. » San Francisco Chronicle

« Une fable californienne contemporaine au charme transcendant, sagesse et beauté. » Los Angeles Time

« L’Oiseau Canadèche est une petite praline bourrée de tendresse, un improbable conte anarcho-onirique de la plus belle eau (de vie). » Sophie Creuz, L’Echo

« Si le distillat obtenu par Pépé Jake, le Vieux Râle d’Agonie (…) est effectivement “à 97 % pur”, alors le petit livre tout aussi spirituel que spiritueux présentement ouvert entre vos mains est à 97 % un coup de génie. Les 3 % qui restent pouvant, selon l’appréciation de chacun, relever du délire animalier, de l’apologie de la clôture, du manifeste anarchiste, de l’éloge de la vieillesse, du manuel de siphonage à contre-pente, du souvenir de la balle de golf aspirée au bout de 25 m de tuyau d’arrosage, du traité d’échec sous les séquoias, etc. » Nicolas Richard

« 100 pages stylistiquement trempées dans le Vieux Râle, un whisky indien qui aurait le pouvoir de rendre immortel, et traversées de visions célestes façon Steinbeck on acid. (…) Ça pourrait être niais, naturaliste emmerdant, c’est mortel. » Blog Discipline in disorder

 Blogs :

Aifelle ; Cathulu ; Dominique ; Clara  ; Theoma Chaplum, ChocoKathel, Keisha, Mango

 L’oiseau canadèche, Jim Dodge, Traduit de l’américain par Jean-Pierre Carasso, Cambourakis, 112 pages, 10.20 euros

 

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Arrive un vagabond de Robert GOOLRICK

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

  « Et pour elle, pour Sylvan, il est Hollywood. » (p.138)

 

L’auteur :

Robert Goolrick vit dans une petite ville Virginie avec ses deux chiens Preacher et Judge. Son roman Une femme simple et honnête, N°1 sur la liste du New York Times, fera prochainement l'objet d'une adaptation cinématographique confiée au réalisateur David Yates. Féroces a reçu en france un accueil prodigieux de la part des critiques, des libraires et des lecteurs. Son nouveau roman, Arrive un vagabond, est déjà retenu dans les sélections de rentrée littéraire de la Fnac, du Virgin, des Furets du Nord et de Cultura. (Source : editeur)

 L’histoire :

C’est au cours de l’été 1948 que Charlie Beale arriva à Brownsburg. Il était chargé de deux valises – l’une contenait quelques affaires et des couteaux de boucher, l’autre une importante somme d’argent.

Charlie y tomba deux fois amoureux. D’abord, il s’éprit de cette ville paisible de Virginie dont les habitants semblaient vivre dignement, dans la crainte supportable d’un Dieu qu’ils avaient toutes les raisons de trouver plutôt bienveillant à leur égard. Une preuve parmi d’autres : il n’y avait encore jamais eu de crime à Brownsburg.

La deuxième fois que Charlie tomba amoureux fut le jour où il rencontra Sylvan Glass.

 Après Féroces et Une femme simple et honnête, Robert Goolrick nous offre, avec Arrive un vagabond, une plongée sensuelle et enivrante au cœur de la passion. Il y dépeint les membres d’une communauté face à une tragédie en marche. Des hommes et des femmes ordinaires, qui se retrouvent partagés entre la terreur de ce qu’il va advenir de leur fils préféré et la fascination devant les événements qui écriront le souvenir de leur passage sur terre dans la poussière des siècles.

(Source : Editeur)

 Ce que j’ai aimé :

Robert Goolrick a ce talent des conteurs intemporels, qui, avec quelques mots quelques phrases vous rivent aux pages, aux lèvres de l’auteur et vous transportent dans un autre univers aux plaisirs et aux dangers innombrables. Ces simples mots « Arrive un vagabond » sont comme un sésame qui ouvre la porte de tous les possibles, de toutes les tragédies. Un simple mouvement, et le monde bouge, les êtres changent irrémédiablement, et le monde n’est plus le même. L’arrivée de Charlie bouleversera à jamais les vies de ce calme village de Virginie. Les pages nous plongent dans l’intensité d’une perdition, d’une lente descente aux enfers d’un homme pris dans les rets de la passion. Charlie succombera au charme de Sylvan, Emma Bovary américaine, subjuguée par les films de Hollywood, par ces superbes actrices aux robes chatoyantes qui rencontrent des hommes charismatiques et vivent une vie passionnante, bien loin de celle de Sylvan… Charlie, contrairement aux habitants de la petite bourgade, ne craint pas les foudres de l'Enfer promis à celui qui trahira, et c'est à corps et coeur perdu qu'il va se jeter dans cette liaison adultère...

 Témoin de leur liaison, le jeune Sam sera garant de leur secret, même si le poids de son silence résonnera à jamais dans sa vie future.

 « L'enfance est l'endroit le plus dangereux qui soit.  Personne n'en sort indemne. »(p.133)

 Dans un style lyrique inoubliable, Robert Goolrick nous parle de la vie qui coule non sans heurts et laisse sur le chemin des êtres laminés par les sentiments, ou transportés par la pureté de ce qu’ils ont éprouvés.

 « Puis ils restèrent  assis là en silence, à se balancer, le petit calme et fatigué sur les genoux de sa mère, et la fumée blanche de la Lucky Strike de Charlie planant comme un fantôme. La belle sérénité simple de la campagne, la rue douce et sombre aux porches éclairés, avec les derniers papillons de nuit de l’été qui voletaient dans le halo de lumière vive au-dessus de leurs têtes, et les habitants de la ville qui se balançaient en fumant, en somnolant ou en discutant à voix basse. 

Quand il fit noir, les libellules apparurent dans le jardinet de Charlie et des chauves-souris se mirent à voltiger tout autour de sa maison, dans l’obscurité des lourdes branches de ses arbres. » (p. 112)

 

Ce que j’ai moins aimé :

           Rien.

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Féroces de Robert GOOLRICK 

Autre : Au lieu-dit Noir-Etang… de Thomas H. COOK

 D’autres avis :

Clara  ;

Vallit 

 

Arrive un vagabond, Robert Goolrick, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie de Prémonville, Anne Carrière, août 2012, 320 p., 21.50 euros

 grand prix lectrices de elle

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Le tireur de Glendon SWARTHOUT

Publié le par Hélène

                                                      tireur.jpg

 ♥ ♥ ♥

  

L’auteur :

GLENDON SWARTHOUT (1918-1992) est un auteur prolifique qui s’est illustré dans divers genres littéraires, mais qui était surtout reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes de l’Ouest américain et du western. Plusieurs de ses romans ont été des best-sellers et sept d’entre eux ont été portés à l’écran. Parmi ceux-là, Le Tireur a été mis en scène par Don Siegel en 1976 sous le titre Le Dernier des géants, avec John Wayne dans son dernier grand rôle au cinéma. Ce roman est publié dans une nouvelle traduction intégrale.

 

L’histoire :

Au tournant du XXe siècle, John Bernard Books est l'un des derniers survivants de la conquête de l'Ouest. Après des années passées à affronter les plus grandes gâchettes du Far-West, il apprend qu’'l est atteint d’un cancer incurable : il ne lui reste que quelques semaines à vivre. Les vautours se rassemblent pour assister au spectacle de sa mort, parmi lesquels un joueur, un voleur de bétail, un pasteur, un croque-mort, une de ses anciennes maîtresses, et même un jeune admirateur. Mais Books refuse de disparaître sans un dernier coup d'éclat et décide d'écrire lui-même l’ultime chapitre de sa propre légende.

À l'instar de Larry McMurtry avec Lonesome Dove, Glendon Swarthout signe avec Le Tireur un western incontournable. Il a été porté à l’écran par Don Siegel en 1976, avec John Wayne dans son dernier grand rôle.

 

Ce que j’ai aimé :

 Le tireur est un homme de légende qui a marqué son siècle. As de la gâchette, il a tué un nombre infini d’hommes si bien que quand il revient dans la petite ville de El Paso, il est observé, craint, envié, adulé. Il s’installe dans la pension de la veuve Rogers, sans savoir qu’il va vivre là ses derniers jours…

Au fil des pages, cet homme cruel s’humanise, les lois de l’Ouest l’ont sans doute contraint à tuer plus que de raison, mais il reste un homme meurtri, seul, qui, à l’heure du bilan, se découvre des sentiments…

 « J'ai eu de bons moments. Mais les meilleurs instants étaient toujours après, juste après, le revolver chaud dans la main, la morsure de la fumée dans mes narines, le goût de la mort sur ma langue, le cœur haut dans la gorge, le danger derrière moi, et puis la sueur soudaine et le néant, et la sensation douce et fraîche d'être né. » (p.162)

 Les vautours ne vont pas tarder à tourner autour de lui, attiré par l’odeur de l’argent et de la mort d’un homme légendaire. Un à un, Books va les repousser pour s’éteindre dignement…

 La scène finale tonitruante va marquer à jamais la légende de cet homme fin tireur…

 Le jeune fils de Bond Rogers, Gillom, est à la fois fasciné et déçu par cet homme aux colts fumants, et il va s’attacher à ses pas, le filant comme une ombre…

 Un western original, crépusculaire

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -Rien.

 

Premières phrases :

 « Il pensa : Quand j’arriverai là-bas, personne ne croira jamais que j’ai réussi un tel voyage à cheval et, Dieu m’en est témoin, je n’y croirai pas non plus.

Il était midi en cette journée maussade. Le soleil était pareil à un oeil injecté de sang dans la poussière. Son cheval souffrait d’une fistule. Une friction entre la selle et la couverture, une

épine, un caillou ou un noeud de fi celle avait créé un abcès au niveau du garrot, profond et purulent, et l’unique traitement, il le savait, aurait été de cautériser la plaie et de la laisser sécher à l’air libre sans remonter sur l’animal, mais il ne pouvait pas s’arrêter. Si le cheval souffrait, l’homme souffrait davantage encore. C’était son neuvième jour de voyage, et le dernier. »

 

Vous aimerez aussi :

 Lonesome Dove de Larry McMURTRY  

 

D’autres avis :

Jérôme

 Jean- Marc 

 

Le tireur, Glendon Swarthout, Gallmeister totem, novembre 2012, 208 p., 9.50 euros

Merci à Marie-Anne des éditions Gallmeister.

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