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litterature amerique du nord

Inconnu à cette adresse de Katherine KRESSMANN TAYLOR

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

Née en 1903 à Portland (Oregon), Katherine Kressmann Taylor est issue d’une famille d’origine allemande. Elle suit des études de lettres et de journalisme, puis travaille dans le domaine de la publicité. C’est en 1938 qu’elle publie, sous le pseudonyme de Kressmann Taylor, son premier roman, Inconnu à cette adresse. Celui-ci connaît un grand retentissement. Ce succès lui permet de vivre de sa plume. Première femme nommée professeur titulaire à l’université de Gettysburg (Pennsylvanie), elle a également enseigné l’écriture romanesque, le journalisme et la littérature anglaise. Katherine Kressmann Taylor est décédée en 1997. (Source : Le livre de poche)


L’histoire :

Max et Martin vivent tous les deux en Californie et sont amis de cœur ainsi qu'associés autour du commerce de tableaux. Martin décide de revenir dans son pays d'origine, l'Allemagne, tandis que Max, juif américain, demeure en Amérique. Ils vont alors s'écrire régulièrement pour garder contact. Cette correspondance commence le 12 novembre 1932 et s'achèvera le 3 mars 1934.

 

Ce que j’ai aimé :

Inconnu à cette adresse est un petit livre court et puissant, un roman essentiel dans la littérature de cette période. Totalement accessible à tous âges, à partir de l'adolescence, il traite intelligemment de la montée du nazisme en Europe.

Le genre épistolaire apporte beaucoup à l'intérêt et à l'originalité du roman. Les lettres sont courtes, concises et plantent rapidement le décor et les interrogations des protagonistes dans ces années trente qui voient peu à peu le nazisme s'installer dans une atmosphère lourde de suspicions et de non-dits.

Un roman vivant qui économise ses mots et met admirablement en scène la stupidité inhérente au nazisme...

  

Ce que j’ai moins aimé :

- Rien.

 

Premières phrases :

« Mon cher Martin,

Te voilà de retour en Allemagne. Comme je t’envie… je n’ai pas revu ce pays depuis mes années d’étudiant, mais le charme d’Unter den Linden agit encore sur moi, tout comme la largeur de vues, la liberté intellectuelle, les discussions, la musique, la camaraderie enjouée que j’ai connues là-bas. »

 

Vous aimerez aussi :

Maus d’Art SPIEGELMAN  

 

D’autres avis :

Babélio

 

 Inconnu à cette adresse, Kressmann TAYLOR, traduit de l’anglais (américain) par Michèle LEVY-BRAM, Editions Autrement,

POCHE : Inconnu à cette adresse, Kressmann TAYLOR, traduit de l’anglais (américain) par Michèle LEVY-BRAM, Livre de poche.  

 

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Désolations de David VANN

Publié le par Hélène

                                           

 ♥ ♥

 « On peut choisir ceux avec qui l’on va passer sa vie, mais on ne peut choisir ce qu’ils deviendront. » (p. 109)

  

L’auteur :

 

DAVID VANN est né sur l'île Adak, en Alaska. Après avoir parcouru plus de 40 000 milles sur les océans, il travaille actuellement à la construction d’un catamaran avec lequel il s'apprête à effectuer un tour du monde à la voile en solitaire. Auteur de plusieurs livres, il vit en Californie où il enseigne également à l'Université de San Francisco. Sukkwan Island fut son premier roman traduit en français. Site de l'auteur

 

L’histoire :

 

Sur les rives d’un lac glaciaire au cœur de la péninsule de Kenai, en Alaska, Irene et Gary ont construit leur vie, élevé deux enfants aujourd’hui adultes. Mais après trente années d’une vie sans éclat, Gary est déterminé à bâtir sur un îlot désolé la cabane dont il a toujours rêvé. Irene se résout à l’accompagner en dépit des inexplicables maux de tête qui l’assaillent et ne lui laissent aucun répit. Entraînée malgré elle dans l’obsession de son mari, elle le voit peu à peu s’enliser dans ce projet démesuré. Leur fille Rhoda, tout à ses propres rêves de vie de famille, devient le témoin du face-à-face de ses parents, tandis que s’annonce un hiver précoce et violent qui rendra l’îlot encore plus inaccessible. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Désolations nous offre tout un faisceau de réflexions sur le couple : la question du mariage, sa durée, la fidélité, l’engagement, les concessions nécessaires et aliénantes…

 

« L’attention devait être la suite logique de l’amour. Cela paraissait pourtant évident. » (p. 205)

 

Irène et Gary sont mariés depuis trente ans et les fissures commencent à devenir des gouffres entre eux, Rhoda et Jim envisagent le mariage, même si cette perspective semble effrayer Jim, quant à Mark et Karen ils vivent des expériences extrêmes peut-être pour combler un vide sous-jacent. Vient se greffer sur cette famille particulière un couple électron : Monique et Carl, deux êtres qui se laissent porter par le vent de la vie. Les choix que chacun de ces couples doit faire bouleverseront l'ordre pré-établi de leurs vies bien réglée.

 

« Nous vivons pour bâtir. C’est ce qui nous définit. C’était vrai, pensa-t-il. Imaginer quelque chose, le tourner en tous sens dans son esprit, l’arpenter encore et encore dans ses rêves, puis le rendre réel dans la vraie vie. Rien de plus satisfaisant que cela. » (p. 73)

 

 « La vraie question concernait sa vie et son but ultime. Il ne croyait pas en Dieu, il n’avait pas choisi le bon domaine pour devenir célèbre ou puissant. C’était pourtant les trois éléments indispensables : la foi, la célébrité et le pouvoir. Ils justifiaient une existence tout entière, ou du moins vous donnaient l’illusion que votre vie avait un sens. Toutes ces conneries, être un bon gars, traiter les gens correctement, passer du temps en famille, c’était de la merde parce que ce n’était pas ancré dans quelque chose de solide. Il n’existait aucune échelle de valeur universelle. Avoir des enfants semblait fonctionner pour certains, mais pas complètement. Ils mentaient parce qu’ils avaient perdu leur vie d’antan et qu’il était trop tard. Et l’argent à lui seul n’avait aucun sens. Il ne restait donc que le sexe, et l’argent pouvait y être d’un grand secours. » (p. 169)

 

 - L’expérience de Carl sommé de travailler pour gagner de quoi manger et optant pour une usine de poissons est désarmante de réalité et assez glaçante...

 

« Pour Carl, toutes les leçons de la vie s’illustraient là. (…) :

  1. Ne travaille pas avec d’autres personnes.
  2. N’exerce pas un travail manuel.
  3. Sois content de ne pas être une femme que le marché du travail.
  4. Le contrôle de qualité n’existe pas. Tous les autres termes du monde des affaires sont aussi des conneries. Le monde des affaires est le cimetière de la pensée et de la parole.
  5. Le travail ne sert qu’à gagner de l’argent. Alors trouve-toi un boulot qui aille au-delà, un boulot qui, dans l’idéal, ne te donne pas la sensation d’en être un. » (p. 190)

- Les éléments sont omni-présents dans ce roman, mais la nature est elle aussi en proie à une tempête qui rend peu accueillante cette île perdue au milieu du lac Skilak. Cette nature sauvage qui avait tant attiré Gary se révèle menaçante, déprimante, mettant à mal ses projets de construction. La pluie incessante joue aussi sur le moral vacillant d'Irène qui suit mécaniquement son mari jusqu'à ce qu'un trop plein de non-dits et de déceptions les terrassent... Loin du monde, coupé de leur entourage inquiet, isolés sur cette île, ils seront face à eux-mêmes et à leurs démons.

 

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@Dominic Ryan, Caribou island 

 

 Ce que j’ai moins aimé :

 

- Pendant toute ma lecture, j’ai redouté le phénomène de la page 113 (ceux qui ont lu Sukkwan island comprendront) et plus j’avançais dans ma lecture, plus j’étais soulagée  de ne pas la rencontrer…

 

Jusqu’à ce que la fin du roman bouleverse toute l’histoire  et fasse éclater en mille morceaux les vies désolantes des protagonistes. D’un sens cette fin sauve le roman de l’ordinaire en frappant un grand coup, mais de l’autre, elle laisse un goût amer proprement désespéré au lecteur, une sensation de gâchis immense. Aucune once d’espoir dans ce roman qui entremêle dépression, vacuité des vies vouées à l’échec, mort, infidélité… Je dirais juste que pour se confronter à ce « Caribou island », il faut être prêt à affronter ses propres démons…

 

Premières phrases :

 

« Ma mère n’était pas réelle. Elle était un rêve ancien, un espoir. Elle était un lieu. Neigeux, comme ici, et froid. Une maison en bois sur une colline au-dessus d’une rivière. Une journée couverte, la vieille peinture blanche des bâtiments rendue étrangement brillante par la lumière emprisonnée, et je rentrais de l’école. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :  Sukkwan island 

 

D’autres avis :

 

Babélio 

 

 

Désolations, David Vann, Traduit de l’américain par Laura Derajinski, Gallmeister, 2011, 296 p., 23 euros

 

challenge 1% littéraire

 

challenge nature writing

 

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Le kiosque d’Olga GRUSHIN

Publié le par Hélène

kiosque

 

 

 

♥♥♥

 

L’auteur :

 

Olga Grushin est née en 1971 à Moscou; Elle vit aux Etats-Unis depuis 1993 et écrit en anglais. Elle est l'auteur de La Vie rêvée de Sukhanov (2006).

 

L’histoire :

 

En Union soviétique, à une époque non déterminée, une rumeur circule selon laquelle un célèbre compositeur en exil revient à Moscou pour un dernier concert. Une file d'attente commence à se former devant un kiosque. Sergueï, musicien rêvant d'interpréter une symphonie, apprend qu'il n'y aura que 300 places disponibles avec un seul billet par personne. Il est alors persuadé que c'est lui, et personne d'autre de sa famille, qui a le droit d'aller écouter Selinsky.

Peu à peu, des gens qui ne se connaissent pas se retrouvent, chaque jour, pendant un an. Et, au fil du temps et des saisons qui passent, alors que le kiosque reste fermé, ces "silhouettes" anonymes prennent corps. Des amitiés improbables se nouent, des souvenirs enfouis refont surface, des événements inattendus les aident à dépasser les frustrations quotidiennes.

Comme le précise l'auteur, elle s'est inspirée d'une histoire vraie. En 1962, le célèbre compositeur Igor Fiodorovitch Stravinsky est invité par le régime soviétique à venir diriger un concert à Moscou ; ce sera son premier voyage de retour dans son pays natal après presque 50 ans d'absence. La file d'attente pour les billets commença un an avant le spectacle et se transforma en un étrange et compliqué réseau social.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Dés les premières pages, le lecteur est comme happé dans cet univers particulier, et il est lui aussi contraint de patienter pour connaître le dénouement de cette attente qui n’en finit pas. Comme ceux qui attendent, il s’attache à ces silhouettes rencontrées quotidiennement, à ces destins si dissemblables et pourtant tous tendus vers une promesse de bonheur. Au-delà de l’attente, se profile l’histoire touchante de cette famille branlante : Anna, qui fait la queue pour faire plaisir à sa mère, cette mère muette, fantôme hantant la maison dont le passé plane comme un halo diffus au-dessus des protagonistes, Sergueï, homme insatisfait tout prêt à se laisser charmer par d’autres femmes pour fuir son quotidien morose, et leur fils Alexander, jeune homme qui fréquente des milieux interlopes peu recommandables, et qui, lui aussi, rêve de changer sa vie.

 

Le kiosque est une belle réflexion sur le temps, sur le bonheur, sur la vie qui passe en nous effleurant seulement quelquefois…

 

« Le temps comme un ogre dévorant ses enfants, le temps comme le souffle de Dieu, le temps comme la formule tracée par la craie crissant entre les doigts du physicien, avec son halo de cheveux argentés. Et, pour la plupart d’entre nous, notre petit bout de chemin, bref, terne, aux virages de plus en plus sombres, les moments de bonheur étant le plus souvent les moments passés à espérer le bonheur, à espérer quelque chose de magique, de lumineux – peut-être le frôlement d’un minuscule miracle d’immortalité, un rayon de soleil préservé dans une larme d’ambre, la prière damnée que Faust adresse à l’instant : « Arrête-toi, tu es si beau ! » » (p. 279)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Un peu long.

 

Premières phrases :

 

« Qui est arrivé ? C’est vous le dernier ? Ils vendent quoi ?

-          Aucune idée, quelque chose d’intéressant, j’espère. Peut-être des gants, j’ai les mains gelées.

-          Des écharpes, j’ai entendu dire. Importées. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Laitier de nuit de Andreï KOURKOV

 

D’autres avis :

 

Delphine 

 

Le kiosque, Olga Grushin, Traduit de l’anglais (EU) par Alain Defossé, Rivages, 2011,

398 p., 23 euros

 

 

  Lu dans le cadre de l'opération Masse Critique de BABELIO

Critiques et infos sur Babelio.com

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Mr.Peanut d’Adam ROSS

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

 « Le mariage peut-il nous sauver la vie ou n’est-ce que le début d’un long double homicide ? » (p. 467)

  

L’auteur :

 

Adam Ross est né et a grandi à New York. Comme tout enfant acteur, il a fait des apparitions dans des films, des publicités et des émissions de télévision. Il a obtenu un M.A. en creative writing de l'Université Hollins et un M.F.A. en creative writing de l'Université de Washington, ou il a étudié avec Richard Dillard, Stanley Elkin et William Gass. Son premier roman, Mr. Peanut, a été acclamé par la critique et s'est vendu dans 13 pays. Son nouveau livre, Ladies and Gentlemen, vient de paraître aux Editions Knopf, aux Etats-Unis. Adam Ross vit à Nashville, dans le Tennessee, avec sa femme et ses deux filles.

Site officiel : adam-ross.com

 

L’histoire :

 

David Pepin a toujours aimé sa femme, Alice. Pourtant, parfois, il rêve de sa mort. Mais peut-on être coupable des rêves que l'on fait ? Le problème, c'est qu'Alice est morte. Réellement. Pour les deux policiers en charge de l'enquête, David apparaît aussi suspect qu'il est désemparé. Mesurant sa culpabilité à l'aune de leur propre histoire conjugale, il leur devient clair que son rôle ne se limite pas à celui du mari inconsolable... (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Ce roman est une véritable autopsie du mariage : l’auteur dissèque méticuleusement les corps et les âmes fatigués des mariés blasés et nous livre brillamment son analyse. Chacun pourra se reconnaître dans ces scènes tirées de la vie quotidienne des couples : comme quand David annonce à sa femme qu’il a invité 40 personnes pour un  barbecue seulement quelques jours avant : « Une brique, se dit Marilyn, me serait bien utile, à cet instant. » (…) « La fête était, bien entendu, une annonce, pas une requête, pourtant, peu de temps auparavant, elle avait exigé, sous peine de divorce, que cela ne se reproduisît plus jamais. Ce qui n’avait apparemment rien changé, et la poussa à s’interroger : s’il n’y avait aucun moyen de corriger les petites choses dans le comportement de son mari, quels espoirs cela lui laissait-il pour les grandes. » (p. 225)

 

En choisissant d’examiner trois couples, l’auteur nous livre un  récit varié, passionnant en nous plongeant dans l’intimité des couples, tels des voyeurs qui n’osent croire ce qu’ils découvrent sur leurs voisins qui, pourtant « semblaient tellement unis.. ; » Adam Ross se joue des faux-semblants :

 

« Et maintenant, nous ne savons d’elle que ce que nous imaginons.

Sheppard alluma sa pipe et souffla un nuage de fumée agréablement parfumée.

-          C’est vrai pour nous tous, conclut-il. » (p. 378)

 

« Je ne crois pas au diable, répliqua Sheppard.

- A qui croyez-vous ?

- A la conscience. » (p. 269)

 

Adam Ross nous parle de cette force destructrice contre laquelle chaque conjoint doit lutter, ces habitudes, ces lassitudes qui nous transforment et nous rendent haïssables, ces libertés que l’on laisse de côté pour un être qui nous déçoit trop souvent, de ces messages non entendus, non écoutés, de cette vie qui file avec nos rêves sans que nous n’y prenions garde.

 

« Tu as tué  ma joie, dit-elle doucement. » (p. 504)

 

Les récits imbriqués apportent densité et cohésion à l’ensemble

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Quelques longueurs, notamment dans l’histoire du Dr Sheppard.

 

Premières phrases :

 

« La première fois que David Pepin rêva de tuer sa femme, ce n’était pas lui qui la tuait. Il imagina une intervention divine providentielle. Ils pique-niquaient sur la plage lorsqu’un orage approcha. Tandis qu’ils rangeaient pliants, couvertures et alcool, un éclair jaillit. David vit Alice prendre feu et se transformer, comme dans les dessins animés, en un squelette avant de s’écrouler, réduite à un tas de cendres fumant. »

 

Vous aimerez aussi :

 

  Les femmes du braconnier de Claude PUJADE-RENAUD

 

D’autres avis :

 

Charlotte  

 

Mr. Peanut, Adam Ross, Traduit de l’anglais (EU) par Jean-Baptiste Dupin, 10/18, septembre 2011, 507 p., 19.9 euros

 

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La nostalgie de l’ange de Alice SEBOLD

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

 

 L’auteur :

Alice Sebold est une romancière américaine. Ses romans sont principalement basés sur son expérience personnelle.

 

L’histoire :

Susie Salmon est une ravissante jeune fille de 14 ans qui fait la mauvaise rencontre au mauvais moment et est violée, puis tuée par son voisin. Mais elle ne meurt pas complètement, elle vit en tant qu'ange et voit tout ce qui se passe après son départ. Ainsi, elle voit le chagrin de sa famille, sa dissolution, elle voit ses camarades, mais surtout, elle voit son violeur qui s'apprête à réitérer son exploit...

 

Ce que j’ai aimé :

L'originalité de ce roman tient dans le fait que la narratrice soit morte et parle de son Paradis du monde qu'elle voit. Elle doit assister à la douleur des siens, puis à leur évolution, en essayant de leur faire passer des messages, pas toujours bien saisis... Elle doit apprivoiser la mort et la vie qui continue simultanément. Ainsi ce roman flirte avec la vie et la mort, nous enjoignant à aborder l'une et l'autre le plus sereinement possible.


La nostalgie de l'ange  fonctionne plus comme un roman policier qu'un roman classique. La jeune Susan n'aura de cesse de se reposer tant que son meurtrier ne sera pas arrêté. L'intrigue policière apporte un supplément d'intérêt non négligeable au roman.

 
Un roman distrayant, qui s'il n'est pas un grand roman, reste tout à fait honorable.

 

Ce que j’ai moins aimé :

Un style relativement banal.

Des réflexions peu poussées.

 

Premières phrases :

 « Nom de famille : Salmon, saumon comme le poisson ; prénom : Susie. Assassinée à l’âge de quatorze ans, le 6 décembre 1973. La plupart des jeunes filles disparues dans les années soixant-dix dont les journaux publiaient la photo me ressemblaient : de race blanche, le cheveu châtain terne. C’était avant que les avis de recherche d’enfants de toute race et de tout sexe n’ornent les cartons de lait ou les quotidiens. C’était encore à l’époque où les gens croyaient que ces choses-là n’existaient pas. »

 

Vous aimerez aussi :

   Je voudrais que cela ne finisse jamais de Ake EDWARDSON

 

D’autres avis :

  chez Babélio 

 

POCHE :   La nostalgie de l’ange, Alice SEBOLD, traduit de l’anglais (EU) par Edith Soonckindt, J'ai Lu, mars 2005, 7 euros

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La fille tombée du ciel de Heidi W. DURROW

Publié le par Hélène

                                             fille tombée du ciel

♥ ♥

 

L’auteur :

Heidi W. Durrow est la fille d’une mère danoise et d’un père afro-américain travaillant pour l’US Air Force. Elle a grandi en Turquie, en Allemagne et au Danemark, puis a fait ses études supérieures à l’école de journalisme de l’université de Columbia, ainsi qu’un cursus de droit à Yale. Elle est aujourd’hui directrice de festivals culturels. Elle a 42 ans et vit à New York. Son premier roman, La Fille tombée du ciel, a reçu le prix Barbara Kingslover Bellwether en 2008.

 

L’histoire :

À onze ans, Rachel Morse, fille d'une mère danoise et d'un G.I. noir américain, voit sa vie basculer dans la tragédie. Un drame dont elle se retrouve la seule survivante lui arrache sa famille et l'abandonne dans la solitude et l'incompréhension. Dans sa nouvelle vie chez sa grand-mère paternelle, Rachel verra s'effondrer ses croyances, et devra s'adapter grâce à toutes les ressources de son intelligence, de sa beauté et de sa sensibilité — autant de défauts que le monde extérieur lui fera sèchement payer. Noire pour les Blancs, et blanche pour les Noirs, elle aura à composer avec le racisme ordinaire, ses doutes sur son passé et son identité, et le deuil, pour trouver sa propre voie. Elle recevra l'aide d'un messager providentiel, seul témoin de la tragédie, qui fuira une enfance éclatée pour tendre à cette petite fille une main salutaire. 

 

Ce que j’ai aimé :

Il s'agit d'un roman émouvant sur la filiation, la famille, les origines... 

        Si la psychologie de nombreux personnages n’est pas très complète, j’ai trouvé par contre que celle de la mère était très fine : l’auteur décrit finement la détresse d’une mère qui a perdu son enfant et a peur de perdre les suivants. Une mère qui est prête à tout pour que ses petits ne souffrent pas, une mère seule, qui redoute la tragédie à chaque instant, d’une mère perdue qui n’est qu’angoisse.

La fille tombée du ciel est un roman tendre et puissant, pas tout à fait abouti encore, mais il reste un premier roman très prometteur.

 « Je réfléchis à tout ça : à ce que nous apprennent la science et les maths. Les maths peuvent expliquer pourquoi il y avait une chance sur quatre pour que j’aie les yeux bleus, mais elles ne reflètent pas l’ensemble de ce que je suis. Et ni la science ni les maths ne peuvent rendre compte de la chance qu’on a, dans la vie. De la chance de survivre, en tous cas. » (p. 188)

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          De petits détails prouvent que ce n’est pas encore un roman très abouti  : Brick grandit un peu vite, le résumé de son errance durant toutes ces années est plutôt frustrant ; on n’en sait pas plus sur certains personnages du livre en le refermant (je laisse planer le mystère..) donc tout n’est pas résolu à la fin du roman ; la psychologie des personnages est assez sommaire…

-          Le roman est psychologiquement peu crédible : la petite aurait connu un tel traumatisme  (quand même : une chute de neuf étages ! c’est long neuf étages…) et sans avoir besoin d’en parler  à qui que ce soit elle devient une enfant et une adolescente normale ? Je veux bien adhérer aux théories de la résilience mais quand même il y a des limites non ?

              Quelques clihés jalonnent le texte, notamment sur le métissage : Rachel par exemple est une enfant très belle qui peine à trouver sa place...

     

  Premières phrases :

« « Mon petit porte-bonheur », dit grand-mère.

Elle est venue me chercher à l’hôpital, et on a marché jusqu’à l’arrêt de bus, sa main autour de la mienne, comme une laisse.

On est à l’automne 1982, et il pleut sur Portland. J’ai éclaboussé mes nouvelles chaussures dans les flaques. Je me sens déjà moins la petite-fille-dans-sa-robe-neuve. Je ne suis déjà plus cette fille-là. »

 

D’autres avis :

Ys, Sandrine (la Ruelle bleue), 

 

La fille tombée du ciel, Heidi W. DURROW, Traduit de l’anglais (USA) par Marie de PREMONVILLE, Editions Anne Carrière, août 2011, 273 p., 20 euros

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Tribulations d’un précaire de Iain LEVISON

Publié le par Hélène

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  ♥ ♥ ♥

   « Il s’agit de survivre. Encore y a-t-il de la grandeur dans la survie, et cette vie manque de grandeur. En fait, il s’agit seulement de s’en tirer. » (p. 13)

   L’auteur :

  Iain Levison est un écrivain américain d'origine écossaise qui vit à Philadelphie. Son premier roman, Un Petit Boulot, a rencontré un succès important.


L’histoire :

Tribulations d’un précaire est un récit écrit à la première personne. Avec un regard acéré et décalé sur le monde du travail, l’auteur relate avec un humour noir et décapant les petits boulots qu’il a été amené à exercer aux États-Unis pour survivre, après un passage dans l’armée et un diplôme de lettres. Aucune des compétences acquises ne lui servira jamais… Ni pour transporter câbles et cafés lors du tournage d’un film underground, découper des poissons dans un supermarché de luxe, remplir des cuves de fuel ou conduire un camion de déménagement... Ni pour les travaux de forçat en Alaska aux côtés de travailleurs immigrés.

 

Ce que j’ai aimé :

 -         La précarité est un thème qui aurait pu plomber rapidement l'atmosphère de ces récits autobiographiques, ce qu'évite avec brio Iain Levison grâce à un ton décalé et à un recul humoristique.  

 

« Au cours des dix dernières années, j’ai eu quarante-deux emplois dans six États différents. J’en ai laissé tomber trente, on m’a viré de neuf, quant aux trois autres, ç’a été un peu confus. C’est parfois difficile de dire exactement ce qui s’est passé, vous savez seulement qu’il vaut mieux ne pas vous représenter le lendemain. Sans m’en rendre compte, je suis devenu un travailleur itinérant, une version moderne du Tom Joad des Raisins de la colère. À deux différences près. Si vous demandiez à Tom Joad de quoi il vivait, il vous répondait : "Je suis ouvrier agricole". Moi, je n’en sais rien. L’autre différence, c’est que Tom Joad n’avait pas fichu 40 000 dollars en l’air pour obtenir une licence de lettres. » ( p. 12)

 

 L'auteur fait preuve d'une clairvoyance assumée sur sa vie et sur le système économique qui l'amène à connaître ces "tribulations" courtes et décevantes. Car non seulement l'université ne mène nulle part, (« Le fait est qu’à le fin de ma troisième année, quand les chasseurs de têtes étaient venus recruter, je n’avais pas vu une seule annonce portant la mention « licence de lettres exigée. » » (p. 186))  mais ensuite les emplois laborieusement trouvés s'avèrent frustrants, absurdes, voire dangereux (dans le cas notamment des déménageurs) et ne permettent nullement de bénéficier d'un salaire décent ou d'une quelconque couverture sociale. Sans parler du fait que, bien sûr, ils vont à l'encontre de tout épanouissement personnel...

 

« Des types me disent qu’ils ont trouvé le job de leurs rêves. Des types avec lesquels je me soûle me le disent quelquefois, les plus jeunes. Mais trois semaines plus tard, je les retrouve serveurs de bar. « Qu’est-ce qui s’est passé avec le super boulot ? » Ils haussent les épaules. « Ca n’a pas marché. » » (p. 179)

 

« Suivez avec confiance la direction de vos rêves, a dit Thoreau. Par la suite, il a ajouté que la plupart des hommes mènent une vie de désespoir silencieux, signe que peu d’entre nous suivaient son conseil. » (p. 179)

 

Le conclusion reste sans appel :

 

«  Le véritable problème c’est que nous sommes tous considérés comme quantité négligeable. Un humain en vaut un autre. La loyauté et les efforts ne sont pas récompensés. » (p. 187)

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          J’ai moins aimé le long chapitre consacré à la pêche en Alaska, moins humoristique que les autres.

 

Premières phrases :

 « C’est dimanche matin et j’épluche les offres d’emploi. J’y trouve deux catégories de boulots : ceux pour lesquels je ne suis pas qualifié, et ceux dont je ne veux pas. J’étudie les deux. Il y a des pages et des pages de la première catégorie, des postes que je n’obtiendrai jamais. Expérience de six ans exigée dans tel et tel domaine, parler couramment le chinois, pouvoir piloter un jet face à une défense antiaérienne, et avoir SIX ANS d’expérience en chirurgie cardiaque. Salaire de départ trente-deux mille dollars. Faxez votre C.V. à Beverly. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Un petit boulot

Autre : Le couperet de Donald WESTLAKE

 

D’autres avis :

 

Télérama

Kathel 

  

Tribulations d'un précaire, Iain LEVISON, Traduit de l’américain par Fanchita Gonzalez Battle, Liana Levi Piccolo, 2007, 186 p., 8 euros

 

Merci à Kathel qui a chaleureusement accepté de faire voyager ce roman jusqu’à moi.

 

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Smoke Bellew de Jack LONDON

Publié le par Hélène

 

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♥ ♥ ♥ ♥

 

 « C’est étrange, la manière qu’a un grand texte, dés l’instant où il vous habite, de tout gommer sur son passage et de laisser une place indélébile. » (extrait de la Préface)

 

 

L’auteur :

 

Jack London, de son vrai nom John Griffith Chaney, né le 12 janvier 1876 à San Francisco et mort d'un empoisonnement du sang le 22 novembre 1916 à Glen Ellen, Californie, était un écrivain américain avec comme thèmes de prédilection l'aventure et la nature sauvage (le "Wild" Américain). Il a écrit L'Appel de la forêt et plus de cinquante autres nouvelles et romans connus. Il tire aussi de ses lectures et de sa propre vie de misère l’inspiration pour de nombreux ouvrages très engagés et à coloration socialiste, bien que cet aspect-là de son œuvre soit généralement négligé. Il fut un des premiers Américains à faire fortune dans la littérature. (Source Wikipédia)

L’histoire :

 

Il s’agit de douze nouvelles écrites en 1912 par Jack London avec comme personnage principal le héros éponyme, le jeune Smoke Bellew. Ce dernier, un jeune aspirant journaliste de San Francisco, persuade son oncle chercheur d'or de l'accueillir parmi sa bande de durs à cuire en partance pour le glacial Klondike, au nord-ouest du Canada.

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Smoke Bellew est un roman d’apprentissage unique : de « chekako » (pied tendre, novice),  le jeune Smoke va devenir « mangeur de viande » . La grande Aventure l’attend aux côtés de son ami Shorty : ils vont devoir affronter le froid de ces contrées sauvages, (moins 60° dans les meilleurs jours…), les paysages glaciaires inhospitaliers, les autres aventuriers quelquefois plus redoutables que les plus cruelles des bêtes sauvages, les jeunes filles courageuses qui retournent le cœur…  Au fil du temps, les deux candides aventuriers en herbe vont apprendre à s’endurcir pour conquérir l’ouest sauvage.

 

« Les rapides  devinrent plus raides et les embruns commencèrent à voler. Dans l’obscurité croissante, Kit entrevit la Crinière et le détour du courant qui y débouchait. Il dirigea la barque dans ce coude et ressentit un frisson de plaisir quand le bateau aborda la crinière en plein milieu. Après cela bondissant et plongeant, suffoqué par le brouillard, in ne conserva d’autre impression nette que la volonté de peser de tout son poids sur la godille qui servait de gouvernail et le regret que son oncle ne fût pas là pour le voir. » (p. 59)

 

Les chapitres courts assemblés sous forme de nouvelles et l’humour désinvolte du jeune Smoke insufflent un dynamisme communicatif à ces récits, désamorçant ainsi la dureté de ces pays sauvages. Et même si on sait alors que la Ruée vers l’Or a pris d’autres chemins, on reste tenté nous aussi par  l’envie de tenter la grande Aventure pour devenir des mangeurs de viande…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien

 

Premières phrases :

 

« Au commencement, c’était Christopher Bellew. Il devint Chris  Bellew à l’époque où il fréquenta le lycée. Plus tard, parmi la bohème de San Francisco, il s’appela Kit Bellew. Et à la fin on ne lui connaissait d’autre nom que Smoke Bellew, autrement dit Bellew la Fumée. Cette évolution patronymique résume sa propre histoire. »

 

Vous aimerez aussi :

 

  La tendresse des loups de Stef PENNEY

 

Smoke bellew, Jack London, Traduit de l’anglais (EU) par Louis Postif, Traduction revue et complétée par Frédéric Klein, Préface de Bernard Rapp, Phébus Libretto, 2006, 339 p., 9.90 euros

 

challenge nature writing

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La couleur des sentiments de Kathryn STOCKETT

Publié le par Hélène

                                                 couleur-des-sentiments.jpg

  ♥ ♥

Grand Prix des Lectrices de Elle 2011.

 

L’auteur :

 

Kathryn Stockett a grandi à jackson. Elle vit actuellement à Atlanta avec son mari et sa fille, et travaille à l’écriture de son deuxième roman.

 

L’histoire :

 

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La couleur des sentiments est un roman qui se lit très facilement avec sa juste dose de mystères (la disparition de Constantine, la léthargie de Célia…), d’injustices (envers les Noirs bien sûr, mais aussi envers les enfants), une violence sous-jacente qui n’éclate qu’à peine comme pour épargner le lecteur sensible, une histoire sentimentale compliquée … Ainsi l’ensemble fonctionne à merveille et nous emporte facilement dans cette lecture colorée.

 

-          Ce roman constitue de surcoit une bonne approche de la question raciale aux Etats-Unis à cette période :

 

«  Je lis rapidement quatre pages, stupéfaite par le nombre de lois qui n’existent que pour nous séparer. Les Noirs et les Blancs n’ont pas le droit de boire aux mêmes fontaines, de fréquenter les mêmes salles de cinéma, les mêmes toilettes publiques, les mêmes terrains de jeux, les mêmes cabines téléphoniques, les mêmes spectacles de cirque. Les Noirs n’ont pas le droit d’entrer dans la même pharmacie que moi ou d’acheter des timbres au même guichet. » (p. 208)

 

-          L’auteur nous offre de beaux portraits de femmes dans ces pages, en effet :

 

« N’était-ce pas le sujet du livre ? Amener les femmes à comprendre. Nous sommes simplement deux personnes. Il n’y a pas tant de choses qui nous séparent. Pas autant que je l’aurais cru. » (p. 526)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai rencontré quelques clichés en ces pages « Tout ce que je dis, c’est que la bonté, c’est sans limite. » (p. 369) Tout le roman reste en retenue dans la volonté de contenter tout le monde pour se cantonner dans le bien-pensant : on y croise des Blanches cruelles, mais aussi des Blanches tolérantes, des mères indignes, mais aussi des mères exemplaires, des hommes mufles et violents, puis des hommes compréhensifs…

 

-          Je n’ai pas appris grand-chose en ces pages : l’histoire est bien romancée, bien construite, mais je m’attendais à un roman plus puissant que cela sur cette question cruciale du racisme encore prégnant même aujourd'hui. Peut-être a-t-il souffert du fait que j’en ai beaucoup entendu parler en termes plus qu’élogieux si bien que je m’attendais à un véritable chef d’œuvre. Ma lecture s’est sans doute révélé être plus exigeante que d’ordinaire…

 

Premières phrases :

 

«  Mae Mobley, elle est née de bonne heure un dimanche matin d’août 1960. Un bébé d’église, comme on dit. Moi je m’occupe des bébés des Blancs, voilà ce que je fais, et en plus, de tout le boulot de la cuisine et du ménage. J’en ai élevé dix-sept de ces petits, dans ma vie. Je sais comment les endormir, les calmer quand ils pleurent et les mettre sur le pot le matin, avant que les mamans aient seulement le temps de sortir du lit. »

 

Vous aimerez aussi :

   

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper LEE

 

Le temps où nous chantions de Richard POWERS

 

D’autres avis :

 

Chez Babélio, vous trouverez de nombreux avis positifs.

 

 

Ys est plus réservée et ClaudiaLucia nous conseille de relire Faulkner et Caldwell …

 

La couleur des sentiments, Kathryn STOCKETT, Traduit de l’anglais (EU) par Pierre Girard, Editions Jacqueline Chambon, 2010, 525 p., 23.80 euros

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True Grit de Charles PORTIS

Publié le par Hélène

                                      true-grit.jpg

 

♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Charles Portis est un auteur américain connu surtout pour son premier roman Norwood (1966) et son roman western True Grit (1968), adaptés tous deux au cinéma (True Grit est adapté au cinéma d'abord par Henry Hathaway : Cent dollars pour un shérif en 1969, puis par les frères Coen : True Grit en 2010).

 

L’histoire :

 

Une adolescente très têtue venge la mort de son père. Elle se fait aider d'un marshal borgne et d'un texas ranger assoiffé d'argent.
 

Ce que j’ai aimé :

 

-         La jeune  Mattie Ross est un personnage surprenant : bien décidée à venger elle-même la mort de son père, elle fera tout pour accompagner les hommes qu’elle a recrutés, malgré leurs réticences. Petit à petit elle réussira à gagner leur confiance et à forcer leur admiration. C’est une femme de l’ouest, rompue à la violence et à la mort, une femme forte digne héroïne de ce western mené tambour battant.

 

-         L’autre intérêt non négligeable de ce roman tient bien sûr en la personne des cow-boys, personnages troubles, bourrus, peu sympathiques au premier abord, mais qui se révèleront être finalement des hommes au grand cœur ... LaBoeuf court après la prime que la capture de Tom Chaney lui permettrait de gagner, et Rooster Cogburn est un marshall bien décidé à faire régner la justice, quelques soient ses méthodes…

 

-         La traque de ces trois personnages hors du commun va les mener sur les territoires indiens, au cœur d’un rude hiver.  

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-Je n’ai pas été emportée comme à la lecture de Lonesome Dove, j’ai été gênée par la froideur du style. L’histoire est contée de façon brute, sans fioritures, et il m’a manqué un élan lyrique ou psychologique…

 

Premières phrases :

 

« Les gens ne croient pas qu’une fille de quatorze ans puisse quitter sa maison pour aller venger la  mort de son père en plein hiver. Cela ne semblait pas si étrange, alors, mais j’admets que cela n’arrivait pas tous les jours. »

 

Vous aimerez aussi :

   

Lonesome Dove de Larry McMURTRY  

 

D’autres avis :

 

Keisha, Sylire, Folfaerie 

 

True Grit, Charles PORTIS, Traduit de l’anglais (EU) par Thierry Beauchamp, Le

serpent à plumes, janvier 2011, 216 p., 19 euros

 

Merci à Keisha qui a fort bien compris mon addiction aux cow-boys…

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