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litterature amerique du nord

Des souris et des hommes de John STEINBECK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Courant de ferme en ferme à la recherche d'un travail saisonnier dans les ranchs, Georges et Lennie arrivent dans le ranch de Curley à Soledad, en Californie. Leur but est de mettre de l'argent de côté pour ensuite acheter leur propre exploitation pour y vivre "comme des rentiers". Mais « The best laid schemes o'mice an'men gang aft a-Gley » (« Les plans les mieux conçus des souris et des hommes souvent ne se réalisent pas ») comme le dit Robert Burns dont s'inspire le titre du roman...

Dans ce classique américain des années 30, Steinbeck reprend les fondements du mythe américain et notamment cet idéal de tout un chacun de posséder sa propre ferme pour construire son avenir à la seule force de sa volonté. Tous ont un rêve en tête : George rêve de son ranch, Lennie de petits lapins qu'il pourrait caresser, la femme de Curley d'Hollywood. Souvent seuls, malmenés par la vie, cette échappée bienheureuse s'avère nécessaire. De leur côté, Georges et Lennie ont rompu cette solitude en s'attachant l'un à l'autre dés l'enfance, ils s'entraident, mais Lennie s'avère être l'"incarnation des désirs informulés et puissants de tous les hommes.", et ne se rendant pas compte de sa force, sa passion pour la douceur risque de lui être fatale...

Steinbeck s'est inspiré du modèle théâtral pour écrire son roman avec une prédominance pour les dialogues et des descriptions qui ressemblent à des didascalies. De fait, le rythme est rapide, la lecture fluide, impactant davantage le propos et rendant cette œuvre, devenue un classique incontournable de la littérature américaine, inoubliable !

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : La perle 

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Au loin de Hernan DIAZ

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

En 1850, Hakan Söderström et son frère entreprennent un voyage pour quitter le Suède pour l'eldorado des Etats-Unis. Au moment de changer de bateau en Angleterre, Hakan perd dans la foule son frère Linus. Il continue sa route vers New-York, persuadé qu'il le retrouvera là-bas, seulement c'est en Californie qu'il arrive, non à New-York. Son seul objectif sera alors de retrouver ce frère chéri. Sans argent, il entreprend donc la traversée du pays à pied, croisant la route de personnages hors normes : une tenancière de saloon assez toxique, des chercheurs d'or enfiévrés, un naturaliste original qui éveillera son esprit, des fanatiques religieux, des migrants, des arnaqueurs professionnels, des criminels, des vrais Indiens et des faux Indiens...

Dans ce premier roman l'auteur prend à revers le mythe américain : son héros est un être vierge, sans attaches, sans le sou, entièrement tendu vers la quête de son frère. Les codes du western sont subvertis, les attentes du lecteur sont sans cesse renversées, l'amenant à remettre en question ces mythes imposés par l'histoire. 

Mais ce road-movie se transforme aussi peu à peu en une belle réflexion sur la solitude et l'introspection à travers ce personnage atypique, colosse aux fragilités émouvantes.

Un roman riche et fascinant !

 

Présentation de l'éditeur : 10/18 Parution aujourd'hui

 

D'autres avis : Kathel ; Yann ; Chinouk ;

 

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Vinegar girl de Anne TYLER

Publié le par Hélène

♥ ♥

Kate vit avec son père le professeur Battista et sa jeune soeur de 15 ans dont elle surveille de près les fréquentations. A trente ans, elle travaille dans une école et ne songe pas à se marier. Et pourtant son père va lui faire une étrange proposition : étant donné que son assistant Pyotr, de nationalité russe, a un visa qui expire, pourquoi ne pas se marier avec lui pour qu'il puisse rester aux Etats-Unis et continuer les recherches amorcées par le professeur ?

Ce que j'ai aimé :

- Les personnages sont bien campés.

- Les thèmes sont plus profonds qu'au premier abord, à travers ces personnages décalés, la romancière mentionne le monde de l'éducation, l'hypocrisie généralisée, le célibat, l'égoïsme paternel ou encore les difficultés rencontrées par les étrangers.

- L'analyse des liens familiaux reste fine.

Ce que j'ai moins aimé :

- Je ne pense pas qu'il me laissera un souvenir durable, d'apparence trop léger pour cela.

Bilan :

Plaisant, frais, parfait pour l'été.

 

Présentation de l'éditeur : 10/18

D'autres avis : Télérama

Du même auteur : La danse du temps

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Miss Jane de Brad WATSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Quand elle vient au monde en 1915 dans une ferme du Mississipi, de Dr Watson qui assiste à sa naissance remarque une malformation. La jeune Jane devra accepter de vivre différemment, et ne pourra jamais avoir une vie identique aux autres.

Mais sa force et sa bonne humeur l'aident à surmonter toutes les épreuves qui se présentent à elles, ainsi que l'appui du Dr Watson, et plus effacé mais tout aussi présent, de son père.

Brad Watson explique sur son site s'être inspiré de sa grand-tante Mary Ellis «Jane» Clay, qui souffrit d’incontinence urinaire sa vie durant, ne put avoir d’enfants et resta célibataire jusqu’à sa mort à 87 ans, en 1975, sept ans avant la première intervention chirurgicale pratiquée avec succès sur sa maladie.

La jeune Jane connaît les mêmes silences entourant sa maladie, les mêmes obstacles. Elle se réfugie dans la nature pour contrer les aléas de son existence, ce qui permet de donner vie à des pages vibrantes de lyrisme. Ses sens suppléent aux défauts de son corps, et si la jeune femme devenue adulte fera une incursion en ville, elle reviendra finalement vers ses racines, la ferme, la nature protectrice.

Ce que j'ai moins aimé : Il a manqué un souffle romanesque, surtout sur la fin à mon sens.

Bilan : Une lecture agréable autour d'un personnage dont le courage et la force permettent de passer outre ce destin particulier et d'offrir ainsi une belle leçon de vie.

 

Présentation de l'éditeur : Grasset

D'autres avis : Nadège https://lesmotsdelafin.wordpress.com/2018/12/11/miss-jane-brad-watson/

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La danse du temps de Anne TYLER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Willa Drake, soixante et un ans, vit en Arizona avec Peter, son second mari, quand elle reçoit un appel de Baltimore lui apprenant que la petite amie de son fils s'est fait tirer dessus. Cette jeune femme et sa fille ont besoin d'elle, et même si, techniquement, son fils a quitté Denise et a entamé une relation avec une autre jeune fille, et si, Cheryl n'est nullement sa petite fille, Willa n'hésite pas, elle file à Baltimore accompagnée de Peter pour prendre soin de ceux qui ont besoin d'elle.

Ayant grandi dans un milieu instable, jusqu'ici, Willa avait toujours opté pour la sécurité, quitte à se marier avec des hommes fades, quitte à mettre au monde des fils ingrats, quitte à mener une vie sans réels choix, plus l'objet du hasard. Mais cette rencontre avec Denise et Cheryl bouleverse sa vie, enfin, Willa se sent utile, réclamée, aimée. Sa propre famille s'est éloignée d'elle, elle ne garde que peu de contacts avec sa sœur, et ses fils se sont éloignés, physiquement mais aussi sentimentalement. Quant à son nouveau mari, râleur invétéré, il se passe très bien d'elle... C'est donc une nouvelle famille qui s'offre à elle ici, une vraie communauté avec des voisins bienveillants, à l'écoute, prenant soin les uns des autres. Willa trouve enfin une raison de vivre auprès d'eux.

Malgré un petit bémol lié à la construction (était-ce bien nécessaire de raconter tout le parcours de Willa avant ses soixante ans et pourquoi ne faire débuter l'intrigue autour de Baltimore qu'à la page 97 ?), ce roman est un véritable coup de cœur ! Derrière sa simplicité, se cache la complexité des rapports familiaux, à travers ces modèles que l'on se crée à notre insu pendant nos années d'enfance, ces choix que l'on refuse de faire pour préserver la famille, ces renoncements journaliers qui affadissent le quotidien. Willa nous rappelle ainsi qu'il n'est jamais trop tard pour prendre sa vie en mains, jamais trop tard pour changer de direction, jamais trop tard pour se reconstruire une famille aimante et attentionnée et pour s'affranchir des modèles aliénants...

 

Présentation de l'éditeur : Phébus

tous les livres sur Babelio.com
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Une fille des neiges de Jack LONDON

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Peu importe le paysage ; c'est nous qui comptons. Si nous n'existions pas, le paysage demeurerait toujours là, mais privé de sens. C'est nous qui le lui donnons."

Après avoir fait ses études, la jeune Frona Welse revient vers ses terres en pleine ruée vers l'or. Fille de Jacob Welse, l’un des hommes les plus connus et les plus riches de l’Alaska, elle compte bien partager l'existence rude des prospecteurs. A son arrivée, elle croise la route de Vance Corliss, jeune homme discret, puis de Gregory de Saint Vincent, dont elle aime écouter les récits d'aventures.  

Une fille des neiges est le premier roman de Jack London et s'y trouve déjà ce qui plaît tant dans ses romans d'aventures : le Grand Nord, les paysages grandioses du Klondike, des personnages forts aux prises avec une nature sauvage qui révèle petit à petit leur vraie personnalité. Frona est un personnage de femme bien campé, aux idées arrêtées, femme intrépide qui n'a pas peur du danger.  

Ce que j'ai moins aimé :

- Quelquefois trop fleur bleue et prévisible.

- Certains discours sur la race tenus par la jeune Frona face à Vance Corliss sont très clairement controversables ... Considérons que l'écrivain s'identifie plutôt au fringant Vance qui ne partage pas ses idées ...

Bilan : Un roman d'aventures plaisant.

 

Présentation de l'éditeur : Libretto

Du même auteur :  Smoke bellew ♥ ♥ ♥ ♥ ; Martin Eden ♥ ♥ ♥ ; La piste des soleils ♥ ♥  (nouvelle)

D'autres avis : Lecture commune avec Chinook

 

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Captive de Margaret ATWOOD

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

En 1873 Grace Marks, seize ans, est condamnée à la prison à perpétuité pour avoir assassiné son jeune employeur et sa gouvernante, avec l'aide de son petit ami, condamné à mort. Etait-elle victime, simple complice, conspiratrice ? A-t-elle feint la folie ? Nul ne le sait réellement. Le Docteur Jordan s'empare du dossier, bien décidé à plonger dans l'âme de Grace pour en sonder les profondeurs. Mais saura-t-il accéder dans ces recoins secrets de l'âme ?

Alors que sa mère le destine à une jeune femme aimante ordinaire, des visions apocalyptiques de ce que serait sa vie s'offrent à lui : "Sa mère croit-elle réellement qu'il puisse être séduit par une telle vision de lui-même - marié à Fidelia Cartwright et emprisonnée dans un fauteuil près de la cheminée, figé dans une sorte de stupeur pétrifiée tandis qu'à côté de lui sa chère femme l'enroulerait lentement dans des fils de soie multicolores, tel un cocon ou une mouche piégée dans la toile d'une araignée ?" p. 392

Peu à peu, il est pris dans les filets de Grace, qui, telle une Shéhérazade brode pour mieux le retenir...

Inspiré d'un sanglant fait divers qui a bouleversé le Canada du XIXe siècle, Margaret Atwood écrit là un roman remarquable dans par sa construction que par ses réflexions. Elle choisit de multiplier supports et points de vue, faisant alterner le point de vue de Grace, celui de Simon, mais aussi des lettres, autant de prismes qui ont tendance à donner une vision déformée des personnages. Qui sont-ils vraiment ? Eux-mêmes le savent si peu... Qui détient la vérité et peut-on dire que cette vérité existe tant l'être est capable de refouler sentiments et pensées ?

"Que de mystères demeurent à découvrir dans le système nerveux, cette toile de structure matérielle et éthérée, ce réseau de fils qui parcourent le corps, compose de mille fils d'Ariane, menant tous au cerveau, ce sombre labyrinthe où gisent, éparpillés, les os humains et où rôdent les monstres...

Et aussi les anges, se dit-il. Et aussi les anges." p. 247

Cette plongée dans l'âme humaine à travers le personnage de Grace s'avère passionnante !
 

Présentation de l'éditeur : 10-18
D'autres avis : Eva

 

Merci à l'éditeur !

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Mais leurs yeux dardaient sur Dieu de Zora Neale Hurston

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Elle était une ornière sur la route. Foison de vie sous la surface mais sans cesse martelée par les roues."

Janie revient à Eatonville en Floride et ce retour aux sources lui permet de revenir sur son parcours.

Mariée par sa grand-mère au vieux Logan Killicks, elle ne suit que peu de temps les voeux de son aïeule qui voulait la mettre à l'abri du besoin en la mariant. Rapidement, elle se rend compte que jamais elle ne parviendra à aimer cet homme. Avide de liberté et d'amour, elle s'évade alors avec Joe Starks, un homme aux ambitions dévorantes. Mais là encore, elle est déçue, jusqu'au jour où elle rencontre Tea Cake...

« Fut un temps moi j’ai jamais compté d’arriver à rien, Tea Cake, sauf à étre morte de toujours rester tranquille à ma place et me forcer de rire. Mais toi t’es venu et t’as fait quèque chose de moi. Alors moi chuis bien heureuse de n’importe quelle chose qu’on traverse ensemble. »

Trajectoire d'une femme qui s'émancipe peu à peu au fil de ses relations, ce roman est paru aux Etats-Unis en 1937 et ce fut le premier roman écrit par une afro américaine. De nombreux dialogues ou monologues sont écrits en "black english", magnifiquement traduits par Sika Fakambi, dont il faut saluer ici le travail !

Ce que j'ai moins aimé :

Je n'ai pas été autant touchée que prévu par cette histoire, dont Zadie Smith disait "J'aime ce roman comme aucun autre." et que l'on comparait à Scott Fitzgerald, Hemingway... Il faut dire que la barre était haute !

Bilan : Un beau destin de femme.

 

Présentation de l'éditeur : Zulma 

D'autres avis : Abracadabooks

 

Merci à l'éditeur.

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Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin

Publié le par Hélène

♥ ♥

Alors qu'il est revenu dans son village natal pour voir son père, un jeune homme subit un grave accident de voiture. Il est recueilli par Matthias, un vieillard qui accepte de la soigner. En échange, on lui promet une place dans le prochain convoi qui lui permettra de quitter le village encerclé par la neige. Les deux hommes cohabitent dans ce village coupé du monde, cernés par une nature hostile, ils ne peuvent s'échapper et restent face à eux-mêmes. La maison de Matthias est un peu à l'écart du village, ils reçoivent d'abord quelques visites des habitants, jusqu'à ce que le village se déserte.

Au sein de ces paysages immaculés, la tension grandit entre les deux hommes. L'atmosphère est particulière, tour à tour oppressante, lumineuse, l'oscillation entre peur et beauté ne s'évanouissant jamais tout à fait. Comme dans la vie, chacun ignore de quoi demain sera fait, chacun espère un départ vers un ailleurs meilleur. L'action se niche dans l'infime, dans le détail, dans un geste synonyme de don de soi ou de haine. Parce que finalement :

"La panne, ton accident, ce village, tout ça, ce ne sont que des détours, des histoires incomplètes, des rencontres fortuites. Des nuits d'hiver et des voyageurs."

 

Présentation de l'éditeur : Editions de l'Observatoire

D'autres avis : Télérama ; Moka ; Chinouk ; Eva

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Autopsie d'une femme plate de Marie-Renée LAVOIE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Diane a 48 ans quand un beau matin son mari la quitte pour une femme plus jeune. Toute confiance en elle la quitte en même temps que ce mari volage, et l'impression d'être une femme plate (ennuyeuse) s'insinue dans son esprit. Ce sera sans compter sur son amie Claudine qui lui conseille de frencher, (flirter) pour reprendre confiance en elle, et décide qu'elle s'entrainera avec Jean-Pi son collègue.

Marie-Renée Lavoie transforme cette situation somme toute banale en comédie cocasse et enjouée. Les  situations loufoques s'enchaînent, Diane se plaisant à défoncer à coup de masse ses meubles qui lui rappellent trop les promesses non tenues de son mariage, n'hésitant pas à courir pieds nus dans la rue, parce qu'elle a offert ses bottes à Jean-Pi, bataillant avec une souffleuse à feuilles, ou admirant Claudine qui s'efforce de lui redonner le sourire en dansant sur What a feeling, ce qui leur vaudra un petit passage aux urgences.

Le style typiquement québecois apporte du piquant à la narration et transforme cette déconvenue maritale en comédie douce amère.

 

Présentation de l'éditeur : Editions XYZ

Du même auteur : La petite et le vieux (qui était un coup de coeur)

D'autres avis : Eimelle ; Ys ; Laurence ; Karine ;

 

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