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27 articles avec litterature amerique du sud

Héritage de Miguel BONNEFOY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

Dans cette saga familiale épousant le destin des Lonsonier, arrivés du Jura et exilés au Chili, Miguel Bonnefoy nous livre un peu de sa propre histoire familiale, à travers le destin de son arrière grand-père et de son père, révolutionnaire d'extrême gauche. Tout commence quand le patriarche s'installe à Santiago du Chili à la fin du XIXème siècle : il replante les pieds de vignes malmenés en France par une maladie, se marie, a trois enfants. Eclate alors la première guerre mondiale, et dans les tranchées de 14-18,  se croisent différents destins, quelquefois similaires, alors qu'ils sont quelquefois face à face. 

Ainsi, qu'il s'agisse de Lazare, de Margot, sa fille férue d'aviation ou encore de Ilario Da son fils, chacun se trouvera face à un dilemme, une interrogation qui déterminera la courbe des autres générations.

Miguel Bonnefoy a souhaité exhumer l'histoire des français au Chili ballotés entre deux cultures pour aussi mettre l'accent sur notre statut d'exilés : certains français ont eux aussi été "transplantés", migrants, ils ont connu les souffrances du déracinement. Il balaie le siècle et ses évènements marquants, oscillant entre l'histoire française et chilienne par le biais de personnages attachants.

Ce que j'ai moins aimé :

Ce qui est particulier dans les romans de Bonnefoy est qu'il choisit de nous raconter ce qui s'apparente à des "sagas familiales" mais ramassées en quelques pages, rapidement, quand nous, lecteurs sommes habitués aux pavés, voire même à une histoire courant sur plusieurs tomes. Ici 100 ans tiennent en 250 pages.

Cela peut créer une frustration, j'aurais personnellement aimé vivre plus longtemps aux côtés de ces personnages, et je me demande s'ils vont autant me hanter que si je les avais suivi plus longtemps...

 

 

Du même auteur : Sucre noir

Présentation de l'éditeur : Payot et rivages

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

 

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Sucre noir de Miguel BONNEFOY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

"Parce que tu es la seule personne au monde qui ait failli m'exploser le cœur en m'effleurant la tempe. "

Dans un village des Caraïbes, une légende prétend que le butin du Capitaine Henry Morgan se cache quelque part sur les terres proches de celles de la famille Otero. Ainsi, les chercheurs de trésors se succèdent, avides de rencontrer la fortune. Parmi eux, Severo Bracamonte, qui se présente un beau matin chez les Otero et conquiert le cœur de la jeune Serena, l'héritière de la plantation de cannes à sucre des Otero. Elle-même est à la recherche d'un autre trésor qu'elle croit reconnaitre sous les traits de Severo. Mais tout trésor ne risque-t-il pas de se transformer en mirage issu de notre imagination ?

Dans ce conte au souffle narratif puissant, les êtres sont malmenés sur plusieurs générations par un destin qui se joue de leurs aspirations, et les enjoint au fil des années à retrouver l'essentiel sans se perdre à courir après des chimères... Bercés par des rêves de fortunes, en risquent-ils pas de voir le temps s'évanouir avant d'avoir pu profiter de cette vie si courte ?

A travers des personnages puissants, Miguel Bonnefoy nous offre une fable incarnée !
 

Présentation de l'éditeur : Rivages poche

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

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La maîtresse de Carlos Gardel de Mayra SANTOS-FEBRES

Publié le par Hélène

♥ ♥

En 1935, le grand Carlos Gardel, icône du tango au sommet de sa gloire, séjourne le temps de quelques concerts à San Juan de Porto Rico. C'est là que la jeune Micaela le rencontre, alors qu'elle aide sa grand-mère guérisseuse : les deux femmes sont appelées auprès du chanteur pour le soulager d'un mal qui le ronge. Cette rencontre éloigne pour un temps la jeune fille de sa passion pour la botanique et de ses études pour entrer à L'Ecole de médecine tropicale. La découverte de son désir, du plaisir érotique l'attache aux pas du grand artiste.

Quelques mois plus tard, le grand Gardel périt dans un accident d'avion, suivi de près par la grand-mère de Micaela. La jeune femme, forte de son expérience, suit son destin et tentant de tenir la promesse faite à sa grand-mère, cherche à échapper à son milieu en se consacrant à ses études de médecine. Elle entremêle savamment la culture de guérisseuse de sa grand-mère aux enseignements reçus.

"Et j'ai pensé au savoir de ma grand-mère. A la façon dont le mangé coolie arrête saignements, herbe aux vers chasse les parasites du corps, dont l'aneth tire le lait des poitrines les plus arides ; dont la feuille de dartrier assèche les tumeurs. En revanche, à l'école, tout n'était que vinblastine, vincristine, tannine, alcaloïdes et produits chimiques finalement également tirés des plantes ; mais d'une autre manière."

Dans ce beau roman, toute la tristesse du tango transparaît à travers l'histoire de cette jeune fille. Oscillant entre tradition et modernité, la jeune Micaela devra faire des choix, notamment durant ses recherches autour d'Enovid, la pilule contraceptive dont le berceau fut Porto Rico. Hantée par l'élan fulgurant vécu auprès de Gardel, son destin est porté par la même passion dévorante, nécessitant des sacrifices et teintant sa vie de mélancolie.

Dans l'ombre de Gardel, Mayra SANTOS-FEBRES nous chante une romance intense teintée de tristesse, à l'image de la chanson "Volver" du grand Carlos :

"Volver...
Con la frente marchita
La nieve del tiempo
Platearon mi sien.
Sentir...
Que es un soplo la vida
Que veinte años no es nada
Que febril la mirada
Errante entre la sombra
Te busca y te nombra.
Vivir...
Con el alma aferrada
A un dulce recuerdo
que lloro otra vez. "

"Revenir,
Avec le front marqué
La neige du temps
Plaquée sur mes tempes.
Sentir..
que la vie n'est qu'un souffle,
Que vingt ans ne sont rien,
Que mon regard fébrile,
Errant dans l'ombre,
Te cherche et dit ton nom.
Vivre..
Avec l'âme enchaînée
A un doux souvenir,
Que je pleure à nouveau.
J'ai peur de la rencontre
Avec ce passé qui revient
Défier ma vie. "

 

Présentation de l'éditeur : Zulma

D'autres avis : Babélio

Merci à l'éditeur.

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Ne m'appelle pas Capitaine de Lyonel TROUILLOT

Publié le par Hélène

"Ne m'appelle pas Capitaine. N'en déplaise aux poètes, mes chagrins jamais n'ont eu le pied marin."

Aude, jeune journaliste, décide d'enquêter sur le Morne Dédé, un quartier populaire de Port-au-prince qui a accueilli les opposants pendant l'époque de la dictature. On lui conseille alors de s'adresser au Capitaine, un vieil homme considéré comme la mémoire du quartier. La rencontre entre cette jeune femme, bourgeoise peu habituée à sortir de sa bulle dorée et ce vieil homme profondément marqué par la vie s'avèrera enrichissante pour les deux.

Aude jette un autre regard sur le milieu d'où elle vient, qui s'enrichit sur les pauvres gens, et peu à peu elle gagne en humanité, tout comme ce Capitaine, froid au premier abord, mais dont l'histoire éclaire le caractère.

"Des mots, des expressions avec lesquels j'ai grandi viennent cogner à mes oreilles. Mon dictionnaire de citations, comme me le reprochait Capitaine. Mais on ne garde pas les choses pour les prolonger. On a besoin, pour être soi, pour faire le tri qui nous fonde, d'un musée des horreurs ou bien d'un repoussoir."

Ce que j'ai moins aimé : texte exigeant, assez monolithique, il faut se laisser porter par ses mots.

 

Présentation à l'éditeur : Actes Sud

Du même auteur : La belle amour humaine

 

Ne m'appelle pas capitaine, Lyonel Trouillot, Actes Sud, août 2018, 160 p., 17.50 euros

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Avant que les ombres s'effacent de Louis-Philippe DALEMBERT

Publié le par Hélène

Ruben Schwarzberg est né dans une famille juive polonaise en 1913. Son histoire se déroule dans ce contexte mouvementé de l'entre-deux guerres : son enfance et ses études à Berlin, la nuit de pogrom du 9 novembre 1938, son internement à Buchenwald, son séjour dans le Paris de la fin des années trente, où il est recueilli par la poétesse haïtienne Ida Faubert, et, finalement, son départ vers sa nouvelle vie, Haïti ! En effet, le vote par l’État haïtien, en 1939, d’un décret-loi autorisant ses consulats à délivrer passeports et sauf-conduits à tous les Juifs qui en formuleraient la demande lui permet de gagner cette terre promise en tant que médecin.

Ce que j'ai moins aimé : J'ai trouvé ce roman lassant, il m'a été impossible de m'attacher aux personnages, et j'ai fini par succomber à un ennui latent... J'ai regretté que la partie sur Haïti soit aussi rapide.

 

Présentation de l'éditeur : Sabine Wespieser Editeur ; Points

D'autres avis : Aifelle ; Luocine ; Ys ; et sur le site des éditions Points.

D'autres roman sur Haïti : Tonton Clarinette de Nick Stone ; Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain ; La belle amour humaine de Lyonel Trouillot ; Danser les ombres de Laurent Gaudé ;

 

Sélectionné pour le Prix du meilleur roman Points

 

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L'histoire de mes dents de Valéria LUISELLI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Gustavo "Grandroute" Sanchez a découvert sa vocation : il se découvre un talent indéniable en tant que commissaire-priseur. Son plus grand coup ? Vendre ses dents en les faisant passer pour les dents de Platon, Pétrarque ou Virginia Woolf.

Entre parabole et allégorie, Valérie Luiselli propose un roman délirant, truffé d'aventures rocambolesques, avec des clowns, des allégories éclairantes, des citations philosophiques.

"Quand le vent tourne, certains construisent des murs, d'autres des moulins à vent."

Sous la légèreté apparente, le sens profond se dessine, nous enjoignant à nous interroger sur la valeur qu'on accorde aux objets, dans l'art ou ailleurs.

"Comment le fait de mettre un objet ou un nom à distance de son contexte dans une galerie, un musée, ou un panthéon littéraire - une procédure duchampienne inversée - affecte sa signification et son interprétation ? Comment le discours, le récit et les signatures ou les noms d'auteurs modifient la façon dont nous percevons l'oeuvre d'art et le texte littéraire ?"

Ce métier atypique de Grandroute permet ainsi de mettre en valeur le pouvoir de la fiction, par le truchement des récits permettant d'embobiner le chalant des ventes...

Les dernières pages éclairent le texte en proposant un dossier avec photos et citations, une chronologie rédigée par la traductrice et une postface qui raconte les origines du roman.

Mes bémols : un peu trop décalé à mon goût, je n'ai pas été très enthousiaste...

 

Présentation de l'éditeur : Editions de l'Olivier

 

Merci à l'agence Anne et Arnaud

 

L'histoire de mes dents, Valéria Luiselli, traduit de l'anglais par Nicolas Richard, Editions de l'Olivier, août 2017, 189 p., 19.50

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Le galop du vent sous le ciel infini. Chroniques des terres australes de David LEFEVRE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"Je rends grâce à cette terre d'exagérer à tel point la part du ciel."

Roger Caillois

Depuis 2010, David Lefevre s'est retiré sur l'île de Chiloé pour vivre en parfaite harmonie avec la nature et s'adonne ainsi à une vie frugale proche de l'autosubsistance. Il consacre plusieurs récits à cette expérience unique comme Aux quatre vents de Patagonie ou le magnifique Solitudes australes. Dans ce Galop du vent sous le ciel infini, il revient vers les origines de cette fascination pour la Patagonie, terre de mythes et d'aventures extraordinaires qui exerce un pouvoir d'attraction immense sur les hommes.

Après s'être abreuvé durant sa jeunesse à des récits d'écrivains amoureux de cette région comme Roger Caillois, Jean Raspail, Cendrars, Supervielle, Saint Exupéry ou encore Bruce Chatwin, sa rencontre avec cet espace "de ciel, de pluie et de vent" sonne comme une révélation : "Dans l'époustouflante beauté de ses paysages, je reconnus l'incarnation d'une sorte d'absolu que depuis toujours je portais en moi". 

Ses rencontres sont marquées par le sceau de l'inoubliable et même les humeurs de ses saisons l'enchantent. Parmi les aventures et les rencontres extraordinaires qu'il a pu vivre sur ces terres australes, il choisit ici de s'approcher de plus près de quelques unes. Il s'attarde notamment sur le marin Charles Milward, oncle de Bruce Chatwin et sur sa fuite épique à bord du Dresden, croiseur allemand pourchassé par la marine britannique dans les mers australes en 1914. En mentionnant Bruce Chatwin et son En Patagonie il s'interroge alors sur les limites de ce récit de voyage, qui a pu quelquefois laisser la réalité historique en suspens. Chatwin a à peine mentionné dans son récit le coup d'état de 1973 et ses conséquences, le pays tout entier étant alors sous le joug d'une dictature militaire répressive et violente. Cet oubli permet à David Lefevre de s'interroger sur l'engagement de l'écrivain voyageur : 

"Je veux croire cependant qu'en certaines occasions, l'écrivain ne peut se contenter d'être un go between, mais un homme capable de s'engendrer lui-même. Je veux croire que son statut peut être la cause d'une inquiétude chaque fois qu'il observe du dehors un monde qui vire au désert glaçant, et ce sans se préoccuper de savoir si ce sera là ou non la source de son malheur ou bien de sa notoriété." p; 192

La puissance des récits de David Lefèvre tient dans cette alliance subtile entre des passages narratifs autour de ses rencontres originales, comme avec cet homme qui tient un cabinet de curiosités préhistorique, sorte de musée officieux, et des réflexions plus philosophiques qui interrogent sa présence au monde. Entre récit, essai, réflexion philosophique, poétique, il rend ici un bel hommage à cette région du bout du monde et à ses habitants.

http://www.evaneos.com/chili/voyage/etape/8907-ile-de-chiloe/

"Pendant des mois, j'ai observé le temps qu'il fait là-bas. J'ai levé les yeux et j'ai connu la part du ciel, cet autre paysage renversé sur le dos des hommes. J'ai vu se faire et se défaire d'indicibles nuages. J'ai vécu cet instant précis où les contours de la terre s'effacent et les saisons s'abolissent. Les pluies m'ont rincé et les vents m'ont envoyé au tapis. (...) Ma propre vérité m'est venue un jour de la bouche d'un gaucho qui me connaisait de la veille, auquel j'annonçais vouloir traverser la Patagonie en marchant sur un seul méridien : "Tu en reviendras la peau et l'esprit burinés, mais tu sauras ce que la nature du monde réserve à ceux qui s'approchent d'elle en la regardant."" p. 15

Ce que j'ai moins aimé : J'avoue m'être perdue dans le cheminement autour de Charles Milward, oncle de Bruce Chatwin et de son aventure à bord du Dresden.  

 

Présentation de l'éditeur : Le Passeur Editions 

 

Le galop du vent sous le ciel infini. Chroniques des terres australes, David Lefèvre, Le Passeur éditeur, avril 2016, 278 p., 19.90 euros

 

Reçu dans le cadre d'une opération Babélio Masse Critique 

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L'autobus de Eugenia ALMEIDA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Dans une petite fille au fin fond de l'Argentine un homme et une jeune femme attendent un autobus dans un café. Mais celui-ci passe comme une trombe, sans marquer l'arrêt. Quatre jours durant, la même scène se reproduit. Ils ne sont pas les seuls à espérer prendre cet autobus : l'avocat Ponce attend également, sa soeur devant regagner la capitale. Leur patience poussée à bout, les deux jeunes gens, décident de partir à pied le long de la voie ferrée. Pendant ce temps le village s'interroge et découvre petit à petit les raisons glaçantes de ce changement d'habitude... L'inquiétude devient sourde, enserrant les esprits dans des serres dictatoriales subtiles, la folie guettant, dans l'ombre de ces vies subies... L'histoire de l'avocat Ponce et de sa femme fait ainsi figure d'allégorie : la femme de Ponce accepte les choix de son mari et leur couple qui ne repose sur rien, subissant un quotidien oppressant, et s'échappant petit à petit dans un monde parallèle. 

Eugenia Almeida peint avec retenue et puissance une réalité qui se dégrade, des masques qui tombent un à un, tout comme les "subversifs" qui n'en finissent pas de disparaître...

 

Présentation de l'éditeur : Métailié 

D'autres avis : Télérama ; Clarabel ; Anne

 

L'autobus, Eugenia Almeida, traduit de l'espagnol (Argentine) par René Solis, Métailié suites, 2012, 126 p., 7 euros 

 

Merci à l'éditeur.

réalité qui se dégrade masques tombent un à un.

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Qui a tué Palomino Molero de Mario VARGAS LLOSA

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Prix Nobel de Littérature 2010

Le jeune Palomino Molero, jeune chanteur de boléros, est retrouvé assassiné et affreusement mutilé, accroché à un arbre. Le lieutenant Silva et le sergent Lituma se lancent sur les traces du meurtrier, traces qui les mènent au sein de la base militaire du colonel Mindreau. Que cachent les militaires dans leur univers préservé ? Pourquoi le jeune Palomino venait-il rôder autour de la base ? Les deux acolytes errent dans la petite ville de Talara à la recherche de la réponse aux nombreuses questions qui se posent...

Hauts en couleurs, les personnages de Mario Vargas Llosa nous offrent des dialogues truculents. Le lieutenant Silva tente de former le jeune sergent, l'initiant aussi bien à son métier qu'aux secrets des femmes. Il faut dire que le lieutenant désire ouvertement Dona Adriana, femme mariée et vertueuse qui s'évertue à repousser ses avances, ce qui donne lieu à des scènes assez cocasses...

Derrière le rire, se cache un portrait juste et touchant de la société péruvienne et de ses problèmes sociaux. Les abus militaires exaspèrent le peuple qui gronde dans l'ombre face aux excès du pouvoir. Ils demandent que justice soit faite, mais quand la vérité éclatera, elle ne correspondra pas forcément à leurs aspirations profondes... 

 

Présentation de l'éditeur : Folio 

D'autres avis : Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Sandrine de Tête de Lecture autour de Mario Vargas Llosa qui fête aujourd'hui ses 80 ans !

Babelio 

Du même auteur Tours et détours de la vilaine fille

 

Qui a tué Palomino Molero ?, Mario Vargas Llosa, traduit de l'espagnol (Pérou) par Albert Bensoussan, Folio, 1987, 7.10 euros

 

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La femme qui pleure de Zoé VALDES

Publié le par Hélène

"La littérature, vous devez le savoir, est un mensonge qui raconte la vérité." 

Zoé Valdès s'intéresse ici à Dora Maar, photographe et peintre surréaliste connue surtout pour avoir été la maîtresse de Picasso, celle qu'il a peinte sous les traits de "la femme qui pleure" 

La femme qui pleure Picasso

Zoé Valdés met l'accent sur une période bien précise de la vie cette "femme qui pleure" : quelques années après sa rupture avec Picasso, Dora Maar décide de passer quelques jours à Venise aux côtés de ses amis James Lord et Bernard Minoret deux écrivains homosexuels. Au retour de ce voyage, elle se retirera du monde pour vivre mystique et recluse dans son appartement parisien. Ce voyage intéresse l'auteure car il fut le dernier moment de bonheur de Dora. 

Après neuf années de passion destructrice, neuf ans ponctués de dépression, d'enfermement en asile psychatrique, Dora sort profondément marquée par cette relation qu'elle ne pourra jamais effacer de son esprit : 

"Elle l'avait conquis et lui, il l'avait soumise, pour la peindre, l'illuminer sur la toile et l'étouffer dans la vie." p. 189

"Ce que Picasso demandait aux femmes, ce qu'il réclamait de nous, c'était justement de renoncer au conventionnel, de renverser les barrières, de cesser d'être des femmes pour devenir des oeuvres d'art. Pour lui, nous devions danser pieds nus sur des rochers pointus, nous entaillant, saignant sauvagement." p. 234

Picasso apparaît comme un être tyrannique sans coeur, adepte des orgies sadiennes, et Dora semble être une victime prise dans les rets de cet homme qu'elle admire et aime profondément. Des aspects encore plus sombres du célèbre peintre apparaissent au fil des pages comme sa réaction quand Max Jacob, enfermé dans les camps lui demandera de l'aide en vain : "il tarda et ne fit rien". 

C'est ainsi un portrait controversé de l'artiste que présente Zoé Valdès en contrepointe, même si son sujet était avant tout Dora Maar. Une fois encore Dora est résumée à sa relation avec Picasso, présentée comme une femme larmoyante qui ne peut se détacher de son puissant amour. Ces partis pris peuvent déranger le lecteur, qui ressent les hésitations de l'auteure naviguant dans le flou de témoignages divers et variés. De plus, la mise en scène de l'auteur en train d'écrire et de faire ses recherches brouille les pistes, apportant davantage de flou au roman. En résulte l'impression que Zoé Valdès n'a pas grand chose à dire de neuf ou mieux sur le sujet, elle  tourne en rond et n'a finalement pas percé le "mystère" de Dora et de ce voyage à Venise...

Dora Maar par Man Ray

 

Présentation de l'éditeur :  Arthaud 

D'autres avis : Babélio ; Alice 

Vous aimerez aussi : Moi, Dora Maar de Nicole Avril

 

La femme qui pleure, Zoé Valdès, traduit de l'espagnol par Albert Bensoussan, Arthaud, septembre 2015, 414 p., 22.50 euros

 

Reçu dans le cadre d'une opération Masse Critique organisée par Babélio

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