Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

7 articles avec litterature asie de l'est

La péninsule aux 24 saisons de INABA Mayumi

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Les soirs habités par la lune, la forêt noire s'entoure d'une lumière bleutée. Simultanément, le marais s'éclaircit au reflet de la lune à la surface de l'eau."

Alors qu'elle subit l'agitation de la capitale japonaise, la narratrice décide de s'isoler dans sa maison au bord de la mer, dans la presqu'île de Shima, loin de tout. En compagnie de son chat, elle s'établit pendant douze mois, s'occupant de son jardin, rendant visite aux voisins, errant au milieu des bambous, sillonnant la forêt, préparant des confitures. Elle découvre le luxe du temps qui s'allonge délicieusement ...

"Les journées que je passe dans la péninsule sont comme les blancs de ma vie. J'en ai par-dessus la tête des journées remplies du matin au soir de choses à faire. Je voudrais ici autant que possible vivre des journées en blanc".

Lovée dans ce nouveau cocon, elle se sent partie intégrante du monde, en parfaite harmonie avec le pouls du monde qui l'entoure.

"Je fais brûler encens sur encens, et mon plaisir de chaque soir est de contempler depuis ma terrasse le mouvement de la lune et des étoiles. Je m'étends sur une chaise longue et je regarde d'un œil nonchalant la voûte céleste."

Cette parenthèse enchantée la guide vers la simplicité d'un rapport harmonieux au monde qu'elle livre ici avec délices :

"Est-ce qu'il t'est arrivé à Tokyo d'aller écouter le chant des insectes au clair de lune, munie d'une lampe de poche ?"
 

Présentation de l'éditeur : Picquier

D'autres avis : Babélio

 

Partager cet article

Repost0

La boîte noire de ITO Shiori

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

En 2015, Ito Shiori a 26 ans, elle est journaliste. Un soir, elle rejoint N. Yamaguchi – directeur dans une grande chaîne de télévision et proche du Premier ministre – au restaurant pour parler affaires. Quelques heures plus tard, elle reprend conscience dans une chambre d’hôtel, en train de se faire violer. Si la justice inculpe dans un premier temps son agresseur, l'arrestation est finalement annulée après un appel téléphonique du chef de la brigade criminelle, proche du premier ministre. Le non lieu est prononcé.
Confrontée à la mauvaise volonté des pouvoirs publics et au silence des médias, Shiori mènera seule l’enquête sur sa propre affaire. A ce jour, elle n’a toujours pas obtenu justice.

Dans ce livre témoignage glaçant Ito Shiori dénonce les violences sexuelles au Japon :

"Je veux parler de l'avenir, des mesures à prendre pour qu'il n'y ait plus d'autres victimes et des moyens à mettre en place pour que les victimes d'agression sexuelles puissent obtenir de l'aide. Si je parle du passé, c'est uniquement pour réfléchir au futur."

Elle évoque la question du consentement : que faire quand les actes se passent dans une pièce close, une "boîte noire" ? De fait, elle insiste sur ses propres erreurs, la première étant de ne pas être allée de suite porter plainte, pour que les examens, le kit de viol puisse attester des faits. Elle s'est retrouvée prise au piège de ses hésitations, puis au piège de son agresseur qui, bien après l'acte, par le biais de ses relations, a fait planer sur elle l'ombre des doutes. Ito Shiori pointe ainsi du doigt "les imperfections de la loi, la façon dont les enquêtes sont menées et l'attitude de la société, qui forcent les victimes à se résigner et rester silencieuses."

La journaliste est devenue une figure emblématique du mouvement #MeToo au Japon, devenu #WeToo. Son engagement et sa force lui permettent de combattre avec courage tous ses détracteurs pour qui le silence est préférable. Dans son livre comme dans ses interviews elle n'édulcore rien : 

« J'ai connu une souffrance dont je n'imaginais même pas l'existence. J'ai appris que les personnes qui vivaient avec cette souffrance étaient bien plus nombreuses que ce que j'aurais pu imaginer.
Aux personnes qui ont vécu les mêmes épreuves que moi, à ceux qui soutiennent un être cher en souffrance, je souhaite dire : vous n'êtes pas seuls.»

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

D'autres avis : Libération ; Grazia

 

Partager cet article

Repost0

Haïkus - Pensées de femmes

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le haïku japonais est souvent connu par le biais d'oeuvres masculines, qu'il s'agisse de Bashô, Shiki ou Buson. Elisabetta Trevisan a ainsi souhaité mettre en avant les femmes en réalisant une anthologie de haïkus de femmes, ceci en choisissant des textes issus du recueil Du rouge aux lèvres.

Elle a ainsi choisi 60 haïkus permettant de mettre en lumière des auteures classiques ou contemporaines comme Teijo Nakamura, Mornoko Kuroda, Nobuko Katsura. Elle balaie différentes thématiques, l'amour, la souffrance, la maternité, les enfants.

Pour illustrer ces haïkus, différents peintres des XVIIIe, XIXe et XXe siècles sont mis en avant : Utamaro Kitagawa, Goyo Hashiguchi, Suzuki Harunobu, Kiyoshi Saito...

Un beau recueil à découvrir.

 

Présentation de l'éditeur : Seuil

Reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babélio :

Partager cet article

Repost0

Les années douces de Hiromi KAWAKAMI

Publié le par Hélène

                                                             Les-annees-douces
♥ ♥ ♥ ♥

Un roman au charme aérien.

 

L’auteur :

Hiromi Kawakami est une romancière japonaise. Elle a reçu en 2000 le prix Tanizaki pour ce roman.

 

L’histoire :

 

Tsukiko, jeune femme trentenaire célibataire, retrouve par hasard son ancien professeur de japonais. Ensemble, régulièrement, ils vont se rencontrer pour boire un verre, tissant ainsi une relation douce et complice.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le charme de ces rencontres placées sous le signe du présent. Le maître est plus âgé que la jeune femme, il est marqué par la mort de sa femme qu’il n’a jamais tout à fait oubliée, si bien que la frêle relation qui s’instaure entre ces deux êtres esseulés semble vouée à rester amicale.  Les brefs instants qu’ils passent ensemble à déguster des mets savoureux en buvant du saké sont exempts de tous projets ou considérations personnelles. Ils profitent seulement de ces douces minutes qui s’écoulent, côte à côte, dans un bar, au marché, à la cueillette des champignons…

 

 

«  Nous avons continué de marcher lentement, dans l’air nocturne qui commençait doucement à sentir le printemps. La lune brillait avec un reflet d’or. » (p. 97)

 

-          La solitude de ces êtres perdus dans leur réalité est touchante. La jeune Tsukiko, sous ses allures de célibataire endurcie, recherche la tendresse et la douceur que lui procurent ses rencontres avec le maître. Loin de lui, elle est comme désoeuvrée, errant dans un monde qui n’est plus nimbé du même halo de poésie.

-          La simplicité limpide de ce texte poétique est un pur régal

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-Rien.

 

Vous aimerez aussi :

 

Park life de Shuichi YOSHIDA

  

Premières phrases :

 

 

«          En bonne et due forme, c’est le professeur Matsumoto Harutsuna, mais moi, je  l’appelle seulement « le maître ». Et encore sans majuscule, le maître, tout simplement.

 

            Je l’avais eu comme prof de japonais au lycée. Ce n’était pas le professeur principal, moi en plus je ne suivais pas les cours de japonais avec une assiduité particulière, si bien qu’il ne m’était pas resté de lui d’impression notable. Après ma sortie du lycée, j’étais restée très longtemps sans le voir. »

 

 

Les années douces, Hiromi KAWAKAMI, Traduit du japonais par Elisabeth SUETSUGU, Picquier, mars 2003, 228 p., 19 euros

 

POCHE : Les années douces, Hiromi KAWAKAMI, Picquier poche, février 2005, 283 pages, 7.50 euros

VERSION BD : Les années douces, Hiromi KAWAKAMI et Jiro TANIGUCHI, Casterman, août 2010, 200 p., 15 euros

 

challenge-In-the-mood-for-Japan 

 

Partager cet article

Repost0

Kyoko de Ryû MURAKAMI

Publié le par Hélène

kyoko couv

  ♥ ♥ ♥

Un conte moderne japonais relativement prenant.

  

L’auteur :

 

Ryû MURAKAMI est un écrivain et cinéaste japonais. Son œuvre est relativement sombre et désespérée, notamment Les bébés de la consigne automatique, ou encore Parasites.

 

L’histoire :

 

La jeune Kyoko part à l’âge de 21 ans à la recherche de celui qui lui a donné le goût de la danse quand elle avait 8 ans, José. Son voyage la mène à New York, et dans cette ville protéiforme elle va rencontrer une série de personnages qui ne resteront pas indifférent face à cette jeune femme diaphane.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’alternance des points de vue : chaque chapitre a un narrateur différent qui raconte sa rencontre avec la jeune Kyoko. Ce procédé a tendance à dynamiser le récit, même si pour moi, il n’est pas assez exploité.

-          La quête de la jeune femme intrigue le lecteur et le pousse en avant dans sa lecture.

-          La simplicité des rapports humains, la tendresse qui filtre entre eux nimbe le roman d’une poésie utopique.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La naïveté générale : sur la quatrième de couverture, on nous dit que l’auteur s’est efforcé dans ce roman de faire un roman « sans drogue, sans violence et sans sexe, sur la renaissance et l’espoir. » Malheureusement, j’ai senti qu’il n’était pas là dans son élément, tout étant trop édulcoré, simple, naïf.

-          Les scènes de danse de surcroît sont difficiles à se représenter alors qu’elles constituent le cœur du récit. Un film a été tourné, peut-être est-il plus convaincant…

 

Premières phrases :

 

« Les grillages de barbelés.

Il s’étend à perte de vue, ce grillage de barbelés plus haut que moi, et recouvre ma mémoire. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Itinéraire d’enfance de Duong Thu HUONG

  

 Lu dans le cadre duchallenge  challenge-In-the-mood-for-Japan

 

 POCHE : Kyoko, Ryû MURAKAMI, Picquier poche, août 2000, 227 p., 7 euros

 

TAGS : Littérature japonaise - Maladie -Danse

Partager cet article

Repost0

Ciel bleu : une enfance dans le Haut Altaï de Galsan TSCHINAG

Publié le par Hélène

ciel bleu

♥ ♥ ♥

Un roman dépaysant  pour découvrir la culture mongole.

    

L’auteur :

 

Galsan TSCHINAG est né en Mongolie occidentale et a passé son enfance dans les steppes. Ciel bleu est son premier roman publié en 1994.

 

L’histoire :

 

Galsan TSCHINAG nous conte son enfance dans la steppe dans le Haut Altaï. Il évoque avec beaucoup de tendresse le quotidien au sein d’une famille aimante. Dans ces pages, il rend hommage à un monde voué à la disparition, à travers notamment les figures emblématiques de sa grand-mère ou de son chien.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le dépaysement : cette lecture est un véritable bol d’air frais, loin des considérations nombrilistes de certains romans actuels. On y découvre un univers totalement inconnu, oscillant entre tradition et modernité, un monde magique aux mœurs déroutantes et enrichissantes dans lequel on chante pour les brebis afin qu’elles ne rejettent pas leurs agneaux.

-          La justesse du récit : on trouve beaucoup de tendresse et de poésie dans cette évocation. Le point de vue adopté est celui du jeune garçon de 7 ans qui découvre petit à petit les règles particulières du monde qui est le sien. 

-          Une source de sagesse : de nombreux enseignements sont à tirer de ce petit récit.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La scène un peu longue à mon goût concernant le chien qui a avalé du poison, mais ce sera le seul bémol.

 

Premières phrases :

 

«           Il est possible que cette histoire ait commencé dans un rêve. Etait-ce une préparation à ce qui allait suivre, une mise en garde peut-être ? Car le rêve était pénible, pénible – un cauchemar.

On disait qu’il ne fallait parler de ses mauvais rêves à personne, mais les dire plutôt pour soi à haute voix, puis cracher trois fois. On disait la même chose pour les rêves agréables. Il ne fallait les confier à personne, les garder pour soi. Ceux qu’on entendait raconter n’étaient-ils donc ni bons ni mauvais ? »

 

Vous aimerez aussi :

 

Dersou Ouzala de Vladimir ARSENIEV (non lu)

 

Ciel bleu : une enfance dans le Haut Altaï, Galsan TSCHINAG, Métailié suites, 1996, 8 euros

 

TAGS : Littérature mongole - Famille

Partager cet article

Repost0

Park life de Shuichi YOSHIDA

Publié le par Hélène

 park_life-1-.jpg

 

 

 

 ♥ ♥ ♥

 

Un roman magique, statique et poétique centré sur les visiteurs d'un parc.

 

 

 

 

L'auteur :

 

Yoshida Schuichi est un écrivain japonais. Park Life a été couronné en 2002 du prix Akutagawa, l'équivalent du Goncourt au Japon. Il a également publié Parade, toujours aux Editions Picquier.

 

L’histoire :

 

Le narrateur est un jeune employé qui vit près du parc de Komazawa, et travaille non loin du parc Hibiya, et va rencontrer dans le métro qui relie ces deux axes, une femme avec qui il va partager quelques instants, au hasard des rencontres ou des rendez-vous.

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Sa poésie aérienne : comme dans de nombreux romans japonais, rien de particulier ne se passe, et ce rien crée la poésie. Le lecteur se laisse juste bercer par un rythme lancinant qui l’emporte dans les airs et lui laisse tout le loisir d’observer le monde en prenant de la hauteur.

- Sa poésie terrienne : le monde est ainsi transfiguré, le quotidien devient magique, tout est sujet à émerveillement :

 

« Sous nos yeux, le jet d’eau a pris de la hauteur. A ce moment précis, la brise de printemps a soufflé sur le square, et une poussière de gouttelettes a jailli tout autour. » (p. 16)

 

 « Un jour, j’ai demandé à M. Kondô : « Mais pourquoi est-ce que tout ce monde vient au parc ? » Il a médité très sérieusement, chose rare chez lui, avant de me dire nettement : « Ils se sentent soulagés. » Comme ce n’était pas une réponse en l’air, je n’ai pas voulu insister, mais il a ajouté : « Même si tu ne fais rien dans un parc, personne ne viendra te le reprocher. Au contraire si tu veux faire quelque chose, comme du racolage ou un discours, on te chassera.» » (p.80)

 

- Ses pistes de réflexion multiples : sur l’identité, la solitude, la connaissance, les liens ténus qui se tissent entre les êtres…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Je ne vois rien à redire, j’ai tout aimé

 

Premières phrases :

 

 « Dans le carrefour souterrain de Hibiya circulent trois lignes. Si l’on compare par exemple le bâtiment Marion de Yûrakuchô à la partie décorative d’un gâteau d’anniversaire, et qu’on découpe ce quartier de haut en bas en deux parties tranchées, sur la partie biscuit moelleux les stations et les couloirs du métro doivent être alvéolées comme une fourmilière. Même si la décoration de surface est brillante, un gâteau au corps spongieux n’a rien d’affriolant. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Les années douces de Hiromi KAWAKAMI

 

Park Life, Shuichi YOSHIDA, Philippe PICQUIER, sept 2007, 128 p., 12.50 euros

POCHE : Park Life, Shuichi YOSHIDA, Picquier poche, janvier 2010, 128 p., 6 euros 

D'autres romans japonais ici :   challenge-In-the-mood-for-Japan

 

TAGS : Littérature japonaise - Poésie du quotidien

 

Partager cet article

Repost0