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litterature asie

Un fils en or de Shilpi Somaya GOWDA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Anil est un jeune Indien qui commence des études de médecine dans le Gujarat puis part les compléter aux États-Unis. Si son père le soutient, sa mère rêve pour lui d'une union prestigieuse au pays. Son amie d'enfance, Leena, fille d'un métayer pauvre est mariée durant son absence.

Tandis que Anil découvre les difficultés de l'année d'Internat et de la vie d'expatrié, le travail à l'hôpital éreintant psychologiquement et physiquement à cause de la pression, des pathologies différentes de celles apprises dans les livres, des humiliations par les seniors, de la concurrence, la jeune Leena se heurte aux côtés sombres des mariages arrangés.

Les deux destins vont finalement se rejoindre mais les choix entre tradition et modernité ne s'avèreront guère évidents...

Ce que j'ai moins aimé :

A la fin du roman, tout se précipite comme s'il fallait conclure au plus vite, de nouveaux personnages sortis de nulle part apparaissent, et l'ensemble perd en crédibilité.

Bilan :

Un roman très prenant qui m'a captivée...

 

Présentation de l'éditeur : Mercure de France ; Folio

D'autres avis : Babélio

Vous aimerez aussi : APPACHANA Anjana  L’année des secrets    

 

Merci à Martine pour le conseil.

Publié dans Littérature Asie

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Âpre coeur de Jenny ZHANG

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Les fillettes qui prennent la parole tour à tour ont entre 7 et 9 ans. Immigrées chinoises dans les années 90, elles viennent d'arriver à New York. Différentes histoires, différents points de vue se font entendre, mais toujours celui de la fillette, qu'il s'agisse de Christina, Lucy, Frangie ou Annie. Elles évoquent la violence des rapports humains, les racismes, la barrière de la langue qui gêne l'intégration, mais aussi l'amour des parents, incommensurable. Ces derniers connaissent une vie de sacrifices pour que leurs enfants aient un avenir décent, leurs choix ne sont pas toujours les meilleurs, mais ils tentent avec les moyens qui sont à leur portée, d'offrir un futur à leur enfant. Quelquefois, les grands-parents viennent les rejoindre et sont en décalage avec les nouveaux codes occidentaux de ces familles qui tentent de s'intégrer.

Tous apprennent finalement à saisir chaque chance d'être heureux en ce monde, car ces chances sont rares.

"Il n'y avait pas moyen d'être libre dans ce monde

Il n'y avait pas moyen d'être libre dans ce monde

Il n'y avait pas moyen d'être libre dans ce monde

Aucun moyen

Vraiment aucun moyen."

Ce que j'ai moins aimé : Certaines scènes sont très crues, d'une violence physique et psychologique quelquefois marquante !

Bilan : un roman percutant qui me marquera durablement ! "J'avais envie de montrer des jeunes filles en colère, qui détestent le monde, qui ont parfois envie de se venger, qui découvrent leurs corps." dira l'auteure, elle même fille d'immigrés chinois arrivée aux Etats-Unis à deux ans. Elle signe aujourd'hui un roman sans langue de bois !

 

Présentation de l'éditeur : Editions Picquier

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Asie

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Les Billes du Pachinko de Elisa SHUA DUSAPIN

Publié le par Hélène

 ♥ ♥ ♥

Claire, résidant habituellement en Suisse, passe l'été chez ses grand-parents à Tokyo, organisant pour eux un prochain voyage en Corée, leur pays natal qu'ils ont du quitter durant la guerre. La communication n'est pas aisée entre la jeune femme et ses grands-parents qui refusent d'utiliser une autre langue que le coréen. Pour lutter contre les heures qui s'étirent entre le jeu de Tétris et des repas tardifs, elle accepte de s'occuper durant cet été de Mieko, une petite japonaise à qui elle apprend le français. Elle fuit ainsi sa grand-mère à qui la mémoire fait défaut et son grand-père qui travaille toute la journée au salon de Pachinko, une salle de jeu mettant à l'honneur le Pachinko, entre le flipper et la machine à sous.

L'écriture dépouillée de l'auteure réussit admirablement à rendre l'atmosphère, la moiteur, l'ennui prégnant, les sons tonitruants. Les personnages semblent errer dans une journée sans fin, et même si les divertissements foisonnent, même s'ils passent une journée au pays d'Heidi, ou dans des parcs d'attraction, une langueur persistante s'empare des âmes et des corps. Leur identité reste vague, à l'image de cette lassitude, mouvante, comme si chacun cherchait à se trouver. Les solitudes se frôlent dans la grande mégalopole, sans se connaitre, sans se parler, les histoires individuelles se brouillent devant la grande histoire. Les grands-parents ont dû choisir entre le nord et le sud de la Corée, et pour eux, c'est comme si leur pays n'existait plus, ne leur reste que la langue, à laquelle ils se raccrochent désespérément, quitte à creuser l'écart entre eux et leur petite-fille... L'arrière grand mère elle-même en arrivant au Japon , s'était coupée la langue , refusant de parler le Japonais obligatoire.

Un roman délicat qui confirme, après Hiver à Sokcho, le talent d'Elisa Shua Dusapin.

 

Présentation de l'éditeur : Editions Zoé

D'autres avis : Télérama ; Moka
Du même auteur :
Hiver à Sokcho

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Un monde simple et tranquille de LAO SHU

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Lao Shu - qui signifie Vieil arbre- est un peintre chinois loin d'être traditionnel. Il a créé un blog sen 2011 sur l'un des sites Internet les plus connus de Chine et il y affiche régulièrement ses dessins et peintures exécutés au pinceau, agrémentés de courts textes, souvent des poèmes en vers de six caractères. Il nous livre ses états d'âme et ses réflexions existentielles. Un personnage sans visage, portant une longue robe à larges manches, à la façon des lettrés de la Chine d'autrefois, évolue dans des paysages ou des activités quotidiennes, flânant au bord d'un lac, arrosant ses fleurs, musardant dans la campagne. Symbole d'une époque révolue qui suscite une profonde nostalgie chez Lao Shu, ce personnage incarne l'époque républicaine, qui a précédé la révolution menée par Mao Zedong en 1949. Il permet surtout au peintre de créer un monde à part, à la fois onirique et reflet de ses préoccupations. Son personnage semble vouloir fuir un quotidien ou une société pesante. Il préfère se délecter du parfum des fleurs et de la beauté de la nature que de subir des conversations vides de sens.

 

 

 

Ce livre est une pure merveille de poésie, un joyau de beauté à garder précieusement près de soi, à lire, relire, contempler, pour ne pas se laisser rattraper par le temps et les préoccupations sans intérêt. Pour nous rappeler que la beauté existe, autour de nous, et magnifiée dans l'art.

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

Publié dans Littérature Asie

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Les petites épiceries de mon enfance de Lee MEKYEOUNG

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

""Essaie de vivre la vie comme elle vient" : je veux suivre ce conseil donné par mon père et mener une vie tranquille et ordinaire, à mon image et à l'image de es épiceries modestes et simples."

Alors qu'elle attendait son deuxième enfant, l'auteure déménage au fin fond de la commune de Toechon, dans le province de Gyeonggi. En se promenant dans le village de Gwaneum, elle tombe sous le charme d'une petite épicerie, attirée par cette beauté discrète qui s'ignore. Vingt ans plus tard, elle parcourt toujours le pays pour s'arrêter devant les petites épiceries, les prendre en photo pour les peindre ensuite, minutieusement. Dans ce recueil, elle nous livre ces merveilles, émaillée de brèves chroniques.

A travers textes et peintures, elle rend aussi hommage aux êtres modestes et simples qui vécurent avec nous à une époque donnée. Rares sont les épiceries qui survivent au fil des années. "Faisons attention aux choses qui nous entourent et qui nous sont familières. Peut-être leurs angles usés et arrondis par le temps cachent-ils une beauté que rien ne pourra remplacer ? En les observant attentivement, on peut y percevoir les traces du temps et de la douleur de la vie. Tel est le chemin qui mène à ces petites épiceries dans ma mémoire, elles qui suscitent en nous un bonheur attendrissant chaque fois que nous tournons au coin de la rue."

Dessiner toutes ces petites épiceries avant qu'elles ne disparaissent, devient ainsi comme une urgence et justifie son art. En les peignant, elles s'inscrivent dans la durée et continuent à vivre à travers l'oeuvre de l'auteure.

Avec délicatesse et modestie, Lee Mekyeoung nous invite à faire attention aux choses et à réfléchir à ce qui disparait tous les jours dans nos quartiers au nom du développement et du progrès. Chaque peinture est comme un fragment de bonheur, un hommage touchant à la vie qui passe, un souvenir éclatant dans le ciel de l'édition. 

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

D'autres avis : Chinouk

 

Les petites épiceries de mon enfance, LEE Mekyeoung, traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Lucie Modde, Editions Philippe Picquier, octobre 2018, 208 p., 26.50 euros

Merci à l'éditeur !

Publié dans Littérature Asie

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La somme de nos folies de Shih-Li Kow

Publié le par Hélène

♥ ♥

À Lubok Sayong, petite ville au nord de Kuala Lumpur, les habitants sont habitués aux catastrophes naturelles, leur village étant inondé plusieurs fois par an. Ils ont su s'adapter au lieu, hauts en couleur, ils évoluent gaiement dans un monde tourmenté. Parmi eux, Beevi, décide de transformer la grande demeure familiale en bed and breakfast et embauche l’extravagante Miss Boonsidik pour l’aider dans sa tâche. Au même moment, à la mort de sa soeur, elle doit prendre en charge la jeune Mary Anne, débarquée sans crier gare de son orphelinat où toutes les filles s’appellent Mary quelque chose. A leur côté, telle une sentinelle, se tient Auyong, qui dirige l'usine de mise en boîtes de litchis.  

« Attention aux maladies véhiculées par l’eau, répétaient les gens de la capitale. Attention aux crocodiles et aux serpents. Attention de ne pas marcher sur la carcasse pourrie d’une bête morte. Gare au choléra. Gare aux tourbillons et aux courants. Ils publiaient des consignes de survies dans des journaux qui n’étaient pas distribués ici et qu’on lisait dans la capitale en sirotant un café latte frappé, bien installé chez Starbucks. Gare à la vie.»

Chronique d'une petite communauté, servi par deux voix, le roman oscille entre gravité et loufoquerie.   Entre cette tête de vache sanglante livrée à la mauvaise adresse, la voisine qui élève des sangsues, un poisson carnivore relâché dans un lac, ce chouette roman nous rappelle que nous ne sommes que la somme de nos folies, "racontées ou tues". Original et décalé, il est une des bonnes surprises de cette rentrée littéraire.

 

Présentation de l'éditeur : Zulma 

D'autres avis : Yves ; Leiloona

 

La Somme de nos folies, premier roman traduit de l’anglais (Malaisie) par Frédéric Grellier,  384 pages, 21,50 € • Paru le 23/08/18

Publié dans Littérature Asie

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La papeterie Tsubaki de Ito OGAWA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Quel bonheur d'être en vie !"

Hatoko revient à Kamakura pour reprendre la petite papeterie de sa grand-mère. Mais elle ne se contente pas de vendre des cahiers et des stylos, elle exerce aussi le métier d'écrivain public que sa grand-mère lui a transmis. Petit à petit les visiteurs se présentent, lui demandant des lettres de voeux, mais aussi des demandes plus incongrues, des lettres de ruptures, une lettre de condoléance pour le décès d'un singe. Hatoko s'acquitte de sa mission avec application, choisissant avec soin les mots, le papier, la plume, la calligraphie, mais aussi l'enveloppe, le timbre, consciente que tout a son importance pour faire de cette lettre un véritable objet d'art. En s'attachant aux détails, à la beauté de l'écriture, elle remet à l'honneur la correspondance, le plaisir de recevoir une lettre par la poste.

" Mais l'écriture manuscrite, celle de la main d'un être vivant, possède un supplément d'âme qui ne se résume pas à la simple beauté formelle."

Au-delà de cet aspect artistique de son métier, Hatoko tient à merveille son rôle de médiateur, s'épanouissant dans le plaisir d'aider et de partager avec les autres. Ces rencontres sont l'occasion de vivre des moments de douceur, de plaisirs simples, de se retrouver autour d'un bon repas ou d'un verre, pour magnifier les délices de la vie et en gommer l'âpreté.

Tellement de délicatesse se dégage de ce roman, tellement différent de tout ce qu'on peut lire, à la fois dépaysant, apaisant, nous parlant d'amitié, de transmission, de pardon, subtilement, par touches tout aussi majestueuses que les signes de calligraphie que la jeune Hatoko trace avec amour.

Un coup de coeur !

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

Du même auteur : Le restaurant de l’amour retrouvé Le ruban 

Vous aimerez aussi : KAWAKAMI Hiromi Les années douces 

D'autres avis : Nom d'un bouquin

 

Merci à l'éditeur.

 

La papeterie Tsubaki, Ito Ogawa, Traducteur(s) : DARTOIS-AKO Myriam, Picquier, août 2018, 384 p., 20 euros

Publié dans Littérature Asie

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Parlez-moi d'amour de XINRAN

Publié le par Hélène

♥ ♥

"L'histoire vit avec nous et en nous. Les coutumes anciennes inspirent notre vie de tous les jours. Nous devons faire un effort pour comprendre ce qui se passe autour de nous, en observant, posant des questions, cherchant des indices, utilisant notre cerveau pour analyser ce qui est bien et ce qui est mal. De cette manière, nous pouvons trouver tout ce dont nous avons besoin pour consigner l'histoire à l'intention des générations futures."

Xinran a recueilli les témoignages de femmes sur quatre générations avec comme point de départ cette question "Parlez-moi d'amour".

L'aînée est Rouge, mariée très jeune à un homme qu'elle ne connait pas et qui, malheureusement aime une autre femme qu'il attendra toute sa vie et à qui il restera fidèle. Une belle complicité s'instaure entre les deux jeunes gens, même si à la mort de son mari, Rouge sera vierge comme au premier jour. Viennent ensuite Verte et Dafu, qui se rencontrent durant le Révolution Culturelle et seront fortement marqués par les évènements historiques, puis Grue, mariée à un homme qu'elle a choisi mais que sa famille n'a jamais accepté, et enfin la nouvelle génération, adepte des rencontres sur Internet et des amours plus légères.

"Les quatre ou cinq générations qui ont vécu pendant cette période ont des histoires très différentes à raconter en matière d'amour, leurs expériences ayant été façonnées par le chaos et les tourmentes de la guerre, l'instabilité de la situation politique, les diverses avancées technologiques, et bon nombre d'autres facteurs."

En choisissant d'aborder d'histoire de la Chine par le biais de ce thème, Xinran montre brillamment les liens ténus qui marient l'intime et le politique. Subtilement, elle met en lumière l'influence plus que prégnante que peut avoir le régime politique sur le mariage et sur les relations individuelles au point de les façonner. Observer les relations amoureuses, c'est donc décrypter la société...

Par ces beaux témoignages, Xinran dresse un portrait en profondeur de ces femmes chinoises au coeur des aléas de leur histoire...

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

Du même auteur : Chinoises

Vous aimerez aussi : SIJIE Dai Balzac et la petite tailleuse chinoise

D'autres avis : Chinouk ;

 

Merci à l'éditeur.

Parlez-moi d'amour, Xinran, traduit de l'anglais par Françoise Nagel, Picquier, avril 2018, 448 p., 23.50 euros

Publié dans Littérature Asie

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Pékin Pirate de XU Zechen

Publié le par Hélène

A sa sortie de prison, Dun Huang retourne à Pékin : condamné pour faux papiers, il repart à partir de rien dans la grand mégalopole chinoise. Par chance, il rencontre une jeune vendeuse de DVD pirates qui l'initie au commerce. La jeune Xia met de l'argent de côté dans l'espoir de quitter la ville pour retrouver sa famille et élever son futur enfant loin de l'effervescence pékinoise. Dun Huang, lui, pense juste à survivre au jour le jour.

Ces héros malchanceux sont finalement attachants, perdus dans les trafics, fuyant les policiers, espérant se former un pécule pour échapper aux aléas de l'existence, ils vivent dans un monde souterrain faits de petits boulots illicites, entre corruption et alcool pour noyer ses peines.

"Les gagne-petit ont bien du mal à faire bombance dans ce foutoir pékinois, mais y crever de faim est tout aussi difficile..."

Ce petit roman se lit facilement, portrait d'une génération et d'une ville dans laquelle le commerce illicite est monnaie courante.

Ce que j'ai moins aimé : Peu marquant...

Bilan : une vision réaliste de nos villes modernes...
 

Présentation de l'éditeur : Philippe Rey, ; Points

D'autres avis : JérômeBabélio

 

Pékin Pirate, Xu Zechen, Points, février 2018, 192 p., 6,6€

 

Sélectionné pour le prix meilleur roman Points

 

Publié dans Littérature Asie

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Hiver à Sokcho de Elisa SHUA DUSAPIN

Publié le par Hélène

 ♥ ♥

Prix Robert Walser 2017

A Sokcho, petite ville de Corée du sud, une jeune franco-coréenne, s'occupe du ménage, de la cuisine, de la lessive et de l'accueil dans la pension du vieux Park. Sa mère est une coréenne qui travaille au marché aux poissons et elle n'a jamais connu son père, un français de passage. La jeune fille regarde défiler les locataires et accueille ainsi un nouvel arrivant, un jeune dessinateur de bandes dessinées venu tout droit de France. En demandant à la jeune femme de lui faire découvrir le pays, il vient rompre la routine des jours qui s'étirent sans fin dans la petite ville portuaire.

Par touches subtiles, l'auteure donne à voir un paysage hivernal qui gagne peu à peu les corps et les âmes. La ville portuaire désertée à cette période de l'année est comme le reflet de leurs âmes.

"Suintant l'hiver et le poisson, Sokcho attendait.

Sokcho ne faisait qu'attendre. Les touristes, les bateaux, les hommes, le retour du printemps."

La jeune fille et le dessinateur arpentent la ville, visitent mais laissent planer un malaise entre eux, dans cette atmosphère comme suspendue, un malaise qui ne trouve pas à s'exprimer. De plus, dans cette Corée du Sud toute proche de sa consoeur, le conflit entre les deux pays couve insidueusement sous le patin des jours.

"Les plages ici attendent la fin d'une guerre qui dure depuis tellement longtemps qu'on finit par croire qu'elle n'est plus là, alors on construit des hôtels, on met des guirlandes mais tout est faux, c'est comme une corde qui s'effile entre deux falaises, on y marche en funambules sans jamais savoir quand elle se brisera, on vit dans un entre-deux, et cet hiver qui n'en finit pas !"

Leur personnalité, leur histoire, leur passé, s'exprime alors autrement, par les dessins pour lui, par la cuisine pour elle. Cette rencontre ressemble à une bulle de douceur, les êtres s'observent, se comprennent, se découvrent, se frôlent ...

Puis la vie reprend son cours, titubant vers l'infini...

 

Présentation de l'éditeur : Editions Zoé

Vous aimerez aussi : Les années douces de Hiromi Kawakami

D'autres avis : Jérôme ; Kathel ; Aifelle ; Eimelle ; Clara ; Moka ; Noukette

 

Hiver à Sokcho, Elisa Shua Dusapin, Zoé éditions, août 2016, 144 p., 15.50 euros

 

Ma première participation pour Un mois un Editeur

 

Publié dans Littérature Asie

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