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litterature europe

Les filles au lion de Jessie BURTON

Publié le par Hélène

1967 Odelle originaire des Caraïbes vit à Londres en colocation avec son amie. Après avoir travaillé plusieurs années dans un magasin de chaussures, elle accepte un nouveau poste dans une galerie d'art dirigée par l'énigmatique Marjorie Quick et simultanément elle rencontre Lawrie Scott. Elle tombe sous son charme et quand il lui dit détenir un tableau qu'il aimerait faire expertiser, tout naturellement, il s'adresse à la galerie d'art de Marjorie. Mais la réaction de cette dernière à la vue du tableau est assez surprenante. Que cache ce mystérieux tableau à l'auteur indéterminé ? Odelle, intriguée par tant de mystères se plonge alors dans l'histoire de ce tableau.

Parallèlement nous suivons le destin de la famille de Harold marchand d'art viennois installé en Espagne dans les années 30 avec sa femme Sarah et sa fille Olive, jeune peintre. La famille rencontre Teresa et Isaac, deux jeunes gens du village, avec qui chacun va lier des relations particulières...

Ce que j'ai moins aimé : J'avais tellement aimé Miniaturiste, que j'attendais cette lecture avec impatience, mais malheureusement je n'ai pas retrouvé l'enthousiasme de ma première lecture de l'auteur. Jsalle'ai trouvé ce roman-ci beaucoup plus poussif, j'ai rapidement compris les tenants et les aboutissants, et le manque de surprise a aussi terni ma lecture.

Certaines pistes comme l'acte de création, à l'oeuvre chez Odelle qui écrit des nouvelles et chez Olive qui peint, auraient pu être davantage exploitées.

Bilan : Une lecture agréable sans être inoubliable...

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

D'autres avis : Télérama

Du même auteur : Miniaturiste

 

Les filles au lion, Jessie Burton, traduit de l'anglais par Jean Esch, Gallimard, mars 2017, 496 p., 22.50 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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Le dimanche des mères de Graham SWIFT

Publié le par Hélène

♥ ♥

En ce dimanche des mères de 1924., la coutume veut que les aristocrates donnent congés à leurs bonnes pour que ces dernières rendent visite à leurs mères. Jane, jeune femme de chambre orpheline ne sait pas vers où vont diriger ses pas quand son amant Paul Sheringham, un jeune homme de bonne famille lui demande de le rejoindre dans sa demeure désertée. Le jeune homme doit prochainement se marier, et leur longue liaison risque alors de prendre fin. Elle le rejoint alors, et les heures s'étirent délicieusement jusqu'au départ de Paul qui doit rejoindre sa fiancée. 

Portait d'une âme en errance qui se construit au fil des pages, ce roman magnifique chante les miracles de la création. Jane a grandi dans un orphelinat puis a été placée comme domestique dans une famille qui lui ouvre par chance les portes de la bibliothèque familiale. Les livres sont une découverte pour elle, elle n'aura de cesse de se plonger dans les romans d'aventure, puis par la suite, elle transmuera ses expériences en oeuvre littéraire, comme une évidence. Les frontières entre récit et réalité s'estompent alors :

"Pouvait-elle faire la part des choses et séparer ce qu'elle avait vu en imagination de ce qu'elle avait réellement vécu ? (...) Le propre de l'écrivain n'était-il pas de saisir la vie à bras-le-corps ? N'était-ce pas là tout l'intérêt de la vie ?" p. 63

Jane fait "commerce des vérités" et transforme dans sa mémoire littéraire l'après-midi passé aux côtés de Paul en bijou parfait aux contours ciselés. Là est la force de la création, inscrire ces quelques heures dans l'éternité pour que cet instant résonne dans l'âme et bouleverse à jamais l'ordre des choses.

Une petite oeuvre d'art !

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

D'autres avis : repéré dans Télérama ; Nadael ; Cathulu

 

Le dimanche des mères, Graham Swift, traduit de l'anglais par Marie-Odile Fortier-Masek, Gallimard, janvier 2017, 144 p., 14.50 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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Le rêve le plus doux de Doris LESSING

Publié le par Hélène

"Nous portons en nous-mêmes des modèles invisibles aussi inéluctablement personnels que nos empreintes digitales, mais nous ne n'en prenons conscience qu'après avoir regardé autour de nous et reconnu leurs reflets." p. 72

L'action se concentre sur la famille Lennox, principalement dans les années 60, à l'esprit très contrasté. La première partie, assez statique, se déroule toujours dans la maison, autour de la table où se rassemble la famille de Frances et les êtres qu"elle accueille, Rose, Jil, Geoffrey et les autres qui s'ajoutent au fil du temps, partent, reviennent, disparaissent. Mère de substitution, Frances s'occupe de son petit monde avec bienveillance et dévouement. Les apparitions éclair de Johnny le père de ses deux garçons Colin et Andrew, sont souvent le prétexte à des débats passionnés autour des questions politiques, Johnny défendant le communisme avec virulence, quitte à fermer les yeux sur certaines exactions. 

Cette première partie du roman s'axe sur une réflexion sur ces jeunes désoeuvrés qui subissent l'influence du communisme et fustigent le capitalisme, cette génération qui attend aussi "tranquillement que cela lui tombe tout cuit dans le bec sans qu'elle ait à travailler." Pour Julia, la mère de Johnny, cette errance des jeunes est le résultat des deux guerres après lesquelles plus rien ne peut être normal.

La deuxième partie du roman suit Sylvia, une des protégées de Frances, en Afrique, dans un pays imaginaire le Zimlie qui sort d'une guerre et est fortement touché par le sida. Sylvia devenue médecin se bat pour ses idées dans un pays qui reste dévasté.

Ce que j'ai moins aimé : La première partie assez statique, toujours dans la maison, l'action n'avance pas, les scènes se répètent et les situations similaires deviennent lassantes à la longue.

 

Présentation de l'éditeur : J'ai Lu

Du même auteur : Nouvelles africaines tome 1

 

Le rêve le plus doux, Doris Lessing, traduit par Isabelle Delord-Philippe, mars 2008, 8.20 euros

 

Le mois anglais consacré aujourd'hui à Doris Lessing

Publié dans Littérature Europe

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Le mois anglais 2017

Publié le par Hélène

Le mois anglais est de retour toujours brillamment organisé par Lou et Cryssilda

Comme le dit cette dernière "C'est le moment de dépoussiérer votre plus belle théière, de sortir vos recettes de scones, vos mugs "England Forever", vos parapluies, votre intégrale de Dickens et vos albums de vacances favoris !"

Au programme, voici "quelques" rendez-vous communs :

Personnellement comme chaque année j'avais un programme ambitieux, puis j'ai commencé par la lecture du Bois du rossignol que j'ai abandonné, puis de Une mercedes blanche avec des ailerons abandonné également. Parallèlement, j'ai entamé la lecture d'un pavé indonésien publié chez Zulma qui a d'autant plus ralenti mon rythme de lecture...

J'avais déjà lu Un jour dont parlera le blogoclub le 1er juin, je passe donc mon tour (d'autant plus que je n'avais pas aimé !)

J'ai tout de même lu un Doris Lessing Le rêve le plus doux (moyen) pour la lecture commune du 3 juin et l'excellent Le dimanche des mères de Graham Swift dont je vous parlerai lundi prochain !

 

Je reste ambitieuse, voici les titres retenus :

Les filles du lion de Jessie Burton

L'amant de Lady Chatterley de Lawrence

La promenade au phare de Woolf pour le 10 juin

Mary Barton de Gaskell pour le 14 juin

A perdre haleine de Aga Lesiewicz pour le polar du 24 juin

 

et (-éventuellement-) :

Un homme de tempérament de Lodge

L'excellence de nos aînés de Compton

Un Agatha Christie

Tess d'Uberville de Hardy

Un certain goût pour la mort de PD James

 

A suivre, au plaisir de vous retrouver pour partager des coups de coeur anglais !!

 

Publié dans Littérature Europe

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Tout ce qui est solide se dissout dans l'air de Darragh McKEON

Publié le par Hélène

Prix Lire-L'Express du Premier roman étranger 2015

Plusieurs destins se croisent à l'aube du 26 avril 1986 : Evgueni, un petit pianiste de neuf ans, Maria, sa tante qui travaille à la chaine sur des pièces de voiture, Grigori, un chirurgien dans l'hôpital voisin, et dans la campagne biélorusse, Artiom, un jeune garçon qui observe des phénomènes étranges dans la campagne de cette aube nouvelle. A côté, à Tchernobyl, le réacteur n°4 prend feu... Nul ne sait quelle est la procédure à suivre dans ce cas. Et l'onde de choc s'étend peu à peu...

Ce roman a le mérite de décrire dans les détails les coulisses de la catastrophe de Tchernobyl : les indécisions des uns et des autres, la population ignorante encore, les effets qui se font sentir petit à petit, les médecins démunis face à l'innommable...

Ce que j'ai moins aimé : les personnages ne réussissent pas à être attachants, la description est presque trop documentée, trop chirurgicale à mes yeux. Je n'ai guère été enthousiasmée...

 

Présentation de l'éditeur : 10-18 ;  Belfond

D'autres avis : Télérama

Sur le même thème : le magnifique roman d'Antoine Choplin, La nuit tombée, et la bande dessinée tout aussi belle de Emmanuel Lepage Un printemps à Tchernobyl

 

Tout ce qui est solide se dissout dans l'air, Darragh McKeon, traduit  de l'anglais (Irlande) par Carine Chichereau, 10-18, 456 p., mars 2017, 8.80 euros

Merci à l'éditeur.

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Miniaturiste de Jessie BURTON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

A dix-huit ans, Nella Oortman quitte son petit village pour rejoindre Amsterdam où l'attend son mari, Johannes Brandt. De lui, elle sait peu de choses, ainsi, c'est avec anxiété qu'elle ouvre la porte de l'opulente maison qui va accueillir sa vie de femme. Son mari, riche marchand de la ville n'est pas présent à son arrivée, c'est donc Marin, sa soeur célibataire avec laquelle il vit, qui reçoit la jeune femme avec une certaine froideur. L'atmosphère semble glacée dans cette maison du bord du canal et la jeune Nella sent courir dans les murs des secrets chuchotés tandis que son mari garde ses distances. Néanmoins, il lui offre un cadeau de mariage : une maison de poupée identique à leur propre maison. Nella fait alors appel à un mystérieux miniaturiste de la ville pour décorer cette maison miniature. Mais les livraisons de l'artisan sont surprenantes, comme si il en savait plus qu'elle-même sur les habitants de la maison et leurs secrets...

 

Maison miniature de Petronella Oortman au Rijksmuseum, à Amsterdam Rijkmuseum

Pour ce premier roman, Jessie Burton s'est inspirée d'une maison de poupée d’époque exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam, prétexte pour explorer l'âme humaine et ses tréfonds marécageux. En cette fin du XVIIème la religion et la morale régissent la société, enserrant chacun dans un carcan duquel la jeune Nella fera tout pour s'extraire, choisissant de forger son propre destin. La miniaturiste, aidant les femmes de la ville, "leur a donné la force de croire en elles-mêmes. Elles ont le pouvoir de déterminer leur existence et peuvent choisir de l'échanger, de le conserver ou d'y renoncer." Si notre héroïne arrive innocente et naïve dans la maison de son mari, avec une image très romancée du mariage et de la famille qu'elle est appelée à fonder, l'expérience densifie son point de vue et elle comprend que des forces plus sombres et plus fortes sous-tendent la vie en société. La maison est pour l'auteur le symbole d'un monde intérieur fait de secrets et de répression, monde qui évolue en parallèle du monde extérieur. "C'est une réflexion sur le contrôle, le pouvoir, l'imagination, la vie domestique, la liberté et ses limites, mais c'est également une réflexion sur l'importance de l'imagination et de la créativité."

Le roman est nourri par les recherches poussées de l'auteur sur la société de l'époque et ses pages réussissent à nous emporter dans les rues au bord du canal auprès de ces  êtres déchirés entre l'envie de vivre comme ils l'entendent et la peur calviniste de l'au-delà, contradictions qui les mènent  une certaine hypocrisie dans leur façon de vivre.

Ce premier roman a connu un immense succès, une série télévisée est même en préparation, succès grandement mérité tant Jessie Burton maîtrise parfaitement l'art de la narration !

A conseiller !

 

Présentation de l'éditeur : Folio

D'autres avis : Dominique ;

 

Miniaturiste, Jessie Burton, traduit de l'anglais par Dominique Letellier, Folio, mars 2017, 528 p., 8.20 euros

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Europe

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Sens dessus dessous de Milena AGUS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"Parfois la vie est trop grande pour nous."

La narratrice habite dans un petit immeuble de la ville de Cagliari. Au-dessous de chez elle vivent Anna et sa fille Natasha et au-dessus, Monsieur Johnson, homme riche, ancien violoniste assez excentrique. Inévitablement, la route d'Anna va croiser celle de Monsieur Johnson, pour le meilleur et pour le pire.

"Toutes nos joies et tous nos malheurs résident dans les détails." dit un des personnages de cette joyeuse galerie de portraits. Aussi Milena Agus s'attache-t-elle à ces petits détails qui façonnent la vie, en laissant de côté les intrigues tonitruantes. Par le regard observateur de sa narratrice, son double, elle évoque juste les rapports humains, et la complexité de chacun. Les êtres se frôlent, chacun vient à l'autre avec son vécu, avec son passé et les leçons qu'il a pu en tirer. Ainsi après avoir vu plusieurs hommes de son entourage quitter leur femme pour une autre souvent plus jeune, la narratrice est persuadée que pour garder un homme il faut être une machine de guerre sexuelle. Mais les méfiances des uns et des autres se fondent et confondent dans les rencontres.

"Il dit que nous ne sommes jamais comme les autres voudraient que nous soyons. Nous pouvons en être très malheureux, jusqu'à en mourir. Ou bien accepter d'être à contre-courant, comme dans les comptines. (...) Etre bien avec soi-même, ne pas désirer être autre chose que ce que l'on est, ni plus ni moins." p. 76

Si les autres peuvent être sources de tristesse, ils sont aussi ceux qui peuvent nous sauver, des failles de chacun jaillit soudainement la lumière

"Bien sûr, j'imagine toujours l'immeuble en flammes, l'explosion d'une bonbonne de gaz, ou des assassins embusqués derrière la porte, mais je fais ce que Johnson junior m'a appris, un calcul de probabilités, en pourcentage. Il m'a fait remarquer que si les journaux racontent les faits divers, c'est bien parce qu'il est rare que des choses semblables se produisent. Sans quoi ils écriraient : "Aujourd'hui, aucun immeuble n'a explosé, rien n'a pris feu et personne ne s'est fait égorger en sortant de chez lui." Ce qui signifie que le monde est bon. Statistiquement bon." p. 78

Dans ce roman d'atmosphère, les petits riens de folie qui jalonnent la vie illuminent les vies des uns et des autres, entre rire et larmes. Puis quand la vie est trop lourde, reste la littérature, et sa capacité à transmuer tout cela en or.

 

Présentation de l'éditeur : Liana Levi

Du même auteur : Battements d’ailes ♥ ♥ ♥ ; Quand le requin dort ♥ ♥ ♥

Vous aimerez aussi : En attendant Bojangles d'Olivier BOURDEAUT 

 

Sens dessus dessous, Milena Agus, traduit de l'italien par Marianne Faurobert, Editions Liana Levi, 2016, 146, 15 euros

Publié dans Littérature Europe

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Le Mrozek de poche de Slawomir MROZEK

Publié le par Hélène

« La logique ne provoque que des nuits blanches »

Ce format de poche renferme 38 des meilleures nouvelles de l'écrivain polonais. Ses écrits sont décalés, frôlant l'absurde pour mieux mettre en lumière les rouages d'un monde abandonné à lui-même.

Dans "L'artiste", un coq qui veut rentrer dans un cirque se fait passer pour un lion, car il refuse de n'être qu'un coq. De fait, il n'est pas pris et quand on lui demande pourquoi il n'a pas voulu jouer au lion le renard répond à sa place ""Est-ce que tu as déjà vu un artiste sans ambition ?" Il peut s'agir aussi de fables écolo amères comme dans "L'arbre" : un arbre doit être coupé car il représente un danger pour les voitures; Pourtant le narrateur tient à cet arbre et il décide alors de le prémunir contre les accidents en tirant sur les voitures qui s'approchent de lui. Face aux logiques absurdes et aux raisonnements officiels souvent injustifiés, l'auteur offre une logique tout aussi décalée.

Subrepticement, cela lui permet de critiquer le pouvoir en place, souvent aux prises avec des logiques tout sauf morales et humaines. Pour l'auteur, quoi qu'il en soit la logique semble bel et bien absente de ce monde. La représentation que l'être humain se fait du monde est basée sur son expérience, sur des pré-requis qui peuvent s'avérer totalement erronés dans un monde qui n'a plus ni sens ni logique ! De fait un certain cynisme pessimiste se dégage de ces textes.

 

Les textes sont illustrés par Chaval, misanthrope notoire et dessinateur de talent  qui s'accorde parfaitement à l'esprit de Mrozek !

 

Ce que j'ai moins aimé : Plus je plonge dans la littérature de l'est, moins je m'y reconnais... Question de goût...

Bilan : D'un cynisme éclairant pour celles et ceux qui sont sensibles à cet esprit slave.

 

Présentation de l'éditeur : Les Editions Noir sur blanc

D'autres avis : conseillé par Eva Bester

Sur l'auteur : http://blog.lefigaro.fr/theatre/2013/08/slawomir-mrozek.html

 

Le Mrozek de poche, un abécédaire inutile illustré par Chaval, Slawomir Mrozek, Les Editions Noir sur Blanc, 2009, 201 p., 10.15 euros

 

Un mois un éditeur est consacré ce mois-ci aux Editions Noir sur Blanc

 

 

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Le K de Dino BUZZATI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le jour de ses douze ans le petit Stefano Roi demande à son père l'autorisation de l'accompagner sur son voilier. AU loin, il aperçoit une forme noire que son père identifie comme "le K" "C'est le monstre que craignent tous les navigateurs de toutes les mers du monde. c'est un squale effrayant et mystérieux, plus astucieux que l'homme. Pour des raisons que personne ne connaîtra peut-être jamais, il choisit sa victime et une fois qu'il l'a choisie, il la suit pendant des années et des années, toute la vie s'il le faut, jusqu'au moment où il réussit à la dévorer."

De fait le père de Stefano lui interdit de courir les mers. Malgré tout, le jeune garçon reste attiré par la belle bleue et dés qu'il peut jette un oeil au loin. Il aperçoit à chaque fois le K qui l'attend patiemment. L'attirance est telle qu'à l'âge de 22 ans, après la mort de son père, il décide de suivre la même trajectoire que lui et de devenir marin. Il vit alors dans la menace continuelle du monstre, mais cette présence obsessionnelle "décuple sa volonté, sa passion pour la mer, son ardeur pour les heures de péril et de combat."

A la fin de sa vie il décide de partir à la rencontre de cet ennemi qu'il a fui toute sa vie.

Le K lui annonce alors qu'il ne le poursuivait pas pour le dévorer, mais pour lui remettre  une petite Perle de la Mer qui "donne à celui qui la possède fortune, puissance, amour et paix de l'âme. Mais il était trop tard désormais."

Face à l'inconnu, le jeune Stefano s'est laissé influencer par des peurs ancestrales, des croyances infondées et n'a compris son erreur que bien trop tard. Cette courte nouvelle nous  invite finalement à prendre des risques, qu'il s'agisse de rencontres ou d'une métaphore plus large de la condition humaine. A toujours fuir, le risque est de passer à côté de l'essentiel...

Un texte à lire, relire, offrir pour enfin comprendre que l'Autre, loin d'être un ennemi, peut offrir des trésors inestimables ...

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

La bonne nouvelle du lundi chez Martine

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L'amie prodigieuse tome 3 Celle qui fuit et celle qui reste d'Elena FERRANTE

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Cette subordination, je sentis que je n'arriverais jamais à m'en libérer et cela me parut insupportable. Je désirai- et je ne réussis pas à tenir ce désir en respect-que le cardiologue se fût trompé, qu'Armando eût eu raison , qu'elle fût vraiment malade et qu'elle mourût."

Le troisième tome de L'amie prodigieuse recouvre "l'époque intermédiaire" : les deux amies sont toutes les deux mariées avec des enfants et l'une comme l'autre se heurte aux difficultés pour mener de front vie de famille, vie de couple, et vie professionnelle. Si Elena pensait encore une fois supplanter Lila sur ce plan, elle s'aperçoit rapidement que le statut de mère n'est guère l'enchantement de chaque instant qu'elle imaginait... La concurrence intrinsèque à leur relation continue, même à distance, puisque Lila est restée dans son quartier et Elena "a fui". 

Elena fréquente l'élite intellectuelle quand Lila est ouvrière dans une usine. Les contrastes s'affirment, avec toujours une Lenu frôlant le conformisme face à Lila passionnée et vraie, à l'intelligence affinée.

Le contexte historique et social de cette fin des années 60 est marquée par les combats. L'engagement des uns ou des autres peut couter cher quand le fascisme se tapit dans l'ombre. Mais c'est aussi le prix à payer pour sortir l'Italie de ses années de plomb...

"Ce qu'il fallait faire, c'était s'en aller. Partir définitivement, loin de la vie que nous avions connue depuis notre naissance. S'installer dans un lieu bien organisé où tout était vraiment possible. Et en effet, j'avais décampé. Mais seulement pour découvrir, dans les décennies suivantes, que je m'étais trompée, et qu'en réalité nous étions prises dans une chaîne dont les anneaux étaient de plus en plus grands : le quartier renvoyait à la ville, la ville à l'Italie, l'Italie à l'Europe, et l'Europe à toute la planète. Et aujourd'hui, c'est ainsi que je vois les choses: ce n'est pas notre quartier qui est malade, ce n'est pas Naples, c'est le globe tout entier, c'est l'univers, ce sont les univers! Le seul talent consiste à cacher et à se cacher le véritable état des choses. "

Une saga au succès et à la qualité indéniable et qui fera prochainement l'objet d'une adaptation sur le petit écran, dans une coproduction entre Fremantle Media's Wildside et Fandango Productions. Chacun des quatre livres de la saga sera décliné en huit épisodes, dont les droits de diffusion ont été acquis, en France, par le groupe Canal +. Les deux femmes seront incarnées par des actrices italiennes, détaille la production, qui précise également qu'Elena Ferrante a participé à l'écriture de l'adaptation.

Le quatrième tome L'enfant perdue devrait paraître quant à lui à l'automne, il est déjà publié en Italie et aux Etats-Unis... Vivement !

 

Vous aimerez aussi : Le tome 1 ; le tome 2

Présentation de l'éditeur : Gallimard

D'autres avis : Télérama

 

L'amie prodigieuse tome 3 Celle qui fuit et celle qui reste, Elena Ferrante, Gallimard, janvier 2017, traduit de l'italien par Elsa Damien, 23 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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