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litterature europe

Rosa candida de Audur Ava OLAFSDOTTIR

Publié le par Hélène

                                                Rosa-candida

 ♥ ♥ ♥ ♥

Un récit lumineux.

 

L’auteur :

 

Audur Ava Olafsdottir est une écrivain islandaise. Rosa candida, largement salué par la presse et la critique lors de sa parution en 2007 et deux fois primé, est traduit pour la première fois en français.

 

L’histoire :

 

En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d’Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Je dois avouer que j’avais une petite appréhension à la lecture de ce roman, raison pour laquelle j’ai mis six mois à l’ouvrir malgré tous les éloges lus sur le web à son sujet. Je redoutais en effet cette mort accidentelle de la mère du narrateur dont il est fait mention sur la quatrième de couverture. Ce fut un tort car si effectivement cette amoureuse de la vie expire un beau jour au bord de la route, le récit ne verse pas un seul instant dans le pathos, il reste tout en retenue, en poéticité. Et l’essentiel du propos n’est pas là.

 

-          Cette mère si aimante a légué à son fils son amour pour le jardinage, mais aussi son amour pour la vie et ses beautés inattendues. Le narrateur mène sa vie telle qu’il l’entend, une force le pousse invariablement vers ce qu’il aime, comme auréolé par l’esprit de sa mère. Il s’accroche à ce qu’il sait et croit vrai et laisse le reste libre de l’approcher ou pas. Une belle philosophie qui lui évite de trop lourdes réflexions qui le mèneraient vraisemblablement dans une impasse…

 

 rosa-candida-rose2.jpg

 

-          Ce beau roman nous offre une vision touchante du couple, de la paternité et des aléas de la vie auxquels on s’adapte, tant bien que mal :

 

« Comment savoir si une femme vous aime ?

-          Il est difficile d’être sûr de quoi que ce soit en amour, dit l’abbé en poussant la poupée vers l’enfant.

-          Et si une femme dit qu’elle a peur que l’homme ne revienne pas quand il va faire une course ?

-          Alors il se peut que ce soit elle qui ait envie de partir seule.

-          (…)

-          Et quand une femme a l’esprit ailleurs, est-ce que cela veut dire qu’elle n’est pas amoureuse ?

-          Cela peut vouloir dire ça, mais aussi qu’elle est amoureuse.

-          (…)

-          Il n’y a pas d’amour raisonnable. Si l’on vivait une vie de seule raison, on raterait l’amour, comme il est dit, ici, quelque part. » (p. 316)

 

-          J’ai particulièrement aimé le personnage du moine qui puise tout son savoir dans les films d’art et d’essai qu’il regarde chaque soir…

  

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

Premières phrases :

 

« Comme je vais quitter le pays et qu’il est difficile de dire quand je reviendrai, mon vieux père de soixante-dix-sept ans veut rendre notre dernier repas mémorable. Il va préparer quelque chose à partir des recettes manuscrites de maman – quelque chose qu’elle aurait pu cuisiner en pareille occasion. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Le mec de la tombe d’à côté de Katarina MAZETTI

 

D’autres avis : Cuné, Théoma, Midola, Cathe, Aifelle, Kathel, Cathulu, Griotte...

 

Rosa candida, Audur Ava Olafsdottir, Traduit de l’islandais par Catherine EYJOLFSSON, Zulma, septembre 2010, 333 p., 20 euros

 

challenge voisins voisines

Publié dans Littérature Europe

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De pierre et de cendre de Linda NEWBERY

Publié le par Hélène

                                               de-pierre-et-de-cendre.jpg

 ♥ ♥

Un roman victorien plutôt bien mené

 

L’auteur :

 

Linda Newbery est une auteure anglaise qui a publié son premier roman en 1988. Elle est auteur pour adultes mais aussi pour enfants.

 

L’histoire :

 

En 1898, Samuel Godwin, jeune artiste peintre, est engagé à Fourwinds, belle propriété victorienne du Sussex située aux abords d’un lac, par le riche veuf Ernest Farrow pour donner des leçons de dessin à ses deux filles, Juliana et Marianne. Très vite, Samuel comprend que des événements tragiques se sont déroulés à Fourwinds et que l’on s’emploie à garder secret un passé proche pour le moins scandaleux.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’atmosphère typique des romans victoriens emporte immédiatement le lecteur dans un souffle romanesque : demoiselles éplorées, femmes de tête émotives, lac embrumé, silhouette fantômatique les soirs de grand vent, sentiments refoulés… L’aventure commence…

 

« La brume s’accrochait au sol, si bien que les arbres avaient l’air de plonger leurs racines dans quelque marais vaporeux. Je tournai la poignée. La partie gauche du portail s’ouvrit en un cri grinçant, désagréable, dont la nuit renvoya l’écho.

Mais dans l’instant même, un autre bruit effrayant entra si fort en concurrence avec la protestation de la grille, que j’en eus le cœur battant et les nerfs à vif. C’était un hurlement de douleur. » (p. 17)

 

-          Le mystère qui entoure cette belle propriété et ses non moins charmantes locataires est savamment dosé.

-          Les émois du cœur viennent bien évidemment apporter le touche fraîcheur et passion à ce récit : un homme perdu entre trois femmes mystérieuses, toutes belles et disponibles, ne peut qu'être indécis quant à la suite des évènements... Laquelle va-t-il demander en mariage ???

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La biographie de Samuel que l’on trouve à la fin du roman et qui nous apprend ce qu’il est devenu par la suite. Je n’aime pas savoir ce que deviennent les personnages, ils vivent le temps d’une histoire, ensuite laissons-les en paix… 

-        Certaines scènes frôlent la facilité des romans à l’eau de rose… La psychologie des personnages reste assez sommaire, et s’il reste un bon roman victorien, De pierre et de cendre n’égale pas les romans de Wilkie Collins ou des sœurs Brontë…

 

Premières phrases :

 

« L’affiche a quasiment disparu derrière la foule qui se presse aux portes de la galerie. Mon verre à la main, je me déplace sur le côté, spectateur de ma propre exposition ; et tandis qu’entrent les invités, j’affecte le radieux sourire que je devrai arborer tout au long de la soirée. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Le treizième conte de SETTERFIELD

Et bien sûr La dame en blanc de Wilkie COLLINS

 

De pierre et de cendre, Linda NEWBERY, traduit de l’anglais par Joseph Antoine, Phébus, avril 2008, 400 p., 23.50 euros

De pierre et de cendre, Linda NEWBERY, traduit de l’anglais par Joseph Antoine, Le livre de poche, avril 2009, 380 p., 6.95 euros

 

Lecture commune avec : avec Miss Alfie, Céline, George, Karine Lael, Manu, Syl, Vilvirt.

D’autres avis : Lilly, Cryssilda, Sylire, Choupynette...

 

Publié dans Littérature Europe

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L’art d’écosser les haricots de Wieslaw MYSLIWSKI

Publié le par Hélène

 

art d'écosser haricots

 

♥ ♥ ♥

Un grand roman philosophique

« L’imagination est le terreau de notre existence. » (p. 249)

 

L’auteur :

 Wieslaw Mysliwski est un écrivain majeur de la littérature polonaise qui a reçu par deux fois le prix Nike, la récompense littéraire la plus prestigieuse en Pologne, une fois pour son roman L’horizon (1997) et une autre fois en 2006 pour L’art d’écosser les haricots. Ce roman est le premier traduit en français.

 

L’histoire :

 Le narrateur, vieux gardien d’un village de vacances, reçoit un jour la visite d’un inconnu qui souhaite lui acheter des haricots. Pendant qu’ils écossent ensemble, le maître des lieux raconte, dans une sorte d’improvisation savante, les évènements et les rencontres qui ont marqué sa vie.

Orphelin de guerre et simple électricien sur les chantiers staliniens, musicien autodidacte, saxophoniste dans un groupe de jazz à l’étranger, le héros de cette épopée fait défiler un demi-siècle d’histoire polonaise et européenne.

 

Ce que j’ai aimé :

-          La dimension philosophique est très présente dans l’oeuvre de cet auteur. Rien n’est certain pour le narrateur, tout est sans cesse soumis à interrogations dans ce monde mouvant qui n’offre aucune certitude. Tout est sujet à philosophie : le monde existe-t-il vraiment ou est-il l’objet de notre imagination ? Quel est le rôle exact du hasard par rapport au destin ?  

-          Le narrateur apparaît comme un héros universel sans identité précise, comme si la guerre avait anéanti en lui toute possibilité de se connaître soi-même.

 « C’est vrai que se trouver soi-même n’est pas chose facile. Qui sait si ce n’est pas la plus difficile des tâches que l’homme doit accomplir sur cette terre ? » (p. 275)

 Les mots qu’ils prononcent le dessinent au fur et à mesure, il acquiert une identité à travers son récit :

 « Est-ce seulement possible de raconter quoi que ce soit ? Les choses racontées ne sont au fond qu’un récit, rien d’autre. Cela n’a strictement aucun rapport avec ce qui a été, qui est, ou qui sera. Elles mènent leur propre vie. Au lieu de se figer à jamais, elles vagabondent, se déploient, s’éloignant de plus en plus de ce qui a été ou de ce qui sera. C’est peut-être leur façon d’atteindre la vérité, qui sait ? (…) Nous vivons dans le récit. Le monde n’est qu’un récit. » (p. 69)

 -          Aussi le pouvoir des mots et par extension le pouvoir de l’art sont mis ici en avant. Cet homme simple, paysan, va se construire dans et par l’art. Le pouvoir de l’imagination est immense.

« Les livres, m’avait-il confié un jour, alors que je l’avais rejoint en haut de l’échafaudage, sont le seul moyen pour l’homme de ne pas oublier son humanité. Lui, en tous cas, n’aurait pas pu exister sans livres. Selon lui, les livres, c’était aussi un monde, celui que l’homme se choisit et non celui qui le voit naître. » (p. 152)

 « Le passé, ce n’est que notre imagination, et l’imagination a besoin de nostalgie, elle s’en nourrit. (…) Et pour en revenir au passé, il est toujours là puisque nous le recréons indéfiniment. C’est notre imagination qui le crée, c’est elle qui fonde notre mémoire, lui donne ses marques, lui dicte ses choix, et non pas l’inverse. L’imagination est le terreau de notre existence. La mémoire n’est qu’une fonction de l’imagination. » (p. 249)

 Ce que j’ai moins aimé :

 -          Pas très gai…

 Premières phrases :

 « Vous êtes venu acheter des haricots ? Chez moi ? Alors qu’on en trouve dans n’importe quel magasin. Mais entrez, je vous en prie. Vous avez peur des chiens ? Il ne faut pas. Ils vont juste vous renifler. C’est parce que vous venez pour la première fois. Non, ce n’est pas moi qui leur ai appris. Ils font ça naturellement. Allez savoir pourquoi. Un chien, c’est insondable, comme un homme. Vous avez un chien ? Vous devriez. On peut beaucoup apprendre d’un chien. Assis, Rex ! Assis Laps ! Ca suffit. »

 

Je remercie les Editions Actes Sud pour cette belle plongée introspective.

 L’art d’écosser les haricots, Wieslaw MYSLIWSKI, Traduit du polonais par Margot CARLIER, Actes Sud, novembre 2010, 383 p., 23.80 euros

 

challenge voisins voisines

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Surprises de Noël de Andreï KOURKOV

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Trois nouvelles de saison

 

L’auteur :

 

Andreï KOURKOV est un écrivain russe qui vit en Ukraine. L’auteur du célèbre Pingouin est aujourd’hui traduit en 32 langues…

 

L’histoire :

 

Trois nouvelles très originales se succèdent avec en commun le thème des fêtes de Noël  :

« Surprise de Noël » : un couple cherche une façon originale de fêter Noël. Le frère  la jeune femme, spécialisé dans le tourisme extrême, va les mener dans une drôle d’aventure…

« Ma différence préférée » : une nuit de désoeuvrement, un homme se souvient de Iya, la seule femme qu’il ait aimé. Il va l’appeler et la suivre dans ses pérégrinations nocturnes.

« Les champignons de la liberté » : Un homme se retrouve en prison à la suite d’une soirée un peu trop arrosée. Dans son cachot humide, il décide de cultiver des champignons et d’apprendre le finnois.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-        Ce sont des histoires loufoques, décalées, de bon augure en cette période de Noël… L’univers de Kourkov est intelligent, lumineux, il nous emmène au-delà du commun pour que nous rompions la monotonie d’une vie sans folie : "Pour revenir à la norme, il faut passer par l’extrême. » dira  justement Iya (p.39)

-        Le romantisme hante ces couples qui cherchent leur bonheur dans une vie déstructurée. Ainsi ce personnage qui avait promis à sa bien-aimée « Je viendrai sous ta fenêtre, une nuit d’hiver, à bord d’un tank d’une blancheur de neige » (p. 27) tiendra bien sa promesse car au fond « A mon âge, on ne trouve plus guère d’intérêt à tirer des fusées ni même à organiser des feux d’artifice privés. Un char d’assaut, ça en impose en effet davantage que n’importe quel pétard. » (p. 41) 

-        Nous découvrons avec plaisir un Noël typiquement ukrainien :

 

« Marina alluma la grande bougie dressée au milieu des trois kalatchi empilés. Les vieilles récitaient d’une voix chantante une prière de Noël. Puis la cadette ôta le couvercle du grand pot de terre et déposa dans l’assiette de chacun un peu de koutia : une bouillie de millet au miel et au pavot. Ensuite vinrent le bortsch aux champignons et les dix autres plats. Et enfin l’ouzvar, une soupe froide, préparée avec une douzaine de fruits séchés différents. Et quand nous fûmes repus, on entendit la neige crisser au-dehors. Quelqu’un s’arrêta au seuil de la maison, et au même moment s’éleva une koliadka, une de ces chansons teraditionnelles ukrainiennes qu’on chante pour Noël. »

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-        Trop court, on aurait voulu d’autres nouvelles encore..

 

Premières phrases :

 

« Il neigeait. Une neige duveteuse, pelucheuse, indolente, pareille à une touriste irlandaise ayant abusé de l’hospitalité ukrainienne. Et c’est sous cette neige matinale, si pure et si gaie, qua sans hâte nous nous baladions. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Laitier de nuit

Autre : L’année du jardinier de Karel CAPEK

 

 

Surprises de Noël, Andreï KOURKOV,  traduit du russe par Paul Lequesne, Liana Levi, Piccolo, novembre 2010, 63 p., 4 euros

 

D'autres avis chez Cryssilda, Leiloona

 

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Longue sécheresse de Cynan JONES

Publié le par Hélène

                                            longue-secheresse-01

 ♥ ♥

« C’est une chose étrange à garder secrète : la force de notre désir l’un pour l’autre. » (p.16)

 

L’auteur :

Cynan Jones est un écrivain anglais également exploitant agricole et viticole. Longue sécheresse est son premier roman traduit en français.

L’histoire :

Ce matin-là, Gareth remarque la disparition d’une de ses vaches. Il part alors à sa recherche, distrait de son but par ses nombreuses pensées : l’avenir de ses terres, les migraines de sa femme et son dégoût d’elle-même qui se heurte à son désir à lui, toujours aussi vif…

Ce que j’ai aimé :

C’est un récit marquant qui nous mène sur ces terres rendues arides par la sécheresse, ces terres auxquelles Gareth tient tant, cette ferme qui donne la migraine à Kate, cette ferme que leur fils veut fuir mais vers laquelle il revient inexorablement, ces terres qui offrent des champignons qui ressemblent à des colombes à Emmy, leur petite-fille. Les descriptions de cette nature omniprésente sont magnifiques, l’homme n’étant que la partie d’un tout immense qu’il tente de s’approprier.

«  Au-dessus des collines, derrière la ferme, le jour pointait. Ce n’était qu’un éclaircissement de la nuit très noire qui ravivait l’éclat des étoiles, les faisait vibrer comme une gorge d’oiseau et produire une lumière très forte, pour leur taille minuscule. Il s’était aperçu que la vache avait disparu. » (p. 11)

Les êtres dans ce monde sont soumis aux forces de la nature, aux aléas du destin et des maladies qui provoquent des fausses couches chez les vaches comme chez les femmes.

Mais ce qui différencie les hommes des bêtes est cette capacité à transformer la mort en amour. Gareth reste persuadé que la mort de sa première femme a forgé son père plus sûrement que toute autre chose :

« C’était de là que venait la force d’aimer de son père, et sa capacité à être tellement heureux du simple fait d’avoir une famille. » (p. 99)

« Nous devons admettre notre amour immense pour les gens. Si nous n’avons jamais besoin de connaître sa profondeur, nous ne ferons que sentir la lumière à sa surface. » (p. 99)

Ainsi, Cynan Jones nous apprend que la beauté est aussi tapie derrière les larmes, au-delà de la tristesse et de la mort…

Ce que j’ai moins aimé :

-          La dureté de cette vie qui n’épargne personne est assez désespérante, et c’est seulement plus tard, après avoir reposé ce roman que j’en ai compris toute la force…

Premières phrases :

«             Elle lui trouve un goût de café. Le matin, quand il vient la réveiller.

«              La vache est partie, dit-il. La rouanne au pis lourd. Elle est partie. Je vais aller à sa recherche. »

Il sort et bien qu’il soit encore tôt il ya une promesse de chaleur dans le soleil. Ca fait des semaines que c’est comme ça. »

Vous aimerez aussi :

Là-haut tout est calme de Gerbrand BAKKER

 

Longue sécheresse, Cynan JONES, Traduit de l’anglais (Pays de Galles) par Mona de PRACONTAL, Editions Joelle Losfeld, septembre 2010, 131 p., 15.90 euros

Je remercie les éditions Joelle Losfeld pour cette belle découverte.

D’autres avis chez Keisha, Choco, Cathulu, Clara, Aifelle

 1pourcent   

  challenge voisins voisines 

 

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Le voyage de l’éléphant de José SARAMAGO

Publié le par Hélène

                                             voyage de l'éléphant

 **

Un périple historique truculent…

  

L’auteur :

 

José Saramago était un écrivain portugais (1922-2010), lauréat du prix Nobel en 1998.

 

 

L’histoire :

 

Salomon, le magnifique éléphant d’Asie, vit depuis deux ans à Belém. Le roi Joao III décide de l’offrir à l’archiduc Maximilien d’Autriche. De Lisbonne à Vienne, en passant par les plateaux de la Castille, la Méditerranée, Gênes et la route des Alpes, Salomon traverse ainsi l’Europe, au gré des caprices royaux et des querelles militaires, soulevant sur son passage l’enthousiasme des villageois émerveillés.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Ce voyage d’un mastodonte à travers l’Europe est déjà en lui-même extraordinaire, mais José Saramago lui apporte une dimension supplémentaire en lui ajoutant son humour décapant ainsi que des réflexions philosophiques, sociales, historiques qui jalonnent le texte, l’enrichissant sans l’alourdir :

 

« Au fond, il faut reconnaître que l’histoire n’est pas uniquement sélective, elle est aussi discriminatoire, elle ne cueille de la vie que ce qui l’intéresse en tant que matériau socialement tenu pour historique et elle dédaigne tout le reste, précisément là où pourrait peut-être résider la vraie explication des faits, des choses, de cette putain de réalité. En vérité je vous dirai, en vérité je vous le dis, il vaut mieux être romancier, inventeur de fictions, menteur.» (p.192)

 

« On raconte beaucoup de choses qui ne sont pas toujours véridiques, mais l’être humain est ainsi fait qu’il est tout aussi capable de croire que les poils d’éléphant, après un processus de macération, font repousser les cheveux, que d’imaginer qu’il porte en lui une lumière unique qui le conduira sur les chemins de la vie, y compris dans les défilés. » (p. 201)

 

-          L’auteur n’hésite pas à venir au secours de ses personnages et de les défendre quand besoin est, commentant ce qu’il écrit parallèlement au récit :

 

« Ces observations seront peut-être jugées inutiles par des lecteurs davantage intéressés par la dynamique du texte que par des manifestations prétendument solidaires et d’une certaine façon œcuméniques, mais fritz, ainsi qu’on l’a vu, passablement découragé à la suite des derniers évènements désastreux, avait besoin que quelqu’un pose une main amie sur son épaule, et c’est exactement ce que nous avons fait, placer la main sur son épaule. » (p. 193)

 

- C’est donc un récit plaisant, vivant, érudit et dynamique que nous offre ce célèbre prix Nobel de littérature.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         La densité du texte est assez déroutante, même les dialogues sont inclus dans le paragraphe, sans tirets, sans guillemets, si bien qu’on ne respire qu’à la fin des chapitres…

 

Premières phrases :

 

« Pour incongru que cela puisse sembler à qui ne serait pas conscient de l’importance des alcôves, qu’elles soient sacralisées, laïques ou illégitimes, pour le bon fonctionnement des administrations publiques, le premier pas de l’extraordinaire voyage d’un éléphant vers l’Autriche que nous nous proposons de relater eut lieu dans les appartements royaux de la cour portugaise, plus ou moins à l’heure d’aller au lit. »

 

 

 

Le voyage d’un éléphant, José SARAMAGO, traduit du portugais par Geneviève LEIBRICH, Seuil

POCHE : Le voyage d’un éléphant, José SARAMAGO, traduit du portugais par Geneviève LEIBRICH, Points, août 2010, 6 euros

 

Un grand merci à Jérôme Lambert des Editions Points.

 

Cryssilda en parle aussi.

 

 

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Purge de Sofi OKSANEN

Publié le par Hélène

                                                        purge

 ♥ ♥ ♥ ♥

 Prix fémina étranger 2010 et Prix roman Fnac 2010

LE roman à lire dans cette rentrée littéraire foisonnante…

  

L’auteur :

 

Sofi Oksanen est née en Finlande d’une mère estonienne et d’un père finlandais. Purge est son troisième roman et est devenu un best-seller dans le Nord de l’Europe où il a obtenu tous les prix littéraires avant de conquérir le cœur d’une trentaine de pays, dont l’Estonie et les Etats-Unis.

 

L’histoire :

 

En 1992, l’Union soviétique s’effondre et la population estonienne fête le départ des Russes. Mais la vieille Aliide, elle, redoute les pillages et vit terrée dans sa maison, au fin fond des campagnes.

Mais ce sera finalement une jeune femme terrorisée qui frappera à sa porte, Zara. Les deux femmes vont faire connaissance et un lourd secret de famille se révèlera, en lien avec le temps de l’occupation soviétique.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai tout aimé. C’est un roman fort, mené d’une main de maître, un roman marquant, un roman complet, bref Le roman à lire dans cette rentrée littéraire.

 

-          Les informations sont distillées avec parcimonie, au fur et à mesure de la lecture et des époques. L’auteur entremêlent subtilement les récits : elle amorce d’abord l’histoire de Zara, jeune femme vivant en Russie et attirée par les lumières scintillantes des pays de l’ouest comme l’Allemagne. Puis elle dévoile lentement le passé d’Aliide, malheureusement amoureuse pendant la guerre du beau Hans, un résistant qui ne semble pas sensible à ses charmes… Les récits se succèdent, le présent s’intercale entre les passés des deux femmes, enrichi par la profondeur instillé dans ces récits rétrospectifs.

 

-          Au-delà des deux magnifiques portraits de femmes que nous offre l’auteur, c’est aussi une vision juste et abrupte des pays de l’Est après la guerre qui se profile en ces pages :

 

« Tout se répétait. Même si le rouble avait été remplacé par des couronnes, si les avions militaires lui volaient moins au-dessus de la tête et si les voix des femmes d’officiers avaient baissé d’un ton, même si les hauts-parleurs sur la tour du Grand Hermann jouaient tous les jours le chant d’indépendance, il venait toujours de nouvelles bottes de cuir chromé, toujours de nouvelles bottes, semblables ou différentes, mais qui avaient la même façon de marcher sur la gorge. Dans la forêt, les tranchées s’étaient refermées, les douilles ternies, les blockhaus écroulés, les morts à la guerre s’étaient décomposés, mais les évènements déjà vus se répétaient. » (p. 336)

 

- Un grand roman qu'il est impossible de poser avant de l'avoir terminé, je n'en dis pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir toutes ses subtilités...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien

 

Premières phrases :

 

« mai 1949

Pour une Estonie libre !

Il faut que j’essaye d’écrire quelques mots, pour ne pas perdre la raison, pour garder l’esprit d’aplomb. Je cache mon cahier ici, sous le sol du cagibi. Afin que personne ne le trouve, quand bien même on me trouverait, moi. Ce n’est pas une vie. L’être humain a besoin de ses semblables et de quelqu’un à qui parler. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Féroces de Robert GOOLRICK

 

Purge, Sofi OKSANEN, Stock, La cosmopolite, août 2010, 390 p., 21.50 euros

 

Je remercie vivement Fransoaz pour le prêt.

 

Vous trouverez des billets chez La Ruelle Bleue, Cathe, Leiloona, Dominique...

 

  1pourcent

   

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Un bûcher sous la neige de Susan FLETCHER

Publié le par Hélène

 

bucher-sous-neige.jpg

 ♥ ♥ ♥ ♥

Un roman ensorcelant. Susan Fletcher est une grande magicienne…

  

L’auteur :

 

Susan FLETCHER est une écrivain anglaise. Un bûcher sous la neige est son troisième roman, après  Avis de tempête et  La fille de l'Irlandais (Plon 2006) qui a connu un immense succès en Angleterre (sélectionné par le célèbre talk-show " Richard and Judy "). 

 L’histoire :

 

Dans l’Ecosse du XVIIème siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie et de trahison envers le roi Guillaume, attend le bûcher. Le révérend Charles Leslie vient d’Irlande pour tenter de comprendre qui a été l’instigateur du massacre de Glencoe. Il va alors rencontrer la jeune fille qui en fut témoin, et qui va accepter de lui raconter ce qu’elle sait, à condition qu’il écoute l’histoire de sa vie. Chaque jour, ce récit continue, comme une longue confession.

 Ce que j’ai aimé :

 

-         Le portrait de Corrag, archétype des êtres rejetés pour leur étrangeté, est subtilement peint : la jeune fille se livre à la première personne avec toute sa naïveté, sa jeunesse, et sa beauté, et parallèlement, dans les lettres qu’il écrit à sa femme Jane,  la voix de Charles donne un point de vue externe sur elle, point de vue qui va évoluer au fil du récit de cet étrange personnage.

Charles est finalement admiratif et fasciné par cette femme lumineuse :

 

« Jamais je ne me suis tenu immobile dans un marécage, ni n’ai entendu une chouette hululer. » (p. 308) dira-t-il, soudain ébranlé dans ses certitudes. Ce qu’il croyait vrai et juste n’était que l’ombre de préjugés insufflé par d’autres.

 

Mais Corrag ne sera plus la même après ce récit, elle qui a pourtant appris à se méfier des hommes :

 

« Tellement de haine dans le monde. Tellement de tristesse.

Ma mère disait toujours il n’y a pas de diable. Rien que les coutumes diaboliques de l’homme. Et elle allait là où étaient le vent, les hauteurs et l’herbe, car ces endroits-là ne pouvaient pas lui faire du mal, pas comme les gens. » (p. 306)

 

Elle aura rencontré quelques hommes irradiant la même lumière qu’elle, quelques hommes qu’elle s’autorisera à aimer, malgré l’avertissement désabusé de sa mère.

 

« Mais il y a aussi de la lumière. Elle est partout. Elle inonde ce monde, le monde en est rempli. Un jour, assise au bord de la Coe, je regardais des rayons de lumière tomber à travers les arbres, à travers leurs feuilles, et je me suis demandé s’il y avait quelque chose de plus beau que ça, ou de plus simple. Il y a maintes beautés. Mais toutes –depuis la neige jusqu’aux cheveux d’Alasdair, roux comme les fougères, jusqu’au ciel reflété dans l’œil de ma jument quand elle humait l’air sur la lande de Rannoch -, toutes ont de la lumière en elles, et elles valent la peine. Elles valent la peine de ce qui est sombre. » (p. 385)

 

-         Le souffle lyrique aère ces pages et leur offre une dimension supérieure. Jeune femme sauvage, Corrag vit en harmonie avec les éléments, et nous offre une vision pure de cette nature souvent ignorée au bénéfice des hommes et de leurs tourments. Nous parcourons les High lands à ses côtés, et comme pour Charles, c’est tout à coup une autre vision du monde qui s’offre à nous.

 

« Je pense ça, et je lève les yeux.

C’est le soir. La lune est à son premier croissant. Il y a des étoiles, et le bruit d’un ruisseau, et dans l’obscurité j’entends même des ailes d’insectes. Je me dis quels présents nous recevons. Quels présents, chaque jour.

Je m’enveloppe dans votre manteau, je respire. Je souris.

Je vais devant moi sous le ciel, à travers la lande. » (p. 388)

 

    Ce que j’ai moins aimé :

-         Rien.

 

 Premières phrases :

 

« Jane,

Je ne me souviens d’aucun hiver qui fût aussi cruel ou me mît à si rude épreuve. Tempêtes de neige et gel sévissent depuis des semaines. Un féroce vent du nord s’infiltre dans ma chambre et tourmente la bougie à la lumière de laquelle j’écris. Par deux fois, elle s’est éteinte. Ce qui va m’obliger à être concis. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La fille de l’irlandais

 

Un bûcher sous la neige, Susan FLETCHER, traduit de l’anglais par Suzanne MAYOUX, Plon, Feux croisés, août 2010, 400 p., 22 euros

 

Merci à Jennyfer SOULAT des Editions Plon pour cette découverte ensorcelante.

 

D’autres avis chez Ys, Cathulu, Papillon, Fashion, Liliba, Clara...

 1pourcent

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Sonietchka de Ludmila OULITSKAIA

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 Le doux portrait d’une femme ordinaire.

Prix Médicis étranger ex-aequo en 1996

  

L’auteur :

 

  Ludmila OULITSKAIA est une écrivain russe. Elle est l'auteur de plusieurs romans et nouvelles ainsi que de plusieurs scénarios de films.

 

L'histoire :

 

Sonietchka est une bibliothécaire passionnée par la lecture. Aussi, le jour où Robert la demande en mariage, elle n’ose y croire, trop habituée aux destins tragiques des personnages qui peuplent ses romans. Et pourtant, elle épousera ce peintre plus âgé qu’elle et aura une fille avec lui, Tania. Des années plus tard, elle n’ose toujours pas croire à son bonheur…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai apprécié le charme douceâtre de ce court récit. Sonietchka est émouvante dans sa simplicité. Heureuse, elle ne laisse finalement aucun aléa de la vie troubler ce bonheur planté à l’ombre de sa famille. Elle passe tel un ange sur les pages du roman, virevoltante, pour plus vite retourner à sa lecture :

 

« Le soir, chaussant sur son nez en forme de poire ses légères lunettes suisses, elle plonge la tête  la première dans ses profondeurs exquises, des allées sombres et des eaux printanières. » (p. 109)

 

Sonietchka est de ces personnages romanesques que l’on n’oublie plus après les avoir rencontrés…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

Premières pages :

 

« Dès son plus jeune âge, à peine sortie de la prime enfance, Sonietchka s’était plongée dans la lecture. Son frère aîné, Ephrem, l’humoriste de la famille, ne se lassait pas de répéter la même plaisanterie, déjà démodée au moment de son invention : « A force de lire sans arrêt, Sonietchka a un derrière en forme de chaise, et un nez en forme de poire ! »

 

Vous aimerez aussi :

 

L’accompagnatrice de Nina BERBEROVA

 

 

Sonietchka, Ludmila OULITSKAIA, traduit du russe par Sophie BENECH, Gallimard, Du monde Entier, 1996, 120 p., 12.20 euros

POCHE : Sonietchka, Ludmila OULITSKAIA, traduit du russe par Sophie BENECH, Folio, mai 1998, 108 p., 4 euros

 

 

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Le cuisinier de Martin SUTER

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 Soirée aphrodisiaque au menu

 L’auteur :

Martin Suter est un écrivain suisse. Depuis 1991 il se consacre uniquement à l’écriture après un passage dans l’univers de la publicité et du journalisme. Ses romans connaissent un beau succès.

 

L’histoire :

Maravan, jeune réfugié tamoul est employé dans un restaurant suisse, le Huwyler. Il y est chargé de couper les légumes, de faire la vaisselle, alors qu’avec ses connaissances culinaires, il pourrait assurer un poste beaucoup plus important au sein de ce restaurant spécialisé dans la « nouvelle cuisine ». Il se contente donc de faire ses expériences de cuisine moléculaire chez lui. Or, Andrea, une collègue serveuse également au Huwyler rêve de s’installer à son compte. Aussi propose-t-elle à Maravan dont elle connaît le talent, de s’associer avec elle pour offrir des menus privés aphrodisiaques aux couples dont la passion s’use.

Ce que j’ai aimé :

-          Comme dans tous les romans de Martin Suter, le récit coule de source, avec la juste dose de péripéties, des rencontres qui tombent à propos, un brin d’amour, un peu de violence…

-          La toile de fond culinaire est originale, on y apprend les base de la cuisine ayurvédique et celles de la cuisine moléculaire. En fin de roman, l’auteur propose les recettes concoctées par Maravan, pour ceux qui souhaiteraient organiser une soirée aphrodisiaque… Voici le menu :

 

« Mini-chapatis à l’essence de feuilles de caloupilé,

De cannelle et d’huile de coco

Cordons de haricots urad en deux consistances

Ladies-fingers-curry sur riz Sali à la mousse d’ail

Curry de jeune poulet sur riz sashtika

Et sa mousse à la coriandre

Churaa Varai sur son riz nivara à la mousse de menthe

Espuma gelé au safran et à la menthe,

Aves ses textures de safran

Sphères de ghee à la cannelle et

A la cardamone douce-amère

Petites chattes de poivre glacé,

Aux pois chiches et au gingembre

Phallus gelés au ghee et aux asperges

Esquimaux au ghee de miel et de réglisse. » (p.130)

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Si les explications concernant les préparations culinaires de Maravan très détaillées sont quelque peu complexes pour une cuisinière de base, d’autres sujets sont seulement survolés trop sommairement à mon goût : les personnages restent fantômatiques, peu creusés, la situation au Sri Lanka sert uniquement de toile de fond, et les tractations commerciales pour la vente d’armes m’ont franchement ennuyée. Alors, comme le dit très bien Nelly Kaprièlian dans « Les Inrockuptibles » (5 mai 2010) : « A trop vouloir être sympathique, Martin Suter signe des romans très agréables, mais rate toujours le cran au-dessus : signer un vrai grand roman. »

 

Premières phrases :

 

« - Maravan ! Siphon !

Maravan posa d’un geste rapide le couteau affûté à côté des fines lamelles de légumes, se rendit à l’armoire chaude, y prit le siphon en acier inoxydable et l’apporta, avant qu’il ne refroidisse, à Anton Fink.

Le siphon contenait la pâte du sabayon à l’ail des ours que l’on servait avec les maquereaux marinés. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le dernier des Weynfeldt de Martin SUTER

Autre : La fortune de Sila de Fabrice HUMBERT

 

 Le cuisinier, Martin SUTER, Traduit de l’allemand par Olivier MANONI, Christian Bourgois Editeur, mai 2010, 322 p., 20 euros

 

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