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litterature europe

Le contraire de un d’Erri DE LUCA

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥ ♥

Un recueil de nouvelles qui donne toute la mesure du talent d’Erri DE LUCA

  

L’auteur :

 

Erri DE LUCA est un écrivain italien contemporain. Il est aujourd’hui un des romanciers italiens le plus lu dans le monde.

 

L’histoire :

 

Ces nouvelles abordent des thèmes variés, chers à Erri DE LUCA : les groupuscules révolutionnaires italiens, l’alpinisme, la solitude, la multitude. Le caractère autobiographique de ces courts récits est indéniable.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La vision révolutionnaire de ces hommes et femmes qui s’engagent parce qu’ils estiment qu’ils n’ont guère le choix, et peut-être aussi pour être moins murés dans leur solitude :

 

« Ce n’était pas nous les révolutionnaires, mais le temps et le monde tout autour. Nous, nous aidions le mouvement qui dégondait colonies et empires. » (p.32)

 

 « Le degré de rupture à l’intérieur de l’ordre social d’alors ne se mesurait pas à des personnes prêtes à partir pour un front, mais à des citoyens comme elle qui se mettaient à saboter des pouvoirs dans les endroits les plus étranges et les plus difficiles. Le degré de fièvre de cette  Italie n’était pas donné par les surexcités, mais par le pouls des doux, des pacifiques qui collaboraient aux révoltes. Quand ce sont les pensionnaires qui vont à l’aventure, un pays est proche de l’incandescence. » (p. 33)

 

-          Erri DE LUCA parlent aux âmes esseulées qui trompent leur solitude en créant des accords numériques

 

« Nous sommes deux, le contraire de un de sa solitude suffisante. »(p. 118)

 

« Celui qui choisit d’être du côté de la multitude peut-il donc rester éclopé par la perte d’intimité avec une seule personne ? Faire couple avec la multitude ne lui suffit-il pas ? » (p. 134)

 

-          Les nouvelles sur l’alpinisme s’inscrivent dans la même grâce du moment vécu à deux. Elles parlent aux âmes montagnardes…

 

-          La poésie de ces phrases est comme incandescente, elle éclaire les pages d’une aura magique :

 

« Tous nos pas ont suivi un désir. Pour l’exaucer, il a fallu mettre nos pieds dessus et le piétiner. » (p. 119)

  

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien

 

Premières phrases :

 

« En toi j’ai été albumen, œuf, poisson,

Les ères sans limites de la terre

J’ai traversé dans ton placenta

Hors de toi je suis compté en jours. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Requiem pour l’alpiniste en guerre de Mario RIGONI STERN

 

Le contraire de un, Erri DE LUCA, Traduit de l’italien par Danièle VALIN, Gallimard, nouvelles, janvier 2004, 138 p., 14.50 euros

POCHE : Le contraire de un, Erri DE LUCA, Traduit de l’italien par Danièle VALIN, Folio, mai 2005, 181 p.,  5.60 euros

 

 

Publié dans Littérature Europe

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Drôle de temps pour un mariage de Julia STRACHEY

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

Un court récit placé sous l’égide de Virginia WOOLF

 

L’auteur :

 

Julia Strachey était la nièce d’un grand ami de Virginia Woolf. Cette dernière et son mari ont publié son court roman en 1932. Elle fut auparavant mannequin chez Poiret, lectrice pour un éditeur, photographe et auteur de nouvelles…

 

L’histoire :

 

Le 5 mars Madame Thatcham, une veuve de la bourgeoisie, maria sa fille aînée Dolly, 23 ans, à Owen Bigham, 31 ans. Ce court récit raconte cette journée agitée…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La joyeuse agitation désorganisée de cette maison : entre Tom qui insiste pour que son frère change de chaussettes, un abat-jour qui fera beaucoup parler, les domestiques qui reçoivent ordres et contrordres, la tortue qui voyage puis ne voyage plus… L’ensemble crée un tableau tonitruant dans lequel se noient les deux protagonistes Dolly et Joseph.

-          Ces deux-là sont en effet destinés à se manquer, et le gâchis affectif se profilant minute après minute sous l’œil du lecteur évolue vers une autre dimension quand on en apprend davantage sur les personnages et leur passé. La construction dévoile peu à peu des vérités jusqu’ici tapies derrière l’effervescence de cette journée si particulière.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’étourdissement guette le lecteur qui doit persévérer pour ne pas fuir cette maison en folie. La fin justifiera sa constance…

 

Premières phrases :

 

« Le 5 mars, Mrs Thatcham, veuve de la bourgeoisie, mariait sa fille aînée, Dolly, âgée de vingt-trois ans, à l’honorable Owen Bigham. Il avait huit ans de plus qu’elle, et appartenait au corps diplomatique.

Les fiançailles avaient été brèves, comme sont censées l’être des fiançailles, seulement un mois, mais Owen étant attendu en Amérique du Sud fin mars, pour y rester en poste plusieurs années, Dolly avait accepté de l’épouser et de partir là-bas avec lui. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Mrs Dalloway de Virginia WOOLF

 

Drôle de temps pour un mariage, Julia STRACHEY, Traduit de l’anglais par Anouk NEUHOFF, Quai Voltaire, mai 2008, 16.50 euros

POCHE : Drôle de temps pour un mariage, Julia STRACHEY, Traduit de l’anglais par Anouk NEUHOFF , La petite vermillon, juin 2009, 117 p., 7 euros

 

 

Merci à Caroline CHABOT des Editions La table Ronde pour ce judicieux choix.

 

D’autres avis chez Laurent, qui a moins aimé, Manu, Lilly ou encore Cathulu, plus enthousiastes.

Publié dans Littérature Europe

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A quand les bonnes nouvelles de Kate ATKINSON

Publié le par Hélène

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♥ 

 Ce roman n’est ni un roman policier, ni un essai philosophique, mais  simplement un roman bien construit, drôle et profond à la fois, dans lequel chacun peut trouver les réponses à certaines des questions qu’il se pose .

 

L’auteur :

 

Kate Atkinson est une écrivaine américaine installée à Edimbourg. Son premier roman Dans les coulisses du musée publié en 1996 a connu un très beau succès.

 

L’histoire :

 

Alors qu’elle n’est encore qu’une enfant, Joanna assiste à l’assassinat sanglant de sa mère, de sa sœur et de son petit frère. Encouragée par sa mère mourante elle parvient à s’enfuir et échappe au massacre. L’auteur du crime est arrêté et jeté en prison.

Trente ans plus tard Joanna est une femme qui semble comblée : médecin, elle est mariée à Neil, un mari attentionné, et est maman d’un petit garçon, Gabriel. Elle a la chance de rencontrer de surcroît une « nounou » idéale en la personne de Reggie.

Reggie quant à elle a une vie plutôt chaotique, elle vient de perdre sa mère et est dotée d’un frère fréquentant des milieux peu recommandables… Cet emploi chez Joanna est pour elle une seconde chance, elle trouve là comme une seconde famille.

Aussi, quand, peu de temps après la sortie de raison de l’assassin de sa famille Joanna disparaît, Reggie va remuer ciel et terre pour la retrouver. Elle fera appel pour ce faire à Louise Monroe, inspecteur en chef  et à Jackson Brodie, détective privé rencontré par hasard.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         Si cette disparition semble être au centre du roman - sans doute pour appâter le lecteur avide de romans à la trame policière - elle n’est pourtant que prétexte pour aborder des sujets bien plus profonds. Dans ce monde loufoque à la Kate Atkinson, il ne faut pas se fier aux apparences. Les personnages sont beaucoup plus denses qu’ils n’y paraissent, comme la vie beaucoup plus complexe qu’elle ne le semble. Comme le dit un des personnages :

 

« Tout resterait un mystère. Ce qui signifiait, si on y réfléchissait bien, qu’on devait essayer de clarifier les choses au maximum pendant qu’on était encore en vie. Trouver les réponses, résoudre les mystères, être un bon détective. Un croisé. »

 

-         La question du hasard est au cœur du roman, en filigrane. Le train tranquille d’une vie peut dérailler à chaque seconde - plusieurs des personnages outre Joanna en feront l’expérience - l’être humain devant alors puiser assez de force pour continuer à avancer vers la lumière.

 

-         Cette force, Joanna la trouve dans l’amour : « L’important c’est l’amour » répète-t-elle souvent. Amour d’un enfant, amour du prochain, amour dans le couple, amour de la vie tout simplement pour celle et ceux qui sont des rescapés. Et au fond nous sommes tous de cette espèce, puisque la vie est un risque permanent. Si nous sommes encore là, vivants, heureux, c’est sans aucun doute parce que la grande faucheuse nous a épargnés … « Trouver les réponses » pour tenter l’aventure, ce serait lutter contre le hasard en rectifiant sans cesse les trajectoires…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Je n’ai rien à redire

 

Premières phrases :

 

« La chaleur qui s’élevait du macadam semblait emprisonnée par les hautes haies qui les dominaient comme des remparts.

« Accablante », dit leur mère. Elles se sentaient emprisonnées aussi. « On se croirez dans le labyrinthe de Hampton Court, dit leur mère. Vous vous souvenez ?

-         Oui, dit Jessica.

-         Non, dit Joanna.

-         Tu n’étais qu’un bébé, dit leur mère à Joanna. Comme Joseph aujourd’hui. » Jessica avait huit ans, Joanna six. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Le mec de la tombe d’à côté de Katarina MAZETTI

 

A quand les bonnes nouvelles, Kate ATKINSON, Editions de Fallois, août 2008, 366 p., 20 euros

POCHE : A quand les bonnes nouvelles, Kate ATKINSON, Livre de poche, octobre 2009, 466 p., 6.95 euros

 

D'autres avis chez : Keisha, Aifelle, Clara.

Publié dans Littérature Europe

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Novecento : pianiste d’Alessandro BARICCO

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

« Un truc à y laisser ton âme » (p.53)

 

L’auteur :

Alessando Baricco  est un écrivain italien contemporain, également critique musical. Son premier roman fut publié en 1995 et s’intitule « Châteaux de la colère ». Il a reçu le prix Médicis étranger la même année. Depuis son succès ne se démentit pas.

 

L’histoire :

C’est l’histoire de Novecento, né probablement né sur un bateau, peut-être même sur un piano. Novecento, pianiste de génie,  et qui va refuser de descendre de son bateau.

 

Ce que j’ai aimé :

-          C’est un récit court qui donne envie de fermer les yeux et d’emprisonner à jamais en soi la beauté du texte, pour ne jamais l’oublier. Devenir cet être de fiction et sentir le génie nous fixer sur le papier. Croire à nouveau à la réalité, mère d’un tel poète. Redevenir alors être de chair et se dire « bande de cocus, la vie c’est quelque chose d’immense, vous allez comprendre ça oui ou non ? Immense ! » (p. 63)

 

Premières phrases :

« Ca arrivait toujours, à un moment ou à un autre, il y en avait un qui levait la tête… et qui la voyait. C’est difficile à expliquer. Je veux dire…on y était plus d’un millier, sur ce bateau, entre les rupins en voyage, et les émigrants, et d’autres gens bizarres, et nous… Et pourtant, il y en avait toujours un, un seul sur tous ceux-là, un seul qui, le premier…la voyait. »

 

Vous aimerez aussi :

Neige de Maxence FERMINE

 

POCHE : Novecento : pianiste, Alessandro BARRICO, traduction de françoise BRUN, folio, février 2002, 4 euros

  

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Laitier de nuit de Andreï KOURKOV

Publié le par Hélène

Laitier-de-nuit

♥ ♥ ♥ ♥

 Un roman fantasque et intelligent.

  

L’auteur :

 

Andreï KOURKOV est un écrivain ukrainien. Il écrit également des scénarios de films et de documentaires. Laitier de nuit est son dernier roman traduit en français.

 

L’histoire :

 

L’inventeur d’un remède offrant à celui qui l’absorbe un courage et un dévouement citoyen exemplaire meurt assassiné. Or cette nuit-là, Sémion rentre tard chez lui, sans donner d’explications plausibles à sa femme Véronika. Dima, employé des douanes, trouve quant à lui une mystérieuse mallette emplie d’ampoules aux vertus étranges…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’originalité : les situations cocasses s’enchaînent, à la limite du surréalisme. Néanmoins, derrière cet humour décalé, c’est une vision déstructurée de la Russie post-soviétique que nous offre l’auteur. Le laitier de nuit est un roman qui se dévore littéralement. Les chapitres sont courts, consacrés tour à tour à l'un des personnages principaux.

-          L’humour : rien ne semble étonner les protagonistes, qui sont comme anesthésiés. Les chats ressuscitent, les somnambules ont une double vie dont ils ne sont pas responsables, les cadavres sont jetés dans des puits discrètement… Comme Dima le dit à sa femme un soir en rentrant chez eux, rien d'inquiétant :

 

« - Surtout il ne faut pas que tu t’inquiètes, ce n’est pas la peine,  commença-t-il quand ils furent arrivés sur la place à côté de la gare routière. Nous avons un cadavre à la maison… » (p. 206)

 

- Le roman rend hommage aux Ukrainiens, paisibles, se réconfortant autour d’un plat de « pelmenis » ou en buvant une rasade de gnôle à l’ortie quand une contrariété se présente. La jeune Irina, mère célibataire donnant son lait au lactarium, est la figure phare de ce roman : simple et touchante, elle accueille en son sein tous les enfants démunis et les nourrit volontiers de son lait inépuisable… Quant au chat Mourik, qui lui aussi joue un rôle non négligeable, je vous laisse le plaisir de le découvrir…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien

 

Premières phrases :

 

« Dans le ciel d’hiver, la voie lactée se morfondait, privée de l’attention des hommes. Il régnait en cette nuit un silence surprenant, pas un chien n’aboyait, comme si le ciel chargé d’étoiles qui pesait sur la terre les eut tous écrasés de sommeil. »

 

Vous aimerez aussi :

 

La vie d’un homme inconnu d’Andreï MAKINE

 

 

Laitier de nuit, Andreï KOURKOV, Liana Levi, janvier 2010, 427 p., 22 euros

 

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Le dernier des Weynfeldt de Martin SUTER

Publié le par Hélène

                                  dernier des weynfeldt

 ♥ ♥ ♥ ♥

 Un  roman aux rouages machiavéliques

  

  L’auteur :

 

Martin Suter est un écrivain suisse. Depuis 1991 il se consacre uniquement à l’écriture après un passage dans l’univers de la publicité et du journalisme. Ses romans connaissent un beau succès.

 

L’histoire :

 

Adrian Weynfeldt est expert en art et riche héritier d’une famille suisse fortunée. Célibataire, il mène une vie plutôt routinière entouré d’un cercle d’amis fidèles et d’une gouvernante qui lui facilite la vie. Sa rencontre avec Lorena, jolie voleuse ressemblant à l’ancien amour perdu d’Adrian, va venir bouleverser cet univers bien rangé…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La façon dont l’intrigue se met en place, subtilement, doucement, rouage après rouage. La construction de ce roman est parfaitement maîtrisée, les évènements s’enchaînent avec brio et les rebondissements jaillissent à points nommés. Du grand art…

-          La peinture très subtile que fait l’auteur du monde de l’art et de l’argent : un des amis de Adrian cherche à lui vendre un faux Vallotton, et comme Adrian va découvrir la supercherie, il devra choisir que vendre : le vrai ou le faux ? S’amorce alors une réflexion sur l’argent qui donne souvent des lettres de noblesse aux œuvres comme à d’autres objets, ou même à des personnes comme Adrian…

 

« Que quelqu’un paie autant pour un tableau, ça suffit à le rendre authentique. » (p. 240)

 

-          Le portrait psychologique très fin d’Adrian : homme intègre, il est régi par des principes droits et ancrés profondément dans son histoire. Mais Lorena va venir ébranler cette façade si solide :

 

 « Oui, c’était compréhensible. Et tout ce qui se comprend se pardonne. N’est-ce pas ? C’était bien cela, non : tout ce qui se comprend se pardonne ?" (p.296)

  

Lui qui frôlait seulement les autres, gainé par son statut et son argent, va-t-il parvenir à se fissurer pour laisser entrer en lui une once de folie ?

 

Premières phrases :

 

« « Ne fais pas cela », voulut-il dire, mais ça ne marchait pas.

Adrian Weynfeldt avait le regard rivé aux poings blancs de la femme, des poings blancs et mouchetés de taches de rousseur. »

 

Vous aimerez aussi :

 

La double vie de Vermeer de Luigi GUARNIERI

 

Le dernier des Weynfeldt, Martin SUTER, Christian Bourgois Editeur, avril 2008, 339 p., 25 euros

POCHE : Le dernier des Weynfeldt, Martin SUTER, Points, mai 2009, 339 p. 7.50 euros

 

Kathel vous en parle.

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L’autre jardin de Francis WYNDHAM

Publié le par Hélène

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 ♥

Un court récit au charme indéniable.

 

 

L’auteur :

Francis WYNDHAM est un romancier anglais. L’autre jardin fut publié en Angleterre en  1987.

 

L’histoire :

A la fin des années trente, dans une petite ville au sud de l’Angleterre, le narrateur se lit d’amitié avec sa voisine plutôt fantasque : Kay Desmarets. Leur amitié durera plusieurs années.

 

Ce que j’ai aimé :

       

-          Le charme de ce petit récit situé dans l’Angleterre des années 30, dans la middle class anglaise. La guerre effleure seulement ces familles, le jeune narrateur lui-même ayant été réformé pour suspection de tuberculose. Et pourtant le temps est comme suspendu dans ce roman, les évènements grondants au loin influant plus qu’il n’y paraît sur leurs vies.

-          Le portrait de Kay est touchant : inadaptée à la société, mal aimée de ses parents, et admirant naïvement son frère Sandy, elle est l’archétype de la jeunesse insouciante refusant de s’installer dans l’âge adulte, peut-être par peur de ses déconvenues, peut-être aussi parce que l’occasion ne se présente pas… Elle épouse à merveille la dilution du temps durant cette période si particulière, ne se fixant nulle part, hésitante, souvent en retard sur les évènements. Le jeune narrateur est fasciné par cette figure féminine si vivante et indécise malgré ses trente ans.

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Je ne suis pas certaine que son charme suffira à inscrire cette œuvre de façon durable dans ma mémoire, mais j’aurai au moins passé un bon moment de lecture, ce qui est déjà très bien…

Vous aimerez aussi :

Le ver dans la pomme de John CHEEVER  

 

Je remercie le service de presse des Editions Christian Bourgois pour cette belle découverte.

 

L’autre jardin, Francis WYNDHAM, Christian Bourgois Editeur, avril 2010, 140 p., 14 euros

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Au nord du monde de Marcel THEROUX

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Un roman d’anticipation porteur d’espoir.

 

L’auteur :

 

Marcel THEROUX est un romancier et réalisateur anglais. Au nord du monde est son premier roman traduit en français.

 

L’histoire :

 

Au nord du monde, en Sibérie, dans une ville dépourvue de ses habitants, survit Makepeace Hatfield, shérif de la veille. Une catastrophe a poussé le monde et la civilisation à se détruire et Makepeace ignore si le monde d’avant perdure ailleurs. Le jour où un avion survole son territoire, le jeune shérif décide de prendre la route dans l’espoir de retrouver une once de civilisation.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Le personnage de Makepeace : perdu dans un monde post-apocalyptique, ce shérif si particulier continue pourtant à porter en son sein un espoir ténu en l’humanité, en l’avenir, en la civilisation qui pourtant a broyé tout ce que Makepeace aimait et connaissait. Sa quête va aller vers des survivants agressifs, dans des camps de travail aliénant, et pourtant Makepeace continuera jusqu’au bout à avoir foi en l’homme.

 

« En fin de compte, le niveau des eaux baisse, le soleil se lève et les plantes poussent. Je n’ai jamais douté qu’il restera quelque chose de nous. Evidemment, je ne serai plus là pour le voir. Et tous ces livres que j’ai sauvés finiront en humus ou en nids d’oiseaux, j’imagine.

Mais quelque chose continuera. » ( p.186)

 

Les qualités d’écriture de Marcel Théroux sont indéniables : les rebondissements s’enchainent, les ellipses intriguent le lecteur à point nommé. Qu’est-il arrivé à notre monde ? A la famille de Makepeace et à Makepeace même ? Qu’y-a-t-il derrière l’avion entraperçu un jour de désespoir ? Le monde d’avant perdure-t-il intact dans d’autres contrées ? 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Je lis rarement des romans d’anticipation –pour ne pas dire jamais-, je n’ai donc aucun élément de comparaison. J’ai apprécié cette lecture même si ce n’est pas le genre de roman que je lis habituellement et que j’aime.

 

Premières phrases :

 

«  Chaque jour, je boucle mon ceinturon de revolvers pour aller patrouiller dans cette ville miteuse.

Je fais ça depuis si longtemps que j’ai pris le pli, comme la paume de la main qui porte un seau dans le froid.

Le pire, c’est l’hiver, quand j’émerge d’un sommeil agité, que je cherche mes bottes à tâtons dans le noir. L’été, ça va mieux. L’endroit est presque ivre d’une lumière sans fin et le temps file pendant une semaine ou deux. Il n’y a pas vraiment de printemps ou d’automne dignes de ce nom. Ici, dix mois par an, le climat mord la peau. »

 

Vous aimerez aussi :

 

La route de Cormac MCCARTHY (non lu)

 

Merci à Jennyfer SOULAT des Editions Plon pour cette lecture.

 

Au nord du monde, Marcel THEROUX, Plon, Feux croisés, août 2010, 288 p., 22 euros 

 

1pourcent

 

Elles en parlent aussi : keisha,    Kathel,

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Le jour avant le bonheur de Erri DE LUCA

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

Un magnifique roman d’initiation.

 

L’auteur :

 

Erri DE LUCA est un écrivain italien contemporain. Il est aujourd’hui un des romanciers italiens le plus lu dans le monde.

 

L’histoire :

 

Dans le Naples de l’immédiat après-guerre, un jeune orphelin adolescent apprend à jouer à la Scopa aux côtés du concierge de son immeuble, Don Gaetano.  Mais celui qui est comme un second père pour le jeune homme ne lui apprend pas que cela : il lui conte les années de guerre, puis la libération de la ville ; il l’initie à la vie sexuelle en le menant chez une veuve un peu trop seule, et surtout, il lui montre le chemin pour être un homme. Et Don Gaetano tremble devant l’attirance que ressent son protégé pour une jeune voisine mystérieuse, fantôme aux atours  dangereux…

 

Ce que j’ai aimé :

 

- La beauté limpide du texte :

 

« « Je t’ai attendue jusqu’à oublier quoi. Une attente est restée dans mes réveils, quand je saute du lit à la rencontre du jour. J’ouvre la porte non pas pour sortir mais pour le faire entrer. »

J’appuyai ma tempe sur la sienne.

« Anna, il s’est écoulé une éternité.

C’est fini. Maintenant commence le temps, qui dure des moments. » (p. 65)

 

 - La poésie qui s’échappe de tous les mots, flotte indicible, et auréole l’histoire d’un halo d’éternité.

 

- L’hommage à tous ceux qui ont osé résister à l’envahisseur pour continuer à être des hommes debout, malgré la menace, malgré la mort. Et l’importance donnée à la parole, aux souvenirs pour que ces hommes et leurs valeurs ne s’évanouissent dans les rets gluants du temps qui passe.

 

« Ses récits devenaient mes souvenirs. Je reconnaissais d’où je venais, je n’étais pas le fils d’un immeuble, mais d’une ville. Je n’étais pas un orphelin de père et de mère, mais le membre d’un peuple. » (p.128)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien

 

Premières phrases :

 

« Je découvris la cachette parce que le ballon était tombé dedans. Derrière la niche de la statue, dans la cour de l’immeuble, se trouvait une trappe, recouverte de deux petites planches en bois. Je vis qu’elles bougeaient en posant les pieds dessus. J’eus peur, je récupérai la balle et sortis en me faufilant entre les jambes de la statue. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 L'ombre de ce que nous avons été de Luis SEPULVEDA

 

Le jour avant le bonheur, Erri DE LUCA, Gallimard, mai 2010, 138 p., 15 euros

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Melnitz de Charles LEWINSKY

Publié le par Hélène

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                                                  ♥ ♥ ♥

L’histoire passionnante d’une famille juive suisse sur plusieurs décennies.

  

L’auteur :

 

Charles LEWINSKY est un écrivain suisse, également metteur en scène et dramaturge.

 

L’histoire :

 

Nous suivons l'histoire de la famille Meijer, famille juive suisse, de 1871 à 1945. Le roman s'ouvre sur Salomon, boucher, sa femme Golda et leurs deux filles Mimi et Hannele, fille adoptive du couple. Les jeunes filles sont en âge de se marier et elles vont user de tous leurs charmes pour séduire ce mystérieux cousin, Janki arrivé un soir à l'improviste. C'est ainsi que s'ouvre cette grande saga passionnante qui balaie la fin du XIXe siècle et la moitié du XXe, avec au centre des décennies la guerre franco-prussienne, la guerre de 14-18, et la Seconde Guerre mondiale. Chacune des parties est basée sur une décennie et par conséquent sur une génération de la famille différente à chaque fois. Les personnages évoluent au fil de l'actualité des époques, observée par l'oncle Melnitz, fantôme qui se charge de les rappeler à l'ordre quand la nécessité se présente.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le côté « saga familiale » : à la fois comédie par ses chapitres légers quand il s'agit de mariages ou de naissances, mais aussi drame quand les guerres s'introduisent au cœur de la petite histoire pour la bouleverser.

-          Le fait qu'il s'agisse d'une famille juive qui ressent les évènements du début du siècle, famille juive suisse de surcroît donne un éclairage sur l’Histoire très original

-          Le découpage en décennies fait qu'on ne colle pas entièrement à chaque destin, on retrouve quelquefois le personnage qui était le héros d'une partie des années plus tard, et ce n'est plus lui qui est au centre de l'histoire. Cet aspect gigogne rend le roman passionnant et enrichissant.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La prolifération des personnages au fil des époques peut faire perdre le fil.

 

Premières phrases :

 

" Après sa mort, il revenait. Toujours.

Le dernier jour de la semaine de deuil, lorsque la perte s'était fondue dans le quotidien, que la douleur, il fallait déjà la chercher, telle une piqûre d'insecte hier encore urticante et aujourd'hui devenue à peine perceptible, quand on avait mal au dos à force de rester assis sur les sièges bas imposés aux survivants, pour ces sept jours, par l'antique coutume, il revint, avec le plus grand naturel, pénétra dans la pièce au milieu des autres visiteurs, dont rien en apparence ne le distinguait."

 

Vous aimerez aussi :

 

La saga des émigrants de Vilhelm MOBERG

 

 Melnitz, Charles LEWINSKY, Grasset, septembre 2008, 22.90 euros

POCHE : Melnitz, Charles LEWINSKY, Livre de poche, mai 2010, 9 euros

 

TAGS : Littérature suisse - Famille - Saga - Guerre -Antisémitisme

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