Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

173 articles avec litterature europe

Mansfield park de Jane AUSTEN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥  

Par charité, la jeune Fanny Price est placée à l'âge de 10 ans chez son oncle Sir Thomas Bertram. Elle grandit aux côtés des enfants de Sir Thomas : ses deux filles Maria et Julia, et ses deux fils Tom et Edmond. Ce dernier choisit d'éduquer sa jeune cousine en conversant avec elle sur des sujets divers et en lui recommandant des ouvrages à lire, ouvrant ainsi son esprit au monde qui l'entoure. Peu à peu un lien particulier s'établit entre eux deux. Il est un des rares à respecter la jeune fille quand ses soeurs et sa tante Norris la méprisent, lui rappelant sans cesse son statut d'enfant pauvre adoptée par charité, et quand Tom, le fils aîné Tom l'ignore simplement. La jeune Fanny grandit réconfortée par la tendresse d'Edmond et par sa correspondance avec son frère William, aspirant de la Royal Navy. 

Les années passent. Lorsque Fanny a seize ans, son oncle est appelé pour ses affaires aux Caraïbes, laissant ses filles jouir alors de cette liberté à laquelle elles aspiraient tant. Elles font la connaissance de jeunes gens des environs, dont Henry et Mary Crawford, et leur fréquentation bouleversera à jamais l'équilibre familial.

Fanny est une héroïne austinienne émouvante par sa droiture et son sens moral. Menée par une éducation constituée de connaissances réfléchies mises en pratique, elle s'oppose à des personnages plus superficiels comme les soeurs Bertram, demoiselles demeurant dans les apparences et la représentation. Plus effacée, Fanny observe, écoute et tire ses conclusions.

Personnage à la psychologie affûtée, son évolution touche indubitablement le lecteur qui, emporté par les pages, souhaite connaître son destin. 

 

Mansfield Park, Jane Austen, traduit par Denise Getzler, 10/18, 512 pages, 8.80 euros

 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article

Repost 0

L'homme qui savait la langue des serpents de Andrus KIVIRÄHK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

En des temps lointains, les hommes habitaient les forêts et conversaient avec les serpents. Les animaux n'avaient pas de secrets pour les hommes et tous vivaient en harmonie. Puis les hommes ont commencé à quitter la forêt pour fonder des villages, et peu à peu, ils ont perdu ce don millénaire. Leemet est un des derniers à connaître la langue des serpents, un des derniers survivants à refuser de gagner le village. Il vit encore dans la forêt avec sa mère, son oncle, et sa soeur qui s'amourache d'un ours. A ses côtés, ses meilleurs amis, Ints, un serpent, et deux australopithèques qui élèvent deux pous géants, qui cohabitent également avec Ülgas respectueux des génies et des rituels archaïques, Tambet enfermé dans ses croyances et ses délires identitaires et  Meeme, qui ne semble plus avoir toute sa tête. Ces chasseurs cueilleurs sylvestres refusent de céder aux sirènes de la modernité incarnées par le village régi par des chevaliers teutons qui cherchent à les christianiser. 

Dans une époque médievale réinventée, Leemet est le dernier homme qui voit la vie de ses ancêtres disparaître peu à peu vers la modernité de la civilisation. Il rêve encore des temps anciens durant lesquels la salamandre, poisson titanesque, veillait sur le monde. Toutefois l'auteur n'idéalise pas ce monde sauvage, il mène davantage une réflexion sur ce que signifie être le dernier homme, celui qui résiste envers et contre tout, fidèle à ses valeurs. Mais seul. Désespérément seul. Il montre que "nous sommes toujours les modernes de quelqu'un, car toute tradition a un jour été une innovation" (postface de Jean-Pierre Minaudier). Ainsi il permet d'élargir la réflexion sur l'avenir des petits peuples, des minorités souvent opprimées par leurs voisins.

"Mais face au temps qui passe et à un monde qui change à un rythme de plus en plus vertigineux, nous sommes tous (ou nous serons tous un jour) des Indiens, des Bretons, des Leemet : vivre en faisant le moins de dégâts possible autour de soi, c'est accepter l'inévitable tristesse de tout cela, sans se vautrer dans le conformisme et la bêtise qui triompheront toujours, sans pour autant verser dans la haine ni se réfugier dans l'idéalisation d'un passé fantasmé, qui est une autre forme d'hérésie." postface 

Ce roman a connu un immense succés en Estonie, sans doute en raison de son humour et de sa dimension pamphlétaire qui offre un regard acéré sur l'époque et sur l'histoire de l'Estonie,  de son peuple. 

Un roman original à recommander. 

 

Présentation de l'éditeur : Le tripode 

D'autres avis : Le Monde ; Babélio 

 

Merci à Phili pour le conseil ! 

 

L'homme qui savait la langue des serpents, Andrus Kivirähk, traduit de l'estonien par Jean-Pierre Minaudier, Editions Attila, 2013, 421 p., 

 

Lire le monde avec Sandrine pour l'Estonie

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article

Repost 0

Les ingratitudes de l'amour de Barbara PYM

Publié le par Hélène

♥ ♥

Dans les années 60 Dulcie une femme de 31 ans vient de rompre ses fiancailles avec Maurice, parce que ce dernier ne pensait pas qu'ils étaient accordés. Elle se rend à un colloque et rencontre Viola, et Aylwin Forbes, directeur d'une revue. Elle sera amenée à revoir l'un et l'autre, menant même une enquête sur le séduisant Aylwin.

Mes réticences : Depuis quand est-on une vieille fille à 31 ans ???!!! Oui je sais, à autre époque autres moeurs (nous sommes dans les années 60), mais voilà pour moi le défaut de ce roman : il a mal vieilli. 

De plus j'ai trouvé les personnages falots et ternes, Viola m'a profondément exaspérée et quant à Dulcie, je n'ai guère apprécié son personnage tout aussi terne qui subit sa vie et la rêve en courant après un inconnu dans l'espoir de la remplir. Pour ces êtres esseulés, le mariage est un moyen de pallier à ce manque quitte à faire des mauvais choix, ou des choix surprenants.  

Une atmosphère qui ne m'a pas interpellée...

 

D'autres avis : Papillon  ; Keisha  ; Urgonthe  (beaucoup plus enthousiastes que moi ) (et je sens qu'elles vont monter au créneau en me lisant...) (à noter que je suis prête à faire un effort et à tenter un autre titre plus attrayant de l'auteur sur vos conseils...) 

Vous aimerez aussi : Natasha Solomons Le manoir de Tyneford ; Sucré, salé, poivré de Mary Wesley ; Molly Keane Chasse au trésor  

 

Les ingratitudes de l'amour, Barbara Pym, traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff, 10-18, 1988

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article

Repost 0

Maison des autres de Silvio D'Arzo

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Il vous vient de drôles d'idées, parfois." p.67

Un vieux prêtre officie dans un petit village dans les montagnes de l'Apennin. Ses jours s'écoulent  dans la lenteur des tâches quotidiennes. Un jour, une vieille lavandière pauvre et seule cherche à lui poser une question cruciale. 

Ce texte est fait de trois fois rien. Juste la vie qui s'écoule dans ce village, la vie de la montagne dans toute sa rudesse avec le travail, la solitude, le climat ardu. Une vie de labeur qui rapproche  quelquefois les hommes des animaux. Une succession absurde des jours et des nuits, une vie figée dans la répétition d'un quotidien lassant. Les saisons se succèdent sans rompre ce cercle de la vie :

"Ici en haut, il y a une certaine heure. Les ravines et les bois, les sentiers et les pâturages deviennent d'une couleur vieille rouille, puis violette, puis bleue : dans le soir naissant, les femmes soufflent sur leurs réchauds, penchées au-dessus des marches, et le bruit des clarines de bronze arrive clairement jusqu'au village. Les chèvres se montrent aux portes avec des yeux qui semblent les nôtres." p. 72

Ainsi, page après page, jour après jour, la question de la vieille prend tout son sens...

Silvio d'Arzo offre un récit tout en délicatesse et retenue porté par une prose poétique qui finit néanmoins par sublimer le quotidien. Un très beau texte. 

 

Présentation de l'éditeur : Editions Verdier 

D'autres avis : Dominique 

 

Merci à Dominique pour le conseil.

 

Maison des autres suivi de Un moment comme ça, Silvio d'Arzo, traduit par Philippe Renard et Bernard Siemone, Verdier collection "Terra d'altri", 1980, 10.96 euros

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article

Repost 0

Les pirates ! dans une aventure avec les baleines de Gidéon DEFOE

Publié le par Hélène

 

♥ ♥ ♥ 

Déjanté, décalé, un bol d'air frais qui sent bon les embruns !

Les pirates constatent quelques fuites sur leur vieux rafiot, et décident alors de s'adresser à Cutlass Liz, "La Bouchère de la Barbade" pour acquérir un nouveau bateau. Ils choisissent un des plus beaux et performants pour ne pas faillir à leur réputation. Mais leurs caisses sont vides et il va leur falloir rapidement trouver une aventure pour les remplir et rembourser la terrible Cutlass Liz sans quoi ils risquent de servir d'appât aux requins. 

Ils tentent une incursion dans le show biz à Las Vegas sans grand succés, suivent une carte au trésor mais le trésor est plus spirituel que réel, envisagent de fabriquer des animaux en coquillages pour les vendre, avant de revenir à leurs premières amours : la piraterie... sauf que quand ils attaquent par mégarde le bateau du capitaine Achab, rien ne va plus, il vont devoir réparer leur erreur. Ils n'ont pas d'autre choix de traquer avec le capitaine sa baleine blanche insaississable...


Un capitaine qui prend les poissons pour des sirènes, des plans pour attirer la baleine plus loufoques les uns que les autres, des shanty à tout va, des citrons en guise de boulets de canon, des pirates sentimentaux et finalement follement attachants, de quoi passer un excellent moment ! Les aventures des joyeux trublions nous délivre quelques enseignements au passage : de l'intérêt de payer ses dettes, de ne pas chercher à impressionner les jolies filles, et de l'intelligence de savoir se limiter à ce que l'on sait faire...

Vivifiant ! 

 

Présentation de l'éditeur : Le dilettante 

D'autres avis : YvesYs 

Vous aimerez aussi : Les pirates, une aventure avec les savants ! 

 

Les pirates ! dans une aventure avec les baleines, Gidéon Defoe, traduit de l'anglais par Thierry Beauchamp, J'ai lu, 6.20 euros

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article

Repost 0

Trois chambres à Manhattan de Georges SIMENON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

Deux êtres esseulés se rencontrent un soir de désoeuvrement. Ils passent la nuit à marcher dans New York, fuyant leur quotidien, comme deux inconnus qui se raccrochent l'un à l'autre par peur de retrouver leur solitude.

Combe est un acteur cinquantenaire sur le retour après avoir connu le succés en France. Sa femme, elle aussi actrice, vient de le quitter pour un homme bien plus jeune. Il  vit depuis six mois à New York tentant d'apprivoiser sa solitude. Kay est une trentenaire entre deux vies, entre deux portes, logeant chez une amie et se retrouvant sans toit temporairement. Elle décide de jeter son dévolu sur le premier venu. Ce sera Combe. 

Au fil de leurs pérégrinations nocturnes, les deux êtres comprennent "la valeur inestimable d'un contact humain"

"Il était seul, avec sa chair triste. Et il avait rencontré Kay. Et ils avaient plongé tout de suite aussi loin dans l'intimité de leurs êtres que la nature humaine le permet.

Parce qu'ils avaient faim d'humain." 

Peu à peu des liens se tissent, une relation s'esquisse la chambre d'hôtel ils passent à la chambre de Combe puis à la chambre dans laquelle logeait Kay avec son amie. Mais peut on s'abstraire du passé et recommencer à faire confiance ? Recommencer sa vie ? Avec au fond du coeur la peur de perdre l'autre ? Avec cette jalousie rivée au corps ? 

Dans cette ville fantôme, Simenon offre un roman rès cinématographique marqué par la finesse de l'analyse psychologique. Il s'inspire de sa propre expérience puisque à  42 ans Simenon rencontre à New-York une jeune canadienne de 25 ans avec qui il aura trois enfants et vivra une liaison tumultueuse pendant 15 ans.

Pas d intrigue policière à la Maigret dans cet opus, juste la solitude de deux êtres qui se frôlent... 

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche 

Vous aimerez aussi

 

Lu dans le cadre d'une lecture commune autour de Simenon organisée par Sandrine l'initiatrice du voyage littéraire Lire le monde 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article

Repost 0

Ma cousine Rachel de Daphné DU MAURIER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Le jeune Philip est un  jeune homme impétueux qui ne trouve de l'apaisement qu'auprès de ses proches, notamment de son cousin Ambroise Aschley qui l'a pris sous sa coupe. De voyage en Italie, Ambroise tombe amoureux d'une comtesse italienne avec qui il se marie rapidement. Il tarde à revenir en Angleterre et s'il adresse au début de son mariage des lettre élogieuses sur son récent bonheur, peu à peu le ton desdites  lettres change imperceptiblement, laissant entendre que la belle comtesse chercherait à empoisonner son mari. Philip n'hésite pas alors à parcourir les kilomètres qui le séparent de son parrain pour apprécier la situation de visu. A peine arrivé il apprend la mort d'Amboise, sans savoir si sa jeune épouse est responsable ou non de cette mort si soudaine. Impulsif, il se persuade rapidement que la jeune femme a bel et bien provoqué le malheu et la mort de Ambroise. Il ne peut rencontrer la jeune veuve à ce moment-là, cette dernière ayant quitté la ville précipitamment. 

Plus tard, Rachel se présente toutefois en Angleterre, et le doute va assaillir Philip qui ne sait que penser des desseins de cette si attirante cousine...

Daphné Du Maurier sait jouer avec brio du suspens psychologique, tenant son lecteur en haleine d'un bout à l'autre du roman. Entre le jeune et innocent Philip naïf à l'excés et la mystérieuse Rachel, qui semble être une manipulatrice de génie, le lecteur se perd avec délices dans les évolutions de l'intrigue, cherchant à démêler le vrai du faux sans succés.  

Daphné du Maurier use de surcroît d'un lyrisme confondant pour décrire l'environnement de ses personnages perdus dans les affres de la passion :

"En décembre, les premières gelées arrivèrent avec la pleine lune, et mes heures de veille devinrent plus dures à supporter. Elles avaient une espèce de beauté froide et claire qui saisisait le coeur et me laissait émerveillé. De ma fenêtre, les longues pelouses se perdaient dans les prairies et les prairies dans la mer, et toute l'étendue était blanche de gel et blanche de lune. les arbres qui bordaient la pelouse s'élevaient, noirs et immobiles. Des lapins surgissaient, sautaient dans l'herbe puis couraient à leurs terriers, et , soudain, au milieu de ce calme et de ce silence, j'entendais l'aboiement aigu d'une renarde et le petit sanglot qui suit, reconnaissable entre tous les appels nocturnes, et je voyais la longue échine basse se glisser hors du bois sur la pelouse et se cacher sous les arbres. Plus tard, j'entendais de nouveau son cri au loin dans le parc. La pleine lune dominait les arbres et possédait le ciel, et plus rien ne bougeait sur les pelouses sous ma fenêtre." p. 244

Un roman passionnant qui témoigne de l'immense talent de cette auteure britannique majeure !

 

Présentation de l'éditeur : Livre de poche 

D'autres avis : Lu dans le cadre du Blogoclub ; Jérôme  ; Sylire 

 

 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article

Repost 0

Le mois italien - Bilan et coups de coeur

Publié le par Hélène

Bilan des lectures de ce mois italien :

Seule Venise de Claudie Gallay

La parole contraire de Erri DE LUCA

Trois fois dés l'aube de Alessandro BARICCO

La petite lumière de Antonio MORESCO

Aurora Guerrera de Anna Maria ORTESE

 

Coups de coeur italiens :

Mes auteurs italiens préférés : 

Silvia Avallone D'acier de Silvia AVALLONE  ; Le lynx  ; Marina Bellezza 

Erri DE LUCA Le jour avant le bonheur de Erri DE LUCA ; Montedidio de Erri DE LUCA ; Trois chevaux de Erri DE LUCA ; Le contraire de un d’Erri DE LUCA ; Le poids du papillon de Erri DE LUCA ; En haut à gauche de Erri DE LUCA ; 

Alessandro BARICCO : Novecento : pianiste d’Alessandro BARICCO

 

Mario RIGONI STERNLes saisons de Giacomo de Mario RIGONI STERN ; Hommes, bois, abeilles de Mario RIGONI STERN

 

Milena AGUSBattements d’ailes de Milena AGUS ; Quand le requin dort de Milena AGUS

 

D'autres : 

Le soleil des Scorta de Laurent GAUDE ;

Pietra viva de Leonor de Recondo

Dans les veines ce fleuve d’argent de Dario FRANCESCHINI 

L'Italie si j'y suis de Philippe FUSARO

 

Côté policiers :

Le matériel du tueur de Gianni BIONDILLO

Gilda PIERSANTI Rouge abattoir de Gilda PIERSANTI  ; Vert Palatino de Gilda PIERSANTI  Bleu catacombes de Gilda PIERSANTI 

Andréa CAMILLERI : La concession du téléphone d’Andréa CAMILLERI ;  La voix du violon  

Donna LEONLa petite fille de ses rêves de Donna LEON

 

Côté BD

Come prima d'ALFRED ; Venise de Taniguchi

 

Divers : Eaux lentes sur Venise de Françoise CRUZ ; 

 

Partager cet article

Repost 0

Aurora Guerrera et autres nouvelles de Anna Maria ORTESE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Aurora Guerrera est la première publication de Anna Maria Ortese, un recueil de nouvelles par en 1937, grâce au prestigieux patronage de Massimo Bontempelli, l'un des écrivains les plus en vogue de son temps. Ses textes résonnent d'aspects psychanalytiques, avec cette necessité de tuer l'enfant en nous, de tourner le dos à l'enfance qui ne reviendra jamais avec son insouciance et son innocence. Beaucoup d'êtres désoeuvrés peuplent ses nouvelles, des êtres comme en apesanteur dans un monde trop grand pour eux, des femmes qui semblent pouvoir se briser à la première tempête. L'univers de Anna Maria Ortese oscille entre rêveries et errance dans un monde hésitant entre réalité et rêve. 

Cette oeuvre hétérogène à la fois fiction, fable, reportage, fragments autopbiographiques, brille surtout par un style lyrique s'exprimant dans des passages sur la nature :

" Mais souvent le retour dans la via del Mare, vers le soir, était encore plus beau : sous un ciel vitreux et vert, les yeux fixés sur la mâture des bateaux qui se profilaient à l'horizon de manière fantastique, pendant que des groupes de matelots et de touristes peuplaient la rue, mon esprit se réjouissait mystérieusement : il tombait, de tout ce vert fleuri de lumières lointaines, il pleuvait, de tous ces dômes, de toutes ces formes irréelles possédées par la merveille du temps, un agréable oubli du passé, une espérance absrde et tendre, de liberté et de futur." p. 53

"La matinée était chaude et magnifique, l'air immobile, et cependant ces fleurs, ouvertes comme des bouches à la lumière, palpitaient imperceptiblement, exprimant la joie infinie d'exister. Pour couronner cette sensation d'extase, deux papillons blancs, enivrés de lumière et de chaleur, allaient de l'une à l'autre de ses fleurs, s'éloignant un moment dans le ciel bleu, comme hésitant sur leur choix, mourant de bonheur." p. 143

Ses textes nous enjoignent à nous arrêter au bord de la route pour observer la beauté du monde qui palpite à la surface des choses.  

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud 

D'autres avis : Télérama  ;  Le monde 

 

Aurora Guerrera et atres nouvelles, Anna Maria Ortese, traduit de l'italien par Marguerite Pozzoli et Claude Schmitt, Actes sud, 2008, 25.40 euros

 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article

Repost 0

Le mystère des livres disparus de Ian SANSOM

Publié le par Hélène

♥ 

Israël Amstrong, trentenaire londonien, est envoyé à Temdrum en Irlande du Nord, persuadé qu'une belle carrière de bibliothécaire s'ouvre à lui. Mais quand il arrive dans le village, il apprend non seulement que la bibliothèque a fermé et est désormais remplacée par un bibliobus brinquebalant, mais il constate aussi à son grand effarement que tous les livres de la bibliothèque ont mystérieusement disparu. Qui a bien pu escamoter ainsi plus de 15000 livres ? Qu'à cela ne tienne, Israël va mener son enquête dans son vieux bibliobus.

Le mystère des livres disparus est le premier titre des "enquêtes en bibliobus d'Israël Amstrong". Personnage pittoresque, il est au centre de l'intrigue, logeant dans un poulailler, conduisant comme un pied et emboutissant son bibliobus à tous les coins de rues. Il est d'une crédulité finalement peu crédible. Pataud, "polichinelle" naïf sans personnalité, il est malheureusement peu attachant, voire même tellement ridicule que l'on se lasse de ses aventures rocambolesques. 

L'intrigue pourrait sauver de la noyade Israël, sauf qu'elle traîne en longueur et que tout est fait pour que les projecteurs s'allument sur les aventures loufoques du personnage principal. 

Ma lecture fut looonnngue ! 

 

Présentation de l'éditeur : Hoekeke 

D'autres avis : France Info ; Babelio

 

Le mystère des livres disparus, Ian Sansom, traduit de l'anglais pas Dominique Chevallier, Hoëbeke, mars 2015, 336 p., 19.8 euros

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article

Repost 0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>