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173 articles avec litterature europe

Agnès Grey de Anne BRONTE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Agnès vit dans le nord de l'Angleterre dans une famille de pasteur. Ses parents ayant connu des revers de fortune, elle leur propose de s'engager comme gouvernante dans des familles des environs pour les aider financièrement. Confrontée à des enfants turbulents, gâtés, sa première famille les Bloomfield la déçoit cruellement. Puis, elle entre chez les Murray, ayant cette fois en charge des enfants plus âgés.

Agnès Grey est le premier des deux romans édités par la plus jeune des soeurs Brontë. Elle s'est inspirée de sa propre expérience de gouvernante pour nourrir ses pages et souligne ainsi les difficultés rencontrées à cette époque victorienne par les gouvernantes aux situations précaires, soumises aux caprices des enfants et au laxisme des parents. Mais en souhaitant donner un versant didactique avant tout à son roman, en instruisant son lecteur sur les grandes maisons à l’époque victorienne, la jeune Anne s’excuse quasiment d’y insérer une romance…

Anne Brontë est moins connue que ses soeurs, et pour cause, son roman est moins dans la finesse, moins "gothique", moins romantique, moins passionné que ceux de ses sœurs. Ses personnages sont plutôt stéréotypés : la jeune frivole, le garçon manqué, le méchant pasteur… Son Agnès elle-même, personnage principal, apparaît assez fade, effacée, elle se présente comme un modèle de vertu et semble s’excuser constamment de penser à des sentiments aussi prosaïques que l’amour…

Une lecture agréable mais qui ne vaut pas les chefs-d'oeuvre des autres soeurs Brontë !

Présentation de l'éditeur :

Imaginaire Gallimard 

Vous aimerez aussi :

Jane Eyre de Charlotte Brontë

Les hauts de Hurlevent de Emily Brontë

D'autres avis :

Claudia Lucia 

Babelio

 

Agnès Grey, Anne Brontë, traduit de l'anglais par Dominique Jean, L'imaginaire Gallimard, Première parution en 1933 ; Trad. de l'anglais par Dominique JeanTraduction nouvelle en 2001; Collection L'Imaginaire (n° 449), Gallimard, 2011, 308 p., 

 

Publié dans Littérature Europe

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Les forestiers de Thomas HARDY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Après avoir accompli ses études, Grace Melbury est de retour dans son village natal Little Hintock. Elle est destinée à Giles Winterbone, en raison d'une promesse conclue entre son père et celui de Giles. Mais le séjour de Grace loin de la vie campagnarde l'a transformée, et son mariage avec Giles n'est plus aussi évident qu'autrefois... Quand de surcroît elle rencontre le nouveau médecin de la région, Edred Fitzpiers, ses certitudes et celles de son père vacillent.

Grace est une jeune fille indécise, perdue entre ses sentiments profonds et les rêves de son père, tellement fier de sa fille unique et de son éducation, aveuglé par son amour pour elle. Il fait peser un poids sur les épaules de sa fille, souhaitant le meilleur pour elle, sans évidemment savoir quel pourra être ce meilleur. Il pense que les études fournissent un bagage solide pour une jeune fille de l'époque, lui permettant de s'extraire de sa condition sociale de paysanne. Mais sait-on vraiment ce qui forge l'identité d'un être ? Les études peuvent-elles transformer profondément Grace ? Les valeurs des personnes cultivées valent-elles celles des gens simples et travailleurs de la campagne ? 

A travers de beaux portaits simples et sincères, Thomas Hardy nous mène vers une réflexion profonde sur les fondements de l'être, sur le mariage et ses vicissitudes, et sur les valeurs que l'on porte en soi. 

Un très beau roman.

« Hardy n’a rien écrit de plus intelligent, de plus ému, de plus parfait. C’est une perle sans défaut, d’un orient incomparable », écrit André Gide dans son Journal, à propos du roman le plus injustement méconnu de l’auteur anglais.

Ce que j'ai moins aimé :

- J'avoue que la fin, un peut trop pathétique à mon goût, m'a déçue ... Mais cela n''enlève rien à mon plaisir de lecture.

Présentation de l'éditeur :

Libretto 

Vous aimerez aussi :

Les romans de Wilkie Collins

D'autres avis :

Dominique 

Lecture commune autour de Thomas Hardy dans le cadre du mois anglais.

 

Les forestiers, Thomas Hardy, traduit de l'anglais par Antoinette Six, Phébus, 2009, 416 p., 10.8 euros

Publié dans Littérature Europe

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Le liseur de Bernhard SCHLINK

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Le jeune Michaël fait la connaissance de Hanna alors qu'il n'a que quinze ans. Il est fasciné par cette femme plus âgée qui lui ouvre rapidement l'espace de ses bras. Durant six mois, ils vivent une relation harmonieuse, relation cimentée par la lecture à haute voix que le jeune Michaël fait tous les jours. Puis Hanna disparaît du jour au lendemain. 

Sept ans plus tard, Michaël étudiant en droit assiste au procés de cinq criminelles gardiennes de camps de concentration. Parmi elles, Hanna. Il suit alors jour après jour les avancées du procés en tentant de comprendre la femme qu'il a aimée, et en s'interrogeant sur les dérives de son époque qui l'ont menée sur le banc des accusés. Né après guerre le jeune Michaël adopte un point de vue unique sur la Shoah, porté par ce qui fut son grand amour pour Hanna, il analyse sa honte avec recul et intelligence.

"Quelque consistance que puisse avoir, ou ne pas avoir, moralement et juridiquement, la culpabilité collective, pour  ma génération d'étudiants ce fut  une réalité vécue.Elle ne concernait pas uniquement ce qui s'était passé sous le Troisième Reich. Que des tombes juives soient barbouillées de croix gammées, que tant d'anciens nazis fassent carrière dans les tribunaux, l'administration et les universités, que la République fédérale ne reconnaisse pas l'Etat d'Israël, que l'émigration et la résistance tiennent moins de place dans les livres que la collaboration  et la soumission : tout cela nous remplissait de honte, même quand nous pouvions montrer du doigt les coupables." p. 190

Le rapport entre comprendre et juger s'avère ténu,  la peur d'avoir honte d'être jugé plaçant chacun face à ses responsabilités. En cela, Hanna demeure un personnage relativement énigmatique, ne faisant preuve d'aucun remords, comme si elle ne comprenait pas ce qu'elle a accompli. Ainsi, l'importance des mots, de la littérature, de la connaissance rédemptrice qu'ils apportent est au centre du roman, ces mots qui auraient pu la sauver, ces mots qui, peut-être pourront encore l'aider, si ce n'est pas trop tard...

Un très gros succés pour ce roman traduit en 39 langues et inclus aux programmes scolaires de littérature de la Shoah.

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai trouvé l'ensemble assez froid. 

Présentation de l'éditeur :

Folio 

Vous aimerez aussi :

Le film

D'autres avis :

Lu dans le cadre du Blogoclub : les avis de Sylire-  Titine - Lisa - Claudia lucia

 

 

Le liseur, Bernhard Schlink, traduit de l'allemand par Bernard Lortholary, Folio, 1999, 256 p., 7.50 euros

Publié dans Littérature Europe

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Voyage vers le nord de Karel CAPEK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Croyez-moi, le monde est beau."

Ce que j'ai aimé :

En 1936 Karel Capek met le cap vers le nord, destination le Danemark, la Suède et la Norvège. En train ou en bateau, il admire les forêts à perte de vue, s'arrête fasciné dans les fjords "c'est une chose qui ne fait plus partie de ce monde, une chose indescriptible", salue les vaches noires et blanches, et rêve devant les fermes rouges qui semblent si accueillantes :

"Ce n'est rien qu'un petit pont de pierre qui enjambe une rivière paisible ; et pourtant ce pont semble mener de l'autre côté, vous savez, de l'autre côté, là où les soucis et la hâte n'existent plus, et où, probablement, on ne meurt jamais. Ce n'est rien qu'une maisonnette rouge et blanc entre des arbres verts ; mais, ma foi, on se dit qu'on serait heureux si on y vivait ; je sais bien que ce n'est pas vrai, que ce n'est pas si facile d'être heureux, et que cela ne s'apprend pas, même au paradis ; mais ce pays est ainsi fait que le voyageur y est immédiatement enclin à croire à la paix, à la tranquillité, au calme et aux vertus cardinales." p. 265

Il se laisse peu à peu gagner par la magie de ces lieux en sursis.

"Et j'ai vu des arcs-en-ciel de minuit tendus de rivage en rivage, un coucher de soleil doré et humide se refléter dans la mer par une aube glacée ; j'ai vu les lueurs de l'aurore et du couchant se fondre en un rayonnement palpitant des eaux, le peigne d'argent du soleil caresser la surface étincelante de la mer. Les sentiers brillants des dieux marins se mirent à scintiller furieusement sur les eaux et le jour fut. Bonne nuit, bonne nuit, car c'est le jour, la première heure ; les montagnes se dissimulent derrière un  voile de soleil ; au nord, le vaste sund luit d'une blanche clarté, la mer clapote froidement et le dernier passager du bord plonge frileusement dans un nouveau livre." (p. 185)

"Je sais que tout cela ne mérite pas d'être raconté, et que d'autres que moi en ont vu cent fois plus : mais je suis patriote européen et si je ne devais plus jamais rien voir, je dirais jusqu'à ma mort : "J'ai vu la grandeur du monde." Peut-être que notre planète refroidira un jour - ou que nous nous en chargerons, nous les hommes ; nous mettrons alors une telle pagaille qu'il n'y aura même plus de mouettes pour crier au-dessus des mers. Mais, quand bien même nous découperions les uns les autres en petits morceaux nous ne pourrions pas entamer la grandeur du monde. Je sais, ce n'est pas d'un grand réconfort ; nous vivons des heures sombres, et notre coeur est empli d'inquiétude ; mais le monde est grand." p. 199

Son humour illumine le récit, comme dans ces scènes durant lesquels il se retrouve sur un bateau avec un groupe de représentants d'une quelconque Eglise américaine, "cargaison spirituelle" bruyante et omniprésente :

"Ils pratiquent avec ferveur l'amour du prochain et s'exercent notamment sur les gens ouffrant d mal de mer, les chiens, les jeunes mariés, les enfants, les amrins, les autochtones, et les étrangers, en les accostant et en les encourageant, en les apostraophant chaudement, en les saluant, en leur souriant et, d'une façon générale, en les accablant de toutes sortes de prévenances ; ainsi, il ne nous restait plus qu'à nous barricader dans nos cabines pour y balsphémer tout bas, avec acharnement. Que le Dieu de miséricorde prenne nos âmes en pitié !" p. 107

Et pas une goutte d'alcool pour supporter cela, on ne vend pas d'alcool à bord des bateaux norvégiens ! Ses portraits sont toujours savoureux, il apprécie ses rencontres, telle ce capitaine de bateau débonnaire qui garde le cap et sa bonne humeur quoi qu'il arrive !

Karel Capek ne se contente pas d'écrire, il dessine et nous enchante de ses esquisses qui célèbre la beauté du monde...

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Présentation de l'éditeur :

Editions du Sonneur 

Pour le feuilleter 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : L'année du jardinier

Autre : Récits de voyage

 

Merci à Clémentine pour ce beau voyage !

 

Voyage vers le nord, Karel Capek, illustrations de Karel Capek, traduit du tchèque par Benoît Meunier, Préface de Cees Nooteboom, Les Editions du Sonneur, 2010, 288 p., 17.30 euros

 

Message personnel : aujourd'hui c'est mon anniversaire, et le talent indéniable de Karel Capek m'a donné envie de découvrir ces contrées ... Je dis ça...

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Allmen et les libellules de Martin SUTER

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Allmen a connu la fortune, le luxe et même s'il croule aujourd'hui sous les dettes et est poursuivi par ses créanciers, il ne peut s'empêcher de conserver le même standing, refusant de montrer que les temps héroïques sont révolus pour lui. Comme sa situation devient de plus en plus périlleuse, la nécessité de trouver une solution durable devient vitale pour lui. Aussi, quand il rencontre Joëlle, fille d'un riche banquier collectionneur, accroc aux somnifères et souvent seule dans sa grande villa, voit-il là un signe du destin. Quand il se retrouve par hasard nez à nez avec des pièces de collection, des coupes signées Gallé, alors que la jeune femme ronfle du sommeil des bienheureux, sa décision s'affine prodigieusement... Et voilà notre Allmen déshérité transformé en gentleman cambrioleur. Mais c'est après le vol somme toute facile que tout se complique...

Source : http://www.nancy-guide.net/

Le roman possède le charme des Arsène Lupin avec un personnage outrageusement dépensier, et prêt à tout pour continuer à brasser cet argent qui file si rapidement... Le personnage a ici plus d'importance que l'intrigue, tout comme les personnages secondaires tels que Carlos, homme à tout faire tout dévoué à Allmen. 

Allmen et les libellules est le premier opus d'une série mettant en scène Allmen et son acolyte, suivront Allmen et le diamant rose et Allmen et les dahlias

Ce que j'ai moins aimé :

Je n'ai pas l'impression que ce roman me laissera une impression durable. La lecture est plaisante mais pas inoubliable...

Présentation de l'éditeur :

Christian Bourgois  ; Points 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Allmen et le diamant rose ;  Allmen et les dahlias

D'autres avis :

LireLe Monde

Papillon Miss Alfie 

 

Allmen et les libellules, Martin Suter, traduit de l'allemand par Olivier Mannoni, mai 2012, 168 p., 5.7 euros

Publié dans Littérature Europe

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Doppler de Erlend LOE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Ne sois pas trop appliqué."

Ce que j'ai aimé :

Après un vol plané lors d'une promenade à vélo, Doppler décide de s'installer dans une tente dans la forêt, afin de rompre avec la civilisation, femmes et enfants compris. Son meilleur ami devient un élan et son programme est prometteur :

"Mes chers compatriotes, Norvégiennes, Norvégiens, crié-je. Je ne vous aime pas. Il faut vous ressaisir. Il faut relever la tête et arrêter de vous pavaner avec votre putain d'application de merde. Et vous, les mecs de droite, bande de nases, liquidez-moi vos sales clébards et enlevez-moi de votre sale gueule vos rictus suffisants. Autre chose : il faut faire du troc. Et du vélo. Echangez et pédalez comme des dératés si nous voulons avoir une chance que tout le machin tienne encore un chouia. Car qui possède le souffle du vent dans les arbres et les fleurs dans les champs, hein ? Et les Teletubbies doivent brûler en enfer et ... merd-deuh..." p; 123

Vous l'aurez compris Doppler est un être à part : 

"On peut tout à fait être branque, mais tant qu'on est norvégien. Nous sommes tous branques et norvégiens les uns comme les autres. Et comme tout le monde est branque, il est d'une certaine manière normal d'être branque. Donc la conclusion, c'ets que personne n'est branque. Au final, on est uniquement norvégien." p. 142

Il s'épanouit dans sa nouvelle vie de "sauvage" et se lie avec son voisin le plus proche, Düsseldorf, passionné de modèles réduits et tout aussi branque que lui...

Le Doppler de Erlend Loe offre un regard décalé sur notre société de consommation aliénante. Un homme qui éduque son fils en lui disant "ne sois pas trop appliqué." ne peut qu'être attachant...

Ce que j'ai mois aimé :

- Rien. Par contre, j'ai voulu lire la suite "Volvo trucks" et je n'ai pas du tout accroché...

Présentation de l'éditeur :

10/18

D'autres avis :

Babélio 

 

Doppler, Erlend Loe, traduit par Jean-Baptiste Coursaud,  10/18, 2009, 208 p., 7.50 euros

Publié dans Littérature Europe

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Le concert posthume de Jimi Hendrix de Andreï KOURKOV

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Qu'avons-nous à faire de la vérité ? Le mythe est toujours plus important que la vérité !" 

Ce que j'ai aimé :

Dans la petite ville de Lviv en Ukraine, des phénomènes étranges se produisent la nuit : une odeur d'iode flotte dans l'air, l'eau salée coule des robinets et des mouettes agressives attaquent les habitants. C'est dans cette atmosphère étrange que Alix et ses amis hippies célèbrent comme chaque année la mémoire de Jimi Hendrix au cimetière. Ils  sont rejoints par Riabtsev, ancien capitaine du KGB chargé à l'époque de surveiller les hippies, et aimant désormais se retirer dans son pigeonnier. Contre toute attente, une belle histoire d'amitié naîtra entre Alix l'ancien hippie et le colombophile. Ils s'intéresseront de près aux évènements étranges qui parcourent leur ville, tout comme Taras, "vibrothérapeute" d'un nouveau genre qui travaille uniquement la nuit et a lui aussi observé ces changements d'atmosphère. Taras pour le moment est surtout occupé à séduire la belle Darka, jeune femme allergique à l'argent... 

Ces êtres nocturnes nous offrent une fable moitié mystique, moitié magique sur l'amour du prochain. Chacun aide son voisin et pourfend les idées reçues, tous ces a prioris réducteurs et aliénants. 

"Le monde passé était fait de conventions, c'est pourquoi il s'est désagrégé, dit-il, songeur. Ce monde actuel n'est pas différent, mais les conventions sont autres. Lui aussi n'est pas différent, mais les conventions sont autres. Lui aussi se décomposera avec le temps. L'essentiel, c'est de protéger son propre monde intérieur de toutes les conventions, quelles qu'elles soient." p. 111

Une mer de Carpates souterraine qui souhaite reprendre sa place, des mouettes qui attaquent les plus faibles, des personnages de roman qui s'échappent des pages, l'univers de Kourkov est à la fois fantaisiste et absurde, pour le plus grand plaisir du lecteur...

Ce que j'ai moins aimé :

- Quelques longueurs.

Présentation de l'éditeur :

Liana Levi 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Laitier de nuit Surprises de Noël 

 

Le concert posthume de Jimi Hendrix, Andreï Kourkov, traduit du russe par Paul Lequesne, Liana Levi, avril 2015, 343 p., 21 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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Le mois anglais - Billet de présentation

Publié le par Hélène

En juin, le mois anglais revient pour une quatrième édition !

Organisé par  CryssildaTitine et Lou, Il consiste comme son nom l'indique à éditer des billets sur des livres, films, musique, recettes de cuisine, récits de voyages britishs.

Un petit rappel sur les livres qui sont acceptés dans ce challenge : ils doivent être écrits par un auteur anglais ou se dérouler entièrement en Angleterre. 

Si vous souhaitez participer, rendez-vous sur le blog des demoiselles...

Voici le programme des lectures communes : 

LC consacrées à un auteur :

-LC Mark Watson : 1er juin

-LC 175 ans de Thomas Hardy : 2 juin

-LC ou billet hommage à Terry Pratchett : 10 juin

-LC autour d’Ann Granger : 12 juin

-LC autour de Jane Austen : 16 juin

-LC autour de Tracy Chevalier (romans se déroulant en Angleterre) : 20 juin

-LC autour de Ian McEwan : 24 juin

-LC autour de Charles Dickens : 26 juin

-LC autour de Daniel Defoe : 28 juin

-LC 200 ans d’Anthony Trollope : 30 juin

-LC autour de Conan Doyle : Date ?

-LC autour de Jonathan Coe : Date ?

LC sur d’autres thématiques :

-Journée polar anglais : 4 juin

-Roman historique se déroulant en Angleterre : 6 juin

-Journée littérature enfantine anglaise : 8 juin

-LC Reines et Rois anglais : 14 juin

-Journée auteurs anglais d’origine étrangère : 15 juin

-Journée autour des écrivaines anglaises du 20ème siècle : 18 juin

 

Pour ma part je rejoindrai les lectures communes pour : 

- Thomas Hardy le 2 juin avec Les forestiers,

- pour la journée polar anglais avec Lignes de fuite de Harvey,

- et pour Trollope.

Pour les autres lectures, j'envisage de sortir de ma PAL :

- Jack Rosenblum rêve en anglais de Natasha Solomons

- Le tome 2 de la trilogie de Corfou de Gérald Durrell

- L'excellence de nos aînés de Ivy Compton- Burnett

 

Alors rendez-vous en juin ! 

Publié dans Littérature Europe

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Fragiles serments de Molly KEANE

Publié le par Hélène

♥♥

Ce que j'ai aimé :

Au manoir de Silverue, dans la campagne irlandaise, tous se préparent pour l'arrivée du fils aîné de la famille, John, de retour d'un séjour dans une maison de repos. Ainsi la famille sera réunie au grand complet : Olivia,  prête à illuminer la maison de sa jeunesse qu'elle veut éternelle, refusant de vieillir, Julian qui se contente d'évoluer dans l'ombre de sa femme, Sheena, jeune femme davantage occupée par ses échappées romantiques que par le retour de son frère, Markie, 7 ans, jeune garçon qui aime tyranniser son entourage en jouant de sa gueule d'ange. Est conviée également à ces retrouvailles Eliza, l'amie de toujours, célibataire sans enfants. Dans les coulisses, Miss Parker, la gouvernante du domaine oeuvre, bien souvent isolée. 

L'équilibre de ce petit univers de la noblesse d'entre-deux-guerre est ténu, chacun prend conscience qu'à tout instant tout peut basculer. La santé mentale des uns et des autres ne tient qu'à un fil, et un micro-évènement peut faire vaciller l'ensemble d'une pichenette. 

"Elle referma la porte de la salle d'étude et alla à la fenêtre ce qui était chose dangereuse quand on a une tendance au vague désespoir. De nouveau, l'atmosphère singulière de l'automne remplissait le soir comme un bol. L'air était lourd et tranchant, changé, et semblait monter la garde. C'était là, derrière la fumée des feux. derrière les fleurs d'automne, guindées et charnelles. Derrière l'atténuation du vert de l'été. Mais même sans tout cela, cet intervalle fatal, cet intervalle excitant aurait existé." p. 245

Le désespoir rôde autour de la belle demeure, il est presque palpable, tant les faiblesses sont latentes. Les bals, tournois de tennis, et fêtes de charité ne cachent que temporairement les failles des personnages. La nature offre néanmoins un bel échappatoire à tant d'ambiguïté.

"Il y avait des fleurs sauvages sur les îles, des oeillets marins, du thym et bien d'autres, un air doux et de petits sentiers tracés par Dieu sait quoi, comme des passages de renard à travers les fleurs duveteuses, mais où étaient les renards ? Des rochers couverts de lichen, des pierres blanches, des oiseaux blancs et des touffes de thym qui faisaient comme des ressorts sous les pieds. Les îles sont tellement romantiques et préservées. Personne ne le sait." p. 145

Dans cette chronique familiale, les liens humains sont subtilement décrits, ceci grâce à une finesse d'écriture, et à une clairvoyance dans la psychologie des personnages qui illuminent ce récit.

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien, je suis conquise, prête à lire d'autres romans de l'auteure !

Informations sur le livre :

Editions Quai Voltaire

Vous aimerez aussi :

Les romans de Virginia Woolf

D'autres avis :

Télérama Clara  ; Babélio 

 

Fragiles serments, Molly Keane, traduit de l'anglais par Cécile Arnaud, Editions Quai Voltaire, 2012, 290 p., 21 euros

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Etranger dans le mariage de Emir KUSTURICA

Publié le par Hélène

                            

♥♥♥

Mon avis :

Les six nouvelles de ce recueil se déroule dans la Bosnie Herzégovine des années 70. Un personnage récurrent revient dans différentes nouvelles : le petit Aleksa Kalem treize ans entouré de ses parents Azra et Braco, son père employé au Conseil exécutif de la RS de Bosnie-Herzégovine.  

"Enfin... c'est comme tu le sens" : Aleksa et ses parents font face à des conditions climatiques terribles. Le père arpente les bars pendant que la mère tient à bout de bras son ménage tout en rêvant d'aller vivre au bord de la mer, parce que "Ici on ne mène pas la belle vie. Et à la fin on n'aura pas une belle mort, non plus." Les deux vont être hospitalisés et le jeune Aleksa devra gérer le quotidien seul pour un temps. 

 "Le champion olympique" Rodo alcoolique notoire trouve refuge chez les Kalem quelques temps.

"Le nombril, porte de l'âme" Les parents d'Aleksa veulent le forcer à lire parce que :

"Les livres sont la nourriture de l'âme.

- Alors je n'ai pas besoin d'âme.

- On ne peut pas vivre sans.

- Et l'âme... elle se mange ?

- Non, pour l'empêcher de se rabougrir, il faut lire."

"Etranger dans le mariage" : Le passage à l'âge adulte s'effectue doucement pour le jeune adolescent :

"On mûrit quand on fait sienne cette vérité : un mensonge peut se révéler plus bénéfique que la vérité elle-même. Mais cette prise de conscience restait insuffisante pour accéder à l'âge adulte : la maturité ne vient certes pas avec l'achat de souliers à bouts ferrés et avec le plaisir qu'on prend à s'écouter marcher." 

En braquant le projecteur sur ce jeune adolescent, Emir Kusturica observe avec les yeux naïfs d'un enfant son pays et s'interroge sur sa pauvreté, sur le couple et les secrets qui rendent étrangers l'un à l'autre, sur le rapport parents-enfants fait de non-dits, sur la maladie qui court vers la mort. Mises bout à bout, ces tranches de vie quotidienne font sens. 

Dans ses autres nouvelles le lecteur retrouve avec joie la fantaisie du célèbre réalisateur. Dans "Que du malheur" le jeune Zeko se réfugie dans la cave de l'immeuble pour converser avec une carpe  et dans "Dans l'étreinte du serpent" Kosta est ami des serpents. 

Un recueil découvrir pour renouer avec l'univers si particulier de ce réalisateur hors normes ! 

Présentation de l'éditeur :

JC Lattès 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Où suis-je dans cette histoire

 

Merci à l'éditeur.

 

Etranger dans le mariage, Emir Kusturica, traduit du serbo-croate par Alain Cappon, JC Lattès, janvier 2015, 20 euros

Publié dans Littérature Europe

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