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244 articles avec litterature francaise

Juliette dans son bain de Metin ARDITI

Publié le par Hélène

♥ 

Mon avis :

Le richissime mècène Kandiotis vient d'annoncer le don à la France de deux tableaux : l'un de Picasso, l'autre de Braque. Déjà placé sous le feu des projecteurs, il ne va pas les quitter puisqu'il va apprendre l'enlèvement de sa fille, Lara par une mystérieuse "association des victimes", association qui souhaite mettre à la une des journaux des scènes troubles du passé de Kandiotis. Info ou intox ?  Un homme peut-il bâtir une fortune colossale sans marcher sur quelques pieds ? Qui est vraiment Kandiotis ? Un esthète généreux ou un profiteur intéressé ? Le jour où sa fille est kidnappée, la question se pose irrémédiablement : qui s'acharne contre lui et pourquoi ? 

Certes le pitch est attirant et les questions posées passionnantes. Certes. Malheureusement, ce roman souffre de nombreux autres défauts qui gâchent ce premier a priori. 

En premier lieu un style quelquefois digne des meilleurs romans à l'eau de rose, comme dans ce passage qui évoque la rencontre Kandiotis et sa femme :

"A quatre heures de l'après-midi, ils voulaient encore se raconter mille choses.

- Si vous n'avez rien de mieux à faire ce soir, je vous invite à dîner.

Elle avait eu envie de pousser un cri de joie." p 47

Les rapports père-fille sont prétextes à des scènes tout aussi mièvres :

"De temps à autre, il levait les yeux dans sa direction, une seconde ou deux, jamais plus, de peur qu'elle ne se sente observée, et il se demandait ce qu'il avait fait pour mériter d'avoir une fille comme elle..." p. 99

Le romantisme adolescent fait ensuite place à des images déconcertantes quand il s'agit de passer à des scènes plus hot : 

"Et cet amour... Une folie, elle en était consciente. Depuis le début ! Mais quand il lui mettait son sexe dans le ventre, elle mourait !" p. 143

Et encore, s'il n'y avait que le style... Mais les personnages sont tout aussi décevants, tout le monde "sanglote" au moindre prétexte - même les avocats les plus chevronnés -,  la fille est  une incomprise, la femme une mal aimée, le meilleur ami avocat un frustré, et même l'enquêtrice est une superficielle idiote :

"Cela faisait trois semaines qu'elle ne s'était pas rendue à la piscine. Elle avait dû prendre trois kilos, à s'enfiler des corque-gourmets au Soleil d'Or, soir après soir. Il aurait fallu qu'elle maigrisse. Qu'elle dorme. Qu'elle se repose." p. 248

Les chapitres sont très courts, certains purement anecdotiques, comme si le but était d'atteindre la centaine (résultat :101 chapitres pour 300 pages, challenge validé !)

Alors certes le roman se lit très facilement, mais la verve et le génie dont Metin Arditi avait fait preuve dans son magnifique Turquetto est ici absente ! Une déception !

Présentation de l'éditeur :

Grasset 

Vous aimerez aussi :

Le turquettoLa confrérie des moines volants 

D'autres avis :

France TV 

Laure -beaucoup plus enthousiaste que moi !

Gwenaëlle

 

Juliette dans son bain, Metin Arditi, Grasset, 2015, 377 p., 20 euros

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Villa Amalia de Pascal QUIGNARD

Publié le par Hélène

                           

♥ 

"Quand on est encore enfant, chaque partie du corps qu'on aime émet une lumière. Rien ne procède encore tout à fait du monde solaire. La lumière vient du coeur de l'enfant."

Mon avis :

Après avoir entraperçu son compagnon embrasser une autre femme, un soir dans la pénombre, Ann décide de laisser toute sa vie derrière elle et de devenir Ann Hidden, celle qui se cache. Aidé par un ami d'enfance croisé par hasard le fameux soir, elle dénude sa vie, laissant en plan le compagnon trompeur.

Les pages qui racontent les différentes étapes de cette phase -la vente de la maison, la gestion des meubles, les considérations financières, la recherche d'un pied à terre, etc...- sont longues et fastidieuses, répétitives.

La lumière de Quignard ne parvient jusqu'à nous que quand Ann s'installe sur l'île de Ischia en Italie. Là, elle vit des heures lumineuses, seulement présente à elle-même, plongeant dans la mer, se laissant attirer par une mystérieuse villa, coupée du monde, merveilleusement en harmonie avec la vie et la nature.

"Loin devant les villas sur la digue, elle se tenait accroupie, les genoux au menton, en plein vent, sur le sable humide de la marée. Elle pouvait passer des heures devant les vagues, dans le vacarme, engloutie dans leur rythme comme dans l'étendue grise, de plus en plus bruyante et immense, de la mer."

Puis les drames reprennent le dessus, Ann coupe tout à nouveau, les pages se découpent à nouveau en une succession de scènes rapides, le charme est rompu.

"Aimer aux yeux des enfants, c'est veiller. Veiller le sommeil, apaiser les craintes, consoler les pleurs, soigner les maladies, caresser la peau, la laver, l'essuyer, l'habiller.

Aimer comme on aime les enfants c'est sauver de la mort.

Ne pas mourir c'est nourrir."

Ainsi le style et la narration hachés semblent être à l'unisson de la désertion de cette Ann si énigmatique, si psychologiquement coupante, une personne peu attachante, qui engendre un roman froid hormi ces quelques touches de lumière sur l'île. 

 

Présentation de l'éditeur :

Gallimard

Vous aimerez aussi :

Les solidarités mystérieuses

Le film 

D'autres avis :

Babélio

Villa Amalia, Pascal Quignard, Folio, Gallimard, 2006

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La princesse de Babylone de VOLTAIRE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

 

"Les procès, les intrigues, la guerre, les disputes, qui consument la vie humaine, sont des choses absurdes et horribles."

Mon avis :

Formosante est une princesse tellement admirable qu'elle ne parvient nullement à trouver un prince à sa hauteur. Aussi quand elle rencontre le jeune berger Amazan qui chevauche des licornes et est accompagné d'un phoenix, est-elle certaine de voir là le prince qu'elle a tant attendu. Le coup de foudre est immédiat. Mais Amazan doit retourner séance tenante dans son pays. La jeune Formosante décide alors de partir sur ses traces. 

Cette aventure est prétexte au voyage pour Voltaire : la belle Formosante parcoure différents pays à la recherche de son cher et tendre, rencontrant des personnes aux moeurs diverses, aux opinions divergentes, des systèmes politiques plus ou moins efficaces... Comme Montesquieu dans ses Lettres persanes, le regard de l'autre, de l'étranger permet une critique plus virulente et plus efficace. La surprise provoquée par la découverte permet une interrogation plus profonde. Formosante visite les monarchies protestantes du Nord et la Russie de Catherine II, les monarchies de droit divin dominées par la Papauté comme l'Italie, découvre l'Inquisition en Espagne, ce qui permet au lecteur de réfléchir sur son propre système politique. A  travers le voyage, Voltaire fait un sort à la barbarie des institutions et à la folie des hommes, critiquant notamment l'orgueil des rois et leur propension irraisonnée à faire des guerres. Il dénonce lfanatisme religieux ennemi de la tolérance. L'utopie des Gangarides, pays d'où est issu le bel Amazan, permet de retrouver les thèmes chers à Voltaire : la tolérance, une organisation politique et religieuse fondée sur la raison.

L'univers oriental du conte, son rythme enlevé, ses personnages le rendent divertissant, dépaysant, tout en nous éclairant sur le monde. 

Présentation de l'éditeur :

Le livre de poche 

Pour les lycéens :

Sur Voltaire : Larousse

Un corpus Anabac autour de la question : En quoi une évocation d'un monde très éloigné du sien permet -elle de réfléchir sur la réalité qui l'entoure ? 

Un excellent dossier de la BNF sur les utopies

Vous aimerez aussi :

Zadig, Candide

 

La princesse de Babylone, Voltaire, Le livre de poche, 2.05 euros

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Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier de Patrick MODIANO

Publié le par Hélène

                             

♥ ♥  

Ce que j'ai aimé :

Il aura fallu un nom, un mot, pour ouvrir la boîte de Pandore du passé de Jean Daragane. "Comme une piqûre d'insecte" le nom de "Guy Torstel" ouvre soudain une brèche dans le temps et projette l'écrivain devenu sexagénaire dans les années 50-60, du temps de son enfance.  Saint-Leu-La -Forêt, une grande maison, une femme phare nommée Annie Astrand et des individus louches qui gravitent autour d'elle, autant d'énigmes inhérentes à l'enfance que Jean Dargane tente d'appréhender. Mais le temps a tendance à effacer les souvenirs de la première enfance ne laissant qu'un vague ressenti, une ombre.

Peu importe, car le but de l'écrivain n'est finalement pas de copier la rélaité, mais plutôt d'en saisir la quintessence : 

"Je ne puis pas donner la réalité des faits, je n'en puis présenter que l'ombre." Stendhal

Ainsi point de réalité dans les souvenirs,  juste une impression diffuse qu'on tente de border avec des mots d'écrivain.

"C'était comme s'il allait lui dévoiler le secret de ses origines, toutes ces années du début de la vie que l'on a oubliées, sauf un détail qui remonte parfois des profondeurs, une rue que recouvre une voûte de feuillage, un parfum, un nom familier, mais dont vous ne savez plus à qui il appartenait, un toboggan."

La quête du passé et des ombres liées au souvenir est un motif récurrent chez Modiano, laissant parfois l'impression de toujours lire le même livre réécrit à l'infini, déformé par le prisme du temps. Le flou de la mémoire flotte au-dessus des pages, amenant le lecteur à plonger dans ses propres racines à la recherche d'une identité. Les interrogations doivent se renouveler à l'infini, tout comme les romans de cet auteur hors norme, comme pour nous rappeler que trouver des réponses n'appartient pas à la mission de l'auteur. Chacun doit se laisser envoûter, encercler par l'épaisseur du brouillard qui, seul, donne consistance à la vie. Sans cela, le charme serait rompu...

"Oui, je crois que les regards des enfants et des écrivains ont le pouvoir de donner du mystère aux êtres et aux choses qui, en apparence, n’en avaient pas." Entretien Patrick Modiano 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  L'herbe des nuits L'horizon 

Présentation de l'éditeur :

Gallimard 

D'autres avis :

Télérama 

Galéa ; Noukette ; Jérôme 

 

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, Patrick Modiano, Gallimard, 2014, 16.9

 

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Pietra Viva de Léonor DE RECONDO

Publié le par Hélène

                             

♥ ♥ ♥ ♥ 

"- C'est quoi, le talent ?

Michelangelo réfléchit.

- C'est ce qu'on a en soi et qu'on se croit obligé d'exprimer." (p. 121)

Ce que j'ai aimé :

Quand il arrive dans le petit village de Carrare, Michelangelo est un être dominé par l'orgueil et la colére. Il vient d'endurer la mort d'Andréa, un jeune moine qu'il admirait et doit mantenant choisir les marbres qui serviront au tombeau du pape Jules II. La mort le cerne.

Il va vivre six mois dans ce petit village, aux côtés des tailleurs de pierre, de Cavallino, doux fou qui se prend pour un cheval et est amoureux d'une jument, et surtout de Michele, en enfant de six ans dont la mère vient de mourir. 

Ces rencontres le transformeront irrémédiablement.

Michelangelo jour après jour se réconcilie avec l'enfance, grâce à Michele, mais aussi grâce à Cavallino qui a su conserver dans sa folie sa naïveté d'enfant. 

"Cavallino est tout l'inverse. Peu lui importe de ne pas ressembler à un cheval. Il est ce qu'il désire être, tout simplement. Et Michelangelo, en le regardant caresser la crinière de sa belle jument blanche, se demande si le plus fou des deux n'est pas celui qui reste de l'autre côté de la barrière du rêve, celui qui poursuit la beauté sans jamais l'atteindre." p. 131

Ce roman est une petite pépite avec des fulgurances dans le style : "Dans la lumière de l'aube, l'homme aux pieds nus fend le vent, le coeur ébloui de bonheur." p. 178. Des poèmes illuminent les pages :

"La chevelure de pluie s'est défaite.

De l'orage naît l'espoir infini

D'un amour retrouvé

Qui s'arrache à l'oubli

Pour ressusciter la mémoire de l'enfant

Dans le coeur de l'homme." p. 211

Il nous parle d'enfance, d'art, d'innocence, de lâcher prise, bref du bonheur d'être simplement là, ici et maintenant...

"Il avance, poussé par le bonheur, ébloui par le visage de sa mère qui ne s'efface pas, qui reste à portée de main, de mémoire. Il l'appelle sans cesse et toujours elle lui sourit. Un sourire qui le force à la paix, à l'abandon sans rémission de ses peurs. Comme jadis lorsqu'elle le prenait dans ses bras pour le consoler.

Il éprouve  la joie simple d'être en vie, le miracle du rêve qui arrache le sourire du gouffre.

Il n'y a plus de gouffre. Je danse sur l'herbe de mon enfance." p. 214

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Premières phrases :

"La lumière entre par les fenêtres en ogives. Michelangelo joue avec les particules de poussière qui, projetées par le faisceau lumineux, viennent se cogner contre la table en marbre. Les mains agiles du sculpteur passent de l'ombre à la clarté sans se lasser. Il attend."

Présentation de l'éditeur :

Sabine Wespieser Editeur 

D'autres avis :

Une pépite découverte grâce à la blogosphère, après avoir listé les livres préférés des blogueurs pour la rentrée littéraire  2013 

Revue de presse 

 

Pietra Viva, Léonor de Recondo, Sabine Wespieser éditeur, 2013, 240 p., 20 euros

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Trente-six chandelles de Marie-Sabine ROGER

Publié le par Hélène

                           

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Ce roman est une petite comédie légère charmante.

Le début est assez original : un homme est persuadé qu'il va mourir le jour de son 36ème anniversaire à cause d'une malédiction familiale, et il a tout préparé en ce sens. Seulement la grande faucheuse n'est pas au rendez-vous et Mortimer va devoir se réadapter à la vie.

Ayant toujours été intimement persuadé qu'il allait mourir à cet âge-là, il s'est construit une vie morne : un travail au ministère qui consiste principalement à "tailler les crayons, attacher les trombones en collier, faire une balle avec des élastiques, boire mon café, regarder l'heure.", des relations sentimentales sans lendemain, peu d'attaches hormi Nassardine et Paquita. Et c'est justement ce couple improbable profondément attachant qui va remettre Mortimer sur les rails. 

Ce que j'ai moins aimé :

Il ne restera pas longtemps dans nos mémoires, il souffre des mêmes défauts que son compère La fractale des raviolis : une légèreté dans le style et dans les propos qui est très volatile. L'ensemble reste très en surface, même le rire est discret. 

Premières phrases :

"On a beau essayer de prévoir l'imprévisible, l'intempestif survient au plus mauvais moment : je m'apprêtais à mourir.

Décéder fait partie de ces moments intimes qui supportent assez mal les témoins importuns."

Présentation de l'éditeur :

Editions du Rouergue

Vous aimerez aussi :

La fractale des raviolis de Pierre Raufast

D'autres avis :

Lire

MangoDasola, Clara et Leiloona, Sandrine ; Yuko 

 

Trente-six chandelles, Marie-Sabine Roger, Editions du Rouergue, août 2014, 288 p., 18 euros

 

Merci à l'éditeur.

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13 à table !

Publié le par Hélène

                     

♥ ♥ 

Mon avis :

Le principe est la raison numéro 1 de s'intéresser à ce recueil : pour 1 livre acheté, 3 repas seront distribués par les Restos du coeur. 

Je l'ai donc acheté les yeux fermés, sans m'intéresser aux auteurs ayant participé à ce projet. Et heureusement, car il faut bien l'avouer ces auteurs ne font pas partie de ceux que je préfère... La seule contrainte des participants était de créer un récit autour du thème du repas, et pour certains ce fut laborieux...

Ainsi je suis passée à côté de nombreux récits qui m'ont semblé plats, sans inventivité, sans style, parmi ceux-ci :

Olympe et Tatan de Françoise Bourdin : le récit d'un repas de famille si proche de la réalité qu'il en est banal

Nulle, nullissime en cuisine ! de Alexandra Lapierre : une jeune femme doit user de subterfuges pour ne pas montrer qu'elle est nulle en cuisine. Divertissant mais pas transcendant.

Un petit morceau de pain de Agnès Ledig : un petit garçon affamé en conflit avec une mère aux principes immuables. 

Une initiative de Pierre Lemaître : un récit laborieux.  L'histoire d'un vieux monsieur qui invite sa nièce à dîner et s'en mord les doigts.

Jules et Jim de Jean-Marc Périer : une suite un peu ratée de Jules et Jim, des retrouvailles autour d'un repas. Un peu facile.

 

A côté des récits ternes, nous retrouvons les marques de fabrique de ce qui fait le succés des grands auteurs populaires : 

La part de Reine d'Eric-Emmanuel Schmitt : La relation privilégiée entre une enfant et un sans abri. Beaucoup de bons sentiments.

Dissemblance de Marc Lévy : la rencontre entre deux hommes affamés que tout oppose. Comme d'habitude chez Lévy trop bien pensant pour être honnête.

Maligne de Maxime Chattam : un psychiatre rencontre un patient affamé. original, mais assez gore à l'image de l'univers de cet auteur.

Fantôme de Guillaume Musso : la rencontre entre une jeune femme hospitalisée et un jeune médecin fringant. Avec des fantômes, marque de fabrique de Musso.

 

Un peu à part, le Mange le dessert d'abord de Gilles Legardinier : en effet avant d'aborder son récit, l'auteur se livre autour du thème et partage avec nous une habitude qu'il avait à une période de sa vie : plutôt que de dîner seul, il s'adressait à des personnes seules pour partager leur table.

"Vous vous asseyez face à quelq'un dont vous ne savez rien et qu'un hasard géographique a placé sur votre chemin. En commençant par évoquer la situation du moment et la façon dont elle est vécue, vous vous placez immédiatement sur un plan aussi personnel qu'universel. Ces tête-à-tête impromptus m'ont enseigné que la solitude n'est pas forcément une malédiction, parce qu'elle constitue le meilleur premier pas vers la découverte."

 

En fin de volume arrivent les nouvelles les plus réussies à mes yeux :

Le parfait de Tatiana de Rosnay : un repas de mariage avec une belle-mère un brin énervante. Une touche d'humour ravigorante.

Gabrielle de Franck Thilliez : un couple surnommé "Le couple grizzli" observe des grizzlis en pleine nature. Sauf que cette année là les saumons dont sont friands les grizzlis se font rares...

Langouste blues de Bernard Werber : Le récit épouse le point de  vue d'une langouste. Brillant ! 

 

En résumé comme il y en a pour tous les goûts, n'hésitez plus à le déguster !

Vous aimerez aussi :

Les Restos du coeur 

 

13 à table, collectif, Pocket, 5 euros

 

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La fractale des raviolis de Pierre RAUFAST

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Ce que j'ai aimé :

Tout commence avec une jeune femme bien décidée à assassiner son mari à l'aide de raviolis. Mais rapidement le récit rebondit sur un autre récit, qui lui-même est prétexte à une nouvelle histoire, qui lui-même... Vous l'aurez compris les récits s'enchaînent et ne se ressemblent pas, selon le principe énoncé dans le titre du recueil de la fractale (pause scientifique, la fractale est "une courbe ou surface de forme irrégulière ou morcelée qui se crée en suivant des règles déterministes ou stochastiques impliquant une homothétie interne." (Source wikipédia)) Vous n'avez rien compris ? "Stochastiques" et "homothétie" ne font pas partie de votre vocabulaire ? Comment ça ? Bon, retenez le principe des récits gigognes, ça passe pour cette fois...)

Dans ce roman gigogne nous croisons des vierges qui ne se laissent pas photographier, des rats-taupes récalcitrants, des menteurs impénitents, des stratèges militaires, et une foule d'autres personnages tout aussi originaux. 

L'auteur prend plaisir à nous raconter ces vingt-quatre courtes histoires,  et son plaisir est somme toute assez communicatif... Mais...

Ce que j'ai moins aimé :

Les histoires ne m'ont nullement marqué tout comme le style. Cette fractale est un recueil que je risque d'oublier bien vite...

Présentation de l'éditeur :

chez Alma Editeur

Blog de l'auteur

Premières phrases :

« Je suis désolé, ma chérie, je l’ai sautée par inadvertance. »

Je comprends qu’un homme puisse sauter une femme par dépit, par vengeance, par pitié, par compassion, pas désœuvrement, par curiosité, par habitude, par excitation, par intérêt, par gourmandise, par nécessité, par charité, et même parfois par amour. Par inadvertance, ça non. Pourtant, ce substantif vint spontanément à l’esprit de Marc, lorsque je le pris sur le fait avec sa maîtresse. »

D'autres avis :

JérômeKeishaLeiloonal’IrrégulièreMiss LeoSéverine, Noukette

 

La fractale des raviolis, Pierre Raufast, Alma éditeur, août 2014, 264 p., 18 euros

 

Merci à l'éditeur

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Le règne du vivant de Alice FERNEY

Publié le par Hélène

                           

♥ ♥

"La Terre appartient aussi à nos successeurs, ce que nous leur laisserons doit nous préoccuper, disait-il."

"L'avenir, si on le met au présent, s'appelle la préservation." (p. 27) 

Ce que j'ai aimé :

Fasciné par la personnalité hors norme de Magnus Wallace, militant activiste qui lutte contre la pêche illégale en zone protégée,  le narrateur, Gérald Asmussen, décide de s'embarquer comme cameraman à ses côtés. Sous l'égide de ce maître prêt à tout pour protéger le règne du vivant, il prend rapidement conscience des enjeux liés à la planète.

"La Terre appartient aussi à nos successeurs, ce que nous leur laisserons doit nous préoccuper, disait-il." "L'avenir, si on le met au présent, s'appelle la préservation." (p. 27)

Mille baleines sont massacrées chaque année dans le sanctuaire austral, et Magnus Wallace s'évertue à poursuivre ceux qui commettent ces crimes en haute mer, car les eaux internationales demeurent un espace hors la loi, qui ne sont pas dotées de suffisamment de surveillance, un espace gangrené par la corruption et le mensonge. 

En rassemblant des hommes et des femmes animés de la même volonté de faire régner ordre et respect de la nature dans sa globalité, Magnus Wallace lutte avec ses moyens, pas toujours orthodoxes. "Je crois dans la force de quelques individus inspirés qui résistent au mouvement d'ensemble." (p.113)

Il est prêt à risquer sa vie pour ses idées, en pensant au monde qu'il souhaite laisser aux générations futures :

 

"Si nos enfants vivaient un jour dans un monde sans baleines, sans requins, cela voudrait dire que leurs pères les ont exterminés. Et cela voudrait dire que nous les avons laissés faire...Voulons-nous laisser enseigner le murtre par profit et le profit comme règle de survie ?" (p. 109)

"Nous vivions éloignés de cette nature, nous en oublions l'émotion, et c'était ainsi qu'elle pouvait être détruite sans que  s'élevât notre protestation. Il fallait restaurer l'alliance et crier au scandale." ( p. 139)

Dans ce récit poignant, Alice Ferney s'inspire du capitaine Paul Watson, activiste de Greenpeace :

"En juin 1975, Paul est le second du Capitaine John Cormack à bord du Greenpeace IV et participe à la confrontation entre Greenpeace et la flotte baleinière soviétique. Durant cette campagne, Robert Hunter et Paul sont les toutes premières personnes à mettre leur vie en danger pour sauver des baleines en plaçant leur semi-rigide entre un groupe de cachalots sans défense et un navire-harpon soviétique. Un cachalot blessé surgit alors dangereusement au-dessus de l'embarcation de Paul et ce dernier échange un regard avec l'animal mourrant. Ce qu'il voit dans cet œil va changer sa vie à tout jamais: le cachalot comprend ce que ces deux hommes essaient de faire. L'animal évite alors le petit bateau et meurt quelques secondes plus tard, une nouvelle fois harponné. Paul fait alors le vœu de défendre les créatures marines pendant le reste de sa vie." http://www.seashepherd.fr/who-we-are/captain-watsons-biography.html

Ce que j'ai moins aimé :

Il manque un souffle romanesque, une psychologie prononcée des personnages qui permettrait d'autant pus de s'intéresser à leur cause. Ces derniers ont l'air de portaits glacés d'activistes engagés.

Le ton dogmatique, les discours trop appuyés déservent le propos, certes convaincant, mais pas assez touchant pour remuer réellement les foules. C'est dommage car les romans sur l'écologie ne se bousculent pas en France. 

Premières phrases :

"Avant de m'asseoir pour consigner cette histoire, je l'ai vécue. J'ai vu se lever l'activiste et croître sa détermination. Que pourrais-je faire ? se demande un homme qui contemple un désastre, et c'est le commencement des miracles. J'ai suivi pareil homme, refoulé pareille colère, rêvé pareil renouveau : j'apercevais le même désastre."

Informations sur le livre :

Actes sud

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Grâce et dénuement

Autre : Requiem pour un thon de Romain Chabrol

D'autres avis : 

Babélio

Le point

Page 

 

Le règne du vivant, Alice Ferney, Actes sud, août 2014, 208 p.,19  euros

 

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Chasses furtives de Léon MAZZELLA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"Et l'on se retrouve nu sur le chemin qui mène à soi, cerné par l'existence et serré dans son passé, cherchant la clarté à tâtons comme un aveugle dans la foule tourne sa main vers un corps et usant de son épuisement pour s'excuser auprès de la vie." 

Ce que j'ai aimé :

Jean se remémore les moments suspendus passés aux côtés de son grand-père, quand ils vivaient ensemble dans la maison du marais. A l'âge où ses camarades couraient les filles, lui préférait courir la campagne "Il était chasseur de toutes ses fibres. C'était un séducteur d'oiseaux." Il vivait heureux, "entre le presque rien et l'indicible"  habité par des rêves à sa mesure : 

"Voir, seulement, la bécassine double. Prendre un grand tétras au chant, un seul pour la vie, quelque part dans un pays d'Europe de l'Est. Et parvenir à toucher, de la main, un gros animal -sanglier, cerf, phacochère, antilope - peu m'importait..." 

 Avec ces Chasses furtives, Jean -alias Léon- souhaite rendre hommage à son grand-père qui s'en est allé trois ans plus tôt rejoindre les cieux aux côtés des oiseaux. Accompagné de son fidèle chien, compagnon de toujours, Jean arpente les marais de son enfance, à l'affût, plongé dans ses souvenirs mélancoliques, "Seul avec son esprit traqué par la disparition des êtres et par la transparence des choses."

Apparaissent quelques personnages derrière le grand-père : la "femme-renarde", le braconnier taiseux, mais les personnages qui survolent poétiquement ces pages et leur donnent tout leur sens restent les oiseaux. Ceux qui relient le passé et le présent, ceux qui planent avec son grand-père, ceux qui témoignent d'une vie harmonieuse avec le monde et la nature, et donnent soudain l'impression d'être à sa place. Ancré dans un monde qui a soudain du sens. 

L'émotion à fleur de peau caresse les pages de ces "Chasses furtives" et leur offre toute leur beauté. 

"Trente ans après, je me souviens bien de mon urgence à dire, à chacun de mes retours, les impressions intenses volées à l'aurore, les départs pressés pour la chasse, le givre qui habille l'herbe et les branches, le ciel bleu de novembre que le miroir brisé de joncs des marais reflète, la disparition de la dernière étoile, l'orangé timide de l'horizon, l'air qui glace les spoumons. L'insolente beauté de la nature qui me faisait parfois pleurer de bonheur, seul dans les barthes d'Orist, Siest, Pey et Saubusse. La joie gigantesque que cela me procurait. La seule vue d'un vol de vanneaux suffisait alors à me faire chavirer d'un plaisir que je savais étrange et que je renonçais à définir."

Ce que j'ai moins aimé :

-Rien

Premières phrases :

"Jean s'étira et planta son regard au plafond. Il mit ses mains derrière la tête et pensa fort à son grand-père qui faisait toujours la sieste dans cette position, en respirant fort avec le nez à cause de son rhume des foins et qu'il surprenait souvent étendu ainsi sur son lit." 

Présentation de l'éditeur :

Editions Passiflore 

Sur l'auteur :

http://leonmazzella.hautetfort.com/

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Les bonheurs de l'aube

Autre : Les romans de Mario RIGONI STERN dont Hommes, bois, abeilles

D'autres avis :

Mango 

 

Chasses furtives, Léon Mazzella, Editions Passiflore, 2012, 13 euros

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