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litterature francaise

La femme qui dit non de Gilles MARTIN-CHAUFFIER

Publié le par Hélène

A 90 ans Marge raconte son destin particulier lié à une petite île du Morbihan, l'île aux Moines : en 1938, elle rencontre deux jeunes Bretons, Blaise de Méaban et son meilleur ami Mathias. Elle épouse Blaise et, se croyant enceinte, ne peut l’accompagner à Londres lorsqu’il s’embarque pour répondre à l’Appel du Général de Gaulle. Esseulée, elle fait alors de Mathias son amant - et le véritable père de son fils. Ce trop lourd secret de famille et les guerres feront le reste…

L'auteur s'est inspiré de l'histoire de sa grand-mère pour écrire ce roman, et il entremêle la destinée individuelle à la grande Histoire, la débâcle 1940, l’épuration, la déportation, la guerre d’Indochine, les Jeux olympiques de 1964, la guerre d’Algérie... Il nous livre aussi tout un pan très intéressant de l'histoire bretonne ... Mais ...

Ce que j'ai moins aimé :

- le manque de respiration, trop de données historiques, peu d'envolées poétiques pour une terre qui pourtant appelle la poésie

- un personnage peu attachant, assez volatile

- un style peu à mon goût : "j'étais dégoûtée" (p. 30) "je l'avais dans la peau" p.64, "dans le Larousse, au mot "frustré", son visage aurait mieux convenu que n'importe quelle définition" p.44

 

Présentation de l'éditeur : Grasset

D'autres avis : Babelio

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Rien n'est noir de Claire BEREST

Publié le par Hélène

♥ ♥

« À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages? Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien. "

L'auteure choisit ici de s'intéresser à dix ans de la vie de Frida Kahlo : sa rencontre avec Diego, cette passion dévorante, les années fastes pour Diego qui côtoie les Ford et Rockefeller, les voyages incessants, mais aussi les infidélités, les pleurs et séparations, réconciliations sans fin... Et, pour conjurer ces déceptions, ces accidents de la vie, l'art. L'art pour conjurer la souffrance physique et morale, l'art pour simplement survivre...

"Frida est trop intense parfois, impossible à son contact d'oublier que l'on va tous mourir et que notre passage ici est une sorte de violence magique, futile, essentielle et grotesque, interdit d'oublier que nous sommes tous reins et peau d'inconsolables incendies, c'est trop de tension, il est sorti ce soir, il a besoin d'être seul parfois, souvent. Mais une vie sans elle serait une pâle étoile. Une longue et morne promenade bordée de réverbères perpétuellement allumés."

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai fini par m'ennuyer, avec l'impression que le roman tournait en boucle autour de cette passion à la fois destructrice et source de création :

"Le problème, c'est que Diego veut être aimé du monde entier et du siècle.

- Et toi, Frida ?

- Moi, je veux être aimée de Diego Rivera."

Si le début m'a passionnée parce que je ne connaissais pas bien la personnalité de Frida ni son histoire, par la suite j'ai fini par survoler ses émois passionnés...

Bilan :

Si le destin de cette femme extraordinaire est fascinant, je n'ai pas été sensible aux mots de Claire Berest...

Frida Kahlo e Diego Rivera, Messico 1933. Fotografia di Martin Munkácsi

Présentation de l'éditeur : Stock

D'autres avis : je n'ai lu que des avis positifs : Frédérique ; Cathulu

Lu sur Netgalley

 

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Salina : les trois exils de Laurent GAUDE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

« Elle sait, elle, que la vie se soucie peu de la volonté des hommes, qu'elle décide à leur place, impose, écarte les chemins qu'on aurait voulu explorer et affaiblit ce qu'on croyait éternel. »

Salina fut abandonnée aux portes du village un beau matin, promise aux hyènes, elle sera finalement recueillie par Mamambala, même si elle sera toujours considérée par le clan comme une étrangère. A l'aube de sa mort, elle part pour un dernier voyage avec son fils, Makala. Celui-ci devra ensuite raconter son histoire, rendre hommage à celle qu'elle a été pour qu'enfin, elle trouve le repos dans sa dernière demeure.

Son histoire est marquée par l'amour, mais aussi par la loi clanique qui décide pour les plus faibles et modifie leur destin à leur insu. Salina n'aura de cesse de vouloir se venger de ceux qui l'ont aliénée en lui volant son honneur et sa liberté. Narrant la conquête d'une femme qui cherche l'apaisement, le souffle épique et lyrique des grands récits traverse ce beau roman envoûtant. Le destin ce cette femme aux trois fils, aux trois exils nous emporte aux confins de la mythologie et des terres lointaines pour nous conter l'humanité d'une femme promise au malheur.

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

Du même auteur :  Ouragan    ; Le soleil des Scorta ♥ ♥ ♥ ♥ ;  Pour seul cortège ♥ ♥ ♥ ; Danser les ombres  ♥ ; Dans la nuit Mozambique  ♥ ; La mort du roi Tsongor ♥ ♥ ♥ 

 

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L'aile des vierges de Laurence PEYRIN

Publié le par Hélène

Alors qu'elle vient de perdre son mari, Maggie est contrainte de s'engager en temps que domestique à Sheperd House, manoir du Kent. Pour cette petite fille de suffragette et fille d'une sage femme féministe, entrer au service des Lyon-Thorpe est un crève-cœur. Elle se console en se disant qu'elle ne restera pas longtemps en ces lieux et que bientôt, elle pourra partir pour l'Amérique.

Ce que j'ai moins aimé :

Sous couvert d'un personnage féministe, l'auteure nous plonge dans une histoires romanesques au possible, avec quelques scènes pseudo érotiques pour agrémenter l'intrigue. Le personnage de Maggie est assez caricatural, les ficelles romanesques centrées sur des quiproquos et des destins manqués attendues, tout comme les rebondissements visibles à 10 mètres.

Bilan : J'ai abandonné, noyée sous le romanesque...

 

Présentation de l'éditeur : Calmann Lévy ; Pocket

D'autres avis : http://ivredelivres.com/aile-vierges-laurence-peyrin/ qui met en avant les contradictions de cette Maggie soit disant féministe...

 

Elu L’été en Poche des blogueurs littéraires

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Des âmes simples de Pierre ADRIAN

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Quand le ciel entre quelque part, il donne une valeur à l'insignifiant."

Le narrateur de ce récit lumineux est un jeune homme qui a décidé de poser ses valises  quelques temps à Lescun bourg, dans le monastère de Sarrance en vallée d'Aspe. Il reste auprès du curé, Pierre, et écoute jour après jour l'histoire de cet homme, de cette vallée, de ces trajectoires qui s'arrêtent dans le monastère pour ensuite repartir. En ces lieux, la lumière s'échappe des âmes qui gardent le foi, la foi en l'homme, la foi en l'humanité, comme la foi en Dieu. Pierre rassemble, console, et porte invariablement vers le goût des choses simples, de l'entraide bienveillante. "Certains endroits élèvent", tout comme certains hommes.

"A quoi bon invoquer les saints si on ne reconnaît pas ceux qui nous entourent. dans leur vallée, dans ce gouffre, inconnus, ils passent sur cette terre. cela existe, les saints. Et nous ne le dirions pas ?"

Un beau récit simple et profond à la fois.

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Prix littéraires :

  • • Prix Roger-Nimier 2017
  • • Prix Spiritualités d'aujourd'hui du roman 2017

D'autres avis : Télérama ; Alex ;

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Les sept mariages d'Edgar et Ludmilla de Jean-Christophe RUFIN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Edgar rencontre pour la première fois la belle et sauvage Ludmilla lors d'un voyage aux confins de la Russie. Ce personnage atypique le marque, si bien qu'il revient rapidement sur ses traces pour la retrouver et l'épouser. Commence alors une histoire de couple tumultueuse, qui connaît ses gloires et ses revers. Incessamment.

Pour l'anecdote, l'auteur s'est lui-même marié trois fois avec la même femme.

Ce que j'ai moins aimé :

Cette histoire est un peu lassante, d'autant plus que le titre nous disait à quoi s'attendre, on attend donc le divorce, puis le remariage, puis le divorce, puis le remariage, puis ... zzzzz

De même en ce qui concerne la vie professionnelle des protagonistes, l'auteur semble avoir voulu mettre en avant les antithèses propres à une vie et il ponctue tout leur parcours de déconvenues et de couples allégoriques antithétiques : à la pauvreté succède la fortune, puis la ruine, l'amour flou se marie avec la trahison, puis l'amour fou, puis la lassitude, fidélité et infidélité font un passage remarqué, la leçon semble claire : la vie n'est qu'aléas -et l'argent ne fait pas le bonheur- ...

Pour finir, les personnages ne sont pas réellement attachants, plutôt caricaturés, et le narrateur lui-même semble fade, fasciné par ce couple au point de s'oublier.

Bilan : Mitigé ... Si on se laisse néanmoins emportés par le destin tourbillonnant de ce couple, l'ensemble manque de corps et de profondeur.

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

D'autres avis : Babélio

Du même auteur : Immortelle randonnée ♥ 

 

Merci à l'éditeur.

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Un coeur simple de FLAUBERT

Publié le par Hélène

♥ ♥

Félicité est une jeune servante qui entre au service de Mme Aubain à Pont l'Evêque. dévouée, fidèle , elle est parfaite dans son rôle. Le temps passe, et elle s'attache tour à tour à Virginie la fille de Mme Aubain, à son neveu Victor, à sa maîtresse, puis à son perroquet Loulou. Mais tous meurent tour à tour, et Félicité finit seule.

Comme le titre du récit l'annonce, Félicité est un personnage profondément bon malgré sa naïveté et sa folie pour finir. Simple, elle l'est par sa condition, mais aussi par ses sentiments dénués d'artifices, par sa dévotion.

Ce titre est le premier conte des Trois Contes, dernière oeuvre de Flaubert publiée de son vivant en 1877.

Ce que j'ai moins aimé :

- la froideur, l'auteur ne s'appesantit pas sur les sentiments, il décrit presque de façon chirurgicale les étapes d'une vie ratée, sans parvenir réellement à nous attacher à son personnage pathétique.

 

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Du même auteur : Mme Bovary

 

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Un homme à sa fenêtre de David THOMAS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

En ces pages lumineuses défilent les jours perdus, des chanteurs has been, des ratés, des nouveaux propriétaires heureux, les règles improbables d'un nouveau jeu, les joies de la hiérarchie en entreprise, des lettres anonymes pour enchanter le quotidien, les conseils judicieux : "Quand t'as pas de réponse, te pose pas la question", les autres conseils de ceux qui pensent qu'il faut écrire autre chose, des gens pétris de bonnes intentions, des textes et des personnages variés, pour finalement détecter, au détour d'une déconvenue, entre les lignes, le bonheur, discret "Le bonheur, c'est un hôtel qui n'est jamais complet, un hôtel où il y a toujours des chambres libres. Des chambres vides dans lesquelles on vient pour s'allonger sans trop froisser le dessus-de-lit et prendre un petit moment pour rêver." Et puis surtout, ce besoin, cette envie d'écrire et de peindre ces portraits, même si cela ne plaît pas toujours aux éditeurs. "Ce n'est pas lié à votre talent, mais votre problème voyez-vous, c'est que vous ne connaissez personne et que personne ne vous connaît.", disent-ils... Ce sont ces mêmes éditeurs qui aujourd'hui traquent pour certains effectivement les comptes bien fournis en followers sur les réseaux sociaux et demandent ensuite à l'intéressé s'il n'aurait pas envie d'écrire... "Il ne suffit pas d'écrire des histoires, il faut que l'auteur en soit une, bien communicante, une histoire qui fascine ou qui fait envie, avoir été le type ou la fille qui ça aide à vendre des livres. "

Faisant fi de ce monde impitoyable, dans ses microfictions enchanteresses, David Thomas manie à merveille l'art de la suggestion. Si ces histoires nous ressemblent tant, c'est que tel un Molière moderne, l'auteur peint nos vices humains en nous invitant à en rire...

 

Présentation de l'éditeur : Editions Anne Carrière

Du même auteur : La patience des buffles sous la pluie ♥ ♥ ♥ (Nouvelles) ; Un silence de clairière ♥ ♥; Je n’ai pas fini de regarder le monde ♥ ♥ (Nouvelles) ; On ne va pas se raconter d'histoires ♥ ♥ ♥ (Nouvelles) ; Hortensias ♥ ♥ ♥ ; Le poids du monde est amour ♥ ♥ ♥ (Nouvelles)

D'autres avis : Caroline

 

Merci à l'éditeur et à l'auteur.

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A la ligne - Feuillets d'usine de Joseph PONTHUS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"J'écris comme je pense sur ma ligne de production

divaguant dans mes pensées seul déterminé

J'écris comme je travaille

A la chaîne

A la ligne"

"L'usine comme une déflagration physique, mentale", tels sont les sentiments de Joseph Ponthus quand il découvre les lignes de production. Porté par l'amour, il quitte son métier d'éducateur spécialisé en région parisienne pour gagner la Bretagne et se heurte alors à l'absence de travail dans son domaine. De guerre lasse, il finit par se tourner vers les agences d'intérim et devient ouvrier dans des usines de poissons ou des abattoirs.

Commencent alors les jours sans fin, sans lendemain, rendus fragiles par la précarité du statut. Ces jours que l'on prend parce qu'on ignore de quoi demain sera fait. A cela s'ajoute la difficulté du travail, les gestes répétitifs, les odeurs prégnantes, la douleur physique et morale. Seul l'esprit peut s'échapper, en comptant les heures, en espérant les pauses, en attendant avec impatience la fin de la journée. Puis, enfin, le repos, la maison, la femme aimée, le chien Tok-Tok, un univers familier, rassurant, confortable. Mais Joseph ne veut pas oublier, il souhaite garder une trace, et s'astreint à écrire en rentrant, malgré la fatigue qui tombe brusquement sur les épaules.

Pour cet homme issu d'un milieu plutôt intellectuel, la ligne de production se révèle un calvaire qu'il transfigure dans ses mots, peut-être pour donner un sens à l'horreur d'un quotidien pesant. La ligne de production, puis la ligne pour se souvenir, pour respirer. Pendant ses heures de labeur, outre ses compagnons de ligne qui l'épaulent, l'accompagnent également Cendrars, Céline, Aragon, Apollinaire. Paradoxalement le seul moyen de se rattacher au réel est la littérature. En s'identifiant à Dantès dans son château d'If, l'ouvrier tente de supporter sa prison qu'est l'usine. Il utilise sa culture et ses lectures pour tenir, se fabriquer un monde, en lui, pour oublier le quotidien annihilant; l'art fonde finalement son identité et l'empêche de devenir fou. "Qu'incessamment en toute humilité, Ma langue honore et mon esprit contemple" disait son ancêtre à qui il rend indirectement hommage aujourd'hui par ce magnifique témoignage percutant comme une balle en plein cœur.

En rassemblant ces bouts d'insignifiance qui donnent du sens aux heures, Joseph Ponthus nous rappelle s'il en est besoin du pouvoir magique de la littérature comme un chant intérieur qui "enchante" les jours.

Un roman essentiel !

Présentation de l'éditeur : Editions La table ronde

D'autres avis : Moka ; Clara ; Cathulu

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Sur les chemins noirs de Sylvain TESSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"On devrait toujours répondre à l'invitation des cartes, croire à leur promesse, traverser le pays et se tenir quelques minutes au bout du territoire pour clore les mauvais chapitres." p. 100

Dans la nuit du 21 au 22 août 2014, Sylvain Tesson fait une chute qui aurait pu s'avérer mortelle. Il tombe du toit d'un chalet de montagne qu'il avait décidé d'escalader sur un coup de tête festif. S'ensuivent plusieurs mois de coma, une lutte contre la mort qui laissera indubitablement des séquelles. Durant sa convalescence, il forme le projet de traverser la France à pied, du Mercantour au Cotentin, en diagonale, traversée qu'il débute en août 2015 et qu'il achève début novembre. 

Il décide d'emprunter les chemins noirs, ces minces traits sur la carte qui sont comme des chemins de traverse, des issues de secours, parce que "Vivre me semblait le synonyme de "s'échapper""  Les cartes IGN sont pour lui comme un sésame, "Les feuilles révélaient l'existence de contre-allées, inconnues, au coeur de la citadelle, de portes dérobées, d'escaliers de service où disparaître.", les chemins noirs ouvrant des portes pour l'imagination. 

Porté par la marche, l'auteur se sépare peu à peu des scories du monde, sur les chemins noirs "Les nouvelles y étaient charmantes, presque indétectables, difficiles à moissonner : une effraie avait fait un nid dans la charpente d'un moulin, un faucon faisait feu sur le quartier général d'un rongeur, un orvet dansait entre les racines. Des choses comme cela. Elles avaient leur importance. Elles étaient négligées par le dispositif." Loin des écrans dont l'homme devient esclave, le monde revient en fanfare dans toute sa beauté lumineuse.

Passionné par les formules de repli, Sylvain Tesson tente ici une nouvelle forme de solitude, une solitude en marche. Pour lui, si ceux qui se jettent dans le monde sont louables, souvent ils finissent par manifester une satisfaction d'eux-mêmes assez détestable : 

"Quitte à considérer la vie comme un escalier, je préférais les gardiens de phare qui raclaient les marches à pas lents pour regagner leurs tourelles aux danseuses de revue qui les descendaient dans des explosions de plumes afin de moissonner les acclamations." p. 81

Sa solitude n'est jamais totale toutefois, il se fait accompagner quelques jours par des amis, Thomas Goisque ou encore Cédric Gras. Il convoque aussi des écrivains en son esprit, parce que "Les phrases sont des prescriptions pour les temps difficiles." Il s'allonge pour observer les nuages, profite de chaque seconde, et peu à peu son corps meurtri par la chute se reconstruit. 

"Assis sur l'herbe dans la volute d'un cigarillo, je disposais au moins du pouvoir d'oublier les écrans et de m'hypnotiser plutôt du vol des vautours par-dessus les ancolies." p. 26

Sa conclusion résonnera longtemps en nos esprits, comme une invitation à sortir des sentiers battus : 

"Une seule chose était acquise, on pouvait encore partir droit devant soi et battre la nature. Il y avait encore des vallons où s'engouffrer le jour sans personne pour indiquer la direction à prendre, et on pouvait couronner ces heures de plein vent par des nuits dans des replis grandioses.

Il fallait les chercher, il existait des interstices.

Il demeurait des chemins noirs.

De quoi se plaindre ?" p. 100

 

Le trajet IGN de Sylvain Tesson : IGN

Présentation de l'éditeur : Folio

D'autres avis : Babélio

A lire : Rencontre avec Sylvain Tesson à la Maison de la Poésie dans le cadre du festival Paris en Toutes Lettres

Du même auteur : Une vie à coucher dehors ♥ (Nouvelles) ; Dans les forêts de Sibérie (Récit de voyage)Géographie de l’instant ♥ (Récit de voyage) ; S'abandonner à vivre ♥ ; Aphorismes sous la lune
 

A signaler un concours photo jusqu'au 7 mars : sur Facebook  http://education.ign.fr/node/2949

 

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