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341 articles avec litterature francaise

Dans le murmure des feuilles qui dansent de Agnès LEDIG

Publié le par Hélène

Au préalable, j'aimerais vous prévenir qu'il ne s'agit pas là du genre de lecture que je choisis et apprécie habituellement. Mais je me suis laissée convaincre, et j'ai voulu tenter à nouveau malgré tout. A tort.

Le pitch : "Anaëlle, jeune femme en recherche d'informations pour l'écriture de son roman, engage un échange épistolaire avec Hervé, procureur de province. Celui-ci, vivotant dans une routine qui l'ennuie, s'y plonge avec délectation, au grand dam de sa greffière, rapidement agacée par cette insupportable correspondance.

Parallèlement, Thomas, menuisier passionné de nature, s'appuie sur la force des arbres et sa connaissance des sous-bois pour soutenir son petit frère, en proie à une longue hospitalisation.

C'est une petite maison qui sera à la croisée de leurs destins. "

J'ai été exaspérée par les images naïves "Vous êtes réellement une petite fleur de printemps au milieu d'une étendue morne et stérile."

"Celui qui mange sans sel depuis toujours n'a pas conscience de ce qu'une pincée peut apporter dans la révélation des saveurs. Voilà, vous êtes ma pincée de sel. Et je n'ai plus envie de manger fade."

Exaspérée par des phrases toutes faites dégoulinantes de clichés et de bonnes intentions :

"Il y aura toujours des drames injustes, et toujours des imbéciles qui ne comprennent rien à la vie, ni à pourquoi elle vaut la peine d'être vécue, simplement, sans se rajouter des problèmes parce qu'on n'en a pas assez, ou alors des pas assez graves."

"Oui, on peut me corrompre en m'offrant de bons chocolats ! je suis une faible femme."

Alors même si la fin densifie un peu le propos en offrant une bluette amoureuse inattendue, même si les destins son émouvants, même si l'histoire personnelle de l'auteure m'a attendrie, je ne suis toujours pas convaincue par ce type de littérature ! C'est décidé, je ne tente plus le "Feel Good" car l'effet souhaité n'est pas atteint avec moi, ça m'énerve et m'ennuie !!

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel

D'autres avis : je vois beaucoup d'avis positifs, donc j'imagine que, POUR QUI AIME CE TYPE DE ROMANS "Feel Good", il est recommandable.

 

Merci à l'éditeur.

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Paris-Venise Florent OISEAU

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Roman vient de trouver un job sur le Paris-Venise. A 30 ans, ce job est une chance étant donné qu'il s'est fait viré de son job de réceptionniste pour avoir permis à des copains d'utiliser les chambres vides de l'hôtel quand ils ramenaient des filles en fin de soirée. Dans le Paris-Venise ses tâches sont simples, mais il se heurte tout de même au trafic de clandestins, aux douaniers scrupuleux ou aux descentes de pickpockets. Mais Roman n'en a cure, quand son projet dépasse de loin toutes les perspectives professionnelles : séduire la belle Juliette, sa nouvelle collègue.

Le ton est allègre, le gars naïf à souhait, anti-héros ordinaire, peu scrupuleux, un homme tellement proche de nous. Les dialogues alertes émaillent le récit :

"-Comment s'est terminée votre dernière aventure professionnelle ?

- Comme une histoire d'amour, monsieur, avec des regrets et quelques jolis souvenirs.

- Vous vous êtes fait virer.

- Oui"

Ce que j'ai moins aimé :

Côté intrigue, c'est un peu mince et ça s'embourbe dans les retards du Paris Venise.

Bilan :

Alors oui c'est frais et moderne mais c'est un peu juste pour marquer les mémoires...

 

 

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De terre et de mer de Sophie VAN DER LINDEN

Publié le par Hélène

♥ ♥  ♥ ♥ 

Henri se rend sur l' île de Batz en Bretagne, dans le but de retrouver Youna, femme qu'il a aimée jadis. Il passera vingt-quatre heures sur l'île, rencontrera quelques silhouettes, errera, cotoiera Youna, pour finalement repartir, seul.

Ce délicat roman est construit comme un plan séquence cinématographique, s'attachant à un personnage, Henri, puis un pêcheur, puis un fermier, un cuisinier ou même un chat, au fil des errances de la narration, qui revient toujours à ce personnage principal, Henri. Celui ci est peintre et l'île et ses couleurs nous apparaissent sous ses yeux. L'écriture de l'auteure procède en effet par touches impressionnistes, s'attachant davantage aux  sensations qu'à une description réaliste du lieu. Cette façon de raconter si particulière, par touches fines, n'est pas sans rappeler celle de Virginia Woolf.

Sophie Van der Linden nous plonge dans cette Bretagne du début du XXème siècle, et nous emporte hors du temps, dans un temps suspendu entre terre et mer, loin de l'Histoire qui, pourtant, risque de surgir subitement. Elle nous fait vivre un moment de grâce, teinté d'éternité...

 

D'autres avis : Babélio

Présentation de l'éditeur : Buchet Chastel

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Le courage des autres de Hugo BORIS

Publié le par Hélène

 

Le début est somme toute original : alors qu'il vient d'obtenir une ceinture noire de karaté, Hugo Boris rentre chez lui en RER et , témoin d'une altercation, il ne réagit pas, se contentant de tirer la sonnette d'alarme. Cette inertie l'interroge et le pousse à relever par la suite les gestes d'autres personnes, plus courageuses que lui face à une situation inquiétante dans le RER.

"La communauté humaine qui se rassemble pour cette épopée quotidienne donne à voir le meilleur et le pire d'elle-même. Mais dans ce pire, il suffit du courage dune seule personne pour la racheter. Il s'en trouve quelques-uns dans cet herbier, des hommes ou des femmes, pou relever tous les autres. Qu'ils soient ici célébrés."

Si cette mise à nu initiale était sincère, teintée d'humour et pouvait sans doute aboutir à une réflexion enrichissante, par la suite, l'auteur se contente de compiler des scènes vues dans le RER, or si l'on prend le RER tous les jours, quel intérêt de lire notre quotidien, sans transmutation ? Et pour les autres, est-ce destiné à les effrayer pour qu'ils fuient la capitale ? Je n'ai pas compris l'intérêt, je suis passée à côté. Je vais relire Police  pour me consoler...

 

Présentation de l'éditeur : Grasset

D'autres avis : Babélio

Du même auteur : Police 

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A contre-courant d'Antoine CHOPLIN

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Un beau matin, l'écrivain Antoine Choplin prend la route, non pas sur le chemin de Compostelle, ni sur celui de Stevenson, non, il décide plutôt de parcourir sa propre région l'Isère pour remonter aux sources du fleuve, jusqu'au coeur du massif des Alpes, à plus de 2600 mètres. A contre courant, il remonte le fleuve, arpentant des lieux familiers.

Ce que j'ai moins aimé :

Alors que j'aime beaucoup cet auteur, et que j'apprécie également les récits de voyageurs, j'avoue avoir un avis mitigé sur celui-ci. Les paysages ne m'ont pas fait rêver, le sel des rencontres m'a échappé, et je suis finalement plus ou moins passée à côté de ce récit paradoxalement très statique.

 

Présentation de l'éditeur : Editions Paulsen

Du même auteur : La nuit tombée ♥ ♥ ♥ ♥ ; Le héron de Guernica ♥ ♥ ♥ ♥ ;  Radeau ♥ ♥ ♥ ; L'incendie ♥ ♥ ; Une forêt d'arbres creux ♥ ♥ ♥ ; Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar ♥ ♥ ♥ ; Partiellement nuageux ♥ ♥ ♥

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Le monde n'existe pas de Fabrice HUMBERT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le narrateur découvre par hasard que la star du lycée qu'il fréquentait, Ethan Shaw est accusé du meurtre d'une jeune fille de 16 ans. A Drysden, dans le Colorado, Ethan était pourtant le seul à voir considéré Adam, malmené par ses camarades. Adam est aujourd'hui journaliste au New Yorker et avec l'aval de sa direction, il retourne sur les traces de sa jeunesse pour enquêter sur le meurtre mais aussi pour observer la façon dont les médias gèrent cette affaire.

Ce que j'ai aimé :

J'ai retrouvé avec plaisir le Fabrice Humbert de l' Origine de la violence, offrant un roman passionnant aux ramifications nombreuses. Il nous offre ici une observation aigüe de l'adolescence et des places dévolues à chacun entre bourreau et victime dans un petit lycée aux mentalités étriquées, élargissant peu à peu sa réflexion à la question de l'identité, si problématique à cet âge charnière.

Mais au fur et à mesure, la vérité de chacun et les faux semblants se brouillent, tant la manipulation semble régner dans un monde dirigé par les médias et les fake news. Qui sommes-nous dans un monde où règne le mensonge, notre identité peut-elle perdurer quand tout est fait pour créer un monde factice au service des politiques ? L'auteur ne donne pas de réponses, laissant le lecteur libre d'interpréter, libre de faire jouer son droit le plus inaliénable : son esprit critique...

Une belle réussite !

Présentation de l'éditeur : Gallimard 

Du même auteur : L'origine de la violence ; La fortune de Sila

D'autres avis : Alex ;

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La dame aux camélias de Alexandre DUMAS (fils)

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Par hasard, le narrateur rencontre lors de la mise en vente des biens d'une jeune courtisane partie trop tôt à cause de la tuberculose, le jeune Armand Duval, qui fut profondément épris de la jeune femme. Cet amoureux transi raconte alors son histoire : comment il est tombé désespérément amoureux d'elle à l'opéra, comment il a appris qui elle était, Marguerite Gautier, courtisane entretenue par un vieux comte jaloux, comment il réussit malgré tout à la conquérir, et comment cela provoquera son malheur et celui de la jeune femme.

Alexandre Dumas rendit hommage à sa maîtresse la courtisane Marie Duplessis en lui consacrant ce roman à la postérité heureuse. Accueilli triomphalement lors de sa sortie en 1848, il sera adapté pour la scène par Dumas fils lui-même, en 1852. Les nombreuses adaptations cinématographiques et théâtrales continuent depuis lors d'en assurer le succès.

Ce que j'ai moins aimé : J'ai trouvé beaucoup de similitudes avec Manon Lescaut dans ce portrait pathétique d'une courtisane sauvée par l'amour.

Bilan : un beau roman d'amour touchant.

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

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Encre sympathique de Patrick MODIANO

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Il y a des blancs dans une vie, et des éclipses de la mémoire."

30 ans auparavant, le narrateur partait sur les traces de Noëlle Lefebvre,jeune femme ayant mystérieusement disparu dans Paris. Employé temporairement dans une agence de détective, le narrateur se prête au jeu, enquête, questionne, arpente le quartier du XVème où Noëlle habitait. Il tente de reconstruire au fur et à mesure l'image disloquée de la jeune femme au travers les témoignages divers récoltés.  

"Vous avez beau scruter à la loupe les détails de ce qu'a été une vie, il y demeurera des secrets et des lignes de fuite pour toujours."

Qui est-on réellement ? Quelle image renvoyons nous aux autres et au monde par le biais de traces contradictoires que l'on peut laisser derrière soi "Et sur soi-même en sait-on plus long, si j'en juge par mes propres mensonges et omissions, ou mes oublis involontaires ?" Autant de questions qui reviennent comme un leitmotiv dans l'oeuvre de Modiano, mais que l'on se plait à se poser à nouveau, emportés par la petite musique enchantée de l'auteur.

"J'ai peur qu'une fois que vous avez toutes les réponses votre vie se referme sur vous comme un piège, dans le bruit que font les clés des cellules de prison. Ne serait-ce pas préférable de laisser autour de soi des terrains vagues où l'on puisse s'échapper ?"

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

Du même auteur : L'herbe des nuits ♥ ♥ ; L'horizon ♥ ♥ ♥ ; Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier ♥ ♥ ♥ ; Dimanches d'août ♥ ♥ ♥ ; Un cirque passe ♥ ♥ ♥

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Stupeur et tremblements de Amélie NOTHOMB

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Amélie-san ayant vécu au Japon dans son enfance, décide de revenir dans ce pays fantasmé pour y travailler. Elle est alors embauchée dans la firme Yumimoto, en qualité d'interprète. Malheureusement cette expérience s'avère difficile, ne maitrisant pas les codes de la culture, elle multiplie les maladresses et chacune des tâches qu'on lui assigne se solde par un échec. Pourtant, Amélie-san ne se décourage pas, fascinée par Fumuki, sa supérieure hiérarchique, à la beauté parfaite, elle tente de mener à bien ses missions...

Dans ce roman autobiographique, Amélie Nothomb se concentre sur l'entreprise japonaise, les relations régies par une hiérarchie stricte, un système d'avancement long et contraignant, un dévouement pour l'entreprise, quitte à laisser sa vie personnelle de côté comme Fukumi :

« Non : s’il faut admirer la Japonaise – et il le faut -, c’est parce qu’elle ne se suicide pas. On conspire contre son idéal depuis sa plus tendre enfance. On lui coule du plâtre à l’intérieur du cerveau : « Si à vingt-cinq ans tu n’es pas mariée, tu auras de bonnes raisons d’avoir honte », « si tu ris, tu ne seras pas distinguée », « si ton visage exprime un sentiment, tu es vulgaire », « si tu mentionnes l’existence d’un poil sur ton corps tu es immonde », « si un garçon t’embrasse sur la joue en public, tu es une putain », « si tu manges avec plaisir, tu es une truie », « si tu éprouves du plaisir à dormir, tu es une vache », etc. Ces préceptes seraient anecdotiques s’ils ne s’en prenaient pas a l’esprit. »

Plus largement, l'innocence d'Amélie donne lieu à des situations cocasses liées à la différence de culture :

"- Ce qui est certain, c'est que si on en parle pas, il n'y a aucune chance de régler le problème.
- Ce qui me paraît encore plus certain, c'est que si on en parle, il y a de sérieux risques d'aggraver la situation. "

La personnalité attachante de Amélie-San permet de présenter des situations graves, humiliantes, avec humour, à passer outre les orages dégradants grâce à un esprit libre et fantasque.

"La fenêtre était la frontière entre la lumière horrible et l'admirable obscurité, entre les cabinets et l'infini, entre l'hygiénique et l'impossible à laver, entre la chasse d'eau et le ciel. Aussi longtemps qu'il existerait des fenêtres, le moindre humain de la terre aurait sa part de liberté. "

Un roman original qui marque les débuts en littérature d'Amélie Nothomb.

Grand Prix du roman de l’Académie française en 1999.

 

Du même auteur : Frappe toi le coeur

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La femme révélée de Gaëlle NOHANT

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Paris, 1950. Eliza Donneley se cache sous un nom d’emprunt dans un hôtel miteux. Elle a fui Chicago pour une raison inconnue, abandonnant son petit garçon et ne prenant que peu d'affaires, si ce n'est son Rolleiflex. Seule dans Paris, elle doit apprendre à se débrouiller, heureusement quelques belles rencontres lui permettent de se réinventer, même si le manque de son fils se fait de plus en plus sentir. Par le biais de son appareil photo, elle saisit sur le vif la ville et ses habitants.

Ce que j'ai aimé :

Les thèmes en eux-mêmes sont porteurs, le lecteur parcoure le Paris des années 50, les clubs de jazz de Saint Germain des Près, son effervescence culturelle, un appel à la liberté qui semble s'opposer à un Chicago gangrené par la violence.

Ce que j'ai moins aimé :

- Deux romans cohabitent en un puisque la première partie se passe à Paris, et qu'ensuite un saut temporel nous plonge dans le Chicago en 1968, il est dommage de vouloir courir sur deux époques

- Certains passages romantiques frôlent la caricature "j'avais terriblement envie que cet homme me touche"

- Eliza / Violet est un personnage ambivalent, par certains point très antipathique, notamment dans son rapport avec son fils ou dans ses relations amoureuses quelquefois incohérentes...

- Les passages sur les prises de photo ne rendent pas

- A cause du saut temporel et spatial, certains personnages passent à la trappe très rapidement, comme Rosa, qui disparait un peu prématurément

- Au final, beaucoup de sujets sont survolés, mais non approfondis

Bilan : déçue...

 

Présentation de l'éditeur : Grasset

Du même auteur : Légende d'un dormeur éveillé ♥ ♥ ♥ ♥ ; La part des flammes ♥ ♥ ♥ 

 

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