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244 articles avec litterature francaise

A l’angle du renard de Fabienne JUHEL

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 L’auteur :

 Fabienne Juhel a grandi dans la campagne bretonne près de Saint-Brieuc, au milieu des bois, entourée de plumes, d'animaux sauvages et de mégalithes.

Elle obtient son doctorat de Lettres en 1993 avec une thèse sur le poète des Amours jaunes, Tristan Corbière ; publie des articles dans la revue Skol Vreizh.

En 1995, elle est nommée commissaire de l'exposition qui célèbre la naissance du poète, et est chargée, en 2006, du contenu du site officiel Tristan Corbière par la ville de Morlaix.

Elle enseigne les Lettres dans un lycée dans les Côtes-d'Armor, après avoir été chargée de cours à l'Université de Rennes 2. À la demande du littéraire.com, elle a fait paraître en ligne une nouvelle intitulée ...Comme une image dans le cadre de la manifestation « Lire en fête 2005 ».

La Verticale de la lune, son premier roman, a paru chez Zulma en août 2005. Le Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2009 parrainé par la Caisse d’Epargne Bretagne Pays de Loire a été attribué à Fabienne Juhel pour À l’angle du renard (Rouergue, 2009). (Source : Babélio)

 

L’histoire :

" Le Rigoleur, c'est mon nom de famille. Le Rigoleur avec la particule, petite noblesse bretonne oblige. Le Rigoleur, oui, mais pas rigoleur pour deux sous. Qu'est-ce qui me ferait rire, hein ? Est-ce que j'ai une tête à rigoler ? Tiens, ça se saurait si l'habit faisait le moine. " Paysan breton, Arsène Le Rigoleur est ancré à sa terre et à ses secrets. Gare à celui qui ira fouiner sur son territoire et dénicher de vieilles histoires. Des gens de la ville, les Maffart, s'installent dans la métairie voisine, une belle ferme rénovée du XVIIe siècle. Comme ça va être bon, pour les deux gamins, de grandir à la campagne. Mais quand on ne connaît rien à la lune rousse et aux pièges à renard, mieux vaut se tenir à l'écart du Rigoleur et de sa tanière. (Quatrième de couverture)

 

Mon avis :

Où nous faisons la connaissance d’un drôle de bonhomme Arsène le Rigoleur, et si au début on le trouve drôle avec ses préceptes de paysan (« Quand la lune est rousse, il ne faut pas oublier de rentrer son linge. Tout le monde sait ça. Eh bien apparemment pas la nouvelle voisine »), on s’aperçoit bien vite que ce n’est pas un rigolo. Plutôt un taciturne qui cache dans son pelage des histoires lourdes de signification… Et malgré tout, on finira par s’attacher à ce bonhomme bougon toujours sur le fil entre l’homme et l’animal.

C’est un roman très original que nous offre Fabienne Juhel, un roman bien écrit qui instille délicatement de la poésie et du sentiment dans ces fermes arides du fin fond de la Bretagne.

Une très belle découverte.

 

Premières phrases :

« C’est ici qu’il se terre. Non loin des hommes qu’il fréquente à distance, entre chien et loup.

Il a toujours habité ici, dans ce bois, après le village, sur cette butte qu’on appelle Le Tertre. Sans doute parce qu’il y est né. Ça aurait pu être un autre bois, plus au sud, sous un meilleur climat, ça aurait été pareil ; il n’aurait pas bougé. Aucun danger. Est-ce qu’on demande à un arbre d’aller planter son fût ailleurs ? Est-ce que ces choses-là sont mêmes possibles ? »

 

D’autres avis :

Clara ; Papillon ; Ys ;  Cathulu 

 

A l’angle du renard, Fabienne Juhel, Le Rouergue, 2009, 234 p., 17.30 euros

Prochainement en POCHE : A l’angle du renard, Fabienne Juhel, Actes Sud, août 2012, 7.50 euros

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La part manquante de Christian BOBIN

Publié le par Hélène

                                    part manquante

 ♥ ♥

"Il y a, dans l'air chaud, comme un orage qui s'annonce, comme un amour qui s'avance." (p. 84)

 

 L'auteur :

Christian BOBIN est un écrivain français contemporain, auteur de "fragments", des textes en prose poétiques. Il a connu le succés à partir de 1991 avec Une petite robe de fête.

 

Ce que j'ai aimé :

Ceux qui apprécient le charme de Christian Bobin savent que la beauté de ses pages est indéfinissable, elle ne se laisse pas appréhender par des mots tant elle est aérienne et volatile.

Dans ces douze nouvelles, il nous parle d'amour, de solitude, d'enfance, d'écriture, de lecture : 

"Lire c'est s'apprendre soi-même à la maternelle du sang, c'est apprendre qui l'on est d'une connaissance inoubliable, par soi seul inventée. L'enfance tourne avec les pages." (p.23)

"On pourrait recenser les livres suivnat l'embarras d'en parler. il y a ceux engorgés de pensée, de savoir. Tous ces livres ensablés dans l'eau morte des idées. les gens qui vous en parlent vous sont très vite insupportables. Même quand ils lisent beaucoup ils ne lisent pas : ils confortent leur intelligence. Ils font fructifier leur or. Et il y a les livres que l'on ne sait pas dire, à peine montrer du doigt, comme la première étoile dans le ciel mauve." (p. 43)

"Nos attitudes devant la vie sont apprises durant l'enfance, et nous écoutons le chant des lumières comme un nouveau-né entend un bruit de source dans son coeur. Nos attitudes devant l'amour sont enracinées dans l'enfance indéracinable, et nous attendons un amour éternel comme un enfant espère la neige qui ne vient pas, qui peut venir." (p. 76)

La magie agit alors, comme par miracle ...

 

 Ce que j'ai moins aimé :

Les allusions à Dieu sont un peu trop présentes à mon goût...

 

Premières phrases :

"Elle est seule. C'est dans un hall de gare, à Lyon Part-Dieu. Elle est parmi tous ces gens comme dans le retrait d'une chambre. Elle est seule au milieu du monde, comme la vierge dans les peintures de Fra Angelico : recueillie dans une sphère de lumière. Eblouie par l'éclat des jardins. Les solitaires aimantent le regard." 

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Les ruines du ciel 

Autre :  Nos cheveux blanchiront avec nos yeux de Thomas VINAU

 

La part manquante, Christian Bobin, Gallimard Folio, 4.20 euros

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Ils ne sont pour rien dans mes larmes d’Olivia ROSENTHAL

Publié le par Hélène

ils ne sont pour rien dans mes larmes

 ♥ ♥ ♥

  « Le cinéma ouvre à une liberté qui est sans lieu, sans paroles, sans voix, c’est un véritable espace intérieur. » (p. 49)

 

L’auteur :

 Olivia Rosenthal a publié six récits (tous aux éditions Verticales) qui mettent aux prises des personnages obsessionnels, inquiets, décalés, avec un monde dans lequel ils ne se reconnaissent jamais tout à fait. Mes petites communautés (1999), Puisque nous sommes vivants (2000), L’Homme de mes rêves (2002) ou Les Fantaisies spéculatives de J.H. le sémite (2005) s’attachent aux formes étranges que prend la pensée d’un personnage quand, incertain de son identité, il est entièrement laissé à lui-même.

Olivia Rosenthal a également expérimenté des formes d’écriture plus directement adressées : fictions radiophoniques ou pièces de théâtre. Sa première pièce de théâtre Les Félins m’aiment bien éditée chez Actes Sud-Papiers a été mise en scène par Alain Ollivier au théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis en 2005. Depuis elle a écrit deux autres pièces et travaille actuellement sur la part d’oralité que toute écriture recèle.
C’est dans cet esprit qu’elle s’est engagée dans des performances où elle dit en direct et en son nom propre des textes humoristiques, grinçants et décalés sur nos folies ordinaires. Ces textes écrits pour la scène en collaboration avec cinéastes, écrivains ou plasticiens, ont été présentés dans divers lieux artistiques et festivals (Lieu Unique à Nantes, festival des Intranquilles aux Subsistances, Ménagerie de Verre à Paris ou prochainement festival « Court toujours » à la Scène nationale de Poitiers).

Dans le cadre de ce travail qui associe l’écriture à des formes de lectures en direct, elle s’est engagée dans un projet sur l'« architecture en paroles ». Le premier volet est un récit-fiction réalisé pour le 104 : Viande Froide, aux éditions Lignes. Dans cette série toujours, elle a également publié Les Lois de l’hospitalité chez Inventaire-Invention.

Elle propose en mars 2012, dans la collection Minimales, Ils ne sont pour rien dans mes larmes, un récit morcelé qui explore les différentes relations, intenses et intimes, des personnages à leur film préféré. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

« Quel film a changé votre vie ? » C’est la question simple et vertigineuse que pose ce livre. Pour y répondre, quatorze voix singulières racontent comment le cinéma est entré par effraction dans leur existence. C’est un livre sur tous ceux qui fréquentent les salles obscures pour se rassurer, pour oublier, pour se divertir, pour comprendre, pour avoir peur. On y rencontre des acteurs, des couleurs et des sons, des histoires de famille, des exemples à suivre, des motifs de rupture, toute une intimité avec des images souvent anciennes qui, passées au crible de la mémoire, continuent à hanter nos esprits et nos corps.

On y apprend que l’art n’est pas nécessairement coupé de la vie et on se dit que c’est une information à retenir.  (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 Les quatorze personnages qui s’expriment en ces pages ont un lien viscéral très fort avec le cinéma, ou à tout le moins, avec un film vu un jour un peu par hasard. Qu’il soit une claque monumentale, un miroir de nos émotions, qu’il offre une réponse à certaines questions et éclaire des zones d’ombre, qu’il densifie la vie, le film évoqué a laissé une marque indélébile chez le personnage qui en parle. Comme s'il s'était adressé directement à eux, par des voies mystérieuses :

 « Les enfants imaginent que leur père a quelque chose à leur dire. Ils imaginent que leur père n’arrive pas à le leur dire. Ils imaginent que le cinéma dira quelque chose à la place de leur père, que chaque film est une grande histoire parlée qui leur est directement adressée. Au lieu de regarder les images, ils écoutent et écoutent encore comme s’ils entendaient enfin la voix de leurs parents. » (p. 29)

 Le texte regorge d'aphorismes, de phrases lumineuses qui sonnent et résonnent en nous, lecteurs et spectateurs :

 « Quand on est habité par l’art cinématographique, on est plus fort que ses échecs, on croit qu’on pourra par sa seule générosité plier le monde à son désir. » (p. 41)

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Rouge de Krysztof KIESLOWSKI

Tout spectateur se souvient lui aussi d'une osmose parfaite entre lui et un film, il garde en lui la puissance d'une réplique, la force de larmes, la délivrance d'un rire. En cela, ce petit livre sans prétentions émeut profondément le lecteur et lui rappelle la force de cette émotion perdue. Olivia Rosenthal elle-même évoque dans une scène finale avec humour et sensibilité ses propres réactions devant Les parapluies de Cherbourg :

 « La première fois que je vois ce film

En compagnie de mon seul et unique amour

Et d’un couple d’amis

Je pleure tellement

Que je n’ose pas me lever

Ni regarder autour de moi

Ni parler

Et que je reste collée à mon fauteuil

Tête baissée

En faisant semblant d’être très occupée

A chercher quelque chose

Que je n’arrive pas à retrouver.

(…)

Avouer qu’on ne cherche pas ses clefs

Sous les fauteuils d’orchestre du dernier rang

Mais juste qu’on se cache

Pour pleurer

C’est sans doute pénible

Mais ça a l’avantage

D’être clair

Bien qu’à la vérité ça ne permette pas d’élaborer

Une analyse précise et poussée

Des raisons pour lesquelles on est à ce point-là

Affectée. » (p.100)

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Ce que chante Olivia Rosenthal à travers ces personnages n’est pas simplement un hymne au cinéma, mais bien un hommage poignant à la culture, à l’art qui transcende le réel pour mieux le pénétrer et l’imprégner. Cet art influe sur nos vies et dessine des trajectoires dans des destins humains, il est finalement indissociable de la vie même tant les fils qui tissent les fictions et la réalité sont entremêlés…

 

 Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien

 

Premières phrases :

« J’ai le vertige.

Depuis que ma sœur s’est jetée par la fenêtre, j’ai le vertige.

Quand on se jette du septième étage d’un immeuble parisien, sans matériel particulier pour freiner sa chute, on le fait pour mourir.
Parachutes, deltaplanes, ballons, corde, mousquetons, aile, cape, filets, toiles, tapis, matelas
les moyens ne manquent pas d’éviter le pire
si donc on n’utilise pas tous les moyens pour survivre, c’est qu’on se jette pour mourir.

Je me penche, je vacille, je bascule, je lâche, je plonge, je me renverse, je chute, je tombe, je cogne, je percute, je me heurte, je me brise, je m’endommage, je me fracture, je me fracasse, je m’ouvre, je me défais, je me disloque, je me déchire, je me désagrège, j’éclate. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Que font les rennes après Noël

Autre : Nous aurons toujours Paris de Eric FAYE

 

D’autres avis :

Presse : Magazine littéraire  Télérama  L’express  

Blogs : Les 8 plumes  Antigone  

 

Ils ne sont pour rien dans mes larmes, Olivia Rosenthal, Verticales, mars 2012, 109 p., 11.50 euros

 dialogues-croises

 

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Dans les forêts de Sibérie de Sylvain TESSON

Publié le par Hélène

                                          dans les forets de sibérie

  ♥ ♥ ♥

« La forêt resserre ce que la ville disperse. » (p. 43)

   

 L’auteur :

 Écrivain, journaliste et grand voyageur, Sylvain Tesson est né en 1972. Après un tour du monde à vélo, il se passionne pour l'Asie centrale, qu'il parcourt inlassablement depuis 1997. Il s'est fait connaître en 2004 avec un remarquable récit de voyage, L'Axe du loup (Robert Laffont). De lui, les Éditions Gallimard ont déjà publié Une vie à coucher dehors (2009) et, avec Thomas Goisque et Bertrand de Miollis, Haute tension (2009). (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

  Assez tôt, j'ai compris que je n'allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m'installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie.

  J'ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal.
  Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j'ai tâché d'être heureux.
  Je crois y être parvenu.
  Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie.
  Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
  Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ?
  Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

L'expérience que tente l'auteur est fascinante et tout un chacun happé dans une vie urbaine envahissante a sans doute rêvé à un moment ou un autre de se retirer loin du monde pour méditer et faire connaissance avec soi-même...

 « Il fait -33°. Le camion s’est fondu à la brume. Le silence descend du ciel sous la forme de petits copeaux blancs. Etre seul, c’est entendre le silence. Une rafale. Le grésil brouille la vue. Je pousse un hurlement. J’écarte les bras, tends mon visage au vide glacé et rentre au chaud.

J’ai atteint le débarcadère de ma vie.

Je vais enfin savoir si j’ai une vie intérieure. » (p. 36)

L'auteur insiste sur la fulgurance de l'expérience qui atteint une intensité libératrice inimaginable :

  « J’ai avalé presque tout Jack London, Grey Owl, Aldo Leopold, Fenimore Cooper et une quantité de récits de l’école du Nature Writing américain. Je n’ai jamais ressenti à la lecture d’une seule de ces pages le dixième de l’émotion que j’éprouve devant ces rivages. Je continuerai pourtant à lire, à écrire. » (p. 55)

Ses journées se trouvent tout à coup vidées du temps, ce qui lui permet de fonder un autre espace-temps : il redécouvre le monde et le réinvente.

« Moi qui sautais au cou de chaque seconde pour lui faire rendre gorge et en extraire le suc, j’apprends la contemplation. Le meilleur moyen pour se convertir au calme monastique est de s’y trouver contraint. S’asseoir devant la fenêtre le thé à la main, laisser infuser les heures, offrir au paysage de décliner ses nuances, ne plus penser à rien et soudain saisir l’idée qui passe, la jeter sur le carnet de notes. Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l’inspiration sortir. » (p. 43)

  

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 « L’homme libre possède le temps. L’homme qui maîtrise l’espace est simplement puissant. En ville, les minutes, les heures, les années nous échappent. Elles coulent de la plaie du temps blessé. Dans la cabane, le temps se calme. Il se couche à vos pieds en vieux chien gentil et, soudain, on en sait même plus qu’il est là. Je suis libre parce que mes jours le sont. » (p. 72)

Loin de lasser le spectateur passif de l'isolement du narrateur, le ton de son récit teinté d'humour réhausse encore les qualités de son texte :

« « Moins on parle et plus on vivra vieux. » dit Youri. Je ne sais pourquoi mais je pense soudain à Jean-François Copé. Lui dire qu’il est en danger. » (p. 71)

 De plus, Sylvain Tesson n'est jamais isolé très longtemps : il reçoit de nombreuses visites des autochtones, et surtout il est entouré des auteurs à qui il a proposé le voyage, des philosophes, des aventuriers comme lui, des poètes, des hommes -principalement- qui ont nourri des réflexions sur la solitude, sur la vie avec les autres, sur le monde et notre raison d'être à travers lui...

 Dans les forêts de Sibérie est un récit passionnant  nourri de réflexions qui permettent d'éclairer la nuit de ceux qui perdent progressivement le rapport au monde...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 La fin marque le retour à la civilisation mais nous n'avons aucune indication sur la façon dont se passe ce retour... Qu'a-t-il tiré de son expérience, cela a-t-il changé sa façon de vivre en ville, l'homme peut-il profiter du temps qui passe et de la beauté du monde même s'il est englué dans le quotidien d'une vie trépidante... Autant de questions auxquelles le lecteur aimerait avoir des réponses... Peut-être est-ce prévu dans un prochain tome ?

 

Premières phrases :

« Je m’étais promis avant mes quarante ans de vivre en ermite au fond des bois.

Je me suis installé pendant six mois dans une cabane sibérienne sur les rives du lac Baïkal, à la pointe du cap des Cèdres du Nord. Un village à cent vingt kilomètres, pas de voisins, pas de routes d’accès, parfois, une visite. L’hiver, des températures de -30°C, des ours sur les berges. Bref, le paradis. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Une vie à coucher dehors de Sylvain TESSON

Autre : Indian creek : un hiver au coeur des Rocheuses de Pete FROMM

 

D’autres avis :

Blogs : Papillon , Mango , Violette ; Jérôme

Presse :L’Express , Télérama

« L'homme face à la nature… Un livre beau, sobre et dépouillé d'emphase. »

Dominique Fernandez, Le Nouvel Observateur

« Une expérience radicale, un texte magnifique. »

Christophe Ono-Dit-Biot, Le Point

« Peut-être le plus brillant de nos écrivains voyageurs. »

Jérôme Dupuis, L'Express

« Sylvain Tesson avance pour savoir ce qu'il a dans le ventre. »

Marie-Laure Delorme, Le Journal du Dimanche

« Un livre magnétique. »

Florent Georgesco, Le Monde

« Des sensations inédites, un récit précis et poétique. »

Pauline Delassus, Paris Match

 

Dans les forêts de Sibérie, Février-Juillet 2010, Sylvain Tesson, Gallimard, septembre 2011, 288 p., 17,90 euros

 

sylvain-tesson

 

Quelques uns des livres que l'auteur emporte avec lui dans sa cabane :

  

La Ferme africaine, Karen Blixen
Noces, Camus
La chute, Camus
De sang-froid, Truman Capote
Histoire de ma vie, Casanova
Eva, James Hadley Chase
Au cœur du monde, Cendrars

 Vie de Rancé, Chateaubriand

Romans de la Table ronde, Chrétien de Troyes
 Typhon, Conrad
Le poète, Michael Connelly
L’Amant de Lady Chatterley, D.H.Lawrence
Gilles, Drieu la Rochelle
Robinson Crusoé, Daniel Defoe
Un taxi mauve, Déon
Le Mythe de l'éternel retour, Mircea Eliade
American Psycho, B.E.Ellis
Lune sanglante, James Ellroy
Un théâtre qui marche, Philippe Fenwick

Indian Creek, Pete Fromm

La Promesse de l’aube, Romain Gary

 Le Chant du monde, Giono
Elegie de Marienbad, Goethe
Vingt-cinq ans de solitude, John Haines

 Moisson rouge, Dashiell Hammett

Nouvelles complètes, Hemingway
Traité du désespoir, Kierkegaard
L'Insoutenable légèreté de l'être, Kundera
Les hommes ivres de Dieu, Lacarrière
Tao-tö-King, Lao-Tseu
Des pas dans la neige, Erik L'homme
De la nature, Lucrece
Traité de la cabane solitaire, Marcel
Le Pavillon d'Or, Mishima
Fouquet, Morand
Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche
La Dernière frontière, Grey Owl
Des nouvelles d'Agafia, Peskov
Rêveries du promeneur solitaire, Rousseau
La philosophie dans le boudoir, Sade
Odes, Segalen
Le Songe d'une nuit d'été, Shakespeare
Walden, Thoreau
 Vendredi, Michel Tournier
Feuilles d'herbe, Whitman
L'Œuvre au noir, Marguerite Yourcenar
Les Mille et Une Nuits

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La princesse de Clèves de Madame de LA FAYETTE

Publié le par Hélène

princesse de clèves

♥ ♥

 

"J'avoue que les passions peuvent me conduire ; mais elles ne sauraient m'aveugler." (p. 174)

 

L'auteur :

 

Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, plus connue sous le nom de Madame de La Fayette, est une femme de lettres française. Elle est née le 18 mars 1634 à Paris, morte le 25 mai 1693. Elle a écrit le premier roman historique français, La Princesse de Clèves, souvent considéré comme le premier roman moderne. (Source : Babélio)

 

L'histoire :

 

À la cour du roi Henri II, une jeune femme ignorante du monde et élevée selon une morale stricte, fait un mariage de convention avec le prince de Clèves avant d’éprouver auprès de M. de Nemours les ravages de la passion amoureuse.

Tenant à la fois des mémoires, du roman baroque et du roman héroïque, La Princesse de Clèves est au confluent de plusieurs genres. Cette œuvre inclassable, à la fois roman et nouvelle, fonde le roman psychologique moderne. (Présentation Hatier)

 

Ce que j'ai aimé :

 

La princesse de Clèves est le récit d’un amour tragique : tragique pour la princesse elle-même parce que cet amour lui est interdit puisqu’elle ne peut s'y livrer sans trahir son mari. Mais tragique aussi pour le prince de Clèves, homme dévoré par la jalousie que sa femme a provoquée malgré elle en lui avouant sincèrement ses sentiments envers le duc de Nemours.

 

"Adieu, Madame, vous regretterez quelque jour un homme qui vous aimait d'une passion véritable et légitime. Vous sentirez le chagrin que trouvent les personnes raisonnables dans ces engagements, et vous connaîtrez la différence d'être aimée, comme je vous aimais, à l'être par des gens qui, en vous témoignant de l'amour, ne cherchent que l'honneur de vous séduire." (Tome IV)

 

Le conflit entre désir et raison imposée par la morale est au cœur du roman, et en transcendant ses aspirations passionnées, la princesse devient un modèle de vertu, un modèle de liberté, et bien plus encore :

 

« Elle sait quels désastres apportent dans la vie d'une femme une passion illégitime, de quel prix il faut payer certaines joies interdites. Elle sait aussi à quelles humiliations elle s'exposerait, dans quels enchaînements de mensonges elle serait entraînée. Son honneur pas plus que sa raison ne lui permettent de faiblir. (...) Il est beau de n'attendre rien de la vertu, ni les récompenses de l'au-delà, ni les satisfactions de la conscience, ni la considération mondaine : rien que la vertu même, si ce mot signifie la dignité habituelle des pensées et de la conduite, la maîtrise de soi, l'intégrité du caractère." (Préface d’Antoine Adam)

 

La tragédie s’étend bien au-delà des seules barrières maritales : quand la princesse sera libre d’avouer ses sentiments au duc de Nemours, elle s’y refusera.  Elle ne veut pas pervertir l'amour qu'elle ressent pour le duc. En y cédant, elle se heurterait à son affaiblissement progressif, à son usure inéluctable, à sa déchéance. Elle vit une passion absolue avec ce qu'elle induit : renoncement et mort, comme dans les tragédies antiques. Choisir la raison c'est construire une vie sans imprévu, monotone, mais choisir la passion est synonyme de douleur et d'aliénation. Pour Madame de La Fayette, tout bonheur est impossible.

 

Le roman peint avec minutie la force des apparences à la cour, la dissimulation constante nécessaire à sa survie dans un monde factice, univers de l’artifice par excellence. Chaque parole, chaque action se doit d’être mesurée, soupesée…  La sincérité de la princesse, somme toute très morale, perdra le prince qui aurait préféré rester dans l’ignorance des sentiments de sa femme adorée.

 

La princesse de Clèves est un roman classique dont l'objectif est de "viser l'essence de l'être humain, la connaissance des valeurs universelles et non conjoncturelles." En cela il  est atemporel, et permet au lecteur de tous les siècles de s'interroger sur des sujets divers afin d'esquisser un semblant de réponse. Les multiples ramifications offertes par la lecture des oeuvres classiques forment l'esprit et le coeur du lecteur moderne bien plus sûrement que la frivolité d'une existence sans art...

 

La beauté de ce roman, la nouveauté du sujet à l'époque et sa façon de manier la morale en feront l’ancêtre du roman moderne.

 

Ce que j'ai moins aimé :

 

Quelques passages plus rebutants concernant les intrigues annexes, sentimentales et politiques.

 

Premières phrases :

 

"La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. Ce prince était galant, bien fait et amoureux ; quoique sa passion pour Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, eût commencé il y avait plus de vingt ans, elle n'en était pas moins violente, et il n'en donnait pas des témoignages moins éclatants."

 

La polémique liée à Nicolas Sarkozy:

 

L’express :

 

La princesse de Clèves défie le président

Par Debril Laurence et Mandonnet Eric et , publié le 26/02/2009 à 18:40

A force de se moquer d'elle, Nicolas Sarkozy en a fait un signe de ralliement contre lui. La princesse de Clèves, première opposante de France?

C'est une liaison ancienne, entamée sur les bancs du lycée, et qu'il ne parvient pas à oublier. L'aurait-elle fait trop souffrir? La princesse de Clèves n'appartient plus seulement à Mme de La Fayette; elle forme désormais avec Nicolas Sarkozy un couple aussi inattendu qu'emblématique. Le président y est pour beaucoup, qui n'a que son nom à la bouche. Pendant la campagne, il la moquait presque autant que son adversaire socialiste. Comme ce 23 février 2006, à Lyon, devant des militants UMP: "L'autre jour, je m'amusais [...] à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de La Princesse de Clèves... Imaginez un peu le spectacle!" 

Son obsession ne le quittera pas après son arrivée à l'Elysée. Le chef de l'Etat l'évoque à nouveau, le 4 avril 2008, lors d'un discours sur la modernisation des politiques publiques et la réforme de l'Etat, en défendant "la possibilité pour quelqu'un d'assumer sa promotion professionnelle sans [...] réciter par coeur La Princesse de Clèves". Lors d'une rencontre organisée par la Ligue de l'enseignement, en juillet 2008, il trouve encore le moyen d'y faire référence. Il lui arrive même d'en parler sans prononcer son nom, dans une allusion limpide, comme dans cette interview à 20 Minutes, en 2007: "Le contribuable n'a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne si, au bout, il y a 1 000 étudiants pour deux postes [...]. Le plaisir de la connaissance est formidable, mais l'Etat doit se préoccuper d'abord de la réussite professionnelle des jeunes." 

La princesse de Clèves est devenue le symbole de la résistance à la rentabilité.

A la longue, La Princesse revisitée par le président blesse le coeur des lettrés. Ils organisent la riposte, du réalisateur Christophe Honoré, qui affirme avoir tourné son dernier long-métrage, La Belle Personne, afin "d'apporter un démenti en forme de film", aux enseignants, prompts dorénavant à organiser des lectures publiques de l'oeuvre dans les rues de Paris, d'Avignon et de Montpellier. "Nous croyons que sans la complexité, la réflexion et la culture la démocratie est morte", explique Sophie Rabau, maître de conférences à Paris III, organisatrice de la représentation parisienne. "On veut nous obliger à ne nous intéresser qu'à des choses rentables, qui amélioreront la compétitivité française, s'agace Christine, chercheuse à l'Institut national d'études démographiques. Mais ce n'est pas comme cela qu'on fait évoluer une société! L'université, c'est aussi le lieu de la beauté et pas forcément de la performance, de la pensée et pas toujours de la rentabilité..." 

La Princesse de Clèves n'est plus aujourd'hui le premier roman moderne de la littérature française. C'est devenu à la fois un symbole -l'inutile a-t-il encore le droit à l'existence?- et une attaque contre la personne même du président, caricaturé en être inculte. "Nicolas Sarkozy a seulement voulu souligner le fossé entre les programmes des concours et la réalité quotidienne des gens, explique l'un de ses conseillers. Ceux qui le critiquent manquent-ils à ce point d'humour pour prendre cette histoire au premier degré?" L'Elysée n'a toutefois pas pris l'affaire complètement à la légère. Quelques touches de culture, d'une visite d'exposition à une soirée à la Comédie-Française, sont venues distraire l'agenda présidentiel. Plus que jamais, la princesse de Clèves aura montré à quel point elle pouvait être précieuse... 

A lire aussi : Le Monde, 24 heures philo

 Vous aimerez aussi :

   Le scandale de la saison de Sophie GEE

 

La princesse de Clèves, Madame de la Fayette, plusieurs éditions disponibles.

 A découvrir aussi ici : http://lettres.ac-rouen.fr/francais/tendre/cleve1.html

 

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Lambeaux de Charles JULIET

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 « Et tu sais qu’en dépit des souffrances, des déceptions et des drames qu’elle charrie, tu sais maintenant de toutes les fibres de ton corps combien passionnante est la vie. » (p. 155)

 

L’auteur :

 Charles Juliet est né en 1934 à Jujurieux (Ain). À trois mois, il est placé dans une famille de paysans suisses qu’il ne quittera plus. À douze ans, il entre dans une école militaire dont il ressortira à vingt, pour être admis à l’École de Santé Militaire de Lyon. Trois ans plus tard, il abandonne ses études pour se consacrer à l’écriture. Il travaille quinze ans dans la solitude avant de voir paraître son premier livre (Fragments préfacé par Georges Haldas). Il vit à Lyon.
Une nouvelle édition en format poche de L'Autre faim aux éditions POL est prévue pour décembre 2011.
En janvier 2012 paraîtra Hadewijch d'Anvers, une femme ardente, dans la collection " Sagesses " de Points.
Charles Juliet prépare pour les éditions P.O.L une anthologie de ses poèmes et le prochain tome de son Journal.

 L’histoire :

Lambeaux est un récit autobiographique dans lequel Charles Juliet évoque sa mère qu’il n’a pas connue – morte de faim après huit ans d’enfermement abusif en hôpital psychiatrique – et le rôle que, malgré cette absence, ou à cause de cette absence, elle a joué dans sa vie d’homme et dans sa formation d’écrivain.
Dans un second temps, il nous relate son parcours : la famille adoptive, l’enfance paysanne, l’école d’enfants de troupe, puis les premières tentatives d’écriture, lesquelles vont progressivement déboucher sur une toute autre aventure : celle de la quête de soi. Une descente aux enfers sera le prix à payer pour qu’un jour puisse éclore la joie grave et libératrice de la seconde naissance.
Dans cette démarche obstinée il trouve la force de se mesurer à sa mémoire pour en arracher les moments les plus enfouis, les plus secrets, et les plus vifs. L’auteur devient son propre historien et nous livre un texte « pour finir encore ». (Présentation de l’éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

Charles Juliet nous offre le portrait émouvant d’une mère idéaliste exceptionnelle aux aspirations quasi philosophiques et qui ne peut pas se contenter d’une vie commune banale. Elle se trouve dans l’incapacité d’exprimer son mal-être et sombrera peu à peu, enfermée en elle-même.

 « Toujours en toi cette nostalgie de tu ne sais quoi, ce besoin incoercible d’une vie dégagée de toute entrave une vie libre et riche, vaste, intense, une vie où ne règneraient  que bonté, compréhension et lumière. » (p. 72)

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« T’enfuir… marcher sans fin sur les routes… aller là où tout pourrait recommencer…là où tu ne connaîtrais plus ni la peur ni l’angoisse ni la honte… là où les humains vivraient dans la concorde, n’auraient pour leurs semblables que respect, attention, bonté… là où peut-être le temps ni la mort n’existeraient plus… là où la vie ne serait que joie, bonheur, félicité… Mais  ces rêves et ces divagations sont de courte durée, car la réalité est là, que tu ne saurais oublier. Alors une lourde mélancolie s’empare de toi. Ce que tu ressens et penses est comme amorti, la vie ne te traverse plus, semble s’écouler ailleurs, et il n’est rien qui puisse te tirer de ta désespérance.» (p. 76)

 « Heures merveilleuses des voyages immobiles ! Tu lisais un poème, méditais en contemplant la reproduction d’une toile, dialoguais avec un philosophe de l’Antiquité, et le temps ainsi que tout ce qui t’enténébrait se trouvaient instantanément abolis. Tu rencontrais là ce qui en toi reposait encore dans des limbes, et tu vivais des heures exaltées à sentir que tu t’approchais de la source. Ces hommes et ces femmes dont les œuvres t’ont aidé à te mettre en ordre, dénuder ton centre, glisser parfois à la rencontre de l’impérissable, de quel profond amour tu les as aimés. » ( p. 148)

 

Il ne s’agit pas ici d’établir une véritable biographie, mais plus d’évoquer des états de conscience, de peindre la vie intérieure dense de ces femmes. Les lambeaux de pensée s’ajoutent les uns aux autres pour faire revivre ces mères essentielles. L’écriture permet d’approcher au plus près la magie de l’enfantement.

« En écrivant, se délivrer de ses entraves, et par là même, aider autrui à s’en délivrer. Parler à l’âme de certains. Consoler cet orphelin que les non-aimés, les mal-aimés, les trop-aimés portent en eux. Et en cherchant à apaiser sa détresse, peut-être adoucir d’autres détresses, d’autres solitudes. » (p. 124)

Un très bel hommage rendu à ces mères dévouées et au pouvoir rédempteur de l'écriture...

 Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien

 Premières phrases :

 « Tes yeux. Immenses. Ton regard doux et patient où brûle ce feu qui te consume. Où sans relâche la nuit meurtrit la lumière. Dans l’âtre, le feu qui ronfle, et toi, appuyée de l’épaule contre le manteau de la cheminée. »

 Vous aimerez aussi :

 Le livre de ma mère de Albert COHEN

 

POCHE : Lambeaux, Charles Juliet, Folio, avril 1997, 5.95 euros

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L’enchantement des lucioles de Valérie TORDJMAN

Publié le par Hélène

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  ♥ ♥

« Qu’est-ce que la photographie sinon des filets à papillons démaillés qui laissent passer la lumière intermittente du réel ? » (p.110)

 

 L’auteur :

 Valérie Tordjman est née en 1960 et vit à Paris. Après des études d'histoire de l'art et d'esthétique, elle a travaillé pour le ministère de la Culture, le Centre national de la photographie et la Caisse des Monuments historiques. Elle est l'auteur de L’Atelier anthropophage (Belfond, 2002), La Pornographie de l'âme (Le Passage, 2004) Médor & Diego (Le Passage, 2006), Une fraction de seconde (Le Passage, 2008),

et Le Jour d’avant (Le Passage, 2010).

 

L’histoire :

Vers 1850, pour rejoindre son époux à la manufacture hollandaise de Nagasaki, Alexandra Van Polder brave les océans et les convenances. Avec elle, débute la saga océanique des Polder.

Entre le Japon et l’Amérique, c’est le choc de l’Ancien et du Nouveau Monde, des histoires d’hommes qui domptent les mers et de femmes qui se jettent à l’eau par amour, une merveilleuse alchimie d’image et de magie qui se rejoignent par-delà le temps et les océans jusqu’à Sarah, son arrière-arrière-petite-fille.
Et à travers ces êtres de chair et de passions : l’odeur du rivage, le bruissement de la soie, l’arrivée des immigrants sur l’île de Manhattan, la construction du Brooklyn Bridge et partout, d’un continent à l’autre, d’un siècle à l’autre, de l’eau, l’eau primordiale, miroitante, dangereuse. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Valérie Tordjman nous convie dans un univers mouvant, fluctuant, au sein duquel les femmes s'épanouissent dans une vie métaphorique dense et passionnante.

 « A cet instant, aux antipodes, pareille aux algues phosphorescentes en mer, aux petites lueurs verdâtres des vers luisants sur terre, aux étoiles du ciel et, dans l’air, aux lucioles qui émettent en morse lumineux la fugacité de leur apparition, Sarah Polder se tenait là.

Toujours au bord de sa vie vivante.

Déjà plus là. » (p. 136)

Les images sont au coeur du texte comme au coeur des destinées des femmes pour qui la photographie, l'illusion, la magie constituent une raison d'être et de devenir. Alexandra a mis au point un procédé pour photographier alliant les techniques nouvelles de Daguerre et de Cutting et sa fille Sarah découvre avec tout autant de plaisir et de passion l'art et les secrets de la photographie.  

 « L’image, la magie, leurs escamotages et autres métamorphoses luttaient à la surface du monde contre le réel, la crédulité, le chagrin ; contre l’amour aussi. Et la mort devait être de la partie. » (p. 83)

 Un beau roman aux accents mélancoliques.

 

Ce que j’ai moins aimé :

Un texte qui se laisse difficilement saisir, aussi fuyant que l’eau qu’il évoque.

 

Premières phrases :

« Voir brûler de l’eau, l’expression est aussi ancienne que le creux pays : la Hollande des polders. Voir brûler de l’eau, c’est n’en pas croire ses yeux, ce qui avait dû lui arriver car, en même temps que les langues de feu s’éparpillaient dans la nuit noire des Caraïbes, sa lanterne magique émettait de petites lumières intermittentes dessinant sur la coque fraîchement repeinte du navire une pantomime de spectres familiers, à commencer par elle : Sarah. »

 

 L’enchantement des lucioles, Valérie Tordjman, Le passage, mars 2012, 144 p., 14 euros

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La controverse de Valladolid de Jean-Claude CARRIERE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 

 « Il est dans la nature humaine, frère Bartolomé, de raconter beaucoup et de réfléchir peu. » (p. 59)

 

L’auteur :

 

Né dans une famille de viticulteurs, Jean-Claude Carrière est un ancien élève du Lycée Lakanal et de l'Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud. Après une licence de Lettres et une maîtrise d'Histoire, il abandonne rapidement sa vocation d'historien pour le dessin et l'écriture. Il publie en 1957 son premier roman, 'Lézard', et rencontre Pierre Etaix chez Jacques Tati avec qui il cosigne des courts et des longs métrages. Sa collaboration avec Bunuel durera dix-neuf ans jusqu'à la mort du grand réalisateur. Parallèlement, il poursuit sa carrière de dramaturge et adaptateur en particulier avec Jean-Louis Barrault et Peter Brook. Parmi les scénarios écrits par Jean-Claude Carrière, notons 'Le Tambour', 'Un papillon sur l'épaule' ou encore 'Le Retour de Martin Guerre' qui lui vaut le césar du meilleur scénario en 1983. Il s'attaque également à l'adaptation d'oeuvres littéraires comme 'Cyrano de Bergerac', 'Le Roi des Aulnes' ou encore 'L' insoutenable légèreté de l'être'. En 2007, il co-signe avec le réalisateur le scénario du film de Volker Schlondorff, 'Urzhan' qui est présenté au Festival de Cannes. Ecrivain, scénariste et à ses heures acteur et réalisateur, Jean-Claude Carrière est un artiste complet qui vogue entre cinéma et littérature.

 

Source: Evene.fr

 

L’histoire :

 

En 1550, une question agite la chrétienté : qui sont les Indiens ? Une catégorie d'êtres inférieurs qu'il faut soumettre et convertir ? Ou des hommes, libres et égaux ?
Un légat envoyé par le pape doit en décider. Pour l'aider, deux religieux espagnols. Tout oppose Ginès de Sépulvéda, fin lettré, rompu à l'art de la polémique, et Bartholomé de Las Casas, prêtre et homme de terrain ayant vécu de nombreuses années dans le Nouveau Monde. Le premier défend la guerre et son cortège d'atrocités au nom de Dieu. Le second lutte contre l'esclavage des Indiens. Un face-à-face dramatique dont l'écho retentit encore.

 

 

Ce que j’ai aimé :

 

 

« La controverse de Valladolid est un évènement historique, mais elle ne s’est pas déroulée

comme je la raconte ici. Si elle opposa, avec beaucoup d’âpreté, le dominicain Las Casas et son adversaire Sepúlveda, il n’est pas sûr qu’ils se rencontrèrent et débattirent en public. On sait qu’ils échangèrent des textes, lesquels furent discutés, que Las Casas parla longuement (au point de fatiguer son auditoire), et que la controverse fut reprise l’année suivante, en 1551. Les conclusions n’en furent jamais officiellement proclamées. L’intervention d’un légat du pape, l’apparition des colons, des Indiens, la concordance chronologique entre les décisions finales, tout cela je l’ai inventé, en essayant de rester près du vraisemblable, en tout cas du possible. (…) Je n’ai rien inventé dans les considérations théologiques, raciales et culturelles. J’ai même serré de près le vocabulaire. » (Note d’introduction de l’auteur)

 

Jean-Claude Carrière adapte ici un pan de l'histoire : il s'inspire de faits réels dont il retrace les grandes lignes (la conquête des territoires amérindiens, sa violence, la réunion des deux hommes sous l'égide de Charles Quint...) mais en bon écrivain il s'attache à des problématiques plus universelles avec comme thème central l'ethnocentrisme. 

 

« Dans les premiers temps de son installation, comme les autres, il estimait que le castillan devait naturellement s’imposer, il ne prêtait qu’une attention restreinte aux langages qu’il entendait et qui tous lui semblaient barbares. (…)

A mesure que les  années passaient, il découvrait petit à petit que ce langage, tenu pour primitif et limité, parvenait à exprimer, à sa manière, non seulement les objets matériels les plus rares, les plus singuliers, mais aussi la subtilité des émotions, le chemin variable des sentiments. » (p 155)

 

La religion est un sujet central de la controverse, mais l’humanité en général est questionnée à travers ces actes barbares et sanguinaires, offrant une vision désabusée des hommes capables de tant de sauvagerie. En cela, ce roman reste atemporel et constitue une référence dans le domaine de la colonisation et de la confrontation des peuples.

 

« Inhumaine logique, qui emprisonne dans des mots tout le brouillard des sentiments. » ( p. 169)

 

« Pourquoi avons-nous fait ce que nous avons fait ? Pourquoi toutes ces marches, et ces tempêtes, et ces batailles continuelles ?

-          Dieu l’a voulu.

-          Mais justement : pourquoi l’a-t-il voulu ? Pourquoi a-t-il collé les yeux de la plupart des hommes avec de la glu ? Pourquoi les a-t-il envenimés du goût de l’or et de la possession ? pourquoi a-t-il donné à certains l’intelligence la plus fine pour défendre l’horreur totale ? Lui qui est l’éternel amour et la puissance sans limites, pourquoi nous a-t-il tirés vers le contraire de l’amour ? Pourquoi la haine et la violence sont-elles si fortes, si durables, si constamment établies dans nos cœurs ? Ladrada, mon vieux Ladrada, pourquoi ne sommes-nous pas comme les anges ? » (p. 193)

  

  La grande force de ce récit est de placer face à face deux stratégies argumentatives élaborées, sous forme d'un dialogue vivant et totalement accessible. Le fait d'avoir introduit une statue du dieu aztèque, puis deux indiens, puis des bouffons au sein de "l'arène" permet d'éviter de trop longs discours purement théoriques qui s'avèreraient rapidement soporifiques pour un lecteur lambda.

   

 Le rebondissement final est tout à fait surprenant !

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien

 

Premières phrases :

 

« Des peuples nouveaux. Qui sont-ils ?

Les habitants du Japon, de la Chine, que Marco Polo visita ? Les descendants d’une des tribus perdues d’Israël ? Les hommes fabuleux de Thulé, dont on parlait depuis l’Antiquité, depuis qu’un navigateur marseillais, nommé Pithéas, au retour d’un périple dans le grand océan de l’Ouest, avait raconté monts et merveilles ? Mais les Marseillais exagèrent, chacun sait ça. »

 

D’autres avis :

 

Brize 

 

Vous aimerez aussi :

 

Le film

 

La controverse de Valladolid, Jean-Claude Carrière, Pocket, 1993, 5.20 euros

 

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Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de VIGAN

Publié le par Hélène

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Prix Renaudot des lycéens 2011

Prix France Télévisions 2011

 

L’auteur :

 

Delphine de Vigan est notamment l’auteur du best-seller No et moi, plus de 400 000 exemplaires vendus toutes éditions Prix des Libraires 2008, adapté au cinéma par Zabou Breitman, et des Heures souterraines (2009), près de 100 000 exemplaires vendus en édition première et traduit dans le monde entier. Elle faisait partie de la dernière sélection du Goncourt. Elle vit à Paris.

 

L’histoire :

 

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

 

Mon avis :

 

Rien ne s’oppose à la nuit est un roman dont on demeure prisonnier dès les premières pages amorcées. Il ferre le lecteur avide de connaître l’ensemble du portrait offert par Delphine de Vigan, impatient d’aller jusqu’au bout du malheur, pour, peut-être entrevoir ensuite une once d’éclaircie. Heureusement, Delphine de Vigan, entre deux chapitres consacrés à la souffrance liée à sa famille, désamorce l’angoisse en revenant au présent et en décrivant son propre processus d’écriture. Ces chapitres sont comme des bouffées d’air avant de retourner en apnée dans les pages plus dures.

 

La question que j’ai fini à me poser est « pourquoi s’infliger cette épreuve en tant que lectrice ? » Je conçois que l’auteure ait besoin de se délivrer, de rompre la malédiction, de comprendre :

 

« Je ne me suis jamais vraiment intéressée à la psycho-généalogie ni aux phénomènes de répétition transmis d’une génération à une autre qui passionnent certains de mes amis. J’ignore comment ces choses (l’inceste, les enfants morts, le suicide, la folie) se transmettent.

Le fait est qu’elles traversent les familles de part en part, comme d’impitoyables malédictions, laissent des empreintes qui résistent au temps et au déni. » (p. 283)

 

« A la fois pour moi-même et pour mes enfants – sur lesquels pèse, malgré moi, l’écho des peurs et des regrets- je voulais revenir à l’origine des choses.

Et que de cette quête, aussi vaine fût-elle, il reste une trace. » (p. 297) 

 

«  J’écris ce livre parce que j’ai la force aujourd’hui de m’arrêter sur ce qui me traverse et parfois m’envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, parce que je veux cesser d’avoir peur qu’il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l’emprise d’une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, de mon énergie, de ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra dans l’ombre. »

 

Mais cette plongée en apnée m’a mise mal à l’aise, comme si je rentrais trop avant dans l’univers intime et psychanalytique de l’auteure, au risque de m’y perdre. Je n'ai pas saisi l'intérêt de cette plongée asphyxiante pour un lecteur lambda, je suis passée à côté du texte... 

 

 « Pourtant, toute tentative d’explication est vouée à l’échec. Ainsi devrai-je me contenter d’en écrire des bribes, des fragments, des hypothèses.

L’écriture ne peut rien. Tout au plus permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. » (p. 47)

 

Premières phrases :

 

« Ma mère était bleue, d’un bleu pâle mêlé de cendres, les mains étrangement plus foncées que le visage, lorsque je l’ai trouvée chez elle, ce matin de janvier. Les mains comme tâchées d’encre, au pli des phalanges. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Les heures souterraines

Autre : Annie ERNAUX

 

D’autres avis :

Yv Leiloona, Clara, Canel, Mango, Sylvie Emeraude Babélio

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine DE VIGAN, JC Lattès, août 2011, 440 p., 19 euros

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Je n’ai pas fini de regarder le monde de David THOMAS

Publié le par Hélène

                                             je n'ai pas fini de regarder le monde

 ♥ ♥

 « Je ne sais pas pourquoi je raconte tout ça, sans doute parce que j’aimerais moi aussi savoir qui je suis. »

 

 L’auteur :

 

Après avoir été journaliste pendant une quinzaine d’années, David Thomas se consacre aujourd’hui à l’écriture. Il a publié plusieurs pièces de théâtre, un recueil de nouvelles, La patience des buffles sous la pluie (prix de la Découverte 2009 de la Fondation Prince Pierre de Monaco), et un roman, Un silence de clairière (prix Orange du Livre 2011).

 

L’histoire :

 

 Un homme qui ne peut se passer des hurlements de sa femme, un autre qui se fait arrêter par la police juste pour fumer une cigarette au chaud, un petit monsieur sous une maîtresse de 192 kilos, une femme qui rêve de mettre KO son conjoint sur un ring… Avec ces 75 nouvelles, David Thomas s’invite une nouvelle fois dans les interstices de nos vies. Rien n’est épargné, notre ridicule, nos cruautés, nos faiblesses ou nos inavouables arrangements avec nous-mêmes. Mais qu’ils nous fassent rire ou nous serrent le ventre, tous ces personnages portent aussi en eux ce qui peut faire de l’humain un être attachant à côté de qui on a envie de s’asseoir. (Présentation de l’éditeur)

 

Mon avis :

  

 Comme dans La patience des buffles sous la pluie, David Thomas fait preuve d’une acuité sentimentale et restitue avec délicatesse et justesse les travers de la vie de couple, les questionnements qui restent sans réponses, les hésitations, la solitude intrinsèque à toute relation…

 

 « Quand je pense à tout ce qu’il me reste à parcourir avec toi, à te supporter et à me rendre supportable, à ces trois enfants que nous voulons et qu’il faudra élever et soutenir, quand je pense à tous ces guets qui m’attendent, à ces plaines d’ennui et de quotidien qu’il faudra traverser, à ces difficultés qu’il faudra gravir, ces pièges qu’il faudra déjouer, quand je pense à tout cela, j’aimerais être débarrassé de toute pensée et devenir comme ces bêtes qui, par milliers, lors des transhumances, parcourent des pays entier en s’en remettant à leur instinct et à la force du groupe. Alors que moi je me sens si seul avec ma vie. » (p. 41)

 

« Si tu savais comme je me sens seul quand tu ne cesses de m’interroger, quand tu exiges que l’on parle pour dénouer de faux problèmes, que l’on se dise ce qui ne va pas pour analyser nos sentiments et nos émotions. Que nous décortiquions et décomposions tout ce que nous éprouvons pour mieux clarifier les choses, dis-tu, mieux les rendre opaques et les emmêler, pensais-je. Comme je me sens seul quand tu déverses sur moi un torrent de mots pour calmer tes angoisses et que ces angoisses ne sont pour moi que le reflet de ton refus d’accepter, enfin, ce que je suis. Si tu savais comme je me sens seul quand je lis dans tes yeux ce souhait plus fort que les pierres que je sois un autre homme. » (p. 73)

 

Mais à la différence des textes de La patience, tous les textes ici ne tombent pas justes, l’ensemble est inégal et plutôt pessimiste, comme si le spectre de la dépression attendait l’auteur, tapi dans l’ombre. Les chutes ne sont pas toutes vertigineuses et tombent quelquefois à plat, comme certains textes, trop collés à la banalité d’une réalité quotidienne pour être percutants.

 

Premières phrases :

 

« J’adore entendre les voisins faire l’amour. Etre le témoin du plaisir ou du bonheur des autres me rassure sur l’état du monde. Je suis capable de tout arrêter pour écouter attentivement les pleins et déliés du sexe derrière une cloison. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La patience des buffles sous la pluie de David THOMAS

 Autre : Carole Fives

 

Je n’ai pas fini de regarder le monde, David Thomas, Albin Michel, février 2012, 173 p., 15 euros

 

 

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