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litterature francaise

Trilogie des cimes de Olivier SALON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

L'auteur raconte trois de ses expéditions en montagne : l'une au Huascaran dans la Cordillère blanche avec 8 autres acolytes dont un chef d'expédition surnommé la Pintade, une ascension de El capitan dans le Yosemite et enfin une traversée dans le massif du Mont Blanc avec sa fille.

Il propose ainsi trois nouvelles très différentes : la première, pourtant tragique est teintée d'humour, la deuxième est rédigée en vers, et la troisième apparait bien plus technique. l'auteur étant membre de l'oulipo, cela explique sans doute les choix d'écriture très différents.

Si j'ai un faible pour la première, toutes les trois nous plongent dans cet univers sauvage dans lequel tout peut basculer à tout moment, où chaque pas est un suspens attaché au-dessus du vide, mais aussi un univers où la beauté surgit inopinément, brusquement et souvent.

"Ce mélange fort subtil d'effort et de somptuosité des paysages, de bataille contre les éléments (qui sortent parfois vainqueurs), de matériel à bien doser, le rapport avec les compagnons de cordée, le partage de cette joie essentielle avec ses amis, avec ses enfants, les nuits glacées dans la neige ou dans l'altitude que vient contrebalancer la chaleur des liens que tisse la montagne avec les compagnons, c'est ce que m'ont offert et continuent de m'offrir la montagne et l'escalade. C'est ce qui me pousse à toujours y retourner.

Si j'ajoute à cela les imprévus : orages, cordes coincées, erreurs d'itinéraire, corde trop courte, cheveux coincés dans le descendeur, tombée brusque du brouillard le jour où la boussole est absente du sac... j'aurai dit que l'aventure en montagne est avant tout humaine, et qu'aucun topo ne saurait la décrire. " (préface)

Présentation de l'éditeur : Transboréal

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Germinal de Emile ZOLA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

« L’ouvrier ne pouvait pas tenir le coup, la révolution n’avait fait qu’aggraver ses misères, c’étaient les bourgeois qui s’engraissaient depuis 89, si goulûment, qu’ils ne lui laissaient même pas le fond des plats à torcher. » p 128

Germinal suit la trajectoire de Etienne Lantier qui arrive dans la petite ville de Montsou et se fait embaucher dans les mines. Il découvre un monde âpre qui permet à peine aux familles de survivre, un monde de misère, des hommes et des femmes hantés par la faim, soumis aux familles plus riches, peu enclines à écouter "les classes inférieures". Peu à peu, la révolte gronde et s'organise.
Le roman s'inspire de la grève en 1884 des mineurs d'Anzin où se tient une grève de 12 000 miniers. Zola se documente également dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais : il interroge les mineurs et ingénieurs sur leur vie quotidienne et rencontre en particulier Émile Basly, meneur de la grève. Il dépeint alors la vie harassante des « gueules noires », l'émergence de la classe ouvrière, la nécessité d'une lutte sociale pour plus de justice sociale. les mineurs étant juste libres de crever de faim.

« Non, sûrement, la vie n’était pas drôle. On travaillait en vraies brutes à un travail qui était la punition des galériens autrefois, on y laissait la peau plus souvent qu’à son tour, tout ça pour ne pas même avoir de la viande sur sa table, le soir. Sans doute on avait sa pâtée quand même, on mangeait, mais si peu, juste de quoi souffrir sans crever, écrasé de dettes, poursuivi comme si l’on volait son pain. Quand arrivait le dimanche, on dormait de fatigue. Les seuls plaisirs, c’était de se soûler ou de faire un enfant à sa femme ; encore la bière vous engraissait trop le ventre, et l’enfant, plus tard, se foutait de vous. Non, non, ça n’avait rien de drôle. »

Les rêves des uns et des autres forment une émulation qui permettra malgré tout, d'avancer, peu à peu, malgré des embûches et tragédies.

« Et il songeait à présent que la violence peut-être ne hâtait pas les choses. Des câbles coupés, des rails arrachés, des lampes cassées, quelle inutile besogne ! Cela valait bien la peine de galoper à trois mille, en une bande dévastatrice ! Vaguement, il devinait que la légalité, un jour, pouvait être plus terrible. Sa raison mûrissait, il avait jeté la gourme de ses rancunes. Oui, la Maheude le disait bien avec son bon sens, ce serait le grand coup : s’enrégimenter tranquillement, se connaître, se réunir en syndicats, lorsque les lois le permettraient ; puis, le matin où l’on se sentirait les coudes, où l’on se trouverait des millions de travailleurs en face de quelques milliers de fainéants, prendre le pouvoir, être les maîtres. Ah ! quel réveil de vérité et de justice ! Le dieu repu et accroupi en crèverait sur l’heure, l’idole monstrueuse, cachée au fond de son tabernacle, dans cet inconnu lointain où les misérables la nourrissaient de leur chair, sans l’avoir jamais vue. »

Et pour finir l'espoir de la renaissance, l'espoir d'un monde nouveau, chanté dans des pages magnifiques et lumineuses.

Zola lui-même dira : « Ce que j'ai voulu, c'est crier aux heureux de ce monde, à ceux qui sont les maîtres : "Prenez garde, regardez sous terre, voyez ces misérables qui travaillent et qui souffrent. Il est peut-être temps encore d'éviter les catastrophes finales. Mais hâtez-vous d'être justes, autrement, voilà le péril : la terre s'ouvrira et les nations s'engloutiront dans un des plus effroyables bouleversements de l'Histoire. »

Un incontournable !

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Thérèse Raquin ♥ , Au bonheur des dames ♥ ♥ ♥ ♥ ; L'oeuvre ♥ ♥ ♥ 

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La carte postale de Anne BEREST

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Il ne faut pas que je les oublie, sinon il n'y aura plus personne pour se souvenir qu'ils ont existé. "

C’était en janvier 2003.
Dans notre boîte aux lettres, au milieu des traditionnelles cartes de voeux, se trouvait une carte postale étrange.
Elle n’était pas signée, l’auteur avait voulu rester anonyme.
L’Opéra Garnier d’un côté, et de l’autre, les prénoms des grands-parents de ma mère, de sa tante et son oncle, morts à Auschwitz en 1942.
Vingt ans plus tard, j’ai décidé de savoir qui nous avait envoyé cette carte postale. J’ai mené l’enquête, avec l’aide de ma mère. En explorant toutes les hypothèses qui s’ouvraient à moi. Avec l’aide d’un détective privé, d’un criminologue, j’ai interrogé les habitants du village où ma famille a été arrêtée, j’ai remué ciel et terre. Et j’y suis arrivée.
Cette enquête m’a menée cent ans en arrière. J’ai retracé le destin romanesque des Rabinovitch, leur fuite de Russie, leur voyage en Lettonie puis en Palestine. Et enfin, leur arrivée à Paris, avec la guerre et son désastre.
J’ai essayé de comprendre comment ma grand-mère Myriam fut la seule qui échappa à la déportation. Et éclaircir les mystères qui entouraient ses deux mariages. J’ai dû m’imprégner de l’histoire de mes ancêtres, comme je l’avais fait avec ma sœur Claire pour mon livre précédent, Gabriële.

L'enquête remonte aux sources familiales, avec en toile de fond ce devoir de mémoire pour ceux qui ont disparu.

"Après la guerre, dans les familles juives orthodoxes, les femmes avaient eu pour mission de mettre au monde le plus d'enfants possible, afin de repeupler la terre. Il m'a semblé que c'était la même chose pour les livres. cette idée inconsciente que nous devons écrire le plus de livres possible, afin de remplir les bibliothèques vides des livres qui n'ont pas pu voir le jour."

Le fil conducteur de la carte postale permet de balayer passé et présent tout en posant un questionnement sur ce que signifie être juif et, plus globalement, sur l'identité.

Un beau roman émouvant.

Présentation de l'éditeur : Grasset

Du même auteur : Recherche femme parfaite

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Les flammes de pierre de Jean-Christophe RUFIN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Tu vois ce que ça peut faire la montagne ? Les petits drames de la vie, ça les casse, ça les réduit en poudre. Il n'y a plus que l'essentiel. On est vivant. Voilà tout."

Rémy est guide de haute montagne quand il rencontre Laure, jeune citadine venue prendre l'air. Rapidement un lien particulier s'établit entre les deux jeunes gens, malgré leurs différences, et malgré la distance de Laure qui semble refuser une quelconque intrusion dans son univers.

Ce que j'ai aimé :

L'histoire d'amour en elle-même est anecdotique, centrée sur les différences qui séparent ou enrichissent. Le véritable sujet est la montagne, ce qu'elle révèle aux hommes et ce qu'elle révèle des hommes. Le massif du Mont Blanc est un cadre d'exception pour chanter la passion des âmes habitées par l'immensité.  

"Le monde de l'altitude avec ses risques et son inconstance violente est un révélateur des âmes. Elle avait cru Rémy d'une espèce particulière parce qu'il faisait preuve, face au danger, d'une maîtrise impressionnante. Ce talent était en fait donné à d'autres mais la montagne seule avait le pouvoir de reconnaitre ceux qui étaient touchés par cette grâce. La mer aussi, sans doute, comme l'équitation ou la course automobile, détient ce pouvoir ainsi que toutes les grandes épreuves physiques. La montagne, en ceci qu'elle s'empare de l'être humain nu, sans le secours d'une coque, d'une monture ou d'une carrosserie, le contraint à un combat à mort qui mobilise ses dernières ressources morales."

"En montagne, il n' y a pas d'absolu qui ne soit construit sur l'évidence de l'éphémère, pas de conquête qui n'ait en même temps fait éprouver des limites, pas de bonheur qui ne trouve son relief dans la souffrance et dans la mort."

"Elle se dit que la montagne lui apportait exactement tout ce dont la société avait prétendu la délivrer. Elle avait vécu dans un monde qui ne veut plus voir la mort, qui a la douleur en horreur, qui veut réduire l’effort à son maximum, un monde de confort et de protection qui fait des êtres qui le peuplent des victimes plutôt que des héros, des consommateurs plutôt que des créateurs, des esclaves plutôt que des souverains. En venant se perdre dans ces hauteurs, elle avait rencontré des épreuves et peut-être une tragédie mais aussi, et c’était étrange de le sentir en cet instant, l’impression voluptueuse d’être redevenue totalement, irrémédiablement humaine, c’est-à-dire vulnérable et agissante, combative et mortelle. "

Bilan :

Plutôt destiné aux passionnés de montagne qui se reconnaitront.

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

Du même auteur Immortelle randonnée ♥ ♥ ;  Les sept mariages d'Edgar et Ludmilla ♥ 

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Moderato Cantabile de Marguerite DURAS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Alors que son fils prend sa leçon de piano et peine à retenir la signification de « moderato cantabile » dans la sonatine de Diabelli, un cri venu du rez-de-chaussée interrompt la leçon. En sortant, Anne et son fils apprennent qu'une femme a été assassinée d'une balle en plein cœur. La mère de l'enfant est fasciné pour ce couple fusionnel et revient inexorablement dans le café, lieu du crime. Elle rencontre là un homme, Chauvin, qui essaie de percer aussi le mystère de cette relation et de ce désir extrême. Peu à peu les deux esseulés se rapprochent, les disparus peuplant la solitude de cette femme fascinée par le désir d'un autre.

La puissance d'évocation de l'écriture de Marguerite Duras transparait encore ici : en s'attachant pourtant seulement aux apparences, en décrivant seulement le rayon de soleil émergeant des nuages, elle donne à voir en filigrane la profondeur des êtres, affleure l'émotion, suggère sans dire.

"Dehors, dans le parc, les magnolias élaborent leur floraison funèbre dans la nuit noire du printemps naissant. Avec le ressac du vent qui va, vient, se cogne aux obstacles de la ville, et repart, le parfum atteint l’homme et le lâche, alternativement "

Un texte superbe !

"Ce qui me semble pourtant dominer dans ce livre net et précis, c'est précisément l'émotion, la sensibilité, le murmure savamment réprimé d'une plainte vraiment belle et tout à fait déchirante. Ici un écrivain de tête écrit raisonnablement ce que dicte celui qui a des raisons que la raison ne connait pas. " Claude Roy 1958

Présentation de l'éditeur : Editions de Minuit

Du même auteur : L’amant

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Elise sur les chemins de Bérengère COURNUT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Le cœur des hommes est une chose fragile
Qui s’émeut, qui s’emballe et qui se fige
Et malheureusement, il se peut ensuite
Qu’il t’enserre et qu’il te brise"

Elise vit avec sa famille à l'écart des villages. Ils forment une fratrie en harmonie avec la nature, arpentant les sentes, les rivières et les combes. Ses deux frères aînés sont partis dans le monde à l'aventure et tardent à revenir, si bien que sur les conseils anxieux d'une femme serpent, Elise part à leur recherche.

L'auteur s'est inspirée de la vie familiale de Elisée Reclus, écrivain anarchiste et géographe pour écrire ce récit en vers atypique.

"Carte en main, je dévale la combe en trombe
Cette fois, c'est moi l'orage, c'est moi le vent
Je descends le torrent en éclaboussant
Ronces, bouleaux et coudriers-
Tout ce qui pousse en bosquet "

*

"Partout où les gens sont libres -d'aller et venir

D'obéir ou de contrevenir, de travailler ou de paresser

Et surtout de décider eux-mêmes de leur avenir -

Ils ont l'air heureux

Dès que quelqu'un se mêle de faire leur bien

En les réduisant à une fonction

Que ce soit pêcheur, paysan ou maçon

Ils perdent leur insouciance et leur gaieté."

Entremêlant savamment légendes issues des profondeurs des marais et quête initiatique, l'auteur nous emporte dans une autre dimension, hors du temps et nous invite à errer sur les chemins de pierre à notre tour pour mieux entendre battre le coeur du monde !

 

Présentation de l'éditeur : Le tripode

Du même auteur : De pierre et d'os 

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L'adversaire de Emmanuel CARRERE

Publié le par Hélène

L'adversaire, c'est Satan, celui qui à travers nous accomplit l'horreur et broie les destins dans ses volontés.

«Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand a tué sa femme, ses enfants, ses parents, puis tenté, mais en vain, de se tuer lui-même. L'enquête a révélé qu'il n'était pas médecin comme il le prétendait et, chose plus difficile encore à croire, qu'il n'était rien d'autre. Il mentait depuis dix-huit ans, et ce mensonge ne recouvrait rien. Près d'être découvert, il a préféré supprimer ceux dont il ne pouvait supporter le regard. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
Je suis entré en relation avec lui, j'ai assisté à son procès. J'ai essayé de raconter précisément, jour après jour, cette vie de solitude, d'imposture et d'absence. D'imaginer ce qui tournait dans sa tête au long des heures vides, sans projet ni témoin, qu'il était supposé passer à son travail et passait en réalité sur des parkings d'autoroute ou dans les forêts du Jura. De comprendre, enfin, ce qui dans une expérience humaine aussi extrême m'a touché de si près et touche, je crois, chacun d'entre nous.»

L'auteur entremêle donc fait divers et autofiction pour raconter la trajectoire fatale de cet homme qu'il a rencontré avant d'écrire sur lui.

Ce que j'ai aimé : 

Tenter de comprendre l'innommable... L'entreprise semblait louable. Jean-Claude Romand était un enfant unique, doux, calme. Il cachait ses émotions pour préserver sa mère « il ne fallait pas causer de chagrin, pas non plus se vanter de son succès ou de sa vertu. » Il se confiait à son chien uniquement. Puis vint l'engrenage de ne pas vouloir décevoir, « le premier mensonge en appelle un autre, et c’est toute une vie … »

« Il me donnait l’impression de ne pas s’intéresser au réel, seulement au sens qui se cache derrière, et d’interpréter tout ce qui lui arrivait comme signe, notamment mon intervention dans sa vie. Il se disait convaincu « que l’approche de cette tragédie par un écrivain peut largement compléter et transcender d’autres visions plus réductrices, telles que celles de la psychiatrie ou d’autres sciences humaines «  et tenait à me persuader et à se persuader lui-même que « toute « récupération narcissique » «  était « loin de sa pensée  (consciente, du moins ». J’ai entendu qu’il comptait sur moi plus que sur les psychiatres pour lui rendre compréhensible sa propre histoire et plus que sur les avocats pour la rendre compréhensible au monde."

Ni sa famille, ni ses amis ne le connaissaient vraiment, et tous se sont fait aveugler par lui. Il y avait un décalage entre ce qu’il montrait de lui et ce qu’il était.

Ce que j'ai moins aimé :

Pourquoi s'intéresser à ce fait divers tellement morbide ? La folie des hommes est-elle réellement compréhensible ?

Ce roman prouve que je suis à l'opposé des choix de Emmanuel Carrere : plutôt que de sonder les profondeurs noires de l'âme humaine, je préfère personnellement m'intéresser à sa lumière, aux instants de grâce

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Limonov

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Le vestibule des causes perdues de Manon MOREAU

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Mara avait compris que c'était vrai ce qu'on disait. Que le chemin donne au pèlerin ce dont il a besoin, au moment où il en a besoin."

Sur le chemin de Compostelle, se croisent Mara, jeune femme désœuvrée, Clotilde, nouvellement divorcée, Bruce, parisien un peu direct, ou encore Robert, Le Breton, Flora et Henrique, brésiliens sulfureux, ou Arpad. Tous transportent sur le chemin leur peine, espérant que la marche leur permettra de mettre de le distance entre eux et leurs maux. Tous espèrent arriver à Saint Jacques de Compostelle plus légers. Et le chemin va les surprendre...
"Mara avait une théorie : les pieds tapent sur la terre, le sang remonte dans le cœur, c'est l'énergie de la terre qui gagne l'esprit, tout est bouleversé."

Ce que j'ai aimé :

La bienveillance, l'entraide rencontrée transforme ce chemin en lumière !

"En marchant jusqu'à Santiago, et surtout, en faisant l'hospitalera ici, j'ai rencontré tant d'histoire inextricables, de pèlerins emmêlés... Et pourtant, on marche, on se parle, on s'épuise, on prie parfois. On se refile des pansements, des idées réconfortantes, des pommades miraculeuses... Le chemin de Saint-Jacques, pour moi, c'est le vestibule des causes perdues."

Ce que j'ai moins aimé :

Les bons sentiments, un peu trop prégnants.

Bilan :

Un roman qui donne envie de se lancer sur le chemin !

 

Présentation de l'éditeur : Pocket

Sur le même sujet : RUFIN Jean-Christophe Immortelle randonnée  En avant, route ! de Alix de SAINT ANDRE ; BERTRANDY Antoine Vers Compostelle

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Vingt Mille lieues sous les mers de Jules VERNE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le professeur Aronnax, son domestique Conseil et le harponneur Ned Land qui cherchaient à capturer un fantastique monstre marin, se retrouvent prisonniers du capitaine Némo, à bord de son sous-marin le Nautilus. Quel lourd secret cache Némo pour vouloir les retenir ainsi à jamais ? C’est alors que parallèlement au fabuleux périple maritime qu’ils entament, s’engage une lutte psychologique et culturelle entre Aronnax et Némo.

Ce que j'ai aimé :

- Les connaissances scientifiques de Jules Verne dans les domaines de l'océanographie, la biologie marine et l'ichtyologie sont ici mises en avant avec intelligence, sur fond de roman d'aventures. Cette aventure n'est pas qu'un prétexte, de la même façon que les données scientifiques ne sont pas qu'un contexte. De plus, Jules Verne invente lui-même son Nautilius, sous marin innovant, dans la réalité, il faudra attendre trente ans après la parution du roman pour voir apparaître le Narval, premier sous-marin opérationnel qui utilise une propulsion mixte, machine à vapeur et électricité.

- L'auteur s'intéresse aussi aux abîmes de la nature humaine en explorant l'âme du capitaine Nemo, être fascinant, mystérieux, capable du pire comme du meilleur. Ayant renoncé à la société des hommes, il semble vouer une haine sans pareille aux puissants mais l'auteur laisse planer le suspens, ne dissipant pas son secret dans ce roman-là. Il faudra attendre L'île mystérieuse pour en connaitre davantage sur son histoire.

- Le narrateur apparait comme un double de l'auteur : son esprit curieux le dirige vers des découvertes passionnantes, et jamais il ne condamne le capitaine, lui accordant le bénéfice du doute, même si certaines de ses actions le font frémir.

Ce que j'ai moins aimé :

Il est très long !

Bilan :

Un voyage fascinant  à la rencontre des merveilles sous marine et aux confins de la nature humaine.

 

Présentation de l'éditeur : Folio

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Le bal des folles de Victoria MAS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

« L'existence est fascinante, vous savez. »

En 1885 Geneviève est infirmière à la Salpêtrière dans le service du professeur Charcot, neurologue renommé. Elle s'occupe notamment de Louise, adolescente violée par son oncle et sujette ensuite à des crises d'hystérie, de Thérèse, surnommée la Tricoteuse et des autres femmes enfermées là souvent contre leur gré. Elles préparent le bal de la mi-carême avec entrain.

« Loin d’hystériques qui dansent nu-pieds dans les couloirs froids, seule prédomine ici une lutte muette et quotidienne pour la normalité. »

Geneviève a pris de la distance et a renoncé à voir des femmes derrière les patientes depuis que l'une d'elles a cherché à l'étrangler. Et pourtant, l'arrivée de Eugénie, jeune femme qui communique avec les morts, trahie par les siens, va ébranler ses convictions...

Dans ce roman étonnant, admirablement bien conçu, nous découvrons les coulisses de cet hôpital célèbre, ce "dépotoir pour toutes celles nuisant à l’ordre public. Un asile pour toutes celles dont la sensibilité ne répondait pas aux attentes. Une prison pour toutes celles coupables d’avoir une opinion. »

Les destins différents des femmes présentent le lieu ou comme un échappatoire à une vie souvent opprimée par les hommes, ou comme une prison pour celles devenues trop encombrantes pour leur famille en raison de "leur tare". Les personnages incarnent à merveille ces différents profils auxquels on s'attache et illustrent parfaitement cette sentence universelle : « la foi inébranlable en une idée mène aux préjugés. » Un appel à douter de tout ...

Une belle réussite !
 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

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