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341 articles avec litterature francaise

La vraie vie d'Adeline DIEUDONNE

Publié le par Hélène

Prix Roman Fnac 2018

La narratrice a 10 ans et veille sur son petit frère Gilles, 6 ans. Son père est une brute qui collectionne les trophées de chasse et les entasse dans ce que les enfants appellent "la chambre aux cadavres". La mère est une "amibe" qui subit passivement les coups portés régulièrement par le père.  Les enfants se fabriquent un univers en dehors de chez eux, entre Monica, la voisine fantasque, leurs escapades dans le bois des Pendus, ou encore la visite du marchand de glace. Puis, vient le drame qui change le petit Gilles à jamais. Sa sœur forme alors le projet de remonter le temps pour revenir avant le drame et sauver son petit frère qu'elle aime tant.

Adeline Dieudonné entremêle savamment drame social, lourdeur du quotidien et humour, espoir incarné par la jeune narratrice qui sent la vie palpiter en elle et est prête à tout pour triompher des ombres qui la guettent. En effet, les femmes sont peintes comme des proies traquées par des prédateurs, même si couve en elles cette fureur de vivre qui finalement saura les sauver.

Ce que j'ai aimé : un roman oppressant, je ne peux pas dire que ce fut un moment de plaisir, j'étais tellement tendue que je passais mon temps à commenter ma lecture par texto avec une amie, pour dédramatiser.

Bilan : un roman fort, sous tension, avis aux âmes sensibles...

"Il y a une dimension de conte, mais j'avais envie de raconter l'horreur et la violence que je vois dans le monde qui m'entoure, de prendre un peu de distance et de voir comment trouver son chemin là-dedans et apporter une petite note d'espoir"

 

Présentation de l'éditeur : Editions de l'Iconoclaste

D'autres avis : Gambadou ; Joëlle ; Cathulu

 

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Concours pour le Paradis de Clélia RENUCCI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Saisir l'absolu, contempler le relatif ... "

Dans la Venise de la renaissance, le palais des Doges brûle. Au lendemain de la catastrophe, le doge décide d'organiser un concours pour choisir le peintre chargé de repeindre Le paradis, oeuvre majeure qui trône dans la salle du Conseil. Cinq artistes s'affrontent alors : Tintoret, Véronèse, Bassano, Zuccaro et Palma le Jeune. Ce concours, qui n'aurait dû durer que deux ou trois ans, s'étendra alors sur vingt ans, exacerbant les rivalités prégnantes sévissant entre Tintoret et Véronèse...

Clélia Renucci a su capter la matière romanesque de ce qui devient au fil des années un véritable feuilleton, avec ses rivalités, ses rebondissements, ses différents épisodes heureux ou malheureux, ses trahisons, ses jalousies familiales... Mais derrière l'anecdotique, l'auteure offre aussi la quintessence de l'histoire, elle taille dans les faits pour que l'universel apparaisse au détour d'une phrase, d'une attitude, d'un regard, subrepticement caché derrière l'individuel. Si la documentation engrangée pour l'écriture du roman tient une place importante, l'auteure s'intéresse davantage à l'humain, au statut de l'artiste, à ses ambitions que dévoilent les querelles de clocher politiques et religieuses.

Les artistes sont peints comme des marionnettes du pouvoir, interchangeables comme le prouve cette anecdote : Jacopo peint une toile en la faisant passer pour une oeuvre de Titien. Tout le monde se pâme d'admiration et prétend reconnaitre les traits  du grand maître avant que Jacopo ne dévoile à tous la supercherie et ne mette ainsi en valeur les "enthousiasmes frelatés et éloges hypocrites."  Jacopo voulait ainsi montrer combien le nom importe davantage que l'oeuvre.

"L'histoire abonde en oublis, en méjugements chroniques, en contre-vérités." Le Paradis est considéré comme une oeuvre mineure, peu citée, au grand damne de Clélia Renucci qui avait été profondément touchée par sa découverte six ans auparavant lors de la visite du palais des Doges. Peut-être pourra-t-elle contribuer par le biais de ce roman passionnant à faire de ce Paradis une chapelle Sixtine...

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel

 

Merci à l'auteur et l'éditeur.
 

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Séquoias de Michel MOUTOT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Au milieu du XIXème siècle, la famille Fleming chasse la baleine, à la recherche du célèbre ambre gris qui assurera leur fortune. La mort de leur père et un incendie ravageur les oblige à reprendre la mer pour rétablir leur capital. Ils décident alors de répondre à l'appel des sirènes de la ruée vers l'or et de partir pour la lointaine Californie à bord du Freedom, le baleinier qu'ils ont hérité de leur père.  Au terme d'un voyage mouvementé, ils découvrent une cité en pleine expansion, San Francisco se fonde sous leurs yeux et Mercator, le frère aîné comprend rapidement qu'il a un rôle à jouer dans l'établissement de cette nouvelle cité. Michael, le frère cadet, choisit quant à lui d'explorer les filons à la recherche de l'or.

Roman foisonnant, Séquoias s'envole vers diverses directions : à la fois roman maritime, roman historique sur la ruée vers l'or, la cohabitation houleuse avec les indiens et la naissance d'une ville, roman écologique qui met en avant le pillage irraisonné des ressources naturelles du pays, roman d'aventures avec ses rebondissements étonnants, roman d'amour (volet qui n'est pas le plus réussi du roman), roman moderne et contemporain avec des chapitres plus ancrés dans notre époque, roman sur la filiation, en résumé un roman complet qui souffre de quelques longueurs inévitables à son abondance, mais est finalement diablement efficace !

 

Présentation de l'éditeur : Seuil

Du même auteur : Ciel d'acier

D'autres avis : Babélio

 

Merci à l'éditeur/

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Le prince à la petite tasse de Emilie de TURCKHEIM

Publié le par Hélène

"Que se passe-t-il, au fond de soi, quand on a perdu sa langue et sa famille et qu'on a perdu sa langue et sa famille et qu'on cherche éperdument un lieu, même étroit, où replanter sa vie ?"

Emilie et sa famille décide d'accueillir un réfugié durant un an. Ainsi Reza s'installe à leurs côtés pour partager leur quotidien. Réfugié afghan, il a dû fuir son pays à douze ans à cause de la guerre, laissant derrière lui les siens.

Avec humilité, l'auteure raconte sous la forme d'un journal l'adaptation du jeune homme, l'insertion dans cette vie de famille.

Ce que j'ai moins aimé : Ce récit est assez lisse, sans grande aspérité, comme si tout était facile, simple. L'écriture colle à cette simplicité, le style se rapprochant de celui de Monsieur Tout le Monde. Etait-ce voulu pour prouver que tout un chacun pourrait accomplir cette belle action emplie d'espoir et d'humanité ?

Les poèmes eux-mêmes sonnent creux :

"Nous écrirons sur la dispute des langues

D'une parole d'air et d'eau

Horizon-lyre des nuances.

(...)

Viendra le règne des métamorphoses

Tu seras le livre sur le banc de pierre

L'or élucidé du lichen."

Bilan : Un récit - témoignage touchant dans ses intentions mais qui aurait mérité plus de profondeur.

 

Présentation de l'éditeur : Calmann-Lévy

 

Merci à l'éditeur.

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Tenir jusqu'à l'aube de Carole FIVES

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Une jeune mère "solo" vit seule avec son fils de deux ans. Toute sa journée est rythmée par ce fils qu'elle aime mais qui absorbe trop son temps. Ainsi la nuit s'accorde-t-elle un petit répit en laissant l'enfant seul pour se promener dans la ville endormie, avec la vague impression de retrouver ainsi sa liberté perdue. Entre culpabilité et envie de respirer, cette jeune mère oscille dangereusement, cherchant quelquefois du réconfort ou des conseils sur les forums sur Internet, là où tout se mêle, le pire comme le meilleur.

"Je ne comprends pas les nouvelles mères ! A peine leurs bébés sont-ils nés qu'elles ne pensent qu'à retrouver leur liberté, avoir du temps pour elles, elles se demandent quand est-ce que leurs petits vont faire leurs nuits, arrêter de pleurer... On a dû leur mentir sur la maternité, c'est pas possible, qu'est-ce qu'elles s'imaginaient ?"

A cette lourdeur du quotidien solitaire, se mêle les difficultés financières, dans un cercle vicieux infernal : sans garde d'enfant, difficile de travailler, même si la jeune femme travaille en free-lance. Difficile également de concevoir, de créer, quand le temps est tranché par le rythme de l'enfant... De jour en jour l'équilibre devient précaire.

Carole Fives peint à merveille l'enfermement auquel est condamnée la jeune mère, sans mari, sans famille, sans amis, sans autre alternative que de garder son enfant parce que ne bénéficiant pas de place en crèche. Elle montre l'ambivalence des sentiments, cette joie de jouer avec l'enfant, mais cette envie aussi d'être libre, comme avant.

La nouvelle "La chèvre de Monsieur Seguin" rythme le récit, plaçant ainsi la liberté comme pivot de son histoire : que signifie être libre ? Peut-on réellement choisir d'être libre ? Comment liberté et responsabilité s'imbriquent-elles ? Etre parent signifie-t-il renoncer à cette liberté ?

A la fois sociologique et philosophique, toujours porté par une écriture alerte éloignant toute pesanteur, ce récit de Carole Fives mérite une place de choix dans la rentrée littéraire !

 

Présentation de l'éditeur : L'arbalète / Gallimard

Du même auteur : Une femme au téléphone ♥ ;  Quand nous serons heureux ; C'est dimanche et je n'y suis pour rien ♥ ; Ca nous apprendra à naître dans le nord

Vous aimerez aussi : La femme gelée de Annie Ernaux

D'autres avis : Cathulu ; Joëlle

 

Tenir jusqu'à l'aube, Carole FIVES, Editions Gallimard, L'Arbalète, août 2018, 192 p., 17 euros

Merci à Babélio

tous les livres sur Babelio.com

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Stand by saison 1 de Bruno PELLEGRINO, Aude SEIGNE, Daniel VUATAZ

Publié le par Hélène

♥ ♥

L'idée de départ est brillante : remettre au goût du jour le feuilleton littéraire, que l'on retrouve aujourd'hui plus à la télévision qu'à l'écrit, avec un succès certain. Les éditions Zoé ont donc fait appel à trois auteurs pour rendre au feuilleton littéraire ses lettres de noblesse. Dans cet épisode pilote, un nouveau volcan entre en éruption à Naples, provoquant un nuage de cendres clouant les avions au sol et empêchant la plupart des communications. Ainsi, Alix, journaliste cinéma, est coincée à Roissy alors qu'elle s'apprêtait à s'envoler pour New-York. Eole, Pascaline, Céleste et les autres, européens qui accomplissent au Groenland leur Service climatique obligatoire. restent sur l'île sans secours. Enfin, Nora, Vasko et Virgile, trois ados en vacances au Monténégro, sont tout à coup isolés, sans adultes. Leur vie va être profondément bouleversée lors de ces premières vingt-quatre heures.

"Car c'est ça, un volcan. Plus qu'un monument naturel posé sur le paysage pour les adeptes de l'adrénaline ou de l'histoire du monde, c'est un point de contact direct avec le cosmos. Un tunnel qui relie les entrailles d'un corps planétaire à son atmosphère. Le rappel qui nous vivons sur une braise, sur sa surface extérieure, refroidie, qui peut se raviver à tout moment."

Ce que j'ai moins aimé : Malheureusement, ce premier épisode souffre de quelques maux qui sapent son intention de départ et ne parviennent pas à rendre le lecteur aussi addict qu'il pourrait l'être devant un écran. 

La mise en place est laborieuse, les auteurs mettent du temps à camper leurs personnages (peut-être trop nombreux, d'ailleurs), et ceci au détriment de l'action, primordiale pour ferrer le lecteur dans une série. De fait, le suspens est quasi absent, la fin du tome laisse effectivement planer un doute sur le sort de certains des personnages, mais pas au point de se précipiter sur le tome suivant.

Bilan : Ces défauts sont peut-être gommés au fil des épisodes suivants, il faut l'espérer. A noter que le tome 4 sort cet été pour ceux qui voudraient se lancer dans l'aventure, clôturant ainsi la première saison.

 

Le site : https://standbyzoe.ch/

Présentation de l'éditeur : Editions Zoé

Du même auteur : Chroniques de l'Occident nomade de Aude Seigne ; Les neiges de damas de Aude Seigne

 

 

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Le poids du monde est amour de David THOMAS

Publié le par Hélène

 ♥♥♥ 

"Le bonheur est pour bientôt. Il est dans notre désir de vivre."

Au début on se dit que le fil est perdu, que l'auteur ne réussira pas à retrouver la petite musique du début, de ces recueils tant aimés, de ce lumineux La patience des buffles sous la pluie. Les chapitres s'enchainent, il est question de sodomie, de couilles, de levrette, de sexe cru. Mais en filigrane, déjà, le désenchantement du couple, et dans cet état d'esprit, le sexe est tout ce qui reste. Quand l'autre, les autres, vont ont brisé le coeur, une à une, sans pitié et qu'il ne reste que les regrets. Alors, doucement, insidieusement, le charme de l'esprit agit, et on saisit tout à coup, au détour d'une page, l'essence du couple, ce petit rien que David Thomas cherchait à traquer dans sa description du quotidien, celui qui rend notre expérience universelle et ses écrits profondément humains. L'amour qui est là, n'est plus là, revient, ne sait pas par où passer, nous laisse pantelants, seuls, même dans le couple.

"Ce n'est pas tant que l'on ne s'aime plus qui est triste, ce qui est triste (mais au fond l'est-ce vraiment ?), c'est que toutes les émotions qui nous ont remplis pendant tant d'années nous ont abandonnés"

"Tu étais plus importante que tous ceux qui ont fait ce que je suis, plus encore que les plus beaux paysages que j'ai vus, ce n'est pas rien d'être plus important que les chutes Victoria ou que le littoral du Costa Rica ou les grandes plaines du Dakota. Tu étais plus importante que la compréhension, l'espoir, la dignité, le courage ou la victoire. Maintenant, il va falloir que j'apprenne à vivre avec des choses sans importance."

A travers ces 100 micro-fictions les personnages mettent en lumière les différents sentiments qui peuvent nous saisir au sein d'une relation amoureuse. Souvent, il est question de souffrance, de rupture, d'inadéquation entre la beauté du sentiment et la réalité du quotidien qui rattrape vite les émotions avec son lot de lassitude et de déceptions. Mais finalement, parmi les derniers mots, l'espoir, la vie malgré tout triomphent :

"Il n'y a pas d'amour léger et la douceur des soirs de juin ne dure pas. Pourtant, l'amour est une boue aurifère dont on peut tirer toute la lumière et la richesse que chaque homme est en droit d'attendre de la vie."

 

Présentation de l'éditeur : Editions Anne Carrière

Du même auteur : La patience des buffles sous la pluie ♥ ♥ ♥ (Nouvelles) ; Un silence de clairière ♥ ♥; Je n’ai pas fini de regarder le monde ♥ ♥ (Nouvelles) ; On ne va pas se raconter d'histoires ♥ ♥ ♥ (Nouvelles) ; Hortensias ♥ ♥ ♥

Vous aimerez aussi : BALAVOINE Lisa Eparse ♥ ♥ ♥

D'autres avis : Elle

 

Merci à l'éditeur

 

Le poids du monde est amour, David Thomas, Editions Anne Carrière, avril 2018, 250 p., 16 euros

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La tresse de Laëtitia COLOMBANI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Je dédie mon travail à ces femmes,

Liées par leurs cheveux,
Comme un grand filet d'âmes.
A celles qui aiment, enfantent, espèrent,
Tombent et se relèvent, mille fois,
Qui ploient mais ne succombent pas.
Je connais leurs combats,
Je partage leurs larmes et leurs joies.
Chacune d'elles est un peu moi.

  

Trois destins de femmes s'entremêlent et se tressent pour prendre un sens final profondément humaniste...

En Inde, Smita, Intouchable, rêve d'offrir à sa fille un avenir plus radieux en l'envoyant à l'école, au Canada, Sarah se consacre à sa carrière d'avocate jusqu'à ce que la maladie la prenne en plein vol, et enfin, en Sicile, Giulia travaille dans l'atelier de son père et essaie de lui dessiner un avenir. Ces trois femmes battantes ont en commun l'envie de prendre en mains leur destin sans subir l'oppression extérieure, quelle qu'elle soit. Elles fabriquent fil à fil leur propre chemin vers la liberté.

"Elles traversent, et tout d'un coup, c'est là, maintenant, le moment de lâcher la main de sa fille de l'autre côté de la route. Smita voudrait tant dire: réjouis-toi, tu n'auras pas ma vie, tu seras en bonne santé, tu ne tousseras pas comme moi, tu vivras mieux, et plus longtemps, tu seras respectée. Tu n'auras pas sur toi cette odeur infâme, ce parfum indélébile et maudit, tu seras digne. Personne ne te jettera des restes comme à un chien. Tu ne baisseras plus jamais la tête, ni les yeux. Smita aimerait tant lui dire tout ça. Mais elle ne sait comment s'exprimer, comment dire à sa fille ses espoirs, ses rêves un peu fous, ce papillon qui bat son ventre.

Alors elle se penche vers elle, et lui dit simplement: -Va.- "

Ce premier court roman connait un beau succès et devrait même être adapté au cinéma tant il a su convaincre ses lecteurs. Accessible, touchant, il évoque avec profondeur et intelligence le destin de femmes qui souhaitent juste trouver leur juste place dans un monde qui a tendance à les oublier...

 

Présentation de l'éditeur : Grasset ; Le livre de poche

D'autres avis : Bibliobs ; LExpress ;

Géraldine

 

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L'homme qui voulait aimer sa femme de Hervé POUZOULLIC

Publié le par Hélène

Dans Le bigorneau fait la roue, nous faisions la connaissance de Marc, un breton à la recherche du grand amour. Il avait eu la chance de rencontrer la belle Vasilissa qui a alors quitté sa Russie natale pour s'installer avec lui. Leur amour doit alors affronter quelques situations rocambolesques causées par des amis déjantés et une famille bretonne assez atypique. A trop fréquenter des bretons, on prend le risque que le ciel nous tombe sur la tête ... Cette belle idylle résistera-t-elle toutefois au temps ? L'amour fou de Marc tend à le laisser penser...

Ce que j'ai moins aimé :

Le construction est assez étrange : la première partie est consacrée à la jeunesse des tourtereaux, à leur installation, pages assez cocasses, et bien croquées. Puis la narration subit un saut temporel puisque nous retrouvons le cher couple dix ans plus tard, avec deux enfants et une certaine lassitude installée dans le couple, lassitude lancinante que cherche à conjurer Marc en décidant de raconter sa rencontre avec sa belle dans un livre. C'est là que le récit perd de sa fraîcheur, s'enlisant dans cette mise en abyme manquant d'allant. C'est dommage...

Bilan : Un récit malgré tout attachant, léger et drôle, parfait pour cet été...

 

Présentation de l'éditeur : Anne Carrière

Du même auteur : Le bigorneau fait la roue

D'autres avis : Babélio

 

L'homme qui voulait aimer sa femme, Hervé Pouzoullic, Editions Anne Carrière, mai 2018, 250 p., 18 euros

Merci à l'auteur et à l'éditeur.

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Le dernier jour d'un condamné de Victor HUGO

Publié le par Hélène

"N'y aura-t-il dans ce procès-verbal de la pensée agonisante, dans cette progression toujours croissante de douleurs, dans cette espèce d'autopsie intellectuelle d'un condamné, plus d'une leçon pour ceux qui condamnent ?"

Dans ce plaidoyer pour l'abolition de la peine de mort, Victor Hugo met en scène un homme condamné à mort, attendant jour après jour la fin, présentant ainsi l' "autopsie intellectuelle d'un condamné". Son état mental se dégrade au fur et à mesure, tant ses conditions de détention et la prison elle-même sont inhumaines. Il espère ne pas mourir mais il souhaite aussi cacher sa mort potentielle à sa famille : sa femme et sa mère, gravement malades, risqueraient en effet d'en mourir et sa fille serait alors orpheline.

Cette histoire personnelle touche à l'universel  puisqu'il s'agit d'un homme ordinaire horrifié par son sort funeste. Le destin pathétique de cet homme, renforcé par le point de vue interne, sert la visée moralisatrice et civilisatrice de l'auteur. Pour Victor Hugo, porte parole des classes opprimées, la peine de mort constitue un scandale, résurgence de la barbarie de temps révolus et digne de l'indifférence cruelle des contemporains et des institutions judiciaires. Elle est le symbole terrible d'une société malade, d'une société misérable qui rend les hommes criminels. Pour lui, le rôle de la société est de "corriger pour améliorer", il souhaite un remaniement de la pénalité sous toutes ses formes. "On traitera par la charité  ce mal qu'on traitait par la colère. Ce sera simple et sublime. La croix substituée au gibet. Voilà tout." dit-il dans la préface. La guillotine reste contraire à l'esprit du progrès social cher à Hugo.

Ce texte court et puissant signe le début d'un combat virulent qu'il mènera toute sa vie...

 

Présentation de l'éditeur : Folio

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