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litterature francaise

La femme révélée de Gaëlle NOHANT

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Paris, 1950. Eliza Donneley se cache sous un nom d’emprunt dans un hôtel miteux. Elle a fui Chicago pour une raison inconnue, abandonnant son petit garçon et ne prenant que peu d'affaires, si ce n'est son Rolleiflex. Seule dans Paris, elle doit apprendre à se débrouiller, heureusement quelques belles rencontres lui permettent de se réinventer, même si le manque de son fils se fait de plus en plus sentir. Par le biais de son appareil photo, elle saisit sur le vif la ville et ses habitants.

Ce que j'ai aimé :

Les thèmes en eux-mêmes sont porteurs, le lecteur parcoure le Paris des années 50, les clubs de jazz de Saint Germain des Près, son effervescence culturelle, un appel à la liberté qui semble s'opposer à un Chicago gangrené par la violence.

Ce que j'ai moins aimé :

- Deux romans cohabitent en un puisque la première partie se passe à Paris, et qu'ensuite un saut temporel nous plonge dans le Chicago en 1968, il est dommage de vouloir courir sur deux époques

- Certains passages romantiques frôlent la caricature "j'avais terriblement envie que cet homme me touche"

- Eliza / Violet est un personnage ambivalent, par certains point très antipathique, notamment dans son rapport avec son fils ou dans ses relations amoureuses quelquefois incohérentes...

- Les passages sur les prises de photo ne rendent pas

- A cause du saut temporel et spatial, certains personnages passent à la trappe très rapidement, comme Rosa, qui disparait un peu prématurément

- Au final, beaucoup de sujets sont survolés, mais non approfondis

Bilan : déçue...

 

Présentation de l'éditeur : Grasset

Du même auteur : Légende d'un dormeur éveillé ♥ ♥ ♥ ♥ ; La part des flammes ♥ ♥ ♥ 

 

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Bitna sous le ciel de Séoul de JMG LE CLEZIO

Publié le par Hélène

♥ ♥

« Je m’appelle Kim Se-Ri, mais je préfère Salomé, je ne peux plus sortir de chez moi à cause de la maladie. J’attends celui, celle qui viendra me raconter le monde. »

En répondant à cette annonce, Bitna, jeune étudiante coréenne, accepte la proposition de travail de Salomé et se rend alors régulièrement à ses côtés pour lui conter des histoires. Si ces histoires se situent souvent dans un monde merveilleux, elles se rapprochent peu à peu de la réalité. La frontière entre réalité et imaginaire s'estompe tandis que Bitna profite du pouvoir que lui donne ses récits sur la jeune Salomé clouée au lit.

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai été déçue par ce roman d'un auteur que j'apprécie généralement. Les récits de la jeune Bitna sont déroutants, tristes, peignant une Corée au visage peu avenant, voire anxiogène. Bitna elle-même, en tant que personnage principal est bien peu sympathique, manipulant la jeune Salomé pour qui on ne peut s'empêcher d'éprouver de la compassion.

 

Présentation de l'éditeur : Stock ; Le livre de poche

Du même auteur :  Désert Voyage au pays des arbres 

Sur l'auteur : Le Clézio, l'homme du secret de Aliette Armel

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La part des flammes de Gaëlle NOHANT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Mai 1897. La duchesse d'Alençon sœur cadette de l'impératrice Sissi, prend sous son aile deux jeunes femmes : Violaine de Raezal, jeune veuve au passé trouble, et Constance d'Estingel qui vient de rompre ses fiançailles. La duchesse les invite à partager son stand au Bazar de la Charité auquel participe ces dames de la noblesse. Ces femmes scellent ainsi leur destin puisque le Bazar sera la proie d'un incendie violent, faisant 126 morts et plus de 200 blessés, sur les 1200 personnes présentes.

La une du Petit Journal publié le 16 mai 1897

A travers le destin de ces femmes, Gaëlle Nohant fait revivre toute une époque, entre rumeurs qui guident une réputation, jalousies intempestives, internements abusifs de jeunes femmes osant s'éloigner du cadre bien-pensant, rôles significatif des petites gens... Violaine incarne un personnage libre, volontaire et attachant qui a le mérite de se battre pour ce qu'elle croit vrai, tout comme Laszlo qui assiste aux débuts du journalisme à sensation.

Un très beau roman qui vous emporte dans les coulisses de l'Histoire grâce à des personnages marquants.

 

Présentation de l'éditeur : Le Livre de Poche

Du même auteur : Légende d'un dormeur éveillé

D'autres avis : Le Point ; L'express ; Babelio

A noter, ce soir un téléfilm sur le même thème sur TF1...

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La redoutable veuve Mozart de Isabelle DUQUESNOY

Publié le par Hélène

♥ ♥

A la mort de Wolfgang Amadeus Mozart, génie incontesté, sa veuve se retrouve proche de la ruine. Constance doit alors se battre non seulement pour survivre, mais aussi pour conserver la gloire de son défunt mari. Ses choix pourront être contestés, par son fils, par ses détracteurs, il n'en reste pas moins qu'elle va contribuer au rayonnement de Mozart.

Constance Mozart, détail d'une gravure par J. Lange (1783)

Ce que j'ai moins aimé : Je ne me suis pas attachée à cette femme et j'ai trouvé l'histoire lente à démarrer.

Bilan : Un portrait intéressant d'une femme au dynamisme incontestable...

 

Présentation de l'éditeur : Editions de la Martinière

 

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J'ai saigné de Blaise CENDRARS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans cette nouvelle autobiographique, Blaise Cendrars raconte comment en 1915, amputé d'un bras, il est conduit à l'hôpital de Châlons-sur-Marne pour être soigné. Il partage sa chambre dans un premier temps avec un jeune berger victime d'un obus, bientôt remplacé par un autre blessé, paralysé et ayant perdu l'usage de la parole. Ils sont veillés par l'infirmière en chef, Madame Adrienne, qui les protège et les soutient.

L'auteur rend hommage à ces femmes de l'ombre dévouées aux blessés, réconfortant, soignant, défendant les blessés en souffrance. Engagé volontaire dans cette première guerre, Blaise Cendrars nous dit combien "il a saigné", souffert, mais il nous parle aussi de renaissance et d'espoir en l'humain...

Extraite du recueil La Vie dangereuse publié en 1938, cette nouvelle résonne du style poétique de Cendrars.

Présentation de l'éditeur : Hatier

 

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Terres fauves de Patrice GAIN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

David Mc Cae, journaliste, doit écrire les mémoires du gouverneur Kearny. Comme le politicien réclame un chapitre sur les liens étroits qui l'unissent au célèbre alpiniste Dick Carlson, David doit partir au Canada pour interviewer Dick. Ce voyage vécu à contre cœur par le journaliste plutôt citadin va s'avérer plus dangereux et inattendu que prévu...

L'évolution du personnage principal est très intéressante : cet homme citadin, qui semble sans cœur et sans scrupules se heurte à la violence de la nature et des hommes et en ressort grandi, plus apte à distinguer l'essentiel derrière le futile. Le tableau des autres hommes est tout aussi aiguisé : les sphères du pouvoir révèlent des pièges qui deviennent rapidement des gouffres, gouffres dans lesquels se précipitent les médias, rapides à fabriquer des légendes qu'il est impossible de détrôner par la suite. L'histoire de la conquête des 8000, véritable course des nations, révèle également ces failles humaines :

"Les sommets de plus de 8 000 mètres encore vierges faisaient l’objet de toutes les convoitises. Chaque État voulait le sien. Les Français furent les premiers avec l’Annapurna, il y eut ensuite les Anglais avec l’Everest, puis les Italiens, les Autrichiens, les Japonais, les Suisses. On ne voulait pas être en reste, pas une nation comme la nôtre. Des 8000, il n’y en a que quatorze. Il n’y avait pas de temps à perdre. "

Notre journaliste évolue dans ce monde impitoyable et en comprend peu à peu les règles, ce qui, paradoxalement, le rend de plus en plus humain.

A noter que le titre est particulièrement bien trouvé, je vous laisse la surprise ...

Ce que j'ai moins aimé : Le genre du roman n'est pas clairement défini : je m'attendais à un roman de nature writing et quand tout à coup le roman s'est transformé en thriller, j'ai été déroutée, comme trompée dans mon attente. Néanmoins, une fois le réajustement fait, j'ai savouré ce texte à sa juste valeur...

"Une lune pâle s'est installée haut dans le ciel. Près de la berge, mon regard a été attiré par des bruits d'eau. Des loutres flottaient sur le dos en croquant un poisson. Elles étaient nombreuses, peut-être une dizaine, drapées de varech. Des petits dormaient sur le ventre de leur mère, insouciants. J'ai fermé les yeux. Ce monde est vraiment étrange. Il cache sa violence derrière des scènes attendrissantes, des animaux à l'allure débonnaire et un calme apparent. C'est ce qui fait sa force. "

 

Présentation de l'éditeur : Le mot et le reste

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Le rouge et le noir de STENDHAL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le héros du roman est un fils de charpentier à l'ambition dévorante. Dans la première partie du roman, il est employé comme précepteur chez M. de Rênal, dans sa ville natale de Verrières. Par la suite, il entre au séminaire à Besançon avant de devenir secrétaire du marquis de La Mole, à Paris. Son parcours sera marqué par sa passion pour deux femmes : d'abord Mme de Rênal, puis Mathilde de la Mole, la fille du marquis.

Le Rouge et le Noir est le reflet de toute une époque, ces années 1830 qui marquent la déconvenue de ces jeunes qui ne peuvent embrasser une carrière militaire et se tournent alors vers une carrière religieuse. Ils connaissent tous un revers face à l'hypocrisie générale de cette société vérolée par l'ambition et la politique.

Mais ce beau roman fait montre aussi d'une fine analyse des psychologies et des sursauts du cœur humain. Le lecteur pourra assister à l'évolution progressive de Julien, qui, peu à peu, laisse tomber ses habits de frêle jeune homme pour s'affirmer et mener son chemin personnel vers le bonheur.

Ce que j'ai moins aimé :

Si j'ai trouvé la première partie passionnante, j'ai moins apprécié la partie consacrée à Mathilde, peut-être en raison d'une personnalité moins attachante : la jeune femme se joue sans cesse la comédie, elle devient excessive parce qu'elle s'ennuie, et s'invente une vie et des émotions pour contrer la platitude de sa propre vie.

Bilan :

Un classique doté d'un personnage principal touchant.

 

Présentation de l'éditeur : Folio

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Fables de LA FONTAINE illustrées par des maîtres de l'estampe japonaise

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Au XIXème siècle, un éditeur japonais Hasegawa Takejirô fait traduire en plusieurs langues et imprimer sur des papiers japonais de qualité un certain nombre de contes japonais et publie des œuvres appartenant à la langue ordinaire du pays, comme ici pour les Fables.

Les artistes allient les fables à un paysage typique des estampes japonaises : paysages de glycine, de pins et de maisons au toit de paille, guerriers samouraïs, petit temple shintoïste perché sur un promontoire, silhouette enneigée du mont Fuji...  

Les fables choisies sont fidèles à l'esprit de La Fontaine, dénonçant les défauts et excès humains ou critiquant le pouvoir abusif des plus puissants.

 

Ce bel album prouve encore une fois l' universalité de la fable qui se retrouve même dans un paysage étranger.

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

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L'extase du selfie et autres gestes qui nous disent de Philippe DELERM

Publié le par Hélène

Dans cet opus, Philippe Delerm s'intéresse aux gestes presque mécaniques les gestes de la vie : qu'il s'agisse de l'épluchage de la clémentine, de la conduite d'un caddie, de remonter ses manches, l'auteur observe et analyse ce que ces gestes peuvent révéler de nous.

Quelques gestes évoqués nous font retrouver le charme de ces "Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules" qui avaient tant plu à l'époque de leur sortie, comme le déhanchement pour laisser entrer le chat, même s'il n'est plus là, un geste empreint d'habitude et de nostalgie.

Mais malheureusement, ces fulgurances sont rares, et l'ensemble est profondément décevant.

Ce que j'ai moins aimé :

Le style n'a rien de poétique : "elles sont trop fortes" P. 37, l'emploi généralisé du "on", "il y a", "génial" créent des phrases courtes sans âme. Même les ricochets perdent de leur poésie, chaque geste devient vide, guindé, en raison de la banalité du propos et du style.

 

Présentation de l'éditeur : Seuil

Lu dans le cadre de Masse Critique de Babélio

tous les livres sur Babelio.com
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De pierre et d'os de Bérengère COURNUT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Uqsuralik est une jeune fille inuit qui se trouve séparée de sa famille en raison d'une fracture de la banquise. Livrée à elle-même dans le froid polaire, elle n'a d'autre solution que d'avancer pour survivre et trouver un groupe pour l'accueillir.

« Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l’Arctique depuis un millier d’années. Jusqu’à très récemment, ils n’avaient d’autres ressources à leur survie que les animaux qu’ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d’animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les éléments. L’eau sous toutes ses formes est leur univers constant, le vent entre dans leurs oreilles et ressort de leurs gorges en souffles rauques. Pour toutes les occasions, ils ont des chants, qu’accompagne parfois le battement des tambours chamaniques. » (note liminaire du roman)
A l'origine de ce roman, une curiosité de Bérengère Cournut qui, en contemplant de minuscules sculptures inuit en os, en ivoire, en pierre tendre et en bois de caribou, s'est demandé "quel peuple pouvait produire des oeuvres à la fois si simples et puissantes." Poussée par ce premier appel, l'auteure a investigé, notamment auprès du fonds d'archives Paul Emile Victor et du fonds Jean Malaurie, à la Bibliothèque centrale du Museum Naturelle, et ainsi est née Uqsuralik, jeune femme nomade, fragile au début du roman, mais gagnant en force au fil des pages et de ses rencontres. Habitée par ses croyances et ses mythes, elle avance, tenace, envers et contre tout, vers la lumière entraperçue dans ses rêves.

Ce très beau roman nimbé d'onirisme nous entraine aux confins d'une culture fascinante portée par ce personnage terriblement attachant. L'intense spiritualité de ce peuple s'échappe de chaque page, de chaque chant retranscrit, nous emportant bien loin de nos propres croyances occidentales.

Pour ne rien gâcher, le livre lui-même, en tant qu'objet, est magnifique, avec cette belle couverture de Juliette Maroni, ce papier si doux au toucher, et pour finir, ce carnet de photographies à la fin permettant de s'immerger encore davantage dans ces mondes lointains

L'auteure a reçu le prix Roman Fnac, un prix amplement mérité !

"Puisse ce roman être une porte d'entrée vers l'univers foisonnant du peuple inuit"

 

Présentation de l'éditeur : Le tripode

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