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11 articles avec roman policier africain

Tu ne perds rien pour attendre de Janis OTSIEMI

Publié le par Hélène

Jean-Marc est devenu policier dans le but de rendre une justice qu'il juge essentiel. Il a perdu sa mère et sa soeur dans un accident de voiture et il espère aussi, un jour, pouvoir envoyer le chauffard, fils d'un ministre, sous les verrous.

En attendant, il arpente les rues de Libreville et traque les petits malfrats et les grands bandits. Un soir il ramène une jeune fille mystérieuse à son domicile pour lui éviter les mauvaises rencontres. Le lendemain, quand il s'enquiert de la jeune fille à son domicile, il lui est répondu que la jeune fille est morte assassinée deux ans plus tôt. Jean-Marc aurait donc rencontré son fantôme ? Pourquoi lui est-elle apparue précisément à lui ? Jean-Marc décide d'enquêter sur cette morte qui lui a envoyé comme un appel à l'aide en se faisant connaitre à lui au-delà des limbes de la mort.

Dans les romans de Janis Otsiemi, le contraste est marqué entre les puissants qui dirigent la ville avec violence, corruption et malversations, et les plus pauvres, qui s'oublient dans l'alcool et les femmes pour supporter une atmosphère misérable. Là encore, les politiques et les puissants agissent dans l'ombre, jonchant le bord des routes de cadavres de jeunes filles qui auront juste eu le malheur d'être présentes au mauvais moment au mauvais endroit.

Ce que j'ai moins aimé :

J'avais beaucoup apprécié dans les précédents romans de l'auteur les expressions gabonaises qui émaillaient le récit et lui apporter son originalité et son pittoresque. La langue était davantage travaillée qu'ici, où l'intrigue prend le dessus, mais est également rapidement expédiée. En effet, certaines pistes ne sont guère exploitées : la mort de la mère et la soeur disparait du paysage, elle n'est plus mentionnée par la suite, on peut supposer que cela sera le cas dans des prochaines aventures mettant en scène Jean-Marc. De plus, les personnages apparaissent relativement fades, sans contours.

Bilan : A trop vouloir aborder des sujets divers, j'ai eu l'impression que l'auteur se perdait sans réellement en approfondir aucun et perdait en route sa verve langagière... C'est dommage.

 

J'ai eu la chance de rencontrer l'auteur lors d'une rencontre organisée par Babélio, j'en parle ICI.

Du même auteur La bouche qui mange ne parle pas    ;  African Tabloid  ♥ ; Le chasseur de lucioles  

 

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Rencontre Babélio avec Janis Otsiemi

Publié le par Hélène

Jeudi dernier, Babélio organisait une rencontre avec Janis Otsiemi à l'occasion de la sortie de son nouveau roman Tu ne perds rien pour attendre dans le tout récent label de Plon : Sang Neuf dirigé par Marc Fernandez qui souligne "Nous en sommes sûrs, pour comprendre la société actuelle, il faut lire noir."

Voici de quoi il a été question :

La superstition en Afrique :

En Afrique, la frontière entre le réel et l'irréel est tangente, il est tout à fait courant d'entendre des histoires comme celle du fantôme pris en stop par Jean-Marc. Ce sont des histoires qui existent, des faits divers, des fantasmes, des rumeurs.

Le personnage de Jean-Marc :

Je voulais un personnage nouveau qui soit dans la justice mais rebuté par les pratiques du pays. En Afrique la notion de mérite n'existe pas en tant que telle. Il faut avoir des fétiches, des marabouts pour réussir. Par exemple si votre fils va passer le bac et a des difficultés en cours, vous ne faites pas appel à un professeur particulier, vous prenez le bic et les cahiers et vous vous rendez chez le marabout. Ainsi, l'esprit de l'ancêtre viendra habiter l'élève et écrira à sa place le jour du bac.

Au début je voulais choisir un journaliste mais ce n'était pas possible le journalisme n'est pas objectif là-bas, soit il dépend du pouvoir, soit de l'opposition.

Les femmes :

Un bon gabonais a toujours un deuxième ou troisième bureau, plusieurs femmes.

L'intrigue :

Les corses : L'histoire banale est un prétexte pour dénoncer. Les corses sont très présents au Gabon, ils sont dans les jeux, les machines à sous. Moi-même je travaille dans l'aviation d'affaires et mon chef est un corse -qui n'a pas encore lu le roman, je ne sais pas s'il va me garder après l'avoir lu !- Le Gabon est la deuxième patrie des corses.

Les jeux : Les gabonais jouent beaucoup. Dans leur extrême misère, ils espèrent gagner des millions, surtout les retraités. C'est une machine à lessiver les gens.

La drogue : l'ancienne route de la drogue passait par le Sahel mais avec le terrorisme, ils ne peuvent plus passer par là, ils passent par chez nous car de plus le régime est facilement corruptible.

Mon rapport avec la langue :

L'africain a un rapport particulier avec la langue française  : c'est une langue que nous avons reçu en héritage, ce n'est pas une langue nationale nous avons plusieurs dialectes en fonction des ethnies. Le français est alors devenu langue nationale. Mais le problème étant que avec ses relents gaulois cette langue française ne peut pas traduire la réalité dans laquelle je vis. Je triture le français, c'est une espèce de vengeance contre les colonisateurs, nous nous approprions leur propre langue. Par exemple motamoter signifie apprendre par coeur ou encore la sans-confiance est une babouche chinoise en qui on ne peut pas avoir confiance car elle peut vous lâcher à tout moment.

Notre langue est pleine de richesses, elle traduit notre vécu, notre réalité. Ce n'est pas pour paraitre exotique mais c'est MA langue.

Dans cet opus, mon travail sur le style est plus classique. En effet, j'ai été touché par les critiques qui me reprochaient auparavant une intrigue un peu faible. J'ai voulu privilégier l'intrigue cette fois-ci.

Libreville :

A Libreville le front de mer est beau, mais c'est l'intérieur qui m'intéresse, quelques encablures plus loin on rencontre le peuple de l'intérieur, qui vit dans la précarité et la misère. Personnellement j'habite les Etats-Unis d'Akébé, un quartier populaire.

Comment tout a démarré :

Mes copains ont dit que j'écrivais comme un bourgeois, mes amis m'ont demandé d'écrire quelque chose dans lequel ils pourraient se reconnaitre.

Le polar africain :

Le polar africain est calqué souvent sur le mode occidental avec des médecins légistes qui pourtant n'existent pas chez nous. je voulais un roman réaliste. Ce n'est pas la réalité à 100 % mais MA réalité, nourrie de mon imaginaire, de ma manière de voir les choses.

La prise de pouvoir de Bongo :

C'était difficile on se planquait tous... A cause de la susceptibilité de certains politiques africains, je m'autocensure. Je n'ai pas peur mais je protège aussi ma famille.

Par exemple un article est sorti dans le Point intitulé "Gabon maudit" qui a eu des conséquences, on m'a accusé de véhiculer une mauvaise image du Gabon. J'ai répondu que je n'étais pas fonctionnaire du tourisme.

Je crains des réprésailles, pour l'instant je ne suis pas inquiété par contre j'ai des pressions extérieures des voisins des collègues j'essaie de garder mon indépendance, je dis tout de même les choses.

Le rapport avec les services de la police ?

Pour les observer, je débarque dans leur commissariat et j'invente un histoire, je dis que mon frère a disparu, on m'envoie au sous-sol voir un enquêteur qui me laisse dans un coin le temps de régler d'autres affaires. L'enquêteur a encore une machine à écrire du temps de De Gaulle, il est là, il fait son truc, et j'observe.

Les bars

En Afrique, le Gabon et le Cameroun sont les pays où l'on consomme le plus d'alcool. mais on boit pour se saouler, non par goût comme en France. Par exemple le whisky frelaté marche bien chez nous.

L'édition au Gabon ?

Il existe quelques maisons d'édition à compte d'auteurs, mais cela reste rare. De même, il y a peu de librairies, il n'y a pas de réseau de distribution. Les librairies sont souvent des librairies scolaires, si je voulais diffuser mon livre là-bas je devrais le commander à perte en France. De fait pour être connu là-bas, un auteur doit être "blanchi" passé par la France. En plus le livre est cher, il n'y a pas de culture du livre.

Quand j'étais petit, je lisais des romans à l'eau de rose car j'avais neuf soeurs. Puis j'ai découvert "Le lac" de Lamartine et j'ai eu une révélation, j'ai appris à écrire en recopiant des pages de Balzac. La littérature m'a sauvé. Sans elle je serais peut-être devenu délinquant, bandit, dans les quartiers où j'ai grandi tout est fait pour que tu ailles dans le mur.

Mon parcours dans l'édition tient à une question de rencontres : j'avais publié un petit livre à compte d'auteur  et j'avais un blog de littérature africaine. Jigal a lu mon livre, m'a contacté et m'a demandé un manuscrit.

Ma vie là-bas :

Pour le moment j'ai fait le choix de rester au pays. Et puis "l'Afrique est un polar à ciel ouvert" Des histoires dingues nous arrivent en Afrique, si ton voisin meurt on peut t'accuser de l'avoir assassiné ! Pour moi c'est de la matière, c'est un filon en or.
 

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Lagos lady de Leye ADENLE

Publié le par Hélène

♥ 

Guy Collins est un journaliste britannique envoyé au Nigéria pour couvrir les élections. Malgré les recommandations des locaux, il décide néanmoins de se confronter à Lagos by night. Il se rend compte rapidement qu'il aurait mieux fait d'écouter les voix raisonnables qui l'enjoignaient à ne pas sortir la nuit dans la capitale nigériane quand  il tombe sur un crime atroce : une prostituée aux seins coupés. Témoin clé, il est embarqué par la police nigériane aux méthodes quelque peu expéditives et violentes. Il ne devra sa survie qu'à l'intervention d'une mystérieuse Nigériane nommée Amaka, qui le tire des griffes de la police et lui demande en contrepartie d'enquêter sur ces assassinats de prostituées.

Amaka protège en effet ces prostituées, dont personne ne se préoccupe, et elle a besoin de l'aide de ce journaliste étranger tombé du ciel : "Parce que les filles sont des prostituées et que les assassins sont des hommes puissants. Les médias ne s'en mêleront pas parce qu'ils craignent ces hommes. La police n'enquêtera pas sur ce meurtre ni sur les filles qui disparaissent tous les jours. Pourquoi ? Parce que les flics ont trop peur des gros bonnets et de la soi-disant magie noire pour laquelle ils se servent des filles." Amaka se bat pour ces filles qui n'ont guère d'autres alternatives que celle de devenir prostituées : "Pour elles, la prostitution n'était pas un choix - c'était une absence de choix." Guy, envoûté par cette "Lagos lady", choisira de l'écouter et de défendre à son tour ces laissées pour compte.

Dans cette peinture endiablée et sans concession de la capitale nigériane, gangrénée par la corruption, la drogue et les trafics en tous genres, les êtres purs peinent à trouver leur place. Les armes tiennent une place centrale, les petits malfrats côtoyants le grand banditisme, et tous, des notables aux plus jeunes semblent capables d'une perversité choquante. Si le roman est efficace et éclaire une certaine vision de la société nigériane, il souffre de certaines limites à mes yeux.

Ce que j'ai moins aimé : il s'agit d'un policier assez violent, ce qui selon l'auteur est une vision juste de son pays, mais l'autre versant plus doux est perdu dans la masse des kalachnikovs et des pervers obnubilés par le sexe, laissant une vision très sombre de ce pays ! La fin ouverte laisse présager une suite, je passerai sans doute mon tour...

 

Présentation de l'éditeur : Métailié

D'autres avis : Jean-Marc

Lecture que je partage avec Electra

Entretien avec l'auteur chez Transfuge

Vous aimerez aussi :

- Sur le Nigéria les romans de Chimamanda Ngozi Adichie : L’hibiscus pourpre  ; Autour du cou Americanah

- Sur le Gabon les romans d'Otsiemi :  La bouche qui mange ne parle pas  ;  African Tabloid  ; Le chasseur de lucioles

 

Lagos lady, Leye Adenle, traduit de l'anglais (Nigéria) par David Fauquemberg, Métailié noir, mars 2016, 336 p., 20 euros

 

Merci à l'éditeur.

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Le chasseur de lucioles de Janis OTSIEMI

Publié le par Hélène

♥ ♥

En plein coeur de Libreville, un fourgon blindé est braqué. Bilan : vingt millions de francs CFA volés. Parallèlement le corps d'un ex-flic accusé d'avoir fait du trafic d'armes est retrouvé assassiné sur la plage de Tropicana, au sud de Libreville. Quelques jours plus tard, une prostituée camerounaise est assassinée sauvagement dans sa chambre. Puis une deuxième, une troisième, confirmant ainsi la présence dans la ville d'un tueur en série. 

L'intérêt de ce petit roman policier ne se trouve pas dans ces intrigues qui s'accumulent comme s'il fallait à tout prix donner un crédit policier au roman. La particularité de Janis Otsiemi tient davantage dans le tableau de la société gabonaise. Lui-même né à Franceville, au Gabon, il nous offre une vision décomplexée de son pays entre corruption, trafic d'armes, sida et prostitution, luttes ethniques entre les Fang et les Myéné... Les méthodes des policiers sont relativement expéditives : une bonne baffe sera plus efficace que dix-mille questions pour eux...

L'auteur use de surcroît d'un parler local humoristique qui apporte légèreté et humour au roman : qu'il s'agisse de petits proverbes comme "Au décès d'un chien, la chèvre ne porte pas le deuil.", "Le pied qui a été mordu par un serpent a peur d'un bout de corde.", "Le chasseur découvre l'étang grâce aux canards." ou bien d'expressions comme "Balle à terre" pour "laisse tomber", "faire l'avion" pour "faire vite", "avoir le mal de poche" pour "être fauché".

Mes réticences : Pas de femmes dans cet opus, ou effacées -ou mortes- 

Peu d'optimisme dans ce tableau de Libreville...

L'intrigue est vite emballée, là ne réside pas le sel de ce roman.

 

Présentation de l'éditeur : JigalPocket 

Du même auteur La bouche qui mange ne parle pas  ;  African Tabloid 

 

Le chasseur de lucioles, Janis Otsiemi, Pocket, 2014, 216 p., 5.30 euros

 

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L'affaire des coupeurs de têtes de Moussa KONATE

Publié le par Hélène

♥ ♥

A Kita au Mali, des mendiants se retrouvent sans tête. Serait-ce la faute de l'esprit rouge qui erre la nuit sur la colline et qui se vengerait ainsi des dérives de al société ? Trop de laisser-aller aurait-il provoquer la colère des dieux ? Selon certains, les habitants s'éloignent de l'honneur et de la dignité et reçoivent ici un juste châtiment. 

"Tout le monde ne parle que d'argent, tout le monde ne pense qu'à l'argent. L'argent achète tout désormais et nos filles vendent leur corps. Nos ancêtres n'ont-ils pas raison? Ne sommes-nous pas devenus indignes d'eux? Alors, ils sont décidés à nous tourner le dos et à nous laisser aux mains de mauvais génies tant que nous n'aurons pas retrouvé le droit chemin. Nous souffririons beaucoup et longtemps si leur colère ne s'apaise pas. Il faut donc d'ici trois jours nous reconnaissons nos torts et que nous leurs présentions nos excuses." p. 27

Ce n'est pourtant pas la thèse retenue par Habib et le jeune Sosso venus seconder le commissaire Dembélé et son adjoint Sy rapidement dépassés par les évènements. Chacun suit sa méthode et navigue dans la ville qui se divise entre tradition et modernité.

Avec humour, Moussa Konaté décrit le village où il a passé son enfance, s'amusant au passage des luttes factices entre les malinkés et les bambaras. 

Néanmoins, l'ensemble est un peu rapide, l'écriture semble quelque peu artificielle, et ne sonne pas toujours juste, quelquefois l'auteur explique trop là où le sous entendu aurait suffit. Si bien que cette "affaire des coupeurs de têtes" est moins abouti que le premier roman de l'auteur Meurtre à Tombouctou. Cela s'explique quand on sait que Moussa Konaté n'a pas eu le temps de faire des modifications sur son premier jet car il est entré à l'hôpital juste après avoir remis son manuscrit et il est mort quelques jours plus tard. D'où cette écriture quelquefois maladroite.

 

source : http://hovawart-en-afrique.pagesperso-orange.fr/carnets-route-mali7.html

 

Présentation de l'éditeur : Métailié 

Du même auteur : Meurtre à Tombouctou 

 

L'affaire des coupeurs de têtes, Moussa Konaté, Métailié, mai 2015, 160 p., 16 euros 

 

Merci à l'éditeur.

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Kobra de Deon MEYER

Publié le par Hélène

                         

♥ ♥ ♥ 

"La vie n'est qu'une longue succession de désillusions, qui nous guérit des mythes et des fictions de l'adolescence." 

Ce que j'ai aimé :

Benny Griessel  s'est installé avec sa petite amie Alexa, mais doit faire face à ses assauts érotiques journaliers, lui dont la libido a été noyée dans l'alcool. Alcool qui l'appelle encore du fond des bars louches, et Griessel a bien du mal à résister à l'appel des sirènes... Une enquête l'éloigne un temps de ces préoccupations.

Les corps de trois gardes du corps sont en effet retrouvés dans une guest-house. Les hommes étaient chargés de surveiller un homme d'affaires anglais, Adair qui a mystérieusement disparu. Et les recherches que mènent Griessel et son équipe sur cet homme se heurtent à sa hierarchie et au consulat qui semblent peu enclins à dévoiler des informations sur lui. 

Parallèlement, nous suivons la piste de Tyrone, un jeune pickpocket qui finance de ses larcins les études de médecine de sa soeur,  et qui va se retrouver embarqué malgré lui dans cette histoire. 

L'enquête très rythmée va prendre rapidement la forme d'un contre la montre qui se joue minute après minute. 

Déon Meyer nous livre également un portrait d'une Afrique post-aprtheid en friche : le gouvernement se délite, la grangrène gagne du terrain, corruption, mauvaise gestion, cupidité, méfiance publique sont monnaie courante. "Le Service s'enfonçait de nouveau dans les sables mouvants de l'inefficacité." Un idéal de justice anime malgré tout Griessel, qui s'oblige à ne pas baisser les bras car la population compte sur ses services pour faire régner l'ordre. Ainsi, en preux chevalier,et ce malgré des baisses de régime, il avance envers et contre tout pour ne pas décevoir ceux qui croient encore en la justice et en l'équité. 

Un polar haletant efficace et intelligent !

Ce que j'ai moins aimé :

La quatrième de couverture en dit trop !

Premières phrases :

"La pluie tambourinait sur le toit de tôle ondulée. 8h10 du matin. Le capitaine Benny Griessel ouvrit la mallette de scène de crime posée sur le mur de la véranda, et en sortit des surchaussures de protection puis des gants de latex."

Informations sur le livre :

Seuil 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  13 heures A la trace  7 jours 

D'autres avis :

Le FigaroMarc VillardPage Jean- MarcMarianne 

 

Kobra, Deon Meyer, traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Estelle Roudet, Seuil policier, octobre 2014, 448 p., 22 euros

 

Merci à l'éditeur.

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Meurtre à Tombouctou de Moussa KONATE

Publié le par Hélène

                                      

 ♥ ♥

Une enquête au coeur de la cité mythique

 

Ce que j'ai aimé :

Un jeune touareg est retrouvé mort aux portes du désert, puis quelques heures plus tard, un français est pris pour cible. Les deux affaires sont-elles liées ? Le commissaire Habib va enquêter sur place, dans la cité mythique de Tombouctou, entre peur des terroristes et coutumes ancestrales.

"Dans l'antique Cité des 333 Saints, la vie allait son train-train habituel. Ici, diverses époques, populations et cultures se côtoyaient, se mêlaient : habitations et monuments séculaires de terre, mélange d'architectures soudanaise et arabe, hôtels et bâtiments administratifs modernes en ciment, rues larges ou étroites, goudronnées ou sablonneuses, désertes ou encombrées de charrettes, de dromadaires, de motos et de voitures ; Noirs, Blancs et métis, hommes enturbannés, arborant gandouras ou grands boubous, jeunes en jean et ticheurte, femmes voilées, couvertes de la tête aux pieds, jeunes filles décontractées, cheveux au vent ; voilà, au premier coup d'oeil, Tombouctou, ville ambiguë au charme étrange et irrésistible."

Deux mondes se font face : le monde de la ville avec ses tentations, ses rencontres attirantes et son cosmopolitisme, et le monde du désert, dans lequel vit la famille du jeune Ibrahim retrouvé mort, une famille qui accorde une attention primordiale aux traditions et aux voeux des ancêtres. Les plus jeunes sont souvent tiraillés entre ces deux mondes etleurs fréquentations ne sont pas toujours recommandables.Le commissaire Habib, assisté de son adjoint Sosso va plonger dans les conflits claniques malgré la pression des notables de la ville qui souhaitent qu'il abandonne l'enquête pour laisser oeuvrer un marabout-devin. La place de la police n'est pas encore affirmée dans ce monde qui préfère résoudre ses problèmes en interne, en appliquant sa propre idée de la justice.

C'est avec intelligence et tact que l'auteur aborde cet aspect moderne de l'histoire africaine par le biais d'une enquête bien menée. 

             

Ce que j'ai moins aimé :

Néanmoins, l'intrigue patine un peu au mitan du roman.

Je n'a pas été sensible aux blagues de Guillaume, agent de renseignement français venu prêter main forte au commissaire, qui frétille à tous les coins de rue devant la beauté des femmes touaregs. 

Infos sur le livre :

Chez Métailié

Premières phrases :

"Tombouctou, novembre 2010. Non loin du zénith, en route pour le coucahnt, le soleil ahanait, mais ses rayons gardaient encore de leur vigueur juvénile."

Vous aimerez aussi :

Roman policier africain

D'autres avis :

Presse

 

Meurtre à Tombouctou, Moussa Konaté, Métailié, avril 2014, 220 p. 16 euros

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African Tabloid de Janis OTSIEMI

Publié le par Hélène

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♥ ♥

L’auteur :

 Janis Otsiemi est né à Franceville dans la province du Haut-Ogooué en 1976 au Gabon. 
Ancien élève du Collège Public d'Akébé (Collège Georges Mabignat aujourd'hui), il intègre en 1998 la Fondation Raponda Raponda Walker comme Membre permanent. Après un bref passage au Gouvernorat de l'Estuaire, il est actuellement Secrétaire Général Adjoint de l'Union des Ecrivains Gabonais (UDEG) et Directeur de la Collection « Polar d’Afrique » aux Éditions du Polar.

Romancier, poète et essayiste, Janis Otsiémi a publié un roman "Tous les chemins mènent à l'Autre" ( Prix du jeune écrivain gabonais) aux Éditions Raponda Walker (Libreville 2002) et aux Éditions Ndzé (Paris, 2002), 

Il a été lauréat du Prix du centenaire de la naissance du président Léon Mba pour son recueil de poèmes "Chants d'exil".  (Source : Babélio)

 

L’histoire :

 Libreville. 2008. Un an avant les élections, un type est retrouvé mort sur une plage de Libreville, près du palais de la présidence de la République, une balle dans la gorge et deux doigts de la main gauche coupés. La victime est un journaliste d’investigation connu pour ses enquêtes très sensibles sur le pouvoir dont il dénonçait la corruption et la main mise sur les affaires du pays. Pour la corporation, la société civile et les associations de défense de la presse, il s’agit là, à l’évidence, d’un assassinat politique. Mais à Libreville, comme partout ailleurs en Afrique, les apparences sont souvent trompeuses… (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 Dés les premières pages la chaleur moite de la capitale gabonaise se fait sentir. Janis Otsiemi nous plonge dans les arcanes de sa ville aux côtés Koumba et Owoua, deux policiers qui enquêtent sur le meurtre d'un journaliste d'investigation. Mais ils sont aussi confrontés à une fraude bancaire et à un délit de fuite d'un mystérieux conducteur ayant renversé une femme et son enfant, et à un réseau pédophile oeuvrant sur la toile. Les intrigues s'entrecroisent, promenant ainsi le lecteur dans les bas fonds de la ville aux quartiers bigarrés.

Dans ce roman très urbain, les chapitres sont courts, bien ciselés, donnant un aperçu global de cette villle cosmopolite gangrénée par la corruption, les injustices, les abus de pouvoir permanents. Si la vision du pays est désenchantée et pourrait être prétexte à un livre noir et plombant, le ton résolument drôle et léger permet d'équilibrer l'ensemble. Les expressions locales contribuent à apporter de la fraîcheur  au récit : 

Cassé le bic : arrêter les études

Avoir un long bic : avoir fait des études universitaires

Coulisser : avoir des relations sexuelles

Tenir le cerveau : réfléchir

 Un humour dynamique et jubilatoire parsème les pages et permet à la fois de divertir tout en décillant les yeux du lecteur sur cette capitale riche en pétrole mais pauvre dans ses tréfonds...

Ce que j’ai moins aimé :

 Il s'agit plus d'un roman d’ambiance  que d'un polar haletant, l’appellation polar ne vaut que parce que il y a un meurtre et des policiers en action ; aucun suspense ne court en ces pages...

 Premières phrases :

 « Libreville.

Quartier du Plateau.

Trois heures du matin.

Assoupie sous un brouillard épais, la ville s’éveillait peu à peu entre les limailles d’une nuit sale, moribonde qui hésitait à se démarabouter sous la pression des premières lueurs poudreuses du jour qui commençaient à poindre à l’horizon. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  La bouche qui mange ne parle pas de Janis OTSIEMI

Autre :  Roman policier africain

 D’autres avis :

 http://www.babelio.com/livres/Otsiemi-African-tabloid/525303

 

African tabloid, Janis Otsiemi, Editions Jigal Polar, 2013, 208 p., 16.80 euros

babélio masse critique

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7 jours de Deon MEYER

Publié le par Hélène

7jours.png

♥ ♥

"La vie n'était jamais simple"

 

L'auteur :

http://www.deonmeyer.com/

L'histoire : 

Un mystérieux imprécateur menace, dans un mail délirant, d'abattre un policier par jour tant que le meurtrier de la belle avocate d'affaires Hanneke Sloet n'a pas été arrêté. Et s'empresse de joindre le geste à la parole. La police du Cap, prise de panique, charge Benny Griessel de rouvrir l'enquête, au repos depuis plus d'un mois. Pas d'indices, pas de mobile, pas de témoins, juste quelques photos où la victime posait nue, une forte pression venue du sommet de la hiérarchie, et un sniper insaisissable manifestement décidé à poursuivre sa mission. Fragilisé par la piètre opinion qu'il a de lui-même, déchiré entre le désastre de sa vie privée et son exceptionnelle conscience professionnelle, Griessel va devoir repartir de zéro. A l'arrière-plan se dessine bientôt un paysage urbain d'intérêts politiques et financiers, de compromission et de corruption, qui ouvre bien des perspectives et nous indique plus d'une fausse piste. Jusqu'au stupéfiant coup de théâtre final.

 

Ce que j’ai aimé :

L'enquête se livre sur deux fronts : d'une part arrêter un sniper fou qui menace de tirer chaque jour sur un nouveau policier tant que le meurtrier de Hanneke Sloet ne sera pas arrêté, et de l'autre reprendre l’enquête sur ledit meurtre jamais éclairci. Un contre la montre commence alors afin d'éviter une hécatombe policière... Le suspens grandit au fur et à mesure des heures qui s'égrennent.

Cette intrigue aux ressorts somme toute assez communs est densifiée grâce à la profondeur psychologique des personnages et notamment de Benny Griessel, ancien alcoolique qui entame son 227ème jour d'abstinence. Malheureusement pour lui, il tombe jour après jour amoureux d'une femme alcoolique elle-même qui replonge durant son enquête. Il devra la surveiller en parallèle de son enquête, tout en veillant également sur sa fille acoquinée avec un tatoué qui ne l'inspire guère... Il fait également le bilan sur l'échec de son précédent mariage, sans doute provoqué par les aléas d'un métier éprouvant :

« Le sang, et l’odeur, et les corps sans vie, sans défense, des enfants et des femmes et des personnes âgées, et la certitude qu’on pouvait faire subir ça à d’autres. La pression. La tension constante – le manque d’argent, les longues heures, les attentes des familles des victimes, et les chefs. Et les railleries du public et de la presse. » (p. 303)

 

Ce que j’ai moins aimé :

"7 jours" est plus classique, moins ambitieux que le précédent « A la trace », plus dans la veine de "13 heures".

Les incursions dans le monde de la finance n’apportent rien à l’intrigue d’autant plus que Benny lui-même n’y comprend rien.

Les allusions à l'histoire de l'Afrique du Sud restent trop sporadiques :

« Quand j’étais petit comme ça, mon père m’a emmené dehors un soir, il m’a montré la Lune. Il a dit « Benedict, des gens ont marché là-dessus. Pourquoi ? Parce qu’ils en avaient rêvé, nè. » Il a ajouté : « Tu dois aller dans ce monde, ukuphupha, avec un rêve. Et tu dois suivre ce rêve, jusqu’à ce que tu l’attrapes. » Ce matin, quand j’ai entendu toutes ces manigances, je me suis dit : « Qu’est-ce qui nous arrive ? Madida avait un rêve, Benny. Le grand Ukuphupha pour l’Afrique du Sud. Mais maintenant, on est en train d’oublier ce rêve. » Je suis resté assis là hier soir à regretter mon père, nè, il est mort en 2005, et je me suis dit : « Pourquoi, est-ce qu’on ne peut pas être « nous » à nouveau ? » Dans ce pays. Dans le monde entier. Parce qu’on est tous sur la même petite planète. » (p. 335)

Une petite déception...

 Premières phrases :

 « Quoi qu’il arrive, il voulait simplement ne pas passer pour un crétin total.

Le capitaine Benny Griessel portait des vêtements neufs trop chers pour lui. Il y avait un bouquet de fleurs sur le siège passager, ses mains crispées sur le volant étaient moites, et il aspirait de tout son être au pouvoir apaisant de l’alcool. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  13 heures  ; A la trace 

Autre :  Roman policier africain

 D’autres avis : 

L’express ; Télérama 

 

7 jours, Deon Meyer, Traduit de l’anglais par Estelle Roudet,  Seuil policiers, mai 2013, 496 p., 22 euros

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La bouche qui mange ne parle pas de Janis OTSIEMI

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Un roman policier gabonais truculent.

 

L’auteur :

 

Janis OTSIEMI est un écrivain gabonais. Il est actuellement secrétaire général adjoint de l’Union des écrivains gabonais, après un bref passage au gouvernorat de l’Estuaire. Il a publié son premier roman Tous les chemins mènent à l’Autre en 2001.

 

L’histoire :

 

Quand Solo sort de prison, il s’adresse à son cousin Tito pour chercher une affaire qui pourrait lui rapporter de l’argent pour se refaire. Tito lui demande alors de jouer le chauffeur dans une sombre affaire d’enlèvements d’enfants. Certains politiciens gabonais  n’hésitent pas en effet à faire tuer de jeunes enfants dont les attributs sont utilisés par des marabouts dans des rituels visant à les maintenir au pouvoir… Les policiers Koumba et Owoula sont rapidement sur les traces de Tito…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’immersion dans le pays : le lecteur déambule aux côtés des protagonistes dans la capitale gabonaise, de Louis au Cap Esterias, accompagnant Solo et les autres dans leurs tribulations hasardeuses et découvrant avec horreur tous les dessous de la ville, plutôt glauques…

 

Les expressions renforcent cette immersion : « On n’est pas des cousins à plaisanteries », « Tu cherches toujours la bouche des gens » (tu provoques) « un type qui a bouffé des guêpes » (être surexcité) « kala-kala » (longtemps)…

 

-          Les personnages sont bien campés : les petits truands toujours plus avides d’argent pour « ambiancer », les policiers corrompus qui laissent souvent filer les bandits en contrepartie de quelque pécule, les politiciens superstitieux prêt à tout pour rester au pouvoir…

 

« La police de Libreville n’était pas celle de New York avec sa section scientifique et ses médecins légistes. Ici, il fallait faire avec les moyens du bord. Et les différentes enquêtes avaient le même mode d’emploi : « pas besoin d’être à la recherche d’éventuels témoins. On descend dans les quartiers populaires, on bouscule des indics. Le premier indigène que la rumeur soupçonne, les flics le ferrent et lui filent une torture qui ferait pâlir un nazi. Si l’indigène y est pour quelque chose, il videra son sac et vous conduira sur les lieux de son forfait. S’il n’y est pour rien après une petite vérification, on enchriste un autre indigène jusqu’à ce qu’on tombe sur le bon bougnoule. » (p.116)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’auteur crée plusieurs intrigues policières (braquages, vol de voitures, crimes rituels, fabrication de faux-billets, chantages, et j'en passe...) sans les exploiter de bout en bout, les menant rapidement dans des ruelles sombres dans lesquelles elles se perdent. Par exemple le sujet principal du roman autour des crimes rituels aurait mérité plus d’approfondissement. L’atmosphère prime sur le suspens quand les deux auraient pu être savamment imbriqués…

 

Premières phrases :

 

« 20 heures. Quartier La Campagne.

Solo descendit d’un taxi reconnaissable à ses larges bandes rouges et blanches. Il se dirigea vers un groupe de jeunes hommes paumés qui bavardaient sous un lampadaire sur le capot d’une voiture posée sur des cales de bois. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Mma Ramotswe détective d’Alexander MC CALL SMITH

 

 

La bouche qui ne parle pas, Janis OTSIEMI, Editions Jigal Polar, septembre 2010, 160 p., 15 euros

 

 

Merci à Yves pour le prêt. Jean-Marc en parle également.

 

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