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roman policier americain

Pierre qui roule de Donald WESTLAKE

Publié le par Hélène

                        

♥ ♥ ♥ ♥ 

Ce que j'ai aimé :

Dortmunder sort de prison et est accueilli par son ami de toujours Kelp qui lui propose aussitôt un nouveau coup fumant : subtiliser une grosse émeraude valant un demi-million de dollars en plein coeur d'une exposition d'art à New-York, et ce pour le compte d'un petit état africain. Les bénéfices et le challenge poussent Dortmunder à accepter. Reste à savoir qui les accompagnera quand leurs acolytes sont tous pris : Whistler est en prison pour avoir libérer un lion, Lartz chauffeur de renom est à l'hôpital après avoir percuté un avion, Danforth est devenu prêtre. Ils choisiront finalement Chefwick passionné de trains "complètement marbré", Murch comme chauffeur, et Greemwood comme homme à tout faire. Servis par un plan concocté aux petits oignons par Dortmunder, l'équipe se lance alors à corps et coeur perdu dans cette quête de l'émeraude. Qui prendra un peu plus de temps que prévu... Mais ils iront au bout de leur mission car :

"- C'est une question de fierté, dit Murch. C'est comme de pas se laisser doubler à droite." 

Un récit rythmé, loufoque, des dialogues qui font mouche, il n'en faut pas plus pour se laisser charmer par cette première aventure de Dortmunder, celèbre cambrioleur. 

Ce que j'ai moins aimé :

-Rien

Premières phrases :

"Dortmunder se moucha.

"Monsieur le directeur, dit-il, vous ne pouvez pas savoir à quel point j'ai apprécié la sollicitude dont vous avez fait preuve à mon endroit."

Comme il ne savait pas quoi faire du Kleenex, il le garda roulé en boule dans son poing."

Informations sur le livre :

Payot rivages 

Vous aimerez aussi :

Série des Dortmunder

 1 - Pierre qui roule( Parution originale en 1970)

 2 - Comment voler une banque( Parution originale en 1972)

 3 - Jimmy the Kid( Parution originale en 1974)

 4 - Personne n'est parfait( Parution originale en 1977)

 5 - Pourquoi moi ?( Parution originale en 1983)

 6 - Bonne conduite( Parution originale en 1985)

 7 - Dégâts des eaux( Parution originale en 1990)

 8 - Histoire d'os( Parution originale en 1993)

 9 - Au pire qu'est-ce qu'on risque ?( Parution originale en 1996)

 10 - Mauvaises nouvelles( Parution originale en 2001)

 11 - Les sentiers du désastre( Parution originale en 2004)

 12 - Surveille tes arrières !( Parution originale en 2009)

 13 - Soit réaliste

 14 - Voleurs à la douzaine

 

Pierre qui roule, Donald Westlake, traduit de l'anglais (EU) par Alexis G. Nolent, Rivages noir, 2007, 304 p., 8.50 euros

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Bad Chili de Joe R. LANSDALE

Publié le par Hélène

                            

♥ ♥ ♥ 

Ce que j'ai aimé :

Le duo de choc Leonard et Hap est de retour pour faire des étincelles, Leonard a les nerfs à vif depuis que son petit copain est parti avec un motard tout de cuir vêtu, le laissant en carafe, Hap devrait pouvoir le soutenir, malheureusement il se fait attaquer sauvagement par un écureuil, provoquant les moqueries de son coéquipier :

"Je m'interroge, Hap. Tu connaissais personnellement cet écureuil ? Et si oui, est-ce que ça pourrait être un truc que tu lui aurais raconté ?"

L'écureuil en question n'avait pas l'infime chance de connaître Hap, il était juste détenteur de la rage... Et comme ce n'est décidemment pas un jour faste pour Hap, il se rend compte que son assurance maladie est proprement inefficace, ce qui l'oblige à demeurer hospitalisé durant toute la durée du traitement préventif contre la rage. Pendant ce temps, Leonard en profite pour disparaître, et coïncidence étrange, le motard en cuir est retrouvé mort, attaqué sans nul doute par quelqu'un d'autre qu'un écureuil...

Hap va devoir gérer sa potentielle rage, son attirance pour une jolie infirmière flamboyante et un Leonard qui vient de se faire larguer et se retrouve accusé de meurtre..

Des durs à cuire que rien n'arrête, des dialogues ciselés, savamment pensés et pesés, une action qui décoiffe, il n'en faut pas plus pour faire de ce roman une réussite ! 

Ce que j'ai moins aimé :

-Rien.

Présentation de l'éditeur :

Folio 

Premières phrases :

"A la mi-avril, lorsque je rentrai à la maison après quelques mois de turbin sur une plate-forme pétrolière, je découvris que mon meilleur ami, Leonard Pine, avait perdu son boulot de videur au Hot Cat Club. Dans un moment de colère, alors qu'un fouteur de merde était écroulé derrière l'établissement, il avait sorti son outil et lui avait uriné sur la tête."

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  L'arbre à bouteilles  Le mambo des deux ours

D'autres avis :

Babélio 

 

Bad Chili, Une enquête de Hap Collins et Leonard Pine, Joe R. Lansdale, traduit de l'américain par Bernard Blanc, Folio policier, 2002, 8.40 euros

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La nuit la plus longue de James Lee BURKE

Publié le par Hélène

                                     

♥ ♥ ♥

"Comme le dit Clete, qu'on monte ou qu'on descende, it's only rock'n'roll."

Ce que j'ai aimé :

Cette nuit est la 17ème aventure de Dave Robicheaux. La tempête se lève sur la Nouvelle Orléans, puis passe en un éclair pour anéantir la ville. La ville est sans dessus dessous, les criminels courent les rues, les bons pères de famille deviennent troubles face aux menaces qui pèsent sur leur famille et leur maison.

Dans ce contexte tourmenté, Dave enquête aux côtés d'un Clete Purcell désoeuvré, perdu dans un monde qu'il ne comprend pas. Deux jeunes noirs sont assassinés dans un quartier blanc alors qu'ils pillaient des maisons laissées à l'abandon, Dave se lance sur les traces de leur meurtrier, bien décidé à croire encore à la justice malgré les sinistres généralisés.

Mais le véritable personnage reste la ville dévastée, abandonnée par le gouvernement, les habitants délaissés par les compagnies d'assurance... La ville est à la merci des pilleurs, des violeurs, des meurtres impunis. Une page se tourne irrémédiablement.

«Robicheaux dit que la Nouvelle-Orléans a été assassinée à trois reprises. La première par l’invasion des drogues dures dans les rues, au début des années 80. Tout a changé alors. On croisait des types complètement défoncés, aux yeux de verre et au teint de cire fondue, qui pouvaient passer sans vous voir, vous braquer ou vous tuer avec la même indifférence. La deuxième, par l’ouragan. Et la troisième fois, quand le gouvernement américain n’a pas répondu aux besoins d’urgence des gens de Louisiane.» (Interview Libération)

La sécurité devient  illusoire dans un monde dévasté.

"La plupart des gens auxquels j'ai affaire n'ont pas choisi le monde dans lequel ils vivent. Certains essaient de lui échapper, certains y adhèrent, la plupart sont dépassés et submergés par lui."

Ce que j'ai moins aimé :

Le fondu entre l'intrigue et la tempête n'est pas totalement réussi, persiste l'impression que l'auteur n'a pas suffisamment réussi à allier les deux. 

Premières phrases :

"Mes plus mauvais rêves comportent toujours des images d'eaux brunes et de champs d'elephant grass, le courant d'air descendant de pales d'helicoptère. Ces rêves sont en couleurs, mais dépourvus de son, ni celui des voix noyées dans la rivière, ni celui des explosions sous les chautes dans le village que nous avons brûlés, ni le vrombissement du Jolly Green et des hélicopères armés qui rasent la canopée, comme des insectes collés contre un soleil en fusion."

Présentation de l'éditeur :

Payot rivages

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  La rose du cimarron  Dernier tramway pour les Champs-Elysées  ;  La descente de Pégase 

Autre : GAUDE Laurent Ouragan   sur le même thème

D'autres avis :

Télarama LireLibérationLe point

Jean-Marc 

 

La nuit la plus longue, James Lee Burke, traduit de l'anglais (EU) par Christophe Mercier, Rivages noir, 2013, 10.65 euros

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Mauvais coucheur de Carl HIAASEN

Publié le par Hélène

                               

♥ ♥ ♥

"Et Madeline avait raison. C'était un beau merdier."

Ce que j'ai aimé :

Andrew Yancy a été suspendu de ses fonctions d'inspecteur pour avoir voulu défendre l'honneur de sa petite amie Bonnie en utilisant à des fin peu courantes un aspirateur de poche. Il est désormais assigné à la "brigade des cafards", le contrôle sanitaire des restaurants, prenant la place d'un précédent collègue lui-même mort d'une hépatite... Et ce qu'il découvre dans les restaurants en question a tendance à lui couper franchement l'appétit. Ainsi quand un bras est découvert par un pêcheur, et que Yancy devient baby sitteur dudit bras, transporté dans sa glacière puis caché dans son congélateur, il voit là le moyen de se réhabiliter et de reconquérir son titre d'inspecteur et d'abandonner les cafards...

Les personnages qui gravitent autour de Yancy sont attachants, atypiques comme cette "reine Dragon" prêtresse vaudou aux pouvoirs surprenants, ou encore Neville, et son compagnon, un singe "quasi déplumé, dont la ressemblance troublante avec un délinquant humain atteint de psioriasis".

Yancy a lui aussi des facettes cachées : amateur de crabes bleus et aime regarder "les daims à queue blanche des Keys brouter parmi les broussailles des hammocks et les mangroves rouges."  Ainsi, quand Evan Shook un promoteur, construit la plus haute maison de l'île de Key West juste devant ses fenêtres, lui gâchant le coucher de soleil et chassant ses petits daims, il prend le taureau par les cornes, bien décidé à évacuer tout acheteur potentiel ! 

                    

Carl Hiaasen retrouve ici ses thèmes fétiches : la corruption, la défense de la nature contre des promoteurs véreux, la pêche... Des arnaqueurs en tous genres sont toujours plus avides de s'enrichir en profitant du système, laissant face à eux des hommes impuissants qui voit leur patrimoine spolié pour toujours plus de tourisme, plus d'argent, plus de prestige.

Mauvais coucheur est bien construit et réjouissant ! A conseiller ! 

Ce que j'ai moins aimé :

Toutefois, si l'humour ravageur et déjanté de Hiaasen est très présent au début du roman, peu à peu, il s'émousse au profit de l'intrigue.

Premières pages :

Editions des deux terres 

Présentation de l'éditeur :

Editions des deux terres 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Cousu main

D'autres avis :

Jean-MarcDaniel 

Revue de presse 

 

Mauvais coucheur, Carl Hiaasen, traduit de l'anglais (EU) par Yves Sarda, Editions des 2 terres, mai 2014, 400 pages, 20 euros

 

Merci à l'éditeur.

 

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La descente de Pégase de James Lee BURKE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

 James Lee Burke est né à Houston (Texas) le 5 décembre 1936. Deux fois récompensé par l'Edgar, couronné Grand Master par les Mystery Writers of America, lauréat en France du Grand Prix de littérature policière (1992) et deux fois du Prix Mystère de la Critique (1992 et 2009), James Lee Burke est le père du célèbre policier louisianais Dave Robicheaux. (Source : Editeur)

 

L’histoire :

  Trish Klein, jeune femme énigmatique, débarque à New Iberia, Louisiane, pour jouer dans les casinos du coin avec des billets de cent dollars marqués à l'encre rouge. C'est la fille unique d'un convoyeur de fonds que Dave Robicheaux a connu vingt ans plus tôt, et qui a été assassiné sous ses yeux. Que veut Trish Klein ? Existe-t-il un lien entre cette affaire ancienne et le suicide présumé d'une étudiante ? Et qui est l'étrange vagabond dont on a découvert le cadavre dans un fossé ? Au croisement de tous ces mystères se trouve un truand nommé Bellerophon Lujan... (Source : Editeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 Trois affaires voient le jour en parallèle : le suicide inexpliqué d’une jeune étudiante que rien ne prédisposait à mettre fin à ses jours, la découverte du corps d’un vagabond retrouvé après avoir été renversé par une voiture qui a pris la fuite, une enquête sur une arnaqueuse  de haut vol qui erre dans les casinos.

Dave Robicheaux va plonger dans ces enquêtes, avec ténacité, persuédé que les apparences sont trompeuses et que tout un chacun a droit à la vérité après sa mort. ALors même si le suicide ne fait pas de doute, il va chercher à comprendre, par hommage pour la jeune fille et son père, ce qui a pu la pousser à cette extrémité. Tout comme il va chercher qui a pu renverser un vagabond dont personne ne se préoccupe en le laissant mourir sur le bord de la route. Par contre, il laisse libre la jeune arnaqueuse, en hommage peut-être à son père, Dallas Klein, assassiné sous ses yeux plusieurs années auparavant. Il pense plutôt qu'elle est venue se venger de l'assassin de son père. Tout comme lui pourrait être tenté de le faire...

Car Dave Robicheaux est un être complexe, profondément humaniste mais qui n'est pas sans ressentir une violence latente, liées à ses cicatrices, à son passé, à ses expériences. Il lutte contre ses mauvais penchants, son alcoolisme passé, et défend son idée de la justice qui quelquefois nécessite quelques coups de poing... Il est un être à part, immensément riche humainement et intellectuellement parlant. De ceux qui n’hésitent pas à hypothéquer leur maison pour payer la caution d’un homme innocent. 

 « Faut jamais oublier qui tu es pour en pas devenir comme ceux qui t’entourent. Chaque nuit, tu te dis et tu te répètes que t’as un endroit spécial à l’intérieur de toi où tu vis, c’est comme une cathédrale privée que personne ne peut toucher ? C’est ça le secret de la santé mentale, lieutenant. Mais ton endroit spécial, faut surtout en parler à personne. » (p. 254)

Ceux qu'il cotoie et contre lesquels il lutte sont tout aussi denses, les frontières entre moralité et meurtre ne sont pas si transparentes que cela chez James Lee Burke. A l'image des personnages complexes, l'intrigue connait de multiples rebondissements, des zones d’ombre s’éclairent peu à peu pour dévoiler plus de violence, plus de désœuvrement chez les jeunes dans un monde qui change.

« Ce pays n’est plus celui dans lequel on a grandi. C’est les raclures de bas étage qui le gouvernent, du haut de la pyramide jusque en bas. Sauf que maintenant, ils font ça légalement, ils ont des diplômes et des costumes à deux mille dollars. » (p.369)

 Pour se préserver de ce monde qui éclate, Dave et sa femme s'octroient des moments d’intimité, pour oublier la violence du dehors, des oasis de paix pour profiter de chaque minute avant que l'éternité ne les rattrape : 

 « Molly et moi ouvrîmes en grand toutes les fenêtres afin d’inonder la maison des parfums frais de l’orage avant de préparer une salade de pomme de terre et des sandwiches au jambon et à l’oignon que nous mangeâmes dans la cuisine, le tout arrosé de thé glacé. (…) La vapeur monta du bayou et le ciel orageux devint d’un noir d’encre. Les lampadaires s’allumèrent dans City Park et des torrents de feuilles dégringolèrent des arbres jusque dans l’eau. »

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien, je vais me précipiter sur la suite La nuit la plus longue qui évoque l’arrivée de Katrina.

 

Premières phrases :

 « Au début des années quatre-vingt, à l’époque où je séchais régulièrement des doses de Jim Beam que je faisais suivre d’une bière, j’avais participé à un programme d’échange entre les forces de police de La Nouvelle-Orléans et une académie de recrues de la police située dans le comté de Dade, en Floride. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur sur ce site :  Dernier tramway pour les Champs-Elysées de James Lee BURKE ; La rose du cimarron de James Lee BURKE 

 

Série Dave Robicheaux

La Pluie de néon,

Prisonniers du ciel,

Black Cherry Blues

Une saison pour la peur

Une tache sur l'éternité

Dans la brume électrique avec les morts confédérés

 Dixie City

Le Brasier de l'ange

Cadillac Jukebox

Sunset Limited

Purple Cane Road

Jolie Blon's Bounce

Dernier Tramway pour les Champs-Élysées

L'Emblème du croisé

La Descente de Pégase

La Nuit la plus longue

Swan Peak

L'Arc-en-ciel de verre

Créole bellePayot et RivagesÀ paraître le 16 avril 2014

 

La descente de Pégase, James Lee Burke, traduit de l’anglais (EU) par Patricia Christian, Rivages poche, 2013, 10.65 euros

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Le mambo des deux ours de Joe R. LANSDALE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

"Y'a des gens là-bas, qui ne croient pas que les droits civiques sont passés dans la loi. Ils pensent encore que tout le monde devrait avoir un esclave nègre." (p. 49)

 

L’auteur :

 Joe R. Lansdale, auteur culte régulièrement récompensé, a été chercheur d'or, charpentier, fermier, avant de se consacrer pleinement à l'écriture. On lui doit notamment Les marécages ou encore L'arbre à bouteilles. Le mambo des deux ours est l'une des aventures fracassantes de sa très originale série dédiée aux deux indéfectibles potes que sont le Blanc Hap Collins et le Noir Leonard Pine.

(Quatrième de couverture)

 L’histoire :

 Chaud devant ! Tous les mômes du quartier peuvent de nouveau faire cuire des marrons sur les braises d'une maison calcinée. Une fois n'est pas coutume, Leonard, pour passer ses nerfs, a mis le feu à la crack house de ses charmants voisins dealers. Une coutume qui l'oblige à rendre un service au flic local pour qu'il ferme les yeux. Un petit service. Comme d'aller retrouver sa copine noire disparue dans un trou perdu du Texas dominé par le Klan : une sorte de travail d'intérêt général à l'américaine. Un passe-temps pour gars musclés sans peur ni reproches. Une récréation au royaume des exécutions sommaires et des petits Blancs de 120 kilos. Un paradis sur terre, une enclave hors du temps... Un rêve pour Leonard, aussi black qu'il est homo, aussi féroce qu'il est discret...

(Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

 Servi par des dialogues truculents faisant mouche à chaque mot prononcé, la série des enquêtes de Hap Collins et Leonard Pine est une merveille d’intelligence et de drôlerie.

Dans cet opus, les deux compères partent sur les traces de la belle avocate noire Florida qui a eu l’excellente idée d’aller cotoyer la crème du Ku Klux Klan dans une petite ville du Texas. Décidée à faire la lumière sur la mort  d’un de ses congénères, ses proches ont perdu sa trace depuis trop longtemps déjà. Hap et Leonard ne vont pas hésiter une seconde à se confronter à cette atmosphère profondément raciste et inhumaine, quitte à y laisser des plumes. Les deux héros profondément humains avaient tendance à se croire infaillibles et invincibles, mais ils vont ici se frotter au pire, loin de s'imaginer la cruauté et la violence dont sont capables ces hommes extrêmistes. 

"Y'a quatre ou cinq ans, ces touducs du Klan ont passé une Noire au goudron et aux plumes. Après l'avoir violée, bien sûr, dix ou quinze fois. Les ploucs qui ont fait ça te diraient que les blancs et les Noirs doivent être séparés et qu'ils ne peuvent se fréquenter, mais ça ne les dérange pas de s'offrir la cramouille noire d'une pauvre fille avant de lui faire le coup du goudron et des plumes. Du goudron brûlant, Hap." (p. 50)

Alliant subtilement noirceur et humour, Joe R Lansdale se révèle ici définitivement comme un maître en la matière, maîtrisant parfaitement ses sujets et ses personnages, nous offrant une belle réflexion sur l'humanité, sur l'estime de soi, sur les valeurs en lesquelles on peut croire jusqu'à la mort, quitte à risquer le pire pour les défendre. 

Du grand art !

A lire absolument

 Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien

 Premières phrases :

 « Lorsque j’arrivai chez leonard pour le réveillon de Noël, les Kentucky Headhunters étaient là et ils chantaient The Ballad of David Crockett, tandis que mon meilleur pote célébrait la chose à sa façon en incendiant de nouveau la maison voisine. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  L'arbre à bouteilles de Joe R. LANSDALE

Autre :  Cousu main de Carl HIAASEN

 

Le mambo des deux ours, une enquête de Hap Collins et Leonard Pine, Joe R. Lansdale, traduit de l’américain par Bernard Blanc, Folio policier, 2000,  10 euros

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Animaux solitaires de Bruce HOLBERT

Publié le par Hélène

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L’auteur :

 BRUCE HOLBERT a grandi au pied des Okanogan Mountains, dans l’État de Washington. Son arrière-grand-père, éclaireur indien de l’armée des États-Unis, était un homme respecté jusqu’à ce qu’il assassine son gendre, le grand-père de Bruce Holbert, qui s’est inspiré de cette tragédie pour son premier roman, Animaux solitaires. Il est diplômé de l’Université de l’Iowa où il enseigne aujourd’hui. Plusieurs des ses nouvelles ont été publiées dans des revues littéraires. (Présentation de l’éditeur)

 L’histoire :

 Comté de l’Okanogan, État de Washington, 1932. Russel Strawl, ancien officier de police, reprend du service pour participer à la traque d’un tueur laissant dans son sillage des cadavres d’Indiens minutieusement mutilés. Ses recherches l’entraînent au cœur des plus sauvages vallées de l’Ouest, là où les hommes qui n’ont pas de sang sur les mains sont rares et où le progrès n’a pas encore eu raison de la barbarie. De vieilles connaissances croisent sa route, sinistres échos d’une vie qu’il avait laissée derrière lui, tandis que se révèlent petit à petit les noirs mystères qui entourent le passé du policier et de sa famille.À l’instar des romans de Charles Portis ou de Cormac McCarthy, Animaux solitaires mêle avec brio les codes du western et ceux des plus grands romans noirs. Un premier roman remarquable dont on ne pourra oublier le héros mélancolique qui rêve d’imposer la justice aux confins de la civilisation. Quel que soit le prix à payer. (Présentation de l’éditeur)

 Mon avis :

Je suis peu sensible généralement aux romans mettant en scène des anti-héros, qu’ils soient insensibles, larmoyants, violents. Et ici encore… Enfin Russel Strawl n’est pas à proprement parler un anti-héros, non, il a juste défoncé le crâne de sa jeune femme à coups de poêlon parce qu’elle mettait un peu trop de temps à lui passer le poivre… Bon. Il n'aime pas quand c'est fade Russell... Disons qu'il est un « poil » porté sur la violence et qu’il est sait désormais que cette violence peut exploser à n'importe quel moment, inopinément…

 « Même dans la plus vertueuse des existences était tapie l’anarchie, telle une cartouche en place dans la chambre d’un fusil armé, et à tout moment le percuteur pouvait frapper l’amorce et propulser dans n’importe quelle direction la balle de plomb tournant sur elle-même. » (p. 27)

 Je n'ai pas réussi à avoir pitié de ce cow-boy perdu dans son mythe du grand ouest. Mais me direz-vous, Strawl n’est pas le seul personnage de ce roman. C’est vrai. Il y a son fils, Elijah… Oui, sauf que… Non. Oubliez le fils !

 Bruce Holbert nous emmène sur les terres des westerns, nous enjoignant à une réflexion sur la justice et sur la destruction des mythes. Dans ce roman très noir, les réflexions philosophiques, morales ou religieuses fusent, tant que les dialogues semblent artificiels, atrophiés par un trop plein d’idées.

 Je n’ai pas réussi à pénétrer cet univers, même si les passages lyriques contrebalancent cette violence inhérente aux personnages :

 « Il sentait la terre bouger sous lui, inventait le temps qui passe et les souvenirs et les fables que Jacob méprisait tant. Les maisons et les granges à l’horizon, les champs assoiffés, tout cela était enveloppé d’une tranquillité qui régnait même sur le fleuve. » (p. 208)

 Premières phrases :

 « Même au temps de Russell Strawl, il y avait dans l’Ouest ce mythe de l’homme fort qui parle peu. L’inverse était plus proche de la réalité. La géographie et les distances font que les gens restent peu nombreux et vivent loin les uns des autres, même pendant les périodes où le calme règne. »

Vous aimerez aussi :

Roman policier américain

 D’autres avis :

  http://www.marcvillemain.com/archives/2013/09/06/27965849.html

 

Animaux solitaires, Bruce Holbert, traduit de l’américain par Jean-Paul Gratias, Gallmeister, noire, juin 2013, 324 p., 23.60 euros

 

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Shutter island de Dennis LEHANE

Publié le par Hélène

                                   

♥ ♥ ♥

"Au fond, tout est dans l’œil de celui qui regarde."

 

 L'auteur :

 

 Dennis Lehane est né en 1966 à Dorchester dans le Massachusetts.  Après des études à Boston, il part à l'université internationale de Floride. Tout en écrivant son premier livre (Un dernier verre avant la guerre), il vit de métiers divers (livreur, libraire, chauffeur). C'est également un ancien éducateur qui travaillait dans le secteur de l'enfance maltraitée. Ce thème reste très présent dans la majorité de ses œuvres.

Il vit aujourd'hui à Boston. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues.

 

L'histoire :

 

Le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule ont été appelés sur Shutter Island, île abritant un hôpital psychatrique, car l'une des patientes de l'hôpital, Rachel Solando, a disparu.

Leur enquête commence alors, peu évidente : comment la patiente a -t-elle pu s'enfuir de sa cellule, fermée de l'extérieur ?

 Ce que j'ai aimé :

 

Il s'agit d'un roman policier à forte teneur psychologique. Non seulement parce que l'enquête se déroule dans le milieu psychatrique, mais aussi parce que chaque personnage est doué d'une profondeur psychologique saisissante...

 Les êtres sont bien plus complexes qu'ils ne le semblent au premier abord, et si cette thèse est l'une de celle qui fait l'intérêt des romans de Dennis Lehane, ici, elle est menée à son paroxysme...

 Ce roman policier est absolument original, je n'en connais pas d'équivalent.

 Non seulement l'intrigue est trépidante, mais les personnages sont passionnants, des romans à eux seuls. Le marshall est un être marqué par la guerre en Europe, par les camps, par la perte de sa femme, il est un homme qui voue sa vie aux autres pour oublier quelques instants la sienne. Et pourtant, il est impossible de renier totalement celui que l'on est ...

 "Au fond, c'est pareil qu'une voiture. Un engrenage se grippe, un boulon casse et tout le système se détraque. Vous croyez qu'on peut vivre avec ça ? (Il se tapota la tempe.) Tout est enfermé là-dedans et y a pas moyen d'y accéder. Vous, vous contrôlez pas grand-chose, mais votre esprit, lui, il vous contrôle, pas vrai ? Et s'il décide un jour de pas aller au boulot, hein ? 

(...) Ben, vous êtes baisé."

 Un grand roman...

 

Ce que j'ai moins aimé :

 

- Il faut savoir que ce n'est pas un roman policier classique et qu'il pourrait en déranger certains. Si vous êtes "Borderline", passez votre chemin...

 

 Premières phrases :

 

     " Le père de Teddy Daniels était pêcheur. Il dut céder son bateau à la banque en 1931 - Teddy avait onze ans à l'époque -, et il passa le reste de sa vie à trimer sur le bateau des autres quand ils avaient du travail à lui proposer, à décharger des marchandises sur les docks quand ils n'en avaient pas ou, lorsqu'il était rentré à la maison vers dix heures du matin, à demeurer de longs moments affalés dans un fauteuil, en contemplation devant ses mains, les yeux écarquillés et le regard sombre, marmonnant tout seul de temps à autres."

 

 Vous aimerez aussi :

 

 Du même auteur :  Ténèbres, prenez-moi par la main de Dennis LEHANE Gone, Baby, Gone de Dennis LEHANE 

Moonlight Mile de Dennis LEHANE

Autre :  Roman policier américain

 

Shutter island, Dennis LEHANE, traduit de l'américain par Isabelle Maillet, Rivages thriller, septembre 2009, 8.14 euros

 

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L'arbre à bouteilles de Joe R. LANSDALE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 


 

L'auteur :

 

En 1972, à 21 ans, Joe R. Lansdale publia sa première histoire et avec sa mère, il publia un écrit sur la botanique , qui reçu le prix de meilleur article journalistique.

Ses débuts dans la littérature vont vers le western, la science-fiction, la bande-dessinée puis il glisse peu à peu vers le polar. Il a été couronné de nombreux prix (cinq Bram Stoker Horror Awards, l'American Mystery Award… ). Il est l'auteur de la série "Hap Collins et Leonard Pine" (L'Arbre à bouteilles, Le Mambo des deux Ours… ).

Il partage sa vie entre la littérature et un art martial de son invention, le Shen Chuan qu’il enseigne.

Lansdale vit à Nacogdoches avec sa femme Karen, qui écrit aussi, et ses fils Keith et Kasey. (Source : Babélio)

 

 

L'histoire :

 

Héritier de cent mille dollars et d'une petite bicoque dans un quartier délabré n'est pas si mal et l'oncle Chester a fait un beau cadeau à son neveu Leonard... Même s'il faut tout nettoyer, que le plancher est pourri et que les voisins sont ce que l'on pourrait craindre de pire. Même si retaper une maison pour la vendre et abattre des murs, c'est prendre le risque de découvrir des squelettes cachés... (Source : Babélio)

 

 

Ce que j'ai aimé :

 

Au centre du roman, un duo improbable qui fonctionne pourtant très bien : ungrand noir homosexuel et un blanc qui a fait de la prison, amoureux desfemmes. Amis envers et contre tout, ils se retrouvent dans cette enquête avec une maison sur les bras, maison ayant appartenue à l'oncle récemment décédé de Leonard. Une maison qui en plus de bénéficier d'un voisinage peu recommandable semble de surcroît cacher des secrets bien sombres... 


Les dialogues sont enlevés, drôles et pertinents :


« - Z'êtes beaux comme une salière et une poivrière tous les deux, dit-elle en collant son œil à son viseur. » (p. 112)


Et l'atmosphère est très juste : les noirs dans ces communautés ne comptent

pas, si des enfants noirs disparaissent, ce ne sera que justice pour les policiers du coin, ils n'enquêteront pas plus avant. Une réflexion sur le mal qui reste protéiforme et mystérieux, s'amorce également : à quoi tient le destin d'un meurtrier ? A une enfance torturée ou à un mal inhérent, tapi  en l'être humain et ne demandant qu'à s'épanouir chez certains êtres humains ?


Une très belle découverte que ce roman alliant humour et profondeur. La perspective d'avoir encore une dizaine de romans de cet auteur à découvrir est proprement jubilatoire pour moi...

 

Ce que j'ai moins aimé :

 

  • Rien...


Premières phrases :

 

« On était en juillet, on crevait de chaud, je m'occupais de mes boutures, et j'étais loin de penser à des histoires de meurtre.

Dans les champs de roses, tous les boulots sont nuls, les greffes, le bêchage, et le reste, mais le repiquage des boutures, c'est la punition qu'on réserve aux pêcheurs, en enfer. »


Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le mambo des deux ours

Autre : Fantasia chez les ploucs de Charles WILLIAMS


D'autres avis :


Babélio ; Dasola

 

 

L'arbre à bouteilles, une enquête de Hap Collins et Leonard Pine, Joe R. Lansdale, traduit de l'américain par Bernard Blanc, Gallimard, Folio policier, novembre 2004,  7.50 euros

 


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Noyade en eau douce de Ross MACDONALD

Publié le par Hélène

noyade en eau douce

♥ ♥ ♥

Un classique à découvrir dans sa nouvelle traduction

 

L’auteur :

 

ROSS MACDONALD, de son vrai nom Kenneth Millar, est né en 1915 en Californie et a d’abord grandi au Canada avant de revenir s’installer aux États-Unis. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est offi cier de marine dans le Pacifi que. À son retour, il publie quatre romans avant la parution de Cible mouvante en 1949, le premier livre où apparaît le détective privé Lew Archer. Deux films content les aventures de Lew Archer, incarné à l’écran par Paul Newman. Ross Macdonald meurt en 1983. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains de romans noirs. James Crumley disait avoir relu dix fois son œuvre et James Ellroy lui a dédicacé le premier volume de sa trilogie de Lloyd Hopkins. (Source : éditeur)

 

L’histoire :

 

Dans le quartier huppé de Nopal Valley, en Californie, Lew Archer est engagé pour enquêter sur une lettre anonyme accusant sa cliente, Maude Slocum, d’adultère. À aucun prix, ces allégations ne doivent parvenir jusqu’à son mari. Profitant d’une fête organisée chez les Slocum, le détective se mêle aux invités. Mais la soirée est interrompue par une macabre découverte : celle du corps de la belle-mère de Maude, flottant dans la piscine. Les soupçons se portent immédiatement sur son fils et sa trop séduisante petite-fille, premiers héritiers de la fortune colossale de la vieille dame. C’est désormais une double enquête qu’Archer doit mener, sur les traces d’un corbeau et d’un meurtrier.

 Cette nouvelle enquête de Lew Archer nous entraîne dans un univers trouble de faux-semblants où les victimes semblent avoir autant à cacher que les assassins. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Le style lyrique très travaillé est la première bonne surprise de ce roman :

" L'incendie de ciel s'était éteint, laissant de longs lambeaux de nuages s'étirer sur la nuit comme des traînées de cendre pourpres. Je ne voyais des montagnes que leurs silhouettes géantes soutenant la pénombre. Quelques lumières scintillaient sur leurs flancs, et les phares d'une voiture qui montait pouce par pouce vers un col le franchirent pour disparaître de l'autre côté de la vallée. Puis la nuit se fit calme au point de sembler exclure toute vélléité de mouvement : nous étions des insectes pris dans l'ultime cristallisation d'une coulée d'ambre. Je bougeai, brisant le sortilège, et m'en allai en marchant à l'aveugle sur la pelouse glissante de rosée, à côté du chemin dallé." (p. 66)

Les descriptions sont magnifiques, les dialogues sonnent très justes, à la fois enlevés et drôles.

Les personnages sont tout aussi travaillés : Lew Archer est un détective amoureux de la vérité, il suffit qu'il soit lancé sur une piste pour souhaiter aller jusqu'au bout de l'enquête, quelques soient les embûches qui jalonneront son chemin. La famille sur laquelle porte son enquête est criblée de failles : la jeune femme qui fait appel à lui cache quelques secrets d'adultère, son mari semble être un homosexuel refoulé, leur fille entretient des relations troubles avec le chauffeur de la maison, et la belle-mère garde jalousement son héritage... Ajoutez au paysage une société pétrolière à l'affût des affaires jûteuses de la région, et vous comprendrez pourquoi les sous-sols de cette affaire sont explosifs...

Lew mène son enquête tambour battant, dans une ambiance trouble aux retombées sismographiques...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Quelques scènes - notamment celle du bateau - sont à mes yeux superflues, apportant trop d'action et de rebondissements peu crédibles. L'intrigue aurait peut-être gagné à être épurée...

 

Premières phrases :

 « Corps sémillant, silhouette de jeune fille : tant que vous ne regardiez pas son visage, elle avait moins de trente ans. Ses vêtements soulignaient bien la chose : tailleur peau d’ange sur mesure, talons hauts mettant le galbe de ses mollets aux ombres nylon sous tension. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  Cible mouvante de Ross MACDONALD

Les 16 autres romans de la série Lew Archer sortiront au rythme de deux parutions par an.

Autre : les romans de Raymond Chandler

 

D’autres avis :

 

Papillon 

 

Noyade en eau douce, Ross Macdonald, traduit de l’américain par Jacques Mailhos, Gallmeister, totem, 2012, 288 p., 10 euros

 

 

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