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roman policier americain

Les apparences de Gillian FLYNN

Publié le par Hélène

                                               apparences

 ♥ ♥ ♥

Préparez vos nuits blanches ! 

 L’auteur :

 Gillian Flynn est un auteur américain. Elle a grandi dans le Missouri et vit aujourd'hui à Chicago. (Source : Babélio)

 L’histoire :

« À quoi penses-tu ? Comment te sens-tu ? Qui es-tu ? Que nous sommes-nous fait l’un à l’autre ? Qu’est-ce qui nous attend ? Autant de questions qui, je suppose, surplombent tous les mariages, tels des nuages menaçants. »

Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari Charlie, propriétaire d’un bar, forment, selon toutes apparences, un couple idéal. Ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Charlie a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du travail, Charlie découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. Quelque chose de grave est arrivée. Après qu’il a appelé les forces de l’ordre pour signaler la disparition d’Amy, la situation prend une tournure inattendue. Chaque petit secret, lâcheté, trahison quotidienne de la vie d’un couple commence en effet à prendre, sous les yeux impitoyables de la police, une importance inattendue et Charlie ne tarde pas à devenir un suspect idéal. Alors qu’il essaie désespérément, de son côté, de retrouver Amy, il découvre quelle aussi cachait beaucoup de choses à son conjoint, certaines sans gravité et d’autres plus inquiétantes. Si leur mariage n’était pas aussi parfait qu’il le paraissait, Charlie est néanmoins encore loin de se douter à quel point leur couple soi-disant idéal n’était qu’une illusion.

Considérée par une critique unanime comme l’une des voix les plus originales du thriller contemporain, Gillian Flynn dissèque ici d’une main de maître la vie conjugale et ses vicissitudes et nous offre une symphonie paranoïaque aux retournements multiples, dans un style viscéral dont l’intensité suscite une angoisse quasi inédite dans le monde du thriller. (Source : Editeur)

 Ce que j’ai aimé :

Les apparences est un roman diaboliquement prenant, machiavélique, qui joue avec vos nerfs et vos analyses psychologiques. L’auteur alterne les chapitres : l’un adopte le point de vue de Nick, mari suspecté d’avoir tué sa femme, et le suivant retranscrit le journal intime de la jeune femme dans les mois précédant sa mystérieuse  disparition. Des indices dans le discours de l’un ou de l’autre orientent le lecteur vers une explication ou une autre, indices savamment disséminés dans le but de manipuler ledit lecteur.

 Puis un retournement de situation soudain renverse à nouveau les perspectives, offrant un tout nouvel éclairage sur la scène du « crime ». Cette construction orchestrée de mains de maître apporte du poids à ce roman centré sur le mariage et ses aléas.

 A quel point doit-on s’aliéner pour plaire à l’autre ? Le mari doit-il devenir le pantin de sa femme, celui qui accourt dès qu’on le siffle, la femme doit-elle être « cool » à tous prix et faire des concessions inconcevables, au prix d’y laisser son âme ? Le couple peut-il durer quand  il débute sur des compromis que le temps efface parce qu’ils deviennent ingérables au quotidien ?

 D'autres questions affleurent également comme le poids de l'opinion publique dans le cadre d'une enquête criminelle, le rôle des médias, l'image du coupable manipulée... Autant de pistes de réflexions qui densifient le propos.

Méfiez-vous des apparences…

 Ce que j’ai moins aimé :

La fin est plus faible, mais la question se pose aussi : comment finir ?

 Premières phrases :

« Quand je pense à ma femme, je pense toujours à son crâne. A la forme de son crâne, pour commencer. La toute première fois que je l’ai vue, c’est l’arrière de son crâne que j’ai vu, et il s’en dégageait quelque chose d’adorable. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Les lieux sombres

Autre : La maison d'à côté de Lisa GARDNER

  D’autres avis :

Canel ; Val ; Clara ; Stieg ; Véronique  

 

Les apparences, Gillian Flynn, traduit de l’anglais (EU) par Héloïse Esquié, Sonatine, 2012, 22 euros

grand prix lectrices de elle 

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Nature morte de Louise PENNY

Publié le par Hélène

                                                nature-morte.jpg

 ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

 Vous trouverez sa présentation ici : http://www.louisepenny.com/louise.htm

 

L’histoire :

Un dimanche d'automne, le jour se lève sur le charmant village québécois de Three Pines, et les maisons reprennent vie peu à peu. Toutes, sauf une... La découverte dans la forêt du cadavre de Jane Neal bouleverse les habitants de la petite communauté. Qui pouvait bien souhaiter la mort de cette enseignante à la retraite, peintre à ses heures, qui a vu grandir tous les enfants du village et dirigeait l'association des femmes de l'église anglicane ? L'inspecteur-chef Armand Gamache, de la Sûreté du Québec, est dépêché sur les lieux. Il ne croit guère à un accident de chasse. Au cours de sa longue carrière au sein de l'escouade des homicides, il a appris à se méfier des apparences. Tandis que ses adjoints procèdent aux premiers interrogatoires, il s'abstrait du tumulte, s'assied sur un banc, clans le parc du village, s'imprègne des lieux et fait ce qu'il sait faire le mieux : il observe. Alors, lentement, à force d'attention, la perfection du tableau s'estompe. Des craquelures d'abord invisibles lézardent le vernis, l'œil averti devine les retouches, les coupables repentirs, les inavouables repeints. Bientôt, la fresque idyllique livrera ses terribles secrets... Avec ce premier volet des enquêtes de l'inspecteur-chef Armand Gamache, Louise Penny a concocté un roman plein de charme, de subtilité et d'humour, dans la plus pure tradition des grands maîtres de la littérature policière. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

Nature morte est un roman d’ambiance : l’auteur nous plonge dans le monde ouatiné d’un petit village québécois tapi dans la campagne au pied de trois grands pins qui veillent sur les habitants. Ces derniers vivent là comme au sein d’une grande famille, persuadés de pouvoir faire confiance à leurs voisins devenus des amis. Certains se cotoient même depuis la plus tendre enfance, renforçant l’impression d’une communauté soudée, à l’abri des tourments du monde extérieur. Malheureusement le meurtre de Jane Neal, une habitante du village va remettre en question cette quiétude teintée d’idéal.

 L’intrigue bien menée brouille savamment les diverses pistes de façon à susciter l’intérêt du lecteur : s’agit-il d’une sombre histoire d’héritage ? d’un accident de chasse ? d’une vengeance liée à l’intervention de la vieille dame dans une récente altercation ? Les pistes sont nombreuses et sont explorées lentement mais sûrement par l’inspecteur-chef Gamache, homme de devoir et fin psychologue. 

 En effet les personnages sont bien campés, assez denses psychologiquement, apportant la touche de crédibilité nécessaire au plaisir ressenti par le lecteur qui découvre ce roman...

 Une auteure à retenir... 

   

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien

 

 Premières phrases :

« Mlle Jane Neal se présenta devant Dieu dans la brume matinale du dimanche de Thanksgiving. Ce décès inattendu prit tout le monde au dépourvu. La mort de Mlle Neal n’était pas naturelle, sauf si l’on croit que tout arrive à point nommé. »

 

 Vous  aimerez aussi :

Du même auteur : la deuxième aventure d’Armand Ganache Sous la glace

Autre : les romans de Michel TREMBLAY ou de Jacques POULIN

 

D’autres avis :

 Richard Kathel DasolaJoëlle et Lystig.

 

Nature morte, Louise Penny, roman traduit de l’anglais (Canada) par Michel Saint-Germain, Actes sud, Babel, 438 p., 9.70 euros

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Cousu main de Carl HIAASEN

Publié le par Hélène

cousu main

♥ ♥ ♥ ♥ 

 "Ma vie peut se résumer comme ça : j'ai tué cinq hommes et j'ai épousé cinq femmes." (p. 254)

  

L’auteur :

 Carl Hiaasen est né en Floride, où il vit toujours avec sa famille. Depuis 1985, il tient une rubrique dans le Miami Herald, et a également écrit pour les magazines Time, Life et Esquire.

 

L’histoire :

 Ex-flic retiré dans sa case sur pilotis au large de Miami, Mick Stranahan a connu une existence mouvementée, quoique fort simple à résumer : cinq cadavres à son actif, cinq divorces à son passif. Aujourd’hui, il n’aspire plus qu’à couler des jours paisibles en compagnie de son barracuda. Quelqu’un, en revanche, semble avoir d’autres plans pour lui, si l’on en croit l’intrusion d’un homme armé dans sa cahute. Sans compter la fâcheuse tendance qu’a Chimio, ce colosse au visage grêlé, à vouloir contrarier sa sérénité. Reste à savoir quel cerveau commandite ces incessantes attaques manquées. La liste des ennemis de Stranahan est longue, à commencer par un certain chirurgien plastique dont les œuvres ne semblent pas franchement cousues main…

 

Ce que j’ai aimé :

 Les romans de Carl Hiaasen sont dotés d’un humour délirant, complétement décalé, de ces romans qui redonnent instantanément le moral et le goût de lire.

 Les personnages croisés sont tous aussi improbables les uns que les autres : Stranahan, enquêteur de choc, grand romantique qui tombe amoureux en une nuit et demande en mariage dès le premier matin, de préférence les barmaids, ce qui lui a déjà valu 5 mariages ;  Chimio, monstre de foire pourvu d’une taille-herbe très pratique et ergonomique au bout du bras ;  un chirurgien plus proche du boucher que de l’as du bistouri ; des mannequins doutant de la symétrie de leurs seins ;  un journaliste masochiste prêt à tout pour faire de l’audience ; Liza, barracuda féminine attirée par tout ce qui brille…

 L’enquête nous plonge en pleine opération de chirurgie esthétique, opération de précision sur laquelle le docteur Graveline va se casser le nez... Les répercussions seront fracassantes pour tous les protagonistes...

 Après cette lecture, vous ne regarderez plus vos petits défauts physiques du même œil…

 cousu-main-Barracuda-1.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien.

 

Premières phrases :

 « Le 3 janvier, sous un ciel plombé et par grand vent, deux touristes, originaires de Covington, Tennessee, déambulaient sur la plage de Key Biscayne, ayant ôté leurs chaussures de marche. À hauteur de l’ancien phare du cap Floride, le jeune homme et sa fiancée s’installèrent sur le sable mouillé pour regarder l’océan se fracasser avec violence parmi les énormes rochers noirs de la pointe de l’île. L’air salé, chargé d’embruns, picotait les yeux du garçon. Après avoir repéré l’objet flottant, il mit un bon moment à distinguer ce dont il s’agissait.

– On dirait un gros poisson crevé, dit sa fiancée. Un marsouin peut-être.

– Ça m’étonnerait, répondit-il. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Queue de poisson

Autre : Fantasia chez les ploucs de Charles WILLIAMS

 

  Cousu main, Carl Hiaasen, traduit de l’anglais (EU) par Yves Sarda, Editions des deux Terres, mai 2012, 528 p., semi poche 12.50 euros

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Au lieu-dit Noir-Etang… de Thomas H. COOK

Publié le par Hélène

                                             au-lieu-dit-noir-etang.jpg

♥ ♥

 "Puisque nos passions ne durent pas éternellement, notre véritable épreuve est de leur survivre." (p. 20)

 

L’auteur :

 

Né en 1947, Thomas H. Cook a été professeur d'histoire et secrétaire de rédaction au magazine Atlanta. Il vit à New York et au cap Cod. Avant d'être publié au Seuil, il a été traduit d'abord chez L'Archipel (2 titres) et Gallimard (8 titres en Série Noire). Un prestigieux Edgar Award a récompensé Au lieu-dit Noir-Étangen 1996 aux États-Unis , et Les Feuilles mortes (Folio policier) a reçu le Barry Award en 2006.

 

L’histoire :

 

Août 1926. Chatham, Nouvelle-Angleterre : son église, son port de pêche et son école de garçons fondée par Arthur Griswald qui la dirige avec probité. L’arrivée à Chatham School de la belle Mlle Channing, prof d’arts plastiques, paraît anodine en soi, mais un an plus tard, dans cette petite ville paisible, il y aura eu plusieurs morts.Henry, le fils adolescent de Griswald, est vite fasciné par celle qui l’encourage à « vivre ses passions jusqu’au bout ». L’idéal de vie droite et conventionnelle que prône son père lui semble désormais un carcan. Complice muet et narrateur peu fiable, il assiste à la naissance d’un amour tragique entre Mlle Channing et son voisin M. Reed, professeur de lettres et père de famille. Il voit en eux « des versions modernes de Catherine et de Heathcliff ». Mais l’adultère est mal vu à l’époque, et après le drame qui entraine la chute de Chatham School, le lecteur ne peut que se demander, tout comme le procureur : « Que s’est-il réellement passé au Noir-Étang ce jour-là ? » (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Par une triste journée d'hiver, Henry Griswald, notaire solitaire vieillissant, se souvient de ses quinze ans et du drame qui a bouleversé son adolescence et par ricochet son existence.  Petit à petit les souvenirs refont surface éclairé par le recul des années. Henry était à l'époque un adolescent épris d'évasion, rêvant de s'abstraire du carcan paternel et de l'école de garçons fondée par son père. En rencontrant Mlle Channing, professeure recrutée par son père, Henry va voir en elle l'incarnation de ses idées romantiques sur le liberté et les sentiments. Il fera sienne la devise de la jeune femme : "La vie ne vaut d'être vécue qu'au bord de la folie".

 Henry adolescent va vivre le drame à son niveau, en prouvant là que toute interprétation des faits reste définitivement subjective, qu'il est impossible d’avoir une main mise sur les sentiments ou la réalité des faits. 

 Son récit, ses actions, ses points de vue seront teintés de sa personnalité et de ses idées romantiques, sans le recul nécessaire, si bien que, comme d'autres dans le récit, il pourra faire des erreurs et mal interpréter certaines paroles, certains gestes...

 Le seul personnage qui ne juge pas et ne se permet pas d'interpréter  est le père du narrateur, vu comme un être froid conventionnel mais finalement peut-être le plus humain du récit. Il sera un des seuls à considérer la belle Mademoiselle Channing avec bienveillance et tolérance :

 "La vie est mal faite, Henry, reprit-il, me scrutant d'un air très solennel. Parfois, le mieux que nous pouvons donner, ou recevoir, c'est la confiance. (...) Avec les années, à mesure qu'il vieillissait et que moi-même j'avançais en âge, j'en vins à comprendre ce qu'il avait voulu dire : que la convoitise est le propre de l'homme et la loyauté le baume dont il use pour apaiser ses frustrations." (p. 253)

 La question du mal est au coeur des romans de Thomas H. Cook et son talent de romancier manipulateur permet de mettre en lumière l'hermétisme du monde et des hommes difficilement appréhendables et compréhensibles.

 "Aujourd'hui, quand je repense à cette période de ma vie, à ce que je ressentais à l'époque, l'inévitable m'apparaît comme n'étant ni plus ni moins que le fruit des hasards." (p. 253)

Seul celui qui raconte est maître du destin des personnages, seul l'auteur sait ce qui s'est réellement passé au Noir-Etang ce jour-là...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Le narrateur âgé raconte cet épisode tragique d'août 1926, drame dont il connaît l'issue. Thomas H. Cook use et abuse à mon sens des allusions au dénouement, ponctuant son récit de phrases sensées alimenter le suspens : 

"Je sais tout cela formellement, car ce fut ce qu'elle-même déclara par une torride journée d'été, presque un an après, devant une foule qui tanguait, fébrile, les gens tendant le cou de droite à gauche pour mieux la voir, redressant la tête tout en pestant, parlant d emort, de suicide, de meurtre, la suivant des yeux avec une fascination morbide tandis qu'elle s'avançait dans la salle et prenait place dans le box des témoins." (p. 36)

"En tous cas, jamais je n'aurais pu me douter que, dans les années qui allaient suivre, je regarderais très souvent la plaque de Me Parsons, et entendrais sa voix tonitruante crier depuis le passé : C'est vous, Mademoiselle Channing, vous et vous seule qui êtes la cause de tout." (p. 36)

"De l'endroit où nous nous trouvions, Mlle Channing avait vue sur toute la grand-rue, depuis l'église, où l'autocar l'avait déposée à son arrivée, jusqu'au tribunal, où, plus tard, elle comparaîtrait en justice aux cris de la foule au-dehors : Meurtrière ! Meurtrière !" (p. 44)

Le procédé des prolepses trop utilisé est lassant au début du roman, le lecteur attend inlassablement de plonger de plain pied dans cette histoire, mais l'auteur le retient sans cesse en restant à la lisière du drame.

- Le sujet choisi par l'auteur est somme toute assez banal, et rien de bien nouveau ne ressort de ce roman : lutter contre ses passions est chose difficile et pourtant les désirs peuvent être destructeurs... Oui, bon...  

 

Premières phrases :

 

« Mon père avait une phrase préférée. Il l'avait empruntée à Milton, et aimait la citer aux garçons de Chatham School. Planté devant eux le jour de la rentrée des classes, les mains bien enfoncées dans les poches de son pantalon, il ménageait un silence, leur faisant face, l'air grave. "Prenez garde à vos actes, déclamait-il alors, car le mal contre lui-même se retourne." Il ne pouvait imaginer à quel point la suite des évènements le contredirait, ni à quel point j'en aurais éminemment conscience. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :  Les leçons du mal de Thomas H. COOK


D’autres avis :

 

 Blogs : Ys ;  Le vent sombre  – Kathel  – Pierre ; Théoma ; Anna BlumeAproposdelivresClaraJosteinMimi ; Canel ; Constance

Presse : Lire Télérama 

 

Au lieu-dit Noir-Etang…, Thomas H. Cook, traduit de l’anglais (EU) par Philippe Loubat-Delranc, Seuil, janvier 2012, 368 p., 19.80 euros

 

grand prix lectrices de elle

 

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Cible mouvante de Ross MACDONALD

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥ ♥

  

 L’auteur :

 

 ROSS MACDONALD (1915-1983) est l'auteur de plus d'une vingtaine de romans, dont la célèbre série mettant en scène le détective privé Lew Archer, qui a été incarné deux fois à l'écran par Paul Newman. Après Chandler et Hammett, c’est le troisième "grand" du roman noir américain. James Crumley et James Ellroy reconnaissent en lui un maître et ses livres se sont vendus à des millions d’exemplaires de par le monde. Ses romans sont enfin réédités – pour la première fois – dans une traduction intégrale. Plus de détails sur sa vie et son oeuvre.

L’histoire :

 

Comme beaucoup de millionnaires du sud de la Californie, Ralph Sampson a d'étranges fréquentations. Il y a cet étrange saint homme qui vénère le soleil et auquel Sampson a autrefois offert une montagne entière, et cette actrice oubliée, versée dans l’astrologie et les pratiques sado-maso. Mais voilà que le détective privé Lew Archer est engagé par la femme de Sampson pour retrouver cet excentrique magnat du pétrole dont les "amis" ont peut-être arrangé le kidnapping. Pour mener à bien son enquête, il devra naviguer entre les sanctuaires des méga-riches californiens et les boîtes de jazz sordides.

    Cette première enquête de Lew Archer plonge dans un univers où s'entremêlent sexe, avidité et rancœurs familiales. Ce classique du roman noir transcende le genre en mettant en scène un détective privé qui pénètre au cœur des mystères de l'existence humaine.

  Ce que j’ai aimé :

 

 Les romans de Ross McDonald ont été édités entre 1949 et 1976, et aujourd'hui  les éditions Gallmeister ont décidé de rééditer les aventures de Lew Archer dans de nouvelles tradutions, par ordre chonologique et directement en format de poche. Un vrai régal, merci Oliver...

 Cible mouvante nous plonge donc dans l’atmosphère des romans noirs des années 50 : les boîtes de jazz aux artistes désillusionnés, les bas-fonds sordides opposés à la lumière des grandes fortunes, si attirantes que certains papillons de nuit risquent d'y perdre leurs ailes.

Un autre monde souterrain dominé par l'argent et l'appât du gain se tapit dans l'ombre, attendant son heure. Lew Archer est là pour remettre un semblant d'ordre dans cette noirceur sous-jacente, il est l'archétype du détective privé fascinant,  et pourtant aux abords ordinaires.

 « En 1935, lorsque je me suis engagé dans la police, je croyais que le mal était une qualité avec laquelle certaines personnes naissaient, comme un bec de lièvre. Et que donc le boulot de flic consistait à trouver ces personnes et à les neutraliser. Mais la mal n’est pas si simple. Nous l’avons tous en nous, et le fait qu’il en vienne ou non à s’exprimer dans nos actes dépend de beaucoup de choses. De l’environnement, des opportunités, de la pression économique, du manque de bol, d’un mauvais ami. Le problème, c’est que le flic doit continuer à juger les gens au doigt mouillé et à agir en fonction de ce jugement. » (p.128)

Les chapitres courts (5 pages environ) et l'écriture directe et incisive de Ross McDonald rendent cette enquête diablement efficace et crée une accoutumance indéniable à cette série, rééditée dans de nouvelles traductions et qui comptera a priori 18 volumes... Vous n'avez pas fini d'entendre parler de Lew Archer...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien.

  

Premières phrases :

 « Le taxi quitta la US  en direction de la mer. La route contournait une montagne marron puis s’enfonçait dans un canyon bordé de chênes dorés.

-          C’est Cabrillo Canyon, dit le chauffeur.

Il n’y avait aucune maison en vue.

-          Les gens vivent dans des cavernes ?

-          Oh que non. Les domaines sont plus bas, près de l’océan. »

  

Vous aimerez aussi :

 

 Du même auteur : Noyade en eau douce

 Autre : Raymond Chandler et Dashiell Hammett

 

 D’autres avis :

 

Blogs : Jean-Marc  

Presse :

Derrière son privé Lew Archer, Ross Macdonald décortique l'Amérique des nantis d'une plume cinglante. […] Une écriture moderne, tendue à l'extrême, et un goût pour le réalisme social qui se renforcera au fil des livres.

Christine Ferniot, TÉLÉRAMA

L'intrigue est en béton armé, la construction parfaite, la langue soignée (récit au passé simple). Les flatteurs ne s'y trompent pas: Macdonald est une étoile.

Marine de Tilly, LE POINT

Du grand art noir.

Delphine Peras, LIRE

Écriture précise, effets dégraissés, intrigue qui emprunte au réalisme social, émotion retenue. Face à une littérature de genre qui joue parfois la surenchère pour cacher sa médiocrité, le classicisme a toujours du bon.

Éric Libiot, L'EXPRESS

Le sens de la formule, des ambiances et des situations associés à des personnages denses nourrissent à juste titre la réputation de cet auteur admirable.

Jérôme Caron, LE POINT DE VUE

La meilleure série d’histoires de détective privé jamais écrite par un Américain.

WILLIAM GOLDMAN

Alors que personne n’y prêtait attention – ou plutôt quand tout le monde regardait dans la mauvaise direction –, un auteur de polar est devenu l’un des plus grands romanciers américains.

THE NEW YORK TIMES

Ross Macdonald est tout simplement l’un des meilleurs.

MICHAEL CONNELLY

 

Cible mouvante, Ross MACDONALD, Traduit de l’américain par Jacques Mailhos, Gallmeister, mai 2012, 288 p., 10 euros 

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Le couperet de Donald WESTLAKE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ 

 "Il fut une époque où c’était considéré comme malhonnête, l’idée que la fin justifie les moyens. Mais maintenant cette époque est révolue."

  

L’auteur :

 

 Donald Westlake est un écrivain américain : il a écrit plus d'une centaine de livres, approchant bon nombre des genres de la littérature policière que ce soit le polar humoristique (son genre de prédilection), le roman policier, le roman noir, le thriller, le fantastique ou même la science-fiction.

 

L’histoire :

 

L'histoire est très originale : un homme perd son emploi au début des années 90. Malgré ses efforts pour retrouver un poste, ses tentatives restent sans réponses et il ne sait plus comment subvenir aux besoins de sa famille.

Burke Devore chômeur moderne va alors imaginer un plan diabolique : éliminer tous les candidats qui seraient susceptibles d'être en compétition avec lui, de façon à rester seul sur le marché.

 

Ce que j’ai aimé :

 

 -         Le couperet est un roman très original sur la crise économique et ses conséquences. Il met en valeur l'absurdité des logiques capitalistes qui laissent sur le carreau des hommes compétents. Le système s'avère meurtrier, alors pourquoi ses acteurs ne le seraient-ils pas également ?

 -         Ce roman se passe au début des années 90 et dénonce les aberrations de notre système capitaliste. Burke Devore travaillait dans l'industrie du papier et celle-ci s'automatisant, les emplois se font de plus en plus rares.

Donald Westlake pousse la logique économique et humaine dans ses derniers retranchements et nous livre une vision vraiment radicale d'éradiquer le chômage...

 -         C’est un roman très fin centré sur un homme poussé au bout de la morale à cause du chômage qu'il subit. Il gagne en force au fur et à mesure qu'il élimine ses adversaires, alors qu'on aurait pu imaginer l'inverse.

 

 Ce que j’ai moins aimé :

 

 - Je lui reprocherais néanmoins un certain ennui les pages et les candidats éliminés défilant, rien ne venant rompre la "routine" des meurtres perpétrés par Burke.

 

Premières phrases :

 "En fait je n'ai encore jamais tué personne, assassiné quelqu'un, supprimé un autre être humain."

 

Vous aimerez aussi :

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Un petit boulot de Iain LEVISON

 

D’autres avis :

 

Keisha, Choco

 

Le couperet, Daniel WESTLAKE, Traduit de l'Anglais (Etats-Unis) par Mona de Pracontal,
Rivages noir, 2000, 352 p., 9 euros

 

 

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Sauver sa peau de Lisa GARDNER

Publié le par Hélène

sauver-sa-peau.jpg

 

L’auteur :

Écrivain américain, Lisa Gardner a grandi à Hillsboro, dans l’Oregon. Auteur de plusieurs thrillers, elle a également écrit des romans sous le pseudonyme d’Alicia Scott. Elle vit actuellement dans le New Hampshire.

 

L’histoire :

Sally, Cindy, Lucile... Depuis l’enfance, Annabelle Granger s’est habituée à devoir changer brusquement de prénom, de nom, de maison, de ville, d’histoire… Sans qu’on lui donne la moindre explication. La découverte dans une chambre souterraine de l’ancien l’hôpital psychiatrique de Boston, des cadavres de six fillettes, mortes des années auparavant, fait la une des journaux. Un nom sur un médaillon identifie l’une des petites victimes : Annabelle Granger. L’heure n’est plus à la fuite et Annabelle décide de sortir enfin de l’ombre. Mais le tueur est toujours aux aguets. Il l’attend. Depuis vingt cinq ans…

Mon avis :
Sauver sa peau est un roman policier efficace, de ces pages-turners qui retiennent l’attention le temps de quelques pages. Seulement, une fois le roman refermé, il n’en reste pas grand-chose, les personnages ne sont pas assez denses pour être inoubliables, et l’intrigue reste somme toute assez classique pour être oubliée rapidement une fois résolue. Demeurent quelques réflexions sur la volonté de protéger les siens envers et contre tout, mais là encore cette piste n’est pas suffisamment exploitée à mon goût.
Efficace mais loin d’être un chef d’œuvre…


Premières phrases :

« Mon père m’a expliqué ça pour la première fois quand j’avais sept ans : le monde est un système. L’école est un système. Les quartiers sont des systèmes. Les villes, les gouvernements, n’importe quel grand groupe de gens. Le corps humain aussi d’ailleurs, un système qui fonctionne grâce à de petits sous-systèmes biologiques. »

Vous aimerez aussi :
Du même auteur : La maison d'à côté de Lisa GARDNER

Autre : Instinct de survie de Jeffery DEAVER

D’autres avis :

Jostein

Sauver sa peau, Lisa Gardner, traduit de l'américain par Cécile Deniard, Albin Michel, 2009, 19.90 euros
POCHE : Sauver sa peau, Lisa Gardner, traduit de l'américain par Cécile Deniard, Le livre de poche, septembre 2011, 7.50 euros

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Instinct de survie de Jeffery DEAVER

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

L’auteur :

Jeffery Deaver est l’auteur de dix-neuf romans, récompensés par les prix les plus prestigieux de la littérature policière.

Le Rectificateur a obtenu le prix Steel Dagger. Le Désosseur a été adapté au cinéma (The Bone Collector, Universal) avec Denzel Washington dans le rôle principal.

Jeffery Deaver est également connu pour sa série policière centrée sur les personnages de Lincoln Rhyme et Amelia Sachs. La critique salue son talent pour la terreur qu’il distille et pour ses intrigues à rebondissements.

Jeffery Deaver partage son temps ente la Virginie et la Californie.

L’histoire :

Un coup de téléphone brusquement interrompu, provenant d’une maison de campagne du Wisconsin, alerte la police. L’inspecteur McKenzie est chargée de l’enquête. Laissant son fils et son ami, elle découvre une scène d’horreur : deux personnes abattues d’une balle dans la tête. Les meurtriers sont toujours sur les lieux et ils attaquent McKenzie qui se retrouve privée de son arme, de son téléphone et de sa voiture. McKenzie fuit dans la forêt, emmenant avec elle une survivante du carnage qu’elle ne peut abandonner.
Traquées comme des bêtes, épuisées, les deux femmes vivent une épreuve terrifiante. En danger de mort, l’inspecteur McKenzie sait qu’elle ne peut se fier qu’à une chose : son instinct de survie. (Présentation de l’éditeur)

Mon avis :

Dés les premières lignes le lecteur est indéniablement ferré, grâce au talent indéniable de l’auteur que l’on pressent maître dans l’art de faire naître la tension. C’est donc en se rongeant les ongles et les sangs que l’on suit la progression palpitante de l’intrigue dans ces bois sombres aux habitants sauvages et violents. Brynn McKenzie est une traqueuse hors pair, professionnelle jusqu’au bout des ongles, mais elle a face à elle un tout aussi redoutable prédateur qui ne sera pas toujours dupe des ruses qu’elle met en place pour fuir loin de sa fin. Parallèlement, nous découvrons son histoire, sa vie conjugale, ses démêlés avec son fils (résolus un peu facilement à la fin soit dit en passant…) censés sans doute apporter de la profondeur au personnage.

La course poursuite finit par lasser néanmoins, si bien que l’auteur décide fort judicieusement d’y mettre fin pour revenir dans un univers plus éclairé. Malheureusement, l’auteur ne parvient plus à créer cette tension si palpable au début du roman, il use et abuse de rebondissements divers et variés pour tenter de maintenant l’attention du lecteur en éveil. Et comme de surcroît les personnages avaient passé un peu trop de temps dans la forêt, l’action doit s’accélérer pour espérer se conclure en moins de 500 pages !

Si bien qu’au final nous avons un roman inégal, avec de bonnes trouvailles mais mal fouillées et exploitées. 


Premières phrases :

« Le silence.
Les bois autour du lac Mondac étaient totalement calmes, à mille lieues de la ville grouillante et chaotique où le couple vivait durant la semaine.
Ce silence était brisé uniquement par le a-hoo-ah d’un oiseau lointain, le chant caverneux d’une grenouille.
Et soudain : un autre bruit.
Un bruissement de feuilles, deux craquements impatients comme des branches qui se brisent.
Des pas ? »

D’autres avis :

Chez Babélio

Instinct de survie, une enquête de l’inspecteur McKenzie,  Jeffery Deaver, traduit de l’anglais (EU) par Jean Esch, Editions des Deux terres, novembre 2011, 427 p., 22.50 euros


Merci à Babélio et aux Editions des Deux Terres pour m’avoir permis de découvrir le lauréat du prix du meilleur thriller de l’année décernée par l’association internationale des auteurs de thriller en 2009.

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Dernier tramway pour les Champs-Elysées de James Lee BURKE

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

 Prix mystère de la critique 2009

 

L’auteur :

 

James Lee Burke est né à Houston (Texas) le 5 décembre 1936. Il vit entre New Iberia (Louisiane) et Missoula (Montana). Diplômé de littérature américaine, il enseigne à l'université du Missouri.

James Lee Burke commence à écrire à 19 ans et voit ses trois premiers romans publiés à 34 ans. Il crée alors son héros Dave Robicheaux que l'on retrouve dans toute son oeuvre.

 

L’histoire :

 

Par une soirée pluvieuse en cette fin d’été, Dave Robicheaux se sent d’humeur morose. Même s’il ne boit plus, il cherche à retrouver la chaleur et l’ambiance des bars qui le renvoient à la Louisiane de son enfance. Assis au comptoir chez Goldie Bierbaum, il voit entrer un jeune homme au crâne rasé. Un petit dealer qui joue aussi dans des pornos, un type pas regardant sur les besognes qu’on le charge d’exécuter. Qui lui a ordonné d’'aller tabasser sauvagement le père Jimmie Dolan, prêtre à la réputation sulfureuse et ami de Robicheaux ?

L’agression perpétrée contre le père Dolan va emmener Dave Robicheaux sur des chemins imprévus, à la rencontre du fantôme de Junior Crudup, un bluesman incarcéré à Angola dans les années trente. Un mystère plane toujours sur le destin de ce musicien génial, jamais ressorti de la prison où il purgeait sa peine. Qu’est-il devenu ? Énigme d’autant plus troublante que la petite-fille du chanteur est aujourd’hui sur le point d’être dépossédée de sa ferme par une société qui gère les résidus toxiques de l’industrie pétrolière. Robicheaux se sait en terrain mouvant lorsqu’il s’aperçoit que le propriétaire de cette société n’est autre que Merchie Flannigan. Un nom qu’il connaît. Flannigan a en effet épousé Theodosha LeJeune, issue d’une riche famille, et... ancien amour de Dave Robicheaux. (Présentation de l'éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Les romans de James Lee Burke plongent immédiatement le lecteur dans une atmosphère particulière, un savant mélange de violence et de beauté intrinsèque au monde qu’il décrit. :

 

«  Elle remisa sa guitare de côté et le chat qu’elle avait baptisé Snuggs nicha son museau contre son genou. Le vent fit frissonner les branches de pacanier et de chêne au-dessus de nos têtes, et un groupe de gamins rigolards en route vers al bibliothèque passa en vélo devant  la maison, sous les lampadaires qui brillaient dans le soir humide comme des lampes à pétrole dans une toile de Van Gogh. Aucun bruit de moteur ne résonnait dans la rue et l’on n’entendait que le souffle régulier du vent et le raclement des feuilles mortes sur le trottoir. J’aurais voulu que cet instant ne finît jamais. » (p. 155)

 

-          Les dialogues sont vifs et intelligents, au service de thèmes forts comme  ici  l’esclavage, l’alcoolisme, la violence et la rédemption…

 

-          Dernier tramway pour les Champs Elysées est un roman envoûtant au lyrisme brûlant.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’intrigue n’avance que de façon lancinante, difficilement, laborieusement, si bien que j’ai eu tendance à me lasser en cours de lecture.


Premières phrases :

 

« La semaine qui suivit Labor Day, après un été de sécheresse dont les vents chauds avaient réduits la terre des champs de canne en poussière aride tissée de craquelures comme des toiles d’araignée, les averses se remirent de la partie sur les marais, la température baissa de dix degrés et le ciel immaculé d’un bleu dur de céramique se mit à ressembler à l’intérieur d’une énorme coupe renversée. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La rose de Cimarron

 Autre : De chair et de sang de John HARVEY

 

Dernier tramway pour les Champs Elysées, James Lee Burke, Traduit de l’anglais (EU) par Freddy Michalski, Payot  et Rivages, 2008, 352 p., 20 euros

POCHE : Dernier tramway pour les Champs Elysées, James Lee Burke, Traduit de l’anglais (EU) par Freddy Michalski, Rivages poche, 2011, 446 p., 9.50 euros

 

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Une heure de silence de Michael KORYTA

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Un roman policier plutôt bien mené.

 

L’auteur :

 

Michael Koryta est un auteur américain, ancien journaliste et détective privé.

 

L’histoire :

 

La mystérieuse propriété baptisée «La Crête aux murmures» et estimée à plusieurs millions de dollars, a longtemps abrité un étrange programme de réinsertion mené par Alexandra Cantrell, soeur d'un ponte de la mafia de Cleveland.

Le détective privé Lincoln Perry en apprend l'existence lorsque débarque dans son bureau Parker Harrison - ancien détenu et «pensionnaire» de la Crête aux murmures - l'implorant de retrouver Alexandra, mystérieusement disparue. Déconcerté et embarrassé par l'instinctive méfiance que lui inspire son client, Perry décide de prendre l'affaire mais se rend vite compte que les os de Joshua Cantrell, l'époux d'Alexandra, ont été découverts au moment même ou Parker s'est décidé à faire appel à lui.

Coïncidence ? Sûrement pas. Pour régler ce dossier dont les pistes sont froides depuis des années, Lincoln Perry, aidé d'un autre détective, va devoir plonger le nez dans les enquêtes de la police mais aussi du FBI, et enfin résoudre disparition et meurtre au risque et au prix de sa vie.

 

Ce que j’ai aimé :

 

L’atmosphère liée à cette maison idéale tapie en pleine nature intrigue le lecteur dés les premières pages. Le décor est attirant, les personnages énigmatiques : on rencontre un ancien meurtrier qui semble s’être réinséré, un détective hésitant, un autre à la retraite, et le troisième hanté par ses échecs. Et surtout la disparition mystérieuse et inexpliquée de ce couple aux valeurs morales aiguillonne la curiosité…

Le point de vue de la jeune Alexandra sur la réinsertion des anciens meurtriers est intéressant et ouvre de nouvelles perspectives...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai moins aimé les imbroglios liés à la mafia locale, j’ai trouvé que l’intrigue perdait de son épaisseur en tombant dans ces poncifs, alors qu’elle aurait pu sans doute partir sur des voies plus originales et passionnantes.

-          Le suspens n’est pas assez exploité car à chaque fois que l’enquête frôle le danger, Lincoln connaît les affres de l’hésitation qui le happent et le font douter de sa mission –la trouille tout simplement … C’est sans doute tout à son honneur de souhaiter protéger ses proches  mais on est loin du personnage de dur à cuire que rien ni personne ne fait reculer, à la Sam Spade …

-          A dire vrai, je n’ai pas vraiment envie de revoir le beau Lincoln, et ça, croyez-en une fan des beaux détectives musclés, ce n’est pas très bon signe… (personne n’a encore remplacé Dahlgren dans mon cœur, qu’on se le dise !)

 

Premières phrases :

 

« Il avait aiguisé son couteau une heure avant de tuer. La police, le procureur et les médias en avaient fait grand cas. Pour eux, il y avait préméditation. Dessein criminel. Meurtre de sang-froid.

Parker Harrison s’était contenté de répondre qu’il aiguisait souvent son couteau le soir.

Un peu léger comme défense. »

 

 

D’autres avis :

Babélio

 

Une heure de silence, une enquête de Lincoln PERRY, Michael KORYTA, Traduit de l’anglais (EU) par Frédéric Grellier, Seuil policiers, octobre 2011, 365 p., 21.50 euros

 

JURY-2011Jury seuil babélio

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