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roman policier americain

Le mardi c'est permis

Publié le par Hélène

sans-un-adieu.jpgCette semaine je me suis intéressée aux  meilleures ventes de romans policiers et notamment au maître du genre : Harlan Coben. J’ai donc opté pour le dernier sorti en poche « Sans un adieu ».

Ca commençait mal car dans l’avant propos  l’auteur a devancé mes critiques en soulignant qu’il s’agissait d’une « œuvre de jeunesse », écrite quand il était encore je cite « ingénu » (non ce n’est pas une blague, il n’est plus ingénu…) :

« Je suis sans doute trop sévère, mais ne le sommes-nous pas tous avec nos œuvres de jeunesse ? Rappelez-vous cette dissertation que vous avez commise au lycée : vous avez eu la meilleure note de la classe, le prof a parlé d’ « inspiration », et puis, un jour, vous tombez dessus en fouillant dans un tiroir, vous la relisez et vous vous dites, atterré : « Bon sang, mais qu’est-ce qui m’a pris ? » » dit-il.

Du coup maintenant il a trouvé la solution : il ne relit pas ses romans, parce qu’on a beau dire les bonnes notes comme les bonnes ventes, on s’y habitue très vite…

Bref je me souviens d’avoir lu dans ma prime jeunesse quelques romans de lui, et sincèrement, je n’ai pas vu de différences entre ces œuvres plus « matures », et ce "jeune" roman…

L’histoire est on ne peut plus alléchante : prenez un couple béni des dieux tous les deux beaux et …c’est tout, beaux quoi. Ah non riches aussi, ça c’est important, très riches même. Quand même Laura « n’était ni aveugle ni stupide. Elle n’avait qu’à se regarder dans une glace pour comprendre ce que les autres lui trouvaient. Peu à peu, elle finit par accepter sa beauté. Par l’un de ces étranges retournement du destin, l’écolière ordinaire et boulotte était devenir top model. Tout le monde voulait l’approcher, lui ressembler… voilà que soudain elle avait des amis partout. Elle en vint à se méfier des gens, à douter de leurs motivations réelles. » (p. 28) Donc nous dirons beaux, riches et un peu intelligents... (un peu)

Enfin bref Laura a trouvé David –ou l’inverse je ne sais plus- et ils passent tout le début du roman à se dire des choses très intelligentes et profondes :

David :  « Je t’aime, laura. Plus que tu ne saurais l’imaginer. » (p.63) « Tu crois que ta beauté m’aveugle, qu’on ne peut t’aimer que pour ton physique ? Conneries tout ça. » (p.108)

Laura :  « Je te promets de prendre bien soin de toi » (p.21)

David « Vieillissons ensemble, Laura, et je te promets de te rendre heureuse jusqu’à la fin des temps. » (p.22)

Laura : « Je ne laisserai pas mon mari ne serait-ce qu’une seconde. » (p.19)

David : « T’ai-je dit que tu avais des jambes superbes ? » (p.19)

Laura : « J’ai peur de ce que je ressens, hoqueta-t-elle, la poitrine secouée de sanglots. Je t’aime tellement. » (p.109)

David : « Bas noirs et porte-jarretelles sont sur le lit. Mets-les et attends-moi, ma petite coquine. » (p.31)

David : « Je t’aimerai toujours, ne l’oublie pas. » (p.32)

Avez-vous bien compris ? Je pense que c’est essentiel de comprendre combien l’amour de David pour Laura et de Laura pour David est profond, sinon vous ne pourrez pas suivre la suite de l’histoire, donc est-ce bien clair ou vous en voulez encore ??? Allez pour le plaisir :Laure : "Ne me quitte plus jamais, murmura-t-elle.

David : -Jamais. je te le jure." (...) "Je t'en prie, dit-il d'une voix douce, jure-moi que ce n'est pas un rêve."

Mais bababoum, malheur : David va mystérieusement disparaitre  (vous me direz face à tant de mièvreries, moi aussi je serais tentée de disparaitre...)

Bref, c’est là que commencent le « Suspense magistral, intrigue machiavélique à souhait, tension psychologique à son comble. » annoncés par l’éditeur.

Suspense magistral :

 « Comment aurait-elle pu savoir qu’elle ne les reverrait jamais ensemble ? » (p. 481)

"Puis elle le regarda repartir en emportant son bien le plus intime, sans savoir qu'elle ne le reverrait jamais." (p. 330)Mais que va-t-il bien pouvoir se passer ??? Suspense...

Tension psychologique à son comble :

« Comment as-tu pu faire une chose pareille à papa ? Comment  as-tu pu lui mentir ainsi ? » oui, comment ????

«  A situation désespérée, solution désespérée. Dans ce cas, ça signifiait tuer. Il ne reculerait pas devant l’horreur de la tâche. Ses sentiments personnels devaient être mis de côté. » (p. 531) Oui vas-y tue-le...

Intrigue machiavélique à souhait :

« Son cœur cognait dans sa poitrine. La vérité se révélait encore plus tragique que tout ce qu’elle avait jamais pu imaginer. » (p. 513) Ah ça ! Si vous saviez ! Du grand art ....

Et la conclusion nous éclaire brillamment sur le monde et ses mystère : « Comme Judy le reconnaissait elle-même, l’amour rendait aveugle ; méchant et égoïste. Poussait à faire des choses dont on ne se serait jamais cru capable. » (p. 496)

Je vais vous dire, quand je sais que ce roman fait partie des meilleures ventes, moi ce qui me fait peur, ce n'est pas la disparition de David, mais l'existence de lecteurs capables de supporter ces pages...

 mardi tout est permis

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Derniers adieux de Lisa GARDNER

Publié le par Hélène

derniers-adieux.jpg

 

 

 

♥ ♥

Un thriller efficace

 

L’auteur :

 

Avec ses deux derniers romans Disparue (Albin Michel, 2008) et Survivre (septembre 2009), Lisa Gardner s'est installée en tête des listes de best-sellers aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Elle est aujourd'hui considérée comme l'une des grandes dames du roman policier féminin.
Lisa Gardner vit en Nouvelle-Angleterre où elle se consacre entièrement à l'écriture

 

L’histoire :

Est-ce parce qu'elle attend un enfant que l'agent du FBI, Kimberly Quincy, se sent particulièrement concernée par le récit incroyable et terrifiant d'une prostituée enceinte ? Depuis quelques temps, elles sont plusieurs à avoir disparu d'Atlanta sans explication, comme évaporées, et Kimberly est bien la seule à s'en préoccuper.
Un serial killer s'attaquerait-il à ces filles vulnérables ? Aurait-il trouvé la clé du meurtre parfait ou s'agit-il de crimes imaginaires ?
Sans le savoir, la jeune femme s'enfonce dans le piège tendu par un tueur qui s'amuse à rendre bien réel le cauchemar qui hante la plupart des femmes. Comme pour sa mère et sa soeur, victimes autrefois d'un tueur en série, le temps des derniers adieux est peut-être arrivé pour Kimberly.

 

Mon avis :

 

Derniers adieux est un thriller efficace de ceux qu’on ne peut lâcher avant la fin et qui sont bien utiles quand on souhaite plonger tête baissée dans un roman pour s’abstraire du monde extérieur. Mais ses qualités s’arrêtent là, il n’a rien d’original, et est comparable aux romans de Patricia Cornwell ou Mary Higgins Clark (je suis désolée cela fait un bon bout de temps que je ne lis plus de thriller grand public, aussi mes références sont-elles sans doute démodées.)  L’auteur nous offre un véritable page-turner mais la psychologie reste assez sommaire et trop clairement évoquée pour être subtile : comment concilier le rôle de parents tout en travaillant, comment préserver ses enfants du mal omniprésent à chaque coin de rue, comment se remettre d’un drame qui a touché notre enfance… Questions non dénuées d’intérêt mais qui auraient gagné en profondeur si elles n’avaient pas été aussi caricaturalement posées.

 

« Elle songea à un autre article de psychologie qu’elle avait étudié à l’université : la plupart des gens n’ont aucun besoin de la cruauté d’inconnus pour foutre leur vie en l’air : ils sont parfaitement capables de le faire tout seuls. » (p. 306)

 

« Vous vous croyez en sécurité. Classe moyenne, banlieusard, la bonne voiture, la jolie maison. Vous croyez que les malheurs n’arrivent qu’aux autres – par exemple aux abrutis qui vient dans des villages de mobile homes où la population de délinquants sexuels fichés par rapport au nombre d’enfants est parfois de un sur quatre.

Mais pas à vous, jamais à vous. Vous êtres trop bien pour ça.

Est-ce que vous avez un ordinateur ? Parce que dans ce cas, je suis dans la chambre de votre enfant.

Est-ce que vous avez un profil personnel en ligne ? Parce que dans ce cas, je connais le nom de votre enfant, son animal de compagnie et ses loisirs préférés.

Est-ce que vous avez une Webcam ? Parce que dans ce cas, j’essaie en ce moment même de persuader votre fils ou votre fille d’enlever son tee-shirt en échange de cinquante dollars. Juste un tee-shirt. Où est le mal ? Allez, c’est cinquante dollars.

Ecoutez-moi. Je suis le Burgerman.

Et je viens vous prendre. » (p. 371)

 

Les amateurs de roman au suspense intenable apprécieront, quant à ceux qui recherchent des romans plus profonds, vous risquez d’être déçus…

 

Premières phrases :

 

« Il gémissait, un râle du fond de la gorge, et ses doigts resserraient leur étreinte dans les cheveux de la fille. Celle-ci retroussa ses lèvres au-dessus de ses dents et accentua la pression. Les hanches du garçon se soulevèrent et il se mit à proférer le flot habituel d’inepties que les hommes aiment murmurer dans ces moments-là. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La maison d'à côté de Lisa GARDNER
Autre :
Les lieux infidèles de Tana FRENCH

 

Derniers adieux, Lisa Gardner, traduit de l’anglais (EU) par Cécile Deniard, Albin Michel, septembre 2011, 422 p., 21.50 euros

 

Merci aux Editions Albin Michel.

 

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La maison d'à côté de Lisa GARDNER

Publié le par Hélène

maison d'à coté

 

 

♥♥

 

 Prix des lectrices de Elle Policier 2011

  

L’auteur :

 

Écrivain américain, Lisa Gardner a grandi à Hillsboro, dans l’Oregon. Auteur de plusieurs thrillers, elle a également écrit des romans sous le pseudonyme d’Alicia Scott. Elle vit actuellement dans le New Hampshire.

L’histoire :

 

Un fait divers dans une banlieue résidentielle de Boston passionne les médias. Sandra Jones, jeune maîtresse d'école et mère modèle a disparu. Seul témoin : sa petite fille de 4 ans. Suspect N°1 : un mari Jason. Dès qu'elle pénètre dans la villa douillette des Jones, l'inspectrice D.D. Warren sent que quelque chose cloche. Aux yeux de tous, Sandra et Jason Jones avaient tout du jeune couple amoureux. Mais de toute évidence, cette apparente normalité dissimulait des zones d'ombre redoutables. Au fil des jours, la disparition de la jeune femme devient de plus en plus inquiétante. Pourtant Jason Jones semble plus intéressé à faire disparaître les preuves et isoler sa fille que par rechercher sa femme « chérie ». Le parfait époux essaierait-il de brouiller les pistes ou cherche-t-il simplement à se cacher ? Mais de qui ?

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La maison d’à côté est un thriller qu’il est difficile de lâcher avant la fin tant le suspens est passionnant. En multipliant les questionnements, l’auteur réussit à ferrer son lecteur plus sûrement que le plus amateur des pêcheurs : qu’est-il arrivé à Sandra ? Pourquoi son mari semble-t-il si froid ? Qu’a vu  la petite Ree cette fameuse nuit ? Que cachent les ordinateurs de la maison ? Pourquoi ce couple idéal n’a-t-il ni famille ni amis ? Qu’est-il arrivé pendant ces vacances de février ? Etc… Je pourrais continuer encore longtemps cette liste car les questions naissent parallèlement à l’avancée de l’intrigue. Du grand art…

 

-          C’est une jeune femme qui mène l’enquête, D. D. Warren, personnage récurrent des romans de Lisa Gardner, si bien que pour une fois nous n’avons pas droit au personnage déséspéré de nombreux romans policiers : le vieux bougon limite alcoolique, limite dépressif, limite tout en fait (cf Dave Robicheaux cher James Lee Burke, Harry Bosh chez Connelly, Varg Veum chez Staalesen, Charlie Resnik chez John Harvey, Kurt Wallander chez Mankell, Erlendur chez Indridason, pour ne citer que mes auteurs fétiches…) (D’ailleurs si vous cherchez bien les femmes sont rares à cette place convoitée ou alors elles fonctionnent en binôme) (c’était la minute féministe de la journée…) D.D. est gaie, professionnelle, féminine, intelligente, sentimentale, mais sans trop en faire, bref elle est  limite parfaite…

 

-          Ce roman fait partie de ceux  dont  les questions continuent à nous hanter une fois la dernière page tournée, ceux qui modifient  infimement notre façon d’appréhender le monde. Désormais je regarde mon ordinateur d’un autre œil, je regarde mon mari d’un autre œil, je vois ma famille d’un autre œil, je considère d’un autre œil les délinquants sexuels (enfin, si je peux éviter d’en croiser, ça m’arrangerait quand même),  je vois les autres hommes  que mon mari d’un autre œil (je crois d’ailleurs que je vais cesser définitivement de les regarder…), bref tout à coup je vois au-delà des apparences…

 

« Bien sûr, nous passons totalement à côté de tous les moments intermédiaires. La vie quotidienne qui est ce qu’elle est. Rien à fêter. Rien à pleurer. Juste des tâches à accomplir.

Je suis convaincue que ce sont ces moments qui, au bout du compte, nous construisent ou nous brisent. Comme une vague qui vient lécher jour après jour le même rocher érode la pierre et dessine les contours du rivage, ce sont les petits détails ordinaires de nos existences qui recèlent le vrai pouvoir et donc tout le danger invisible. Les choses que nous faisons ou que nous ne faisons pas dans notre vie de tous les jours sans même comprendre les conséquences à long terme d’actes aussi insignifiants. » (p. 218)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

Premières phrases :

 

« Je me suis toujours demandé ce que ressentaient les gens pendant les toutes dernières heures de leur existence. Savent-ils qu’un drame est sur le point de se produire ? Pressentent- ils la tragédie imminente, étreignent-ils leurs proches ? Ou bien est-ce que ce sont juste des choses qui arrivent ? »

 

Vous aimerez aussi :

 

Bad Boy de Peter ROBINSON

 

D’autres avis :

 

Chez Babélio

 

La maison d’à côté, Lisa GARDNER, Traduit de l’anglais (EU) par Cécile Déniard, Albin Michel, septembre 2010, 418 p., 20.90 euros

 

Merci aux Editions Albin Michel pour cette plongée en plein suspens..

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Moonlight Mile de Dennis LEHANE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ 

Une petite déception...

 

L’auteur :

Dennis Lehane est né en 1966 à Dorchester dans le Massachusetts.  Après des études à Boston, il part à l'université internationale de Floride. Tout en écrivant son premier livre (Un dernier verre avant la guerre), il vit de métiers divers (livreur, libraire, chauffeur). C'est également un ancien éducateur qui travaillait dans le secteur de l'enfance maltraitée. Ce thème reste très présent dans la majorité de ses œuvres.

Il vit aujourd'hui à Boston. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues.

 

L’histoire :

 

Patrick Kenzie et Angela Gennaro ne sont plus détectives privés. Patrick travaille pour une grosse société de surveillance qui refuse de l'embaucher définitivement car il n'est pas assez "lisse" pour son patron. Il est toujours consumé par la colère face aux injustices et c'est peut-être cela - ainsi que la culpabilité - qui le pousse à accéder à la demande de Beatrice, la tante d'Amanda McCready. Douze ans plus tôt, Angie et lui avaient enquêté sur la disparition de la petite Amanda, mais le fait d'avoir retrouvé l'enfant s'était soldé par un fiasco humain. Selon Beatrice, Amanda, aujourd'hui âgée de 16 ans, a de nouveau disparu et elle est peut-être en danger...

 

Mon avis :

 

 J’avais hâte, comme tous les fans de Dennis Lehane, de retrouver ses deux héros fétiches, mais quelle ne fut pas ma surprise de trouver deux êtres transformés par le temps, parents d’une petite Gabby, et étant devenus de fait des représentants de la classe moyenne, aux prises avec des ennemis aussi terrifiants que les fins de mois difficiles, les CDD qui n’en finissent pas, les études reprises envers et contre tout pour rentrer dans le rang… Sans parler du discours sur les jeunes, proche du « d’notre temps ma p’tite dame, c’était bien différent.. » :

 

« Nous avions derrière nous à peu près cinq mille ans de civilisation, vingt siècles au moins s’étaient écoulés depuis la création de la bibliothèque d’Alexandrie et une bonne centaine d’années depuis l’invention de l’avion, nous disposions aujourd’hui d’ordinateurs de poche permettant d’accéder à toutes les richesses intellectuelles du globe -, mais, à en juger par la conversation des filles réunies dans cette pièce, la seule avancée notable que nous avions faite depuis l’invention du feu, c’était la transformation de « quoi » et « trop » en mots fourre-tout servant aussi bien de verbe que de nom ou article, voire de phrase entière au besoin. » (p. 145)

 

Heureusement, l’humour et l’action qui s’enclenche permet de sauver Patrick et Angela de la noyade assurée et j’ai finalement passé un bon moment de lecture en leur compagnie.

 

Seulement je regrette l’absence de profondeur, de coffre, qui faisait tout l’intérêt des romans de Lehane. Trop de légèreté de ton me semble sapper son propos pourtant peu optimiste sur la société contemporaine américaine.

 

Entendons-nous, Moonlight Mile est un bon roman policier mais l'auteur nous ayant habitué à du "très bon",  ses lecteurs seront sans doute déçus...

 

Pour me consoler, j’ai acheté « Un pays à l’aube », le seul de l’auteur que je n’ai pas encore lu, parce que je n’aime pas rester sur une impression mitigée…

 

Premières phrases :

 

« L’air était inhabituellement doux en ce bel après-midi de début de décembre quand Brandon Trescott est sorti du spa du Chatham Bars Inn, à Cape Cod, pour monter dans un taxi. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Gone, Baby, Gone de Dennis LEHANE

Autre : De chair et de sang de John HARVEY

 

 

Moonlight Mile, Dennis Lehane, Traduit de l’anglais (EU) par Isabelle Maillet, Rivages thriller, 2011, 379 p., 20 euros

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Les visages de Jesse KELLERMAN

Publié le par Hélène

VISAGES

♥ ♥

 Grand prix des lectrices de Elle 2010

  

L’auteur :

 

Jesse Kellerman est né en 1978. Il est le fils des écrivains Jonathan et Faye Kellerman. Les Visages est son premier roman publié en France.

 

L’histoire :

 

Lorsque Ethan Muller, propriétaire d'une galerie, met la main sur une série de dessins d'une qualité exceptionnelle, il sait qu'il va enfin pouvoir se faire un nom dans l'univers impitoyable des marchands d'art. Leur mystérieux auteur, Victor Crack, a disparu corps et âme, après avoir vécu reclus près de quarante ans à New York dans un appartement miteux. Dès que les dessins sont rendus publics, la critique est unanime : c'est le travail d'un génie. La mécanique se dérègle le jour où un flic à la retraite reconnaît sur certains portraits les visages d'enfants victimes, des années plus tôt, d'un mystérieux tueur en série. Ethan se lance alors dans une enquête qui va bien vite virer à l'obsession.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai aimé l’alliance subtile entre le roman policier psychologique et les réflexions sur l’art et son marché. Malheureusement, au fil du roman, cet aspect s’efface pour laisser la place à des questions familiales, plus classiques et attendues.

 « Le fait est que, en créant ces objets, le Wireman n’avait réalisé qu’une partie de son travail, et je dirais même une petite partie. Il avait fabriqué des choses. Il fallait ensuite des marchands pour transformer ces choses en art. Une fois consacrées comme tel, il n’y a plus de retour en arrière possible : on peut détruire, mais pas dé-créer. » (p. 46)

 -          L’histoire nous embarque assez facilement et permet de passer un agréable moment de lecture.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Des longueurs, surtout dans les passages concernant l’histoire de Victor.

-          La bluette amoureuse et les dialogues entre les deux concernés frôlent quelquefois la mièvrerie. 

-          Il s’agit avant tout d’un roman psychologique, le suspens aurait toutefois pu être plus accentué pour happer davantage le lecteur.

 

Premières phrases :

« Au début, je me suis mal comporté. Je ne vais pas vous mentir, alors autant jouer cartes sur table dès maintenant : si j’aimerais croire que je me suis racheté par la suite, il ne fait aucun doute que mes intentions, du moins au début, ont manqué quelque peu de noblesse. »

 

Vous aimerez aussi :

  Les leçons du mal de Thomas H. COOK

 

D’autres avis :

 Amanda, Dasola, Ys

 

Les visages, Jesse Kellerman, traduit de l’anglais (EU) par Julie Sibony, Sonatine, 2009, 473 p., 22 euros

Les visages, Jesse Kellerman, traduit de l’anglais (EU) par Julie Sibony, Points, 2009, 473 p., janvier 2011, 7.80 euros

 

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Gone, Baby, Gone de Dennis LEHANE

Publié le par Hélène

                                            Gone-Baby-gone

♥ ♥ ♥ ♥

Un grand roman policier et social à passer de mains en mains pour le faire connaître. 

 

L’auteur :

Dennis Lehane est né en 1966 à Dorchester dans le Massachusetts.  Après des études à Boston, il part à l'université internationale de Floride. Tout en écrivant son premier livre (Un dernier verre avant la guerre), il vit de métiers divers (livreur, libraire, chauffeur). C'est également un ancien éducateur qui travaillait dans le secteur de l'enfance maltraitée. Ce thème reste très présent dans la majorité de ses œuvres.

Il vit aujourd'hui à Boston. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues.

 

L’histoire :

 

 Patrick Kenzie et Angela Gennaro sont les héros récurrents de Dennis Lehane. Enquêteurs privés, ils recherchent dans « Gone, Baby, Gone » une enfant de quatre ans disparue mystérieusement. Ils vont peu à peu se plonger dans la vie de la maman de la petite fille, vie déréglée, peu propice à l'éducation d'un enfant...

Ce que j’ai aimé :

-      - Ce quatrième opus des aventures de Kenzie et Gennaro est, paraît-il, le préféré de Dennis Lehane. Il est aussi le mien, bien qu'il soit difficile de comparer, chaque roman de Dennis Lehane ayant ses spécificités.

 

-      C’est un roman policier qui ne se contente pas de suivre une trame policière classique, la psychologie des personnages est très dense et l'intrigue touche des questions morales et sociales importantes, concernant ici l'éducation donnée aux enfants. Tous les romans de Dennis Lehane sont de la même veine, avec une intrigue captivante et en filigrane une réflexion sur le Mal loin d'être manichéenne.

 

-      L'originalité du livre tient en effet dans ces questions morales qu'il pose. Beaucoup de romans policiers restent manichéens : d'un côté, les bons (les policiers, enquêteurs...), et de l'autre, les méchants à poursuivre et condamner. Cette vision s'estompe dans les romans de Dennis Lehane, et le monde prend soudain de l'épaisseur.

          

Ce que j’ai moins aimé :

 

-      C’est un roman violent quelquefois, à l'image du monde décrit.

-      Si vous voulez les lire dans l'ordre, commencez par Un dernier verre avant la guerre.

 

Premières phrases :

 

"Port Mesa, Texas
Octobre 1998
Bien avant que le soleil n’atteigne le Golfe, les chalutiers s’éloignent dans les ténèbres. Ce sont surtout des crevettiers, auxquels se joint parfois un bateau en quête de makaires ou de tarpons, et il n’y a pratiquement que des hommes à bord. Les rares femmes embarquées avec eux restent les plus souvent entre elles. Sur le littoral texan, ils sont si nombreux à avoir connu une mort terrible en deux siècles de pêche que leurs descendants et amis survivants estiment fondés leurs préjugés, leur haine des concurrents vietnamiens, leur méfiance envers toute représentante du sexe opposé prête à accomplir ce travail repoussant, à manipuler dans le noir des câbles épais et des crochets capables de déchirer la chair."

Vous aimerez aussi :

A noter qu'une suite de cette opus arrive en librairie, je vous en reparle prochainement...

Gone, Baby, Gone, Dennis LEHANE, traduit de l’américain par isabelle MAILLET, Rivages Thriller, mars 2003, 387 p., 20,99 euros
POCHE : Gone, Baby, Gone, Dennis LEHANE, traduit de l’américain par isabelle MAILLET, Rivages poche, novembre 2007, 533 p., 9.50 euros
 
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Les neuf dragons de Michael CONNELLY

Publié le par Hélène

                                              neuf-dragons-Michael-Connelly

 ♥ ♥

 Un roman efficace.

 

L’auteur :

 

Michael CONNELLY est un auteur américain mondialement connu pour son héros récurrent Harry Bosch. Ses romans les plus connus sont « Le poète », « Les égoûts de Los Angeles »,  « Créance de sang ».

 

L’histoire :

 

Suite à l’appel téléphonique signalant un meurtre dans le quartier chinois, Harry Bosch va plonger dans le monde trouble des triades chinoises. L’enquête commence mal : le principal suspect s’obstine à nier toute relation avec le meurtre et l’inspecteur Chu, co-équipier de Bosch détaché de l’Unité des Crimes Asiatiques, ne semble pas digne de confiance.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Les neuf dragons est un roman policier efficace. Michael Connelly connaît les ficelles de l’écriture et sait les manier avec brio.

 

-          Si tout démarre avec une enquête classique autour d’un meurtre, bien vite l’intrigue va prendre de l’épaisseur en incluant la fille de Bosch, vivant à Hong Kong avec sa mère, aux données de l’enquête. La tension monte d’un cran et entraîne notre héros sur le sol chinois, lancé alors dans une course contre la montre aux côtés du nouveau compagnon de son ex-femme…

 

-          Le suspens est savamment dosé, même si il aurait pu être encore mieux géré.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La facilité avec laquelle Michael Connelly mène ses romans a tendance à les dépouiller d’humanité. L’action prévaut, au détriment de l’atmosphère, de la psychologie des personnages, bref il manque à ses derniers romans à mes yeux un petit supplément d’âme qui serait bienvenu…

 

Premières phrases :

 

« De l’autre côté de l’allée, Harry Bosch jeta un coup d’œil dans le box de son coéquipier et le regarda remettre droit ses piles de feuilles, ôter ses dossiers du milieu de son bureau et, pour finir, ranger dans un tiroir la tasse à café qu’il venait de rincer – son rituel quotidien. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Comme deux gouttes d’eau de Tana FRENCH

 

D’autres avis : chez Babélio.

  

Les neuf dragons, Michael Connelly, Traduit de l’anglais (EU) par Robert Pépin, Seuil Policiers, mai 2011, 404 p., 21.50 euros

 

 

jury babélio

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Les leçons du mal de Thomas H. COOK

Publié le par Hélène

                                              leçons du mal

  

  

 L’auteur :

 

Thomas H. Cook est un écrivain américain, auteur d’une vingtaine de romans.

 

L’histoire :

 

Jack Branch est un fils de bonne famille, professeur dans le petit lycée de Lakeland, Mississippi. Très impliqué dans son métier, soucieux de justice dans un pays encore marqué par la guerre de Sécession, il se prend d’affection pour un élève taiseux et renfrogné du nom d’Eddie Miller. Eddie se tient à l’écart de la communauté, résigné, écrasé par le poids de son ascendance : il est le fils du « tueur de l’étudiante », mort en prison quinze ans plus tôt. Le mal se donne-t-il en héritage ? Peut-on sauver les gens d’eux – mêmes ?
Pour libérer Eddie de son fardeau, Jack lui suggère de mener une enquête sur son père. Le maître et l’élève découvrent peu à peu un monde où le bien et le mal se confondent, chargé de violence et de mirages : un monde de ténèbres. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Une attente est savamment créée tout au long du roman par des prolepses incessantes : Jack Branch raconte les évènements qui se sont déroulés en 1957, mais il le fait à la fin de sa vie, ayant ainsi une vision d’ensemble sur son récit et sur les êtres dont il est question. Il fond ainsi les époques, instillant au fur et à mesure des informations sur le devenir des personnages, intriguant le lecteur avec cet évènement mystérieux qui changera leur destin et les mènera au procès dont des extraits sont retranscrits…

 

-          Les références culturelles sont érudites puisque Jack est professeur, il survole l’histoire traquant le mal à travers des personnages historiques ou fictionnels pour raconter leur histoire.

 

-          Le style est précis, tout comme la construction, nous prenant incidemment dans ses rets.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai attendu avec impatience pendant le récit cet évènement violent, extraordinaire qui a changé la vie des personnages. De fait, j’ai trop attendu, et j’ai été déçue quand, enfin, la relation de cette scène évoquée à moults occasions tout au long du roman, est enfin relatée. Pour moi, le suspens est tombé à plat.

 

-          Le propos de l’auteur n’était évidemment pas seulement dans l’intrigue policière, il s’applique à décrire la psychologie des personnages avec tellement de minutie, que l’on peut penser que là est l’essentiel de son propos. Pourquoi dans ce cas instiller cette jalousie pernicieuse cadrant peu avec la personnalité de Jack à la fin du roman ? Je ne l’ai pas trouvée cohérente.

 

Premières phrases :

 

« Gâté par le sort, je n’ai pas su voir les ténèbres ni ce qu’elles dissimulaient. Jusqu’au moment fatidique, le mal s’est tenu à distance, circonscrit à de simples notes de cours sur les crimes perpétrés par des armées, des foules et des individus sanguinaires, auteurs d’actes abominables que j’exposais avec passion à mon auditoire d’élèves captifs. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Seul le silence de Roger John  ELLORY

 

Lu dans le cadre du jury Babélio-Seuil Policiers

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Vous trouverez d’autres avis plus positifs que le mien sur Babélio

  

Les leçons du mal, Thomas H.COOK, Traduit de l’anglais (EU) par Philippe LOUBAT-DELRANC, Seuil policier, mars 2011, 356 p., 21.50 euros

 

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Casco bay de William TAPPLY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥
« Casco Bay » est un roman à découvrir absolument.
Situant son action dans le Maine, il allie un goût prononcé pour les espaces sauvages et la vie en plein air (pêche, promenades...) et une intrigue policière prenante.
 
L’auteur :
William G. Tapply a écrit une vingtaine de romans policier ayant pour héros Brady Coyne. Il est également spécialisé dans les ateliers d'écriture et la pêche à la mouche. Les Editions Gallmeister ont choisi de traduire une série avec un autre héros, Stoney Calhoun. Trois volets sont publiés, malheureusement, ce sera tout pour cette série car Wiliam Tapply est décédé en 2009... A quand la traduction de l'autre série ?
 
L’histoire :

Stoney Calhoun est guide de pêche dans le Maine. Il tient également une boutique d'articles de pêche avec son associée Kate Balaban. Un mystérieux accident a effacé de sa mémoire il y a sept ans de cela sa vie antérieure. Il essaie vainement de reconstituer les morceaux qui lui permettront d'en savoir plus sur sa vie d'avant et sur l'accident.
Quand il trouve lors d'une excursion un cadavre carbonisé, des instincts d'enquêteur le poussent à en apprendre davantage...

 

Ce que j’ai aimé :

-          La nature   L'action se passe dans le Maine, dans le calme d'une bourgade lovée au coeur de lanature. L'auteur mène une réflexion intéressante sur le contraste entre ces lieux a priori calmes, intouchés, en pleine nature, et la violence omniprésente avec les autres, mais aussi en nous. La maison de Stoney est l'emblème de cette opposition, cachée dans les bois, elle fera l'objet de multiples attaques.

-          L’intrigue prenante : Autant l'intrigue en question n'était pas totalement aboutie dans le premier roman de Tapply « Dérive sanglante » (à lire aussi, ne serait-ce que pour connaître l'origine de la relation entre Stoney et Kate), autant ce roman-là réussit avec brio à intégrer le policier au « nature writing ».
-          Les personnages sont profonds, ils ont en eux la juste part de mystère nécessaire à instaurer l'intérêt du lecteur.

Ce que j’ai moins aimé :
-           Rien

Premières phrases :

"Il était trois heures moins cinq lorsqu'une sonnerie se déclencha dans la tête de Stoney Calhoun, cinq minutes avant celle du réveille-matin, bien inutile, posé près de son lit. L'horloge interne de Calhoun ne lui avait pas encore fait défaut, pourtant il n'arrivait pas encore à lui faire entièrement confiance."  
 Vous aimerez  aussi :

La rivière de sang de Jim TENUTO

 

Casco bay, William TAPPLY, Gallmeister, juin 2008, 312 p., 22.9 euros

D'autres avis : chez Jean-Marc, Choco, Keisha, Yann

challenge nature writing

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Coyote attend de Tony HILLERMAN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 Une passionnante plongée au cœur de la tribu des Navajos

 

 

L’auteur :

Tony Hillerman est un auteur américain qui a publié des romans policiers ethnologiques et des essais. Il nous a quittés en 2008. La plupart de ses romans se passent dans la région des « Four Corners » à la frontière du Nouveau-Mexique et de l’Arizona. Les protagonistes en sont Joe Leaphorn et Jim Chee de la police tribale Navajo.

L’histoire :

Un homme s'amuse à répandre de la peinture blanche sur une montagne proche de la Grande Réserve des Navajos. Delbert Nez, collègue de Jim Chee, cherchait à interpeler le suspect. Malheureusement pour lui, sa mission s'est arrêtée là, puisque ce soir-là, Jim Chee retrouve son collègue mort dans sa voiture en feu. Joe Leaphorn va alors rejoindre Jim Chee et ensemble, ils vont chercher à démasquer le coupable.

Ce que j’ai aimé :

-          L’aspect ethnologique : les romans de Tony Hillerman sont situés sur les territoires des Navajos et des Hopis. Ainsi, les intrigues policières plongent au cœur de données ethnologiques puisque Jim Chee et Joe Leaphorn doivent prendre en compte les mœurs des deux peuples pour comprendre les protagonistes et résoudre les énigmes. Ces romans nous instruisent sur ces peuples avec une vision « de l'intérieur ».

-          Les personnages principaux, Jim Chee et Joe Leaphorn sont attachants et évoluent au fur et à mesure des enquêtes.

-          L’intrigue policière est originale et passionnante.

Ce que j’ai moins aimé :

-          Un peu abrupt au premier abord, insistez…

-          Il faut quand même s’intéresser un minimum à l’histoire et aux croyances des peuples…

Premières phrases :

« Jim Chee en était à se dire que soit le pneu avant droit était dégonflé, soit il y avait un problème d’amortisseur de ce côté-là. A moins, bien sûr, que le conducteur de la niveleuse n’ait pas vérifié le réglage de sa lame et qu’il n’ait rendu le revêtement de la chaussée incliné. Le fait était que la voiture de police tirait légèrement sur la droite. »

Vous aimerez aussi :

Les romans d’Arthur UPFIELD (non lus)

POCHE : Coyote attend, Tony HILLERMAN, Rivages poche, juin 1992, 272 p., 9 euros

TAGS : Littérature américaine, Indiens 

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