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roman policier europe

L'homme au complet marron de Agatha CHRISTIE

Publié le par Hélène

A Londres la narratrice  Anne Beddingfeld assiste sur un quai à une scène glaçante : un homme se tient au bord du quai du métro et soudain, il semble effrayé par la vue de quelqu'un ou quelque chose, trébuche et tombe sur les rails. Surgit alors un homme au complet marron qui se prétend médecin, examine l'homme, puis prend la fuite. De liens en liens, les deux hommes semblent reliés à une villa à louer dans laquelle est retrouvé le corps d'une inconnue.

La jeune Anne, bercée par des récits romantiques, décide de se lancer dans une enquête qui la mènera dans des contrées reculées de l'Afrique du Sud.

Pendant un été de mon adolescence, j'ai lu l'oeuvre intégrale d'Agatha Christie et il se trouve que je gardais un souvenir très marquant de celui-ci. Etait-ce mon âme adolescente romantique qui s'était retrouvée dans la jeune Anne et ses aspirations ? Force est de constater que si cet opus porte la marque talentueuse de la grande Agatha , il n'est pas non plus inoubliable comme peut l'être Le crime de l'Orient Express, Le meurtre de Roger Acroyd, ou encore Dix petits nègres. L'intrigue romantique manque quelque peu de nuances et la jeune Anne et son innocence pourrait prêter à rire.

Bien rythmé, il nous entraine néanmoins avec plaisir dans l'univers de la grande Agatha qui manie toujours le suspens avec subtilité !

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Du même auteur Meurtre en Mésopotamie 

 

Le mois anglais était consacré aujourd'hui à Agatha : Let's meet Agatha - soit Agatha Frost (Peridale Café), Agatha Raisin ou Agatha Christie !

 

Publié dans Roman policier Europe

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Ce qu'il reste d'Alice de T.R. RICHMOND

Publié le par Hélène

"Je vais conclure, me lever et me demander qui je suis. je fais souvent cela. Je vais me regarder dans la glace. Me rassurer, me faire peur, m'aimer, me détester. Je m'appelle Alice Salmon."

Alice Salmon, vingt-cinq ans, revient dans sa ville natale pour une nuit. Au petit matin, elle est retrouvée morte en bas d'un pont. Accident ? Suicide ? Meurtre ? La jeune femme avait comme habitude de participer à des beuveries d'adolescents... Son ancien professeur Jérémy Cooke se lance lui aussi dans l'enquête en choisissant un angle particulier : il décide de regrouper toutes les traces de la jeune fille laissées sur Internet,par le biais des réseaux sociaux, des articles qu'Alice a pu écrire, des blogs, des forums. C'est ainsi une Alice éclatée qui apparait peu à peu sous les yeux du lecteur.

Et c'est là où le bât blesse, car la lecture est elle aussi hachée, manquant de cohérence et de suspense. Si le projet initial était intéressant, mettant en lumière le fait que sur Internet rien ne s'efface et que nos personnalités peuvent apparaitre à notre insu au fil des posts, il n'est pas suffisamment efficace pour tenir le lecteur d'un roman policier en haleine. De plus, les clichés s'accumulent : "Une seule vie ne suffit pas.", "Pourquoi faut-il que nous soyons aussi fragiles."

Une déception !

 

Présentation de l'éditeur : Calmann Lévy ; Le livre de poche

D'autres avis : Découvert sur Elle ; avis assez négatifs sur Babélio

 

Ce qu'il reste d'Alice, TR Richmond, Le livre de poche, avril 2015, 504 p. , 8.10 euros

 

Lu pour le mois anglais consacré aujourd'hui au roman policier.

 

Publié dans Roman policier Europe

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Mascarade de Ray CELESTIN

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Que faisait-on des débris de rêves ? Est-ce qu'on les ramassait pour les recoller et en faire quelque chose d'autre ou bien est-ce qu'on laissait les éclats joncher le sol pour s'écorcher les pieds dessus jusqu'au sang ?"

Chicago. Juin 1928. La ville est sous l'emprise de Al Capone, qui utilise la prohibition pour asseoir son commerce et son influence aux ramifications profondes. Quand des mafieux de son camp meurent empoisonnés par de l'alcool frelaté, il rappelle à lui Dante, et lui demande de découvrir les coupables. De leur côté, les détectives Ida et Michael enquêtent sur la disparition d'une jeune femme et de son futur mari, issus de familles notoires de la ville. Enfin, Jacob, photographe pour la police, assiste à la découverte d'un corps qui le mène à enquêter sur une série de meurtres troubles. L'été qui s'annonce cloue les êtres au sol, la chaleur imprégnant chaque esprit endolori et accentuant les douleurs. Les personnages se croiseront à l'intersection de leurs enquêtes...

L'auteur signe là le deuxième volet passionnant d'une série de quatre ouvrages retraçant l'histoire du jazz et de la mafia pendant cinquante ans au XXème siècle. "Selon un procédé inspiré de l'Oulipo, chacune des quatre parties présente une ville, une décennie, un morceau, une saison, un thème et des conditions météorologiques différentes." indique l'auteur dans sa postface. Ainsi, dans cet opus, la ville de Chicago est à l'honneur. Chicago et ses industries qui se développent et asphyxient les êtres, Chicago et Al Capone décidé à régner sur la ville, Chicago et sa ségrégation raciale, mais aussi, la belle, berceau du jazz accueillant à bras ouverts des talents comme Louis Armstrong ou Joe "King" Oliver.

"Chicago reposait sur la ségrégation, sur ses limites et ses frictions, et le jazz était une oasis qui permettait d'y échapper. C'était comme un baume apaisant sur une ville blessée, une pommade pour dissoudre les frontières. Il était naturel que le jazz puisse être considéré comme une menace pour ces institutions qui profitaient des divisions compartimentant la ville."

"Le jazz venait des ouragans de la Nouvelle-Orléans que des légions de gens du Sud en haillons avaient ramenés dans le Nord, cachés dans les pistons des trompettes et le creux des contrebasses, et quand ils jouaient, ils libéraient ces tempêtes et toute cette énergie d'un simple souffle des lèvres sur une embouchure, d'une pression des doigts sur un clavier, d'une torsion de coude."

La structure même du roman est calquée sur l'enregistrement de "West End Blues" de Louis Armstrong. L'auteur voulait que le livre suive fidèlement l'arrangement de ce morceau et que chaque personnage constitue un élément de l'instrumentation.  Pour la suite, la troisième partie sera située dans les années 1940, à New York et à l'automne.

Vivement !

 

Présentation de l'éditeur : 10/18

Du même auteur : Carnaval

D'autres avis : Eva ; Jérôme ; Kathel ;

 

Mascarade, Ray Célestin, traduit de l'anglais pas Jean Szlamowicz, 10/18, février 2018, 614 p., 9.10 euros

Publié dans Roman policier Europe

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Les mois d'avril sont meurtriers de Robin COOK

Publié le par Hélène

♥ ♥

A Londres le sergent narrateur travaille aux service des crimes non résolus. Ainsi, il se lance dans la traque d'un psychopathe après la découverte d'un corps bouilli réparti dans des sacs en plastique. Rapidement, il identifie le coupable et un face-à-face musclé s'annonce.

Le sergent est encerclé par la violence, qu'il s'agisse de la folie meurtrière de ces hommes qui semblaient des êtres normaux, sympathiques, mais sont capables de tuer de sans froid, puis de faire bouillir leur victime avant de la découper et de l'enfermer dans des sacs plastiques. Mais dans son passé, il a aussi été confronté au pire, son ex-femme ayant tuée leur petite fille Dahlia à cause du vol d'une tablette de chocolat. L'homme est démuni face à la folie des êtres, face à l'injustice d'un monde violent, il est rongé par les remords et les regrets, ressent des velléités de retour en arrière pour retrouver les êtres qui lui manquent.

Les confrontations entre lui et le coupable, ponctuées de nombreux dialogues, sont ainsi l'occasion de proposer en creux le portrait d'un homme désabusé.

Ce que j'ai moins aimé : une ambiance assez glauque...

 

Présentation de l'éditeur : Folio policier

D'autres avis : Encor du noir

 

Les mois d'avril sont meurtriers, une enquête du Service des décès non éclaircis, Robin Cook, traduit de l'anglais par Jean-Bernard Piat, un roman présenté par Nathalie Kuperman, Folio Policier, 2015, 318 p., 7.20 euros

 

Publié dans Roman policier Europe

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A perdre haleine de Aga LESIEWICZ

Publié le par Hélène

Anna Wright vient de rompre avec son petit ami, et elle semble décidée à passer un temps seule. En faisant son jogging dans le parc de Hampstead Heath, elle ressent une attirance irrépressible pour un bel inconnu et n'hésite pas à lui faire comprendre son désir brûlant. S'ensuivent quelques rencontres passionnées ponctuées d'ébats dans les fourrés. Mais bientôt la rumeur enfle : un violeur sévit dans le parc, s'attaquant aux joggeuses solitaires. S'agirait-il du même homme ?

D'une efficacité redoutable, ce roman se plaît à nous tenir en haleine -d'où le titre-, en semant le parcours de Anna de rencontres masculines qui pourraient toutes être louches. On connaît si peu les personnes que l'on croise... Qui est ce mystérieux violeur ?

Ce que j'ai moins aimé : Les passages durant lesquels Anna gère la restructuration de la société de production dans laquelle elle travaille, sonnent faux, comme des prétextes pour combler le temps et l'intrigue entre deux joggings dans le parc...

La psychologie reste sommaire, le style est basique, mais l'efficacité est là.

 

Présentation de l'éditeur : Belfond

 

A perdre haleine, Aga Lesiewicz, traduit de l'anglais par Claire-Marie Clévy, Belfond noir, 2017, 376 p., 20 euros

 

Merci à l'éditeur.

 

Publié dans Roman policier Europe

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L'étrangleur d'Edimbourg de Ian RANKIN

Publié le par Hélène

L'inspecteur John Rebus, personnage récurrent des romans de Ian Rankin apparaît ici pour la première fois. Il est confronté à un homme qui enlève les petites filles de 11 ans et craint pour la sécurité de sa propre fille Sammy, elle-même âgée de 11 ans. Dans l'ombre le journaliste Jim Stevens enquête lui aussi, cherchant des liens entre les milieux de la drogue que semblent fréquenter le frère de John Michael et l'inspecteur placé sous les feux des projecteurs par cette enquête. Rebus va également faire la connaissance de la jeune inspectrice chargée des relations avec la presse, Gill Templer. Il reçoit étrangement des messages anonymes mentionnant des noeuds, messages qui s'avèrent être en relation avec les disparitions.

Tous les éléments sont en place pour captiver le lecteur, et pourtant, je n'ai guère accroché à cette enquête que j'ai trouvée longue et fastidieuse. Il ne suffit pas de mettre les bons ingrédients pour réussir ...

Bilan : Je me suis ennuyée, je dois avouer ne pas avoir sympathisé avec cet inspecteur Rebus dont j'avais tant entendu parler...

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

D'autres avis : Electra

 

Ce fut ma seule et unique participation au challenge "Kiltissime" consacré à l'Ecosse et organisé par Cryssilda et pour lequel pourtant j'avais toute une liste de lectures...

Publié dans Roman policier Europe

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Jeux de miroirs de E. O. CHIROVICI

Publié le par Hélène

Pete Katz, agent littéraire reçoit le manuscrit inachevé d'un auteur inconnu qui raconte ses années d'étudiant à l'université de Princeton et ses relations ambivalentes avec la brillante Laura et son professeur Joseph Wieder, professeur reconnu dans le domaine de la psychologie cognitive qui travaille sur de mystérieux écrits autour de la mémoire et du souvenir.  Le manuscrit s'achève avec l'assassinat de ce dernier. Depuis l'affaire est restée irrésolue. Peter comprend que cette histoire si elle n''et pas totalement réelle est du moins inspirée par des faits réels puisque le professeur a effectivement été retrouvé assassiné mais que l'assassin n'a jamais été retrouvé. La suite du manuscrit donnera t-elle la clé du meurtre ? L'agent tente alors d'en savoir plus sur l'auteur et commence alors une enquête menée d'embûches. Et c'est là que le rythme du roman, plutôt bien mené jusqu'ici, se ralentit de façon excessive, prenant plaisir à emporter son lecteur sur des pistes très différentes, quitte à prendre le risque de le perdre en route !

Ce que j'ai moins aimé :

- Les ficelles assez grossières avec des phrases comme "malheureusement rien ne devait se passer comme je l'espérais", ou encore le détail qui tourne en tête et qui peut-être détient la clé de l'énigme mais que l'on ne parvient pas à saisir (ficelle utilisée en son temps jusqu'à plus soif par Mary Higgins Clark) "Il me semblait avoir aperçu quelque chose du coin de l'oeil. Mais quoi ? Cela demeurait un mystère."

- Le style agrémenté de "genre" en lieu et place de "comme" "celle d'un individu "normal", inoffensif, genre mécanicien ou chauffeur de bus." p. 241

- La résolution alambiquée.

Bilan : L'idée de départ était intéressante, proposant une réflexion sur l'incroyable "capacité de l'esprit humain à maquiller ou même à falsifier les souvenirs. Est-il possible d'oublier complètement un évènement et d'en créer un faux souvenir ? Et si notre imagination était capable de transformer une réalité prétendument objective en quelque chose d'autre, qui nous appartient en propre ? L'esprit est-il en mesure de récrire un évènement donné, d'agir à la fois comme un scénariste et un metteur en scène ?" Note de l'auteur

La première partie est effectivement prenante, bien menée mais ensuite l'intrigue s'essouffle, et le manque de rythme devient prégnant.

 

Présentation de l'éditeur : Les Escales

D'autres avis : Valérie ; Eva ; A propos des livres

 

Jeux de miroirs, Eugen Chirovici, traduit de l'anglais par Isabelle Maillet, Les Escales, janvier 2017, 314 p., 21.90 euros

Merci à L'agence Anne et Arnaud pour l'envoi.

Publié dans Roman policier Europe

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Bacchiglione blues de Matteo RIGHETTO

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ils sont trois acolytes formant un trio de choc : Tito, Toni et Ivo, à la recherche du coup fumant pouvant leur assurer la fortune. Ils pensent l'avoir trouvé en enlevant la femme d'un riche industriel à qui ils réclament une rançon d'un million d'euros en échange. 

Tout le sel de ce court roman policier tient dans cette équipe de bras cassés dont "la densité psychologique équivalait à celle d'un lézard vautré au soleil." L'un aime les putes albanaises, l'autre les carcasses de voiture et le dernier les bestioles bizarres. Ce dernier décide d'ailleurs d'adopter un ragondin blanc en cours de route, ce qui donnera lieu à des conversations surréalistes pour savoir si le ragondin est albinos ou non. Viennent s'en mêler deux témoins de Jéhovah, puis, évidemment, tout dérape... Il y a du "Shérif fais moi peur" dans cette aventure rocambolesque menée tambour battant par nos trois acolytes. La chute est à l'avenant, parfaitement maîtrisée. 

Ce que j'ai moins aimé : Si c'est assez distrayant, cela ne révolutionne pas le genre non plus...

 

Présentation de l'éditeur : La dernière goutte 

Vous aimerez aussi : Les romans de Donald Westlake 

 

Bacchiglione blues, Matteo Righetto, traduit de l'italien par Laura Brignon, La dernière goutte, mai 2015, 140 p., 16 euros

 

Lu dans le cadre de Un mois un éditeur , opération initiée par Sandrine et qui nous permet d'explorer des maisons d'éditions moins visibles sur les blogs...

 

 

 

 

 

 

La maison d'édition La dernière goutte

La dernière goutte aime le verbe, les mots, ce qui claque, ce qui fuse, ce qui gifle et qui griffe et qui mord. Les contes cruels, les dialogues acides.Et les images aussi, irréelles, contrastées,
vénéneuses et absurdes. 
La dernière goutte met en selle des rêves éveillés qui hachurent la réalité d’un sentiment d’étrangeté. Elle défend des textes aux univers forts, grotesques,
bizarres ou sombres. 
Les romans et nouvelles qu’elle publie
reflètent la beauté
qui miroite dans l’ombre.

 

Publié dans Roman policier Europe

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Meurtre en Mésopotamie de Agatha CHRISTIE

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Un roman classique toujours aussi efficace ! 

L'infirmière Amy Leatheran est appelée à s'occuper de Mme Leidner . Son mari s'inquiète en effet de certains dérèglements qui demande une présence assidue à ses côtés. Amy raconte ainsi son séjour au sein de la petite communauté d'archélogues, M. Leidner étant un américain dirigeant une entreprise de fouilles archéologiques sur l'emplacement d'une vieille ville assyrienne. Elle rencontre alors des personnages atypiques : Miss Johnson, une anglaise qui assiste le professeur Leidner, le couple Mercado, Carey, architecte, le père Lavigny, un missionnaire français qui relève les inscirptions anciennes, Colean et Emmott, un américain taciturne. les relations entre les protagonistes sont tendues à l'arrivée de l'infirmière

Après le meurtre, intervient le célèbre Hercule Poirot, au physique surprenant mais à l'intelligence vive. Il interroge tour à tour les suspects en s'attachant aux détails et se fait peu à peu une idée plus précise de la situation.

Pour cette intrigue, Agatha Christie s'inspira d'une personne rencontrée quand elle était en voyage de noces avec son second mari : Katherine Wolley était l'épouse de Sir Leonard Woolley, directeur de chantier de fouille sarchéologiques d'Ur. Les deux femmes étaient devenues amies, et la romancière fut attirée par la forte personnalité de son amie provoquant chez les autres des réactions très contrastées allant de la haine pure et simple à une passion outrancière. les personnages de Meurtre en Mésopotamie ont des réactions tout aussi épidermiques face à Mme Leidner, rendant la découverte du coupable difficile. 

Si la trame du roman est somme toute classique (présentation des personnages et de leurs relations - meurtre - interrogatoires subtils de Hercule Poirot - deuxième meurtre - nouveaux interrogatoires - résolution de l'intrigue), la finesse d'analyse des comportements et le talent de conteuse de Agatha Christie priment rapidement. 

Un classique à redécouvrir ! 

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche 

D'autres avis : lecture commune avec Electra

 

Lu dans le cadre du mois anglais avec pour thème aujourd'hui : Agatha Christie

Publié dans Roman policier Europe

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Carnaval de Ray CELESTIN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

De 1918 à 1919 un tueur en série a sévit sur la Nouvelle Orléans, surnommé "Le tueur à la hache". Les premières victimes étaient des italiens, laissant supposer un raport avec la mafia en plein essor dans la ville à cette époque. Le tueur se servait de la presse pour transmettre des messages, dont le plus notoire fut une lettre du 13 mars indiquant qu'il tuerait 15 minutes après minuit, mais épargnerait les habitants qui écouteraient du jazz ce soir-là. Le tueur à la hache n'a jamais été identifié, les meurtres s'arrêtant brutalement. Ray Célestin s'est inspiré de ce drame et de l'effevervescence de la ville à cette époque pour bâtir son roman. Il campe plusieurs enquêteurs : un policier, Michael Talbot, mais aussi Ida, jeune secrétaire de l'agence Pinkerton, aidée par Lewis Armstrong, musicien, et pour finir Luca d'Andrea, tout juste sorti de prison, mandaté par la mafia locale pour découvrir l'identité de ce mystérieux tueur en série. Les trois suivent des pistes différentes qui les mèneront dans des directions opposées.

Si ce sont des personnages forts aux identités bien marquées, la ville de la Nouvelle Orléans est la véritable star du roman, à la fois fascinante et capable des pires horreurs. Malmenée par les éléments naturels, elle est une ville à part, mélangeant les populations francophones et des frontières raciales floues "lieu exotique, une enclave étrangère, cachée au coeur du Sud profond."

"La Nouvelle Orléans était inondée tous les deux ans, les incendies et les tempêtes ne cessaient de détruire ses grandes constructions, le terrain marécageux faisait trembler les rues et s'écrouler les bâtiments. La nappe phréatique était tellement proche de la surface qu'on ne pouvait pas enterrer les morts correctement. Franchement, La Nouvelle-Orléans éait plutôt un symbole de la fragilité de l'homme face à la nature." p. 97

Cette ville de ségrégation et de racisme voit aussi la naissance du jazz, et assiste aux débuts de Louis Armstrong, joueur de cornet dans les bars. Le quartier Storyville vient d 'être fermé, les bordels interdits, privant la ville de toute une partie de son économie. Le climat est tendu, les rivalités ethniques exacerbées. 

Fort de tous ces éléments, ce premier roman bien rythmé est une vraie réussite, envoûtant et passionnant. L'auteur prévoit une suite qui se déroulera à Chicago, quelques années plus tard, sous la Prohibition et avec les mêmes personnages. Vivement ! 

 

Présentation de l'éditeur : Cherche midi  ; 10-18

D'autres avis : Repéré chez Electra, Jérôme ; Babelio 

 

Carnaval, Ray Célestin, traduit de l'anglais par Jean Szlamowicz, 10-18, mai 2016, 8.80 euros

 

Merci à l'éditeur. 

 

 

Publié dans Roman policier Europe

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