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roman policier europe

La voix du violon de Andrea CAMILLERI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Le chauffeur de Montalbano, un peu trop pressé d'arriver trop tard à un enterrement, emboutit une twingo qui se trouve malencontreusement sur sa trajectoire. Son propriétaire n'a pas l'air pressé lui non plus de réparer les dégâts puisque un jour plus tard la voiture n'a pas bougé d'un pouce. Il n'en faut pas plus à Montalbano pour enquêter dans la villa devant laquelle était garée la twingo. Il rencontre ainsi la belle propriétaire de la voiture qui ne risque plus de s'indigner de l'état de sa voiture... 

Montalbano se lance alors dans cette enquête, tout en devant gérer les questionnement de Livia sur leur mariage, l'avancement de leur adoption, une attirance irrésistible pour une amie de la victime, et des supérieurs peu enclins à le voir réussir dans ses entreprises, prêts à tout pour tirer la couverture à eux, quitte à user d'un vice de prodécure... 

Cette quatrième enquête de Montalbano nous plonge à nouveau dans une atmosphère truculente avec ses personnages atypiques tel Catarella, placé au standard du commissariat car "ils l'avaient mis à répondre aux coups de fil dans la conviction erronée que là, il pourrait faire moins de dégâts qu'ailleurs." Ses formulations particulières, sa déformation des noms et mots en font un être à part : "Je vous demande votre pardonnement et votre compression, dottori.". Pour ennuyer sa hiérachie, Montalbano l'envoie en stage d'"informemathique". 

Ces personnages bien campés servent une intrigue correcte, oscillant entre argent, amour, appât du gain et rivalités policières.

La Sicile de Montalbano exhale ses parfums grâce au vocabulaire merveilleusement rendu par les traducteurs.

Ce que j'ai moins aimé :

Chez Pocket ce roman apparaît dans la collection "thriller". Ne vous y fiez pas ! Les Montalbano sont plus intéressants pour leur atmosphère que pour l'intrigue policière, qui, si elle tient la route, souffre d'un défaut de rythme : très lente au début, elle s'accélère soudain quand un vice de procédure est découvert. 

Beaucoup de personnages différents apparaissent, rendant difficile leur identification.

Présentation de l'éditeur :

PocketFleuve noir

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La concession du téléphone

 

La voix du violon, Andrea Camilleri, traduit par Serge Quadruppani et Maruzza Loria, Pocket, avril 2003, 256 p., 6.20 euros

Publié dans Roman policier Europe

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Tonton Clarinette de Nick STONE

Publié le par Hélène

                                            

♥ ♥ ♥ ♥

Prix SNCF du polar européen 200

Ce que j'ai aimé :

Max Mingus a été emprisonné pour avoir souhaiter faire justice lui-même. A quelques jours de sa libération sa femme meurt dans un accident de voiture. Aussi, dés sa sortie de prison, Charlie décide d'accepter une mission particulière qui lui permettra de fuir sa ville, son quotidien et la perte de sa femme : une grande famille haïtienne lui propose en effet dix millions de dollars pour enquêter sur la disparition du petit Charlie, disparu pourtant trois ans auparavant. De nombreux détectives ont auparavant enquêté sur place, en Haïti, sans succés et en y laissant même la vie. Ce n'est pas ce qui va arrêter Charlie, bien décidé à éclairer ces zones d'ombre vraisemblablement liées à la magie blanche ou noire très présentes dans le pays.

C'est une vision très sombre du Haïti des années 90 que met en lumière Nick Stone qui a lui-même vécu sur place. Max Mingus entre dans un univers cauchemardesque, régi par la misère, la drogue et les rites vaudous inhérents au pays. Le bidonville Cité Soleil sur lequel règne l'énigmatique Vincent Paul contraste vivement avec le faste des grandes villas comme celles de la famille du petit Charlie, les Carver.

"On aurait dit une armée en déroute, un peuple conquis, brisé, qui se traînait vers un non-avenir. C'était Haïti, à peine sorti de l'esclavage."

          

@http://photophilanthropy.org/gallery-posts/cit-e9-soleil-in-haiti/

Enfer des lieux aux sols jonchés de détritus, mais aussi enfer des esprits habités par une moralité douteuse : pour obtenir ce qu'ils veulent, certains ne reculent devant aucun sacrifice qui leur sert de monnaie entre le monde d'ici-bas et un au-delà inaccessible que la pureté de certains échanges permet d'approcher.

"Dans la vie, il y a des choses qu'on voudrait et qu'on n'aura jamais. C'est le destin... (...) La plupart des gens haussent les épaules et passent à autre chose. Chez nous, ils vont voir leur houngan ou leur mambo, qui lit leur avenir et vérifie, si oui ou non, ce qu'ils désirent y est écrit. Si c'ets non, le houngan ou le mambo peut essayer d'arranger les choses."

Un monde de ténèbres dans lequel Max avance pas à pas avec prudence, d'autant plus qu'un vieil ennemi le guette, dans l'ombre.

Un polar époustouflant, tant par son sujet que par son suspense !

Ce que j'ai moins aimé :

Quelques scènes sont très violentes. 

Infos sur le livre :

Chez Folio

Vous aimerez aussi :

Mieux vaut commencer dans l'ordre chronologique par Voodoo Land

D'autres avis :

Le nouvel Obs

Miss Alfie ; Yves

 

Tonton Clarinette, une enquête du privé Max Mingus, Nick Stone, traduit de l'anglais par Catherine Cheval et Marie Ploux, 2010, 688 p., 8.90 euros

Publié dans Roman policier Europe

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Bleu catacombes : un été meurtrier de Gilda PIERSANTI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Troisième volet des saisons meurtrières.

Prix polar SNCF Européen

Prix du polar méditerranéen

 

Ce que j'ai aimé :

Pour fuir la canicule oppressante de cet été 2003, les touristes romains se réfugient dans les catacombes, à la recherche d'un air frais salvateur. Mais c'est un froid mortel qui va les saisir quand l'un d'eux découvrira au fond des catacombes une tête coupée. Mariella De Luca interrompt ses vacances idylliques pour enquêter dans ces catacombes, puis dans le monde de l'art cintemporain.

Alors oui, bien sûr, Gilda Piersanti sait y faire en matière de références culturelles : elle nous abreuve de Judith, d'art contemporain novateur, le fond du roman est indéniablement érudit. 

Comme toujours chez elle, l'atmsophère de cet été caniculaire romain est bien rendu. 

Mais...

 

Ce que j'ai moins aimé :

L'intrigue est très glauque entre les têtes coupées, le passé trouble et ses scènes on ne peut plus crues... De plus, point de suspens puisque dés les premières pages, nous connaissons les coupables.

La bluette sentimentale  sexuelle de Mariella a eu tendance à m'agacer. Elle atteint des sommets quand on nous explique en long et en large pourquoi elle ne veut pas laver ses culottes et strings chez son cher et tendre.

L'intrigue autour de la disparition du fils du commissaire n'avance pas d'un iota, comme si cette intrigue était simplement là pour allécher le lecteur et lui donner envie de lire les tomes suivants...

Une déception !

 

Premières phrases :

"- La porte !

La soeur bénédictine répétati ces mots cinquante fois par jour depuis que les catacombes étaient devenues le refuge de caravanes entières de touriste en quête d'air frais.

Pamela entra. Tous les regards se portèrent sur la somptueuse masse de cheveux blonds qui encadrait son visage."

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Rouge abattoir  ; Vert Palatino 

Autre : La petite fille de ses rêves de Donna Leon

 

Infos sur le livre :

Sur l'auteur 

Résumé 

 

D'autres avis :

Athalie 

 

Bleu catacombes, un été meurtrier, Gilda Piersanti, pocket, 2009, 6.80 euros

Publié dans Roman policier Europe

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Le matériel du tueur de Gianni BIONDILLO

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥
 

L’auteur :

 Gianni Biondillo est né à Milan, où il vit, en 1966. Architecte, a publié des essais sur Figini et Pollini, Giovanni Michelucci, Pier Paolo Pasolini, Carlo Levi, Elio Vittorini. Il est rédacteur en chef du pays indien. (Source : Babélio)

 

L’histoire :

 Pourquoi un détenu, petit délinquant apparemment sans histoire, est-il libéré dans des conditions particulièrement sanglantes par un commando mafieux ? La commissaire d’une unité d’élite, Elena Rinaldi, se lance à ses trousses, assistée de mauvaise grâce par l’inspecteur Ferraro, un de ses ex. Avec l’aide de Lanza, hurluberlu génial de l’Agence européenne, ils découvrent qu’ils pourchassent en réalité un tueur redoutable, échappé des brûlantes brousses d’Afrique et des camions du trafic d’esclaves. Il poursuit seul une vengeance implacable et toute personnelle. Haile l’Érythréen a tout pour inquiéter : l’anonymat, la cruauté, l’intelligence et une volonté de fer, spartiate, militaire. Le matériel du tueur.

Gianni Biondillo, maître du roman noir, nous emmène dans un road-movie haletant, d’un bout à l’autre d’une Italie violente, nerveuse, divisée, pétrie de peurs anciennes et nouvelles, accablée par un ciel de plomb, où défile toute une humanité improbable mais bien réelle.
Le lecteur se laisse emporter, étourdi et reconnaissant. . (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 Comment Haile, détenu érythréen a-t-il réussi à s’évader de sa prison ? Qui sont ses complices alors qu’il avait été arrêté pour une raison anodine, ne semblant pas faire partie d’une organisation quelconque ? Fait-il partie d’une mafia plus large ? L’inspecteur Ferraro devra enquêter aux côtés de Elena Rinaldi, commissaire d’une unité d’élite, et accessoirement son ex maîtresse.

« De toute façon, il n’y avait rien à faire, avec la vie. Qu’elle te plaise ou non, il fallait la vivre. Arrivés là, mieux valait arrêter de jouer les déprimés existentialistes. Nous ne pouvons que proposer notre bonne volonté et notre sourire, ce qui ne fait jamais de mal face aux précipices. » (p. 48)

C’est avec talent que Gianni Biondillo campe ses personnages. Talent dans la psychologie de ses personnages avec cet inspecteur désœuvré entre son ex-femme, sa fille qui grandit et cette maîtresse sous les ordres de qui il doit collaborer, si possible avec brio , avec aussi Elena, commissaire qui doit diriger des hommes pas toujours enclin à écouter une femme, et enfin Haile, homme perdu dans la jungle italienne dont on découvre l’histoire page après page.

Talent dans l’intrigue également, en multipliant les points de vue le lecteur s’attache non seulement à l’enquête mais aussi au présent et au passé de Haile avec en toile de fond l’immigration clandestine, les trafics de haut vol, la violence, et ces hommes sanguinaires, perdus, aux codes d’honneur facilement transigés.

Talent dans l’observation de la société italienne et des mœurs contemporaines.

Talent dans le style enfin avec des pages au lyrisme brûlant comme ce dernier passage qui fait écho  aux premières lignes :

   "Il la vit. Ce n'était certes pas celle de son enfance, épaisse comme une couverture, blanche comme le lait, mais c'en était ; elle s'insinuait timidement, on aurait dit qu'elle rentrait à la maison, après une longue absence, on aurait dit un nuage qui avait perdu son troupeau, qui cherchait le repos dans cette vieille cour d'immeubles milanais, mince, fragile, mais c'en était ; elle était là, elle s'étendait, prenait les mesures du bassin de pierre et de crépi, faisait pâlir l'obscurité, lui donnait un air fantastique, se gonflait, humidifiait l'air, la peau, adoucissait les douleurs, émouvait, rappelait la mort et pourtant la fuyait, suspendait le temps, paralysait les choses, les personnes, le monde, interrompait les peurs, les amplifiait, fantasmatique, consolait, racontait et faisait taire, apeurait quand elle se raréfiait, trompait quand elle devenait dense, sculptait avec le givre, se dissolvait avec l'air, effaçait, remémorait, perdait les choses lointaines, les gardait avec elle, éclairait, annulait, blanchissait. Il la vit, étreignant sa fille, et cela lui suffisait. La brume, la brume."

Du grand art !

 Ce que j’ai moins aimé :

 -Rien.

 Première phrase :

   "La brume, la brume, cristaux de glace suspendus, nuage pédestre, la brume qui monte, petite pluie fine, orgeat opalin qui cache les choses lointaines, halo blanchâtre, pâle, diffuseur laiteux d'abstraites réminiscences lunaires, la brume dure, presque, solide, trempée, des millions de gouttelettes dansantes, qui estompent, émoussent, amortissent l'ouïe, la brume qui presse, qui étouffe les chuchotements, capitonne les pas, fait taire les chiens, se couche sur la plaine, la brume, drap de coton  étendu, voûte de voile, coupole de fumée, vapeur, brouillard, la brume, celle des contes de fées, mystérieuse, menteuse, domestique, la brume des rêves, celle que les enfants de Milan n'ont jamais vue, mur d'ouate, rideau de théâtre, haleine de la terre, la brume qui presse dans le cadre en damier de la fenêtre, qui voudrait se précipiter, gicler, entrer dans l'obscurité de la cellule, se répandre, glace sèche, fumigène, la brume qui enfin se retient, pudique, effrayée par les hurlements de détresse qui résonnent dans le noir profond, la brume qui se fait vague lueur, verre gravé, qui se retire, retourne dans le monde, et, vaincue, quitte les cris et les gargouillis de sang éructés par les mâchoires épuisées de l'homme, écroulé sur la civière, à un pas de la mort. Peut-être." 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Pourquoi tuons-nous ?

Autre : les romans de Gilda PIERSANTI

 D’autres avis :

  Jean-Marc

 

Le matériel du tueur, Gianni  Biondillo, traduit de l’italien par Serge Quadruppani, Métailié, mai 2013, 352 p., 20 euros

Publié dans Roman policier Europe

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La vieille qui voulait tuer le bon dieu de Nadine MONFILS

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« La vie appartient à tous les vivants. » (JCVD)

 

L’auteure :

 

Nadine Monfils est belge et vit à Montmartre. Elle est l'auteur de plusieurs livres chez Belfond, dont Les Vacances d'un serial killer (2011), et La Petite Fêlée aux allumettes (2012), grands succès de librairie. En 2003, elle a adapté et réalisé au cinéma Madame Édouard, avec Michel Blanc dans le rôle du commissaire Léon. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 

 Attention, Mémé Cornemuse est de retour ! Au programme : des meurtres sanglants, un casse dans une bijouterie, une enquête olé olé, le retour d'un fils pas vraiment progigue, le braquage d'une banque – ou presque... en compagnie de Ginette, de Micheline Martini, et de l'indispensable Jean-Claude Van Damme...

Mémé Cornemuse, fan d'Annie Cordy et de Jean-Claude Van Damme, est une vieille bique, entre Ma Dalton et Carmen Cru, à la sauce belge. Elle a trouvé un emploi de concierge dans un immeuble foutraque... où son arrivée va déclencher des horreurs rocambolesques. 
Ce soir-là, Ginette, une des locataires, gaga de Lady Di, s'envoie en l'air dans un parking et trompe son mari pour la première fois. L'extase est de courte durée ! De retour chez elle, elle découvre le cocu en kit dans son plumard. Ses mains ont été coupées et son zizi est rangé au frigidaire. Panique à bord ! Ginette va mener son enquête tandis que mémé Cornemuse prépare un casse dans la bijouterie d'à côté, avec un ancien braqueur qu'elle héberge dans la cave. Elle fait les repérages et lui, il creuse... Un événement imprévu – l'arrivée d'une criminelle hébergée au couvent d'en face – va bouleverser leurs plans... (Présentation de l’éditeur)

  

Ce que j’ai aimé :

 

 Mémé Cornemuse ne fait pas dans la dentelle. Fan de Jean-Claude Vandamne et de ses répliques respirant l’intelligence, fan d’Annie Cordy, elle prépare le casse du siècle tout en s’acquittant selon son humeur de ses devoirs de concierge dans un immeuble. Les habitants dudit immeuble sont otut aussi déjantés que leur gardienne : entre Ginette qui se prend pour Lady Di et trompe pour la première fois son mari avant de le retrovuer mort assassiné dans son lit, le Picasso ddu fond de la cour au talent particulier, la Susan Boyle du 3ème

« Elle ce qu’elle voulait, c’était de l’aventure ! Elle était l’Indiana Jonesdes charentaises, la James Bond des bas de contention. »

Des personnages truculents, des évènements fracassants, une écriture inventive, attendez-vous à des surprises étonnantes avec Nadine Monfils ! Aussi crue soit Mémé Cornemuse, on finit par l’apprécier et même si elle est méchante, arriviste et vénale, cette belge fait des étincelles !

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

 Il faut quand même aimer le ton, comme le dit la quatrième de couverture « âmes sensibles, s’abstenir ».

 

Premières phrases :

 

 « Ce jour-là, le soleil avait dénoué son écharpe et inondait Pandore de ses rayons dorés. L’après-midi touchait à sa fin et il faisait une chaleur à cuire un œuf sur le dos d’un pitbull. Ginette Plouf (elle avait tenu à conserver son nom de jeune fille) s’arrêta pour souffler et déposer son sac rempli de canettes de bière. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Les vacances d’un serial killer

 

D’autres avis :

 Presse ; Lecteurs Babélio 

 

  La vieille qui voulait tuer le bon dieu, Nadine Monfils, Belfond, mars 2013, 256 p., 19 euros

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Toxic blues de Ken BRUEN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Une enquête de Jack Taylor, le plus déjanté des irlandais...

 

 L’auteur :

 Ken Bruen est né en 1951 à Galway. Après une carrière qui le mène en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud, il crée les inspecteurs Roberts & Brant, puis le privé Jack Taylor dont Toxic Blues est la deuxième enquête. Son style incisif et la férocité désarmante de ses personnages l'ont d'emblée placé parmi les meilleurs d'une génération en passe de renouveler le roman noir anglo-saxon.

 

L’histoire :

 

 Jack Taylor, l'ancien flic de Galway reconverti en privé dans un pays qui ne supporte pas cette profession, revient dans sa ville natale. A peine a-t-il le temps de retrouver ses marques, les dealers divers et les pubs gorgés de soiffards qu'il croise un chef tinker. Ces gens du voyage, sans être tsiganes, passent leur vie sur les routes d'Irlande. Tout le monde s'en méfie. Peu de gens les aident. Des jeunes hommes du clan, depuis quelques semaines, sont pourtant mutilés et tués sans que la police ne bouge. Quatre au total. Taylor, marginal à sa façon, le nez dans la poudre et la Guinness, accepte le marché. Nourri et logé en échange de son travail, il va, très loin des bars branchés du centre-ville, partir bille en tête affronter le chaos.

 

Ce que j’ai aimé :

 

 Il s’agit ici du deuxième opus des aventures de Jack Taylor, après « Delirium tremens ». mais qui est Jack Taylor me demanderez-vous ? Un privé alcoolique, drogué, célibataire et ne refusant pas quelques femmes de passage dans son lit et dans sa vie, sentimental à ses heures, amoureux des bons livres (Pelecanos, Harry Crews, les références sont nombreuses au fil des pages) , de la bonne musique, fréquentant plus que de coutume les pubs enfumés aux côtés de ses amis, bref un irlandais atypique, sympathique malgré ses nombreux défauts. Un être imparfait, pas franchement malheureux, mais pas pleinement heureux non plus, trop conscient du monde dans lequel il évolue.

 Il revient ici dans la ville de son enfance, Galway, après un séjour londonien. Il se voit alors confier deux missions : trouver qui élimine les tinkers de la région, gens du voyage, et qui tue les cygnes du lac avoisinant. Deux missions qu’il va mener avec autant d’assiduité l’une que l’autre. Il va fréquenter alors des mondes interlopes pour faire la lumière sur cet univers bouleversé.

 Ce personnage atypique tient les rênes du roman, concentrant tout son intérêt, l’enquête demeurant en arrière-plan. Ses dialogues sont vifs et intelligents et les citations nombreuses qui émaillent le récit lui apporte profondeur et émulation intellectuelle...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Il est à noter que l’intrigue policière passe franchement au second plan, le premier plan étant largement consacré à Jack et à ses boires et déboires…


Premières phrases :

 « Dans le car qui me ramenait à Galway, The Boys Are Back In Town me trottait dans la tête, comme un scie. Un tube de Thin Lizzy, avec Gary Moore dans un de se solos d’enfer. J’avais assisté au dernier concert qu’ils avaient donné à Dublin. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Delirium tremens

Autre :  Triste flic de Hugo HAMILTON

 

D’autres avis :

 Yves http://lyvres.over-blog.com/article-35411794.html

Kathel http://lettres-expres.over-blog.com/article-20735093.html

 

Toxic blues, Une enquête de Jack Taylor, Ken Bruen, traduit de l’anglais (Irlande) par Catherine Cheval et Marie Ploux, Folio policier, 

 

Publié dans Roman policier Europe

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L’île des chasseurs d’oiseaux de Peter MAY

Publié le par Hélène

                                      ile-des-chasseurs-d-oiseaux-poche.jpg

 ♥ ♥

 

L’auteur :

Né à Glasgow le 20 décembre 1951, il habite depuis 5 ans dans le Sud de la France (le Lot). Peter May s’est fait un nom à la télévision britannique en créant et transcrivant les scénarios de séries télévisées, très prisées outre-Manche. Nommé, à 21 ans, "jeune journaliste de l’année", il abandonne le journalisme lors de la publication de son premier roman, à l’âge de 26 ans.

Passionné par la Chine, cet écrivain écossais d’1m90, qui arbore une longue queue-de-cheval et s’habille en kilt, a pu accéder aux coulisses des enquêteurs chinois en criminologie pour effectuer les recherches nécessaires à ses romans. En reconnaissance de son travail, il a été nommé membre honoraire de l’association des écrivains de romans policiers chinois à la section de Pékin. Meurtres à Pékin est le premier roman de sa série chinoise publié en France, une série dans laquelle deux mentalités s’affrontent, celle du commissaire Li Yan et celle d’une Américaine médecin légiste. (Source : Babélio)

 

L’histoire :

Marqué par la perte récente de son fils unique, l'inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d'une enquête sur un assassinat commis à Edimburg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n'est pas revenu depuis dix-huit ans. Un cadavre exécuté selon le même modus operandi vient d'y être découvert. Cependant, dès l'autopsie effectuée par le médecin légiste, Fin ne croit plus à un lien entre les deux affaires. Sur cette île tempêtueuse du nord de l'Écosse, couverte de landes, où l'on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin retrouve les acteurs de son enfance, à commencer par Ange, chef tyrannique de la bande dont il faisait partie. Marsaili, son premier amour, vit aujourd'hui avec Artair. Ce même Artair dont le père a perdu la vie en sauvant celle de Fin lors de l'expédition qui, chaque année, depuis des siècles, conduit une douzaine d'hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs. Que s'est-il passé il y a dix-huit ans entre ces hommes, quel est le secret qui pèse sur eux et ressurgit aujourd'hui ? Sur fond de traditions ancestrales d'une cruauté absolue, Peter May nous plonge au coeur de l'histoire personnelle de son enquêteur Fin Macleod. Fausses pistes, dialogues à double sens, scènes glaçantes l'auteur tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page. (Quatrième de couverture)

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Ce que j’ai aimé :

L'île Lewis battue par les vents est au coeur de cette intrigue. Non seulement parce qu'elle est le lieu du meurtre mais aussi parce qu'elle est le pays natal de l'inspecteur Fin qui va au cours de cette enquête revenir sur les pas de son enfance et de son adolescence. Quand d'autres sont restés attachés à l'île, lui l'a quittée pour d'autres horizons et son retour ne se fait pas sans heurts. Ceux qui sont restés confinés à demeure vivent avec une vision sombre de leur avenir, avenir grévé par un passé lourd à porter. Qu'a-t-il pu se passer sur cette même île pendant l'adolescence de Fin, lors de ce séjour fatal pour le père de Artair sur un rocher à traquer les oeufs de fous de bassan ? Les deux intrigues, actuelle et passée s'entremêlent subtilement pour former un faisceau dense et passionnant.

Les rebondissements multiples, les fausses pistes éloignent les protagonistes et les lecteurs d'une vérité indécelable car finalement tapie au creux des personnages, attendant son heure...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 J'ai trouvé des longueurs au coeur du roman, je n'ai pas été totalement conquise...

 

 Premières phrases :

« Ce sont des enfants. Seize ans ? Echauffés par l’alcool et excités par l’approche du sabbat, ils s’enfoncent dans l’obscurité.

Contrairement à d’habitude, la brise est légère et, pour une fois, tiède, comme un souffle sur la peau, doux et attirant. »

 

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : L’homme de Lewis

 

D’autres avis :

http://peter.may.pagesperso-orange.fr/FR/ilechasseurs.html#critiques

L’île des chasseurs d’oiseaux, Peter May,  traduit de l’anglais par Jean-René Dastugue, Le Rouergue, 376 p., 19.50 euros

 

Publié dans Roman policier Europe

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Blanche-Neige doit mourir de Nele NEUHAUS

Publié le par Hélène

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♥ 

L’auteur :

 Née en 1967 à Münster, en Westphalie, l’auteur de Flétrissure (Actes noirs, 2011 ; Babel n° 66) règne désormais sans partage sur le polar allemand : Blanche-Neige doit mourir s’est vendu (Actes noirs, 2012) à plus d’un million d’exemplaires outre-Rhin. 

 

L’histoire :

 

 Un squelette humain est retrouvé dans une ancienne cuve de carburant, dans un ancien aéroport militaire. Un peu plus tard, une femme tombe d’un pont. Selon un témoin, elle aurait été poussée. L’enquête conduit Pia Kirch hoff et Oliver von Boden stein dans le petit village d’Altenhain où la victime, Rita Cramer, a vécu avant son divorce d’avec un certain Hartmut Sartorius. Or, onze ans plus tôt, deux jeunes filles du bourg avaient disparu sans laisser de traces. Sur la foi de maigres indices, un garçon de vingt ans, Tobias Sartorius, avait été arrêté et condamné à dix ans de prison. Depuis quelques jours, Tobias est revenu à Altenhain... L’agression dont sa mère a été victime a-t-elle un lien avec ce retour ? Dans le village, Pia et Bodenstein se heurtent à un mur de silence. Mais bientôt une autre jeune fille disparaît et les habitants accusent Tobias Sartorius, même si ce dernier a toujours clamé son innocence. Les preuves manquent, la police piétine et certains villageois semblent bien décidés à prendre les choses en main.

Dans ce deuxième roman du duo Kirchhoff-von Bodenstein, Nele Neuhaus construit une fois de plus une intrigue millimétrée autour des non-dits et de l’atmosphère étouffante d’un petit village allemand. Procédant par dévoilements successifs, elle démonte patiemment les mécanismes d’une erreur judiciaire et analyse magistralement le fonctionnement de ces fascinantes machines à broyer les individus que sont parfois la justice et les préjugés.
Succès colossal à sa sortie, Blanche-Neige doit mourir s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires outre-Rhin. De puis, Nele Neuhaus règne sans partage sur le domaine du “Krimi”.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Ce roman policier est plutôt efficace surtout au début du roman : l'atmosphère de ce village replié sur lui-même est inquiétante, les villageois faisant bloc contre le jeune Tobias accusé du meurtre de jeunes filles dix ans auparavant. Ils ne voient pas d'un bon oeil son retour après sa sortie de prison. Tobias devient peu à peu humain, porté par l'amour paternel de cet homme qui n’a jamais pu quitter sa maison et a dû subir les allusions désagréables incessantes liées à son fils. Dans cette ambiance de suspicion arrive une nouvelle jeune fille, Amélie, curieuse et éloignée de tout a priori. 

Ainsi le lecteur est rapidement ferré : Tobias est-il réellement coupable ? Amélie va-t-elle découvrir la vérité ou payer sa trop forte ressemblance avec l'une des jeunes filles assassinées ? Le village va-t-il supporter le retour de l'enfant maudit ?

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Puis tout se complique inextricablement, les intrigues se multiplient si bien  que le lecteur se perd, et la vie privée de Bodenstein, l'enquêteur, tombe dans le sordide de la vie de couple malmenée.

L'atmopshère inquiétante s'efface pour céder la place à une intrigue classique, le thème initial banal -disparition de jeunes filles- reprenant le devant de la scène. 

Trop de rebondissements, de personnes qu’on essaie de tuer à bout presque portant mais qui survivent, et puis celles qui tombent simplement et malencontreusement se cognent la tête et meurent.

Il faudrait aussi qu’on m’explique comment garder un cadavre momifié intact après tant d’années...

En résumé un roman policier plaisant, mais souffrant de défauts rédhibitoires pour certains...

 

Premières phrases :

 « L’escalier de fer rouillé était étroit et raide. Il tâta le mur pour trouver l’interrupteur. Une seconde après l’ampoule de vingt-cinq watts éclaira l’endroit d’une lumière chiche. La lourde porte de fer s’ouvrit sans bruit. Il en huilait régulièrement les charnières pour qu’elles ne grincent pas quand il venait la voir. Un air chaud mêlé à une odeur sucrée de fleurs fanées l’accueillit. Il ferma soigneusement la porte derrière lui, éclaira et resta un moment immobile. La grande pièce, environ dix mètres de long et cinq de large, était simplement meublée, mais elle avait l’air de s’y sentir bien. »

 

D’autres avis :

 CanelJosteinNadael A propos des livres ; Théoma ; Mimi ; Akialam ; Clara 

  

Blanche-Neige doit mourir, Nele Neuhaus, traduit de l’allemand par Jacqueline Chambon, Actes sud noirs

 

grand prix lectrices de elle

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L’interprétation des peurs de Wulf DORN

Publié le par Hélène

                                         

  

 

L’auteur :

 

Né en 1969, Wulf Dorn écrit depuis l'âge de 12 ans. Plusieurs de ses nouvelles ont été publiées et récompensées par des prix littéraires. L'Interprétation des peurs est son premier roman. Il vit à Ulm, en Allemagne. (Source : Babélio)

 

L’histoire :

 

Psychiatre de talent, Ellen Roth reçoit en consultation dans la clinique où elle travaille une femme en état de choc, qui lui confie être harcelée par un homme, sur lequel elle refuse de donner le moindre détail. Serait-elle en proie à un délire de persécution ? Ellen n'a pas le temps d'en apprendre plus : à peine internée, l'inconnue disparaît. 

Quelques jours plus tard, un mystérieux individu agresse Ellen et lui lance un macabre défi : elle a quarante-huit heures pour découvrir qui il est et les raisons qui le poussent à s'en prendre à elle, sans quoi la patiente disparue mourra. 

C'est le début d'une course contre la montre pour Ellen, confrontée à la paranoïa, la peur et la violence. Bien vite, elle se retrouve isolée de tous, ne pouvant compter sur personne. Et avec très peu de temps pour découvrir ce qui, dans sa vie et celle de ses proches, peut motiver cet inconnu qui semble en savoir très long sur elle. (Quatrième de couverture)

 

Mon avis :

 

Première impression : mais qu’est ce que c’est que ces personnages sans aucune psychologie ? Des aliens ? Je n’ai jamais connu un tel désert psychologique… Et pourtant la quatrième de couverture nous dit que l’auteur a passé du temps dans des services psychatriques en tant qu’assistant social. Alors ? Je pense qu’il aurait mieux fait d’arpenter les ateliers d’écriture …

 Vous me direz « oui mais la résolution de l’énigme explique le pourquoi du comment. » Oui, admettons.  Enfin pour Ellen, mais les autres pourquoi sont-ils privés de psychologie, de passé, de présent, d’avenir, de sentiments, de réflexions, de palpitations, bref d’épaisseur ? Un mystère !

 En ce qui concerne la construction, le  retournement de situation est trop soudain : ceux que l’on suspectait deviennent tout à coup des enfants de chœur – hackers de grant talent et prêts à tout pour défendre Ellen, qui elle aussi s’enfonce brusquement dans la mièvrerie :

 

« Mark courut dans a chambre et revint avec des serviettes propres. Ellen trouva sa sollicitude touchante. Une vraie mère poule, songea-t-elle sans pouvoir s’empêcher de sourire. » (p. 284)

« Mark la regarda avec amusement avaler en un temps record sa pizza et lui offrit un morceau de la sienne. Même si elle n’aimait pas particulièrement le salami, elle accepta volontiers. » (p. 291)

Ca c’est de la psychologie ! Et encore, je ne vous parle pas du collègue amoureux en secret de la belle, ou des lieux soit disant maléfiques -brrr je tremble... - ou encore des  infirmières aguicheuses qui lancent des regards de biche au premier beau gosse venu … 

Alors oui, la résolution de l’énigme est bluffante, je l’avoue, mais cela n’est malheureusement pas  suffisant  à mes yeux pour en faire un bon polar.

Conclusion : lisez Dennis Lehane et là vous vous inclinerez devant le maître et vous comprendrez ce qu’on entend par psychologie des personnages.

 

Premières phrases :

« Il est des lieux maléfiques, nimbés de légendes. De tels lieux sont régulièrement le théâtre d’évènements funestes, comme s’ils se nourrissent de drames.

Pour Hermann Talbach, la ferme en ruine du vieux Sallinger était de ces endroits maudits. Tout le monde dans le village en était convaincu. Certains allaient jusqu’à prétendre que quiconque osait s’en approcher sombrait dans la folie. Comme jadis Sallinger qui, un soir de mai, avait mis le feu aux bâtiments avant de périr dans les flammes avec sa femme et ses deux enfants. »

 

D’autres avis :

Clara ; Keisha ; Nadael ; Mimi ; Akialam   

 

  L’interprétation des peurs, Wulf DORN, traduit de l’allemand par Joël FALCOZ, Le cherche midi éditeur, mai 2012, 20 euros

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Des ombres dans la rue : une enquête de Simon Serrailler de Susan HILL

Publié le par Hélène

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 Si vous cherchez un roman pour lutter contre l'insomnie...

 L’auteur :

 Susan Hill est née en Angleterre en 1942. Romancière populaire (auteur notamment du célèbre Je suis le seigneur du château), écrivain pour enfants, auteur dramatique, journaliste, elle n'a jamais cessé d'écrire. Avec les enquêtes de Simon Serrailler (Meurtres à Lafferton, Ou rôdent les hommes et Au risque des ténèbres, La mort a ses habitudes), elle a fait une entrée très remarquée dans le monde du polar, aujourd'hui confirmée par le succès de cette série outre-Manche.

 L’histoire :

L'inspecteur Simon Serrailler profite de vacances bien méritées à Taransay, petite île sauvage à l'ouest de l'Écosse, après une difficile opération pour le compte du BIVR (Brigade d'intervention volante rapide), quand il est rappelé en urgence à Lafferton par sa supérieure.

Deux prostituées ont été retrouvées étranglées, et le temps qu’il revienne, une troisième est portée disparue. S'agit-il de l'oeuvre d'un pervers et de meurtres en série ? Est-on en présence d'un nouveau Jack l'Éventreur ou ces disparitions n'ont-elles rien à voir les unes avec les autres ? (extrait de la quatrième de couverture)

  

Mon avis :

 C'est un roman qui est long, mais long…

Pour ne rien arranger, la quatrième de couverture  en dévoile trop, on sait tout avant même de commencer le roman. Cela crée un effet d’attente très pernicieux : déjà que l’intrigue n’en finit pas de commencer ou d’avancer, traînant en longueur tel un long dimanche de pluie, si en plus l’action à venir est déjà annoncée, ce roman devient alors franchement soporifique. Pour ne pas risquer  de tomber dans un sommeil de plomb, une seule solution s’impose : passer certains passages pour avancer plus vite vers le dénouement. Encore faut-il avoir envie de connaître le dénouement en question, que l'on devine des kilomètres de pages avant... Point de surprises ou de retournements de situations qu’auraient omis de mentionner la quatrième de couverture.

 L'action c'est une chose mais les personnages me direz-vous ? Là encore, rien ne nous est épargné : aucun détail de leur vie ne nous est inconnu, si l’auteur avait pu écrire à chaque fois ce qu’ils mangent au petit déjeuner, elle l’aurait fait … De plus, l'auteur a dû se dire que plus ils étaient de fous plus ils riraient, elle en invente donc un nouveau presque à chaque chapitre... Et on ne rit pas du tout, on ronfle plutôt...

 Et Simon Serrailler qui a quand même l'insigne honneur de figurer dans le titre ? QUI ? Ah oui celui qui est sur une île au bout du monde et qui se décide à revenir à la fin du roman ?  

 Et les idées, les réflexions ? Nous côtoyons le milieu des prostituées, pauvres filles qui n'ont pas le choix mais sont malgré tout des êtres humains qui méritent toute notre attention… Sans blague ? En parallèle l'auteur a décidé de s'infilter dans le milieu de l’église. Et figurez-vous que les fervents catholiques ne sont pas tous des anges... Sans blague ? Rien de transcendant au final, juste des réflexions embourbées dans ce roman de 400 pages.

 Beaucoup trop long, beaucoup trop insignifiant... 

 

Premières phrases :

« Leslie Blade s’arrêta sous l’avancée de l’entrée de la faculté, le temps d’ouvrir son parapluie.

La pluie. La plui matin et soir depuis le début de la semaine.

Il pouvait venir travailler en voiture, mais in n’était qu’à trois kilomètres, donc la fac ne lui accordait pas un permis de stationner sur le parking. »

 

Vous aimerez aussi :

Si vous voulez des vrais policiers dignes de ce nom, c'est ici : Coups de coeur 

 

D’autres avis :

Blogs :    Canel ; Clara (Je précise qu'il faut être une blogueuse du  prix des lectrices de Elle pour lire ce roman qui aurait fini dans les limbes de l'indifférence générale sans cela...) 

 

Des ombres dans la rue, Susan HILL, traduit par Johan Frédérik HEL-GUEDJ, avril 2012, 408 p., 21 euros

 grand prix lectrices de elle 

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