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roman policier europe

La petite fille de ses rêves de Donna LEON

Publié le par Hélène

                                              petite-fille-de-ses-reves.jpg

♥ ♥

Une plongée en apnée dans la Cité des Doges

 

L’auteur :


Donna Leon, née en 1942 dans le New Jersey, a exercé plusieurs métiers comme guide de voyage à Rome, rédactrice publicitaire à Londres et enseignante de littérature, notamment en Suisse, en Iran et en Arabie saoudite et de 1981 à 1999 dans une base de l'armée américaine située près de la Cité des Doges. C'est ici qu'elle a commencé à écrire des romans policiers.

Son premier roman, Mort à la Fenice a été couronné par le prestigieux prix japonais Suntory, qui récompense les meilleurs suspenses.
Elle vit à Venise depuis plus de vingt ans, ville où se situent ses intrigues policières. Les enquêtes du commissaire Brunetti ont conquis des millions de lecteurs à travers le monde et ont toutes été publiées aux éditions Calmann-Lévy en France. (source Wikipédia)

L’histoire :


Alors que le commissaire Brunetti vient d'enterrer sa mère, une étrange requête lui est présentée par un missionnaire tout juste revenu d'Afrique : le policier pourrait-il s'intéresser aux agissements d'une secte qui sévit depuis quelque temps à Venise ? Brunetti hésite. Peut-être le padre Antonin Scallon redoute-t-il seulement la concurrence. D'un autre côté, si le gourou cherche à plumer ses adeptes, il faudra y regarder de plus près.

 

Eglise-Venise.jpg


Mais très vite, une affaire plus grave va monopoliser les pensées de Brunetti. Par une matinée froide et pluvieuse, le corps d'une fillette est retrouvé dans un canal. Fait étrange, nul n'a signalé sa disparition, ni celle des bijoux récupérés dans ses vêtements. Qui est cette enfant ? Qui a causé sa mort ? pour protéger quels secrets l'a-t-on assassinée ?
Tant que Brunetti n'aura pas découvert la vérité à son sujet, cette petite fille hantera ses nuits ... (Présentation de Babélio)

Mon avis :


Le rythme est très lent, le propos s’axant davantage sur le personnage emblématique du commissaire Brunetti que sur une intrigue particulière. La découverte du corps de la petite fille n’a lieu qu’à la page 125, ce qui est peut-être une façon de planter le décor, mais j’avoue franchement que j’ai failli abandonner en cours de route les tribulations quotidiennes du cher commissaire.

 

roms-2.jpgA partir du démarrage de l’enquête concernant les Roms, tout mon intérêt est revenu en fanfare, d’autant plus que des questions sociales éclairées émaillent le récit. Donna Leon a l’art de montrer les deux versants d’un problème : elle le fait au début du roman en abordant le thème de la religion et confronte l’avis de Brunetti, athée et de sa belle-mère, catholique pratiquante. Elle utilise le même procédé pour les Roms en choisissant des travailleurs sociaux habitués à côtoyer ces communautés et bien décidés à défendre leurs différences, et en plaçan en face d’autres êtres qui s’interrogent sur l'intégration peu réussie de ces communautés en marge. 

Ces pistes de réflexion donnent de l’épaisseur au roman, et le bercement llié au rythme lancinant de la cité des Doges plongée en plein brouillard finit par charmer.


Premières phrases :

« Brunetti avait découvert que compter silencieusement jusqu’à quatre et recommencer aussitôt lui évitait de penser à autre chose. »

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Mort à la Fenice
Autre : Rouge abattoir de Gilda PIERSANTI et Grâce et dénuement de Alice FERNEY

D’autres avis :


Le figaro
Babélio

POCHE : La petite fille de ses rêves, Une enquête du commissaire Brunetti, Donna Leon, traduit de l’anglais (EU) par William Olivier Desmond, Points,  janvier 2012, 7,20 euros

 

Merci à Jérôme Lambert des Editions Points qui a joué au Père Noël cette année...

Publié dans Roman policier Europe

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Le deuil et l’oubli de John HARVEY

Publié le par Hélène

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♥ ♥

  

 L’auteur :

 

Né à Londres, John Harvey a longtemps vécu à Nottingham qui lui a inspiré le cycle de l’inspecteur Charlie Resnick. Il est l’auteur d’une oeuvre importante couronnée en 2007 par le prestigieux "Diamond Dagger".

 

L’histoire :

 

Eté 1995, Cornouailles. Malgré le temps incertain Heather et Kelly partent se baigner. L’obscurité tombe rapidement, le brouillard s’épaissit et les deux adolescentes ne reviennent pas. Après une nuit de recherches, on retrouve Kelly prostrée et traumatisée. Quant à Heather, son corps est découvert dans une usine désaffectée le long de la côte. La thèse de l’accident est retenue mais le doute continue de planer.

Quatorze ans plus tard, la mère de Heather, Ruth, a refait sa vie avec un autre homme. Elle a eu une autre fille, Beatrice, qui a maintenant dix ans. Elle croit avoir tourné la page quand Beatrice disparaît à son tour. C’est comme si le cauchemar recommençait...

Chargés de l’enquête, les deux policiers Will Grayson et Helen Walker vont s’apercevoir que la folie et le crime ne sont pas toujours là où on les attend.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         Le thème du deuil est ici abordé finement à travers  le destin de cette mère de famille qui a perdu sa fille de dix ans et qui essaie de se reconstruire au sein d’un nouveau foyer. Mais l’oubli est-il possible ? Est-il souhaitable ? Ne serait-ce pas trahir que de ne pas se souvenir ?

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         La construction de ce roman est assez particulière puisque l’intrigue entremêle plusieurs fils liés à des disparitions d’enfants. Le lecteur ne saisit pas bien les relations entre les différentes histoires et finit par s’y perdre…

 

-         Quelques longueurs liées à des répétitions alourdissent le récit.

 

-         Les relations de chat et souris entre les deux héros ont fini par me lasser…

 

Premières phrases :

 

« Ruth pose sa tasse, traverse la pièce et ouvre un tiroir. Le sol de la cuisine lui paraît froid, malgré ses chaussons. Février. A sept heures ce matin, quand elle était sortie la première fois, il faisait encore nuit. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : De chair et de sang de John HARVEY

Autre : Quand viennent les cyclones de Anita NAIR

 

D’autres avis :

 

Télérama

 

Le deuil et l’oubli, John Harvey, traduit de l’anglais par Fabienne Duvigneau, Rivages Thriller, 2011, 445 p., 22 euros

 

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Publié dans Roman policier Europe

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Rouge abattoir de Gilda PIERSANTI

Publié le par Hélène

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  ♥♥♥

 Au coeur de Rome, Mariella mène l'enquête... 

 

 L’auteur :

 

Gilda Piersanti est une romancière italienne qui vit en France depuis 20 ans. Elle se consacre exclusivement à l'écriture depuis 1995.

 

L’histoire :

 

Au cœur de la Ville éternelle ensevelie sous la neige, dans le très populaire et très branché quartier romain de Testaccio, une troisième jeune fille vient d’être assassinée, au beau milieu des fêtes de fin d’année. Le commissaire D’Innocenzo ne croit pas à l’hypothèse du tueur en série que les journaux se plaisent à rabâcher, mais ne sait plus comment maîtriser la peur qui gagne les habitants du quartier et cette population jeune et nombreuse qui fréquente, le soir, ses restaurants et ses discothèques, son théâtre et son cinéma. Une jeune femme inspecteur, téméraire et secrète dans sa réputation, rejoint l’équipe du commissaire sans son consentement. Au fil des heures et du raisonnement, une entente mutuelle finit par s’établir qui viendra à bout d’une histoire personnelle ensevelie, comme la ville sous la neige, sous les années de plomb de la vie politique italienne.

 

Ce que j’ai aimé :

 -          Le décor : Rome en hiver resplendit de magie sous la plume de Gilda Piersanti.

 

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-          Les personnages : Je déplorais récemment le manque d’inspectrice dans la littérature policière, or ici ce sera la surprenante Mariella qui tiendra les rennes de l’enquête, aux côtés d’Innocenzo tout de même (car que ferait-on sans les hommes, n’est-ce pas…)

 

-          Les intrigues secondaires aiguillonnent l’intérêt du lecteur : qu’est-il arrivé au fils du commissaire ? Où vont l’amener les habitudes pour le moins surprenantes de Mariella ? Autant de questions qui donnent envie de lire sans tarder les autres opus de la série « saisons meurtrières »…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

L’intrigue est somme toute assez banale et sa résolution sort un peu trop facilement du chapeau de l’auteur…

 

Premières phrases :

 

« Un morceau de la troisième victime fut retrouvé le lendemain de Noël devant le kiosque à journaux. Assunta faillit se tordre la cheville pour éviter la main qu’un soupçon de neige décorait comme une branche de sapin. Elle pensa : « Il a neigé toute la nuit… » Puis elle vit la main et poussa un hurlement aigu, amplifié par la lenteur de son raisonnement et le silence du matin. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Les saisons meurtrières qui comprend : Rouge abattoir, Vert palatino, Bleu catacombes, Jaune Caravage, Vengeances romaines, Roma Enigma

Autre : les romans de Donna LEON

 

D’autres avis :

 

Babélio

 

Rouge abattoir, un hiver meurtrier, Gilda Piersanti, Le passage, 2003, 18 euros

POCHE : Rouge abattoir, un hiver meurtrier, Gilda Piersanti, Points, 2008, 277 p., 6.60 euros

 

challenge voisins voisines

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Bad Boy de Peter ROBINSON

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ 

 Un très bon roman policier…

 

 L’auteur :

 

Peter Robinson vit au Canada... mais c'est son Yorkshire natal qui lui a inspiré la série de l'inspecteur Banks, son héros " plus british que nature ", fantasque et amateur mélancolique de musique, de femmes, et de whisky. "Bad Boy" est le 16ème (et pour l'instant dernier) roman de la saga des "Alan BANKS".

 

L’histoire :

 

Jaff est beau, ambitieux, et sait s’entourer d’un irrésistible parfum de mystère. Mais il est aussi très dangereux. Tracy, la fille de l’inspecteur Banks, a cédé à son charme… et à son emprise. Au point d’accepter de le suivre pour échapper à la police qui le recherche pour détention d’arme. Pour la jeune fille, c’est le début d’une traque mortelle à travers le pays.
De retour en Angleterre, Banks, qui ignore le coup de tête de sa fille, est confronté à l’enquête la plus angoissante et la plus personnelle de sa carrière.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          « Bad boy » est un roman qui m’a littéralement happée du début à la fin. Je connaissais déjà les romans de Peter Robinson, je n’ai jamais été déçue, et là encore j’ai été bluffée. L’intrigue se met en place progressivement, la tension monte crescendo, les personnages prennent de l’épaisseur au fil des pages, bref, le suspens est savamment dosé…

 

- Les chapitres alternent les points de vue, si bien que nous suivons aussi bien la fin des vacances de Banks, aux prises avec une belle inconnue, le travail de sa collègue et amie restée "au front", aux prises avec des enquêtes délicates, mais aussi la trajectoire hasardeuse de Tracy, aux prises avec un jeune homme trouble au charme dévastateur...

 

- Contrairement à certains romans policiers (je pense à James Lee Burke par exemple ou Maxime Chattam si je puise dans les auteurs plus commerciaux...) ici la violence est subtilement dosée : seulement suggérée au début, sous-entendue, mais finalement insoutenable dans les dernières pages.

 

   

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La psychologie aurait sans doute pu être un peu plus affûtée mais l’ensemble est de tellement bonne facture que les défauts s’estompent naturellement… J'ai en effet été relativement étonnée par la placidité de Banks menant cette enquête sur la disparition de sa propre fille... Quelques allusions ici et là à son état second tentent de sauver la mise,  mais sans doute pour justifier le fait qu'il participe à l'enquête malgré son implication, il réussit remarquablement à garder le cap. Je ne sais pas vous, mais moi si ma fille disparaissait je deviendrais hystérique... Chapeau Mister Banks !

 

Premières phrases :

 

« En cette fin du mois d’août, la campagne détrempée du Yorkshire évoquait une symphonie en vert et or sous un ciel bleu ponctué de nuages blancs. C’était un vrai miracle que les fermiers se soient débrouillés pour faire les foins, car la pluie était tombée sans interruption pendant des jours et des jours.

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Saison Sèche

Autre : La mort indienne de Karin FOSSUM

 

www.inspectorbanks.com (en anglais)

 

 

Bad Boy, Peter Robinson, traduit de l’anglais par Marina Boraso, mars 2011, 405 p., 19.90 euros

 

challenge voisins voisines

 

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Losers-nés de Elvin POST

Publié le par Hélène

                                             losers nés

 

 

 L’auteur :

 

Elvin Post est un auteur hollandais. Losers-nés est son troisième roman traduit en France.

 

L’histoire :


Roméo est rangé des voitures : il a renoncé à dealer pour le compte de Sean Withers, le caïd local, et se contente désormais de vendre des livres et des revues d’occasion en compagnie de son nouveau patron, un ex-junkie nommé Vernon. De son petit bout de trottoir sur la 6e avenue, à New York, Roméo voit beaucoup de choses… Et rêve un peu, par exemple à cette ravissante jeune femme qui vient tous les jours boire un café juste en face. Il s’inquiète aussi : son grand frère, resté fidèle à Withers, s’empêtre dans ses magouilles obscures, et sa mère, femme de ménage dans des locaux industriels, est maltraitée par son patron. Roméo ne sait que faire, il semble tout juste bon à constater le désastre qui s’annonce....Withers est de plus en plus colérique, soupe-au-lait, paranoïaque et semble devenu accro à un thé étrange, une décoction de plantes ayant manifestement des effets spectaculaires sur sa libido et son humeur… Que Troy, le nouveau caïd du quartier d’à côté ait déterré la hache de guerre n’arrange rien. Les morts s’accumulent, le frère de Roméo est victime d’un coup monté, Withers s’énerve et panique, Roméo lui-même comprend qu’il doit réagir, tandis que l’inspecteur Murino s’obstine dans une enquête que son chef préférerait enterrer. (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Losers-nés est un roman plaisant dans lequel on se sent bien, qui choisit délibérément un ton léger pour aborder des sujets graves et violents, un roman sans prétentions.

 

-          J’ai aimé les personnages, le jeune Romeo qui porte très mal son nom, amoureux transi qui va vite découvrir la cruauté des femmes, Sean, caricatural mais aussi décalé avec son addiction à ce thé aphrodisiaque, les femmes de ces caïds, dindes profitant de l’argent facile sans trop chercher son origine… Ils sont stéréotypés mais ne se prennent pas au sérieux, et sont juste assez complexes pour ne pas sombrer dans la facilité.

 

-          La peinture du milieu me semble assez juste, savant mélange de violence et d’espoir pour ces jeunes qui se font enrôler très tôt dans le trafic de drogue.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Comme  l’auteur est néerlandais, je pensais que l’histoire se déroulerait aux Pays-Bas et que cela me donnerait l’occasion de découvrir l’envers d’un pays que je connais peu. J’ai donc été déçue quand j’ai compris que l’action se passait à New-York…

 

Premières phrases :

 

« Il l’avait rencontrée pour le première fois deux semaines plus tôt- l’un des premiers jours chauds de l’été. Enfin, rencontrée… elle s’était soudain trouvée là, pile devant sa table, avec un gentil sourire et dans la main deux vieux numéros de Marie Claire. »

 

D’autres avis : chez Babélio

  

Losers-nés, Elvin POST, Traduit du néerlandais par Hubert Galle, Seuil policiers, avril 2011, 304 p., 20.50 euros

 

Lu dans de le cadre du jury Babélio-Seuil policiers

jury babélio

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Les lieux infidèles de Tana FRENCH

Publié le par Hélène

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Une déception...

   

L’auteur :

 

Tana French est une romancière irlandaise. Son premier roman La mort dans les bois a connu un très grand succès.

 

L’histoire :

 

L'existence de Frank Mackey bascula par une nuit de décembre 1983. Il avait dix-neuf ans et attendait Rosie Daly au bout de sa rue, à deux pas du halo brumeux et jaune du réverbère. L'air était froid comme du verre, chargé d'un délicieux parfum de houblon brûlé venu de la brasserie Guinness. Ils avaient prévu de fuir ensemble leur quartier natal dublinois, pour vivre d'amour et de musique à Londres. Mais cette nuit-là, Frank patienta en vain. Rosie ne le rejoignit pas.

Vingt-deux ans plus tard, devenu flic spécialisé dans les missions d'infiltration, Frank vit toujours à Dublin. Il a coupé les ponts avec sa famille et n'a jamais eu de nouvelles de son premier amour. Puis un jour, sa sœur l'appelle, affolée : on a retrouvé la valise de Rosie dans un immeuble désaffecté de Faithful Place. Forcé de revenir chez les siens, Frank revisite son passé, ses blessures de jeunesse, et toutes ses certitudes : Rosie est-elle jamais partie ? (Source : Librairie Dialogues)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         La description de ce quartier populaire de Dublin : ses habitants n’ont pas d’échappatoire et tous savent qu’ils finiront comme leurs parents à travailler à l’usine pour un salaire de misère, définitivement catalogués en raison de leur appartenance à ce quartier, tenté par l’oubli dans l’alcool…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Le coupable est très prévisible, ce qui est tout de même un comble pour un roman policier…Le suspense n’est que très léger.

-         Le personnage principal n’est pas crédible, sa personnalité est abordée de façon trop grossière, sans finesse. Les autres personnages sont à l’avenant, dotés d’une psychologie assez caricaturale…

 

Premières phrases :

 

« Au cours d’une vie, seuls quelques instants sont décisifs. La plupart d’entre nous les oublient aussitôt, jusqu’à ce qu’ils resurgissent sans crier gare bien des années plus tard et , avec le recul, prennent tout leur sens : celui où l’on a décidé ou non d’aborder cette fille, de ralentir dans ce virage sans visibilité, de s’arrêter pour acheter un préservatif. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Comme deux gouttes d’eau

 Autre : Sept jours à River Falls de Alexis AUBENQUE

 

D’autres avis : Pimprenelle,Isa, CathuluThéoma

 

Les lieux infidèles, Tana FRENCH, Traduit de l’anglais (Irlande) par François Thibaux, Calmann-Lévy, janvier 2011, 432 p., 20.90 euros

  

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Le livre sans nom d’un Anonyme

Publié le par Hélène

livre sans nom

 

Un roman mystérieux... 

 

L’auteur :

 

L’auteur est anonyme. « Nous ne savons réellement pas qui il est », explique Marie Misandeau, éditrice chez Sonatine, qui a acheté les droits français de l’ouvrage, sorti en Grande-Bretagne en 2006. « Le buzz a commencé lorsque l’auteur a publié le premier chapitre sur Internet, grâce au site lulu.com », poursuit-elle. « De fil en aiguille, il a attiré l’attention de l’éditeur anglais Michael O’Mara. Lui seul l’a rencontré. »

Le Livre sans nom est le premier de trois romans écrits par l’auteur. Le second sortira en 2011 chez Sonatine.

 

L’histoire :

 

Un mystérieux étranger surnommé le Bourbon Kid sème la terreur dans une petite ville d’Amérique du Sud, Santa Mondega. Cinq ans plus tard, certains le croient morts, quand d’autres restent persuadés qu’il est encore en vie. Parmi eux, Archibald Somers, chargé de l’enquête à l’époque, pense qu’il n’est autre que le serial killer qui assassine ceux qui ont lu l’énigmatique Livre sans nom. Jessica, la seule victime que le tueur a épargnée, se réveille amnésique après cinq années de coma. Au même moment, arrivent en ville deux moines bien décidés à récupérer L’œil de la Lune, une pierre précieuse aux pouvoirs immenses qui leur a été volée.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Ce roman fonctionne comme un « page turner », ces livres que le lecteur ne peut lâcher, poussé  à sans cesse tourner les pages pour connaître la suite des évènements. Le début du roman nous entraîne donc allègrement dans une atmosphère étrange et mystérieuse qui aiguille l’intérêt du lecteur.

-          Les chapitres courts et le rythme époustouflant facilitent d’autant plus cette lecture, plutôt réjouissante dans un premier temps. Hémoglobine à foison, bouts de cervelle, boyaux arrachés, morts pendus au plafond agrémentent joyeusement les pages.

-          Mais :

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La psychologie des personnages est plus que sommaire, pour ne pas dire inexistante. Sans sentiments, sans états d’âme (si j’excepte les quelques réticences des moines devant la violence, l’alcool et les femmes, réticences bien vite mises à mal), ce sont des êtres désincarnés, placés là pour les besoins de l’action. Qu’ils se transforment en vampires ne m’a qu’à moitié étonnée…

-          Il faut donc prendre ce roman pour ce qu’il est : un divertissement pur et simple qui n’a pas d’autres prétentions. Il plaira sans aucun doute aux amateurs du genre.

 

Premières phrases :

 

« Sanchez avait horreur que des inconnus entrent dans son bar. En fait, il détestait également les habitués, mais il les accueillait tout simplement parce qu’il avait peur d’eux. Econduire un habitué, ce serait signer son propre arrêt de mort. Les criminels qui fréquentaient le Tapioca étaient toujours à l’affût de la moindre occasion d’y prouver ce qu’ils valaient, parce que c’était le plus sûr moyen d’acquérir une renommée, jusqu’au sommet de la hiérarchie du monde du crime. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Seul le silence de ELLORY

 

Le livre sans nom, Anonyme, Traduit de l’anglais (RU) par Diniz Galhos, Editions Sonatine, juin 2010, 461 p., 21 euros

 

Amanda et Mazel l’ont lu aussi, leurs avis sont mitigés, par contre Marie trouve que « ça déchire »…

 

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Cold in hand de John HARVEY

Publié le par Hélène

                                           cold in hand

 ♥ ♥ ♥ 

 

 

L’auteur :

 

John HARVEY est un écrivain britannique. Après avoir commencé sa carrière d’écrivain en publiant des pulps (des policiers et beaucoup de westerns), il lance écrit en 1989 un roman mettant en scène un policier d’origine polonaise du commissariat de Nottingham du nom de Charles Resnick. C’est le début de la célébrité. Son éditeur lui demande d’en faire une série. 10 aventures vont se succéder au rythme d’un roman par an entre 1989 et 1998. Resnick est un personnage très attachant, amateur de sandwiches, de jazz et de chats (il en a 4 avec des noms de jazzmen célèbres : Bud, Pepper, Dizzy et Miles) qui vit à Nottingham. (Source Wikipédia)

 L’histoire :

 Le jour de la Saint Valentin, Lynn Kellog, collègue et compagne de Charles Resnick, répond à un appel du central et se rend seule sur les lieux d’une rixe entre gangs rivaux. Une adolescente est tuée, Lynn est seulement blessée mais le père de la victime accuse Lynn d’avoir utilisé sa fille comme bouclier humain. Simultanément, l’enquête que menait Lynn sur une affaire d’homicide (le meurtre d’une jeune femme immigrée travaillant dans le monde interlope de Nottingham) s’enfonce dans une impasse : l’un des deux principaux témoins a disparu, alors que l’autre, craignant pour sa vie, refuse de parler.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le personnage de Charles Resnick  est toujours aussi émouvant : amoureux du jazz et de Lynn, il profite pleinement des instants miraculeux que lui offre la vie, toujours prêt à foncer tête baissée pour défendre sa belle. Les autres personnages sont tout aussi bien campés et chacun croit fermement à la cause qu’il défend.

-          Les intrigues sont subtilement menées et mêlées.

-          Enfin, John Harvey nous offre une image bigarrée de Nottingham, cette ville qu’il veut représentative du Royaume-Uni, avec sa violence toujours sous-jacente.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Les scènes de bonheur conjugal entre Charles et Lynn ont eu tendance à m’énerver, mielleuses à la limite du sirupeux, jusqu’à ce qu’elles prennent tout leur sens dans la deuxième partie du roman.

 

Premières phrases :

 

«  C’était ce moment étrange, ni jour ni nuit, ni même véritablement le crépuscule, ù la lumière commençait à décliner, les phares de quelques automobilistes trop prudents allumant un reflet pâle, fugace, sur la surface luisante de la route, l’itinéraire le plus direct pour regagner la ville. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Coeurs solitaires

Autre : Ténèbres, prenez-moi par la main de Dennis LEHANE

 

 

Cold in hand, John HARVEY, Traduit de l’anglais par Gérard de CHERGE, Rivages thriller, octobre 2010, 364 p., 20 euros

 

 

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Jean-Marc, Yann (Moisson noire) ont également aimé.

 

challenge voisins voisines

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Triste flic de Hugo HAMILTON

Publié le par Hélène

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  ♥ ♥

 A ne pas laisser passer...

 

L’auteur :

 

Hugo Hamilton est un écrivain irlandais et accède à la consécration avec son roman autobiographique Sang impur, récompensé en France par le prix Fémina Etranger en 2004.

 

L’histoire :

 

Abandonné par sa femme, mis en congé à durée indéterminé après un incendie qui a failli lui coûter la vie, Pat Coyne mène une bien triste vie, remâchant ses diatribes réactionnaires entre deux pintes de Guiness. Mais lorsque son fils se retrouve impliqué dans une sordide affaire d’immigration clandestine, l’ex-flic reprend du service.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’humour est « déjanté » (qui était d’ailleurs le titre des premières aventures de Pat Coyne, tout aussi savoureuses)

-          Le personnage de Pat Coyne est attachant et atypique : perdu, dépassé et souvent imbibé, il essaie de vaincre ses démons résistants avec l’aide d’une thérapeute motivée. Mais c’est loin d’être gagné : il persécute un pauvre banquier, reste convaincu qu’il est « inextricablement lié » à sa femme Carmel qui l’a pourtant quitté (il constate d’ailleurs très finement « C’est pas de la tarte d’être amoureux » (p. 68)), n’hésite pas à déloger quelques lions dans la maison de son rival, et aime pester contre les adeptes de « l’irlanditude »… Il est le centre de son monde, le centre du roman, et ceci pour notre plus grand plaisir…

 

« Pat vous faites une fixation sur la vérité.

Bien sûr. Je veux la vérité.

Oui, mais vous ne pouvez pas vivre avec. Nous vivons de symboles. Nous avons besoin de rêves. De fiction. […]

Tour est affaire d’invention. Les vies sont des histoires. » (p. 180)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’intrigue policière est vite expédiée, elle n’est que secondaire.

 

 

Premières phrases :

 

« Coyne sirotait sa pinte. S’occupait de ses oignons. A l’instar de beaucoup d’autres solitaires assis au bar un peu partout dans Dublin, on l’aurait cru aux commandes d’un gros engin. Perché sur un tabouret ; en train de manœuvrer une grue, un camion à plate-forme, ou encore un bus bondé de passagers à moitié soûls. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 Du même auteur : Déjanté

Autres : les romans de Ken BRUEN

 

Merci à Jérôme LAMBERT des Editions Points pour cette lecture.

 

D’autres avis Keisha, Jean-Marc

 

Triste flic, Hugo HAMILTON, Phébus, novembre 2008, 18.53 euros

POCHE : Triste flic, Hugo HAMILTON, Points, septembre 2010, 253 p., 6.50 euros

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Comme deux gouttes d’eau de Tana FRENCH

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Un roman policier qu’il est impossible de poser avant la fin…

 

L’auteur :

 

Tana French est une romancière irlandaise. Son premier roman La mort dans les bois a connu un très grand succès.

 

L’histoire :

 

L’inspecteur Cassie Maddox est appelé sur une scène de crime un peu particulière : la victime lui ressemble trait pour trait et est en possession de papiers d’identité au nom d’Alexandra Madison, personnage que Cassie a inventé  et dans la peau de laquelle elle s’est glissée le temps d’une enquête passée sur un réseau de stupéfiants.

Les collègues de Cassie décident alors d’infiltrer la jeune Cassie dans l’univers de celle qui se faisait appeler Alexandra Madison, sans révéler à ses proches pour l’instant sa mort. Ainsi aura-t-elle plus de chances de confondre le meurtrier.

 

Ce que j’ai aimé :

 

L’originalité du sujet : la jeune Cassie doit jouer le rôle d’une autre femme assassinée au point de s’installer dans la maison qu’elle habitait aux côtés d’autres étudiants de Trinity College. Elle va devoir côtoyer lesdits étudiants sans se trahir, et au péril de sa vie puisque l’assassin est peut-être l’un d’eux…

Le suspens est haletant : le lecteur tremble à chaque détail qui pourrait ébranler le plan de Cassie, il frémit quand elle s’éloigne la nuit à pied de la maison pour faire un compte rendu de sa journée à ses chefs, bref, le stress est garanti…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

La psychologie des personnages n’est peut-être pas très poussée, mais le suspens gomme les défauts du roman…

 

Premières phrases :

 

« Certaines nuits, quand je dors seule, je rêve encore de Whitethorn House. Mon rêve se passe toujours au printemps. Une brume atténue une belle lumière paisible de fin d’après-midi. Je grimpe le perron usé avant d’actionner le grand heurtoir de cuivre noirci par le temps et assez lourd pour, chaque fois, me faire sursauter. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Sept jours à River Falls de Alexis AUBENQUE

 

Comme deux gouttes d’eau, Tana FRENCH, Michel Lafon, 2008, 482 p., 21.95 euros

POCHE : Comme deux gouttes d’eau, Tana FRENCH, Points,septembre 2010, 8 euros

 

D'autres avis chez Emeraude (déçue), Cuné (plus enthousiaste), Lily.

Publié dans Roman policier Europe

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