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roman policier francais

Ce qui reste en forêt - Une enquête du capitaine Anato en Amazonie française de Colin NIEL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

Aux abords de la station scientifique de Japigny, en Amazonie Française, un naturaliste est retrouvé noyé. Qui a pu souhaiter sa mort ? Alors que les premiers soupçons se portent sur les orpailleurs dont le chantier clandestin jouxte la station scientifique, le lieutenant Gibral tente d'établir un lien entre le meurtre et la découverte d'un albatros mort sur la plage, oiseau qui aurait dû se trouver dans les terres australes. 

Le capitaine Anato enquête tout en menant de front une quête plus personnelle : il se découvre en effet l'existence d'un frère inconnu. 

Roman passionnant et dépaysant Ce qui reste en forêt nous emmène sur des terres éloignées de la Guyane aux côtés de scientifiques qui tentent de préserver ses espaces sauvages .

"Cette station est bien plus que quelques carbets perdus au milieu de la jungle. C'est trente ans de travail et l'avenir de l'écologie tropicale qui est en jeu. C'est ici que l'on comprend l'importance des forêts dans la lutte contre le réchauffement climatique, que l'on découvre les dernières espèces de mammeifères inconnues, que l'on étudie le cycle permanent de l'écosystème le plus complexe de la planète, que se joue le sort réservé à l'Amazonie par les grands de ce monde." p. 416

@rfi 

L'enquête poliière est prétexte pour aborder le milieu de l'orpaillage clandestin et de ses garimpeiros : "Chaque jour, de nouveaux Brésiliens pénétraient clandestinement sur le territoire de la Guyane, prêts à tout pour gagner leur vie en exploitant l'or. Voilà qu'on en retrouvait perdus au milieu de la jungle, affamés, à peine vivants. Des déchets recrachés par les chantiers qui dévoraient la forêt." p. 94 

A travers l'histoire personnelle de chacun, l'auteur met également en lumière les moeurs et croyances du pays, offrant ainsi un tableau complet très documenté du pays.

Une belle réussite pour ce roman alliant suspense et intérêt documentaire. Il s'agit du deuxième roman de l'auteur, un troisième est prévu en octobre 2015, pour mon plus grand bonheur.

 

Pour en savoir plus sur l'orpaillage clandestin : sur France Info 

Présentation chez l'éditeur : Actes sud, Babel noir 

D'autres avis sur Babelio

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Les temps sauvages de Ian MANOOK

Publié le par Hélène

♥♥♥♥

"Les choses ne sont jamais ce qu'elles sont vraiment si tu les regardes de trop près, petite soeur. La steppe est immense, mais ton regard doit l'envelopper et la parcourir d'en haut comme le vent. Comme la vie." p. 387

Ce que j'ai aimé :

Yeruldelgger revient ! Bon il n'est pas en grande forme dans cet opus, un brin désabusé, l'enseignement des moines s'éloignant à grand pas de son esprit rattrapé par la violence extérieure. Etat d'esprit qui est relativement monnaie courante chez les enquêteurs du nord il faut bien le dire, que l'on parle de Wallander, Varg Veum, Erlendur, Harry Hole...- Heureusement, pour contrebalancer cette morosité Yeruldeggerienne, la jeune Oyun, sa collègue tombe dans les bras d'un beau militaire qui sent bon le sable chaud et ses sens -et son bon sens- vont être malmenés par ce bel hidalgo.

Pendant que Oyun se concentre sur une découverte macabre, Yeruldelgger enquête sur le meurtre d'une ancienne associée et sur la disparition de son fils d'adoption et de Gantulka rencontré dans le premier tome. Les chapitres s'enchaînent, dynamiques, fluides, beaucoup moins violents que dans l'opus précédent. L'enquêteur désabusé traque ses vieux démons et la piste le mène jusqu'en Russie, et même en France, dans le port du Havre. 

Si Yeruldegger est en petite forme, ce n'est pas le cas de Ian Manook dont l'humour et la bonhomie illuminent chaque page. Ses dialogues sont dignes de Audiard :

"- Et qui te dit que j'ai envie de t'entendre, chinetoque ? Les fouille-merde, je les mets pas sur écoute, moi, je les fracasse. Je vais te mettre sur la feuille de match, et pas pour réchauffer le blanc ! Je vais te montrer qui c'est, Rebroff. Aux quatre coins de la toundra qu'on va te retrouver, congelé par petits bouts, façon glace pilée. Moi quand on cherche le brassage, je cogne plus : je slap shot, je drop le puck, je pète la rondelle !

- C'est quoi, ce numéro de hockeyeux à deux kopecks ? Tu ne peux pas lui fracasser un genou sans faire ton cirque ?

- Désolé, monsieur Orlov, s'excusa le géant en triturant sa crosse. C'était juste pour le psychologique. Je veux dire pour la préparation, quoi. La préparation psychologique, vous savez..." p.294

Il nous fait partager sa joie de vivre et nous invite à savourer tous les plaisirs, qu'ils soient culinaires, nous donnant envie de découvrir les spécialités de Mongolie comme les kuushuurs ou les buzz, des raviolis de mouton "Ses raviolis avaient juste la bone taille pour être engloutis d'une seule généreuse bouchée gourmande, et la pâte avait la bonne consistance pour rester en bouche chaude et fumante et ne gicler son gras bouillant qu'au premier coup de dents et ainsi libérer la farce de viande." p. 105 ou encore les spécialités de nos régions normandes -plus accessibles - (brandon à la crème patissière parfumée au vieux calva, galette au sucre, tripes), ou qu'ils soient plus sensuels, agrémentés de dentelle...

En résumé dans ces temps sauvages, vous trouverez des militaires qui sentent bon le sable chaud, des professeurs lettrés, des inspecteurs en sous-vêtements, des méchants, des loups, des yacks qui tombent du ciel, un rapace prénommé Voltaire, des dzüüds glacials, et vous rugirez de plaisir dans cette atmosphère si jubilatoire !

A consommer san modération !

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien ! 

Présentation de l'éditeur :

Albin Michel 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Yeruldelgger 

Autre : Le dernier lapon de Olivier Truc 

Sur la Mongolie : Ciel bleu de Galsan TSCHINAG ; Chaman de Galsan TSCHINAG 

D'autres avis :

sur Babélio

 

Les temps sauvages, Ian Manook, Albin Michel, février 2015, 528 p., 22 euros

 

Merci à l'éditeur.

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L'amour viendra, petite ! de Jérôme FANSTEN

Publié le par Hélène

                             

    ♥ ♥  

Ce que j'ai aimé :

J. est un privé qui peine à gagner sa vie. Aussi a-t-il tendance à accepter toute enquête qui pourrait lui rapporter potentiellement de l'argent. Aussi a-t-il tendance à se placer dans des postures dangereuses, à l'insu de son plein gré. Surtout que J. aime les femmes, il aime leur musique jazzy quand il plonge entre leurs jambes, il aime leur chant jouissif et aime les duos endiablés... Et J. a tout pour leur plaire, un peu raté, c'est certain, mais tellement doué dans le maniement des mots et des caresses...

Trois enquêtes sont menées dans cet opus, placées sus l'égide de la poésie, comme quand J. doit partir à la recherche de la confance d'une jeune femme :

"Où c'est que tu l'as vu la dernière fois ?

- Qui ?

- Confiance ?

- Dans un miroir." p. 167

L'ensemble est inventif, drôle, truculent entre Audiard et Vian, le héros rencontrant fréquemment Simenon ou encore Brautigan ou des allégories :

"Tristesse était belle. Un peu ravaudée, mais... Elle a posé son front sur ma poitrine ; j'ai fait glisser ma main sur sa nuque. Ma langue a picoré sa peau, jusque sous son oreille. J'ai senti son pouls s'accélérer. J'ai pensé à lui mordiller le lobe, très tendre. Mais... Je l'ai baisée à mort, à même le canapé." p. 185

Ce que j'ai moins aimé :

-J'ai regretté une absence de structure, un aspect décousu, avec des retours en arrière, et finalement pas d'enquête qui serait menée de bout en bout.

-L'absence de noms, l'emploi de simples initiales fait qu'on se perd un peu dans les personnages qui manquent de consistance, d'humanité devenant juste des silhouettes esquissées qui apparaissent, disparaissent, meurent ou pas...

Jérôme Fansten fait preuve d'un talent certain pour les mots, avec des idées originales mais il manque selon moi une véritable intrigue, qui ne résumerait pas le roman à des saynètes.

Premières phrases :

"Elle ne serait pas morte si j'étais venu. Elle a le visage tout bleu, le regard encore fou d'un cheval apeuré. Pauvre Catrina.

- Tu la connais ?

- Oui.

- Tu peux l'identifier ?

Je pourrais, oui. Quel intérêt ? Et si je refuse, moi, de voir dans ce tas d'immondices la femme étrange, belle et séductrice qu'elle a toujours été ? Dès le matin, elle s'attifait de soleil, dorée jusqu'au bout des seins, parfumée de frais. Alors ? Ce bout de viande froide : la Catrina ?"

D'autres avis :

Yves

 

L'amour viendra, petite ! de Jérôme Fansten, Flamant noir éditions, mai 2014, 15 euros

 

Merci à Yves pour le prêt.

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Le détroit du loup d'Olivier TRUC

Publié le par Hélène

                            

♥ 

"Ne peut-on accepter un peu de sacré dans ce monde ?"

Ce que j'ai aimé :

Comme les gisements de pétrole affluent dans la petite ville de Hammerfest, petite ville de l'extrême nord de la Laponie, la ville doit s'étendre pour trouver de nouvelle surfaces pour les questions logistiques, comme par exemple pour construire un aéroport. Mais une route va être au carrefour des intérêts des pétroliers et des éleveurs : celle qui permet la transhumance des rennes. Le conflit entre les éleveurs et les industries pétrolières couve...

"La lutte n'est-elle pas inégale, que pouvez-vous avec vos règles face au vent qui attire le renne sur les rives de l'été ?"

Un tiers des ressources non prouvées en pétrole et en gaz de la planète se trouve dans la zone arctique, et face à de tels chiffres, les éleveurs ont bien peu de poids..

"Tu auras beau entendre tous les plus beaux discours sur le respect des peuples indigènes, sur la minorité sami et ses droits inaliénables, quand tout ça se heurte au développement des industries, on passe à la trappe."

Parallèlement, nous découvrons le monde de la plongée dans les années 70. Au service des industries pétrolières, les plongeurs risquent leur vie pour permettre aux puissants de gagner toujours plus d'argent et de temps.  Les passionnés restent impuissants face à eux.

Les enquêteurs sont les mêmes que dans Le dernier lapon, mais Nina prend davantage d'importance en partant à la recherche de son père qui, coïncidence fortuite - difficilement justifiée - appartient au monde de la plongée. 

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai eu globalement le sentiment d'une construction artificielle. Beaucoup de personnages apparaissent au fur et à mesure, ce qui crée un manque de pureté de l'intrigue. Peut-être aurait-il mieux valu n'en choisir que quelques uns comme la très belle Anneli ou Nils entre deux mondes, quelques méchants aussi, mais moins de russes, de plongeurs sortis d'on ne sait où, de nouveaux personnages au deux tiers du roman, comme le père de Nina... Un roman qui aurait pu être épuré pour gagner en intensité et en beauté.

Toutefois je précise que par la suite j'ai fait tourner mon exemplaire dans ma famille je n'ai eu que des avis positifs... A vous de vous faire votre idée !

Premières phrases :

"Depuis plus d'une heure, la plupart des hommes demeuraient invisibles.

Certains se cachaient depuis bien plus longtemps. Ils patientaient, placés stratégiquement sur les deux rives distantes de cinq cents mètres. Ceux en embuscade sur Kvaloya, l'île de la Baleine, occupaient leur poste depuis la veille au soir." 

Informations sur le livre :

Chez Métailié

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le dernier lapon

D'autres avis :

Sylire

 

Le détroit du loup, Olivier Truc, Métailié, septembre 2014, 416 p., 19 euros

 

Merci à l'éditeur

 

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La vérité sur l'affaire Harry Quebert de Joël DICKER

Publié le par Hélène

                    

♥ ♥

"Marcus, savez-vous quel est le seul moyen de mesurer combien vous aimez quelqu'un ?

- Non.

- C'est de le perdre."

 

Mon avis :

Le point fort de ce roman est indéniablement l'intrigue. Haletante, pleine de rebondissements elle rend le lecteur addict, le poussant à prolonger sa lecture jusque tard dans la nuit.

Harry est-il coupable de la disparition de la jeune Nola en 1975 dont on vient de retrouver le cadavre dans le jardin même de Harry. Le narrateur est bien décidé à prouver son innocence et il va aller de découvertes en découvertes...

L'intrigue policière est cohérente et palpitante et elle constitue le squelette du roman, ce qui lui permet de tenir debout. Otez-lui cela, il n'en restera pas grand-chose : des réflexions mièvres sur l'amour, une vision désabusée du monde de l'édition devenu une vaste entreprise marketing, les conclusions superficielles s'enchaînent, que l'on pourrait résumer ainsi :

"L'amour, c'est beau" = "Dans notre société, Marcus, les hommes que l'on admire le plus sont ceux qui bâtissent des ponts, des gratte-ciel et des empires. Mais en réalité, les plus fiers et les plus admirables sont ceux qui arrivent à bâtir l'amour. Car il n'est pas de plus grande et de plus difficile entreprise."

Mais "l'amour c'est compliqué" : « Vous essayez de me parler d'amour, Marcus, mais l'amour, c'est compliqué. L'amour, c'est très compliqué. C'est à la fois la plus extraordinaire et la pire chose qui puisse arriver. Vous le découvrirez un jour. L'amour, ça peut faire très mal. Vous ne devez pas pour autant avoir peur de tomber, et surtout pas de tomber amoureux, car l'amour, c'est aussi très beau, mais comme tout ce qui est beau, ça vous éblouit et ça vous fait mal aux yeux. C'est pour ça que souvent, on pleure après »

"Ecrire, c'est beau aussi" mais "la vie, c'est dur" : "Ecrire c'est être dépendant. De ceux qui vous lisent, ou ne vous lisent pas. La liberté c'est de la foutue connerie ! Personne n'est libre. J'ai une partie de votre liberté dans les mains, de même que les actionnaires de la compagnie ont une partie de la mienne entre les leurs. Ainsi est faite la vie, Goldman. Personne n'est libre. Si les gens étaient lires, ils seraient heureux. Connaissez-vous beaucoup de gens véritablement heureux ?"

"Le monde de l'édition, c'est pas bien" : " Il considérait que sa stratégie n'était ni pire ni meilleure que celle des autres, que le monde des livres était passé du noble art de l'imprimerie à la folie capitaliste du XXI ème siècle, que désormais un livre devait être écrit pour être vendu, que pour vendre un livre il fallait qu'on enparle, et que pour qu'on en parle il fallait s'approprier un espace qui, si on ne le prenait pas soi-même par la force, serait pris pat les autres. Manger ou être mangé."

Les personnages ne sont pas crédibles : comment le narrateur parvient-il à s'immiscer si facilement dans une enquête policière, comment le grand Harry a-t-il pu tomber amoureux de cette "Nola chérie" si mièvre, pourquoi le chargé de l'enquête accepte-t-il le narrateur brusquement après l'avoir rejeté au début du roman, et j'enpasse, autant de questions qui mettent l'accent sur des ficelles grossières, toutes au service de l'intrigue, sans cohérence. De surcroit le style est plat, enfonçant davantage le roman dans une superficialité prégnante. 

Je rejoins donc le choeur de ceux qui se demandent pourquoi et comment ce roman a-t-il pu obtenir le Grand Prix de l'Académie Française ? Pour le prix du Goncourt des Lycéens je le conçois car les lycéens ont dû retrouver le fonctionnement et les problématiques de certaines séries à succés efficaces, mais pour l'Académie française, je m'interroge...

Un bon roman de plage, mais ne cherchez pas plus loin !

Premières phrases :

"Tout le monde parlait du livre. Je ne pouvais plus déambuler en paix dans Manhattan, je ne pouvais plus faire mon joging sans que des promeneurs me reconnaissent et s'exclament : "Hé, c'est Goldman ! C'est l'écrivain !". 

Vous aimerez aussi :

Les apparences de Gillian Flynn

D'autres avis :

Clara ; Violette ; Babélio 

Télérama

La vérité sur l'affaire Harry Quebert, Joël DICKER, De Fallois poche, 2014, 9.20 euros

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Sombre tango d'un maître d'échecs de Jean-François BOUCHARD

Publié le par Hélène

                                       

♥ ♥

"Les échecs sont la traduction sur une planchette de bois de la vie et de la mort, du sang et de la haine, de la colère et de la force. Et le sang, la mort et la haine débordent si souvent de l'échiquier..."

Ce que j'ai aimé :

1927. La Havane. Deux maîtres d'échec s'affrontent : José-Paul Capablanca, enfant prodige cubain, et le russe Alexandre Alekhine, qui tente ici d'acquérir  le titre de champion du monde détenu par Capablanca. Sur fond de réalité historique l'auteur installe sa trame : Capablanca est accompagné par un vieux professeur, le narrateur, aux premières loges pour raconter la partie qui se joue dans l'ombre : en effet Capablanca reçoit de mystérieuses lettres anonymes qui sous-entendent qu'il pourrait empêcher le meurtre d'innocents. Piqué dans son orgueil de joueur, Capablanca se précipite dans les bas-fonds de la Havane pour lutter contre son ennemi anonyme.

 Le suspens est discret, laissant la part belle aux personnages aux personnalités bien marquées : le russe terrassé par ses démons et par l'enjeu des parties, Capablanca, bon viveur grand amoureux des femmes, et le vieux professeur que la vieillesse rattrape inexorablement avec ses lots de regrets et de remords. Les univers de ces êtres sont diamétralement opposés, et pourtant, ils vont s'affronter, s'entraider, se jauger et se juger. Les lecteurs peu amateurs de polar pourront de fait parfaitement apprécier le récit qui oscille entre intrigue vaguement policière et portrait psychologique affûté des deux joueurs et de ceux qui gravitent dans leur ombre.

A l'image du jeu mythique, le roman brille par sa construction calibrée. Un bon moment de lecture !

Ce que j'ai moins aimé :

Les allusions aux évolutions technologiques de l'époque (le téléphone, l'ascenseur...) sont un peu trop marquées.

Infos pour le livre :

Chez Max Milo

Premières phrases :

"La Havane. 1942.

Il arrive que certains hommes soient des miracles de Dieu. Je distrais mes vieux jours en faisant leur connaissance au cours de s longues heures que je passe à la bibliothèque municipale de la Havane. Je lis leur histoire dans les lovres qui leur sont consacrés."

Vous aimerez aussi :

Le duel de iNDRIDASON

D'autres avis :

Yves 

 

Sombre tango d'un maître d'échecs, Jean-François Bouchard, Max Milo, 18 euros

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Fakirs de Antonin VARENNE

Publié le par Hélène

fakirs.jpg

 ♥

 

Grand prix 2010 Meilleur Polar des lecteurs de Points

 

L’auteur :


Né à Paris, Antonin Varenne n’y restera que quelques mois avant d’être enlevé par ses parents pour vivre aux quatre coins de France, puis sur un voilier. Il n’y reviendra qu’à vingt ans, pour poursuivre des études à Nanterre.

Après une maîtrise de philosophie (Machiavel et l’illusion politique), il quitte l’Université, devient alpiniste du bâtiment, vit à Toulouse, travaille en Islande, au Mexique et, en 2005, s’arrime au pied des montagnes Appalaches où il décide de mettre sur papier une première histoire. 

Revenu en France accompagné d’une femme américaine, d’un enfant bilingue et d’un chien mexicain, il s’installe dans la Creuse et consacre désormais son temps à l’écriture.

Antonin Varenne remporte le prix Quais du polar-20 minutes 2012 (Source : Babélio)

http://antoninvarenne.over-blog.com/

 

L’histoire :

 

« On ne sortait des Suicides qu'à la retraite, par démission, via une dépression ou en finissant soi-même avec son arme de service dans la bouche.

De ces options, toutes étaient souhaitées à Guérin, dans un ordre variable. Mais celle que personne n'avait envisagée était qu'il s'y sente comme un poisson dans l'eau.

C'était arrivé. Résultat, le lieutenant Guérin flanqué de son stagiaire, Lambert — avait ajouté à la haine de ses collègues la répulsion viscérale qu'inspirent les pervers, lorsque, plongeant dans ce qui répugne à tous, ils semblent s'y régaler. » 

Ailleurs en France, au bord d'une rivière, John Nichols, un Franco-Américain installé dans un tipi, est convoqué à la gendarmerie de Saint-Céré. Là, on lui apprend la mort de son ami américain, Alan Mustgrave, intervenue alors qu'il s'écorchait en direct sur une scène du Paris underground, fort cotée pour ses spectacles sado-maso.

Soif de pouvoir, suicide, torture... On rit pourtant, jaune ou noir, c'est selon. L'auteur ne nous laisse aucun répit, et nous dépeint, en prime, de magnifiques personnages. (Source : Babélio)

 

 Ce que j’ai aimé :

 

Le commissaire Guérin est un personnage tourmenté, poursuivi par ses démons et par son passé. Mis au « placard » au service des suicides du quai des Orfèvres, et secondé par Lambert, jeune recrue, il croise le destin tragique de Alan Mustgrave, fakir mort sur scène. L’ami d’Alan, John, enquête sur cette mort qui révèle des dessous surprenants…

« En chemin, il chercha un lien entre de ce monde sans revanche possible et un fakir, mort sur scène d’une hémorragie. Evident. Le rapport était une ressemblance parfaite. Un monde d’hommes se tenant maladroitement debout sur des tapis de clous, courant et se fuyant les uns les autres. » (p. 176)

Les personnages sont bien campés psychologiquement, denses, ils dévoilent leur part d'ombre et de lumière au fil des pages. L'intrigue originale et ces personnages tourmentés créent un univers atypique en clair obscur, qui ne laisse pas le lecteur indifférent ! Un livre marquant !

 

 Ce que j’ai moins aimé :

 L'intrigue patine un peu.

Assez glauque...

Premières phrases :

 

« Lambert se bouffait les ongles.

Le clair-obscur plongeait es trois flics dans un espace-temps imprécis, vaseux, perdus dans le compte des jours et des nuits. Une odeur d’alcool et de tabac froid avait empli la petite pièce. La fatigue s’entendait dans les voix mal réveillées, rauques malgré l’heure avancée de la matinée. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 Du même auteur : Le gâteau mexicain

Autres : Les romans de Fred Vargas

 

D’autres avis :

 

Babélio

  

Fakirs, Antonin Varenne, Points, 7.20 euros

 

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Tessa de Marc VILLARD

Publié le par Hélène

tessa.jpg

Lundi dernier la SNCF distribuait des courtes nouvelles dans les trains franciliens.

http://www.20minutes.fr/societe/1276387-20140120-ceux-aiment-lire-prendront-train

Parmi celles-ci, j'ai pu découvrir "Tessa" de Marc Villard.

 

Le pitch :

Un braquage qui tourne mal, et voilà Fly, blessé à l'épaule et seul dans les rues de Villeneuve-lès-Avignon. Recherché par les gendarmes, il finit par trouver refuge dans la maison de Tessa, une jeune photographe qui vit seule. (Source : Babélio)

Mon impression est mitigée. En raison sans doute du format de la nouvelle, tout va trop vite :

- le style est coupé au couteau (sujet verbe complément),

- les personnages ont une psychologie assez sommaire : le méchant a tout de même un grand coeur (qui s'ouvre très vite), la jeune fille a un passé trouble qui explique ses dérives actuelles, des profils assez classiques somme toute...

- l'intrigue est peu crédible à mes yeux.

Mais nous sommes tout de même bien au-dessus d'un Guillaume Musso ou d'un Gilles Legardinier...

AInsi sur le dispositif lui-même je dirais que le bilan est plutôt positif puisque finalement il enjoint les voyageurs à lire autre chose que ce qu'ils ont l'habitude de lire. Malheureusement, ils n'ont pas le temps de finir la nouvelle pendant un voyage en train. Il aurait fallu pour ce faire des récits de 20 pages quand ici il en compte une soixantaine.

Un petit macaron posé sur la couverture nous encourage à faire voyager ce livre de main en main : "Ce livre aime le train, faites-le voyager de main en main."

J'aime beaucoup cette idée de livre voyageur, aussi mon exemplaire retrouvera dés demain les banquettes des trains...

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Yeruldelgger de Ian MANOOK

Publié le par Hélène

yeruldelgger.jpg

♥ ♥ ♥ ♥

Un premier roman remarquable !

 

L’auteur :

 Ian Manook a sûrement été le seul beatnick à traverser d'Est en Ouest tous les États-Unis en trois jours pour assister au festival de Woodstock et s'apercevoir en arrivant en Californie qu'il s'ouvrait le même jour sur la côte Est, à quelques kilomètres à peine de son point de départ. C'est dire s'il a la tête ailleurs. Et l'esprit voyageur !

Journaliste, éditeur, publicitaire et désormais romancier, Yeruldelgger est son premier roman, et le premier opus d'une série autour du personnage éponyme qui nous conduit des steppes oubliées de Mongolie aux bas-fonds inquiétants d'Oulan-Bator.
Il vit à Paris.

 Interview ici : http://www.unwalkers.com/entretien-entretien-qui-me-tiens-ian-manook-du-pur-delire/

L’histoire :

 Le corps enfoui d’une enfant, découvert dans la steppe par des nomades mongols, réveille chez le commissaire Yeruldelgger le cauchemar de l’assassinat jamais élucidé de sa propre fille. Peu à peu, ce qui pourrait lier ces deux crimes avec d’autres plus atroces encore, va le forcer à affronter la terrible vérité. Il n’y a pas que les tombes qui soient sauvages en Mongolie. Pour certains hommes, le trafic des précieuses « terres rares » vaut largement le prix de plusieurs vies. Innocentes ou pas.

Dans ce thriller d’une maîtrise époustouflante, Ian Manook nous entraine sur un rythme effréné des déserts balayés par les vents de l’Asie Centrale jusqu’à l’enfer des bas-fonds d’Oulan-Bator. Il y avait la Suède de Mankell, l’Islande d’Indridason, l’Ecosse de Rankin, il y a désormais la Mongolie de Ian Manook !

 

Ce que j’ai aimé :

 L’inspecteur Yeruldelgger est un homme brisé par la mort de sa petite fille Kushi, un homme rongé par la culpabilité, haï par son autre fille Sara qui l’accuse d’être à l’origine de la mort de sa sœur et de la folie de leur mère. Quand un vieil homme lui confie l’âme d’une petite fille dont le corps vient d’être retrouvé enfoui avec son tricycle, il se jette corps et âme dans l’enquête, comme pour expier. Mais ses fantômes le rattrapent rapidement, tenaces. Il lui faudra alors puiser dans l’enseignement des moines du monastère de Yelintey, qu'il a fréquenté enfant sur les conseils de son père qui souhaitait préserver les traditions après la destruction des monastères par le régime.

« Les anciens affirmaient encore à voix basse, se méfiant des délateurs et des espions, qu’un seul moine avait réchappé à la razzia des révolutionnaires et continuait à enseigner, dans les ruines du temple, une pensée plus pure et plus limpide encore que le bouddhisme le plus intransigeant. Il se disait aussi que par deux fois les révolutionnaires étaient revenus en force pour revendiquer définitivement le superstitieux et que par deux fois ils avaient été défaits par ce que le seul survivant avait qualifié de force invisible et mystérieuse. » (p. 194)

Ian Manook nous montre ici une Mongolie partagée entre traditions et modernité, gangrénée par un nationalisme violent. Les traditions se perdent à Oulan Bator :

« Nous avions des espaces immenses, des coutumes et des légendes séculaires, et regarde ce que nous sommes devenus !

- C’est ce que la vie a fait de nous ! soupira la femme.

- Non, c’est faux, la vie ne fait rien de nous. A vie, c’est nous uqi la faison, à coups de renoncements, peurs, abandons, tricheries, colères ! C’est nous qui nous  empêchons d’en faire autre chose que ce qu’elle est. » (p. 480)

mongolie-paysages.jpg

© Pichugin Dmitry - Shutterstock

Dans les steppes néanmoins, les vieillards enseignent les traditions aux plus jeunes pour que ne meure pas l'esprit séculaire de la Mongolie. Yeruldelgger est un personnage qui tente de faire la jonction entre ces deux mondes, entre la violence qu'il cotoie au quotidien et l'âme de la Mongolie, faite de rites et animée par un souffle puissant et salvateur.

L’enquête que  mène Yeruldelgger, aidé par Solongo, médecin légiste et par Oyun son adjointe, le confronte à des groupuscules nazis, à des chinois en colère, à des hommes avides de pouvoir et d’argent, pour qui une vie humaine a bien peu de prix.

De rebondissements en secrets enfouis, le rythme se fait haletant pour ce thriller passionnant, époustouflant, pour un premier roman ! A lire absolument. 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien.

 Premières phrases :

 « Yeruldelgger observait l’objet sans comprendre. D’abord il avait regardé, incrédule, toute l’immensité des steppes de Delgerkhaan. Elles les entouraient comme des océans d’herbe folle sous la houle irisée du vent. Un long moment, silencieux, il avait cherché à se convaincre qu’il était bien là où il se trouvait, et il y était bien. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : sous le pseudo de Patrick Manoukian "Le temps du voyage, petite causerie sur la nonchalance et les vertus de l'étape" chez Transboréal ; sous le pseudo de Paul Eyghar "Les Bertignac" chez Hugo et cie.

Pour la suite des aventures de Yeruldelgger ce sera peut-être début 2014. On croise les doigts...

AutreLe dernier lapon d’Olivier TRUC ; Les roman de Galsan Tschinag :  Ciel bleu : une enfance dans le Haut Altaï de Galsan TSCHINAG

 

D’autres avis :

 Yves tout aussi enthousiaste... 

 

Yeruldelgger, Ian Manook, Albin Michel, octobre 2013, 542 p., 22 euros

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Meurtre au sommet de José GIOVANNI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 

  L’auteur :

  Pendant la Seconde Guerre mondiale, José Giovanni entre dans la Résistance Française. La Libération venue, il est accusé de racket. Emprisonné en 1945, il est condamné à mort. Son père, certain de son innocence, oeuvre corps et âme pour le réhabiliter. Après onze années de lutte, José Giovanni obtient la grâce présidentielle. A trente-trois ans, l'homme est enfin libre. Il prend la plume pour se soulager de cette mauvaise expérience, 'Le Trou' paraît en 1957. Deux années plus tard, Jacques Becker l'adapte au cinéma. Ecrivain, il devient aussi scénariste et dialoguiste pour différents grands noms du cinéma : Becker, Sautet… Dans les années soixante, Giovanni se place, à son tour, derrière la caméra : 'Le Rapace', 'Deux hommes dans la ville'... Il devient un fidèle du film noir, et tourne avec les meilleurs acteurs de l'époque : Belmondo, Delon, Gabin, Ventura… Réalisateur pour le cinéma, il l'est également pour la télévision à partir des années quatre-vingts. La décennie suivante, Giovanni délaisse la réalisation au profit de la plume. Auteur de nombreux ouvrages, il tire de son récit autobiographique, 'Il avait dans le coeur des jardins introuvables', le film 'Mon père', dirigé par Bertrand Tavernier. Il décède d'une hémorragie cérébrale, laissant derrière lui une oeuvre très riche. (Source : Evene)

 

L’histoire :

  En cet été 1962, le riche industriel Jean Réno [ça ne s’invente pas !], 45 ans, célibataire, beau gosse, est brutalement rattrapé par son passé trouble. Une raison suffisante pour aller se changer les idées en haute montagne. Au programme : la face nord des Drus, le bivouac au pied du grand névé conique, l'attaque du granit et de ses cheminées étroites et enfin l'ivresse du sommet atteint. La dernière ascension pour Jean Réno, dont le corps s'écrabouille dans une crevasse, huit cents mètres plus bas. Accident ou meurtre ? L'aiguille du Dru pourrait-elle être le terrain idéal du crime parfait ? Chargé de l'enquête par une compagnie d'assurances, Georges, jeune détective parisien, peine à démêler l'écheveau. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

  Jean Réno est un riche industriel au passé peu reluisant qui va subir le chantage d’un de ses anciens acolytes. Pour échapper à cette pression, il décide de s’aérer à Chamonix et de s’adonner à son activité favorite : l’alpinisme. Malheureusement, il chute en escaladant la face nord des Drus et se tue. Accident, suicide, meurtre ? La compagnie d’assurances décide d’enquêter. Georges, enquêteur de pacotilles est dépêché sur place, mais il pense davantage à courser les jolies filles qu’à découvrir la vérité…

 

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En plantant le décor de son roman à Chamonix, José Giovanni navigue en terrain connu puisqu’il est lui-même alpiniste passionné par la haute montagne. Il nous invite donc dans un univers connu, aux côtés de personnages emblématiques du lieu et de l’époque comme les alpinistes Louis Lachenal, Lionel Terray et Gaston Rébuffat, le grand reporter à Paris-Match Gérard Géry, ou encore Louis Janin le patron de l’hôtel de Paris.

L’auteur s’attache également aux valeurs véhiculées par la montagne :

 « La montagne ne lui avait encore jamais menti. Avec elle, il avait toujours su à quoi s’en tenir. Elle siplifiait tous les problèmes, les ramenait à l’essentiel : la vie ou la mort.

Si dans la société des Vallées il existait mille manières de vivre (à plat ventre, à genoux, à quatre pattes, mi-tortue mi-reptile), en haute montagne ceux qui vivaient vivaient debout. Même ceux que la foudre surprenait, on les retrouvait debout.

C’était ça la réponse de la montagne, cette réponse que Réno faisait sienne : vivre debout ou mourir. » (p. 56)

 Les dangers de la montagne et ses morts sont bien présents, mais l'aspect tragique de la destinée de certains est contrebalancé par le ton humoristique donné par le personnage de Georges, dragueur léger et sympathique.

La résolution de l’intrigue est machiavélique, surprenant le lecteur déjà conquis par cette atmosphère hautement fascinante.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Le mystère que le passé trouble de Jean Réno n’est pas levé, alors que ledit mystère est au cœur du chantage exercé sur l’industriel…


Premières phrases :

 « Jean Réno s’approcha d’une fenêtre de son bureau ? De là, il avait une vue d’ensemble sur les laboratoires de produits pharmaceutiques. Il voyait même les grandes lettres noires : LABORATOIRES J. RENO. »

 

Meurtre au sommet, José Giovanni, Hoëbeke, 1997, 213 p., 15 euros

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