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roman policier francais

Les harmoniques de Marcus MALTE

Publié le par Hélène

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Une somptueuse ballade aux accents de jazz

 L’auteur :

 http://marcusmalte.wix.com/marcusmalte#!biographie

 L’histoire :

 Souviens-toi, on rêvait d’un monde de justice… Vera Nad, vingt-six ans, jeune femme au visage d’ange. Morte. Son corps, ou ce qu’il en reste, est retrouvé un matin dans un entrepôt désaffecté. La police conclut à un règlement de comptes entre dealers. Les coupables sont rapidement arrêtés. Affaire classée. Pas pour tous. Mister, le pianiste au grand cœur, et Bob, son acolyte, chauffeur de taxi érudit, ne croient pas à cette version des faits. Vera était leur amie, ils se doivent de mettre au jour la vérité. Une quête qui les conduira des hautes sphères de la politique française jusqu’aux rives lointaines du Danube. De Paris à Vukovar. Des riches demeures des princes aux charniers des Balkans. Du présent au passé. Car en tout temps règnent le mal et la corruption, en tout lieu les plus bas instincts de l’homme se déchaînent. Et seul l’écho des cris des victimes ne meurt jamais. Quatre ans après le phénoménal Garden of love, Marcus Malte renoue avec son duo de personnages fétiches pour composer cette fois une somptueuse ballade aux accents jazz. Un chant d’amour, poignant, dans lequel ces « voix chères qui se sont tues » n’en finissent pas de résonner. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 « - Harmeûniques ? C’est quoi les harmeûniques ?

- Les notes derrière les notes, dit Mister. Les notes secrètes. Les ondes fantômes qui se multiplient et se propagent à l’infini, ou presque. Comme des ronds dans l’eau. Comme un écho qui ne meurt jamais. (…° Ce qu’il resta quand il ne reste rien. C’est ça les harmoniques. Pratiquement imperceptibles à l’oreille humaine, et pourtant elles sont là, quelque part, elles existent. (…) Il n’y a pas que la musique qui produit des harmoniques. Le bruit des canons aussi. « (p. 294)

 Mister est pianiste, Bob conducteur de taxis et en enquêtant sur le meurtre d'une jeune femme qu'a connue Mister, ils vont rencontrer une galerie de personnages atypiques : un chanteur à la tire, un accordéoniste aveugle,  un sculpteur manchot, tous des êtres qui connaissent la cruauté du monde et qui croient en la beauté de l’art, en sa capacité qu’il a de transcender la douleur et d’éterniser les sentiments. Qu’il soit musique ou sculpture, il permet d’établir une maigre paroi contre la violence, et de graver dans l’éternité l’innocence et la pureté.

 « C’est alors qu’il faut faire appel à ces chants. Les laisser remonter. D’abord pour que s’apaisent le tremblement des mains et l’entrechoquement des os et pour éviter que l’âme ne se désagrège, qu’elle ne se liquéfie, qu’elle ne se répande comme cette flaque fétide sous la robe en coton. Ensuite pour se persuader que l’humanité n’a pas engendré que porcs et bouchers et ogres barbares, mais aussi quelques fées ou enchanteurs dotés du pouvoir de transformer le bruit en son, les cris en note, les rafales en arpèges, les plaintes en mélodie, les sanglots longs en violons – la vie en harmonie. 

Pour continuer à croire qu’il existe autre chose, autre part. » (p. 51)

 A la recherche des meurtriers de Vera Nad, une jeune femme sans doute idéalisée par le pianiste romantique, assassinée dans conditions tragiques. ils vont se heurter au lourd passé de la guerre des Balkans puis vont aussi découvrir les arcanes des hautes sphères de la politique porté par un style époustouflant, à la fois drôle, puissant, marquant.

Qui se souviendra de nos morts ? qui se souviendra des massacres, des violences ?

Qui sinon aussi les écrivains ?

Un roman jazzy très puissant !

 Ce que j’ai moins aimé :

 Le long développement sur la résolution de l’intrigue.

 

Premières phrases :

 « En d’autres temps, d’autres lieux, elle aurait été la jeune femme accoudée au demi-queue qui ne le quittait pas des yeux pendant qu’il jouait. Où qu’elle fût toujours en exil, toujours funambule sur le fil de la musique – qui sait où il conduit ? Le bout incandescent de sa cigarette se reflétant sur la laque noire du piano comme un phare au milieu de l’océan. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Garden of love

Autre : Mapuche

 

D’autres avis :

 Libération  ; Kathel ; Jean-Marc  

 

  Les harmoniques, Marcus Malte, folio, janvier 2013, 7.70 euros

 

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Le cercle de Bernard MINIER

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

L’auteur :

Bernard Minier est né à Béziers et a grandi dans le Sud-Ouest. Après Glacé, prix du meilleur roman francophone du festival Polar 2011 de Cognac, Le Cercle est son deuxième roman.

 L’histoire :

Un coup de fil surgi du passé, un e-mail énigmatique, qui signe peut-être le retour du plus retors des serial-killers, pré­ci­pi­tent le com­man­dant Martin Servaz dans une enquête dan­ge­reuse, la plus per­son­nelle de sa vie.

Un pro­fes­seur de civi­li­sa­tion anti­que assas­siné, un éleveur de chiens dévoré par ses ani­maux… Pourquoi la mort s’acharne-t-elle sur Marsac, petite ville uni­ver­si­taire du Sud-Ouest, et son cercle d’étudiants réu­nis­sant l’élite de la région ?
Confronté à un uni­vers ter­ri­fiant de per­ver­sité, Servaz va rou­vrir d’ancien­nes et ter­ri­bles bles­su­res et faire l’appren­tis­sage de la peur, pour lui-même comme pour les siens.

Après le succès de Glacé, déjà tra­duit dans de nom­breux pays, Bernard Minier, le maître des atmo­sphè­res som­bres et oppres­san­tes, nous entraîne dans une nou­velle intri­gue à couper le souf­fle, qui renou­velle les lois du genre.

(Présentation de l’éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

Dans une atmosphère orageuse et durant un déluge pregnant, le corps d’une jeune enseignante est retrouvé noyé dans sa baignoire. Errant dans son jardin, un jeune homme apparemment drogué, qui n’est autre que le fils de l’amour de jeunesse de Martin Servaz, Marianne. Cette dernière va donc faire appel à lui pour tenter d’innocenter son fils, accusé du meurtre.

Le décor est planté : une ville de province, proche des Pyrénées, un passé qui revient à la charge, un meurtrier toujours en cavale et qui semble se jouer de Martin, des étudiants troubles aux mœurs étranges, et la fille de Martin, Margot, elle-même étudiante à Marsac, peut-être en danger parmi ce paysage peuplé de fantômes venus tout droit du passé. Quelques chapitres sont consacrés à une femme séquestrée, mais les indications restent trop vagues pour faire le rapprochement avec l’intrigue principale. A la fin seulement, tout prendra sens, laissant le lecteur pantelant, en attente fébrile du prochain opus du talentueux Bernard Minier.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Si ce roman est brillamment construit et mené tambour battant, quelques défauts se dessinent en cours de lecture : ainsi les incessantes allusions à l’enquête précédente (Glacé) laissent sur le carreau le lecteur qui ne l’a pas lu, même si l’auteur s’efforce de l’éclairer.  Ensuite ce commandant Servaz semble porter tous les malheurs et les regrets de la terre sur ses épaules, revenant sans cesse vers son passé, vers ce qu’il était, vers ce qu’il a perdu, si bien qu’il stagne psychologiquement parlant. De plus il laisse dans l’ombre les autres protagonistes qui ne semblent être que des ombres dans son sillage.

En résumé, il vaut mieux avoir lu « Glacé » avant de se lancer dans cette lecture, mais cet auteur mérite toute l’attention du lecteur de romans policiers…

 

Premières phrases :

 « Son esprit n’était qu’un cri.

Une plainte.

Dans sa tête, elle criait de désespoir, elle hurlait de rage, sa souffrance, sa solitude… - tout ce qui, mois après mois, l’avait dépouillée de son humanité. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Glacé

Autre :  Grand prix des lectrices de Elle

D’autres avis :

Théoma Clara, Nadael, Mango, Sandrine, Aproposdelivres...

 Le cercle, Bernard Minier, Xo Editions, octobre 2012, 572 p., 20.90 euros

 grand prix lectrices de elle

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Le dernier lapon d’Olivier TRUC

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥ 

 L’auteur :

 Journaliste depuis 1986, il vit à Stockholm depuis 1994 où il est le correspondant du Monde et du Point, après avoir travaillé à Libération. Spécialiste des pays nordiques et baltes, il est aussi documentariste pour la télévision. Il est l’auteur de la biographie d’un rescapé français du goulag, L’Imposteur (Calmann-Lévy).

 

L’histoire :

 L’hiver est froid et dur en Laponie. À Kautokeino, un grand village sami au milieu de la toundra, au centre culturel, on se prépare à montrer un tambour de chaman que vient de donner un scientifique français, compagnon de Paul-Emile Victor. C’est un événement dans le village. Dans la nuit le tambour est volé. On soupçonne les fondamentalistes protestants laestadiens : ils ont dans le passé détruit de nombreux tambours pour combattre le paganisme. Puis on pense que ce sont les indépendantistes sami qui ont fait le coup pour faire parler d’eux.

La mort d’un éleveur de rennes n’arrange rien à l’affaire. Deux enquêteurs de la police des rennes, Klemet Nango le Lapon et son équipière Nina Nansen, fraîche émoulue de l’école de police, sont persuadés que les deux affaires sont liées. Mais à Kautokeino on n’aime pas remuer les vieilles histoires et ils sont renvoyés à leurs courses sur leurs scooters des neiges à travers l’immensité glacée de la Laponie, et à la pacification des éternelles querelles entre éleveurs de rennes dont les troupeaux se mélangent. Au cours de l’enquête sur le meurtre Nina est fascinée par la beauté sauvage d’Aslak, qui vit comme ses ancêtres et connaît parfaitement ce monde sauvage et blanc.

Que s’est-il passé en 1939 au cours de l’expédition de P-E. Victor, pourquoi, avant de disparaître, l’un des guides leur a-t-il donné ce tambour, de quel message était-il porteur ? Que racontent les joïks, ces chants traditionnels que chante le sympathique vieil oncle de Klemet pour sa jeune fiancée chinoise ? Que dissimule la tendre Berit malmenée depuis cinquante ans par le pasteur et ses employeurs ? Que vient faire en ville ce Français qui aime trop les très jeunes filles et a l’air de bien connaître la géologie du coin ? Dans une atmosphère à la Fargo, au milieu d’un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l’hypermodernité et de la tradition d’un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.

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Ce que j’ai aimé :

L'immersion dans un monde totalement différent du nôtre est immédiate et fulgurante : bienvenue dans la nuit polaire illuminée par quelques minutes d'ensoleillement courtes et intenses ("Jeudi 13 janvier. Lever du Soleil : 10h41 ; coucher du soleil : 12h15. 1h34 d'ensoleillement." p. 64)

Dans ces contrées éloignées, les policiers eux-mêmes ont une mission atypique : Nina et Klemet appartiennent à la police des rennes chargés de régler aussi bien les errements des rennes de troupeaux à troupeaux que les accidents :

"Nina avait rempli pour la première fois un constat d'accident de renne.  Elle avait été surprise de voir le formulaire spécifique où il fallait entourer sur le dessin du renne les parties où la bête avait été accidentée. " (p. 53) 

Mais ici comme ailleurs, la mort rôde et peut soudainement prendre ses aises : Mattis, éleveur de rennes est retrouvé mort. Ce qui ressemble au premier abord à un règlement de compte entre propriétaires de rennes se revèle finalement bien plus complexe : la disparition simultanée d'un tambour lapon densifie l'enquête et  aiguille les deux policiers vers un faisceau de pistes remontant à une expédition de Paul Emile Victor dans la région en 1939.

En s'intéressant aux chants lapons, les joïks qui permettent de perpétrer les histoires et traditions des peuples, ainsi qu'aux motifs dessinés sur les tambours, Nina et Klemet vont découvrir que sous la neige, se cachent des trésors attirant la convoitise universelle des hommes...

Le lecteur découvrira pour sa part une communauté divisée en quête de son identité : les samis "dernière population aborigène d'Europe" (p.134) en butte contre l'église suspicieuse face à leur chamanisme, et persécutés encore à notre époque par un racisme ordinaire...

Olivier Truc réussit à allier subtilement des données ethnologiques denses à une intrigue passionnante, et parvient ainsi à tenir le pari difficile de divertir tout en instruisant...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien.

 

Premières phrases :

 « Aslak trébucha. Signe de fatigue. Normalement, ses pas trouvaient toujours. Le vieil homme n’avait pas lâché son paquet. Il roula sur lui-même. Le choc fut amorti par la couche de bruyère. Un lemming s’en échappa. »

 

Vous aimerez aussi :

Imaqa de Flemming JENSEN

D’autres avis :

Lire les billets de Michel, Yv, Dominique Keisha;  Dasola 

Presse 

 

Le dernier lapon, Olivier Truc, Métailié noir, septembre 2012, 456 p., 22 euros

Merci à Valérie des éditions Métailié.

 Un roman policier à chaudement recommander...

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Arab jazz de Karim MISKE

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

Grand Prix de littérature policière 2012 

  L’auteur :

 Karim Miské est né en 1964 à Abidjan d’un père mauritanien et d’une mère française. Il grandit à Paris avant de partir étudier le journalisme à Dakar. De retour en France, il réalise depuis vingt ans des films documentaires sur des sujets aussi divers que la bio-éthique, les néo-fondamentalismes juifs, chrétiens et musulmans, en passant par la surdité (pour lequel il apprend le langage des signes).

Ses films sont diffusés sur Arte, France 2, Canal +, Channel four et bien d’autres chaines de télévision à travers le monde. En 1997, il publie dans l’ouvrage collectif Le livre du retour (éditions Autrement), un récit qui relate sa découverte du monde arabe, de l’Afrique et de l’Islam lors de son premier voyage en Mauritanie, à l’âge de quinze ans, ainsi que les rapports complexes qu’il entretient depuis avec les différentes composantes de son identité.

À partir de 2010, il écrit plusieurs tribunes sur la racialisation de la société française pour Rue 89 et Le Monde. Il tient à présent un blog, « Chronique des années dix », sur le site des Inrockuptibles. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 Dans le 19e arrondissement de Paris toutes les communautés, religieuses et ethniques, se côtoient au quotidien. Sushis casher, kebabs, restaurant turc – point de ralliement de tous les jeunes du coin –, la librairie d’occasion farcie de romans policiers jusqu’au plafond, coiffeur juif…

 Seul Ahmed Taroudant – qui a l’horrible privilège de découvrir le corps sanguinolent de sa voisine et amie, Laura Vignola, suspendu au-dessus de son balcon – se tient à distance de cette population cosmopolite : prisonnier d’une histoire personnelle traumatisante, rêveur, lecteur fou de polars… Il constitue le coupable idéal de ce crime abominable.

 Sa découverte l’oblige à sortir de sa torpeur et à collaborer avec le duo de la Crim’ désigné par le commissaire Mercator pour mener l’enquête sur le meurtre : le flamboyant lieutenant Rachel Kupferstein et le torturé lieutenant Jean Hamelot, fils d’un Breton communiste rationaliste, quelque peu égaré dans la capitale. Ensemble, ils ont toutes les cartes pour décrypter les signes et symboles de cette mort ignoble. S’agit-il d’un meurtre symbolique exécuté par un fou de Dieu issu des communautés loubavitch ou salafiste ? Qu’en est-il de l’étrange famille de Laura, originaire de Niort, qui étend son influence jusqu’à New York ? Et de l’apparition dans le quartier du « Godzwill » une nouvelle drogue redoutable ?

 La collaboration des meilleures amies de la victime, Bintou et Aïcha (les sœurs des caïds du quartier), Rebecca – partie à Brooklyn dans l’intention d’épouser un Juif orthodoxe –, avec les lieutenants Kupferstein et Hamelot se révèlera indispensable pour reconstituer la toile d’araignée gigantesque qui, de Paris à New York, tire ses fils entre réseaux de trafics de drogue et communautés religieuses… Arab Jazz, foisonnant, pétri de sons, de musiques et de parfums, est le premier roman de l’auteur : il en a fait un coup de maître. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Karim Miské est un professionnel de l’envol qui sait en quelques lignes nous plonger dans des univers parallèles dépaysant et planants. Son écriture unique, à la fois poétique et onirique,  résonne en parfaite adéquation avec le lieu bigarré dans lequel il place son intrigue. Dans ce 19ème arrondissement animé, se côtoient musulmans, chrétiens, juifs, pour le meilleur et pour le pire. Ahmed se tient à l’écart de cette foule et de sa vie, traumatisé par un évènement de son passé enfoui dans les limbes de son inconscient. Le meurtre de sa voisine va faire remonter les souvenirs honnis, et il n’aura d’autres choix que d’affronter ses démons qui sont aussi ceux du quartier.

 Les enquêteurs dévoyés dans ce nid vont se confronter à tous les fondamentalistes religieux : témoins de Jéhovah, musulmans extrémistes, juifs radicaux, manipulateurs experts capables d’abolir les volontés des plus faibles pour les rallier à leurs causes… Pour démêler les fils de cet imbroglio religieux, Ahmed leur sera d’une grande aide…

 Pour une fois les policiers ne sont pas des gentils blancs comme neige chargés de pourfendre le mal mais plutôt des êtres humains faillibles.

 Karim Miské fait preuve d’un art de l’esquisse dans la description de ses personnages laissant entrevoir les failles sans les sonder, densifiant les personnalités au fil des pages pour créer des silhouettes insaisissables, préservées.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - Un peu confus vers la fin...

 Premières phrases :

 « Ahmed regarde les nuages dans le ciel, les nuages qui flottent là-bas, les merveilleux nuages.

Ahmed aime la poésie, pourtant il n’en connaît plus que des bribes qui lui reviennent fugitivement telles des bulles à la surface de l’âme. Souvent les vers arrivent seuls, sans auteur ni titre. »

 

Vous aimerez aussi :

 Passage du désir de Dominique SYLVAIN 

 

D’autres avis :

Presse : Lire  ; Télérama  

 

Arab Jazz, Karim Miské, Viviane Hamy éditions, mars 2012, 350 p., 18 euros

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Mapuche de Caryl FEREY

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

  « Non la cruauté des hommes n’avait pas de limites… »

L'auteur : 

Caryl Férey a grandi en Bretagne, une terre qu'il aime pour ses côtes déchiquetées, ses concerts dans les bistrots et ses tempêtes. Grand voyageur, il a parcouru l'Europe à moto, puis a fait un tour du monde à 20 ans. Il a notamment travaillé pour le Guide du Routard.

En 1994, paraît chez Balle d'Argent, petite maison d'édition rennaise, son premier roman "Avec un ange sur les yeux". Il sort la même année son premier polar, puis quatre ans plus tard le très remarqué Haka. Il écrit aussi pour les enfants, pour des musiciens, le théâtre et la radio. Il se consacre aujourd'hui entièrement à la littérature.


Il a obtenu le Prix SNCF du polar 2005 pour Utu et le Grand prix de littérature policière 2008 pour Zulu.

2010 : Grand chelem avec "Zulu" - dix prix, neuf traductions, film tourné au cinéma à l'été 2012 par Jérôme Salle. (Source : Babélio)

 L'histoire :

Jana est Mapuche, fille d un peuple indigène longtemps tiré à vue dans la pampa argentine. Rescapée de la crise financière de 2001-2002, aujourd hui sculptrice, Jana vit seule à Buenos Aires et, à vingt-huit ans, estime ne plus rien devoir à personne.
Rubén Calderon aussi est un rescapé, un des rares «subversifs » à être sorti vivant des geôles clandestines de l'École de Mécanique de la Marine, où ont péri son père et sa jeune soeur, durant la dictature militaire.

Trente ans ont passé depuis le retour de la démocratie. Détective pour le compte des Mères de la Place de Mai, Rubén recherche toujours les enfants de disparus adoptés lors de la dictature, et leurs tortionnaires...

Rien, a priori, ne devait réunir Jana et Rubén, que tout sépare. Puis un cadavre est retrouvé dans le port de La Boca, celui d'un travesti, « Luz », qui tapinait sur les docks avec « Paula », la seule amie de la sculptrice. De son côté, Rubén enquête au sujet de la disparition d une photographe, Maria Victoria Campallo, la fille d un des hommes d affaires les plus influents du pays. Malgré la politique des Droits de l'Homme appliquée depuis dix ans, les spectres des bourreaux rôdent toujours en Argentine. Eux et l'ombre des carabiniers qui ont expulsé la communauté de Jana de leurs terres ancestrales...

 http://carylferey.net/rubrique_livre.html

 Ce que j'ai aimé : 

Mapuche est un roman fort, d'autant plus fort qu'il s'appuie sur des évènements réels, servis par une documentation précise, notamment l'enlèvement d'environ 500 enfants durant la dictature en Argentine :  

« Parmi les cinq cents bébés volés durant la dictature, beaucoup n’étaient pas répertoriés à la BNDG, la banque génétique.

La plupart de leurs parents n’avaient jamais réapparu, pulvérisés à la dynamite, brûlés dans des centres clandestins, incinérés dans les cimetières, coulés dans le béton, jetés des avions : sans corps exhumés ni recherchés par les familles, ces enfants resteraient à jamais des fantômes.

On confiait les bébés à des couples stériles, proches du pouvoir, officiers, policiers, parfois même aux tortionnaires, faux documents à l’appui.  » (p. 157)

Ces enfants n’ont pas accès à leur histoire, on leur a volée sans espoir de retrouver la vérité et la trace de leurs véritables parents. Caryl Ferey a imaginé qu'un microfilm existait répertoriant tous les renseignements sur ces enlèvements, et permettant enfin aux grands-mères d'espérer que la vérité soit révélée :

"Pas seulement la vérité sur ce qui était arrivé à leurs enfants et leurs maris : la vérité sur le disparition des trente mille personnes enlevées par la dictature, ce qu'on avait fait de leurs dépouilles, cette aprt volée de l'Histoire argentine." (p. 424)

Cela leur permet de commencer le travail de deuil, de combler les vides et d'espérer se reconstruire.

"Un pays sans vérité est un pays sans mémoire." (p. 425)

Jana et Ruben, réunis pour éclaircir la disparition d'un travesti et de la fille d'un des proches du pouvoir, vont rapidement relier ces disparitions à cette affaire des bébés enlevés, et comme les grands-mères, vont lutter pour que la vérité éclate, sans jamais abandonner. Ils iront jusqu’au bout de leur quête, au péril de leur vie souvent ! Les scènes de ce fait très violentes sont atrocement réalistes, comme pour mieux montrer que l'abandon et la demi-mesure n'est guère possible dans ce monde-là. 

« Les Grands-Mères se battraient jusqu’à leur dernier souffle, sans esprit de vengeance mais sans pardon, ni oubli. « Ils ont peut-être réussi à tuer nos maris et nos enfants, mais ils n’ont pas réussi à tuer notre amour. » répétaient-elles. (p. 193)

   

mapuche-1-copie-1.jpg 

Ce que j’ai moins aimé :

Ames sensibles, s’abstenir, les scènes de torture sont… des scènes de torture ! Rien n’est édulcoré et c’est aussi ce qui fait la force de  ce roman !

L'entrelacement entre l'histoire de l’Argentine et l'intrigue n'est pas totalement fondu, certains paragraphes arrivent en début de chapitres, comme une introduction quelque peu artificielle.

Le style oscille entre envolées lyriques presque naïves quand il s’agit de l’idylle des protagonistes et  passages plus basiques, sans recherche particulière :

« Jana éparpilla ses lèvres sur sa bouche et se sentit fondre comme un bonbon quand il enroula sa langue à la sienne. » (p. 142) « Il lui avait donné le baiser le plus sensuel de sa vie, avant de la planter comme une conne, devant l’aviateur au sourire déboulonné. » (p. 169)

 Ces petits défauts s'effacent néanmoins devant la puissance du sujet...

Premières phrases :

 « Un vent noir hurlait par la portière de la carlingue. Parise, sanglé, inclina son crâne chauve vers le fleuve. On distinguait à peine l’eau boueuse du Rio de la Plata qui se déversait depuis l’embouchure.

Le pilote avait mis le cap vers le large, en direction du sud-est. Un vol de nuit comme il en avait fait des dizaines dans sa vie, bien des années plus tôt. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Zulu

Autre : Luz ou le temps sauvage de Elsa OSORIO

 D’autres avis :

Presse : L'express ;Télérama

Blogs : Pierre Faverolle  ; Jean-Marc ; Jostein Interview  

 

Mapuche, Caryl Ferey, Gallimard, série noire, 2012, 450 p., 19.90 euros

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Le collier de la reine et autres nouvelles de Maurice LEBLANC

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

 Maurice Leblanc est né en 1864 à Rouen. Après des études de droit, il se lance dans le journalisme. En 1907 paraît son premier ouvrage « policier » : Arsène Lupin gentleman cambrioleur. Le personnage devient immédiatement populaire et Leblanc en fait le héros d’une longue série d’aventures. Au total trente récits, parmi lesquels Arsène Lupin contre Herlock Sholmès (1908), L’Aiguille creuse (1909), Le Bouchon de cristal (1912), Les Huit Coups de l’horloge (1921), La Cagliostro se venge (1935)… Maurice Leblanc est mort en 1941 à Perpignan. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

Un soir, ainsi qu’elle en a l’habitude à l’occasion de grandes solennités, la comtesse de Dreux-Soubise décide de porter le magnifique collier autrefois destiné à Marie-Antoinette et qui avait donné lieu à l’« affaire du collier ». Avant de se coucher, elle le confie à son mari qui le dépose à sa place habituelle, dans un petit cabinet attenant à la chambre et dont le verrou est fermé de l’intérieur. Au réveil, le collier demeure introuvable… Dans les cinq nouvelles de ce volume, on retrouve Arsène Lupin sous diverses identités, à la fois enquêteur et voleur, gentleman et cambrioleur.

Ce volume comprend : Le Collier de la reine, La Perle noire, Au sommet de la tour, La Carafe d’eau et La Lettre d’amour du roi George.

(Présentation de l’éditeur)

  

Ce que j’ai aimé :

Arsène Lupin, homme  élégant, racé, sarcastique s’en prend aux riches avec classe et intelligence. C'est un homme charmant, prêt à tout pour défendre la veuve et l’orphelin, homme vif, drôle aussi, il est le gentleman par excellence.

 L’alliance de roman policier et roman d’aventures rythme allègrement le récit servi par un style tout aussi vivace.

  « Ce que j’ai voulu d’abord, c’est vous distraire. Votre vie était monotone et manquait d’imprévu. En fut-il de même aujourd’hui ?

-          Comment pouvez-vous poser une telle question ? J’ai vécu les minutes les plus fortes et les plus étranges.

-          C’est cela, la vie, dit-il, quand on sait regarder et rechercher. L’aventure est partout, au fond de la chaumière la plus misérable, sous le masque de l’homme le plus sage. Partout, si on le veut, il y a prétexte à s’émouvoir, à faire le bien, à sauver une victime, à mettre fin à une injustice. »

Elle murmura, frappée par ce qu’il y avait en lui de puissance et d’autorité :

« Qui donc êtes-vous ?

-          Un aventurier, pas autre chose. Un amateur d’aventures. La vie ne vaut d’être vécue qu’aux heures d’aventures, aventures des autres ou aventures personnelles. » (p. 71)

L'action endiablée, le mouvementcontinuel et la vitesse de l’écriture font de ces petites nouvelles un régal de lecture... 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 J’aurais préféré choisir un recueil plus complet maintenant que je suis tombée amoureuse de Arsène, ce recueil-ci a tout juste fait office de préliminaires et m’a laissé sur ma faim…

 

Premières phrases :

« Deux ou trois jours par an, à l’occasion de solennités importantes, comme les bals de l’ambassade d’Autriche ou les soirées de Lady Billingstone, la comtesse de Dreux-Soubise mettait sur ses blanches épaules le « Collier de la Reine. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Les huit coups de l’horloge

 

D’autres avis :

Lu dans le cadre du Blogoclub  

Le collier de la reine et autres nouvelles, Maurice Leblanc, Le livre de poche, 2 euros

 blogoclub  

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Le roi Lézard de Dominique SYLVAIN

Publié le par Hélène

roi lézard

♥ ♥ ♥

 « I am the Lizard King

I can do anything »

 

L’auteur :

Dominique Sylvain est née le 30 septembre 1957 à Thionville en Lorraine. Elle travaille pendant une douzaine d’années à Paris, d’abord comme journaliste, puis comme responsable de la communication interne et du mécénat chez Usinor.

Pendant six ans, elle a vécu avec sa famille en Asie. Ainsi, Tokyo, où elle a passé trois ans, lui a inspiré son premier roman Baka ! (1995). Sœurs de sang et Travestis (1997 et 1998) ont été écrits à Singapour.

Elle habite actuellement à Tokyo et se consacre exclusivement à l’écriture. Ses treize romans ont tous été publiés dans la collection Chemins Nocturnes, aux Éditions Viviane Hamy.

 Son site : http://www.dominiquesylvain.com/

 

L’histoire :

Dans Le Roi Lézard, Louise Morvan élucide le mystère de l’assassinat de son oncle détective, Julian Eden, dont elle a hérité l’agence à la fin des années 70. En effet, le commissaire Serge Clémenti retrouve la piste de l’inspecteur Casadès qui avait été en charge de l’enquête et qui se l’était vu retirer sans raison apparente.

Alors que Clémenti et ses deux acolytes s’épuisent à débusquer le « killer des quais » qui assassine de malheureux SDF, Louise finit par rencontrer elle-même le répugnant Casadès qui lui distille des informations au compte-gouttes, brouillant ainsi les pistes...

 Attention : Ce roman est une version inédite de Travestis, roman de Dominique Sylvain paru en 1998. Ce livre épuisé, lui tenant particulièrement à cœur, l’auteur a souhaité en reprendre l’écriture avant la réimpression envisagée. De déconstruction en reconstruction (au point que même le meurtrier est un autre !) et compte-tenu de l’importance que prenait au fil de la narration, Jim Morrison, le chanteur de The Doors, il a fallu se rendre à l’évidence : il s’agissait là d’un roman différent. Un nouveau titre s’est alors imposé !

 

Ce que j’ai aimé :

 L’oncle de Louise Morvan évoluait dans les milieux artistiques des années soixante-dix et fréquentait notamment le club Rock and Roll Circus « un des clubs les plus dingues et les plus chics de Paris dans les années soixante-dix. » « Cette boîte attirait dandys en chemise à jabot, businessmen en smoking, et faisait renaître Saint-Germain-des-Prés de ses cendres. (…) Un grand escalier en pierre de taille, et enfin, les bouffées de Led Zeppelin, des Beach Boys ou de Clapton en live, les odeurs d’encens et de patchouli. Un sas vers un autre monde. » (p.45) Ainsi il a pu côtoyer producteurs de l’époque, chanteurs, et surtout le mythique Jim Morrison de passage à Paris à cette époque et habitué du Rock and Roll Circus. Certains racontent même que "le roi lézard" serait mort d’une overdose dans les toilettes de ce bar. Notre enquêtrice de choc Louise flirte avec ces personnages troubles, baignés dans un monde opaque, s’évaporant dans des volutes de drogue et de musique.  

 La belle Louise s’adapte parfaitement à cet univers, avançant à tâtons sur une ligne ténue tracée entre deux mondes : la moralité, une relation stable avec l’inspecteur Clémenti, un engagement, et l’attirance trouble pour ces êtres empreints de magie et de mystère, mais aussi de violence et de malheur. Louise oscille dangereusement, moulée dans l’image marquante de son oncle défunt.

 Dans ce paysage troublé, Paris est à la fois un refuge et un danger. L’auteur campe solidement son action dans la ville, comme si la belle capitale était à elle seule un autre personnage. De la Villette aux quais de Seine en passant par Pigalle, l'escapade parisienne fascine le lecteur-touriste témoin de l'enquête tonitruante de Louise.

 Et l'enquête me direz-vous ? Elle n'est que secondaire finalement, se fondant parfaitement dans l'atmosphère et le décor comme si elle faisait corps avec elle. Du grand art !

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Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien

 

Premières phrases :

 « L’enfant s’ennuie ferme dans la Studebaker qui roule au milieu du désert, entre Albuquerque et Santa Fe. Le jour se lève. Tous somnolent, sauf le père – un officier de marine toujours concentré – et le gamin, qui a des fourmis dans les jambes. La route rectiligne tranche une interminable plaine de poussière ocre. L’enfant pense que les montagnes bleutées à l’horizon sont à des milliers de kilomètres, que ce voyage n’en finira pas. Mais il se trompe car, après des heures de monotonie, il se passe enfin quelque chose. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Passage du désir de Dominique SYLVAIN

Autre : les romans de Fred Vargas

 D’autres avis :

Blog : Moustafette

Presse : Le monde  

 

Le roi Lézard, de Dominique Sylvain, éditions Viviane Hamy, mars 2012, 300 p., 18,50 euros

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Requiem pour un thon de Romain CHABROL

Publié le par Hélène

                                                            requiem pour un thon

 ♥ ♥

 Un premier roman prometteur.

  

L’auteur :

 

Romain Chabrol travaille comme consultant pour des ONG écologistes et pacifistes. Il a auparavant été enquêteur en généalogie successorale et journaliste. Requiem pour un thon est son premier roman.

 

L’histoire :

 

Alexandre Ambaz est membre d’une organisation écologiste dans laquelle il est cantonné au dossier des baleines. Il décide de s’éloigner de ce dossier de prédilection en partant à Malte à la chasse au scoop sur la trace des pêcheurs de thon rouge. A l’origine de profits considérables, la capture de ce poisson fait l’objet de nombreuses pratiques illégales, comme le repérage aérien des bancs…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’arrière-plan écologiquefait toute l’originalité de ce roman.  Ayant lui-même travaillé pour Greenpeace, Romain Chabrol maîtrise bien son sujet et sait s’en servir intelligemment pour camper un Alexandre Ambaz pourfendeur des nobles causes écologiques. Il est ici uniquement question de la pêche illégale du thon rouge, mais j'espère que d’autres romans suivront sur d’autres thèmes.

-          L’humour : le personnage d’Alexandre est attachant : faux looser, peu sûr de lui, il porte un regard  ironique sur son milieu. Ses aventures rocambolesques nous font souvent sourire.

-      L'écriture est limpide, bien maîtrisée.

  

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’intrigue policière proprement dite est un peu longue à se mettre en place. J’aurais personnellement aimé que l’auteur ose davantage : davantage d’actions, explosions, enlèvements, meurtres, que sais-je…

-          Je pense également que l’humour qui perce timidement aurait pu être davantage exploité de façon à offrir davantage de personnalité à ce petit roman déjà très prometteur…

 

Premières phrases :

 

«  17 novembre

Caché par le boudin de la cage, j’ai jeté un œil vers la côte. A bord du supply du vigile, une lanterne se balançait tranquillement. Le type semblait avoir disparu dans la cabine. Après avoir rincé mon masque, je me suis remis à l’œuvre, la tête à moitié immergée. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Carl HIAASEN Queue de poisson

 

Requiem pour un thon, Romain CHABROL, Les petits matins, octobre 2010, 223 p., 15 euros

 

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Passage du désir de Dominique SYLVAIN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 Roman atypique, « Passage du désir » brille par son humour et son originalité. Et les romans policiers drôles sont assez rares pour être mentionnés...

Grand prix des lectrices de Elle 2005, catégorie policier.

 

L’auteur :

 

Dominique Sylvain est une écrivain française. Elle travaille pendant une douzaine d’années à Paris, d’abord comme journaliste, puis comme responsable de la communication interne et du mécénat chez Usinor. Pendant six ans, elle a vécu avec sa famille en Asie. Ainsi, Tokyo, où elle a passé trois ans, lui a inspiré son premier roman Baka ! (1995). Sœurs de sang et Travestis (1997 et 1998) ont été écrits à Singapour. 

Elle habite actuellement à Tokyo et se consacre exclusivement à l’écriture.

 

 L’histoire :

 

Lola Jost et Ingrid Diesel ne sont pas des enquêtrices comme les autres. La première est une ex-commissaire, et la deuxième est une kiné américaine amoureuse de Paris. Elles vont unir leurs efforts pour la première fois dans ce roman pour découvrir l'assassin d'une jeune fille travaillant dans un petit restaurant de Paris. Leur gouaille et leur dynamisme mènent joyeusement cette enquête peu évidente.

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Un duo d'enquêtrices de charme et de choc. Les deux enquêtrices sont attachantes, vives et drôles.

- L’atmosphère : il s'agit d'un roman policier, mais l'atmosphère du roman est au premier plan, supplantant l'intérêt de l'intrigue. Comme chez Fred Vargas, on retourne vers cet auteur, non pour le suspens lié à l'intrigue, mais plus par amour des personnages phares de la série, pour l'atmosphère, les dialogues...

- Véritable déclaration d'amour à Paris et ses quartiers, « Passage du désir » se situe dans le 10e arrondissement de Paris. On rencontre sa faune particulière et on s'attache immanquablement à ce quartier vivant.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Le suspens n'est pas haletant.

 

Premières phrases :

 

 "Je rencontrai pour la première fois Etienne Le Blais (alias Monky) au Café Noir, à deux pas de chez moi. "

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La fille du samouraï

Autre : Pars vite et reviens tard de Fred VARGAS

 

Passage du désir, Dominique SYLVAIN, Viviane HAMY, mars 2004, 285 p., 15.20 euros

POCHE : Passage du désir, Dominique SYLVAIN, Points, janvier 2009, 7 euros

 

  Le site de l'auteur : http://www.dominiquesylvain.com/index.php

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Un automne à River Falls de Alexis AUBENQUE

Publié le par Hélène

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♥ ♥  

Un thriller qui fonctionne bien malgré de nombreux écueils.

 

 

L'auteur :

Alexis AUBENQUE est un auteur français libraire de profession, jusqu'ici plutôt tourné vers la science fiction. Sept jours à River Falls  fut son premier thriller en 2008, suivi en 2009 par Un automne à River Falls.

L’histoire :

En ce début d’automne, deux meurtres sont commis à River Falls, ville dont le shérif Mike Logan se doit d’assurer la tranquillité. Il va donc enquêter aux côtés de sa compagne Jessica Hurley, profileuse au FBI, pour placer derrière les barreaux les meurtriers de Robert Gordon, célèbre avocat, et celui d’un SDF inconnu. A priori les deux affaires ne semblent pas liées…

Ce que j’ai aimé :

-       Les nombreuses ramifications mises en place : nous suivons ainsi parallèlement l’histoire de deux frères nouvellement arrivés sur le campus, sans savoir si un lien unie les jeunes hommes aux meurtres

-       Le suspense mieux travaillé que dans le premier opus.

-       Les multiples rebondissements.

Ce que j’ai moins aimé :

-       Les premières scènes qui se déroulent à l’université, vulgaires et réductrices.

-       La relation entre Hurley et Logan, un peu trop fleur bleue à mon goût :

 

« Une fois encore, Hurley fut subjuguée par l’aplomb de son homme. » (p.102)

 

« - Je suis très en colère contre toi, lança-t-elle d’une voix difficilement maîtrisée. Tu as de la chance de prendre conscience de ta bêtise ! » (p. 205)

 

-       La psychologie des personnages reste relativement peu approfondie, simplifiée au maximum.

-       Les réflexions simplistes sur l’Amérique :

 

« - Un jour, il faudra que ça change. Ce pays marche sur la tête.

Logan était tout à fait d’accord, mais il n’y croyait pas un seul instant. Chacun pour soi et Dieu pour tous ! Tel était le credo de l’Amérique. » (p. 206)

Premières phrases :

"Dans un dernier coup de reins, Robert Gordon atteignit l'orgasme si longtemps repoussé. Il poussa un râle caractéristique et s'effondra sur le corps de sa ducinée."

Vous aimerez aussi :

Les romans de Peter MAY

 

 Un automne à River Falls, Alexis AUBENQUE, Calmann Lévy, juin 2009, 462 pages, 17.50 euros

POCHE : Un automne à River Falls, Alexis AUBENQUE, LGF, juin 2010, 536 pages, 7.12 euros  

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