Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

roman policier nordique

Eva Moreno de Hakan NESSER

Publié le par Hélène

eva moreno

♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

Suédois, Håkan Nesser est né en 1950. Ses romans ont remporté plusieurs prix et ont été largement traduits.

 

L’histoire :

Mikaela disparaît après avoir rencontré son père pour la première fois… dans un hôpital psychiatrique. Cet homme chétif a-t-il vraiment tué une lycéenne il y a 16 ans ? En vacances dans une petite ville suédoise, l’inspectrice Eva Moreno recherche Mikaela, croisée en pleurs le jour de sa disparition. Difficile de lézarder quand le père s’évapore à son tour et qu’un cadavre est retrouvé sous le sable !

 

Ce que j’ai aimé :

-          Eva Moreno est une héroïne de l’auteur qui était jusque-là restée dans l’ombre des autres personnages masculins créés par Hakan Nesser. Elle prend ici la première place, confrontée malgré elle à la disparition d’une jeune fille pendant ses vacances. Derrière le choix de s’occuper de cette enquête qui ne relève pourtant pas de ses attributions, se cachent des fêlures apparaissant en filigrane : elle est une femme entièrement vouée à son travail et peu douée dans sa vie personnelle, poursuivie par des démons tout droit sortis de son enfance. Se donner corps et âme pour rééquilibrer une autre destinée est dans ses cordes, régir sa propre vie amoureuse avec intelligence est au-dessus de ses forces.

 

« Toujours est-il que cette idée concernant le temps libre et l’éthique n’était pas vide de sens. Quand nous sommes pris dans l’engrenage de nos obligations habituelles, nous passons devant des mendiants aveugles, des enfants apeurés et des femmes battues sans faire attention. En revanche, si nous croisons une personne malheureuse lors d’une promenade tranquille sur la plage, notre réaction est différente. 

La morale a besoin de temps. » (p. 148)

 

-          L’intrigue débute sous des auspices assez classiques : la disparition d’une jeune fille, reliée semble-t-il au meurtre d’une autre jeune fille, seize ans auparavant. L’enquête avance sporadiquement, les éléments nouveaux apparaissent à bon escient, et seule la résolution finale de l’intrigue se révèlera originale.  

-          Ce roman bien ficelé permet de découvrir avec intérêt un auteur qui occupe le premier rang des auteurs suédois.

 

 Ce que j’ai moins aimé :

-          Ce genre de réflexion : « Mais qu’est-ce qui te prend ? Tes règles te vident le cerveau ? »

 

Premières phrases :

« Winnie Maas est morte pour avoir changé d’avis.

Plus tard, il ya ceux qui prétendirent que si elle était morte c’est parce qu’elle était à la fois belle et stupide. Une combinaison notoirement risquée.

Ou parce qu’elle était naïve et faisait confiance aux gens qui n’en étaient pas dignes.

Ou parce que son père était un salaud qui avait laissé sa famille à la dérive bien avant que Winnie soit capable de se passer de couches et de biberons. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le mur de silence

Autre : Roman policier nordique

 

D’autres avis :

Le vent sombre  : « Moins captivant que Funestes carambolages, Eva Moreno et son héroïne forte et indépendante raviront les lecteurs qui privilégient les constructions psychologiques crédibles à l'empilement plus ou moins sanglant de cadavres. »

 

Eva Moreno, Hakan NESSER, traduit du suédois par Agneta Ségol et Marianne Ségol-Samoy, Editions du Seuil, 2011,

POCHE : Eva Moreno, Hakan NESSER, traduit du suédois par Agneta Ségol et Marianne Ségol-Samoy, Points, janvier 2012, 384 p., 7.50 euros

 

Partager cet article
Repost0

Les chiens enterrés ne mordent pas de Gunnar STAALESEN

Publié le par Hélène

                                                 chiens-enterres-ne-mordent-pashd.jpg

 ♥ ♥ ♥ ♥

Un Varg Veum en grande forme... 

 

 L’auteur :

 

Gunnar Staalesen est un auteur norvégien de romans policiers, né le 16 octobre 1947 à Bergen. Ses romans mettent en scène Varg Veum, un ancien salarié de la Protection de l'Enfance devenu détective privé après avoir eu la main un peu trop lourde sur un dealer, et qui s'occupe désormais d'aller chercher des fugueuses jusqu'à Copenhague ou d'enquêter sur des meurtres, non sans que son grand ennemi de la police de Bergen, Muus, lui mette des bâtons dans les roues. Varg est divorcé, ressasse encore et toujours ses déboires passés et présents avec la gent féminine, tout en noyant ses pensées dans l'aquavit.

Au fil des romans le lecteur s'immerge dans le Bergen des années 1980 en pleine transformation urbaine, où règnent le meurtre et la toxicomanie. Un Bergen de paradoxes, de maisons cossues et de taudis, de prostituées et d'avocats renommés. La vision sociale-réaliste de l'auteur porte un coup sérieux au célèbre modèle social scandinave. (source Wikipédia)

 

L’histoire :

 

En mission à Oslo, Varg Veum met la main sur une vieille photo représentant quatre hommes attablés devant café et cognac. Quatre convives qui ne sont rien moins qu'un entrepreneur norvégien en vogue, un éminent financier, un magnat de l'industrie d'armement suédois et un encaisseur corrompu. Or, les têtes de ces derniers semblent destinées à tomber aussi vite que dans une partie de Qui est-ce ? mal engagée. Veum, dans une forme éblouissante, se saisit de cette affaire et, en marathonien chevronné, allonge ta foulée. Il court les rues de la capitale, plus ou moins bien accompagné, happé au passage par les souvenirs d'un temps où il faisait bon faire mine d'étudier à Oslo et se promener au bras de jeunes filles chantant Bob Dylan. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

J’ai aimé Varg Veum, son humour, son intégrité, son humanité, son endurance. C’est un héros discret mais attachant. Les autres personnages sont tout aussi bien cernés, dotés d’un contour psychologique trop souvent absent de certains romans policiers, ils sont ici  des personnages en prise avec leur époque, crédibles psychologiquement parlant, à l’image de cette jeune Marit, jeune femme seule dans le Oslo des années 90, attendant vainement quelques miettes amoureuses venues de son amant, homme marié influent.

 

« Mais son expression mélancolique, renforcée par les notes tristes de la chaîne hi-fi, la trahit. Ce n’était pas une fille d’Oslo de 1935 ou 1936. Sous la peau, elle avait l’Oslo des années 90 : sombre, agressif et déséquilibré. Rues obscures rendues acides par les gaz d’échappement ; passages souterrains aux murs couverts de graffitis racistes ; le bruit d’une bouteille brisée, le froufrou métallique d’une chaîne, le soupir à peine audible d’un cran d’arrêt qui s’ouvrait : aussi loin que possible des pistes immaculées, aussi loin du Sognsvann que Manhattan. » (p. 250)

 

A travers cette intrigue et ces personnages, Gunnar Staalesen nous livre une vision de la Norvège des années 90 (le roman est sorti là-bas en 1993) assez sombre : un système qui part à la dérive, une violence latente omniprésente, une pièce bouffonne se jouant en coulisses régie par des pantins incompétents…

 

« Les années 70, c’étaient celles des Maoïstes, les années 80 celles de la vague de droite, qui nous a tous rejetés sur la côte dans les années 90, les membres en petits morceaux et la nuque brisée. A qui appartiendront les années 90, Dieu seul le sait. (…)

Ce que tu vois là-dedans, Ove, c’est tout autre chose qu’une remise à zéro des compteurs historiques. C’est une civilisation en pleine déconfiture, la recherche perverse qu’a la société d’abondance d’un renouvellement constant de ses besoins d’excitants, un besoin de divertissement sans mesure. Et il est adapté à un monde où l’argent, c’est le pouvoir, et où la vie n’a plus de valeur propre. » (p. 291)

 

L’enquête policière frôle tous ces milieux liés au pouvoir et est menée avec brio, les chapitres courts permettant de ferrer le lecteur en captant toute son attention.

 

La narration, pour ne rien gâter, sait être à la fois lyrique, philosophique, sertie dans une construction impeccable à l’image de cette ultime phrase qui répond en écho à la première phrase du roman :

 

« La mort a de nombreux déguisements. Elle est venue me voir un jour de début septembre, sous le nom de Mons Vassenden. » (Première phrase)

 

« Mais ainsi va la vie. On ne peut pas se payer de garde du corps contre la mort. Personne n’en a les moyens. Et on reçoit rarement une lettre d’avertissement avant que tout ne soit terminé.

La mort a de nombreux déguisements. Mais on ne les reconnaît pas tous. Pas avant qu’il soit trop tard. Ça, il me l’avait appris, en tout cas, le héraut de l’automne. » (Fin du roman)

 

Du grand Staalesen...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien.

 

Premières phrases :

 

« La mort a de nombreux déguisements. Elle est venue me voir un jour de début septembre, sous le nom de Mons Vassenden.

Debout à la porte de mon bureau, il faisait penser à un messager d’une espèce disparue. Il avait une expression particulière sur le visage comme s’il demandait à ce qu’on lui pardonne d’exister. Ce n’était d’ailleurs peut-être pas injustifié.»

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : L'écriture sur le mur de Gunnar STAALESEN

Autre : Roman policier nordique

 

D’autres avis :

 

Cynic63 ; Jean-Marc Laherrère 

 

Les chiens enterrés ne mordent pas, Une enquête de Varg Veum le privé norvégien, Gunnar Staalesen, traduit du norvégien par Alex Fouillet, Gaïa, 2009, 362 p., 22 euros

POCHE : Les chiens enterrés ne mordent pas, Une enquête de Varg Veum le privé norvégien, Gunnar Staalesen, traduit du norvégien par Alex Fouillet, Gallimard, Folio policier, février 2011, 7.30 euros

 

La série des Varg Veum dans l'ordre :

 

1- Le Loup dans la bergerie (Rocher, 1994 ; rééd. Gaïa, 2002)

2- Brebis galeuses (L'Aube, 1997)

3- Pour le meilleur et pour le pire (Gaïa, 2002)

4- La Belle dormit cent ans (Gaïa, 2002)

5- La Femme dans le frigo (Gaïa, 2003)

6- La Nuit, tous les loups sont gris (Gaïa, 2005)

7- Anges déchus (Gaïa, 2005)

8- Fleurs amères (Gaïa, 2008)

9- Les Chiens enterrés ne mordent pas (Gaïa, 2009)

10- L'Ecriture sur le mur (Gaïa, 2011)

 

Partager cet article
Repost0

Miséricorde de Jussi ADLER OLSEN

Publié le par Hélène

Misericorde

♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Jussi Adler-Olsen, de son vrai nom Carl Valdemar Jussi Adler-Olsen (né le 2 août 1950 à Copenhague) est un écrivain danois.

Depuis 2007, Jussi Adler-Olsen s'est spécialisé dans un recueil de romans policiers dont son dernier roman Journal 64 fut la meilleure vente de livre en 2010 au Danemark, ainsi il a eu une distinction du meilleur prix littéraire danois au début de cette année qui est le prix du club des libraires danois du nom en danois de boghandlernes gyldne laurbær ou plus exactement en français des « lauriers d'or des libraires ».

 

L’histoire :

 

Pourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une cage depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux d’acharnent-ils sur la jeune femme ? Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l’avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d’encre. Mais, faute d’indices, la police avait classé l’affaire. Jusqu’à l’intervention des improbables Carl Morck et Hafez el Assad du Département V, un flic sur la touche et son assistant d’origine syrienne. Pour eux, pas de cold case …

 

Ce que j’ai aimé :

 

Miséricorde est un bon roman policier qui tient son lecteur en haleine : parallèlement à l’enquête des deux policiers, il assiste impuissant à la lente agonie de celle qu’ils recherchent et qui est enfermée dans une chambre close, soumise à la folie de ses ravisseurs. La tension est ainsi permanente et le compte à rebours se met rapidement en place.

Les deux policiers sont le point fort de ce roman : Carl est un homme fermé, traumatisé par un règlement de comptes qui a coûté la vie à un de ses collègues et a transformé l’autre en légume cloué sur un lit d’hôpital. L’acolyte qu’on lui adjoint est un homme étrange au premier abord, mais qui s’avèrera bien plus efficace que prévu… Leur improbable duo fonctionne bien

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

   J’ai rapidement deviné qui était les coupables, ce qui est plutôt mauvais signe pour un roman policier…

Une fois la dernière page refermée, je ne peux pas dire qu’il me reste grand-chose de cette lecture !

 

Premières phrases :

 

« Avec le bout de ses doigts, elle gratta jusqu’au sang les murs lisses, elle frappa de ses poings fermés le verre épais des vitres jusqu’à ce qu’elle ne sente plus ses mains. Dix fois au moins, elle avait retrouvé à tâtons la porte d’acier, inséré ses ongles dans la fente pour l’arracher, mais la porte avait un bord tranchant et restait inébranlable. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Le sang des pierres de Johan THEORIN

 

Merci à Florence Godfernaux des Editions Albin Michel.

 

Miséricorde, Jussi Adler Olsen, Traduit du danois par Monique Christiansen, Albin Michel, octobre 2011, 489 p., 22.50 euros

 

challenge voisins voisines

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Le policier qui rit de M. SJOWALL et P. WAHLOO

Publié le par Hélène

policier-qui-rit.jpg 

♥ ♥

Par les fondateurs du roman policier suédois...

 

Les auteurs :

 

Maj Sjöwall et Per Wahlöö sont un couple de romanciers suédois, auteurs de roman policier mettant en scène un héros récurrent : l'inspecteur Martin Beck. De 1965 à 1975 ils ont écrit une dizaine de romans mettant en scène cet inspecteur et ont fortement influencé la génération suivante d'auteurs suédois de romans policiers, dont notamment Henning Mankell.

 

L'histoire :

 

Alors que toute la police de Stockholm est mobilisée pour faire face à une manifestation contre la guerre du Viêt Nam, deux de ses membres découvrent un autobus rempli de passagers arrosés à coup de pistolet mitrailleur. Parmi les victimes se trouve un policier de la brigade criminelle : Åke Stenström.

 

Ce que j'ai aimé :

 

- L'enquête avance pas à pas, menée très minutieusement par l'équipe de Martin beck, et une à une, les interrogations se lèvent. Le mécanisme de l'investigation est parfaitement rôdé.

 

- L'une des originalités des auteurs tient dans l'importance accordée à la vie domestique des enquêteurs : nous les retrouvons chez eux, après leur travail, aux prises avec les difficultés inhérentes à toutes les familles.

 

- La peinture de la société suédoise de l'époque est assez sombre, comme le souligne Jonathan Franzen dans la préface :

 

"La peinture négative de la Suède d'après-guerre, thème commun aux dix ouvrages, atteint son paroxysme dans Le policier qui rit. On n'échappe pas plus à l'atrocité de l'hiver suédois qu'au sensationnalisme des journalistes locaux, au racisme et à la rapacité des propriétaires qu'à l'arrivisme des cadres de la police, à la décadence de la haute société qu'aux persécutions gratuites contre les manifestants anti-guerre, à l'abondance de mégots dans les cendriers qu'aux scènes de sexe sordides à la suédoise ou à l'ambiance cauchemardesque des rues à lapproche de Noël."

 

Ce que j'ai moins aimé :

 

- Le rythme est très lent,  lancinant, un peu comme dans les romans de Simenon. Ce sont davantage des romans d'atmosphère que des enquêtes policières pures.

 

- Le roman regorge de personnages aux noms suédois (évidemment me direz-vous) difficiles à retenir et à diférencier.

 

Premières phrases :

 

"C'était le 13 novembre. Ce soir-là, il pleuvait à verse que Stockholm. martin beck et Kollberg étaient plongés dans une partie d'échecs. Ils étaient chez ce dernier, qui habitait un appartement de la banlieue sud, pas bien loin de la station de métro Skärmarbrink. les derniers jours avaient été plutôt calmes et les deux hommes n'étaient pas de service."

 

Vous aimerez aussi :

 

Des mêmes auteurs : Roseanna

 

Le policier qui rit, M. Sjöwall et P. Wahlöö, Traduit de l'anglais par Michel DEUTSCH,22 euros

POCHE : Le policier qui rit, M. Sjöwall et P. Wahlöö, Traduit de l'anglais par Michel DEUTSCH, Rivages noir, 8 euros

challenge voisins voisines

Partager cet article
Repost0

Le sang des pierres de Johan THEORIN

Publié le par Hélène

SangDesPierres

 

 

♥ ♥

  Un roman policier peuplé d'elfes et de trolls...

 

 

L’auteur :

 

Johan Théorin est un écrivain suédois dont le roman L’heure trouble a reçu le prix du meilleur roman policier suédois.

 

L’histoire :

 

À la fonte des neiges, les gens du continent réinvestissent l’île. Peter Mörner s’est installé dans une vieille maison dont il a hérité pour trouver la paix, loin de son père. De sa villa flambant neuve, Vendela Larsson regarde cette lande dont elle connaît tous les secrets. Quant à Gerloff, vieux loup de mer de 85 ans, il a voulu revoir, peut-être pour la dernière fois, le soleil de son enfance… Mais pour eux, le printemps ne sera pas comme les autres. La mort rôde en cette nuit de Walpurgis qui célèbre traditionnellement la fin de l’hiver, et les drames du passé, dont témoigne la couleur rouge sang de la falaise entre la carrière et la lande, resurgissent…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’atmosphère envoutante est la clé de voûte de ce roman placé sous l’égide des  légendes  de l’île d’Oland en Suède. Elfes et farfadets hantent les lieux et certains des personnages élevés sur cette île du bout du monde à l’atmosphère nébuleuse propice au surnaturel. Vendela reste fascinée par ces Elfes et ces Trolls auxquels elle attribue des pouvoirs fascinants. Elle leur offre des bijoux tout en formulant des vœux qu’elle espère voir exaucer.

 

-          Le personnage de cette femme perdue dans la lande est celui qui m’a semblé le plus intéressant. C’est une femme tourmentée, habitée aussi sans doute, mais une femme qui se veut libre, loin de son mari Max, un être lunatique et égocentrique. Les autres personnages sont aussi bien campés, mais ils ont toutefois moins de consistance à mes yeux.

 

-          Le rythme de ce roman est très lent, il agit comme un conte davantage que comme un thriller palpitant. Il berce le lecteur en l’invitant sur cette île mystérieuse et pourtant comme familière.

 

« Le soleil de mai fait disparaître Trolls et Elfes, songea-t-il. Ils se volatilisent comme des bulles de savon. Ne restent que les hommes, un court instant. Nous sommes un chant bref sous le ciel, un rire dans le vent qui s’achève en soupir. Puis nous disparaissons à notre tour. » (p. 426)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- L’intrigue policière aurait peut-être mérité d’être un peu plus captivante

 

Premières phrases :

 

« La main gauche grièvement brûlée, des côtes cassées, le regard humide et flou, Peter Mörmer était pourtant encore bien conscient. Il sentait l’essence qu’on versait sur lui, si tiède. Dans l’air froid du soir, le liquide semblait presque chaud, il coulait sur ses cheveux, brûlait les plaies sanglantes de son visage. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : L’heure trouble de Johan THEORIN

Autre : Ultimes rituels de Yrsa SIGURDARDOTTIR

 

D’autres avis :

 

Chez Babélio. Marie, La Ruelle Bleue 

  

Le sang des pierres, Johan THEORIN, Traduit du suédois par Rémi Cassaigne, Albin Michel, mars 2011, 425 p., 20 euros

 

Merci à Carol Menville des Editions Albin Michel pour cette rencontre avec les Elfes…

 

challenge voisins voisines

Partager cet article
Repost0

La mort indienne de Karin FOSSUM

Publié le par Hélène

mort-indienne.jpg

♥ ♥

 Un bon roman policier sans grandes surprises.

   

L’auteur :

 

karin-fossum.jpgKarin Fossum est née une écrivaine norvégienne. Elle a fait ses débuts littéraires dans la poésie. En 1995, elle se lance dans le roman policier et devient une référence dans le genre. Dans son pays, on la surnomme « La Reine du Crime » ; ses romans remportent toujours un vif succès et lui valent de nombreuses récompenses.

 

L’histoire :

 

Gunder Jomann, célibataire endurci, est fasciné par la photographie d’une femme indienne qu’il se plaît à contempler en secret. Il décide donc de partir en Inde pour y chercher une épouse. Sa volonté a gain de cause et il se marie sur place, puis revient en Norvège seul, sa jeune épouse devant le rejoindre quelques temps plus tard.

Seulement, le jour même de l’arrivée de la jeune femme, un imprévu empêche Gunder de se rendre à l’aéroport et celle-ci disparaît.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La mort indienne est un roman policier classique, bien mené. Le suspens tient en haleine le lecteur, les informations sont savamment distillées, les rebondissements tombent au bon moment, bref, l’ensemble fonctionne plutôt bien.

 

-          Les personnages sont suffisamment profonds pour que le lecteur les apprécie et s’y intéresse. Le héros Gunder est un homme droit et cohérent.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Ce fut une lecture agréable mais pas renversante. Une lecture fluide mais pas marquante… Un peu trop lisse à mon goût...

 

Premières phrases :

 

« Le calme est déchiré par des aboiements. La mère lève les yeux de l’évier et observe ce qui se passe à  l’extérieur. Le chien pousse des jappements qui montent des profondeurs de sa gorge. Tout son corps noir et musculeux vibre d’enthousiasme. »

  

Vous aimerez aussi :

 

La rivière noire de Arnaldur INDRIDASON

 

D’autres avis : Yves, Lystig, Canel

  

La mort indienne, Karin Fossum, Traduit du norvégien par Alex Fouillet, JC Lattès, avril 2007, 300 p., 20.50 euros

POCHE : La mort indienne, Karin Fossum, traduit du norvégien par Alex Fouillet, J'ai Lu, juin 2009, 347 p., 6.70 euros

 

challenge voisins voisines

Partager cet article
Repost0

Ultimes rituels de Yrsa SIGURDARDOTTIR

Publié le par Hélène

ultimes-rituels.jpg

 

♥ ♥ 

  

L’auteur :

 

Auteur à succès de renommée internationale et ingénieur civil, Yrsa Sigurdardottir a 46 ans. Elle travaille actuellement comme responsable technique sur l’un des plus gros projets de construction hydro-électrique d’Europe, situé au beau milieu de l’Islande, où les tempêtes hivernales et le blizzard empêchent souvent tout déplacement… Pas étonnant, dès lors, qu’elle ait su peindre à merveille l’atmosphère d’un site isolé.

Trois autres aventures de Thora et Matthew paraîtront en France dans les deux années à venir.

 

L’histoire :

 

Novembre 2005, Reykjavik. Un étudiant allemand est retrouvé mort, atrocement mutilé. Le jeune homme étudiait l’histoire islandaise et portait un intérêt tout particulier à ses heures les plus sombres. Sa famille ne se satisfait pas des conclusions de la police et décide de louer les services de l’avocate islandaise Thora Gudmundsdottir et de l’ancien inspecteur Matthew Reich, un Allemand, afin qu’ils poussent l’enquête plus avant. Elle est sociable et insouciante ; lui est rigide et sévère.

Leur enquête parallèle révèle que l’étudiant assassiné avait recueilli des informations conséquentes au sujet de documents très anciens, et qu’il était membre d’un mystérieux groupuscule, composé d’Islandais fascinés par les événements historiques liés aux méthodes de torture et d’exécution. En outre, le jeune homme avait retiré une importante somme d’argent sur un compte à son nom et était sur le point d’acheter un équipement de sorcellerie. Qui a pu vouloir sa mort ? Quel lien existe-t-il entre cette tragédie et les événements atroces qui se sont déroulés par le passé ? (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai été immédiatement embarquée dans cette enquête bien menée. Le suspens est savamment distillé, selon le principe du « page turner » : les phrases des derniers chapitres vous obligent à tourner encore une page, à lire encore un autre chapitre pour lever les mystères et questions diaboliquement mis en place… Les pistes sont nombreuses, étoffant ainsi encore davantage l’intrigue.

 

-          L’étudiant assassiné s’intéressait à la chasse aux sorcières aussi le sujet est-il subtilement utilisé apportant une touche d’érudition bienvenue.

 Malleus.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Les mièvreries liées à la relation entre Matthew et Thora. Comme par exemple ces considérations capillaires :

 

« C’était un temps de tempête et le vent vivifiant du nord s’engouffrait dans la chevelure de Thora. Ce matin, elle avait décidé de porter ses cheveux lâchés, décision qu’elle regretta instantanément en constatant que le vent les faisait voler dans tous les sens. Le temps d’arriver à l’intérieur, j’aurai vraiment l’air malin, pensa-t-elle. Elle s’immobilisa quelques instants, se tourna dos au vent et tenta de protéger ses cheveux en s’enroulant un foulard autour de la tête. Côté mode, c’était un échec total, mais au moins ses cheveux y gagnaient-ils un peu de répit. » (p. 68)

 

-          Les aventures extraordinaires du fils de Thora et la façon désinvolte dont elle va gérer la crise sont assez déconcertantes

 

Premières phrases :

 

« Tryggvi, le concierge, rêvassait près de la cafetière électrique. Le bouillonnement de l’eau s’écoulant dans la machine était la seule perturbation sonore dans le bâtiment vide, qui abritait le département d’histoire de l’université. »

 

Vous aimerez aussi :

 

La rivière noire de Arnaldur INDRIDASON

 

D’autres avis : La ruelle bleue

 

 Merci à Julia Gallet des Editions Anne Carrière 

 

 

Ultimes rituels, Yrsa SIGURDARDOTTIR, Traduit de l’anglais (UK) par Marie de Prémonville, Editions Anne Carrière, février 2011, 408 p., 22 euros

 

challenge voisins voisines

 

Partager cet article
Repost0

La rivière noire de Arnaldur INDRIDASON

Publié le par Hélène

                                              riviere-noire.jpg

 ♥ ♥ ♥ ♥

 Un roman captivant.

  

L’auteur :

 

Arnaldur Indridason est un auteur islandais, également journaliste et critique de cinéma.

 

L’histoire :

 

Un homme est retrouvé mort dans son appartement avec dans ses poches un flacon de Rohypnol, médicament également connu sous le nom de drogue du viol. Tout porte à croire que l’homme a violé une femme qui a cherché ensuite à se venger de lui. L’inspectrice Elinborg n’a en sa possession pour retrouver la jeune fille en question qu’un châle qui dégage un parfum d’épices indiennes…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’intrigue aborde avec beaucoup de tact la question des femmes violées et des hommes violeurs qui s’en tirent généralement en Islande avec seulement un ou deux ans de prison, quand leurs victimes, elles, restent marquées à vie.

 

« C’est triste de voir que ces hommes peuvent se comporter comme des bêtes sauvages sans écoper d’une peine digne de ce nom. » (p. 57)

 

-          Le récit est captivant, il retient indubitablement le lecteur dans ses rets, agencé d’une main de maître et mené sans temps mort.

 

-          L’inspectrice Elinborg n’est pas seulement inspectrice, elle est aussi femme et mère de famille, et elle est appréhendée dans des moments plus intimes, en proie à d’autres situations compliquées à gérer liées à ses enfants adolescents. Ces scènes apportent de la profondeur à ce personnage qui, dans les précédents romans, restait souvent dans l’ombre d’Erlendur, notre inspecteur préféré qui profite de ses vacances pour se ressourcer.

 

-          Mais la fin du roman sème tout à coup le doute sur l’absence d’Erlendur, obligeant le lecteur à patienter jusqu’au prochain opus pour savoir ce qui est réellement arrivé à notre héros islandais…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         La quatrième de couverture dévoile trop l’intrigue.

 

Premières phrases :

 

« Il enfila un jeans noir, une chemise blanche et une veste confortable, mit ses chaussures les plus élégantes, achetées trois ans plus tôt, et réfléchit aux lieux de distraction que l’une de ces femmes avaient évoqués. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur, dans l’ordre : La cité des jarres, La femme en vert, La voix, L'homme du lac, Hiver arctique, Hypothermie

Autre : Roman policier nordique

 

 D’autres avis : Cuné, Cathulu, Jean-Marc

 

  La rivière noire, Arnaldur Indridason, Traduit de l’islandais par Eric Boury, Métailié noir, février 2011, 350 p., 19 euros

 

Je remercie Valérie GUITER des Editions Metailié pour cette lecture passionnante.

   

challenge voisins voisines

 

Partager cet article
Repost0

L'écriture sur le mur de Gunnar STAALESEN

Publié le par Hélène

                                 ecriture sur le mur

 ♥ ♥ ♥ ♥

« Que sait-on réellement de ses enfants ? » (p.61)

  

L’auteur :

 

Gunnar Staalesen est un romancier norvégien. Il crée en 1975 le personnage du privé Varg Veum, qu’il suivra dans une douzaine de romans, rencontrant un vif succès puisqu’ils se sont vendus à plus d’un million d’exemplaires en Norvège.

 

L’histoire :

 

Un juge d’instance est retrouvé mort dans un hôtel de Bergen, affublé de dessous féminins. Peu de temps après, le détective privé Varg Veum est chargé d’enquêter sur la disparition d’une jeune fille, Thorild. Simultanément il reçoit des lettres anonymes qui contiennent un avis de décès : le sien…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         C’est un récit qui entraîne le lecteur dans un rythme effréné, sans aucun temps mort. Pas de fioritures, tout est voué à l’enquête et à son enquêteur. L’efficacité est garantie !

 

-         Varg Veum va plonger dans les affres de la période adolescente, période propice aux changements inexpliqués et aux rencontres quelquefois dangereuses… Quelles responsabilités portent les parents et l’entourage des enfants dans leur devenir ? Si le roman ne répond pas à cette problématique, il pose néanmoins intelligemment les bonnes questions sur une inquiétude récurrente chez les parents…

 

« Les enfants vont et viennent. Avant que vous ayez eu le temps de vous en rendre compte, ils sont grands et disparaissent. Certains sur la durée, d’autres en un clin d’œil. D’aucuns prennent le train pour Oslo, d’autres se cantonnent au bus pour descendre en centre-ville. Mais la direction est la même. Ils s’en vont, loin, très loin, pendant que leurs parents restent plantés là à se demander ce qui a bien pu se passer. Ou bien ils prennent contact avec quelqu’un comme moi pour chercher une raison. » (p.30)

 

Ce que j’ai moins aimé :

-         Rien.

 

Premières phrases :

 

« Quand le juge H.C. Brandt, soixante-deux ans, fut retrouvé mort un vendredi de février dans l’un des meilleurs hôtels de la ville, uniquement vêtu d’un ensemble de sous-vêtements des plus raffinés, les rumeurs ne tardèrent guère. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Roman policier scandinave  

 

D’autres avis : Cathe

 

L’écriture sur le mur, Gunnar STAALESEN, Traduit du norvégien par Alex Fouillet, Gaïa Polar, février 2011, 352 p., 22 euros

 

 

challenge voisins voisines

 

Partager cet article
Repost0

L’homme inquiet de Henning MANKELL

Publié le par Hélène

                                                L-homme-inquiet fiche livre

  ♥ ♥ ♥ ♥

Où Wallander tire sa révèrence

 

L’auteur :

Henning Mankell est un auteur suédois, surtout célèbre pour ses romans policiers, mais également auteur de pièces de théâtre, d’ouvrages pour la jeunesse et de romans.

L’histoire :

Wallander est à présent grand-père d’une petite Klara et a réalisé son rêve : vivre à la campagne avec son chien. Sa quiétude va être troublée par la disparition du beau-père de sa fille Linda, un ancien officier de marine qui avait récemment et confidentiellement évoqué avec Wallander la guerre froide ainsi qu’une affaire de sous-marins russes dans les eaux territoriales suédoises.

Ce que j’ai aimé :

-          Le personnage de Wallander et à travers lui le thème de la vieillesse. La retraite qui rôde et inquiète, les malaises qui sont peut-être des alertes d’une maladie plus grave, les amis qui disparaissent subitement, les bilans sur une vie qui ne reviendra jamais plus et qui arrive à son terme, la solitude, les remords, les regrets, et le désarroi de ceux qui restent et ne savent pas comment irriguer toutes ces angoisses, tous ces thèmes sont abordés subtilement, avec beaucoup d'intelligence :

« Je me sens vieux, dit Wallander. Je me réveille chaque jour avec l’impression que ça passe si vite, si terriblement vite. Et je ne sais pas après quoi je cours, et si c’est pour le rattraper ou pour lui échapper au contraire. Je cours, c’est tout. Et si je dois être tout à fait sincère… la vieillesse me fait très peur. » (p. 551)

-          L’intrigue est remarquablement bien menée, avec ses rebondissements arrivant à propos, les avancées progressives de l’enquête, de nouveaux personnages savamment disséminés dans les pages… Pas un instant le lecteur ne s'ennuie, totalement immergé dans cet univers si humain.

L'homme inquiet est un grand roman qui souligne la maîtrise extraordinaire d'un écrivain de grand talent..

Ce que j’ai moins aimé :

-          Les sauts temporels du début du roman.

Premières phrases :

« L’histoire débute par un accès de rage.

Un grand silence matinal régnait dans l’immeuble du gouvernement juste avant cet éclat –provoqué par un rapport remis la veille au soir et que le Premier Ministre lisait à présent dans son bureau. »

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : cf la liste qui suit et qui répertorie les enquêtes de Kurt wallander chronologiquement

Autre : L’heure trouble de Johan THEORIN

L’homme inquiet, Henning MANKELL, Traduit du suédois par Anna Gibson, Seuil policiers, octobre 2010, 552 p., 22 euros

Autres avis chez Yves ; Cathulu,

Les enquêtes de Wallander par ordre chronologique (source Wikipédia) :

  1. Meurtriers sans visage (parution française : 1994), Mördare utan ansikte (parution en Suède : 1991)
  2. Les Chiens de Riga (2003), Hundarna i Riga (1992)
  3. La Lionne blanche (2004), Den vita lejoninnan (1993)
  4. L'Homme qui souriait (2005), Mannen som log (1994)
  5. Le Guerrier solitaire (1999), Villospår (1995)
  6. La Cinquième Femme (2000), Den femte kvinnan (1996)
  7. Les Morts de la Saint-Jean (2001), Steget efter (1997)
  8. La Muraille invisible (2002), Brandvägg (1998)
  9. La Pyramide (pas encore traduit), Pyramiden (1999)
  10. Avant le gel (paru le 16 septembre 2005), Innan frosten (2002). Kurt Wallander partage ici le rôle principal avec sa fille Linda.
  11. L'homme inquiet (paru en 2010), Den orolige mannen (2009). Ce serait le point final de la serie.

  challenge voisins voisines

Challenge voisins voisines (Suède)

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 > >>