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theatre

Une maison de poupée de Henrik IBSEN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Nora est mariée depuis huit ans avec Torvald Helmer qui s'apprête à devenir directeur de banque. Son mari a tendance à l'infantiliser, et si jusqu'ici la jeune femme a accepté passivement cette situation, un enchainement de désagréments provoque un changement brutal ... Nora mûrit et comprend la nécessité de s'émanciper de ce couple néfaste qui l'enferme dans une "maison de poupées".

"Je n’y crois plus. Je crois que je suis avant tout un être humain, avec les mêmes droits que toi, ou que du moins je dois tâcher de l’être. Je sais que la majorité des hommes te donnera raison et, que ces idées sont imprimées dans les livres, mais maintenant je ne puis penser à ce que disent les hommes et à ce qu’ils impriment dans les livres. Je ne sais rien, mais je vais tout tirer de moi-même. Il faut que je forme moi-même mes idées là-dessus, et que j’essaye de m’en rendre compte.

Je vois aussi que les lois ne sont pas ce que je croyais, mais que ces lois soient justes, cela je ne puis l’admettre. Qu’une femme n’ait pas le droit d’éviter un souci à son vieux père moribond, et de sauver la vie à son mari, cela n’est pas possible."

Nora aspire à d’éduquer par ses propres moyens pour devenir un être libre qui pourra alors seulement s’entretenir d’égal à égal avec un homme, au sein d’un couple. Mais la pièce n'est pas seulement une critique des rôles des hommes et des femmes dans le mariage, elle condamne plus largement toute situation d’enlisement dans le conformisme social. Réflexion sur l’asservissement consenti aux autres – par habitude, lassitude ou crainte – sur la contrainte et la servitude sociales – notamment au regard d’autrui et à la rumeur, Ibsen met en avant différentes dépendances aliénantes comme l'argent, le milieu social, l'hérédité ou encore cette morale des apparences, "skinnmoral" qui représente tout un ensemble d’attitudes superficielles et ostentatoires incarnées ici par Helmer. 

En claquant la porte, Nora refuse désormais tout type de dépendance et, seule dans la nuit, s'éloigne vers elle-même...

Présentation de l'éditeur : Actes sud

Publié dans Théâtre

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Un fil à la patte de Georges FEYDEAU

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Fernand de Bois d'Enghien doit se marier avec une riche héritière, fille d'une baronne, et il est tellement engagé qu'il doit signer son contrat de mariage le jour même. Il s'agit donc pour lui de rompre avec sa jeune maitresse Lucette Gautier, chanteuse de café-concert, elle-même engagée pour chanter ce même jour chez la baronne... Cette situation rocambolesque promet de nombreux quiproquos...

S'ajoutent quelques personnages comme Bouzin, minable clerc de notaire et compositeur raté, Irrigua, général plein de fougue amoureux de Lucette, Viviane la future mariée rêvant d'un séducteur plutôt que un futur mari terne comme celui qu'on lui destine...

Cette comédie enlevée, dans le genre du vaudeville pur est une satire de la société bourgeoise frivole et légère de la fin du 19ème ainsi qu'une critique du mariage bourgeois et de la conception de l’amour à l’époque. Plus largement, la critique des défauts humains offre une vision absurde de l’existence humaine.

Ce que j'ai moins aimé :

Les répliques fusent tellement vite, ainsi que les quiproquos, situations cocasses, qu'il vaut mieux voir la pièce plutôt que la lire.

Bilan :

Un régal de drôlerie !

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : On purge bébé ♥ ♥ ♥ (Théâtre)

Publié dans Théâtre

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Les filles aux mains jaunes de Michel BELLIER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

« N’attends pas que quelqu'un parle à ta place prends la parole et raconte »

Quand la guerre est déclarée en 1914, les femmes regardent partir leurs maris au front, persuadées que leur absence sera de courte durée. Mais bien vite, elles comprennent qu'elles vont devoir faire vivre leur famille, et elles s'engagent alors comme ouvrières dans des usines d'armement.

Là, elle manient sans le savoir la poudre de TNT, elles l'inhalent quotidiennement et celle-ci colore en jaune peu à peu  leurs cheveux et leur peau de façon indélébile, les empoisonnant à petits feux.

Julie, Rose, Jeanne et Louise, quatre "filles aux mains jaunes", fabriquent des obus à la chaîne.
Louise espère éveiller leur esprit et leur ouvrir les yeux sur leurs conditions de travail, leur salaire deux fois inférieur à celui des hommes, et surtout sur cet empoisonnement qui se caractérise par un affaiblissement, un froid prégnant, puis les mains jaunes, les nausées, la toux avant la mort.

Si au début, les autres ouvrières ne comprennent pas bien le combat de Louise, pensant avant tout à nourrir leur famille, car « toutes ces femmes n’envisagent la vie que sous l’angle de l’homme. », et qu'elles sont victimes des idées préconçues sur les allemands, elles s'ouvrent peu à peu et saisissent le prix de la liberté et de l'égalité. « Notre force s’arrête où commence notre peur », comprennent-elles finalement.

Une pièce de théâtre forte, à conseiller aux collégiens et lycéens également !

 

Présentation de l'éditeur : Lansman Editeur

Publié dans Théâtre

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Petits crimes conjugaux de Eric Emmanuel SCHMITT

Publié le par Hélène

♥ ♥

A la suite d'un accident, Gilles a perdu la mémoire et doit se réadapter à son quotidien aux côtés de sa femme Lisa. celle-ci tente de reconstituer le passé oublié et de raviver les souvenirs perdus dans les limbes de la mémoire. Mais peu à peu l'un et l'autre doutent : Lisa raconte-t-elle la vérité ou cherche-t-elle à recréer son mari et leur vie. Et Gilles a-t-il réellement perdu toute la mémoire ? 

Ce que j'ai aimé : 

Cette pièce de théâtre sur le couple est plutôt bien construite avec un message intéressant sur l'usure du couple. Lisa ressent l'impression de ne pas être aimée suffisamment, elle manque de confiance, et vacille devant l'indifférence de son mari. Mais si en tant que femme elle affronte l'usure tout en ayant parfois tendance à se croire coupable, Gilles a plutôt tendance à ne rien voir, ou à ne rien vouloir voir. 

Tous deux vont s'entendre sur le fait que l'amour est un mystère difficilement explicable, mais un mystère qui vaut l'aventure...

Ce que j'ai moins aimé : 

Si les idées sont relativement justes, elles sont malheureusement traitées de façon un peu caricaturale, trop directement avec des phrases clichés comme : 

« C’est contre nature d’aimer toujours, d’aimer longtemps »

« Je t’aime et ça me tue »

« Quand la violence s’installe dans un couple, peu importe qui la manifeste. »

Bilan :

Décevant !

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Publié dans Théâtre

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Cendrillon de Joël POMMERAT

Publié le par Hélène

♥ ♥

Sandra saisit mal des derniers mots de sa mère murmuré sur son lit de mort. Elle comprend qu'elle ne doit jamais cesser de penser à elle sans quoi sa mère mourra à jamais. La jeune femme vit alors dans la peur perpétuelle d'oublier cette mère tant aimée. Son père décide de se remarier, et tous deux viennent vivre chez la nouvelle belle-mère qui assigne à Sandra mille tâches ménagères. Sandra accepte vaillamment, pensant ainsi expier ses manquements. Puis vient le jour du bal....

Joël Pommerat opte pour une adaptation du conte moderne avec des familles recomposées, le harcèlement subi par la jeune femme, la difficulté à faire son deuil, les violences relationnelles... Il s'approprie le conte populaire.

"Je me suis intéressé particulièrement à cette histoire quand je me suis rendu compte que tout partait du deuil, de la mort (de la mère de Cendrillon). À partir de ce moment, j’ai compris des choses qui m’échappaient complètement auparavant. J’avais en mémoire des traces de Cendrillon version Perrault ou du film de Walt Disney qui en est issu : une Cendrillon beaucoup plus moderne, beaucoup moins violente, et assez morale d’un point de vue chrétien. C’est la question de la mort qui m’a donné envie de raconter cette histoire, non pas pour effaroucher les enfants, mais parce que je trouvais que cet angle de vue éclairait les choses d’une nouvelle lumière. Pas seulement une histoire d’ascension sociale conditionnée par une bonne moralité qui fait triompher de toutes les épreuves ou une histoire d’amour idéalisée. Mais plutôt une histoire qui parle du désir au sens large : le désir de vie, opposé à son absence. C’est peut-être aussi parce que comme enfant j’aurais aimé qu’on me parle de la mort qu’aujourd’hui je trouve intéressant d’essayer d’en parler aux enfants.[...]" Joël Pommerat, entretien avec Christian Longchamp

Ce que j'ai moins aimé :

Je n'ai pas été sensible à cette adaptation, peut-être éprouverai-je plus d'intérêt en voyant la mise en scène, souvent la lecture ne suffisant pas pour le théâtre. J'ai trouvé cet univers très noir, manquant de lumière et d'humanité.
 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

Publié dans Théâtre

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Les sorcières de Salem de Arthur MILLER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

" Il ne s’agit pas de confondre les jeux d’une enfant avec les maléfices d’une sorcière. "

En 1692 dans plusieurs villages du Massachusetts proches de Salem, plusieurs personnes sont accusées de sorcellerie et exécutées sur la foi de ces affirmations. Il s'agit de la la chasse aux sorcières la plus importante de l'histoire de l'Amérique du Nord.

En 1953 dans un contexte fortement marqué par le maccarthysme, une autre forme des chasses aux sorcières, Arthur Miller écrit cette pièce, montrant ainsi qu'à plusieurs siècles d'intervalle les mêmes erreurs se répètent et des personnes peuvent être accusées et condamnées sans preuve.

Il reprend ainsi l'histoire des sorcières au moment où Abigail, jeune femme de 17 ans a provoqué chez l'une de ses camarades Betty une crise profonde : elle a convié plusieurs de ses amies à une cérémonie nocturne durant laquelle elle a bu un philtre à base de sang.  Le Révérend Samuel Parris père de Betty et oncle d'Abigail cherche à cacher cette cérémonie durant laquelle les morts ont été invoqués, il fait appel  au révérend Hale pour l'aider à chasser le Démon de la ville.

Mais l'affaire s'envenime se transformant en chasses aux sorcières et prétexte à de multiples accusations invérifiables. A qui faire confiance si ce n'est à soi-même ? Faut-il mentir pour sauver sa peau ?

« Ne vous attachez donc pas à des principes si ces principes doivent faire couler le sang. C’est justement une loi trompeuse que celle qui nous conduit au sacrifice. La vie est le plus précieux des dons de Dieu, et rien ne donne le droit à personne de l’ôter à un être.»

« Faites ce que vous voudrez, mais ne laissez personne être votre juge. »

La frontière entre raison et folie s'avère infime, l'imagination portant ici bien son nom de "folle du logis". Malheureusement, le fanatisme rôde encore et toujours, profitant de ces failles pour s'engouffrer et condamner arbitrairement. Même la notion de justice est alors mise à mal.

Un grand texte qui nous enjoint à rester attentifs, toujours...

 

Présentation de l'éditeur : Pavillons poche

Publié dans Théâtre

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Juste la fin du monde de Jean-Luc LAGARCE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

« C’est comme la nuit en pleine journée, on ne voit rien, j’entends juste les bruits, j’écoute, je suis perdu et je ne retrouve personne. »

Louis rend visite à sa famille pour la première fois depuis des années. Il retrouve sa mère, sa sœur Suzanne, son frère Antoine et sa belle-sœur Catherine. Il a l'intention de leur annoncer sa maladie et sa mort prochaine irrémédiable, mais son arrivée fait ressurgir souvenirs et tensions familiales. Chacun exprime divers reproches et tout se joue alors dans les interstices, dans les silences, les répétitions. Ce qu'on dit, ce qu'on ne dit pas, ce qu'on pense que l'autre pense, ce qu'il ignore. Tout est subtil, lié aux blessures de l'enfance, au fait de se sentir aimé ou pas, rejeté, mis à l'écart, mis en valeur. Quoiqu'il arrive, rien n'est évident tant les relations familiales restent complexes et tant le langage est limité pour exprimer les vagues du conscient et de l'inconscient entremêlées étroitement.

Les êtres se frôlent certains haussent le ton comme Antoine, d'autres se taisent comme Louis, plus discret. Catherine pourrait incarner l'équilibre celle qui rassemble et comprend. Mais c'est la mère qui finalement sera clairvoyante quand elle dira : « […] la journée se terminera ainsi comme elle a commencé, / sans nécessité, sans importance. »

Mes réticences :

A la première lecture, je me suis perdue, et ce n'est qu'une fois que j'ai vu la magnifique adaptation de Xavier Dolan avec ces acteurs exceptionnels que j'ai mieux compris les enjeux de la pièce.

Bilan :

Un texte fort qui vibre longtemps ...

« Je me remets en route avec seul le bruit de mes pas sur le gravier. / Ce sont des oublis comme celui-là que je regretterai. »

Publié dans Théâtre

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Turcaret de LESAGE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Turcaret est un ancien domestique devenu un riche financier. Il en profite pour tromper son monde sans scrupules. Il est tout dévoué à une Baronne à qui il offre sa prodigalité, mais celle-ci est elle -même amoureuse d'une jeune et fringant chevalier.

Cette comédie enlevée est digne de celles offertes par Molière. Finalement, tout le monde est lésé, les tromperies sont réciproques, les défauts de chacun leur vaudront une leçon.

"J’admire le train de la vie humaine. Nous plumons une coquette, la coquette mange un homme d’affaires, l’homme d’affaires en pille d’autres : cela fait un ricochet de fourberies le plus plaisant du monde. "

Lesage en profite pour faire la satire des fortunes improvisées, il critique âprement les usuriers dans une comédie au rythme dynamique et aux répliques cinglantes.

Une agréable découverte !
 

Du même auteur : Le diable boiteux

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Hernani de Victor Hugo

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

« La vengeance est boiteuse, elle vient à pas lents, mais elle vient. »

L'intrigue se situe au moment où Don Carlos devient Charles Quint, soit le monarque le plus puissant de l'histoire de l'Occident, un moment historique marquant. Mais l'histoire est ici envisagée du point de vue de l'individu, elle s'incarne dans un individu déterminé, ici le personnage de Hernani. Héros romantique par excellence, c'est la passion amoureuse qui le pousse en avant, qui incarne en lui une force qui l'oblige à agir. Au coeur de cette passion, Dona Sol, promise à don Ruy Gomez et également courtisée par le roi Don Carlos, mais amoureuse de Hernani. Ces hommes vont s'affronter, sommés de choisir entre honneur et passion. Mais un roi peut-il ne pas être mauvais ? La souveraineté ne réclame-t-elle pas quelques violences ? Tout comme la vengeance ?

Victor Hugo tire son sujet d'une vieille chronique espagnole et mélange savamment dans sa pièce le grotesque et le sublime, posant ainsi les premiers jalons de son théâtre romantique. Entre février et novembre 1830, la bataille d'Hernani a fait rage chaque soir au Théâtre-Français, opposant les anciens aux modernes, adeptes des romantiques. Quand les uns huaient la pièce, les autres tentaient de la soutenir.

Hernani. Les feux de la rampe. 1830. Source : BnF/Gallica

Non seulement cette pièce est marquante car elle est un tournant dans l'histoire du théâtre français, mais aussi en raison de ses personnages emblématiques à la fois comiques et tragiques, pathétiques, si proches de l'humain.
 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Du même auteur : Le dernier jour d'un condamnéRuy Blas

Publié dans Théâtre

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Tous des oiseaux de Wajdi MOUAWAD

Publié le par Hélène

♥ ♥

Eitan, juif allemand et Wahida, arabe américaine se rendent en Israël sur les traces de leurs origines, mais sur le pont Allenby, entre Israël et la Jordanie, Eitan est victime d’une attaque terroriste et tombe dans le coma. Défilent alors devant lui ses parents, ses grands-parents, et les non dits liés à l'Histoire éclatent ...

Dans cette pièce, Wajdi Mouawad revient sur ses thèmes de prédilection, l'héritage culturel et générationnel de chacun, et la difficulté de se construire une identité face à cette mosaïque que nous laissent en héritage nos parents. De surcroît, les êtres doivent s'adapter face à un monde souvent violent, puisque son évoqués ici, entre autres, l'idéologie nazie, le conflit israélo palestinien, la guerre du Liban en 1982... Mais l'histoire du monde ne s'arrête pas à la frontière de son pays, et tout un chacun est issu de cette histoire du monde. Les hommes sont "tous des oiseaux", fruits de diverses cultures, de rencontres improbables... La pièce est ainsi jouée en plusieurs langues, signifiant qu'il faut savoir passer d’un monde à l’autre, d’une langue à l’autre.

Sommes nous finalement condamnés à reproduire ce que notre peuple a vécu, , sommes-nous condamnés à reproduire l'histoire de nos parents ? Wajdi Mouawad s'attache à comprendre l'autre, qu'il soit ami ou ennemi parce que l'histoire l'a décidé. Il nous guide peu à peu vers l'humanité d'un monde enfin réconcilié...

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

Du même auteur : Anima ♥ ♥ ♥ ; Incendies ♥ ♥ ♥ (Théâtre)

 

Publié dans Théâtre

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