Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

theatre

L'état de siège d'Albert CAMUS

Publié le par Hélène

♥ ♥

"De plus loin que je me souvienne, il a toujours suffi qu'un homme surmonte sa peur et se révolte pour que leur machine commence à grincer. Je ne dis pas qu'elle s'arrête, il s'en faut. Mais enfin, elle grince, et, quelquefois, elle finit vraiment par se gripper."

De cette pièce, Camus dit qu'elle "est peut-être celui de ses écrits qui [lui] ressemble le plus."

Dans une petite ville paisible, peu à peu la peste se propage, incarnée par un homme, symbole d'un régime totalitaire. Cette peste instaure alors l'état de siège qui apporte ordre, contrôle et surveillance. Tous semblent se plier à la terreur engendrée par cet état, tous, sauf Diego, qui décide de ne plus avoir peur et de se révolter.

"Qu'ai-je donc à vaincre en ce monde, sinon l'injustice qui nous est faite."

Chez Camus, cette révolte est une activité intellectuelle, nécessitant un courage permanent, elle est un engagement nécessaire. Il visait aussi bien l'Occupation et l'extermination des juifs en Europe que toutes les terreurs de l'état totalitaire vise l'Etat policier ou bureaucratique.

"Vous avez cru que tout pouvait se mettre en chiffres et en formules ! Mais dans votre belle nomenclature, vous avez oublié la rose sauvage, les signes du ciel, les visages d'été, la grande voix de la mer, les instants du déchirement et la colère des hommes ! (Elle rit.) Ne riez pas. Ne riez pas, imbécile. Vous êtes perdus, je vous le dis. Au sein de vos plus apparentes victoires, vous voilà déjà vaincus, parce qu'il y a dans l'homme -regardez-moi- une force que vous ne réduirez pas, ignorante et victorieuse à tout jamais. C'est cette force qui va se lever et vous saurez alors que votre gloire était fumée."

Seul un mouvement collectif de révolte peut conduire à un changement :

"De plus loin que je me souvienne, il a toujours suffi qu'un homme surmonte sa peur et se révolte pour que leur machine commence à grincer. Je ne dis pas qu'elle s'arrête, il s'en faut. Mais enfin, elle grince, et, quelquefois, elle finit vraiment par se gripper."

"Le désespoir est un bâillon. et c'est le tonnerre de l'espoir, la fulguration du bonheur qui déchirent le silence de cette ville assiégée. debout vous dis-je ! Si vous voulez garder le pain et l'espoir, détruisez vos certificats, crevez les vites des bureaux, quittez les files de la peur, criez la liberté aux quatre coins du ciel ! Nous sommes les plus misérables ! L'espoir est notre seule richesse, comment nous en priverions-nous ? Frère, nous jetons tous ces bâillons ! (Grand cri de délivrance) Ah ! sur la terre sèche, dans les crevasses de la chaleur, voici la première pluie ! Voici l'automne où tout reverdit, le vent frais de la mer. L'espoir nous soulève comme une vague."

Une oeuvre toujours actuelle !

 

Présentation de l'éditeur : Folio théâtre

Du même auteur : La peste ♥ ♥ ♥

 

L'état de siège, Albert Camus, Première parution en 1949, Édition de Pierre-Louis Rey,Collection Folio théâtre (n° 52), Gallimard,Parution : 09-10-1998, 8.49 euros

 

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Huis clos de Jean-Paul SARTRE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Tu n'es rien d'autre que ta vie."

Dans un salon empire, débarquent trois personnages, trois pécheurs, Garcin, Inès et Estelle. Ils en se connaissent pas, ne se sont jamais croisés, sont issus de milieux différents, mais vont devoir apprendre à vivre ensemble, dans cette pièce. Chacun des trois personnages sera jugé par les deux autres sur les actes qui ont constitué son existence. La pièce ne comporte pas de miroir, de fait c'est le regard de l'autre qui sert de jugement. Pas de bourreau dans cette antichambre des enfers, l'autre se chargera bien assez facilement du travail !

"Ouvrez ! Ouvrez donc ! J’accepte tout : les brodequins, les tenailles, le plomb fondu, les pincettes, le garrot, tout ce qui brûle, tout ce qui déchire, je veux souffrir pour de bon. Plutôt cent morsures, plutôt le fouet, le vitriol, que cette souffrance de tête, ce fantôme de souffrance, qui frôle, qui caresse et qui ne fait jamais assez mal."

L'enfer c'est le regard que nous portons sur les autres, du fait de l'image que nous leur renvoyons. cela ne signifie pas que tout rapport à l'autre est impossible,  mais qu'il faut s'abstraire de cette dépendance au jugement d'autrui.

"- Estelle, est-ce que je suis un lâche ?

- Mais je n'en sais rien, mon amour, je ne suis pas dans ta peau. C'est à toi de décider."

L'enfer, ce sera de trop porter attention au moindre haussement de sourcil de l'autre, au moindre mot à double sens, alors qu'au fond, notre vérité est en nous et non pas en l'autre.

"Alors c'est ça l'enfer. je n'aurais jamais cru... Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril... Ah ! Quelle plaisanterie. Pas besoin de gril : l'enfer, c'est les Autres."

L'homme est englué dans sa mauvaise foi, Garcin dans la pièce est lâche quand Estelle n'assume aucunement ses actes. Inès seule assume l'entièreté de ses actes, elle est la seule "authentique" de la pièce. Et sans ce réveil nécessaire, nous sommes des morts vivants, des "encroutés", nous sommes libres de nous détacher de ces contingences

"On est ce qu'on veut. (...) Seuls les actes décident de ce qu'on a voulu"

Nous pouvons changer des actes par d'autres actes, nous pouvons briser le cercle infernal, l'homme est libre et responsable de son existence, comme le répète les existentialistes. L'homme existe et se construit ensuite, et de fait, il est responsable de ses actes.

Un texte terriblement d'actualité au regard des réseaux sociaux, l'Autre par excellence...

 

Présentation de l'éditeur : Folio

 

Huis clos, Jean-Paul Sartre, Folio, 256 p., 7.80 euros

 

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Pour un oui ou pour un non de Nathalie SARRAUTE

Publié le par Hélène

♥ ♥  ♥ ♥

Deux amis se retrouvent après une longue séparation. Ils s'affrontent alors autour des mots, l'éloignement ayant été provoqué par la phrase malheureuse de l'un d'eux.

Dans cette confrontation entre H1 et H2, si le poids des mots a son importance, les silences jouent un rôle non négligeable aussi, de ces pauses malencontreuses qui ouvrent à des interprétations multiples et variées. Telle intonation pourra être mal perçue, mal interprétée par l'être trouble qui se trouve en face de nous. Car derrière le rêve de transparence inhérent à toute communication, avorte le tropisme, ce quelque chose qui se tient tapi à l'orée de nos conversations.

D'interprétation malheureuse en connotations discordantes, finalement, ce seront deux camps adverses qui finiront par s'affronter : celui des "ratés", des contemplateurs artistes et celui des travailleurs plus matérialistes qui s'agitent. La condescendance souvent déplacée que les autres peuvent ressentir pour nous brouillent les messages.

"H.1 : Maintenant ça me revient : ça doit se savoir...Je l'avais déjà entendu dire. On m'avait dit de toi :《 Vous savez, c'est quelqu'un dont il faut se méfier. Il parait très amical, affectueux...et puis, paf ! Pour un oui ou pour un non...on ne le revoit plus.》 J'étais indigné, j'ai essayé de te défendre... Et voilà que même avec moi...
Si on me l'avait prédit...vraiment, c'est le cas de le dire : pour un oui ou pour un non...parce que j'ai dit : "c'est bien, ça"...oh pardon, je ne l'ai pas prononcé comme il fallait : 《 C'est biiiien...ça..." "

Par le biais de ces discours discordants, l'incommunicabilité entre les êtres qui se manquent "pour un oui ou pour un non" se jouent sous nos yeux.

 

« Cette opposition est celle, somme toute classique, entre l’homme public et la personne privée, celui qui vit dans le siècle et celui qui vit dehors, celui qui accepte la société et celui qui la refuse au profit d’une vie intérieure riche, d’une existence d’artiste pauvre et méconnu. L’originalité de la pièce consiste à confronter dramatiquement ces deux tendances en montrant comment chaque monde aspire aussi à s’approprier l’autre. H1 veut percer le secret de son ami, avoir accès à l’art, aux sensations ; H2 cherche à nommer, à apprivoiser le monde social extérieur, en mettant un peu d’ordre dans son monde intérieur. Mais ni la mondanité superficielle, ni le retrait du monde ne sont satisfaisants ou possibles ; ils sont plutôt – et telle est la leçon de leur combat – complémentaires comme le oui et le non, comme les deux plateaux de la balance ou les deux côtés d’un tourniquet. » Le théâtre contemporain, Patrice Pavis, Armand Colin 2011

 

 

Présentation de l'éditeur : Folio

 

Pour un oui ou pour un non, Nathalie Sarraute, Folio théâtre, 96 p., 1999, 5.90 euros

 

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Ruy Blas de Victor HUGO

Publié le par Hélène

                                      

♥ ♥ ♥

"Oh! s'il est vrai que Dieu, par un prodige étrange

En nous donnant l'amour, voulut mêler en nous

Ce qui fait l'homme grand à ce qui le fait doux."

 

La reine, femme du roi Charles II  s'ennuie loin de son Allemagne natale. 

"Pauvre femme ! passer tous ses jours dans la gêne, 

Au fond de cette cour insipide ! et n'avoir

D'autre distraction que le plaisir de voir,

Au bord de ce marais à  l'eau dormante et plate,

Un vieux comte amoureux rêvant sur une patte !"

Seule distraction dans ses journées mornes, la découverte quotidienne d'un bouquet de ses fleurs préférées sur un banc. Elle apprend rapidement que ce don miraculeux est le fait de Don César, un noble. Ce qu'elle ignore est que celui qui se cache sous les traits de Don César n'est qu'un valet, un "ver de terre amoureux d'une étoile", simple outil de la vengeance d'un grand d'Espagne, Don Salluste, disgracié par la reine. Seuls les sentiments de Ruy Blas sont véritables, tout le reste n'étant que faux semblant visant à discréditer la reine. 

Quel sort subira cet amour impossible qui cherche à s'affranchir des lois sociales ? 

Ruy Blas est un symbole puissant pour le romantique Hugo : héros romantique, il a soif d'idéal et vit son amour fantasmatique dans un lyrisme brûlant. Mais il représente aussi le souffle de la révolte puisque pour l'auteur le peuple doit pouvoir accéder aux plus hautes fonctions de la nation. Ruy Blas incarne ce potentiel révolutionnaire du peuple. Face à une noblesse décadente, la vacance du pouvoir permet tous les espoirs.

Hugo malmène les règles classiques dans ce drame romantique : la règle des trois unités n'est guère respectée, l'alexandrin est disloqué et enfin le grotesque cotoie le sublime, parce que seule cette alliance garantit une représentation fidèle de la vie sous tous ses aspects. 

Un drame romantique aux nombreuses ramifications, puissant et émouvant.

 

Vous aimerez aussi : 

Du même auteur : Préface de Cromwell

Autre : On ne badine pas avec l'amour de Musset

Sur l''auteur : Larousse ; BNF 

Sur l'histoire : http://lettres.ac-rouen.fr/francais/romantik/ruy-blas/accueil2.html

 

Ruy Blas, Victor Hugo, Belin Gallimard, Classico lycée, 3.55 euros

Je conseille cette édition, parfaite pour les lycéens car elle comporte un dossier complet en fin de volume avec des fiches sur ce qu'il faut retenir. Très didactique.

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Phèdre de Jean RACINE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ; un trouble s'éleva dans mon âme éperdue"

Le roi Thésée s'est absenté depuis longtemps. En son absence, son fils Hippolyte est tombé amoureux de Aricie, captive ennemie de Thésée. La reine Phèdre se laisse mourir, avouant finalement à sa nourrice, Oenone qu'elle éprouve une passion incestueuse pour son beau-fils. L'annonce de la mort de Thésée délie les langues, chacun avouant enfin ses désirs secrets. C'est alors que Thésée réapparaît... 

Phèdre est la figure tragique par excellence : marquée du sceau de la fatalité puisque Vénus, décidée à se venger du Soleil et de sa descendance parce qu’il a révélé ses amours illicites avec le dieu Mars, condamne Phèdre à aimer son beau-fils Hippolyte. Phèdre a beau lutter contre ses sentiments, elle n’est pas de taille face à la force de l’amour et du destin. Aveuglée, désemparée, elle se tourne vers sa confidente mais sera mal conseillée.

Ce texte d’une grande beauté décrit le déchirement de la passion inassouvie et illicite. Le combat passion-raison est un leitmotiv de la tragédie classique : comment concilier pulsions passionnelles et honneur lié à la raison ? Sont-ils finalement conciliables ? Dans la lignée des perspectives jansénistes les personnages raciniens sont les enjeux d’une lutte entre forces du  bien et forces du mal. Ils aspirent à la lumière mais restent englués dans le péché.

« Les personnages de Racine sont semblables à ces dormeurs qui, plongés dans un épouvantable cauchemar, se voient courir au désastre, à la mort, sans pouvoir les éviter, se sentent poursuivis par des êtres effrayants, sans avoir la force de faire un geste pour leur échapper » Gide

 

Admirablement mis en scène par Chéreau

Sur Racine : Univers des lettres 

 

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

La cantatrice chauve de Eugène IONESCO

Publié le par Hélène

                              

♥ ♥ ♥

"A propos et la cantatrive chauve ?

- Elle se coiffe toujours de la même façon."

Mon avis :

La cantatrice chauve est la première pièce d'Eugène Ionesco, représentée pour la première fois en 1950, son succés ne s'est jamais démenti puisqu'elle est jouée au théâtre de la Huchette depuis 1957 et est ainsi une des pièces comptant le plus de représentations en France. 

L'auteur s'est inspiré de la méthode Assimil pour l'apprentissage de l'anglais pour construire une pièce qui témoigne de la tragédie du langage : la parole s'est vidée de son contenu et est devenue absurde. Les notions elles-mêmes se sont vidés de leur sens, les gestes devenus sans signification. Ainsi les conversations des protagonistes débordent de clichés, créant un monde étrange, absurde. 

M. et Mme Smith sont des bourgeois anglais qui reçoivent à dîner un autre couple d'amis, Les Martin. S'invite également à la fête un pompier de passage, à la recherche de feux à éteindre. Ces bourgeois conformistes utilisent un langage préconçu qui ne veut  plus rien dire :

"Tout ce qui est humain est honorable." 

"Dans la vie il faut regarder par la fenêtre."

"Il faut toujours penser à tout."

"Prenez un cercle, caressez-le, il deviendra vicieux !"

ils disent tout et son contraire, joyeusement :

"Le coeur n'a pas d'âge.

- C'est vrai.

- On le dit.

- On dit aussi son contraire.

- La vérité est entre les deux."

Les Smith et les Martin sont les archétypes de la bourgeoisie dépourvus de toute psychologie. Dans un entretien de l'auteur avec Claude Bonnefoy, Ionesco confie que ses personnages sont "vidés de toute substance, de toute réalité psychologique (...) disent n'importe quoi et ce n'importe quoi n'a pas de signification. C'est cela la pièce. (...) On a voulu donner de cela des interprétations psychologiques, sociologiques, réalistes, on a vu les personnages des petits bourgeois caricaturés. Peut-être. C'est un peu cela. Un peu." 

Ionesco critique les clichés de la conversation et de là crée une parodie du théâtre. 

La logique est elle aussi mise à mal : la théorie ne s'accorde pas toujours à la pratique. L'expérience elle-même peut être trompeuse comme en témoigne l'épisode de la sonnette : quand on entend sonner à la porte et que par deux fois il n'y a personne, faut-il en conclure que rien ne sert d'ouvrir quand on sonne ? Les faits supplantent-ils la théorie ? 

L'absurdité règne dans un monde déstructuré, et si le spectateur rit, il finit par comprendre le tragique de sa condition. 

Auteur :

Académie française ; Larousse

Entretien dans le Magazine Littéraire

Informations sur le livre et analyses :

L'Académie d'Aix-Marseille propose de nombreux liens

 

A voir :

Au théâtre de la Huchette à Paris

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Rhinocéros

 

La cantatrice chauve, Eugène ionesco, Folio théatre, 6.20 euros

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Le mariage de Figaro de BEAUMARCHAIS

Publié le par Hélène

mariage-de-figaro.jpg 

♥ ♥ ♥

​« Il n'y a que les petits hommes qui craignent les petits écrits. »

 

L’auteur :

Sur le site Bac de Français

 L’histoire :

 Figaro, le valet du comte Almaviva, doit épouser Suzanne, camériste de la comtesse. Mais le comte qui n’est plus aussi amoureux de sa femme ne détesterait pas voir rétabli certain « droit du seigneur » que lui-même a aboli : bref, il poursuit Suzanne de ses assiduités en lui faisant miroiter la dot qu’il lui a promise. De son côté, Marceline, femme d’un certain âge, entend se faire épouser par Figaro en vertu d’un engagement qu’il lui a signé jadis par plaisanterie. Or, le juge de paix, c’est le comte Almaviva et pour se venger du dédain de Suzanne, il pourrait bien ordonner ce mariage...

 

Ce que j’ai aimé :

Le sous titre de cette pièce bien connue de Beaumarchais est "La folle journée", intitulé qui lui convient parfaitement tant le rythme de cette pièce est enlevé, gai, les répliques fusant, rapides et divertissantes. Les personnages sont spirituels, et savent manier le langage avec brio pour arriver à leurs fins : qu'il s'agisse du comte qui souhaite séduire Suzanne, ou de Suzanne et de la comtesse qui se liguent pour le faire échouer : 

« En fait d'amour, vois-tu, trop n'est pas même assez. »

« Prouver que j’ai raison serait accorder que je puis avoir tort »

« La femme la plus aventurée sent en elle une voix qui lui dit, sois belle si tu peux, sois sage si tu veux mais sois considérée, il le faut. »

La tension liée à l'intrigue est désamorcée par le rire : personnages de comédie ridicules, situtations comiques avec les personnages qui aiment se cacher pour échapper à une mauvaise rencontre, personnages déguisés qui suscitent des équivoques, atmosphère riante pour aborder des sujets plus graves, comme le dit Figaro dans Le Barbier de Séville : "Je me presse de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer."

Beaumarchais dénonce en effet les abus de pouvoir des plus puissants sur les plus faibles, ou encore des hommes sur les femmes. La comtesse est délaissée par un mari volage et se réfugie dans son engouement pour un jeune page émoustillé par son adolescence, Suzanne essaie d'échapper au comte qui veut réhabiliter le "droit du seigneur", le comte s'appuie sur ses privilèges et son pouvoir pour faire plier les autres à ses caprices. Il use de son argent et de son pouvoir, notamment par l'entremise du procés qui oppose Marceline et Figaro pour obtenir les faveurs de Suzanne. Beaumarchais s'est trouvé lui-même en plusieurs occasions en rivalité avec les Grands de ce monde, et il ne doit sa réussite et son succés qu'à ses mérites personnels et non aux privilèges dûs à sa naissance. Il a de plus connu aussi les imbroglios des palais de justice et des procès sans fins qui marquent les dysfonctionnements de l'institution judiciaire de l'époque. Le personnage de Figaro lui ressemble en divers points

« Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. »

 « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. » 

Dans son célèbre monologue, Figaro  veut prouver que sa valeur dépasse celle de son maître et que naissance et mérite ne sont pas liés. Le récit de sa vie montre une société de l'Ancien Régime sclérosée, qui ne laisse aucune ouverture au talent des hommes et favorise l'origine sociale plutôt que les qualités de la personne. Cette société de l'Ancien Régime porte aussi profondément atteinte à la dignité des femmes. Marceline sera le porte parole des femmes dans la pièce : séduite dans sa jeunesse et trompée dans ses espoirs par Bartholo, elle révèle la différence de traitement que subissent les femmes dans la société. 

AInsi, Beaumarchais nous offre une oeuvre virtuose qui ne précède que de quelques années la prise de la Bastille le 14 juillet 1789... Napoléon Bonaparte aurait même déclaré "Le Mariage de Figaro, c'est déjà la révolution en action."

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

Mes réticences tiendront dans la problématique récurrente liée au théâtre : est-il fait pour être lu ou vu . Les rebondissements étant multiples ici, je vous conseille plutôt de voir cette pièce sur scène pour rendre davantage justice à son rythme tonitruant, à ses quiproquos et rebondissements incessants.

 

Premières répliques :

« ACTE PREMIER

   Le théâtre représente une chambre à demi démeublée; un grand fauteuil de malade au milieu. Figaro, avec une toise, mesure le pancher. Suzanne attache sa tête, devant une glace, le petit bouquet de fleurs d'orange appelé chapeau de la mariée.

 

SCENE 1

FIGARO, SUZANNE

 

" FIGARO: Dix-neuf pieds sur vingt-six.

SUZANNE: Tiens, Figaro, voilà mon petit chapeau; le trouves-tu mieux ainsi ?

FIGARO lui prend les mains: Sans comparaison, ma charmante. Oh ! que ce joli bouquet virginal, élevé sur la tête d'une belle fille, est doux, le matin des noces, à l'oeil amoureux d'un époux !...

SUZANNE se retire: Que mesures-tu donc là, mon fils ?

FIGARO: Je regarde, ma petite Suzanne, si ce beau lit que Monseigneur nous donne aura bonne grâce ici.

SUZANNE: Dans cette chambre ?

FIGARO: Il nous la cède.

SUZANNE: Et moi je n'en veux point.

FIGARO: Pourquoi ?

SUZANNE: Je n'en veux point. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Le barbier de Séville, La mère coupable

Autre : Théâtre

 

Editions diverses et variées...

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de MUSSET

Publié le par Hélène

                                         

♥ ♥ ♥

"Je veux aimer, mais je ne veux pas souffrir ; je veux aimer d'un amour éternel, et faire des serments qui ne se violent pas. Voilà mon amant."

 

Mon avis :

C'était au temps où Alfred de Musset venait de voir s'éteindre sa liaison avec Georges Sand. Sa déception marque de son sceau désabusé cette pièce, dans laquelle le badinage n'engendre que la souffrance chez des personnages pourtant en quête d'absolu. Victimes de leur orgueil, défaut inhérent au genre humain, ils se font du mal et heurtent violemment des personnes de leur entourage. 

"Qu'est-ce que tu es venu faire sur nos lèvres, orgueil, lorsque nos mains allaient se joindre ?"

"Le bonheur est une perle si rare dans cet océan d'ici-bas (...) Il a bien fallu que nous nous fissions du mal, car nous sommes des hommes. O insensés !"

Cette comédie d'intrigue sentimentale tourne au drame, le badinage se termine mal.

Car pour Musset, l'amour n'est pas à prendre à la légère, c'est une chose bien trop sérieuse et précieuse pour qu'on s'en moque. Alfred de Musset nous conte une comédie dramatique teintée d'un romantisme désenchanté. Le titre même de sa pièce veut lui conférer une portée universelle : l'histoire de Camille et Perdican doit avoir une valeur exemplaire. Formés par des adultes emprisonnés dans une morale étriquée, les jeunes gens tentent de redéfinir un amour débarrassé de mensonges.

En vain. 

Et pourtant, ce qu'il restera de cette pièce est cette magnifique tirade, initialement inspirée par une lettre adressée à Georges Sand du temps de leur idylle :

"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice crée par mon orgueil et mon ennui."

 

Information sur le livre :

L'auteur :   Sur le site de la BNF et ICI

L'histoire : Camille, qui sort du couvent, et Perdican, titulaire d’un doctorat, se retrouvent, après dix ans de séparation, dans le château de leur enfance où ils ont grandi et se sont aimés. Le père de Perdican souhaite les marier. C’était sans compter l’orgueil des deux jeunes gens …

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Il ne faut jurer de rien

Autre : Ruy Blas

 

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Rhinocéros de Eugène IONESCO

Publié le par Hélène

                                                rhinoceros.jpg

 ♥ ♥ ♥

« Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu’au bout ! Je ne capitule pas ! » (p.246)

 

L’auteur :

Né à Slatina (Roumanie), le 13 novembre 1909. Né d'un père roumain et d'un mère française, Eugène Ionesco passa sa petite enfance en France. Il y écrivit à onze ans ses premiers poèmes, un scénario de comédie et un « drame patriotique ». En 1925, le divorce de ses parents devait le conduire à retourner en Roumanie avec son père. Il fit là-bas des études de lettres françaises à l'université de Bucarest, participant à la vie de diverses revues avant-gardistes.
En 1938 il regagnait la France pour préparer une thèse, interrompue par le déclenchement de la guerre qui l'obligea à regagner la Roumanie. C'est en 1942 qu'il devait se fixer définitivement en France, obtenant après la guerre sa naturalisation.
En 1950, sa première œuvre dramatique, La Cantatrice chauve, sous-titrée « anti-pièce », était représentée au théâtre des Noctambules. Échec lors de sa création, cette parodie de pièce allait durablement marquer le théâtre contemporain, et faisait de Ionesco l'un des pères du « théâtre de l'absurde », une dramaturgie dans laquelle le non-sens et le grotesque recèlent une portée satirique et métaphysique, présente dans la plupart des pièces du dramaturge. Citons, entre autres, La Leçon (1950), Les Chaises (1952), Amédée ou comment s'en débarrasser (1953), L'Impromptu de l'Alma (1956), Rhinocéros (1959), dont la création par Jean-Louis Barrault à l’Odéon-Théâtre de France apporta à son auteur la véritable reconnaissance. Viendront ensuite Le Roi se meurt (1962), La Soif et la Faim (1964), Macbeth (1972).
Auteur de plusieurs ouvrages de réflexion sur le théâtre, dont le célèbre Notes et contre-notes, Eugène Ionesco connut à la fin de sa vie cette consécration d'être le premier auteur à être publié de son vivant dans la prestigieuse bibliothèque de la Pléiade.
Eugène Ionesco fut élu à l'Académie française le 22 janvier 1970, par 18 voix contre 9 à Jules Roy, au fauteuil de Jean Paulhan. Il fut reçu par le professeur Jean Delay, le 25 février 1971.
Mort le 28 mars 1994. (Source : Académie française)

 L’histoire :

 Rhinocéros est la pièce la plus riche de Ionesco. Elle ne perd rien de l'esprit d'innovation, de provocation, des premières pièces. Comme elles, celle-ci mélange les genres et les tons, le comique et le tragique. Mais l'innovation principale qui s'introduit ici est la réflexion sur l'Histoire, à travers le mythe. La pièce est une condamnation de toute dictature (en 1958, on pense au stalinisme). Ionesco condamne autant le fascisme que le communisme. C'est donc une pièce engagée : « Je ne capitule pas », s'écrie le héros.

Le rhinocéros incarne le fanatisme qui « défigure les gens, les déshumanise ». On sent l'influence de La Métamorphose de Kafka. Dans une petite ville, un rhinocéros fait irruption. Par rapport à lui, les personnages prennent diverses attitudes. Certains se transforment en rhinocéros ; un troupeau défile. Seul Bérenger résiste à la marée des bêtes féroces, symboles du totalitarisme. (Source : éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

 Les situations du début de la pièce et les conversations sont totalement absurdes, pointant également du doigt les errements liés au langage et les quiproquos que cela peut induire. Les scènes sont alors comiques, mais annoncent en filigrane le tragique à venir.

 « JEAN : Vous rêvez debout !

BERENGER : Je suis assis.

JEAN : Assis ou debout, c’est la même chose.

BERENGER : Il y a tout de même une différence.

JEAN : Il ne s’agit pas de cela. » (p. 35)

 Le langage stéréotypé ne peut rendre fidèlement compte des pensées des personnages, piégé, il n’est souvent qu’automatisme :

 « Autre syllogisme : tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat. » (p. 46)

 Le débat qui sévit sur scène est le reflet de celui qui hante ceux qui ont connu la montée des idéologies totalitaires en Europe : confrontés à un débat idéologique grave, ils peuvent ou suivre la masse et devenir tous rhinocéros, ou résister comme Bérenger en prenant le risque d’être les seuls…

 « Peut-on savoir où s'arrête le normal, où commence l'anormal ? Vous pouvez définir ces notions, vous, normalité, anormalité ? Philosophiquement et médicalement, personne n'a pu résoudre le problème. » (p. 195)

 « Vous ne pouvez nier que le racisme est une des grandes erreurs du siècle. » (p. 95)

 L’absurde au sens large nous poussent à réfléchir sur le sens de l’existence et sur l'attitude à adopter face à l'hostilité du monde et à la mort inéluctable... Comme Bérenger, il faut apprendre à se révolter contre la rhinocérite, contre l'absurde d'une existence qui nous ailéne.

  « Sentir sa vie, sa révolte, sa liberté, et le plus possible, c'est vivre et le plus possible. Là où la lucidité règne, l'échelle des valeurs devient inutile... Le présent et la succession des présents devant une âme sans cesse consciente, c'est l'idéal de l'homme absurde » (Camus)

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien

Premières répliques :

 « L’EPICIERE
Ah ! celle-là ! (A son mari qui est dans la boutique.) Ah ! celle-là, elle est fière. Elle ne veut plus acheter chez nous. »

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : La cantatrice chauve

Autre : En attendant Godot de Samuel BECKETT

 D’autres avis :

 Canel

 Rhinocéros, pièce en trois actes et quatre tableaux, Eugène Ionesco, Folio, 6.95 euros 

 

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

A mon âge, je me cache encore pour fumer de RAYHANA

Publié le par Hélène

a-mon-age.jpg

♥ ♥ ♥

 « SAMIA - D’être avec vous comme ça, je me sens forte comme un homme.

NADIA - Une femme  Samia, une femme ! » (p. 103)

  

L’auteur :

 Née dans le quartier de Bab el-Oued à Alger, Rayhana a suivi les cours de l’École des Beaux-Arts puis de l’Institut national d’Art dramatique et chorégraphique (Inadc) de Bordj el-Kiffan, avant de rejoindre la troupe du Théâtre de Béjaïa alors dirigée par feu Malek Bouguermouh. Comédienne sur plusieurs pièces et films pour la télévision et le cinéma, Rayhana a fait ses premiers pas d’auteure et de metteure en scène avec Fita bent el alouane, une pièce pour enfants créée en 1992, avant de quitter l’Algérie pour la France. A mon âge, je me cache encore pour fumer est sa première pièce écrite en français.

 

L’histoire :

A mon âge, je me cache encore pour fumer est une tragi-comédie qui rassemble 9 femmes d’âges et de conditions diverses dans un hammam à Alger. Dans l’intimité de cet espace protégé de l’extérieur, les regards et les points de vue se croisent, entre pudeur et hardiesse, dans le dévoilement violent, ironique, drôle et grave, des silences refoulés de femmes qui se sont tues trop longtemps. Peu à peu se révèlent leurs destins particuliers, à travers des histoires qui ont marqué et modelé leur chair, dévoilant progressivement la violence politique, sociale et sexuelle d’une Algérie en proie à la corruption, à la misère et à l’intégrisme meurtrier. Un enfant s¹apprête à venir au monde et par instinct et nécessité, toutes, d’une manière ou d’une autre se lèveront pour protéger et défendre cet être nouveau, symbole de leur foi inébranlable en l’avenir. Neuf femmes,neuf destins entre rébellion, rêve ou soumission, réunis au coeur de la matrice, le Hammam, ou le combat contre l’oppression, la violence, la guerre, se panse entre fous rires et pleurs, secrets et exaltation.

 

Ce que j’ai aimé :

Parce que les femmes se retrouvent au hammam, les hommes sont exclus de l'espace de la pièce. Ils restent à la porte et ils auront beau cogner pour entrer, les portes de la féminité resteraont solides... Mais si ces hommes sont absents, ils sont de au coeur de toutes les conversations. Pour Samia, ils représentent l'espoir juvénile d'un amour torride et complet, pour les autres, ils sont bien souvent porteurs d'oppression et d'incompréhension. Latifa aura beau essayer de réconforter la jeune naïve en lui vantant les qualités de son propre mari, les hommes auront tout de même raison des rêves rosés de la jeune Samia qui n'en sortira pas indemne... 

Les dialogues sont calibrés, intelligents et teintés d'humour, comme ces femmes qui pointent du doigt les aberrations de leur pays mais y sont néanmoins viscéralement attachées comme le souligne Fabien Chappuis, metteur en scène de la pièce :

« Même si des évènements récents ont donné toutes les raisons objectives de partir, la patrie reste le lieu de nos origines, de l’histoire dont nous sommes le fruit, de l’histoire de nos parents, de notre enfance. Une patrie qui a été source de souffrance mais que l’on ne peut s’empêcher d’aimer profondément. Une histoire difficile mais qui reste, malgré tout, notre histoire. Si Rayhana condamne certains aspects de l’histoire récente de l’Algérie, le portrait qu’elle fait de ces femmes est pour moi une déclaration d’amour. » (Préface de Fabian Chappuis)

En témoigne la dernière scène :

« VOIX OFF DE SAMIA – Moi, je ne fais pas comme ma mère, je ne me frappe jamais la tête quand je suis triste. Moi, je vais en haut, sur la terrasse de notre immeuble blanchi à la chaux, à l’occasion du grand nettoyage pour accueillir le printemps. Chez nous tout est blanc ; Alger la blanche, c’est comme ça que l’appellent les amoureux. Depuis ma terrasse je regarde, la mer, là-bas, au loin, coincée entre deux immeubles blancs eux aussi. Parfois il y a des bateaux, on dirait des goélands géants, chargés de poissons encore vivants dans leurs ventres, et je pense aux jeunes qui, tout comme ces poissons, se cachent dans les entrailles des bateaux qui rejoignent la France…

De ma terrasse, je regarde les autres terrasses, où d’autres femmes suspendent le linge de toutes les couleurs, délavé par la force des mains ! Ca ressort mieux, qu’elles disent : dix pantalons, douze chemises, vingt culottes… et des foulards surtout des foulards qui souvent se détachent et s’envolent, emportés par le vent, attirés vers la mer eux aussi.

Il y a aussi d’autres filles suspendues à leurs terrasses. On regarde, on se regarde, on s’épie, on rêve… Puis d’un seul coup, en même temps, un cri attire notre attention vers la rue en bas, au pied de l’immeuble : (comme si elle commentait un match de foot) des enfants qui courent de partout, ils crient, ils gigotent, ils sautent… Et But ! L’équipe des enfants de l’immeuble de gauche vient de marquer un but à l’équipe de l’immeuble de droite avec leur ballon de fabrication locale, fait d’un sac poubelle bourré de vieux journaux que leurs pères ont fini de lire, et que leurs mères ont déjà utilisé pour faire briller les vitres. Les petites filles à côté, jouent à la mariée, elles font la fête, elles chantent tout en tapant sur les bidons d’huile en guise de derbouka, que leurs mères a essoré jusqu’à la dernière goutte dans le couscous familial de la veille.

Et puis d’un seul coup, des cris, des rires, des sourires et des youyous, des milliers de youyous à vous percer les tympans, des youyous de joie qui s’échappent de chaque immeuble, de chaque fissure, de chaque femme, de chaque gorge : l’eau est revenue !

A la fin de chaque pénurie on est tellement heureux ; et on en a des pénuries ! Il n’y a pas que de l’eau qui nous manque, l’électricité, la semoule, la patate et l’amour, surtout.

Moi je crois en l’amour.

C’est pour ça que je ne veux pas partir… »

Un magnifique cri d'espoir...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 D'avoir manqué sa représentation...

 

Premières répliques :

« FATIMA – Mon Dieu, qu’est-ce qui se passe !

MYRIAM – (essouflée et en pleurs ; elle parle en arabe) El Babe, aghelqui el bab, rabbi yiaychak eghelkiha !

Fatima se dirige vers la porte.

FATIMA – Ne crie pas, je vais la fermer cette porte ! (grognant, à elle-même) Il n’y a plus nulle part où l’on peut fumer tranquille dans ce pays… »

 

D’autres avis :

Jeune Afrique ; Marianne 

A mon âge, je me cache encore pour fumer, Rayhana, Les cygnes, décembre 2009, 11 euros

 

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 > >>