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Le blues du braqueur de banque de Flemming JENSEN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 « La vie est si déconcertante – c’est probablement pour ça que certains y passent autant de temps. » (p. 190)

 

L’auteur :

Flemming Jensen est né en 1948 au Danemark. Il est surtout connu pour ses one-man-shows, ses sketches radio et télé. Et pour ses livres. Lettres à Mogens, d’abord (Mogens, c’est son chien), et tout récemment ímaqa, le grand roman inuit qu’il mijotait depuis vingt-cinq ans.

 

L’histoire :

Max est conseiller politique de haut niveau. Il est l’homme de l’ombre, le génie. Il est malin et avec lui on s’en sort toujours. Seulement cette fois, Max a assassiné son meilleur ami, qui est aussi, accessoirement, le Premier ministre danois.

Coincé entre une insurrection groenlandaise et d’âpres négociations internationales, un match Danemark-Suède et l’intervention d’une jeune scoute peut-être pas si cruche qu’elle en a l’air, quel plan génial pourra-t-il échafauder pour se tirer d’affaire ?

Un texte décalé et burlesque sur fond de satire politique. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Max est un homme ingénieux, capable de mettre au point les plans les plus rocambolesques pour se sortir d’une situation difficile, et cette capacité à s’adapter fait sa force. Mais cette fois-ci, le hasard lui complique quelque peu la mise :

 « Pourquoi je raconte tout ça ?

Parce que ça peut être une consolation pour beaucoup.

Un exemple du fait que ça peut mal se passer même pour le meilleur d’entre nous. Il n’y avait pas de problème avec ce plan – il y a seulement eu un accident, dont on ne peut pas se préserver.

On peut acheter un parapluie si le temps est à la pluie, mais rester sans défense devant une bouche d’incendie qui explose sur le trottoir. Ça ne fait pas du parapluie une mauvaise idée. » (p. 173)

 En rencontrant la jeune Signe, une jeune scout qui s’est trouvée au mauvais endroit au mauvais moment, sa vie va basculer irrémédiablement.

  « N’oublions pas que cet homme si plein de pouvoir, habitué à jongler avec le destin des gens, n’était rien de plus qu’une personne tout à fait normale. Une personne habitée par l’angoisse, la joie, la tristesse, le bonheur et une nette tendance à la tendresse, comme chacun d’entre nous. 

Au fond, max avait désespérément besoin que quelqu’un s’occupe de lui.» (p. 190)

 Le blues du braqueur de banque est un texte drôle qui ne se prend pas au sérieux et joue de son originalité. Le lecteur est adroitement manipulé par les personnages, et court de surprises en surprises…

 Mais derrière cette apparente légèreté, se cachent des ressources philosophiques, politiques, et psychologiques d’une richesse.

  « C’est pourtant toujours comme ça qu’on résout les problèmes et qu’on évite les ennuis. Pas en supprimant le problème ou l’ennui, mais simplement en reformulant avec intelligence. » (p. 62)

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien

 Premières phrases :

 « Dans ce grand classique qu’est Le Radeau, nos créateurs fétiches ont souligné le fait que tout récit se doit d’être composé de trois parties : l’exposition, la description des personnages, le dénouement.

Il m’est important de respecter les célèbres interprètes ainsi que l’homme à l’origine de la pièce. Je me plie donc à cette intangible règle. »

 

Vous aimerez aussi :

  Tribulations d’un précaire de Iain LEVISON

 

Le blues du braqueur de banque, Flemming Jensen, traduit du danois par Andréas saint Bonnet, Gaïa Editions, avril 2012, 189 p., 17 euros

  Livre reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique organisée par Babélio.

Publié dans Littérature Europe

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Zalbac Brothers de Karel de LA RENAUDIERE

Publié le par Hélène

                                     ZalbacBrothers-KareldelaRenaudiere.jpg

L’auteur :

 

38 ans. Génération bulle internet. Poursuivre les rêves construits par toutes ses lectures d'enfant et d'adolescent, l'a conduit dans l'audiovisuel aux côtés de Jean-Edern Hallier. Devenu entrepreneur dans la technologie, son succès lui a valu d'être débauché par une grande banque internationale où il a fait une ascension digne d'un de ses personnages. Par ce thriller, il paie sa dette à l'univers romanesque qui l'a formé et l'a fait directeur.

 

L’histoire :

New York, une très secrète banque d’affaires.

Un jeune français venu de nulle part.

Une héritière qui hésite sur son destin.

L’histoire d’une ascension et d’une chute.

Dans la grande tradition de John Grisham, Karel de la Renaudière, un des directeurs d’une grande banque internationale, explore les coulisses de la haute finance et du pouvoir. Ce thriller captivant dresse un tableau à la fois fascinant et terrible de notre époque.

 

Mon avis :

 "Thriller captivant" ? Point de frisson, de peur ressentie, donc, non. "Fascinant" ? Non, ridicule. L'intrigue est loin d’être haletante - à moins de s'intéresser de près à l'idylle entre la jeune héritière et le jeune banquier : vont-ils se retrouver malgré leurs différences et les difficultés rencontrées, une question au suspens haletant effectivement... 

Dans la grande tradition de John Grisham ? Non. Plus dans la tradition des romans sentimentaux avec en toile de fond le monde financier. 

La construction est plus qu'élémentaire avec notamment des chapitres très courts, deux ou trois pages maximum, comme si l’auteur prenait ses lecteurs pour des personnes à la capacité de concentration réduite...

Les connaissances de l’auteur du monde de la finance sont trop ouvertement exploitées, comme si en bon élève il répétait bien sagement sa leçon, en faisant toutefois attention à simplifier les transactions pour ne pas perdre le crétin de lecteur.

Les personnages restent stéréotypés : golden boys désincarnés "maigre et dégingandé" (p. 14), geek maladroit en public, parvenu prêt à tout pour arriver, tous dotés d'une psychologie plus qu'élémentaire... Ils sont peu crédible, comme cette jeune héritière qui se rend à un rendez-vous d'affaires nue sous une robe beaucoup trop courte.

Les situations sont tout aussi formatées : le coup de foudre entre deux personnages qui ne devraient pas s'aimer, les quiproquos, l'attirance irrrréééésistible, les adjuvants, le jeune orphelin au père mystérieux - mais qui peut bien être son père ? se demandent les lecteurs qui aiment les chapitres de deux pages, les autres ayant deviné dés les premières pages - ... La fin en forme d’happy end est plus qu'attendue.

En conclusion, s'il se laisse lire -parce que des chapitres de deux pages, c'est encore à ma portée...- ce roman n'est pas d'un grand intérêt... 

 

Premières phrases :

« La limousine avance au pas, le long de Park Avenue rendue déserte par le froid et la neige. Soufflés par les bourrasques, les flocons volent au-dessus de Manhattan. Jean Demester colle sa tête au pare-brise. Les mains agrippées au volant, il s’énerve. Une soirée sans clients, c’est une soirée sans pourboires. »

 

Vous aimerez aussi :

 La firme de John GRISHAM

 

D’autres avis :

 Babélio

 

Zalbac Brothers, Karel de la Renaudière, Albin Michel, juin 2013, 322 p., 20 euros

 

Lu dans le cadre de l'opération Masse critique de Babélio

 

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Mais qui a tué Harry ? de Jack Trevor STORY

Publié le par Hélène

                                      

♥ ♥ ♥ ♥


 

L'auteur :

 

Jack Trevor Story (1917-1991) est un écrivain britannique extrêmement prolifique, qui publia des dizaines de romans sous psudonyme, touchant à divers genres. Il est le créateur de plusieurs séries policières populaires. Autodidacte, son oeuvre est marquée par la culture ouvrière et par les aléas de sa fortune personnelle, qu'il s'agisse de ses amours agitées ou de revers financiers. sa vie en dent de scie, sa désinvolture, son humour et son sens de l'empathie le rapprochent de son maître en écriture William Saroyan.

 

L’histoire :

 

 Alors qu’il vadrouille en forêt par un beau jour d’été, Abie, petit garçon de quatre ans, bute sur le corps d’un homme étendu au milieu des fougères et des rhododendrons, en ce charmant coin de campagne anglaise. Harry est mort, et son cadavre est bien encombrant pour les membres de la petite communauté qui peuple la lande de Sparrowswick. Plusieurs fois découvert, caché, enterré, exhumé au cours d’une même journée, le défunt déclenche une série de quiproquos, et sera le révélateur des turpitudes secrètes des villageois, qui tous ont de bonnes raisons de craindre d’être accusés de meurtre. Mais l’incident, cause de beaucoup d’angoisse, encouragera également le rapprochement de quelques êtres, les situations aigues stimulant semble-t-il sentiments et passions...

En quelques phrases percutantes, Jack Trevor Story excelle à croquer une série de portraits particulièrement savoureux : le capitaine Wiles, balourd et piètre chasseur, la jeune mère d’Abie, sexy et sans complexes, Sam Marlow, artiste raté mégalomane, Miss Graveley, vieille fille en mal d’amour, ou encore Mark Douglas, promoteur immobilier et séducteur invétéré.

 

Ce que j’ai aimé :

 

 Ce cher  Harry, qui ne semble manquer à personne, va être enterré, déterré, réenterré dans une suite de gags burlesques servis par des dialogues enlevés.

Le rythme est rapide car les indécisions quant au sort de Harry fluctuent au fur et à mesure des pages et des rencontres : faut-il informer la police ? Le capitaine a-t-il tiré sur lui ou sur un hérisson ? Qu'a vu le petit Abie ? 

Les personnages sont bien campés, drôles et déjantés : un chasseur de papillons décalé, une jeune veuve ravie, un artiste peintre de talent encore méconnu, un capitaine indécis, un vagabond amateur de chaussures, un chasseur de femmes...

« Mark Douglas était un amateur de blondes. C'était aussi un amateur de brunes, de rousses, d'albinos, de négresses, de mulâtresses, de sémites, d'Asiatiques et de réceptionnistes d'hôtel. Mark Douglas était amateur de tout ce qui portait jupe et ne jouait pas de cornemuse. »

Si le sujet principal reste la mort d'Harry, pourtant nous ne sommes pas dans un roman policier. Harry méritait sa mort, personnage peu sympathique, il est clair pour tous qu'il est mieux là où la mort l'a envoyé. Ce prérequis permet de jouer sur un autre terrain, point d'enquête, le but va plutôt être de cacher ce cadavre un peu encombrant.

« - Quelle a été votre réaction ?

- Mal au cœur, dit Jennifer laconiquement. Vous avez vu sa moustache et ses cheveux crêpés ?

Sam hocha la tête en signe d’assentiment.

 - Seulement, dit-il, quand je l’ai vu il était mort.

Jennifer haussa les épaules.

 - Il était exactement pareil de son vivant, sauf qu’il était vertical. » (p. 81)

 

 Ce court roman jubilatoire a été adapté par Alfred Hitchcock en 1955.

 

Ce que j’ai moins aimé :

- Rien


Première phrases :

 

 « Le petit garçon nommé Abie gravissait le chemin forestier qui menait à la lande de Sparrowswick. Son corps formait un angle aigu avec la pente raide et caillouteuse. Il serrait fermement une carabine à flèches sous son bras gauche. »

 

D’autres avis :

Sandrine Jérôme http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2013/04/mais-qui-tue-harry.html

 

Mais qui a tué Harry ? de Jack Trevor Story, traduit de l’anglais par Jean-Baptiste Rossi, Cambourakis, 2013, 9 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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Le marin américain de Karsten LUND

Publié le par Hélène

        

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♥ ♥

Prix Gens de Mer 2009
Festival Étonnants Voyageurs

 

L’auteur :

 

 Karsten Lund est né en 1954. Parallèlement à son travail d’é­cri­vain, il est journaliste pour la chaîne de télévision danoise TV2. 

Le marin américain est son premier roman traduit en français. (Source : gaïa)

 

L’histoire :

 

 En l’an 1902, un trois-mâts fait naufrage au large de Skagen, à l’extrême nord du Danemark. Le seul survivant, un marin américain, aux cheveux et aux yeux noirs, est hébergé chez un jeune couple.

Le marin disparaît à l’aube, sans laisser de trace. Neuf mois plus tard naît un enfant qui ne ressemble pas aux autres. Tout au long de sa vie, Anthon sera surnommé Tonny, ou l’Américain, et devra supporter les rumeurs persistantes sur ses origines. Mais sa réussite en tant que patron-pêcheur de haute mer lui permettra de surmonter ce qui est un véritable handicap dans cette petite ville du nord, où chacun est blond et sait d’où il vient.

Un siècle plus tard, au cours duquel Skagen est passé d’un gros bourg de pêcheurs aux maisons basses à une ville riche de ses pêcheries industrielles et célèbre par les peintres qui s’y sont installés, un homme roule de nuit le long des dunes, dans le paysage lunaire, balayé par les sables. Il se sent investi d’un obscur devoir de réhabilitation et veut élucider le mystère qui plane sur les origines de son grand-père, ce secret qui pèse sur la famille depuis quatre générations.

Avec une douce ironie scandinave, Le marin américain raconte le destin d’hommes et de femmes ordinaires et remarquables, d’une époque révolue à la vie de nos jours, tout au nord du sauvage Jutland.

 Le marin américain est lauréat du Prix Gens de Mer 2009. (Source : Gaïa)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Un vieux phare veille sur le récit, balaie le paysage, il est le seul à tout savoir mais à ne rien dire. Car des secrets se terre au coeur du récit : secret de la naissance de Tonny, secret de la disparition du marin américain, secret que certains partagent et gardent jalousement pour ne pas créer d'étincelles. Le voile ne sera levé qu'à la toute fin du roman après la quête sans relâche du petit-fils de Anthon. Celui-ci revient en effet sur les lieux même où tout a débuté et il va enquêter à sa façon pour approfondir son histoire. Nous suivons donc ses pérégrinations, émaillées par des retours en arrière nous plongeant dans l'histoire passionnante de Ane et de Jens Peter.

 Le récit se situe dans la région sauvage du Jutland, région âpre où les hommes vivent de la pêche de génération en génération.  Les habitants sont des personnages forts et au coeur du roman se nichent des êtres qui s’aiment envers et contre tout. 

En toile de fond, de belles réflexions agrémentent le récit :

«Qu’en est-il alors de l’autodétermination de l’individu ? Où est la libre volonté ? dans les décisions anodines, sans danger. Dois-je peindre la porte en rouge ou en vert, acheter une Tuborg ou une Carlsberg. Dans les situations déterminantes et dangereuses, quelque chose d’autre, d eplus grand, décide. » (p. 404)

 Ce marin américain sait nous intriguer et nous envoûter...

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Ce que j’ai moins aimé :

 

Un peu long.

 

Premières phrases :

 

« Ma famille est issue d’un naufrage dramatique, survenu par une nuit d’hiver il y a cent ans.

L’histoire me tient en éveil dans l’Audi A8 qui me porte vers le nord. La grosse voiture roule au régulateur de vitesse, museau levé, et éclaire la route sur cinq cent mètres. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Les déferlantes de Claudie Gallay

 

D’autres avis :

Le point ; Dominique

 

Le marin américain, Karsten Lund, Gaïa, Roman traduit du danois par Inès Jorgensen,  mars 2009, 400 p., 24 euros

Le marin américain, Karsten Lund, Roman traduit du danois par Inès Jorgensen, Babel, janvier 2011, 9.70 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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Le chapeau de Mitterand de Antoine LAURAIN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Prix relay des voyageurs 2012

« Le fait d'avoir un chapeau sur la tête vous confère une indéniable autorité sur ceux qui n'en ont pas. » (Tristan Bernard)

 

L'auteur :

http://antoinelaurain.blogspot.fr/

 

L'histoire :

Un soir à Paris, Daniel Mercier, comptable, vient dîner en solitaire dans une brasserie pour se consoler de l'absence de sa femme et de son fils. Sa vie en tout point banale, étriquée même, bascule quand un illustre convive s'installe à la table voisine : François Mitterrand, venu déguster des huîtres en compagnie de deux amis. Son repas achevé, le Président oublie son chapeau, que notre Français tout à fait moyen décide de s'approprier en souvenir. Or le célèbre feutre noir n'est pas un simple trophée : tel un talisman, il ne tarde pas à transformer le petit employé en véritable stratège au sein de son entreprise… Daniel aurait-il sans le savoir percé le mystère du pouvoir suprême ? (Source babélio)

 

Ce que j'ai aimé :

Le chapeau de Mitterand va voyager de tête en tête conférant à ceux qui le portent une aura particulière, remarquable et surtout motrice. Cette idée de départ originale est l'occasion d'un joli conte rondement mené par Antoine Laurain qui nous parle avec poésie des destins individuels modifiés par un détail infime et ridicule, et pourtant quelquefois lourd de conséquences dans la trajectoire d'une vie. L'être humain doit alors s'adapter au chemin élu,  conscient toutefois de ces autres vies parallèles laissées de côté.

« Avoir l'esprit assez flexible pour se tourner à toutes choses, selon ce que le vent et les accidents de la fortune commandent. » (p.148)

Mais la force du roman n'est pas seulement dans son thème, il offre également une plongée dans les années Mitterand au travers la trajectoire de personnages très différents, un parfumeur de talent, une jeune femme de son temps, un banquier issu des milieux bourgeois de la capitale, et Daniel, un homme somme toute banal que le chapeau va aussi transformer.

« Le chantier titanesque du Grand Louvre avait permis la découverte de vestiges remontant au néolithique et depuis les premiers coups de pioche, c'était tout un Paris englouti qu'avaient retrouvé avec passion les archéologues. A qui devait-on tout cela ? A Mitterand bien sûr, avec ses grands travaux : l'Opéra Bastille, la pyramide du Louvre, l'Arche de la Défense. Mitterand savait marquer son temps, il savait s'inscrire dans l'Histoire, et dans le présent. Poser une pyramide en verre devant le Louvre, des colonnes à rayure dans le Palais-Royal, une arche au bout de la perspective de l'Arc de Triomphe, relevait d'une volonté parfaitement anti-conservatrice, iconoplaste. Limite punk. » (p. 147)

Le minitel cotoie Ardisson, les tubes comme "C'est la ouate" de Caroline Loeb, Ardisson, l'émission "Droit de réponse"...

Ce court roman se lit avec plaisir, le sourire aux lèvres, et soudainement, nous aussi nous sentons légers et dotés d'un pouvoir particulier, comme à l'orée du monde.

Une très belle découverte que je dois à la blogosphère qui en a très largement parlé et chanté les louanges.

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Ce que j'ai moins aimé :

   - Rien 

Premières phrases :

« Daniel Mercier monta les escaliers de la gare Saint Lazare à rebours de la foule. Des hommes et des femmes descendaient autour de lui, attachés-cases à la main et même valises pour certains. Ils avaient le front soucieux et la démarche rapide. »

 

D'autres avis :

sur Babélio http://www.babelio.com/livres/Laurain-Le-chapeau-de-Mitterrand/333999/critiques

 

Le chapeau de Mitterand, Anttoine Laurain, J'ai lu, mars 2013, 6.50 euros

 

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Le restaurant de l’amour retrouvé par OGAWA Ito

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« La magie est un spectacle impromptu. » (p. 149)

L’auteur :

Née en 1973, Ogawa Ito est l’auteur de livres pour enfants et écrit des chansons pour le groupe de musique Fairlife. Le Restaurant de l’amour retrouvé, son premier roman, est un bestseller au Japon et a été adapté au cinéma en 2010 par la réalisatrice Mai Tominaga.

http://www.nipponcinema.com/trailers/shokudo-katatsumuri-teaser

 L’histoire :

 Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d’un chagrin d’amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière. Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies.
Un livre lumineux sur le partage et le don, à savourer comme la cuisine de la jeune Rinco, dont l’épice secrète est l’amour.

 Ce que j’ai aimé :

 L'histoire de Rinco est très simple, comme un retour aux sources bénéfique et rédempteur, après le choc de la désertion de celui qui partageait sa vie. Là elle va retrouver sa mère, une mère mal aimée, parce qu’au fond mal connue par l’adolescente qu’elle était quand elle est partie du domicile familial. Elle va aussi concrétiser ses projets avec l’aide des fidèles de la première heure, notamment Kuma, celui qui a toujours été là pour elle. Elle va réapprendre à vivre dans la beauté de l’enfance enrichie de l’expérience de l’adulte, en s’émerveillant du monde qui l’entoure :

« Le simple fait de remettre sur ses pattes un cloporte coincé sur le dos était pour moi une joyeuse rencontre. La chaleur d’un œuf fraîchement pondu contre ma joue, une goutte d’eau plus belle qu’un diamant sur les feuilles mouillées de rosée, une dame voilée cueillie à l’orée d’un bouquet de bambous, son superbe capuchon pareil à un dessous de verre en dentelle flottant dans mon bol de soupe de miso… La moindre petite chose me donnait envie de déposer un baiser sur la joue du Bon Dieu. » (p. 70)

Ito Ogawa nous offre un récit poétique autour du goût et de la cuisine. Aux côtés de Rinco, même les lapins anorexiques retrouvent le goût de la vie et des carottes... Ses repas sont concoctés avec des produits locaux dont les habitants redécouvrent les saveurs sublimées par Rinco.

Un roman tout en émotion qui nous enjoint à savourer chaque bouchée de la vie avec déléctation...

 Ce que j’ai moins aimé :

Certaines scènes sont assez étranges, comme souvent dans la littérature japonaise, notamment les pages concernant le cochon et ce qu’il en advient.

Un certain déséquilibre se fait sentir dans la construction puisque le lecteur pense assister à l’éclosion du restaurant et à la renaissance par la cuisine de la jeune Rinco, jusqu’à ce que vers la fin du roman la mère de l’héroïne quasi absente jusqu’ici, refasse surface et tienne alors un rôle central. Alors qu’auparavant le rythme était lent, tout s’accélère soudain.

Ces points de détail n'enlèvent néanmoins rien au charme du roman...

Shiitake_Mushroom_Extract_Powder.jpg 

Premières phrases :

« Quand je suis rentrée à la maison après ma journée de travail au restaurant turc où j’ai un petit boulot, l’appartement était vide. Complètement vide. La télévision, la machine à laver et le frigo, jusqu’aux néons, aux rideaux et au paillasson, tout avait disparu. »

 Vous aimerez aussi :

Littérature Asie de l'Est

Mãn de Kim THÚY

 

Le restaurant de l’amour retrouvé, Ogawa Ito, traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako, Picquier, septembre 2013, 256 p., 19 euros

  

rentrée littéraire2013 2

 

Publié dans Littérature Asie

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Le monde jusqu'à hier - Ce que nous apprennent les sociétés traditionnelles de Jared DIAMOND

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

L’ouvrage se décompose en onze chapitres, eux-mêmes répartis en cinq parties, dans lesquelles Jared Diamond aborde successivement les thèmes de la délimitation de l'espace et les rapports avec les autres groupes, amis, ennemis et inconnus ; la résolution des conflits, tant au sein d’une société que dans ses relations avec les autres ; le traitement des enfants et des personnes âgées ; les manières de faire face aux dangers ; et enfin la religion, la diversité linguistique et la santé. L’auteur compare donc comment sont traitées ces thématiques par les sociétés modernes et les sociétés traditionnelles. Il ne prétend pas en mettre une en avant, il montre simplement ce que nos sociétés modernes pourraient tirer comme enseignement de l'observation du fonctionnement de ces sociétés traditionnelles. Il propose d'incorporer certaines pratiques qui ont fait leurs preuves depuis des millénaires. 

"Ce que nous apprend le monde d'hier, c'est, entre autres choses,d'être conscients de certains bienfaits de nos sociétés contemporaines, si dénigrées par ailleurs : les individus y sont débarassés de la guerre chronique, des infanticides et de l'abandon des personnes âgées. (...)"

Nous pourrions par exemple prendre exemple sur les sociétés traditionnelles concernant les liens sociaux établis, si loin de nos solitudes modernes, avoir un plus juste usage des personnes âgées et leur assurer des vies meilleures car "Concevoir d'autres conditions de vie appropriées au monde moderne en évolution pour nos anciens demeure un défi majeur pour notre société." p; 371, mettre en valeur les langues minoritaires... 

Certaines actions sont réalisables à notre échelle comme ne pas rajouter systématiquement du sel dans nos plats, mais d'autres demandent un changement profond de la société. 

Que pouvons nous faire à notre échelle ? Nous pouvons oeuvrer pour la santé : faire de l'exercice, manger lentement, bavarder avec des amis lors d'un repas, choisir des aliments sains. Nous pouvons également élever nos enfants en bilingues ou polyglottes car cette éducation bénéficie à leur réflexion et enrichit également leur existence. Dans le domaine de l'éducation des enfants, de nombreux points sont à retenir de l'obervation des sociétés traditionnelles comme : "l'allaitement à la demande, le sevrage tardif, le contact physique entre le bébé et un adulte, dormir ensemble, transporter le bébé verticalement et le regard tourné vers l'avant, accepter beaucoup l'alloparentage, réagir rapidement aux pleurs d'un enfant, éviter les châtiments corporels, laisser la liberté à votre enfant d'explorer, avoir des groupes de jeux d'âges différents, et aider vos enfants à se divertir par eux-mêmes plutôt que de les étouffer avec des "jeux éducatifs" tout fabriqués, des jeux vidéos et d'autres amusement préemballés." Ceci car "Autonomie, sécurité et maturité sociale des enfants dans les sociétés traditionnelles impressionnent tous les visiteurs qui ont eu l'occasion de les connaître."

Nous pouvons aussi adopter une paranoïa constructive : ne pas craindre les accidents d'avion, les terroristes, mais plutôt avoir peur des voitures, de l'alcool, des escabeaux et des douches glissantes... Nous devrions aussi être honnête sur ce que la religion signifie réellement pour nous. 

Au niveau gouvernemental il faudrait repenser le système des retraites et les règlements de litige par exemple.

En résumé, de nombreuses pistes de réflexion sont à tirer de ce monde jusqu'à hier...

 

Présentation de l'éditeurGallimardFolio 

Du même auteur : Effondrement, comment les sociétés décidement de leur disparition ou de leur survie 

 

Le monde jusqu'à hier, ce que nous apprennent les sociétés traditionnelles, traduit de l'anglais (EU) par Jean-François Sené, Folio essais, janvier 2015, 768 p., 10.40 euros

 

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L'étranger de Jacques FERRANDEZ d'après l'oeuvre d'Albert Camus

Publié le par Hélène

                                  l-etranger-jacques-ferrandez

♥ ♥ ♥

Une superbe adaptation

 

L’auteur :


Jacques Ferrandez a commencé chez Casterman en publiant Arrière pays, des petites histoires d’inspiration provençales. Après le premier cycle en 5 volumes de la série Carnets d'Orient, consacrée à la période coloniale d'avant-guerre en Algérie, Jacques Ferrandez replonge dans l'univers provençal et s'attaque aux classiques de la littérature française en adaptant deux romans de Pagnol : Jean de Florette et Manon des Sources (1997). En octobre 1998, sur un scénario de Tonino Benacquista pour lequel il avait réalisé des illustrations sur La madonne des sleepings, Jacques Ferrandez dessine L’Outremangeur, puis La Boîte noire en octobre 2000. Il revient à sa série Carnets d'Orient en entamant un deuxième cycle, qui débute à la veille de l'insurrection en Algérie et qu'il clôt en 2009 avec Terre fatale. Contrebassiste de jazz, il se produit avec le Mille sabords quartet et le Miles Aboard Jazz Quintet et illustre régulièrement les couvertures de Jazzman magazine. (Source : France Inter)

 

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Présentation :

 Le jour où sa mère est morte, Meursault a remarqué qu'il faisait très chaud dans l'autobus qui le menait d'Alger à l'asile de vieillards, et il s'est assoupi. Plus tard, dans la chambre mortuaire, il a apprécié le café que lui offrait le concierge, a eu envie de fumer, a été gêné par la violente lumière des lampes électriques. Et c'est avec une conscience aiguë du soleil qui l'aveugle et le brûle que l'employé de bureau calme et réservé va commettre un acte irréparable. Camus présente un homme insaisissable amené à commettre un crime et qui assiste, indifférent, à son procès et à sa condamnation à mort.

 

Ce que j’ai aimé :

 L'adaptation est fidéle au texte initial : nous retrouvons ce Meursault anti-héros atypique à qui tout est égal, pour qui la vie ne vaut pas la peine d’être vécue, et poussé par les circonstances ou par ses sens exacerbés à commettre un meurtre. Puis viennent le procés, l'emprisonnement, et toujours en filigrane cette passivité, cet homme qui s'adapte trop facilement à ce qui lui arrive et semble sans coeur, perdu dans un monde absurde.

"On ne change jamais de vie. En tout cas, toutes se valent et la mienne ici ne me déplaît pas du tout." (p. 53)

"Le cri des vendeurs de journaux dans l'air déjà détendu, les derniers oiseaux dans le square, l'appel des marchands de sandwiches, la plainte des tramways dans les hauts tournants de la ville et cette rumeur du ciel avant que la nuit bascule sur le port, tout cela recompose pour moi un itinéraire d'aveugle, que je connaissais bien avant d'entrer en prison. Oui c'est l'heure, où il y a bien longtemps, je me sentais content. Ce qui m'attendait alors, c'était toujours un sommeil léger et sans rêves. Et pourtant quelque chose a changé puisque, avec l'attente du lendemain, c'est ma cellule que je retrouve. Comme si les chemins familiers tracés dans les ciels d'été pouvaient mener aussi bien aux prisons qu'aux sommeils innocents." (p. 109)

 Il lui faudra du temps pour se libérer de ce schéma désincarné et se dépasser pour accéder au sublime. Le sentiment de puissance n'arrivera finalement qu'avec la mort et son acceptation. Accepter la mort, sa propre finitude, l'absurdité de la vie, c'est peut-être enfin pouvoir toucher le bonheur du bout des doigts.

Le travail sur les dessins est magnifique : les aquarelles sont douces et lumineuses, habitées par la grâce de l'instant qui passe et dont il faut savourer chaque seconde en renonçant à lutter contre l'inévitable. Une vraie rencontre entre un auteur et un dessinateur de talent, pour une vraie réussite. 

etranger-2.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

  - Rien

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Les carnets d’Orient

 

 D’autres avis :

 

Presse :Télérama ; L’express  ; Le POint

     etranger-3.jpg

 

L’étranger, Jacques Ferrandez, d’après l’œuvre d’Albert Camus, Gallimard, avril 2013, 136 p., 22 euros

 

BD Mango bleu

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Le pari des guetteurs de plumes africaines de Nicholas DRAYSON

Publié le par Hélène

                        pari-des-guetteurs-de-plumes.JPG

  ♥ ♥ ♥ 

L’auteur :

 Nicholas Drayson est né en Angleterre et vit en Australie depuis 1982, où il a étudié la zoologie avant d’entreprendre un doctorat sur l’histoire naturelle dans la littérature scientifique de l’Australie du XIXe siècle

 L’histoire :

 Le très réservé et très honorable M. Malik, résident de Nairobi, est en secret éperdument amoureux de Mme Rose Mbikwa, qui conduit chaque mardi matin la promenade ornithologique. Alors que M. Malik est sur le point d’inviter Rose au bal annuel du Hunt Club, le très tapageur Harry Khan arrive en ville et laisse clairement entendre qu’il a lui aussi des vues sur Rose. Un pari s’organise : celui des deux qui apercevra le plus grand nombre d’oiseaux invitera Rose au bal. Mais M. Malik n’est pas si facile à battre et n’est jamais à court d’idées. Il emploie des méthodes peu orthodoxes : des expéditions lointaines, et compte même une poule. Tous les moyens sont bons pour gagner le pari des guetteurs de plumes africaines…

 Ce que j’ai aimé :

 Le pari en question est simple : quel est celui qui, entre M. Malik, gentleman chic et discret, ou Harry Khan, séducteur invétéré, va gagner le droit d'inviter la belle Rose au bal ? Celui qui réussira à observer le plus d'oiseaux différents sur un laps de temps bien défini gagnera le pari. Ainsi, les deux protagonistes vont n'avoir de cesse d'arpenter la région à la recherche de l'oiseau rare.

Ce préambule tout à fait original pose les bases d'un roman qui ne l'est pas moins. Au fur et à mesure du pari, M. Malik va prendre de l'épaisseur, et son personnage va devenir bien plus complexe et intéressant qu'il ne l'était au premier abord...

L'ornithologie permet d'appréhender le monde sous l'angle du détail, l'observation assidue seule permettant de saisir l'espèce rare...

« Au cours des quelques heures qui suivirent, M. Malik, qui avait toujours pensé que seules trois variétés de souïmangas lui rendaient visite dans son jardin, eut la surprise de découvrir qu’avec l’aide de ce garçon il réussissait à en identifier formellement cinq. » (p.183)

                                   martin pêcheur huppé

Ce roman original est également drôle, mâtinée de cet humour anglais discret et joyeux. Un bol d'air frais dans la littérature actuelle souvent bien plus plombante... 

 

  Ce que j’ai moins aimé :

- Rien

 

Premières phrases :

 « - Bah, oui, fit Rose Mbikwa en levant les yeux vers le grand oiseau noir à la queue élégante qui montait très haut dans le ciel au-dessus du parking du Muséum de Nairobi, un milan noir. Et il n’est pas noir, mais brun, naturellement.

M.ÞMalik sourit. Combien de fois avait-il entendu Rose Mbikwa prononcer ces mots-làÞ? Presque autant de fois qu’il avait suivi cette promenade aux oiseaux du mardi matin. »

 

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Le Safari des bêtes à sang chaud et autres meurtres de sang-froid

 

D’autres avis :

 Yves  

 

  Le pari des guetteurs de plumes africaines, Nicholas Drayson, Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Johan-Frédérik Hel Guedj, Editions des Deux terres, 2011, 21.50 euros

POCHE : Le pari des guetteurs de plumes africaines, Nicholas Drayson, Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Johan-Frédérik Hel Guedj, J'ai Lu, février 2013, 6.70 euros  

 Merci à Yves pour le prêt. 

 

Publié dans Littérature Europe

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Noyade en eau douce de Ross MACDONALD

Publié le par Hélène

noyade en eau douce

♥ ♥ ♥

Un classique à découvrir dans sa nouvelle traduction

 

L’auteur :

 

ROSS MACDONALD, de son vrai nom Kenneth Millar, est né en 1915 en Californie et a d’abord grandi au Canada avant de revenir s’installer aux États-Unis. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est offi cier de marine dans le Pacifi que. À son retour, il publie quatre romans avant la parution de Cible mouvante en 1949, le premier livre où apparaît le détective privé Lew Archer. Deux films content les aventures de Lew Archer, incarné à l’écran par Paul Newman. Ross Macdonald meurt en 1983. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains de romans noirs. James Crumley disait avoir relu dix fois son œuvre et James Ellroy lui a dédicacé le premier volume de sa trilogie de Lloyd Hopkins. (Source : éditeur)

 

L’histoire :

 

Dans le quartier huppé de Nopal Valley, en Californie, Lew Archer est engagé pour enquêter sur une lettre anonyme accusant sa cliente, Maude Slocum, d’adultère. À aucun prix, ces allégations ne doivent parvenir jusqu’à son mari. Profitant d’une fête organisée chez les Slocum, le détective se mêle aux invités. Mais la soirée est interrompue par une macabre découverte : celle du corps de la belle-mère de Maude, flottant dans la piscine. Les soupçons se portent immédiatement sur son fils et sa trop séduisante petite-fille, premiers héritiers de la fortune colossale de la vieille dame. C’est désormais une double enquête qu’Archer doit mener, sur les traces d’un corbeau et d’un meurtrier.

 Cette nouvelle enquête de Lew Archer nous entraîne dans un univers trouble de faux-semblants où les victimes semblent avoir autant à cacher que les assassins. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Le style lyrique très travaillé est la première bonne surprise de ce roman :

" L'incendie de ciel s'était éteint, laissant de longs lambeaux de nuages s'étirer sur la nuit comme des traînées de cendre pourpres. Je ne voyais des montagnes que leurs silhouettes géantes soutenant la pénombre. Quelques lumières scintillaient sur leurs flancs, et les phares d'une voiture qui montait pouce par pouce vers un col le franchirent pour disparaître de l'autre côté de la vallée. Puis la nuit se fit calme au point de sembler exclure toute vélléité de mouvement : nous étions des insectes pris dans l'ultime cristallisation d'une coulée d'ambre. Je bougeai, brisant le sortilège, et m'en allai en marchant à l'aveugle sur la pelouse glissante de rosée, à côté du chemin dallé." (p. 66)

Les descriptions sont magnifiques, les dialogues sonnent très justes, à la fois enlevés et drôles.

Les personnages sont tout aussi travaillés : Lew Archer est un détective amoureux de la vérité, il suffit qu'il soit lancé sur une piste pour souhaiter aller jusqu'au bout de l'enquête, quelques soient les embûches qui jalonneront son chemin. La famille sur laquelle porte son enquête est criblée de failles : la jeune femme qui fait appel à lui cache quelques secrets d'adultère, son mari semble être un homosexuel refoulé, leur fille entretient des relations troubles avec le chauffeur de la maison, et la belle-mère garde jalousement son héritage... Ajoutez au paysage une société pétrolière à l'affût des affaires jûteuses de la région, et vous comprendrez pourquoi les sous-sols de cette affaire sont explosifs...

Lew mène son enquête tambour battant, dans une ambiance trouble aux retombées sismographiques...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Quelques scènes - notamment celle du bateau - sont à mes yeux superflues, apportant trop d'action et de rebondissements peu crédibles. L'intrigue aurait peut-être gagné à être épurée...

 

Premières phrases :

 « Corps sémillant, silhouette de jeune fille : tant que vous ne regardiez pas son visage, elle avait moins de trente ans. Ses vêtements soulignaient bien la chose : tailleur peau d’ange sur mesure, talons hauts mettant le galbe de ses mollets aux ombres nylon sous tension. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  Cible mouvante de Ross MACDONALD

Les 16 autres romans de la série Lew Archer sortiront au rythme de deux parutions par an.

Autre : les romans de Raymond Chandler

 

D’autres avis :

 

Papillon 

 

Noyade en eau douce, Ross Macdonald, traduit de l’américain par Jacques Mailhos, Gallmeister, totem, 2012, 288 p., 10 euros

 

 

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