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313 résultats pour “itinéraire d'enfance

Itinéraire d’enfance de DUONG THU HUONG

Publié le par Hélène

                                          itineraire.jpg

 ♥ ♥ 

 « L’homme doit lutter et gagner. » (p. 338)

  

L’auteur :

 

Née en 1947 au Viêtnam, Duong Thu Huong, pour avoir défendu ses convictions démocratiques, a été emprisonnée en 1991. Elle a vécu en résidence surveillée dans son pays jusqu'en janvier 2006, date de son arrivée à Paris pour la sortie de Terre des oublis (Sabine Wespieser éditeur), dont le succès l'a incitée à rester en France pour se consacrer à l'écriture.

 

L’histoire :

 

Bê a douze ans, sa vie dans le bourg de Rêu s'organise entre sa mère, ses amis, ses voisins et ses professeurs. Son père, soldat, est en garnison à la frontière nord. Mais parce que son caractère est déjà bien trempé et qu'elle ne supporte pas l'injustice, elle prend la défense d'une de ses camarades abusée par un professeur, et se voit brutalement exclue de l'école. Révoltée, elle s'enfuit de chez elle, avec sa meilleure amie, pour rejoindre son père. Commence alors un étonnant périple : les deux adolescentes, livrées à elles-mêmes, sans un sou en poche, voyagent en train, à pied ou en autobus, à travers les montagnes du nord, peuplées par les minorités ethniques. Elles finiront par arriver à destination, après des aventures palpitantes et souvent cocasses : Bê la meneuse, non contente d'avoir travaillé dans une auberge avec son amie, tué le cochon, participé à la chasse au tigre, va également confondre un sorcier charlatan et jouer les infirmières de fortune. Au fil des mois et des rencontres, l'adolescente grandit, mûrit, et fait l'apprentissage de la liberté. Duong Thu Huong avoue avoir donné beaucoup d'elle-même à son héroïne...

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Itinéraire d’enfance rend hommage à la fraîcheur de l’enfance entre désobéissance, rencontres marquantes,  aventures (dont la mythique chasse au tigre) mais aussi injustices et maltraitances.

 

-          La jeune Bê est une enfant optimiste, qui respire la joie de vivre et ses aventures lui ressemblent, même si elle ne  nous épargne pas la pauvreté de ces familles  car « Là où règne l’ignorance, règne aussi la misère. » (p.317) Elle va faire son apprentissage de la vie au fil de ses rencontres et expériences :

 

« Elle m’a fait comprendre que chaque être humain était un mystère dont on parvient rarement à lever le voile et qu’on n’a souvent pas assez de toute une vie pour saisir un seul aspect de la personnalité de quelqu’un. » (p. 232)

 

« Vivre, c’est surmonter les malheurs, la souffrance et l’injustice pour atteindre l’objectif qu’on s’est fixé. » (p. 343)

 

-          C’est un roman facile à lire, agrémenté de petits contes, de croyances populaires, légendes et superstitions…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Peut-être un peu trop léger 

 

Premières phrases :

 

« J’ai douze ans. Nous habitons le petit bourg de Rêu, ma mère et moi. On y trouve encore un quartier de maisons anciennes, toutes construites sur le même modèle : un bâtiment central soutenu par des colonnes de bois noir poli, quelques arbres fruitiers dans la cour et un grand jardin entouré d’un muret souvent envahi d’une mousse verte. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Terre des oublis

Autre : Ciel bleu : une enfance dans le Haut Altaï de Galsan TSCHINAG

 

D’autres avis :

 

Stéphie, Schlabaya

 

Itinéraire d’enfance, Duong Thu Huong, roman traduit du vietnamien par Phuong Dang Tran, Sabine Wespieser, 24 euros

 

POCHE : Itinéraire d’enfance, Duong Thu Huong, roman traduit du vietnamien par Phuong Dang Tran, Le livre de poche, 346 p., 6.50 euros

Publié dans Littérature Asie

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Kyoko de Ryû MURAKAMI

Publié le par Hélène

kyoko couv

  ♥ ♥ ♥

Un conte moderne japonais relativement prenant.

  

L’auteur :

 

Ryû MURAKAMI est un écrivain et cinéaste japonais. Son œuvre est relativement sombre et désespérée, notamment Les bébés de la consigne automatique, ou encore Parasites.

 

L’histoire :

 

La jeune Kyoko part à l’âge de 21 ans à la recherche de celui qui lui a donné le goût de la danse quand elle avait 8 ans, José. Son voyage la mène à New York, et dans cette ville protéiforme elle va rencontrer une série de personnages qui ne resteront pas indifférent face à cette jeune femme diaphane.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’alternance des points de vue : chaque chapitre a un narrateur différent qui raconte sa rencontre avec la jeune Kyoko. Ce procédé a tendance à dynamiser le récit, même si pour moi, il n’est pas assez exploité.

-          La quête de la jeune femme intrigue le lecteur et le pousse en avant dans sa lecture.

-          La simplicité des rapports humains, la tendresse qui filtre entre eux nimbe le roman d’une poésie utopique.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La naïveté générale : sur la quatrième de couverture, on nous dit que l’auteur s’est efforcé dans ce roman de faire un roman « sans drogue, sans violence et sans sexe, sur la renaissance et l’espoir. » Malheureusement, j’ai senti qu’il n’était pas là dans son élément, tout étant trop édulcoré, simple, naïf.

-          Les scènes de danse de surcroît sont difficiles à se représenter alors qu’elles constituent le cœur du récit. Un film a été tourné, peut-être est-il plus convaincant…

 

Premières phrases :

 

« Les grillages de barbelés.

Il s’étend à perte de vue, ce grillage de barbelés plus haut que moi, et recouvre ma mémoire. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Itinéraire d’enfance de Duong Thu HUONG

  

 Lu dans le cadre duchallenge  challenge-In-the-mood-for-Japan

 

 POCHE : Kyoko, Ryû MURAKAMI, Picquier poche, août 2000, 227 p., 7 euros

 

TAGS : Littérature japonaise - Maladie -Danse

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Neverland de Timothée DE FOMBELLE

Publié le par Hélène

  ♥ ♥

"C'était un voyage incertain. J'ai dormi sous la lune."

Un beau matin, le narrateur décide de partir en chasse de son enfance. Il enfourche son cheval, s'équipe de sarbacanes, de potions, casiers filets, fléchettes qui endorment, ne sachant pas à quoi s'attendre ni comment prendre dans ses filets cette enfance éphémère tellement insaisissable. Et le voilà en quête de celui qu'il était... "J'étais le chercheur d'or, le chasseur fou, illuminé par ce rêve."

Il traque aussi ce moment où tout bascule, où l'enfance s'évade pour laisser place à la gravité de l'adulte. Au mitan de sa vie il rêve de la capturer pour ne pas la laisser s'évanouir dans les airs du temps pesant. Don Quichotte courant après des moulins à vent, il erre funambule sur le fil de sa mémoire. Il s'illumine soudain au souvenir de certaines scènes comme ces dimanches soirs magiques, quand ses parents décidaient de prolonger le week-end bienheureux en emmenant toute la famille manger des cailles chaudes sur un rocher plat dans le forêt de Fontainebleau, comme pour retenir les heures avant la reprise de la semaine.

"Je n'ai jamais essayé de retenir l'enfance ou de m'y attarder. J'ai simplement voulu faire grandir l'enfant en moi, le faire progresser, en le gardant vivant. Car, malgré les promesses que me faisait ce nouveau monde, le pays adulte, il y avait quelque chose que je n'abandonnerais pas : l'envie d'inventer et de créer. C'était un serment. Je ne renoncerais pas à l'imaginaire. Je ne perdrais pas le fil. Ce serait la continuation de l'enfance par d'autres moyens, le rêve de perfectionner éternellement l'enfance."

Une magie volatile s'échappe de cette quête, elle survole nos vies et frôle nos âmes, pour une géographie poétique de l'enfance millénaire. Neverland exerce une indéniable attirance sur nos âmes d'enfants...

 

Présentation de l'éditeur : L'iconoclaste

D'autres avis : Lecture commune avec Eva

Télérama

Du même auteur : Tobie Lolness (2006, Gallimard Jeunesse) / Vango (2010, Gallimard Jeunesse) / Le Livre de Perle (2014, Gallimard Jeunesse)

 

Neverland,Timothée de Fombelle, L'Iconoclaste, 2017, 116 p.,  16 euros

 

Sélectionné pour le prix Psychologies du roman inspirant.

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Album de Gudrun Eva MINERVUDOTTIR

Publié le par Hélène

♥ ♥

Comment évoquer notre enfance autrement que sous forme d'instantanés, flashs issus de notre mémoire sélective ou souvenirs créés eux-mêmes par les récits ou photographies des parents ? L'enfance ne serait-il qu'une création de notre être ? 

Album nous permet de feuilleter sous forme de textes courts l'enfance et l'adolescence d'une petite fille qui vit en Islande auprès de sa mère divorcée. Son grand-père est en prison et sa mère se met en couple avec un nouvel homme qui lui apporte un demi-frère, puis une petite soeur. Puis, vient l'heure de la séparation, douloureuse puisqu'il faut quitter ce demi-frère à qui la narratrice s'était attachée.

Par touches subtiles, l'enfance et ses sensations millénaires prennent formes : les tactiques pour éviter le pot, les étés à la ferme, les amitiés, l'amour des livres, les cauchemars de spaghettis meurtriers, la fierté du vélo rouge, les chevaux...

Puis l'adolescence se profile, l'esprit qui s'éveille et comprend de mieux en mieux ce qui l'entoure, les implications, perdant peu à peu son insouciance pour une meilleure compréhension du monde.

Un condensé d'enfance sensible et touchant comme elle s'installe dans la mémoire, par touches, flashs diffus, scènes décousues qui marquent on ne sait pas bien pour quelle raison.

L'ensemble crée un être humain de chair et de mots touchant et attachant.

Cet ouvrage a reçu l’Icelandic Literary Prize.

Mes réticences :  Je l'ai trouvé un peu court et rapide pour réellement être conquise par cette évocation de l'enfance.

 

Présentation de l'éditeur : Editions Tusitala ; Pocket

D'autres avis : Découvert chez Jérôme ; Aifelle

 

Album, Gudrun Eva Minervudottir, traduit de l'islandais par Catherine Eyjolfsson, Pocket, 2015, 113 p., 5.40 euros

Publié dans Littérature Europe

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Paul à la campagne de Michel RABAGLIATI

Publié le par Hélène

paul-a-la-campagne.jpg

♥ ♥

  

 L’auteur :

 

Michel Rabagliati est né en 1961 à Montréal où il a grandi dans le quartier Rosemont. Après s'être intéressé un moment à la typographie, il étudie en graphisme et il travaille à son compte dans ce domaine à partir de 1981. Puis, il se lance sérieusement dans l'illustration publicitaire en 1988.  Depuis 1998, ses bandes dessinées révolutionnent le 9e art québécois. Avec ses six livres, Michel Rabagliati est devenu une figure incontournable de la bande dessinée d’ici.  En 2007, l’auteur s’est vu décerner une Mention spéciale pour l’ensemble de son œuvre par le Prix des libraires du Québec.

 

L’histoire :

 

Il s'agit de deux histoires du jeune Paul : « Paul à la campagne » et « Paul apprenti typographe ».

Dans le premier cas, le narrateur retourne en vacances sur les lieux de son enfance et se souvient de sa jeunesse. Les flash-back sont nombreux, et aussi liés au présent, par la présence d’Alice, la fille de Paul.
La partie "typographique" relate la visite de Paul jeune à l'imprimerie où travaille son père, avec des découvertes et des moments d'extase. (Présentation Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Il s’agit là d’un album à l’atmosphère nostalgique, douce et ouatée assez confortable. Les souvenirs d'enfance se superposent sur le présent de Paul qui nous décrit alors un monde tendre au creux de son enfance et de son adolescence.

 paul à la campagne 2

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Trop court.

-          Peu marquant.

-          J’ai franchement moins aimé « Paul apprenti typographe » qui m’a ennuyée…

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Toute la série 

 

Paul à la campagne, Michel Rabagliati, La Pastèque, 1999, 48 p., 11 euros

 

BD du mercredi de Mango 1

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Rentrée littéraire 2016

Publié le par Hélène

Petit pays de Gaël Faye

Présentation de l'éditeur : Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l'harmonie familiale s'est disloquée en même temps que son «  petit pays  », le Burundi, ce bout d'Afrique centrale brutalement malmené par l'Histoire.
Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d'orage, les jacarandas en fleur... L'enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.

Mon avis : Dans un texte puissant, à la poésie évocatrice, Gaël Faye nous raconte un peu de son histoire, un épisode de l'Histoire de son pays. Lui-même a dû se réfugier dans l'écriture pour survivre, comme le jeune Gabriel trouve refuge dans les livres prêtés par la voisine. Mais il chante aussi la joie de l'enfance, l'amour inconditionnel pour son pays, et, au bout de l'horreur, l'espoir, comme un point ténu au fond de l'horizon...

 

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Du bruit dans le ciel de David PRUDHOMME

Publié le par Hélène

♥ ♥

En octobre 2020, David Prudhomme plonge dans son passé en retournant sur les pas de son enfance, dans la maison familiale de Grangeroux, près de Châteauroux. Il se souvient de la première fois qu'il est arrivé dans la région, de sa maison, de l'ancienne base militaire construite en 1951, à côté des entrepôts de l'Otan qui desservent l'Europe. L’impression de vivre à la campagne est démentie par le bruit des réacteurs des avions cargos irakiens qui, entre 81 et 89, décollent chargés des armes vendues par la France à Saddam Hussein alors en guerre contre l’Iran. David Prudhomme déroule alors les années d'enfance et d'adolescence, puis l'âge adulte et peint le changement progressif de ce territoire aux prises avec l'évolution du monde.

Ce que j'ai aimé :

L'aspect biographique est intéressant, il permet de mieux comprendre l'auteur et ses origines.

Ce que j'ai moins aimé :

L'ennui perce peu à peu, le propos était trop "géographique" à mon goût, il manquait de charme...

Bilan :

Une déception !

 

Du même auteur : Rébétiko ♥ ♥ ♥ (BD) ;  La traversée du Louvre ♥ ♥ (BD) ; Vive la marée ♥ ♥ ♥ ♥ (BD)

Présentation de l'éditeur : Futuropolis 

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Délivrances de Toni MORRISON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Lula Ann connaît dés son enfance un rejet dû à sa couleur de peau puisque sa mère elle-même ne comprend pas sa couleur de la peau de sa fille et répugne à la toucher. Plus tard la petite Lula Ann se fera appeler Bride et transformera ce qu'elle a ressenti dans les premières heures comme une faiblesse en force. Devenue une femme brillante travaillant dans les cosmétiques, elle se construit une image mettant en valeur sa peau noire ébène. Mais le jour où son petit ami la laisse sur le bord de la route sans réelles explications, lui disant juste "T'es pas la femme que je veux", elle est perdue, comme si, à nouveau, elle revivait les rejets de son enfance. Elle part alors sur les traces de cet homme pour mieux comprendre qui elle devrait être, pour savoir, enfin, pourquoi on ne peut pas l'aimer pour ce qu'elle est. 

Se délivrer, ce sera sans doute alors faire le deuil de l'enfance et de ses stigmates : 

"Chacun va s'accrocher à une petite histoire triste de blessure et de chagrin : un problème et une douleur anciens que l'existence a lâchés sur leurs êtres purs et innocents. Et chacun va réécrire cette histoire à l'infini, tout en connaissant son intrigue, en devinant son thème, en inventant sa signification et en rejetant son origine. Quel gâchis. Elle savait d'expérience ô combien difficile, ô combien égoïste et destructible était le fait d'aimer." p. 176

La délivrance vient de la nécessité de se délivrer des rets de l'enfance et du passé pour avancer. Souvent dans ce roman, les enfants se retrouvent victimes des adultes, du racisme, des prédateurs sexuels, et ce n'est qu'au prix d'une lutte acharnée contre les autres et contre eux-mêmes qu'ils peuvent espérer conquérir un peu de quiétude dans ce monde tourmenté. 

Ce roman choral, porté de surcroît par une écriture fluide, touche à la pureté de l'identité. Essentiel. Au sens premier du terme. 

 

Présentation de l'éditeur : Christian Bourgois 

Du même auteur : Home

D'autres avis : Télérama  ; Jérôme  ; Noukette 

 

Délivrances, Toni Morrison, traduit de l'anglais (EU) par Christine Laferrière, Bourgois éditions, 2015, 196 p., 18 euros

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La part manquante de Christian BOBIN

Publié le par Hélène

                                    part manquante

 ♥ ♥

"Il y a, dans l'air chaud, comme un orage qui s'annonce, comme un amour qui s'avance." (p. 84)

 

 L'auteur :

Christian BOBIN est un écrivain français contemporain, auteur de "fragments", des textes en prose poétiques. Il a connu le succés à partir de 1991 avec Une petite robe de fête.

 

Ce que j'ai aimé :

Ceux qui apprécient le charme de Christian Bobin savent que la beauté de ses pages est indéfinissable, elle ne se laisse pas appréhender par des mots tant elle est aérienne et volatile.

Dans ces douze nouvelles, il nous parle d'amour, de solitude, d'enfance, d'écriture, de lecture : 

"Lire c'est s'apprendre soi-même à la maternelle du sang, c'est apprendre qui l'on est d'une connaissance inoubliable, par soi seul inventée. L'enfance tourne avec les pages." (p.23)

"On pourrait recenser les livres suivnat l'embarras d'en parler. il y a ceux engorgés de pensée, de savoir. Tous ces livres ensablés dans l'eau morte des idées. les gens qui vous en parlent vous sont très vite insupportables. Même quand ils lisent beaucoup ils ne lisent pas : ils confortent leur intelligence. Ils font fructifier leur or. Et il y a les livres que l'on ne sait pas dire, à peine montrer du doigt, comme la première étoile dans le ciel mauve." (p. 43)

"Nos attitudes devant la vie sont apprises durant l'enfance, et nous écoutons le chant des lumières comme un nouveau-né entend un bruit de source dans son coeur. Nos attitudes devant l'amour sont enracinées dans l'enfance indéracinable, et nous attendons un amour éternel comme un enfant espère la neige qui ne vient pas, qui peut venir." (p. 76)

La magie agit alors, comme par miracle ...

 

 Ce que j'ai moins aimé :

Les allusions à Dieu sont un peu trop présentes à mon goût...

 

Premières phrases :

"Elle est seule. C'est dans un hall de gare, à Lyon Part-Dieu. Elle est parmi tous ces gens comme dans le retrait d'une chambre. Elle est seule au milieu du monde, comme la vierge dans les peintures de Fra Angelico : recueillie dans une sphère de lumière. Eblouie par l'éclat des jardins. Les solitaires aimantent le regard." 

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Les ruines du ciel 

Autre :  Nos cheveux blanchiront avec nos yeux de Thomas VINAU

 

La part manquante, Christian Bobin, Gallimard Folio, 4.20 euros

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Ciel bleu : une enfance dans le Haut Altaï de Galsan TSCHINAG

Publié le par Hélène

ciel bleu

♥ ♥ ♥

Un roman dépaysant  pour découvrir la culture mongole.

    

L’auteur :

 

Galsan TSCHINAG est né en Mongolie occidentale et a passé son enfance dans les steppes. Ciel bleu est son premier roman publié en 1994.

 

L’histoire :

 

Galsan TSCHINAG nous conte son enfance dans la steppe dans le Haut Altaï. Il évoque avec beaucoup de tendresse le quotidien au sein d’une famille aimante. Dans ces pages, il rend hommage à un monde voué à la disparition, à travers notamment les figures emblématiques de sa grand-mère ou de son chien.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le dépaysement : cette lecture est un véritable bol d’air frais, loin des considérations nombrilistes de certains romans actuels. On y découvre un univers totalement inconnu, oscillant entre tradition et modernité, un monde magique aux mœurs déroutantes et enrichissantes dans lequel on chante pour les brebis afin qu’elles ne rejettent pas leurs agneaux.

-          La justesse du récit : on trouve beaucoup de tendresse et de poésie dans cette évocation. Le point de vue adopté est celui du jeune garçon de 7 ans qui découvre petit à petit les règles particulières du monde qui est le sien. 

-          Une source de sagesse : de nombreux enseignements sont à tirer de ce petit récit.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La scène un peu longue à mon goût concernant le chien qui a avalé du poison, mais ce sera le seul bémol.

 

Premières phrases :

 

«           Il est possible que cette histoire ait commencé dans un rêve. Etait-ce une préparation à ce qui allait suivre, une mise en garde peut-être ? Car le rêve était pénible, pénible – un cauchemar.

On disait qu’il ne fallait parler de ses mauvais rêves à personne, mais les dire plutôt pour soi à haute voix, puis cracher trois fois. On disait la même chose pour les rêves agréables. Il ne fallait les confier à personne, les garder pour soi. Ceux qu’on entendait raconter n’étaient-ils donc ni bons ni mauvais ? »

 

Vous aimerez aussi :

 

Dersou Ouzala de Vladimir ARSENIEV (non lu)

 

Ciel bleu : une enfance dans le Haut Altaï, Galsan TSCHINAG, Métailié suites, 1996, 8 euros

 

TAGS : Littérature mongole - Famille

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