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litterature amerique du nord

La vie de Lillian, mode d'emploi de Alison Jean LESTER

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Lillian est une femme célibataire de 57 ans pour qui les hommes, la séduction, le plaisir, ont toujours compté. Et c'est avec tendresse et plaisir qu'elle se souvient des hommes importants qui ont marqué sa vie jusqu'à aujourd'hui. Des hommes seuls, des hommes mariés, des hommes enfants, des hommes virils, des hommes faibles ou fort, une galerie que Lillian se plaît à revisiter les soirs de solitude. Pour peut-être approcher le mystère du sentiment, et enfin, comprendre pourquoi on aime, puis tout à coup pourquoi l'amour s'en va...

Le style fluide dénote des facilités d'écriture évidente pour ce premier roman prometteur. Les chapitres sont brefs, dépassant rarement cinq pages, évoquant des rencontres, des scènes marquantes, des ruptures décevantes...

"Si je regrette une chose, rétrospectivement, ce sont toutes les fois où j'ai autorisé de gens à penser ce qu'ils voulaient penser. J'aurais dû les arrêter tout de suite. J'aurais dû me moquer de leurs suppositions. J'aurais dû éclater de rire, "Ha ha ha !" et enchaîner avec un sourire malicieux et pétillant, uniquement pour les déstabiliser, pour qu'ils continuent à s'interroger. Le problème, c'est qu'ils observent ce que vous faites, qui vous aimez, comment vous cuisinez ce que vous lisez et ce que vous ne lisez pas, et ils décident ce que ça signifie, et parfois vous n'êtes pas là pour les arrêter, ou vous choisissez mal le moment. Je me suis toujours demandé pourquoi les gens cherchent du sens dans les actes. Quand une personne vous raconte une histoire, une chose qui lui est arrivée, une chose importante, ne lui demandez pas ce qu'elle a fiat. Demandez-lui ce qu'elle voulait faire. Ce qu'elle veut faire, c'ets ce qu'elle est. Les actes sont des murmures comparés aux rêves."

Ce que j'ai moins aimé :

Le fait de résumer la vie de Lillian à une suite d'évocations de sa vie sentimentale est finalement assez réducteur, et peut créer une certaine lassitude liée à un manque de consistance dans l'intrigue.

Pour résumer, c'est un roman plaisant à lire, au charme mélancolique. Je suivrai néanmoins le prochain roman de l'auteur avec plaisir !

Premières phrases :

"Chaque fois que je me réveille à côté d'un homme, avant d'être totalement éveillée, je crois que c'est Ted. Evidemment, ce n'est jamais lui.

Tant pis. Ce matin, j'ai regardé Pandora marcher su rle corps nu de Michael. Alors qu'elle remontait le long de sa cuisse, il a commencé à avoir la chair de poule."

Informations sur le livre :

Chez Autrement

Vous aimerez aussi :

L'histoire d'un mariage de ANdrew Sean Greer 

 

La vie de Lillian, mode d'emploi de Alison Jean Lester, traduit de l'anglais EU) par Jean ESCH, Autrement, août 2014, 17 euros

 

Merci à l'éditeur.

 

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L'ange sur le toit de Russell BANKS

Publié le par Hélène

                      

♥ ♥

"Le temps est venu, le temps est passé, le temps ne reviendra jamais, voilà ce que je me dis. Et je conclus  que ce qui est devant moi, là, c'est tout ce que j'ai."

 

Mon avis :

Le point commun qui relient les nouvelles de ce recueil tient dans le fait que les personnages vont tous connaître un évènement qui constituera un point de non-retour, un bouleversement subtil ou évident qui changera à jamais leur existence. Ce tsunami intérieur peut avoir sa source dans le passé, et la prise de conscience ne survient alors que bien plus tard :

"Ca aurait pu se produire n'importe quel soir. Ca s'est même peut-être produit il y a longtemps, ais nous ne nous en sommes pas aperçus sur le coup. Comme une de ces étoiles qui s'embrasent et qui meurent, et on ne s'en rend compte que bien des années plus tard tellement elles sont loin.

- Il vaut peut-être mieux que nous ne l'ayons pas vu quand ça s'est produit, a dit Larry. Peut-être que comme ça on a davantage de paix." (Juste une vache)

Issu bien souvent su hasard des coïncidences, la vie prend sa revanche et ce qu'on croyait acquis, stable s'écroule. "Une chose en entraîne une autre, faut croire." dit un des personnages de "Juste une vache" au seuil d'une rupture du couple. Ce changement soudain de trajectoire est souvent rédempteur, même si sur le moment il est source de douleur. Synonyme de lâcher prise comme dans "Juste une vache" ou "Djinn", il permet ausssi une remise en question intérieure. Dans "Moments privilégiés", un père et sa fille constatent soudain le vide qui s'est installé entre eux : 

"Il voit qu'il a été quelqu'un de tout à fait à l'opposé de ceui qu'il avait cru être."

Mais d'autres évènements restent ancrés dans la souffrance, particulièrement quand ils ont eu lieu dans l'enfance. "La visite" est celle d'un homme à la maison de son enfance, prétexte pour se remémorer des souvenirs peu heureux en raison d'un conflit latent qui perdurait entre sa mère et son père, conflit dont les enfants payaient les conséquences. 

Les hommes sont souvent responsables, alcooliques, infidèles, ils font souffrir leur entourage et remettent en question insidieusement les relations fragiles qui existent entre les êtres. 

"L'une des choses les plus difficiles à dire à quelqu'un est celle-ci : j'espère que vous m'aimerez sans raison particulière. C'est pourtant ce que nous voulons tous dire les uns aux autres - à nos enfants, à nos parents, à nos copagnons, à nos amis et à des inconnus - en ne l'osant que rarement."

Les êtres se manquent, la vie passe et les éloigne irrémédiablement, les laissant sur le seuil de leur vie, dans une solitude désoeuvrée. Tout choix inclut un renoncement, et à l'aune de la vieillesse, les regrets ou les remords refont surface. Si nous pouvions réécrire le passé, agirions-nous à l'identique ? Vaut-il mieux tout savoir de son passé et des choix qui ont conditionnés notre existence, ou rester dans l'illusion qui nous a tenu debout jusqu'ici ? 

Le temps qui passe, la vieillesse, la recherche du bonheur souvent avortée avant l'heure, sont les thèmes inhérents à ce petit recueil comme à la vie...

Premières pages :

"Il y a quelques années, avant que je me marie et prenne un poste das une société dépourvue de succursale étrangère (avant que je rentre à la maison, en somme), j'étais employé par une entreprise de Hopewell, dans le New Jersey, laquelle appartenait à un consortium multinational dont le siège était à Amsterdam."

Infos sur le livre :

Actes sud 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : De beaux lendemains

 

L'ange sur le toit, Russell Banks, J'ai Lu (Actes Sud pour la première édition), traduit de l'anglais (EU) par Pierre Furlan, 156 p. 4.50 euros

 

Pioché chez Gibert Joseph

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L'histoire d'un mariage de Andrew Sean GREER

Publié le par Hélène

                                

♥ ♥ ♥

"Aussi déconcerté par mes mystères que je l'étais par les tiens, aussi disposé à me les pardonner : deux personnes voilées se guidant l'une l'autre, main dans la main. C'est peut-être cela, un mariage." p. 107

Ce que j'ai aimé :

Pearlie est mariée à Holland Cook depuis plusieurs années, vivant un bonheur calme et paisible avec leur fils Sonny. Jusqu'à ce que surgisse un beau jour un homme trouble, nommé Charles Drumer, tout droit sorti du passé de Holland. Les certitudes de Pearlie oscillent alors dangeureusement...

Andrew Sean Greer fait preuve d'une analyse pointue du couple, de ce qu'on se dit, de ce qu'on ne dit pas, de la dificulté de communiquer, puis finalement de l'importance de s'aimer.

"Car l'être aimé n'existe qu'en fragments, une douzaine au début de l'idylle un millier si nous l'avons épousé, et le coeur construit à partir de ces fragments une personne entière. Ce que nous créons chacun, puisque notre imagination compense les lacunes, cest la personne que nous souhaitons. moins nous connaissons l'être réel, plus nous l'aimons." p. 93

"Nous hésitons jusqu'à ce qu'un jour nous voyions clair : les chances sont rares, et la mort approche vite. Saisis le ravissement s'il est à ta portée ; saisis l'amour si tu peux l'atteindre." p. 264

L'histoire se déroule en 1953, à San Francisco, période trouble qui suit la guerre de Corée. S'amorce ainsi une réflexion sur ceux qui n'ont pas fait la guerre, qui sont restés dans l'ombre , ceux qui n'ont pas voulu faire la guerre : "Ils sont éliminés de l'Histoire, car rien n'est plus corrosif que la honte." Souvent oubliés des récits, ils sont ici mis en avant. La ségrégation raciale, l'affaire Rosenberg sont aussi des éléments intrinsèques à ces années mentionnées ici avec subtilité et intelligence.

Ce que j'ai moins aimé :

- Un peu statique.

Premières phrases :

"Nous croyons connaître ceux que nous aimons.

Nos maris, nos femmes. Nous les connaisons, nous nous identifions à eux, parfois ; séparés lors d'une soirée en bonne compagnie, nous nous surpenons à exprimer leurs opinions, leurs goûts culinaires ou littéraires, à raconter une anecdote sui ne sort pas de notre mémoire, mais de la leur."

Présentation de l'éditeur :

http://www.editionsdelolivier.fr/catalogue/9782879296258-l-histoire-d-un-mariage

Vous aimerez aussi :

Drôle de temps pour un mariage de Julia STRACHEY

D'autres avis :

Babélio ; Télérama ; France Culture

ManuPapillonCathulu ; Dasola

 

L'histoire d'un mariage, ANdrew Sean Greer, traduit de l'anglais (EU) par Suzanne V. Mayoux, Points, 2009, 263 p., 7 euros

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Montana 1948 de Larry WATSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

L'été de ses douze ans marquera à jamais le narrateur David Hayden. Il va en effet apprendre à regarder le monde qui l'entoure et les gens qu'il aime d'un oeil neuf, soudain conscient que chacun cache sa zone d'ombre et que le monde est bien plus complexe que l'enfance ne le laisse supposer. Son père, shérif, devra faire des choix cruciaux entre justice et loyauté envers sa famille. Dans un contexte marqué par le racisme envers les indiens considérés par certains blancs comme "ignorants, paresseux, supersttieux et irresponsables." comme le pense lui-même le père du narrateur, ce shérif épris de justice hésitera sur la conduite à suivre. Sera-t-il juste envers les siens ? Ou juste envers la morale ? Des choix cruciaux qui marqueront à jamais son jeune fils qui l'observe et l'espionne dans l'ombre, fasciné par les secrets des adultes. 

L'écriture fluide et directe emporte irrémédiablement le lecteur dans sa lecture, au coeur du Montana aux côtés de ce jeune narrateur qui va mûrir et quitter l'enfance non sans heurts. 

        

http://www.montanadra.com/

Ce que j'ai moins aimé :

Je ne sais pas si ce court roman me marquera durablement. Je l'avais déjà lu dix ans auparavant, sans m'en souvenir !

Premières phrases :

"De l'été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n'a pu chasser ni même estomper.

Une jeune femme sioux est étendue sur un lit dans notre maison. Elle a de la fièvre, elle délire et tousse si fort que j'ai peur qu'elle ne meure."

Infos sur le livre :

Gallmeister

Vous aimerez aussi :

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper LEE

D'autres avis :

Lire 

Jérôme 

 

Montana 1948, Larry Watson, traduit de l'américain par Bertrand Péguillan, Gallmeister, Totem, 2010, 176 p., 8.20 euros

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Mon vieux et moi de Pierre GAGNON

Publié le par Hélène

                                     

♥ ♥

"Si tu l'aimes, pourquoi tu la prends pas avec toi, ta tante ? Tu serais pas obligé de faire tout ce trajet..."

Mon avis :

Tout commence avec cette simple question : pourquoi ne pas prendre chez lui sa vieille tante qui périclite en maison de retraite ? Quand sa tante décède, le narrateur décide d'adopter un autre vieux qu'il a rencontré en maison de retraite en rendant visite à sa tante : Léo. Léo s'installe alors chez lui et au début la cohabitation est harmonieuse. Le narrateur se sent utile, enrichit par cette relation. Mais rapidement, Léo a beau être formidable, il n'en est pas moins vieux, avec tout ce que cela implique. 

L'histoire est simple, courte (92 pages) et directe en racontant une expérience humaine qui se heurte à ses propres limites. L'idée est belle et profondément humaine, elle est une leçon de vie et d'humanité à méditer en ces temps relativement égoïstes. Toutefois l'auteur ne fait pas l'impasse sur les limites de ce système qui semble pourtant évident à première vue. Mais pour quelques temps, deux solitudes se seront rejointes, et deux âmes se seront épanouies au contact l'une de l'autre. C'est déjà beaucoup...

Un récit charmant.

Premières phrases :

"Je viens d'adopter...

Pensionné, je vivias seul, sans enfant ni parent. J'ai des amis, bien sûr, que je vois à l'occasion. Cela me suffit. Taciturne ? Pas du tout."

Infos sur le livre :

chez Babélio

D'autres avis :

DominiqueChocoClaraNouketteDominique.

Télérama 

Vous aimerez aussi :

Il pleuvait des oiseaux de Jocelyn Saucier

 

Mon vieux et moi, Pierre Gagnon, J'ai Lu, 2010, 4.50 euros

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Homesman de Glendon SWARTHOUT

Publié le par Hélène

                                  

♥ ♥ ♥ ♥

Un western époustouflant

 

Ce que j'ai aimé :

Au coeur des grandes plaines de l'ouest de l'Amérique au milieu du XIXème siècle, des couples ont rejoint ce qu'ils pensaient être "la terre promise". Seulement les jeunes couples se heurtent à des conditions difficiles, la solitude de ces grands espaces, la maladie, les loups qui rôdent et la mort qui les attend inéluctablement derrière les collines. Dans ces régions infinies du Nébraska, chaque année, au bord de la rivière Kettle, des femmes deviennent folles dans un tel environnement hostile. Quatre d'entre elles doivent être ramenées à leur famille vers l'est puisque aucun asile n'existe dans ces nouvelles terres. Mary Bee Cuddy, une ancienne institutrice célibataire, se dévoue pour convoyer le charriot qui les ramènera vers les leurs. Elle fait appel à Briggs, un bandit de grand chemin voleur pour l'accompagner dans cette tâche délicate.  Ensemble ils vont affronter un voyage hors du commun, aux portes de la folie. 

    

Il s'agit d'un sujet peu abordé dans la littérature qui préfère mettre en avant la formidable aventure des pionniers au courage sans faille plutôt que les déconvenues de ces femmes obligées de tout quitter pour se retrouver dans des no man's land arides aux côtés d'hommes qui ne sont pas toujours à la hauteur. Homesman est le dernier roman de Swarthout qui nous offre avant de prendre sa retraite un superbe western passionnant, porté par deux personnages emblématiques.

"Il avait  envie de lui dire, bon sang, gamine, ne grimpe pas dans un chariot pour aller vivre dans une maison en terre, faire une portée de marmots et vieillir avant ton heure, perdre la boule et obliger quelqu'un à t'attacher dans  un autre chariot pour te ramener à ton papa et ta maman qui seront morts et enterrés d'ici là. Mais il ne dit rien, ne put rien dire."

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien 

Premières phrases :

"A la fin de l'été, Line lui apprit qu'elle était enceinte de deux mois. Encore une bouche à nourrir. Et puis, dit-elle, elle était trop vieille à quarante-trois ans. Il aurait une tête comme un melon, dit-elle, ou un bec-de-lièvre, ou il serait infirme car Dieu devait être en colère après eux, après tout, voyez ce qui leur était déjà arrivé cette année."

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le tireur

Autres : La saga des émigrants

 

Homesman, Glendon Swarthout, nouvelle traduction de l'américain par Laura Derajinski, Gallmeister, Nature writing, mai 2014, 336 p., 23.10 euros

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Le général sudiste de Big Sur de Richard BRAUTIGAN

Publié le par Hélène

                                      

♥ ♥ ♥ ♥

"La première fois que j'ai rencontre Lee Mellon, la nuit filait jusqu'à la dernière goutte de whiskey." 

 

Ce que j'ai aimé :

Richard Brautigan nous raconte l'improbable rencontre entre le narrateur Jesse et Lee Mellon, descendant d'un général sudiste ayant combattu pendant la guerre de Sécession "fleur de la chevalerie sudiste, et lion sur le champ de bataille."

"Lee Mellon regarda la ciel Parfois, quand on rencontre des gens pour la première fois, ils regardent le ciel. Il le regarda longtemps."

Lee devient son voisin avant de s'exiler à Big Sur où Jesse finit par le rejoindre. Là-bas, Lee habite une cabane qu'il a  lui même édifiée, si bien qu'elle est quelque peu bancale : dotée d'un mur en terre, d'un en verre, et pas de mur qui donne sur une mare au grenouilles. Le plafond est trop bas, les grenouilles croassent de façon un peu trop envahissante si bien que les solutions germent pour les chasser : le lancée de pierres, le tapage de balai, l'eau bouillante dans la mare ou encore le vin rouge aigre jeté sur les fautives. Rien n'y fait. Jusqu'à ce que deux mastodontes interviennent... Le coin est aussi agrémenté d'un fantôme vétéran de la guerre hispano américaine. Entre rencontres délirantes, expériences avec de la marijuana, le temps file doucement et sereinement dans ce coin perdu du monde.
 

                           

 @Coastal living

Ce roman est totalement délirant, décalé, les personnages vivent dans une autre dimension pour le plus grand plaisir du lecteur !

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

 

Informations sur le livre 

chez 10/18 

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Un privé à Babylone

 

Le général sudiste de Big-Sur, Richard Brautigan, traduit de l'américain par Marc Chénétier, 10/18,  2004, 7.10 euros

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Le gang de la clé à molette de Edward ABBEY

Publié le par Hélène

   

♥ ♥ ♥

"Tout patriote doit être prêt à défendre son pays contre son gouvernement."

 

Ce que j'ai aimé :

La magnifique nature sauvage des Etats-Unis, celles des canyons et des rivières infinies est peu à peu saccagé par la prolifération des installations liées au développement industriel : bases de lancement de missiles, lignes haute tension, voies ferrées, autoroutes. La nature est enlaidie, dénaturée, comme lors de la construction du barrage et de la centrale de Glen Canyon 1955. Le Colorado est canalisé et l'un des plus beaux canyons des Etats-Unis noyé sous les eaux de la retenue.

Quatre destins vont s'unir pour faire preuve d'"éco-activisme", nécessaire combat même s'il est sans espoir contre cette industrialisation à outrance : Doc Sarvis, chirurgien à ses heures, Bonnie Abbzug, juive assistante du doc, Georges Hayduke, des Forces spéciales du Vietnam, un homme "plein d'amertume" devant le spectacle des bulldozers dénaturant le paysage et enfin Seldon Seen Smith un mormon doté de 3 femmes et désolé lui aussi de la disparition des paysages idylliques des canyons englouti par le barrage de Glen Canyon "étranges ampithéâtres appelés Music Temple et Cathedral in the Desert". A quatre, ils vont lutter avec leurs armes, clé à molette et dynamite contre les géants de l'industrialisation.

"Tout ce fantastique effort - machines géantes, réseaux d'autoroutes, mines, tapis roulants, pipe-lines, silos, voies ferrées et trains électriques, centrales électriques de cent millions de dollars, dizaine de milliers de miles de lignes à haute tension et de pylones, destruction des paysages, de paturâges, de maisons, de lieux sacrés et de cimetières indiesn, empoisonnement du dernier réservoir d' air pur des Etats-Unis, assèchement de ressources en eau potable précieuse - tout ce travail éreintant, ces dépenses épuisantes et ces écoeurantes insultes à la terre, au ciel et à l'homme, pourquoi ? Tout ça pourquoi ? Mais pour éclairer les futurs immeubles de San Diego et de Los Angeles, pour illuminer les centres commerciaux et le sparkings à deux heures du matin, pour alimenter en énergie mes raffineries d'aluminium, les usines de magnésium, les fabriques de vinyle-chloride, les fonderies de cuivre, pour faire briller les tubes au néon qui justifient (pauvre justification) Las Vegas, Albuquerque, Tucson, Salt Lake City, les métroples amalgamées de la Californie du Sud, pour maintenir en vie cette gloire putréfiée et phosphorescente (de là toute gloire s'en est allée) appelée Centre-Ville, Vie Nocturne, Wonderville, USA."

Après quelques coups de maître, ils vont être traqués au fond des canyons qu'ils défendent et connaissent heureusement comme leur poche... Le rythme devient alors haletant jusqu'au final explosif !

Hymne à la désobéissance civile, cette épopée contée par un amoureux de la nature est à lire et à méditer sans tarder...

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Quelques longueurs, légères...

 

Premières phrases :

"Lorsqu'un nouveau pont entre deux Etats souverains des Etats-Unis esta chevé, arrive l'heure des discours, des drapeaux, des fanfares et de la rhétorique techno-industrielle amplifiée par haut-parleurs. A l'adresse du public. La foule patiente. Le pont, orné de banderoles, d'oriflammes et de bannières flamboyantes, est prêt."

 

                          

@panoramio

 

Informations sur le livre :

http://www.gallmeister.fr/livres/fiche/58/abbey-edward-le-gang-de-la-clef-a-molette

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le retour du gang

 

D'autres avis :

Lecture commune avec Manu

Papillon ; Keisha 

 

Le gang de la clé à molette, Edward Abbey, traduit par Jacques Mailhos, Gallmeister, avril 2013, 552 p., 25 euros

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Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne SAUCIER

Publié le par Hélène

                                             

♥ ♥

"Le grand âge lui apparaissait comme l'ultime refuge de la liberté, là où on se défait de ses attaches et où on laisse son esprit aller là où il veut."

 

Mon avis :

Au fin fond de la forêt canadienne, trois vieillards ont décidé que "La mort, on en fait notre affaire." Ne souhaitant pas terminer dans des mouroirs, ils se cachent, en marge de la société et vivent leur vie libre, loin de la civilisation et des assistantes sociales qui décident pour eux ce qui est bien ou pas. Heureux ? Sans nul doute.

"Et ça, dit-il en désignant la boîte de fer-blanc, c'est ce qui donne son prix à un coucher de soleil quand on a mal à ses os, c'est ce qui donne le goût de vivre parce qu'on sait qu'on a le choix. La liberté de vivre ou de mourir, y a pas mieux pour choisir la vie."

Ces drôles de bonhomme ne vont pas rester longtemps seuls, une jeune photographe à la recherche des rescapés des grands feux de 1916 les rencontre, puis une charmante vieille dame diaphane au cheveux blancs s'annonce dans leur vie. Mais ces deux envoyées du ciel ne trahiront pas leur secret...

Un petit conte éclatant, tendre et merveilleux comme ses personnages. Jocelyn Saucier nous parle de la vieillesse, de la vie, de la liberté, et de la mort, mais elle nous parle surtout de choix de vie et de mort. Elle nous rappelle que tout un chacun reste libre de choisir sa vie, et libre de choisir son propre mouroir... Une pépite...

@bonjourquebec

Premières phrases :

"Où il sera question de grands disparus, d'un pacte de mort qui donne son sel à la vie, du puissant appel de la forêt et de l'amour qui donne aussi son prix à la vie. L;histoire est peu probable, mais puisqu'il y a eu des témoins, il ne faut pas refuser d'y croire. On se priverait de ces ailleurs improbables qui donnent asile à des êtres uniques."

 

D'autres avis :

Aifelle ; Cathulu  Karine Sylire ; Antigone ; Clara

 

Informations sur le livre :

Auteur: Jocelyne Saucier est une romancière canadienne née dans la province du Nouveau-Brunswick en 1948. Elle a fait des études de sciences politiques et de journalisme. Il pleuvait des oiseaux est son quatrième roman.

Interview ICI

Présentation de l'éditeur : Une photographe du Herald Tribune part réaliser un reportage sur la région québécoise du Témiscamingue, dont les forêts ont été ravagées par de gigantesques incendies au début du XXe siècle. Elle y trouve une communauté de marginaux fantasques et solitaires, dont Tom et Charlie, deux vieillards qui ont survécu à l'incendie et vivent en ermites au fond des bois. Dabord méfiants puis déterminés à aider la photographe dans son enquête, les deux hommes voient leur quotidien chamboulé. Et, soudain, lorsque arrive Marie-Desneige, octogénaire énigmatique tout juste échappée de sa maison de retraite, la vie, puis contre toute attente l'amour, reprend peu à peu ses droits. Superbe récit, lumineux et tendre, Il pleuvait des oiseaux nous entraîne au plus profond des forêts canadiennes, où le mot liberté prend tout son sens, et l'émotion, brute et vive, jaillit à chaque page.
 

 

Il pleuvait des oiseaux, Jocelyn Saucier, Denoël, août 2013, 16 euros

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Tante Mame de Patrick DENNIS

Publié le par Hélène

"Tante Mame est la charmante dingue qu'on voudrait dans la famille." (Préface)

 

L'auteur :

Patrick Dennis est un romancier américain né en 1921 à Chicago et mort en 1976 à New York. Dans les années cinquante, Dennis fut l'un des auteurs américains les plus populaires. Ses romans ont été des Bestsellers, notamment le cultissime Tante Mame qui se vendit à deux millions d'exemplaires et fut maintes fois interprété, joué à Broadway, mis en musique et adapté au cinéma. (Présentation de l'éditeur)

 

L'histoire :

Patrick, orphelin à 10 ans, est recueilli par sa tante, Mame, une femme aux fiers principes moraux et religieux, qui est en fait une célibataire tout à fait émancipée, sensible au souffle de liberté qui anime l'Amérique des années 1920. Mame associe peu à peu son neveu à sa vie agitée, lui donnant ainsi une leçon de liberté d'esprit. (Présentation de l'éditeur)

 

Ce que j'ai aimé :

Tante Mame est une optimiste maladroite, libre penseuse, elle s'attache à tout courant qui sort de l'ordinaire. Ainsi quand elle recueille le jeune Patrick, il en fait rapidement les frais puisqu'il se retrouve dans une école avant-gardiste dans laquelle l'enseignement se fait entièrement nu. Et il n'est pas au bout de ses surprises, même si son banquier le tire au plus vite des griffes de cette école atypique. Malgré tout cette femme fantasque et crédule est attachante et le récit rocambolesque de ses aventures l'est tout autant. L'épisode du cheval est particulièrement désopilant, Tante Mame ayant prétendu pour préserver son honneur qu'elle était une cavalière hors paire se retrouve aux prises avec un cheval fou...

 

Ce que j'ai moins aimé :

Malheureusement, je ne me suis pas attachée à cette drôle de tante, si certains épisodes sont fluides et admirablement contés, d'autres sont franchement laborieux, voire même désuets, si bien qu'on finit par se lasser de ces aventures de cette sympathique écervelée.

 

Premières phrases :

"Il avait plu toute la journée. Non que la pluie me dérange, mais j'avais promis d'installer les auvents, et d'emmener le petit à la plage. J'avais aussi l'intention de barbouiller sauvagement au pochoir les murs de stuc de cette partie de la cave que l'agent immobilier appelait la Salle des Fêtes, et de travailler à ce qu'il appelait une Future Chambre Mansardée, idéale comme Chambre d'AMis, Salle de Jeux, Atelier ou Bureau."

 

Vous aimerez aussi :

Voyage avec ma tante de Graham GREENE

 

D'autres avis :

Lire ; Manu ; Babélio 

 

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