Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

litterature amerique du nord

La fille tombée du ciel de Heidi W. DURROW

Publié le par Hélène

                                             fille tombée du ciel

♥ ♥

 

L’auteur :

Heidi W. Durrow est la fille d’une mère danoise et d’un père afro-américain travaillant pour l’US Air Force. Elle a grandi en Turquie, en Allemagne et au Danemark, puis a fait ses études supérieures à l’école de journalisme de l’université de Columbia, ainsi qu’un cursus de droit à Yale. Elle est aujourd’hui directrice de festivals culturels. Elle a 42 ans et vit à New York. Son premier roman, La Fille tombée du ciel, a reçu le prix Barbara Kingslover Bellwether en 2008.

 

L’histoire :

À onze ans, Rachel Morse, fille d'une mère danoise et d'un G.I. noir américain, voit sa vie basculer dans la tragédie. Un drame dont elle se retrouve la seule survivante lui arrache sa famille et l'abandonne dans la solitude et l'incompréhension. Dans sa nouvelle vie chez sa grand-mère paternelle, Rachel verra s'effondrer ses croyances, et devra s'adapter grâce à toutes les ressources de son intelligence, de sa beauté et de sa sensibilité — autant de défauts que le monde extérieur lui fera sèchement payer. Noire pour les Blancs, et blanche pour les Noirs, elle aura à composer avec le racisme ordinaire, ses doutes sur son passé et son identité, et le deuil, pour trouver sa propre voie. Elle recevra l'aide d'un messager providentiel, seul témoin de la tragédie, qui fuira une enfance éclatée pour tendre à cette petite fille une main salutaire. 

 

Ce que j’ai aimé :

Il s'agit d'un roman émouvant sur la filiation, la famille, les origines... 

        Si la psychologie de nombreux personnages n’est pas très complète, j’ai trouvé par contre que celle de la mère était très fine : l’auteur décrit finement la détresse d’une mère qui a perdu son enfant et a peur de perdre les suivants. Une mère qui est prête à tout pour que ses petits ne souffrent pas, une mère seule, qui redoute la tragédie à chaque instant, d’une mère perdue qui n’est qu’angoisse.

La fille tombée du ciel est un roman tendre et puissant, pas tout à fait abouti encore, mais il reste un premier roman très prometteur.

 « Je réfléchis à tout ça : à ce que nous apprennent la science et les maths. Les maths peuvent expliquer pourquoi il y avait une chance sur quatre pour que j’aie les yeux bleus, mais elles ne reflètent pas l’ensemble de ce que je suis. Et ni la science ni les maths ne peuvent rendre compte de la chance qu’on a, dans la vie. De la chance de survivre, en tous cas. » (p. 188)

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          De petits détails prouvent que ce n’est pas encore un roman très abouti  : Brick grandit un peu vite, le résumé de son errance durant toutes ces années est plutôt frustrant ; on n’en sait pas plus sur certains personnages du livre en le refermant (je laisse planer le mystère..) donc tout n’est pas résolu à la fin du roman ; la psychologie des personnages est assez sommaire…

-          Le roman est psychologiquement peu crédible : la petite aurait connu un tel traumatisme  (quand même : une chute de neuf étages ! c’est long neuf étages…) et sans avoir besoin d’en parler  à qui que ce soit elle devient une enfant et une adolescente normale ? Je veux bien adhérer aux théories de la résilience mais quand même il y a des limites non ?

              Quelques clihés jalonnent le texte, notamment sur le métissage : Rachel par exemple est une enfant très belle qui peine à trouver sa place...

     

  Premières phrases :

« « Mon petit porte-bonheur », dit grand-mère.

Elle est venue me chercher à l’hôpital, et on a marché jusqu’à l’arrêt de bus, sa main autour de la mienne, comme une laisse.

On est à l’automne 1982, et il pleut sur Portland. J’ai éclaboussé mes nouvelles chaussures dans les flaques. Je me sens déjà moins la petite-fille-dans-sa-robe-neuve. Je ne suis déjà plus cette fille-là. »

 

D’autres avis :

Ys, Sandrine (la Ruelle bleue), 

 

La fille tombée du ciel, Heidi W. DURROW, Traduit de l’anglais (USA) par Marie de PREMONVILLE, Editions Anne Carrière, août 2011, 273 p., 20 euros

challenge 1% littéraire

Partager cet article
Repost0

Tribulations d’un précaire de Iain LEVISON

Publié le par Hélène

                                             tribulations-dun-precaire.gif

  ♥ ♥ ♥

   « Il s’agit de survivre. Encore y a-t-il de la grandeur dans la survie, et cette vie manque de grandeur. En fait, il s’agit seulement de s’en tirer. » (p. 13)

   L’auteur :

  Iain Levison est un écrivain américain d'origine écossaise qui vit à Philadelphie. Son premier roman, Un Petit Boulot, a rencontré un succès important.


L’histoire :

Tribulations d’un précaire est un récit écrit à la première personne. Avec un regard acéré et décalé sur le monde du travail, l’auteur relate avec un humour noir et décapant les petits boulots qu’il a été amené à exercer aux États-Unis pour survivre, après un passage dans l’armée et un diplôme de lettres. Aucune des compétences acquises ne lui servira jamais… Ni pour transporter câbles et cafés lors du tournage d’un film underground, découper des poissons dans un supermarché de luxe, remplir des cuves de fuel ou conduire un camion de déménagement... Ni pour les travaux de forçat en Alaska aux côtés de travailleurs immigrés.

 

Ce que j’ai aimé :

 -         La précarité est un thème qui aurait pu plomber rapidement l'atmosphère de ces récits autobiographiques, ce qu'évite avec brio Iain Levison grâce à un ton décalé et à un recul humoristique.  

 

« Au cours des dix dernières années, j’ai eu quarante-deux emplois dans six États différents. J’en ai laissé tomber trente, on m’a viré de neuf, quant aux trois autres, ç’a été un peu confus. C’est parfois difficile de dire exactement ce qui s’est passé, vous savez seulement qu’il vaut mieux ne pas vous représenter le lendemain. Sans m’en rendre compte, je suis devenu un travailleur itinérant, une version moderne du Tom Joad des Raisins de la colère. À deux différences près. Si vous demandiez à Tom Joad de quoi il vivait, il vous répondait : "Je suis ouvrier agricole". Moi, je n’en sais rien. L’autre différence, c’est que Tom Joad n’avait pas fichu 40 000 dollars en l’air pour obtenir une licence de lettres. » ( p. 12)

 

 L'auteur fait preuve d'une clairvoyance assumée sur sa vie et sur le système économique qui l'amène à connaître ces "tribulations" courtes et décevantes. Car non seulement l'université ne mène nulle part, (« Le fait est qu’à le fin de ma troisième année, quand les chasseurs de têtes étaient venus recruter, je n’avais pas vu une seule annonce portant la mention « licence de lettres exigée. » » (p. 186))  mais ensuite les emplois laborieusement trouvés s'avèrent frustrants, absurdes, voire dangereux (dans le cas notamment des déménageurs) et ne permettent nullement de bénéficier d'un salaire décent ou d'une quelconque couverture sociale. Sans parler du fait que, bien sûr, ils vont à l'encontre de tout épanouissement personnel...

 

« Des types me disent qu’ils ont trouvé le job de leurs rêves. Des types avec lesquels je me soûle me le disent quelquefois, les plus jeunes. Mais trois semaines plus tard, je les retrouve serveurs de bar. « Qu’est-ce qui s’est passé avec le super boulot ? » Ils haussent les épaules. « Ca n’a pas marché. » » (p. 179)

 

« Suivez avec confiance la direction de vos rêves, a dit Thoreau. Par la suite, il a ajouté que la plupart des hommes mènent une vie de désespoir silencieux, signe que peu d’entre nous suivaient son conseil. » (p. 179)

 

Le conclusion reste sans appel :

 

«  Le véritable problème c’est que nous sommes tous considérés comme quantité négligeable. Un humain en vaut un autre. La loyauté et les efforts ne sont pas récompensés. » (p. 187)

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          J’ai moins aimé le long chapitre consacré à la pêche en Alaska, moins humoristique que les autres.

 

Premières phrases :

 « C’est dimanche matin et j’épluche les offres d’emploi. J’y trouve deux catégories de boulots : ceux pour lesquels je ne suis pas qualifié, et ceux dont je ne veux pas. J’étudie les deux. Il y a des pages et des pages de la première catégorie, des postes que je n’obtiendrai jamais. Expérience de six ans exigée dans tel et tel domaine, parler couramment le chinois, pouvoir piloter un jet face à une défense antiaérienne, et avoir SIX ANS d’expérience en chirurgie cardiaque. Salaire de départ trente-deux mille dollars. Faxez votre C.V. à Beverly. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Un petit boulot

Autre : Le couperet de Donald WESTLAKE

 

D’autres avis :

 

Télérama

Kathel 

  

Tribulations d'un précaire, Iain LEVISON, Traduit de l’américain par Fanchita Gonzalez Battle, Liana Levi Piccolo, 2007, 186 p., 8 euros

 

Merci à Kathel qui a chaleureusement accepté de faire voyager ce roman jusqu’à moi.

 

Partager cet article
Repost0

Smoke Bellew de Jack LONDON

Publié le par Hélène

 

smoke-bellew.gif

♥ ♥ ♥ ♥

 

 « C’est étrange, la manière qu’a un grand texte, dés l’instant où il vous habite, de tout gommer sur son passage et de laisser une place indélébile. » (extrait de la Préface)

 

 

L’auteur :

 

Jack London, de son vrai nom John Griffith Chaney, né le 12 janvier 1876 à San Francisco et mort d'un empoisonnement du sang le 22 novembre 1916 à Glen Ellen, Californie, était un écrivain américain avec comme thèmes de prédilection l'aventure et la nature sauvage (le "Wild" Américain). Il a écrit L'Appel de la forêt et plus de cinquante autres nouvelles et romans connus. Il tire aussi de ses lectures et de sa propre vie de misère l’inspiration pour de nombreux ouvrages très engagés et à coloration socialiste, bien que cet aspect-là de son œuvre soit généralement négligé. Il fut un des premiers Américains à faire fortune dans la littérature. (Source Wikipédia)

L’histoire :

 

Il s’agit de douze nouvelles écrites en 1912 par Jack London avec comme personnage principal le héros éponyme, le jeune Smoke Bellew. Ce dernier, un jeune aspirant journaliste de San Francisco, persuade son oncle chercheur d'or de l'accueillir parmi sa bande de durs à cuire en partance pour le glacial Klondike, au nord-ouest du Canada.

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Smoke Bellew est un roman d’apprentissage unique : de « chekako » (pied tendre, novice),  le jeune Smoke va devenir « mangeur de viande » . La grande Aventure l’attend aux côtés de son ami Shorty : ils vont devoir affronter le froid de ces contrées sauvages, (moins 60° dans les meilleurs jours…), les paysages glaciaires inhospitaliers, les autres aventuriers quelquefois plus redoutables que les plus cruelles des bêtes sauvages, les jeunes filles courageuses qui retournent le cœur…  Au fil du temps, les deux candides aventuriers en herbe vont apprendre à s’endurcir pour conquérir l’ouest sauvage.

 

« Les rapides  devinrent plus raides et les embruns commencèrent à voler. Dans l’obscurité croissante, Kit entrevit la Crinière et le détour du courant qui y débouchait. Il dirigea la barque dans ce coude et ressentit un frisson de plaisir quand le bateau aborda la crinière en plein milieu. Après cela bondissant et plongeant, suffoqué par le brouillard, in ne conserva d’autre impression nette que la volonté de peser de tout son poids sur la godille qui servait de gouvernail et le regret que son oncle ne fût pas là pour le voir. » (p. 59)

 

Les chapitres courts assemblés sous forme de nouvelles et l’humour désinvolte du jeune Smoke insufflent un dynamisme communicatif à ces récits, désamorçant ainsi la dureté de ces pays sauvages. Et même si on sait alors que la Ruée vers l’Or a pris d’autres chemins, on reste tenté nous aussi par  l’envie de tenter la grande Aventure pour devenir des mangeurs de viande…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien

 

Premières phrases :

 

« Au commencement, c’était Christopher Bellew. Il devint Chris  Bellew à l’époque où il fréquenta le lycée. Plus tard, parmi la bohème de San Francisco, il s’appela Kit Bellew. Et à la fin on ne lui connaissait d’autre nom que Smoke Bellew, autrement dit Bellew la Fumée. Cette évolution patronymique résume sa propre histoire. »

 

Vous aimerez aussi :

 

  La tendresse des loups de Stef PENNEY

 

Smoke bellew, Jack London, Traduit de l’anglais (EU) par Louis Postif, Traduction revue et complétée par Frédéric Klein, Préface de Bernard Rapp, Phébus Libretto, 2006, 339 p., 9.90 euros

 

challenge nature writing

Partager cet article
Repost0

La couleur des sentiments de Kathryn STOCKETT

Publié le par Hélène

                                                 couleur-des-sentiments.jpg

  ♥ ♥

Grand Prix des Lectrices de Elle 2011.

 

L’auteur :

 

Kathryn Stockett a grandi à jackson. Elle vit actuellement à Atlanta avec son mari et sa fille, et travaille à l’écriture de son deuxième roman.

 

L’histoire :

 

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La couleur des sentiments est un roman qui se lit très facilement avec sa juste dose de mystères (la disparition de Constantine, la léthargie de Célia…), d’injustices (envers les Noirs bien sûr, mais aussi envers les enfants), une violence sous-jacente qui n’éclate qu’à peine comme pour épargner le lecteur sensible, une histoire sentimentale compliquée … Ainsi l’ensemble fonctionne à merveille et nous emporte facilement dans cette lecture colorée.

 

-          Ce roman constitue de surcoit une bonne approche de la question raciale aux Etats-Unis à cette période :

 

«  Je lis rapidement quatre pages, stupéfaite par le nombre de lois qui n’existent que pour nous séparer. Les Noirs et les Blancs n’ont pas le droit de boire aux mêmes fontaines, de fréquenter les mêmes salles de cinéma, les mêmes toilettes publiques, les mêmes terrains de jeux, les mêmes cabines téléphoniques, les mêmes spectacles de cirque. Les Noirs n’ont pas le droit d’entrer dans la même pharmacie que moi ou d’acheter des timbres au même guichet. » (p. 208)

 

-          L’auteur nous offre de beaux portraits de femmes dans ces pages, en effet :

 

« N’était-ce pas le sujet du livre ? Amener les femmes à comprendre. Nous sommes simplement deux personnes. Il n’y a pas tant de choses qui nous séparent. Pas autant que je l’aurais cru. » (p. 526)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai rencontré quelques clichés en ces pages « Tout ce que je dis, c’est que la bonté, c’est sans limite. » (p. 369) Tout le roman reste en retenue dans la volonté de contenter tout le monde pour se cantonner dans le bien-pensant : on y croise des Blanches cruelles, mais aussi des Blanches tolérantes, des mères indignes, mais aussi des mères exemplaires, des hommes mufles et violents, puis des hommes compréhensifs…

 

-          Je n’ai pas appris grand-chose en ces pages : l’histoire est bien romancée, bien construite, mais je m’attendais à un roman plus puissant que cela sur cette question cruciale du racisme encore prégnant même aujourd'hui. Peut-être a-t-il souffert du fait que j’en ai beaucoup entendu parler en termes plus qu’élogieux si bien que je m’attendais à un véritable chef d’œuvre. Ma lecture s’est sans doute révélé être plus exigeante que d’ordinaire…

 

Premières phrases :

 

«  Mae Mobley, elle est née de bonne heure un dimanche matin d’août 1960. Un bébé d’église, comme on dit. Moi je m’occupe des bébés des Blancs, voilà ce que je fais, et en plus, de tout le boulot de la cuisine et du ménage. J’en ai élevé dix-sept de ces petits, dans ma vie. Je sais comment les endormir, les calmer quand ils pleurent et les mettre sur le pot le matin, avant que les mamans aient seulement le temps de sortir du lit. »

 

Vous aimerez aussi :

   

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper LEE

 

Le temps où nous chantions de Richard POWERS

 

D’autres avis :

 

Chez Babélio, vous trouverez de nombreux avis positifs.

 

 

Ys est plus réservée et ClaudiaLucia nous conseille de relire Faulkner et Caldwell …

 

La couleur des sentiments, Kathryn STOCKETT, Traduit de l’anglais (EU) par Pierre Girard, Editions Jacqueline Chambon, 2010, 525 p., 23.80 euros

Partager cet article
Repost0

True Grit de Charles PORTIS

Publié le par Hélène

                                      true-grit.jpg

 

♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Charles Portis est un auteur américain connu surtout pour son premier roman Norwood (1966) et son roman western True Grit (1968), adaptés tous deux au cinéma (True Grit est adapté au cinéma d'abord par Henry Hathaway : Cent dollars pour un shérif en 1969, puis par les frères Coen : True Grit en 2010).

 

L’histoire :

 

Une adolescente très têtue venge la mort de son père. Elle se fait aider d'un marshal borgne et d'un texas ranger assoiffé d'argent.
 

Ce que j’ai aimé :

 

-         La jeune  Mattie Ross est un personnage surprenant : bien décidée à venger elle-même la mort de son père, elle fera tout pour accompagner les hommes qu’elle a recrutés, malgré leurs réticences. Petit à petit elle réussira à gagner leur confiance et à forcer leur admiration. C’est une femme de l’ouest, rompue à la violence et à la mort, une femme forte digne héroïne de ce western mené tambour battant.

 

-         L’autre intérêt non négligeable de ce roman tient bien sûr en la personne des cow-boys, personnages troubles, bourrus, peu sympathiques au premier abord, mais qui se révèleront être finalement des hommes au grand cœur ... LaBoeuf court après la prime que la capture de Tom Chaney lui permettrait de gagner, et Rooster Cogburn est un marshall bien décidé à faire régner la justice, quelques soient ses méthodes…

 

-         La traque de ces trois personnages hors du commun va les mener sur les territoires indiens, au cœur d’un rude hiver.  

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-Je n’ai pas été emportée comme à la lecture de Lonesome Dove, j’ai été gênée par la froideur du style. L’histoire est contée de façon brute, sans fioritures, et il m’a manqué un élan lyrique ou psychologique…

 

Premières phrases :

 

« Les gens ne croient pas qu’une fille de quatorze ans puisse quitter sa maison pour aller venger la  mort de son père en plein hiver. Cela ne semblait pas si étrange, alors, mais j’admets que cela n’arrivait pas tous les jours. »

 

Vous aimerez aussi :

   

Lonesome Dove de Larry McMURTRY  

 

D’autres avis :

 

Keisha, Sylire, Folfaerie 

 

True Grit, Charles PORTIS, Traduit de l’anglais (EU) par Thierry Beauchamp, Le

serpent à plumes, janvier 2011, 216 p., 19 euros

 

Merci à Keisha qui a fort bien compris mon addiction aux cow-boys…

Partager cet article
Repost0

Le signal de Ron CARLSON

Publié le par Hélène

 

♥ ♥

 

 

L’auteur :

 

Ron Carlson RON CARLSON est né en 1947, en Utah. Il est l'auteur de plusieurs recueils de nouvelles et de quatre romans qui ont reçu de nombreuses distinctions aux États-Unis. Il enseigne la littérature à l'Université de Californie, à Irvine, et vit à Huntington Beach. Le Signal, publié en 2009 aux États-Unis est son dernier roman.

 

L’histoire :

 

Pour la dernière fois, Mack et sa femme Vonnie partent camper dans les montagnes du Wyoming afin de se dire adieu. Enlisé dans les dettes, l'alcool et les trafics, Mack a peu à peu contraint Vonnie à renoncer à l'amour profond qui l'avait attirée vers l'Ouest, et la jeune femme a refait sa vie. Cette randonnée est un moment de complicité retrouvée, une ultime occasion de se révéler l'un à l'autre. Pour Mack, cette expédition est aussi la dernière mission qu'il exécute pour le compte d'un intermédiaire douteux afin de sauver son ranch de la faillite. Au cœur des vastes étendues sauvages, guidé par un faible signal GPS, il doit retrouver une mystérieuse balise égarée lors d'un survol de la région. Mais cette mission se révèlera bien plus périlleuse que prévu.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai beaucoup apprécié la première partie du roman consacrée à la randonnée des deux protagonistes dans un décor à couper le souffle. Le récit est émaillé d’allusions au passé de Mack qui, subtilement, évoquent les raisons qui l’ont mené à divorcer et à accepter cette mission aléatoire commanditée par les hommes louches. Ses relations avec son père et avec la belle Vonnie qui n'appartient pas à son milieu sont appréhendées par touches successives qui forment au final un portrait vivant et émouvant de cet homme.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Mais, et c’est là à mon avis où le bas blesse, j’ai trouvé factice la façon dont tout à coup le récit tourne au cauchemar, comme s’il fallait à tout prix une pseudo-intrigue policière pour agrémenter le récit. La course poursuite m’a ennuyée, et j’ai regretté que tout le roman ne soit pas à l’aune des premières pages…

 

Premières phrases :

 

« Il enchaîna les grandes boucles que dessinait la piste à travers la haute forêt de trembles, puis traversa la vaste prairie jusqu’à la lisière des pins, au point de départ du sentier de Cold Creek, et gara le vieux pick-up Chevrolet bleu de son père à côté de la pancarte déglinguée, dans la douce lumière crépusculaire de septembre. »

 

Vous aimerez aussi :

 

La rivière de sang de Jim TENUTO  

 

D’autres avis (nombreux) :

 

Juliette, Cuné, Brize, Aifelle, Keisha, La ruelle bleue, Midola, Cathulu , Clara

 

Le signal, Ron Carlson, Traduit de l’américain par Sophie Aslanides, Gallmeister, Nature Writing, 2011, 222 p., 22 euros

 

challenge nature writing

Partager cet article
Repost0

Mary Ann en automne, Chroniques de San Francisco, tome 8 de Armistead MAUPIN

Publié le par Hélène

mary ann en automne

 

 

 L’auteur :

 

Armistead Maupin est un écrivain américain rendu célèbre par le feuilleton qu'il écrivit pour le journal The San Francisco Chronicle, publié sous la forme de romans sous le titre Les Chroniques de San Francisco.

 

L’histoire :

 

Après vingt ans d’exil à New York, Mary Ann revient sur les lieux de sa jeunesse à San Francisco. Trompée par son mari, atteinte d’un cancer, elle a décidé de se battre pour changer de vie. Elle est hébergée par son ami de toujours, Michael « Mouse » Tolliver, et retrouve la légende du 28, Barbary Lane, Anna Madrigal, qui n’a perdu ni sa vivacité d’esprit ni son énergie malgré ses 80 ans.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai retrouvé avec plaisir le charme de ces Chroniques de San Francisco que j’avais dévorées à leur sortie en 1998. Parues initialement sous forme de feuilleton, elles ont tout l’attrait des séries télévisées : dépaysantes, rapidement consommées, dotées de personnages attachants que l’on suit avec intérêt au fil des épisodes, drôles et légères, quelquefois plus graves, bref un divertissement pur et toujours bienvenu…

 

-          Ce dernier opus campe des personnages plus âgés (Mary Ann a désormais 57 ans) confrontés à une nouvelle phase de leur vie qu'ils n'aborderont pas de la même façon.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Le personnage de Mary Ann est un des moins sympathiques de ces chroniques et je n’ai toujours pas réussi à m’intéresser à elle…

 

-          La légèreté du ton, de l’écriture en font un roman contournable. Je vous conseillerais plutôt de commencer par les premiers tomes des Chroniques, si vous ne les connaissez pas encore.

 

Premières phrases :

 

« Si seulement il y avait un terrier de lapin, se disait-elle. Si seulement il y avait un truc avec cette colline, un souvenir sensoriel – la vue sur l’île d’Alcatraz, par exemple, les cornes de brume ou l’odeur des planches moussues sous ses pieds – qui lui permettrait de renouer avec son paradis perdu. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Les chroniques de San Francisco

Autres : Le Gay Savoir, série de cinq romans de Michel TREMBLAY :

La Nuit des princes charmants (1995) ;

Quarante-quatre minutes, quarante-quatre secondes (1997) ;

Le Cœur découvert (1986) ;

Le Cœur éclaté (1993) ;

Hôtel Bristol New York, N.Y (1999) ;

 

D'autres avis :

 

In cold blog

 

Mary Ann en automne, Armistead MAUPIN, traduit de l’anglais (EU) par Michèle Albaret-Maatsch, Editions de l’Olivier, mai 2011, 316 p.,

 

capture-d ecran-2010-07-15-a-12-49-41[1]

Partager cet article
Repost0

Lonesome Dove de Larry McMURTRY

Publié le par Hélène

Lonesome-Dove1

Lonesome-Dove 2

 

♥ ♥ ♥ ♥

  « Si vous ne devez lire qu’un seul western dans votre vie, lisez celui-ci. » (James CRUMLEY)

 

L’auteur :

 

Larry McMurtry est un romancier, essayiste et scénariste américain. Il est surtout connu pour son prix Pulitzer pour le roman Lonesome Dove qui a été adapté en un feuilleton télé.

Depuis 1992, il travaille ses scénarios avec Diana Ossana avec laquelle il a écrit le scénario de Brokeback Mountain pour lequel il a remporté en 2006, l'Oscar du meilleur scénario adapté.

 

L’histoire :

 

Volume 1 :
A Lonesome Dove, Texas, les héros sont fatigués. Augustus McCrae et Woodrow Call ont remisé leurs
armes après de longues années passées à combattre les Comanches. En cette année 1880, pourtant, l'aventure va les rattraper lorsqu'ils décident de voler du bétail au Mexique et de le convoyer jusque dans le Montana pour y établir un ranch. Commence alors un périple inédit de plusieurs milliers de kilomètres à travers l'Ouest, au cours duquel le convoi affrontera de violentes tempêtes, des bandes de tueurs et d'Indiens rebelles... et laissera de nombreux hommes derrière lui.

Volume 2 :
La première partie de Lonesome Dove nous a entrai
̂nés à la suite de Augustus McCrae et Woodrow Call, ex-Texas rangers de légende, sur la route dangereuse du Montana, là où, dit-on, les terres sont encore à qui les prend. De nombreuses épreuves attendent encore le convoi lors de cet extraordinaire périple à travers l'Ouest. Les hommes devront tour à tour affronter des éléments déchaînés, des pillards et leurs propres démons. Quand, au bout d'une piste longue et périlleuse, ils arriveront enfin dans le Montana, beaucoup manqueront à l'appel.

Ce que j’ai aimé :

 

-          Alors ? alors ? Ces cow-boys vous demandez-vous avidement…  

 

Eh bien j’ai le regret de vous dire que Keisha avait raison et que dans ce roman, point vous n’apercevrez de cow-boys virils et séduisants (ni d’indiens avec les mêmes qualités d’ailleurs…) Ceci dit ils sont tellement attachants que je me suis sentie comme abandonnée à la fin de la lecture, comme s’ils continuaient leur vie sans moi, loin de moi (lâches…).

 

Là est la puissance de ce western : réussir à nous abstraire totalement de notre monde pour nous transporter au cœur du Texas et du Montana, aux côtés de Call, si taciturne, Gus, si exubérant, Lorena, femme meurtrie, Newt, jeune cow-boy à la recherche de ses origines, et de tous les autres aux contours tellement précis qu’ils deviennent vivants…

 

-          J’ai eu quelquefois tendance à trouver que 1200 pages pour un roman, c’était trop, mais finalement je me demande si ce n’est pas justement ce grand nombre de pages qui permet une immersion absolue dans leur univers. Rester autant de temps avec des cow-boys crée des liens, forcément… (non Choco, je n’en dirai pas plus…)

 

"Ne fallait-il pas être fou pour s'aventurer seul le long de la Canadian, cible facile pour une bande de hors-la-loi, et affamé par-dessus le marché ? (...) Rien de tout cela n'était sensé, et il était pourtant bien obligé d'admettre qu'il avait un certain penchant pour ce genre de folie. Vivre de façon raisonnable -expérience qu'il avait tentée à une ou deux reprises dans sa vie- s'était avéré ennuyeux, le plus souvent après quelques jours seulement. Une vie sensée ne lui avait jamais rien apporté qui vaille, à part des beuveries et des parties de cartes où il jouait jusqu'à sa dernière chemise. La folie était parfois plus stimulante.

Le soleil du matin faisait étinceler l'herbe de la prairie lorsqu'il prit la direction de l'est  le long de la route des os de bisons." (p. 34)

 

- Je ne peux que vous encourager à vous lancer dans l'aventure...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien, sauf peut-être que j'ai développé une addiction aux cow-boys…

 

Premières phrases :

 

" Lorsque Augustus sortit sous le porche, les cochons bleus étaient en train de manger un serpent à sonnette - un spécimen de taille modeste. le serpent devait ramper à la recherche d'un peu d'ombre quand il était tombé sur les cochons. Ils se le disputaient âprement et il était clair que le crotale ne sonnerait plus jamais. La truie le tenait par le cou et le verrat par la queue."

 

 

Vous aimerez aussi :

 

Le secret de Brockeback Mountain, nouvelle de Annie PROULX et film de Ang LEE.

 

D’autres avis :

 

Keisha, Lili 

  

Lonesome Dove, Larry McMURTRY, Tome 1 et 2, traduit de l’américain par Richard Crevier, Gallmeister, Totem, février 2011, 600 p. chaque tome, 11 euros chaque tome.

 

Merci aux éditions Gallmeister.

Lu dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babélio :

 

Partager cet article
Repost0

Petit traité de philosophie naturelle de Kathleen DEAN MOORE

Publié le par Hélène

                        

♥ ♥ ♥ ♥

"Parfois le monde naturel vous fait un don si précieux, si merveilleux, qu'il ne vous reste plus qu'à demeurer là, en larmes." (p. 169)

 

L’auteur :

 

Kathleen Dean Moore est écrivain, philosophe et naturaliste. Elle a passé son enfance dans l’Ohio et enseigne aujourd’hui la philosophie à l’Université de l’Oregon. Elle est notamment l’auteur de deux autres livres non traduits en français : Riverwalking (1996) et The Pine Island Paradox (2004), unanimement salués par la critique et le public américain.

 

L’histoire :

 

Parcourant l’Ouest américain, des côtes sauvages de l’Oregon aux rivages de l’Alaska, les textes de ce recueil s’appuient sur l’observation de phénomènes naturels pour interroger les notions de distance et de séparation, la capacité de chacun à trouver sa place au sein de la nature et parmi ses proches.     Chacun de ces brefs et percutants récits est l’occasion d’aborder avec simplicité des sujets graves. Pourquoi et comment accepter la mort ou la souffrance, l’éloignement de ceux qu’on aime, le temps qui passe et nous fait oublier ? À quoi, en somme, se rattacher et quelle est l’essence même de notre existence ? Autant de questions auxquelles ce livre apporte des réponses. (Présentation de l'éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai tout aimé dans le récit de cette femme qui chante une hymne à la nature, cherchant l’accord parfait, hurlant avec les loups en pleine forêt, pêchant des huîtres avec son fils… Je ne saurais mettre des mots face à une telle densité de talent, aussi, pour une fois, vais-je laisser parler l’auteur :

 

« Nous comprenons, trop tard, que nous n’avons jamais appris à nos étudiants ce que les canards savent sans savoir. Que, comme le disait Dostoïevski, « il nous faut aimer la vie plutôt que le sens de la vie. » Il nous faut aimer la vie par-dessus tout, et de cet amour naîtra peut-être un sens. (…)

Que nous disent-ils, ces instants semblables à un prisme braqué sur l’existence, sue disent ce marais, cette humidité, ce vacarme écumant, cet assaut de volonté parmi les saules, cette scène criarde, ces couleurs, ces plumages, ces efforts, ce bruit, cette complexité, tout ce qui ne laisse ni note ni explication ?

Rien, me semble-t-il, si ce n’est qu’il faut continuer.

C’est la  leçon du marais. La vie concentre toutes ses puissances sur un seul but : continuer à exister. Un marais au crépuscule, c’est la vie qui exprime son amour de la vie. Rien de plus. Mais rien de moins, et nous serions stupides de nous dire que c’est là une leçon sans importance.» (p. 20)

 

« Donnez des racines à vos enfants, laissez-les avoir des ailes » : « Un enracinement qui tienne au fait de percevoir, de se soucier, de se remémorer, d’étreindre, de prendre plaisir à l’immensité de l’horizon, de trouver un réconfort dans l’odeur familière de la pluie. » (p. 29)

 

« Je veux qu’ils [mes enfants] évoluent dans un monde rationnel, dont l’ordonnancement est pour eux source de plaisir. Mais pour autant dans un monde improbable, aux sons barbares et aux couleurs flamboyantes, où ils auront toujours une chance de tomber sur quelque chose de rare et de splendide, quelque chose qui n’est pas dans les livres. » (p. 48)

 

« Le vie éternelle, si elle existe, ne consiste pas à prolonger indéfiniment la durée de notre existence, mais sa profondeur. (…) Je veux aller le plus loin possible dans l’instant, le plonger dans une somme confuse de détails, le brandir dans l’air humide parcouru de cris. » (p.69)

 

« Ce qu’ils veulent pour leurs enfants, c’est le saumon et le cèdre jaune, la Rivière, la Crique, et une petite ville dont les maisons de bois se dressent sur pilotis au-dessus des grands bancs de poissons. Un foyer, c’est un lieu qu’on connaît par cœur parce que, comme me l’a expliqué un adolescent, quand on ouvre la porte, « il y a une rangée de bottes et d’imperméables, une pile de bois pour la cheminée, et le petit frère qui vous guette pour vous sauter dessus. » Un lieu où les ours retournent les rochers sur la plage pour manger crabes et cottidés. Où les jardins poussent dans des caisses de lait calées au-dessus de la marée – des jonquilles, des fleurs d’ail, de la rhubarbe pour les tourtes. Où les voix des femmes hèlent les enfants de l’autre côté du dock, où le vent salé porte le rire des hommes. Où les gens gagnent leur vie sans ramasser le gros lot. Un lieu où l’on est richissime quand on a de quoi vivre. » (p. 159)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- RIEN, sauf que je suis tellement fan que je me demande pourquoi les deux autres livres de l’auteure n’ont pas encore été traduits en France… Il faut absolument qu’Oliver se réveille !!!

 

Premières phrases :

 

« Dans l’océan vert aux reflets chatoyants qui borde la côte de l’Oregon, de grandes algues se tendent vers la rive à chaque marée montante et retournent vers la haute mer en tourbillonnant dès que l’eau redescend. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Une année à la campagne de Sue HUBBELL

 

Petit traité de philosophie naturelle, Holdfast, Kathleen Dean Moore, Traduit de l’américain par Camille Fort-Cantoni, Gallmeister, Nature writing, 2006, 185 p., 18 euros

 

challenge nature writing

Partager cet article
Repost0

Totally killer de Greg OLEAR

Publié le par Hélène

Totally-killer

 ♥ ♥

 Un roman jubilatoire.

  

L’auteur :

 

Greg Olear est un écrivain américain, Totally Killer est son premier roman. Son second roman Fathermucker paraîtra en 2012 chez Harper.

 

L’histoire :

 

New York, 1991. La belle et ambitieuse Taylor Schmidt, fraîchement diplômée d’une Université du Missouri, débarque dans la Grosse Pomme à la recherche d’un job et du grand amour. Crise économique oblige, elle erre de bureau de placement en bureau de placement, jusqu’à ce qu’une mystérieuse agence lui propose "le job pour lequel on tuerait". Deux jours plus tard, Taylor se retrouve jeune éditrice d’une maison d’édition new-yorkaise et découvre avec effroi le prix à payer : elle va effectivement devoir assassiner quelqu’un. Le marché qui lui est imposé est simple : puisque les baby-boomers occupent tous les emplois dans notre société, il suffit de les éliminer. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Si l’idée de départ (consistant à éliminer les concurrents qui postulent sur les mêmes postes que les héros convoitent) rejoint le roman de Donald Westlake Le couperet, le style et le ton sont totalement différents. Bien ancré dans les années 90, Totally killer exploite pleinement les références de la culture pop, n’hésitant pas démanteler certains mythes comme Les Beatles, nous offrant en préliminaires une liste de titres de chansons écoutées par Taylor, l’héroïne, personnage entièrement immergé dans cette culture, et faisant de nombreuses et fréquentes références aux problématiques de l’époque.

 

-          Le ton est enlevé, jubilatoire, dynamique, et nous emmène allègrement au fil des pages sur les traces des protagonistes déjantés.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-  Bizarrement je ne trouve pas de points négatifs flagrants, et pourtant je ne suis pas totalement enthousiaste. Peut-être simplement parce que ce type de récit ne correspond pas à mon style de lecture, pas à ma culture (j’avais 13 ans en 1991). J’ai trouvé ce récit plaisant mais je n’ai pas décollé…

 

Premières phrases :

 

« Je n’ai jamais aimé Taylor Schmidt. Malgré tout ce que vous avez pu entendre dire.

L’amour est quelque chose de plus pur que cet alliage brut de désir, de fascination et de pitié dont étaient faits mes sentiments à son égard. On ne peut transformer les métaux vils en or, tout brillants qu’ils puissent être. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Le couperet de Donald WESTLAKE

 

D’autres avis : Amanda, Jean-MarcChoco 

 

Totally killer, Greg Oléar, traduit de l’américain par François Happe, Gallmeister, collection Americana, mars 2011, 314 p., 22.90 euros

 

Un grand merci à Marie-Anne Lacoma des Editions Gallmeister

Partager cet article
Repost0

<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 > >>