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litterature amerique du nord

La couleur des sentiments de Kathryn STOCKETT

Publié le par Hélène

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  ♥ ♥

Grand Prix des Lectrices de Elle 2011.

 

L’auteur :

 

Kathryn Stockett a grandi à jackson. Elle vit actuellement à Atlanta avec son mari et sa fille, et travaille à l’écriture de son deuxième roman.

 

L’histoire :

 

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La couleur des sentiments est un roman qui se lit très facilement avec sa juste dose de mystères (la disparition de Constantine, la léthargie de Célia…), d’injustices (envers les Noirs bien sûr, mais aussi envers les enfants), une violence sous-jacente qui n’éclate qu’à peine comme pour épargner le lecteur sensible, une histoire sentimentale compliquée … Ainsi l’ensemble fonctionne à merveille et nous emporte facilement dans cette lecture colorée.

 

-          Ce roman constitue de surcoit une bonne approche de la question raciale aux Etats-Unis à cette période :

 

«  Je lis rapidement quatre pages, stupéfaite par le nombre de lois qui n’existent que pour nous séparer. Les Noirs et les Blancs n’ont pas le droit de boire aux mêmes fontaines, de fréquenter les mêmes salles de cinéma, les mêmes toilettes publiques, les mêmes terrains de jeux, les mêmes cabines téléphoniques, les mêmes spectacles de cirque. Les Noirs n’ont pas le droit d’entrer dans la même pharmacie que moi ou d’acheter des timbres au même guichet. » (p. 208)

 

-          L’auteur nous offre de beaux portraits de femmes dans ces pages, en effet :

 

« N’était-ce pas le sujet du livre ? Amener les femmes à comprendre. Nous sommes simplement deux personnes. Il n’y a pas tant de choses qui nous séparent. Pas autant que je l’aurais cru. » (p. 526)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai rencontré quelques clichés en ces pages « Tout ce que je dis, c’est que la bonté, c’est sans limite. » (p. 369) Tout le roman reste en retenue dans la volonté de contenter tout le monde pour se cantonner dans le bien-pensant : on y croise des Blanches cruelles, mais aussi des Blanches tolérantes, des mères indignes, mais aussi des mères exemplaires, des hommes mufles et violents, puis des hommes compréhensifs…

 

-          Je n’ai pas appris grand-chose en ces pages : l’histoire est bien romancée, bien construite, mais je m’attendais à un roman plus puissant que cela sur cette question cruciale du racisme encore prégnant même aujourd'hui. Peut-être a-t-il souffert du fait que j’en ai beaucoup entendu parler en termes plus qu’élogieux si bien que je m’attendais à un véritable chef d’œuvre. Ma lecture s’est sans doute révélé être plus exigeante que d’ordinaire…

 

Premières phrases :

 

«  Mae Mobley, elle est née de bonne heure un dimanche matin d’août 1960. Un bébé d’église, comme on dit. Moi je m’occupe des bébés des Blancs, voilà ce que je fais, et en plus, de tout le boulot de la cuisine et du ménage. J’en ai élevé dix-sept de ces petits, dans ma vie. Je sais comment les endormir, les calmer quand ils pleurent et les mettre sur le pot le matin, avant que les mamans aient seulement le temps de sortir du lit. »

 

Vous aimerez aussi :

   

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper LEE

 

Le temps où nous chantions de Richard POWERS

 

D’autres avis :

 

Chez Babélio, vous trouverez de nombreux avis positifs.

 

 

Ys est plus réservée et ClaudiaLucia nous conseille de relire Faulkner et Caldwell …

 

La couleur des sentiments, Kathryn STOCKETT, Traduit de l’anglais (EU) par Pierre Girard, Editions Jacqueline Chambon, 2010, 525 p., 23.80 euros

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True Grit de Charles PORTIS

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Charles Portis est un auteur américain connu surtout pour son premier roman Norwood (1966) et son roman western True Grit (1968), adaptés tous deux au cinéma (True Grit est adapté au cinéma d'abord par Henry Hathaway : Cent dollars pour un shérif en 1969, puis par les frères Coen : True Grit en 2010).

 

L’histoire :

 

Une adolescente très têtue venge la mort de son père. Elle se fait aider d'un marshal borgne et d'un texas ranger assoiffé d'argent.
 

Ce que j’ai aimé :

 

-         La jeune  Mattie Ross est un personnage surprenant : bien décidée à venger elle-même la mort de son père, elle fera tout pour accompagner les hommes qu’elle a recrutés, malgré leurs réticences. Petit à petit elle réussira à gagner leur confiance et à forcer leur admiration. C’est une femme de l’ouest, rompue à la violence et à la mort, une femme forte digne héroïne de ce western mené tambour battant.

 

-         L’autre intérêt non négligeable de ce roman tient bien sûr en la personne des cow-boys, personnages troubles, bourrus, peu sympathiques au premier abord, mais qui se révèleront être finalement des hommes au grand cœur ... LaBoeuf court après la prime que la capture de Tom Chaney lui permettrait de gagner, et Rooster Cogburn est un marshall bien décidé à faire régner la justice, quelques soient ses méthodes…

 

-         La traque de ces trois personnages hors du commun va les mener sur les territoires indiens, au cœur d’un rude hiver.  

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-Je n’ai pas été emportée comme à la lecture de Lonesome Dove, j’ai été gênée par la froideur du style. L’histoire est contée de façon brute, sans fioritures, et il m’a manqué un élan lyrique ou psychologique…

 

Premières phrases :

 

« Les gens ne croient pas qu’une fille de quatorze ans puisse quitter sa maison pour aller venger la  mort de son père en plein hiver. Cela ne semblait pas si étrange, alors, mais j’admets que cela n’arrivait pas tous les jours. »

 

Vous aimerez aussi :

   

Lonesome Dove de Larry McMURTRY  

 

D’autres avis :

 

Keisha, Sylire, Folfaerie 

 

True Grit, Charles PORTIS, Traduit de l’anglais (EU) par Thierry Beauchamp, Le

serpent à plumes, janvier 2011, 216 p., 19 euros

 

Merci à Keisha qui a fort bien compris mon addiction aux cow-boys…

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Le signal de Ron CARLSON

Publié le par Hélène

 

♥ ♥

 

 

L’auteur :

 

Ron Carlson RON CARLSON est né en 1947, en Utah. Il est l'auteur de plusieurs recueils de nouvelles et de quatre romans qui ont reçu de nombreuses distinctions aux États-Unis. Il enseigne la littérature à l'Université de Californie, à Irvine, et vit à Huntington Beach. Le Signal, publié en 2009 aux États-Unis est son dernier roman.

 

L’histoire :

 

Pour la dernière fois, Mack et sa femme Vonnie partent camper dans les montagnes du Wyoming afin de se dire adieu. Enlisé dans les dettes, l'alcool et les trafics, Mack a peu à peu contraint Vonnie à renoncer à l'amour profond qui l'avait attirée vers l'Ouest, et la jeune femme a refait sa vie. Cette randonnée est un moment de complicité retrouvée, une ultime occasion de se révéler l'un à l'autre. Pour Mack, cette expédition est aussi la dernière mission qu'il exécute pour le compte d'un intermédiaire douteux afin de sauver son ranch de la faillite. Au cœur des vastes étendues sauvages, guidé par un faible signal GPS, il doit retrouver une mystérieuse balise égarée lors d'un survol de la région. Mais cette mission se révèlera bien plus périlleuse que prévu.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai beaucoup apprécié la première partie du roman consacrée à la randonnée des deux protagonistes dans un décor à couper le souffle. Le récit est émaillé d’allusions au passé de Mack qui, subtilement, évoquent les raisons qui l’ont mené à divorcer et à accepter cette mission aléatoire commanditée par les hommes louches. Ses relations avec son père et avec la belle Vonnie qui n'appartient pas à son milieu sont appréhendées par touches successives qui forment au final un portrait vivant et émouvant de cet homme.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Mais, et c’est là à mon avis où le bas blesse, j’ai trouvé factice la façon dont tout à coup le récit tourne au cauchemar, comme s’il fallait à tout prix une pseudo-intrigue policière pour agrémenter le récit. La course poursuite m’a ennuyée, et j’ai regretté que tout le roman ne soit pas à l’aune des premières pages…

 

Premières phrases :

 

« Il enchaîna les grandes boucles que dessinait la piste à travers la haute forêt de trembles, puis traversa la vaste prairie jusqu’à la lisière des pins, au point de départ du sentier de Cold Creek, et gara le vieux pick-up Chevrolet bleu de son père à côté de la pancarte déglinguée, dans la douce lumière crépusculaire de septembre. »

 

Vous aimerez aussi :

 

La rivière de sang de Jim TENUTO  

 

D’autres avis (nombreux) :

 

Juliette, Cuné, Brize, Aifelle, Keisha, La ruelle bleue, Midola, Cathulu , Clara

 

Le signal, Ron Carlson, Traduit de l’américain par Sophie Aslanides, Gallmeister, Nature Writing, 2011, 222 p., 22 euros

 

challenge nature writing

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Mary Ann en automne, Chroniques de San Francisco, tome 8 de Armistead MAUPIN

Publié le par Hélène

mary ann en automne

 

 

 L’auteur :

 

Armistead Maupin est un écrivain américain rendu célèbre par le feuilleton qu'il écrivit pour le journal The San Francisco Chronicle, publié sous la forme de romans sous le titre Les Chroniques de San Francisco.

 

L’histoire :

 

Après vingt ans d’exil à New York, Mary Ann revient sur les lieux de sa jeunesse à San Francisco. Trompée par son mari, atteinte d’un cancer, elle a décidé de se battre pour changer de vie. Elle est hébergée par son ami de toujours, Michael « Mouse » Tolliver, et retrouve la légende du 28, Barbary Lane, Anna Madrigal, qui n’a perdu ni sa vivacité d’esprit ni son énergie malgré ses 80 ans.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai retrouvé avec plaisir le charme de ces Chroniques de San Francisco que j’avais dévorées à leur sortie en 1998. Parues initialement sous forme de feuilleton, elles ont tout l’attrait des séries télévisées : dépaysantes, rapidement consommées, dotées de personnages attachants que l’on suit avec intérêt au fil des épisodes, drôles et légères, quelquefois plus graves, bref un divertissement pur et toujours bienvenu…

 

-          Ce dernier opus campe des personnages plus âgés (Mary Ann a désormais 57 ans) confrontés à une nouvelle phase de leur vie qu'ils n'aborderont pas de la même façon.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Le personnage de Mary Ann est un des moins sympathiques de ces chroniques et je n’ai toujours pas réussi à m’intéresser à elle…

 

-          La légèreté du ton, de l’écriture en font un roman contournable. Je vous conseillerais plutôt de commencer par les premiers tomes des Chroniques, si vous ne les connaissez pas encore.

 

Premières phrases :

 

« Si seulement il y avait un terrier de lapin, se disait-elle. Si seulement il y avait un truc avec cette colline, un souvenir sensoriel – la vue sur l’île d’Alcatraz, par exemple, les cornes de brume ou l’odeur des planches moussues sous ses pieds – qui lui permettrait de renouer avec son paradis perdu. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Les chroniques de San Francisco

Autres : Le Gay Savoir, série de cinq romans de Michel TREMBLAY :

La Nuit des princes charmants (1995) ;

Quarante-quatre minutes, quarante-quatre secondes (1997) ;

Le Cœur découvert (1986) ;

Le Cœur éclaté (1993) ;

Hôtel Bristol New York, N.Y (1999) ;

 

D'autres avis :

 

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Mary Ann en automne, Armistead MAUPIN, traduit de l’anglais (EU) par Michèle Albaret-Maatsch, Editions de l’Olivier, mai 2011, 316 p.,

 

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Lonesome Dove de Larry McMURTRY

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

  « Si vous ne devez lire qu’un seul western dans votre vie, lisez celui-ci. » (James CRUMLEY)

 

L’auteur :

 

Larry McMurtry est un romancier, essayiste et scénariste américain. Il est surtout connu pour son prix Pulitzer pour le roman Lonesome Dove qui a été adapté en un feuilleton télé.

Depuis 1992, il travaille ses scénarios avec Diana Ossana avec laquelle il a écrit le scénario de Brokeback Mountain pour lequel il a remporté en 2006, l'Oscar du meilleur scénario adapté.

 

L’histoire :

 

Volume 1 :
A Lonesome Dove, Texas, les héros sont fatigués. Augustus McCrae et Woodrow Call ont remisé leurs
armes après de longues années passées à combattre les Comanches. En cette année 1880, pourtant, l'aventure va les rattraper lorsqu'ils décident de voler du bétail au Mexique et de le convoyer jusque dans le Montana pour y établir un ranch. Commence alors un périple inédit de plusieurs milliers de kilomètres à travers l'Ouest, au cours duquel le convoi affrontera de violentes tempêtes, des bandes de tueurs et d'Indiens rebelles... et laissera de nombreux hommes derrière lui.

Volume 2 :
La première partie de Lonesome Dove nous a entrai
̂nés à la suite de Augustus McCrae et Woodrow Call, ex-Texas rangers de légende, sur la route dangereuse du Montana, là où, dit-on, les terres sont encore à qui les prend. De nombreuses épreuves attendent encore le convoi lors de cet extraordinaire périple à travers l'Ouest. Les hommes devront tour à tour affronter des éléments déchaînés, des pillards et leurs propres démons. Quand, au bout d'une piste longue et périlleuse, ils arriveront enfin dans le Montana, beaucoup manqueront à l'appel.

Ce que j’ai aimé :

 

-          Alors ? alors ? Ces cow-boys vous demandez-vous avidement…  

 

Eh bien j’ai le regret de vous dire que Keisha avait raison et que dans ce roman, point vous n’apercevrez de cow-boys virils et séduisants (ni d’indiens avec les mêmes qualités d’ailleurs…) Ceci dit ils sont tellement attachants que je me suis sentie comme abandonnée à la fin de la lecture, comme s’ils continuaient leur vie sans moi, loin de moi (lâches…).

 

Là est la puissance de ce western : réussir à nous abstraire totalement de notre monde pour nous transporter au cœur du Texas et du Montana, aux côtés de Call, si taciturne, Gus, si exubérant, Lorena, femme meurtrie, Newt, jeune cow-boy à la recherche de ses origines, et de tous les autres aux contours tellement précis qu’ils deviennent vivants…

 

-          J’ai eu quelquefois tendance à trouver que 1200 pages pour un roman, c’était trop, mais finalement je me demande si ce n’est pas justement ce grand nombre de pages qui permet une immersion absolue dans leur univers. Rester autant de temps avec des cow-boys crée des liens, forcément… (non Choco, je n’en dirai pas plus…)

 

"Ne fallait-il pas être fou pour s'aventurer seul le long de la Canadian, cible facile pour une bande de hors-la-loi, et affamé par-dessus le marché ? (...) Rien de tout cela n'était sensé, et il était pourtant bien obligé d'admettre qu'il avait un certain penchant pour ce genre de folie. Vivre de façon raisonnable -expérience qu'il avait tentée à une ou deux reprises dans sa vie- s'était avéré ennuyeux, le plus souvent après quelques jours seulement. Une vie sensée ne lui avait jamais rien apporté qui vaille, à part des beuveries et des parties de cartes où il jouait jusqu'à sa dernière chemise. La folie était parfois plus stimulante.

Le soleil du matin faisait étinceler l'herbe de la prairie lorsqu'il prit la direction de l'est  le long de la route des os de bisons." (p. 34)

 

- Je ne peux que vous encourager à vous lancer dans l'aventure...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien, sauf peut-être que j'ai développé une addiction aux cow-boys…

 

Premières phrases :

 

" Lorsque Augustus sortit sous le porche, les cochons bleus étaient en train de manger un serpent à sonnette - un spécimen de taille modeste. le serpent devait ramper à la recherche d'un peu d'ombre quand il était tombé sur les cochons. Ils se le disputaient âprement et il était clair que le crotale ne sonnerait plus jamais. La truie le tenait par le cou et le verrat par la queue."

 

 

Vous aimerez aussi :

 

Le secret de Brockeback Mountain, nouvelle de Annie PROULX et film de Ang LEE.

 

D’autres avis :

 

Keisha, Lili 

  

Lonesome Dove, Larry McMURTRY, Tome 1 et 2, traduit de l’américain par Richard Crevier, Gallmeister, Totem, février 2011, 600 p. chaque tome, 11 euros chaque tome.

 

Merci aux éditions Gallmeister.

Lu dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babélio :

 

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Petit traité de philosophie naturelle de Kathleen DEAN MOORE

Publié le par Hélène

                        

♥ ♥ ♥ ♥

"Parfois le monde naturel vous fait un don si précieux, si merveilleux, qu'il ne vous reste plus qu'à demeurer là, en larmes." (p. 169)

 

L’auteur :

 

Kathleen Dean Moore est écrivain, philosophe et naturaliste. Elle a passé son enfance dans l’Ohio et enseigne aujourd’hui la philosophie à l’Université de l’Oregon. Elle est notamment l’auteur de deux autres livres non traduits en français : Riverwalking (1996) et The Pine Island Paradox (2004), unanimement salués par la critique et le public américain.

 

L’histoire :

 

Parcourant l’Ouest américain, des côtes sauvages de l’Oregon aux rivages de l’Alaska, les textes de ce recueil s’appuient sur l’observation de phénomènes naturels pour interroger les notions de distance et de séparation, la capacité de chacun à trouver sa place au sein de la nature et parmi ses proches.     Chacun de ces brefs et percutants récits est l’occasion d’aborder avec simplicité des sujets graves. Pourquoi et comment accepter la mort ou la souffrance, l’éloignement de ceux qu’on aime, le temps qui passe et nous fait oublier ? À quoi, en somme, se rattacher et quelle est l’essence même de notre existence ? Autant de questions auxquelles ce livre apporte des réponses. (Présentation de l'éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai tout aimé dans le récit de cette femme qui chante une hymne à la nature, cherchant l’accord parfait, hurlant avec les loups en pleine forêt, pêchant des huîtres avec son fils… Je ne saurais mettre des mots face à une telle densité de talent, aussi, pour une fois, vais-je laisser parler l’auteur :

 

« Nous comprenons, trop tard, que nous n’avons jamais appris à nos étudiants ce que les canards savent sans savoir. Que, comme le disait Dostoïevski, « il nous faut aimer la vie plutôt que le sens de la vie. » Il nous faut aimer la vie par-dessus tout, et de cet amour naîtra peut-être un sens. (…)

Que nous disent-ils, ces instants semblables à un prisme braqué sur l’existence, sue disent ce marais, cette humidité, ce vacarme écumant, cet assaut de volonté parmi les saules, cette scène criarde, ces couleurs, ces plumages, ces efforts, ce bruit, cette complexité, tout ce qui ne laisse ni note ni explication ?

Rien, me semble-t-il, si ce n’est qu’il faut continuer.

C’est la  leçon du marais. La vie concentre toutes ses puissances sur un seul but : continuer à exister. Un marais au crépuscule, c’est la vie qui exprime son amour de la vie. Rien de plus. Mais rien de moins, et nous serions stupides de nous dire que c’est là une leçon sans importance.» (p. 20)

 

« Donnez des racines à vos enfants, laissez-les avoir des ailes » : « Un enracinement qui tienne au fait de percevoir, de se soucier, de se remémorer, d’étreindre, de prendre plaisir à l’immensité de l’horizon, de trouver un réconfort dans l’odeur familière de la pluie. » (p. 29)

 

« Je veux qu’ils [mes enfants] évoluent dans un monde rationnel, dont l’ordonnancement est pour eux source de plaisir. Mais pour autant dans un monde improbable, aux sons barbares et aux couleurs flamboyantes, où ils auront toujours une chance de tomber sur quelque chose de rare et de splendide, quelque chose qui n’est pas dans les livres. » (p. 48)

 

« Le vie éternelle, si elle existe, ne consiste pas à prolonger indéfiniment la durée de notre existence, mais sa profondeur. (…) Je veux aller le plus loin possible dans l’instant, le plonger dans une somme confuse de détails, le brandir dans l’air humide parcouru de cris. » (p.69)

 

« Ce qu’ils veulent pour leurs enfants, c’est le saumon et le cèdre jaune, la Rivière, la Crique, et une petite ville dont les maisons de bois se dressent sur pilotis au-dessus des grands bancs de poissons. Un foyer, c’est un lieu qu’on connaît par cœur parce que, comme me l’a expliqué un adolescent, quand on ouvre la porte, « il y a une rangée de bottes et d’imperméables, une pile de bois pour la cheminée, et le petit frère qui vous guette pour vous sauter dessus. » Un lieu où les ours retournent les rochers sur la plage pour manger crabes et cottidés. Où les jardins poussent dans des caisses de lait calées au-dessus de la marée – des jonquilles, des fleurs d’ail, de la rhubarbe pour les tourtes. Où les voix des femmes hèlent les enfants de l’autre côté du dock, où le vent salé porte le rire des hommes. Où les gens gagnent leur vie sans ramasser le gros lot. Un lieu où l’on est richissime quand on a de quoi vivre. » (p. 159)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- RIEN, sauf que je suis tellement fan que je me demande pourquoi les deux autres livres de l’auteure n’ont pas encore été traduits en France… Il faut absolument qu’Oliver se réveille !!!

 

Premières phrases :

 

« Dans l’océan vert aux reflets chatoyants qui borde la côte de l’Oregon, de grandes algues se tendent vers la rive à chaque marée montante et retournent vers la haute mer en tourbillonnant dès que l’eau redescend. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Une année à la campagne de Sue HUBBELL

 

Petit traité de philosophie naturelle, Holdfast, Kathleen Dean Moore, Traduit de l’américain par Camille Fort-Cantoni, Gallmeister, Nature writing, 2006, 185 p., 18 euros

 

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Totally killer de Greg OLEAR

Publié le par Hélène

Totally-killer

 ♥ ♥

 Un roman jubilatoire.

  

L’auteur :

 

Greg Olear est un écrivain américain, Totally Killer est son premier roman. Son second roman Fathermucker paraîtra en 2012 chez Harper.

 

L’histoire :

 

New York, 1991. La belle et ambitieuse Taylor Schmidt, fraîchement diplômée d’une Université du Missouri, débarque dans la Grosse Pomme à la recherche d’un job et du grand amour. Crise économique oblige, elle erre de bureau de placement en bureau de placement, jusqu’à ce qu’une mystérieuse agence lui propose "le job pour lequel on tuerait". Deux jours plus tard, Taylor se retrouve jeune éditrice d’une maison d’édition new-yorkaise et découvre avec effroi le prix à payer : elle va effectivement devoir assassiner quelqu’un. Le marché qui lui est imposé est simple : puisque les baby-boomers occupent tous les emplois dans notre société, il suffit de les éliminer. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Si l’idée de départ (consistant à éliminer les concurrents qui postulent sur les mêmes postes que les héros convoitent) rejoint le roman de Donald Westlake Le couperet, le style et le ton sont totalement différents. Bien ancré dans les années 90, Totally killer exploite pleinement les références de la culture pop, n’hésitant pas démanteler certains mythes comme Les Beatles, nous offrant en préliminaires une liste de titres de chansons écoutées par Taylor, l’héroïne, personnage entièrement immergé dans cette culture, et faisant de nombreuses et fréquentes références aux problématiques de l’époque.

 

-          Le ton est enlevé, jubilatoire, dynamique, et nous emmène allègrement au fil des pages sur les traces des protagonistes déjantés.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-  Bizarrement je ne trouve pas de points négatifs flagrants, et pourtant je ne suis pas totalement enthousiaste. Peut-être simplement parce que ce type de récit ne correspond pas à mon style de lecture, pas à ma culture (j’avais 13 ans en 1991). J’ai trouvé ce récit plaisant mais je n’ai pas décollé…

 

Premières phrases :

 

« Je n’ai jamais aimé Taylor Schmidt. Malgré tout ce que vous avez pu entendre dire.

L’amour est quelque chose de plus pur que cet alliage brut de désir, de fascination et de pitié dont étaient faits mes sentiments à son égard. On ne peut transformer les métaux vils en or, tout brillants qu’ils puissent être. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Le couperet de Donald WESTLAKE

 

D’autres avis : Amanda, Jean-MarcChoco 

 

Totally killer, Greg Oléar, traduit de l’américain par François Happe, Gallmeister, collection Americana, mars 2011, 314 p., 22.90 euros

 

Un grand merci à Marie-Anne Lacoma des Editions Gallmeister

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Danses de guerre de Sherman ALEXIE

Publié le par Hélène

                                              danses-de-guerre.jpg

 ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

 

Sherman Joseph Alexie est un romancier, poète et scénariste américain qui écrit principalement sur les populations amérindiennes. Il s'est fait connaître pour son roman Indian Killer en 1997, un drame contemporain sur la légende d'un tueur indien.

 

L’histoire :

 

Nos relations avec les autres ne seraient-elles en fin de compte que de petites guerres ? Pour se préserver, pour assumer ses responsabilités ou prendre des initiatives ? Avec Sherman Alexie, tout est sujet d’inspiration : être parent, le divorce, la guerre des sexes, celle des races, l’alcool et la drogue, la société de consommation, le terrorisme et bien entendu la guerre...

Ses personnages sont des hommes ordinaires sur le point de connaître de grands changements, des artistes, des ouvriers, des pères, des amants, des maris ou des fils. Par leurs choix, simples et considérables à la fois, ils transforment radicalement leurs univers personnels. Un écrivain célèbre doit s’occuper de son père alcoolique et diabétique, avec qui les relations n’ont jamais été évidentes, au moment même où on vient de lui diagnostiquer une tumeur au cerveau. Un homme, dont le mariage est un naufrage, s’éprend d’une femme rencontrée dans un aéroport. Le fils d’un homme politique en vue commet un crime homophobe. Un jeune garçon découvre sa propre valeur en rédigeant des notices nécrologiques... Un père de famille tue sans le vouloir un jeune cambrioleur, et découvre qu’il est noir...


Drôles, douces-amères ou émouvantes, ces nouvelles explorent la condition humaine avec davantage de force que bien des romans. (Quatrième de couverture)

 

  Ce que j’ai aimé :

 

-          Sherman Alexie ne nous offrent pas seulement des nouvelles qui sont déjà comme de petites pépites ciselées, son recueil comporte aussi des poèmes, ainsi que des réflexions décousues, dialogues fictifs :

 

« Que pensez-vous de Dieu ?

Je suis devant la fenêtre de ma cuisine, et je regarde trois corbeaux perchés sur le fil du téléphone. Je crois qu’ils racontent des conneries sur moi. » (p. 73)

 

« Pourquoi les poètes s’imaginent-ils

Qu’ils peuvent changer le monde ?

La seule vie que je puisse sauver

C’est la mienne. » (p.10)

 

Un ensemble cohérent qui aborde les sujets chers à Sherman Alexie : l’identité raciale de ces amérindiens plongé dans un monde qui a voulu les exterminer, mais aussi des thèmes plus universels comme le mariage, la filiation, la solitude, la maladie et la mort.

 

-          Malgré ces sujets graves, le ton est drôle, acerbe et poétique à la fois. Entre les pages comme dans la vie,  se glissent quelquefois des petits moments d’éternité :

 

« Je n’avais pas chanté depuis des années, rien de tel en tout cas, mais je joignis ma voix à la sienne. Je savais que ce chant ne ramènerait pas les pieds de mon père. Ni ne réparerait sa vessie, ses reins, ses poumons et son cœur. Il ne l’empêcherait pas de vider une bouteille de vodka dès qu’il serait capable de s’asseoir dans son lit. Il ne vaincrait pas la mort. Non, songeais-je, ce chant est temporaire, mais en de pareilles circonstances, le temporaire suffit. Et c’était un bon chant. Nos voix résonnaient dans le couloir. Les malades et les bien-  portants s’arrêtèrent pour écouter. Les infirmières, y compris la Noire à l’air distant, firent inconsciemment quelques pas vers nous. La Noire soupira et sourit. Je lui rendis son sourire. Je savais ce qu’elle pensait. Parfois, même après toutes ces années, il lui arrivait encore d’être surprise par son travail. Elle s’émerveillait encore devant la foi infinie et ridicule des gens. » (p. 44)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

  -          Trop court…

 

Premières phrases :

 

« Limites

J’ai vu un type donner un coup de volant

Pour essayer d’écraser un chien errant,

Mais le corniaud agile a plongé

Entre deux voitures en stationnement

 

Et il a filé.

Merde, ai-je pensé, ai-je bien vu

Ce que j’ai cru voir ? »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Indian Killer

Autre : La malédiction des colombes de Louise ERDRICH

 

Danses de guerre, Sherman ALEXIE, Traduit de l’américain par Michel Lederer, Albin Michel, février 2011, 195 p., 19 euros

 

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Winter de Rick BASS

Publié le par Hélène

                              

 ♥ ♥ ♥

 "Je n'ai pas l'intention de quitter cette vallée." (p. 261) 

 

L’auteur :

 

Rick Bass est un écrivain américain. Il vit dans la vallée du Yaak depuis 1987, vallée qu’il défend ardemment contre l’exploitation forestière notamment. Il appartient au groupe que l’on nomme « Les écrivains du Montana ».

 

 

L’histoire :

 

Winter est le récit de l’installation de Rick Bass et de sa femme dans un coin reculé du Montana en plein hiver.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’immersion dans ces lieux isolés et désolés est décrite avec tellement de tendresse et  d’engouement, que j’avais sorti ma valise du placard... Puis sont venus les mois d’hiver, et à l’évocation des -35 mon petit cœur frileux a bondi et j’ai rangé bien sagement ma valise…

  

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Fix Ranch

 

-          C’est un récit très similaire à « Indian creek » : rédigé sous forme de journal il nous offre le quotidien de ces hommes qui ont fait le choix de tenter la grande aventure… J’avais reproché à Pete Fromm l’absence de réflexions, et j’ai donc été très heureuse de les  trouver chez Rick Bass :

 

«  Il y a des forces dans les bois, des forces dans le monde, qui vous revendiquent, qui posent une main sur votre épaule si doucement que voue ne la sentez même pas ; en tout cas, pas au début. Tous les éléments les plus infimes – la direction de la brise un jour, l’unique petite phrase qu’un ami peut vous lâcher, un corbeau volant au-dessus de la prairie et décrivant un arc de cercle pour revenir – vous revendiquent, pour finir, avec une puissance cumulative. » (p. 114)

  

«  En fin d’après-midi, il y a un moment où la lumière devient si étrange, où elle prend de tels reflets de bronze et une si parfaite immobilité qu’on jurerait un ferrotype – on dirait qu’elle essaie de retenir cet angle particulier des rayons solaires le plus longtemps possible, afin de nous permettre de contempler les champs, les bois, les prairies sous cet éclairage contrasté une dernière fois avant de s’estomper. Une dernière fois…

Et nous contemplons. Nous restons plantés là, en l’honneur de la lumière, à regarder, sans rien faire d’autre. Les oiseaux lancent des appels dans les bois, les colaptes dorés et les grives, et j’ai l’impression que ma vie est sur le point de me parler, tant ce sentiment d’attente, de promesse est puissant. » (p. 120)

 

Pour ceux qui, comme moi,  à la lecture de ce passage auraient déjà pris leur billet d’avion :

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« Je crois à la vieille légende de Jim Bridger, à l’époque où il a passé l’hiver du côté du Yellowstone. Il est ensuite retourné dans l’est où il a raconté aux citadins de ces régions que quand les trappeurs essayaient de se parler, les mots gelaient en sortant de leur bouche ; ils ne pouvaient pas entendre ce qu’ils se disaient les uns aux autres, parce que les paroles gelaient dès la seconde où elles franchissaient leurs lèvres – si bien qu’ils étaient obligés de ramasser les mots gelés, de les rapporter autour du feu de camp le soir et de les décongeler, afin de savoir ce qui s’était dit dans la journée, en reconstituant les phrases mot par mot. Moi, je peux imaginer qu’il fasse aussi froid. » (p. 230)

  

 Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Pendant cette lecture mon esprit a eu tendance à musarder, s’accrochant difficilement à certaines descriptions statiques. Etait-ce dû à un manque de concentration ou bien à quelques longueurs du récit… Je vous laisse seuls juges…

 

 

Premières phrases :

 

« J’avais déjà vécu dans les montagnes. J’avais même fréquenté une université bâtie à flanc de montagne, l’Utah State University, et jamais je n’avais été aussi heureux – non pas heureux d’être jeune, ou d’être étudiant, ou d’être libre, mais heureux tout simplement de faire partie du paysage, de me déplacer à travers une contrée aussi étrange et merveilleuse (je suis originaire du Texas et, après l’université, j’ai travaillé pendant plusieurs années dans le Mississippi.) Avec mon amie Elizabeth, j’allais souvent camper dans l’ouest. Nous aimions l’odeur que dégageaient les bois, le soir, et le lendemain matin, à notre réveil. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le livre du Yaak

Autre : Indian creek de Pete FROMM

 

Lecture commune avec Vilvirt, Anne, Somaja, Syl, Juliette, Emeralda 

D’autres avis : Pickwick

 

Winter, Rick Bass, traduit de l’américain par Béatrice Vierne, Gallimard, Folio, avril 2010,

 

Quelques liens : les écrivains du Montana, Le site de Yaak Valley

  

challenge nature writing 

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Wendy et Lucy de Jon RAYMOND

Publié le par Hélène

 

wendy et lucy

 ♥ ♥ ♥

  

L’auteur :

 

Jonathan Raymond est un romancier américain qui a publié de nombreuses nouvelles et en a adapté deux pour le grand écran : Wendy et Lucy et Old Joy.

  

L’histoire :

 

Les nouvelles de Jon Raymond, qui publie son premier recueil mais dont deux récits ont déjà été adaptés à l’écran, sont des fulgurances chargées de vie et d’émotion. Rien n’est aussi simple qu’il y paraît et le hasard entraîne le lecteur sur des chemins insoupçonnés. Vers l’Alaska, où Wendy, accompagnée de sa chienne Lucy, pense repartir de zéro. Dans les montagnes de l’Oregon, où deux amis, au cours d’une marche, tentent maladroitement de recréer une intimité autrefois partagée. Dans une banlieue de Portland où, pour tromper sa solitude, un homme invite à dîner les deux ouvriers mexicains qu’il a embauchés…

Directe et sensible, l’écriture de Jon Raymond saisit la profondeur d’une situation, la grâce d’un geste ou d’un regard, au-delà des apparences. Mais aussi la détermination secrète d’hommes et de femmes qui ne veulent pas céder à la fatalité.

Et c’est là toute la force de ce livre, à l’image de ses héros dérisoires et bouleversants. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Les personnages mis en scène par Jon Raymond ont tous en eux une fêlure admirablement mise à nu par la magie du récit. Ce sont des êtres à fleur de peau qu’un rien pourrait faire basculer et qui pourtant portent en eux une force salvatrice qui les retient au bord du gouffre.

 

« J’étais incapable de dire si nous étions en train de filer vers l’horizon ou de plonger droit dans le vide. » dit un des personnages de « Old Joy »

 

-          Le temps est comme suspendu entre les personnages et leurs paroles, leurs actions, comme s’ils n’étaient que des marionnettes soumises aux aléas des décisions divines ou créatrices. Ils sont souvent dans des périodes de transition, venues après ou pendant un grand changement dans leur vie et cela leur confère un halo de grâce magique.

 

- Un auteur à suivre sans nul doute... 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’aimerais beaucoup lire un roman écrit par Jon Raymond, je pense que le potentiel est là pour l’écriture d’un grand roman…

 

Premières phrases :

 

« Le son d’une cloche.

Les vibrations s’échappaient du bol martelé pour aller s’éteindre en douceur sur les murs de la pièce. Attentif à l’amplitude des sons entrelacés, qui frémissaient et qui chantaient comme pour eux –mêmes, j’ai écouté jusqu‘à ce que le dernier tintement s’amenuise et meure, et que se taise le flot de mes pensées. Une fois le silence revenu, j’ai levé de nouveau le maillet. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 

D’autres avis chez Cathulu

 

Merci à Carol MENVILLE des Editions Albin Michel pour cette heureuse découverte.

 

Wendy et Lucy, Jon Raymond, traduit de l’américain  par Nathalie BRU, Albin Michel, Terres d’Amérique, octobre 2010, 284 p., 22 euros

  

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