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litterature francaise

La patience des buffles sous la pluie de David THOMAS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Ceux qui me connaissent et me suivent depuis longtemps, savent combien La patience des buffles sous la pluie compte pour moi. Lu en 2009, je l'ai découvert lors du jury du prix Orange du livre, et je n'ai eu de cesse de le défendre et de le mettre en avant par la suite. Quand j'ai décidé de me lancer dans l'aventure des blogs en 2010, c'est lui que j'ai choisi comme premier billet de blog. Aujourd'hui, il est réédité aux éditions de l'Olivier, en poche - à un prix modique sans aucune inflation - et je ne peux que vous encourager à nouveau, que dis-je vous exhorter, vous supplier, d'aller découvrir ce recueil !

Pourquoi, me demanderez-vous, dans un éclair de méfiance, vague réminiscence d'un discours prônant la sobriété ? Parce que si nous n'usons pas d'humour, d'ironie, de satire sur notre quotidien volontiers désenchanté par des politiques déconnectés, la lumière de l'optimisme risque de s'éteindre et de nous laisser désarmés dans un monde absurde. David Thomas évoque dans ses textes la quintessence du quotidien d'un humain ordinaire. Un homme qui a su prendre du recul sur lui-même, qui sait se moquer de ses travers, qui a compris que la vie n'a pas de sens, mais qui continue malgré tout, pauvre Sisyphe fatigué, à bâtir des chimères. Le couple notamment est au centre de ces chimères, puisque nous continuons pertinemment d'y croire, nous accrochant follement aux souvenirs des premiers moments, quand l'usure et le quotidien ont enseveli élan et passion sous une couche tenace d'aigreur et reproches.

Et pourtant, l'espoir est humain et continue à battre en nos veines, nous susurrant doucement que rien n'est irrémédiable pour qui sait prendre du recul...

La dérision et l'esprit critique permettent de nourrir en nous l'espoir d'une humanité un peu plus intelligente et qui se tournerait peut-être - enfin - vers la sagesse...

"Je dirais que La patience des buffles sous la pluie fait partie de ces livres à la fois formidablement simples et sobrement raffinés qui nous rendent intelligibles à nous-mêmes, qui nous rattachent les uns aux autres, nous donnent envie de tenir debout et de nous ancrer encore plus profondément dans cette étrange activité suicidaire qu'est la vie." Préface de Jean Paul Dubois

Présentation de l'éditeur : Editions de l'Olivier

Du même auteur Un silence de clairière ♥ ♥; Je n’ai pas fini de regarder le monde ♥ ♥ (Nouvelles) ; On ne va pas se raconter d'histoires ♥ ♥ ♥ (Nouvelles) ; Hortensias ♥ ♥ ♥ ; Le poids du monde est amour ♥ ♥ ♥ (Nouvelles) ; Un homme à sa fenêtre ♥ ♥ ♥ (Nouvelles)

 

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Un été avec Homère de Sylvain TESSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Pourquoi espérer l'au-delà au lieu d'accomplir passionnément son chemin d'humain dans la panoplie du réel dévoilé par le soleil ?"

Durant l'été 2017, France Inter diffusait une série d'émission durant lesquels Sylvain Tesson nous emmenait naviguer en Grèce sous l'égide de L'Iliade et L'Odyssée. L'écrivain s'est retiré sur une île des Cyclades pour écrire ses textes, il s'est laissé bercer par le rythme et la lumière si particulière, et surtout par les récits homériques à la poésie envoûtante. De ces récits atemporels il retient la "substantifique moelle" pour enrichir sa pensée et la faire résonner avec les aventures d'Achille ou Ulysse.

"Être païen consisterait à se tenir devant le spectacle du monde et à l'accueillir sans rien espérer -aucun lendemain qui chante (cette tartufferie !), aucune vie éternelle (cette farce !). Il ne faut rien chercher d'autre que les signes de ce qui advient."

*

"L'amour et la haine, le pouvoir et la soumission, l'envie de rentrer chez soi, l'affirmation et l'oubli, la tentation et la constance, la curiosité et le courage. Rien ne varie sur notre Terre. (...) Mais tous, nous portons dans nos cœurs une Ithaque intérieure que nous rêvons parfois de reconquérir, parfois de regagner, souvent de préserver?"

*

"Que retient-on de ces premiers chants de l'Odyssée ?

La vie nous impose des devoirs.
Il importe d'abord de ne pas transgresser la mesure du monde.

S'il faut réparer un forfait commis, il ne faut pas dévier de sa course ni renier les objectifs fixés.

Enfin, ne jamais oublier l'individu que l'on est, ni l'endroit d'où l'on vient, ni l'endroit où l'on va."

Ces émissions constituent une belle façon de découvrir ou redécouvrir ces chants immémoriaux tout en savourant les éclairs de Sylvain Tesson.

 

Du même auteur :  Une vie à coucher dehors ♥ ♥ ♥ ♥ (Nouvelles) ; Dans les forêts de Sibérie ♥ ♥ (Récit de voyage)Géographie de l’instant ♥ ♥ ♥ ♥ (Récit de voyage) ; S'abandonner à vivre ♥ ; Aphorismes sous la lune ♥ ♥ ♥ ; Sur les chemins noirs ♥ ♥ ♥ ♥ (Récit de voyage) ; La panthère des neiges ♥ ♥ ♥ (Récit de voyage)

Retrouvez le podcast ici : France Inter

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Que sur toi se lamente le tigre de Emilienne MALFATTO

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

« Nous sommes un pays de mutilés, d’ensanglantés, un pays d’ombre et de fantômes » p 80

Dans l'Irak d'aujourd'hui, une jeune femme s'est donnée à son fiancé et est tombée enceinte. Malheureusement son fiancé meurt à la guerre, la condamnant également à la mort puisque « L’honneur est plus important que la vie. Chez nous, mieux vaut une fille morte qu’une fille mère.» Son frère la tuera donc pour venger l'honneur.

Elle raconte sa dernière journée, secondée par les autres membres de la famille qui eux aussi prennent la parole dans des monologues qui prouvent combien la parole est bridée derrière les apparences lisses. Chacun est complice du meurtre mais présenté comme une victime enfermée dans un système qui détermine leur condition, leur rôle et pèse sur leurs épaules. La mère elle-même avoue avoir recréé pour sa fille une prison : « J’ai justifié mon monde en le reconduisant. » Ils ne parviennent pas à s'abstraire du poids des traditions, même si, peut-être, le plus jeune des frères rayonne comme seule lueur d'espoir « je suis celui qui, peut être, ne sera pas un assassin ". Les femmes aussi, en se révoltant, en racontant, pourront se révolter face à cette société profondément patriarcale, comme le prouvent les mouvements liées à la mort de Mahsa Amini récemment en Iran.

Deux autres fils narratifs s'entremêlent au récit de la jeune femme : celui du fleuve Tigre, témoin des destins tourmentés et de toute l'histoire du pays hantée par les guerres et la violence « J’ai baigné les califes et les princesses aux longs cheveux. Aujourd’hui, Bagdad la tourmentée déverse en moi ses vomissures, sa bille et ses blessés. », et l'autre fil de l'épopée de Gilgamesh, certains épisodes étant relatés pour insister sur l'universelle fatalité du destin des hommes et mettre en valeur la puissance des mythes et de la littérature quand ils nous interrogent sur les grandes questions de la condition humaine, la vie, la mort, le bonheur, la liberté.

Un roman essentiel, puissant, poétique, de ceux qui rappellent combien la fiction est importante pour donner la parole à ceux et celles que la société s'évertue à bâillonner.

Présentation de l'éditeur : Elyzad

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Emerveillements de Marie ROUANET

Publié le par Hélène

« C’est quoi, “être émerveillé” ? Est-ce être heureux quand on est embrassé par celui que l’on aime ? Quand il me dit un gentil mot ? Quand on sait que le soir, il y aura un repas entre amis ?

— Non, cela arrive tout d’un coup. C’est imprévisible. C’est un jour comme les autres, peut-être même plus monotone. Et tout d’un coup, en regardant une chose, en permanence sous nos yeux (voir, ce n’est pas regarder), on découvre enfin son originalité, sa beauté méconnue, son mystère. Et cela balaie en nous tout ce qui pèse. »

Ce que j'ai aimé :

Le principe avait tout pour m'attirer : mettre en avant la beauté du monde, apprendre à regarder ce qui nous entoure avec des yeux poètes, embellir le monde, autant de pistes qui me fascinent...

Comme vous l'aurez remarqué, en plus la couverture est magnifique !

Ce que j'ai moins aimé :

Je n'ai pas été émerveillée, j'ai été déçue par les textes proposés, je suis passée à côté.

Non seulement les émerveillements choisis ne m'ont pas touchée (un coupe papier, une araignée, un chat...) mais de plus, je n'ai pas aimé la façon dont ils étaient mis en avant, je n'ai pas été sensible à la poésie du texte.

Bilan :

Un rendez vous manqué.

 

Présentation de l'éditeur : Editions Le pommier

 

tous les livres sur Babelio.com
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Fauteuils réservés et autres contes de Eugène DABIT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"De nouveau , il se sentait angoissé et avide, homme vivant parce qu'il nourrissait en lui un perpétuel désir."

Fauteuils réservés et autres contes qui vient de paraître, est un recueil de cinq nouvelles extraites de le Mal de vivre et autres textes, précédemment paru dans la collection L'Imaginaire. Cinq courtes nouvelles, cinq portraits ou tranches de vie d'hommes et de femmes du Paris populaire des années 1930.

Dans ces cinq textes brefs, l'auteur de L'Hôtel du Nord, plume phare de l'Ecole prolétarienne, dépeint avec un lyrisme pudique quelques trajectoires d'hommes et de femmes du peuple de Paris. "Il n'osa pas se dire que la vie l'avait volé une fois encore. Il se retrouvait dans la rue. C'était assez d'avoir à lutter contre la solitude, contre la nuit qui n'en finirait plus".

Il insiste sur la profonde solitude des êtres qui errent dans Paris et cherchent du réconfort auprès d'une femme, lestés par un quotidien que l'amour pourrait alléger. Ces personnages ressentent une envie de vivre malgré tout, conscients que le bonheur éphémère reste précieux.

Ces nouvelles courtes et percutantes nous tendrement de l'humain...

Présentation de l'éditeur : Folio

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Vues sur la mer de Hélène GAUDY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

Jeanne semble fuir, sept fois elle arrive dans un hôtel ou imagine ce que serait cette fuite. Elle est marquée par l'épuisement, par une fatigue lancinante qui ne donne pas son nom. Il semble que la lassitude soir liée à son couple, ce qui transparait quand elle observe le couple formé par Paul et Cécile, clients de l'hôtel où elle loge. A travers eux, se dessinent les raisons de cette lassitude : le rejet progressif du corps de l'autre, l'attrait pour quelqu'un de nouveau, l'envie d'autre chose, la tentation de la fuite. Partir pour peut-être mieux revenir :

"Se dire qu'on l'a fait, qu'on a essayé et qu'on peut maintenant reprendre le cours de sa vie. Qu'on a intérêt à s'y accrocher parce qu'on sait qu'il n'y existe plus vraiment d'échappatoire. Qu'on l'a déjà épuisée. " p 89

Le thème de la fugue est aussi vue avec certains enfants qui ressentent ce besoin, cette envie de partir vérolée au corps, pour échapper à un sentiment diffus d'insatisfaction, de dégoût.

Un charme diffus s'échappe de ces quelques pages, comme lors d'une parenthèse suspendue entre deux mondes, deux époques, deux choix. Une belle découverte !

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

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Miroir de nos peines de Pierre LEMAITRE

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Avril 1940. Louise Belmont est institutrice et travaille également dans le café restaurant de M. Jules. Elle reçoit une demande surprenante de la part d'un client régulier, et hésite à prendre des décisions qui affecteront irrémédiablement sa destinée. Durant cette drôle de guerre, quand Raoul et Gabriel sont en première ligne, engagés dans l'enfer de la guerre de la ligne Maginot, et Désiré quant à lui, trouve des rôles à sa mesure à l'arrière.

Pierre Lemaitre fait montre d'un talent de conteur hors normes, il nous emmène aux côtés de ses personnages au coeur de cette guerre, nous faisant ressentir dans nos tripes la peur des soldats, nous indignant avec la manipulation des médias, suscitant notre pitié lors de l'exode... Il crée des personnages touchants comme M. Jules ou Raoul qui gagne en épaisseur au fil de ses épreuves ou encore Désiré talentueux dans l'art de l'usurpation et inoubliable en prêtre.

Plus largement, il nous parle de la folie des hommes pris dans cette guerre absurde mais prouve aussi que le meilleur peut aussi naitre du pire...

Ce que j'ai moins aimé :

- L'apparition de deux autres personnages en cours de récit, Alice et Fernand

Bilan :

Un bon roman qui nous emporte, à la manière des romans feuilletons d'antan.

A noter qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lu les deux tomes précédents

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Du même auteur :  Au revoir là-haut ♥ ♥ ♥ ; Trois jours et une vie ♥ ; Cadres noirs ♥ ♥ ♥ (policier) ; Couleurs de l'incendie ♥ ♥ ♥ 

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L'America de Michel MOUTOT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Vittorio est pêcheur sur une petite île au large de la Sicile. Nous sommes en 1902 et peu à peu, un clan mafieux commence à se mettre en place en mettant la main sur l'eau. Le clan des Fontarossa, le fontaniero le plus puissant de Trapani n'hésite pas à user de méthodes peu orthodoxes pour asseoir son empire.

Quand Vittorio rencontre la fille Fontarossa, Ana, il ignore qui elle est, et tombe immédiatement amoureux d'elle. Une idylle nait entre eux, mais cela aura des conséquences funestes qui obligeront Vittorio à fuir à l'autre bout du monde en Amérique, avec à ses trousses les sbires de Salvatore Fontarossa, bien décidé à se venger.

Ce que j'ai aimé :

Pas un instant de répit dans ce roman d'aventures au rythme endiablé qui décrit très bien les entrelacs subtils et violents mis en place par les mafieux pour s'assurer pouvoir et fortune. Parallèlement, nous découvrons aussi la vie des migrants en Amérique, régi aussi par des logiques communautaires. Vittorio devra rejoindre les siens pour espérer trouver sa place.

Ce que j'ai moins aimé :

L'absence de profondeur des personnages. Qu'ils s'agissent de scènes violentes engendrant des malheurs ou de scènes harmonieuses, toutes les émotions semblent glisser sur les personnages qui restent obstinément des pantins de papier.

Bilan :

Un bon roman d'aventures avec une fin percutante !

Présentation de l'éditeur : Seuil

Du même auteur : Séquoias ♥ ♥ 

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Sido et les vrilles de la vigne de COLETTE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

Dans Sido Colette peint le portrait de sa mère, Sidonie, elle chante son amour pour cette femme qui s'émerveille de tout, détachée des contraintes humaines, et inculquant à ses enfants cet amour de la nature et de la liberté.

"Je célèbre la clarté originelle qui, en elle, refoulait, éteignait souvent les petites lumières péniblement allumées au contact de ce qu’elle nommait "le commun des mortels.""

Colette évoque aussi avec nostalgie les autres membres de sa famille, son père qu'elle aurait aimé mieux connaître, ses deux frères et sa sœur Juliette.

Si ce récit autour de l'enfance est émouvant, permettant de mieux comprendre l'autrice, Les vrilles de la vigne, série de courts textes reprenant les thèmes chers à Colette, est un bijou de littérature.

A côté de sujets légers comme son amour des chats, elle évoque aussi son mariage, les infidélités de son mari puis sa nouvelle vie libérée, les moments joyeux passés au music-hall, sa maîtresse, et  son amour inconditionnel pour la vie et ses merveilles :

« Quoi ?… ma vie aussi est inutile ? Non, Toby-Chien. Moi, j’aime. J’aime tant tout ce que j’aime ! Si tu savais comme j’embellis tout ce que j’aime, et quel plaisir je me donne en aimant ! Si tu pouvais comprendre de quelle force et de quelle défaillance m’emplit ce que j’aime !… C’est cela que je nomme le frôlement du bonheur. Le frôlement du bonheur… caresse impalpable qui creuse le long de mon dos un sillon velouté, comme le bout d’une aile creuse l’onde… Frisson mystérieux prêt à se fondre en larmes, angoisse légère que je cherche et qui m’atteint devant un cher paysage argenté de brouillard, devant un ciel où fleurit l’aube, sous le bois où l’automne souffle une haleine mûre et musquée… Tristesse voluptueuse des fins de jour, bondissement sans cause d’un cœur plus mobile que celui du chevreuil, tu es le frôlement même du bonheur, toi qui gis au sein des heures les plus pleines… et jusqu’au fond du regard de ma sûre amie… »

« Une journée douce de printemps, ou bien un matin mouillé d’automne, peut-être une nuit de lune, vous sentirez en votre cœur une chose inexprimable et vivante s’étirer voluptueusement, – une couleuvre heureuse qui se fait longue, longue, – une chenille de velours déroulée, – un desserrement, une déchirure soyeuse et bienfaisante comme celle de l’iris qui éclôt… Sans savoir pourquoi, à cette minute, vous nouerez vos mains derrière votre tête, avec un inexplicable sourire… Vous découvrirez, avec une naïveté reconquise, que la lumière est rose à travers la dentelle des rideaux, et doux le tapis aux pieds nus, – que l’odeur des fleurs et celle des fruits mûrs exaltent au lieu d’accabler… Vous goûterez un craintif bonheur, pur de toute convoitise, délicat, un peu honteux, égoïste et soigneux de lui-même… »

Elle chante la vie avec lyrisme et humour, transfigurant la réalité et célébrant le monde de l'enfance, le monde du vivant dans toutes ses acceptions, et pour finir la vie elle-même, l'amour, le plaisir, la liberté et l'intensité des moments vécus.

J'avais découvert ce texte à vingt ans et quelques années après (si peu...) le plaisir reste intact, la fulgurance des émotions résonnant comme une évidence.

Un texte à lire et relire !

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

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Maritimes de Sylvie TANETTE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

"Celui qui ne sait pas sauver son prochain se perd lui même."

Sur un îlot perdu en Méditerranée, les habitants vivent serrés entre eux, soudés, comme un seul homme. Sur le continent, une dictature fait rage. Quand Benjamin arrive et trouve refuge chez eux, ils ne posent pas de questions inutiles, comme ils n'aiment pas qu'on leur en pose, ils ont foi en l'homme et en son humanité. Ils ont leur propre monde, peuplé de créatures marines fantastiques et ont en eux des valeurs et des idées fortes, n'hésitant pas à dire "non" quand cela s'impose. Ils font front et acceptent Benjamin dans leur univers, observant avec bienveillance son histoire d'amour naissante.

A travers le portrait de ces iliens hors du commun, l'auteur célèbre l'entraide et la tolérance qui devraient gouverner tous les comportements humains.

 

Un récit magnifique, délicat et poétique  !

Présentation de l'éditeur : Grasset

Du même auteur : Amalia Albanesi

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