Le ciel ouvert de Nicolas MATHIEU
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Quelques pistes de lectures pour s'envoler vers de belles découvertes
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♥ ♥ ♥
Vadim, un jeune garçon de 13 ans d'origine juive, doit fuir son quartier des Batignolles à Paris pour rejoindre un petit village de montagne dans les Alpes. Il est séparé de sa famille et accueilli par des personnes inconnues dans un environnement très différent de ce qu'il connait !
Il découvre pour la première fois ce monde : la nature sauvage, la neige, les montagnes altières qui surplombent le village, refuge naturel qu'il surnomme "l'île haute". Peu à peu, perdu dans la contemplation de ces nouveaux espaces il se laisse gagner par la beauté.
"Ici la lumière coule sur une vallée entière, allume un à un les hameaux selon leur attitude, les plis de la montagne, leur position par rapport à l'axe des cols, de plus en plus généreuse, de plus en plus dorée, et les éteint en ordre dispersé suivant les fantaisies du relief. Si bien que de l'aube à la nuit la montagne palpite. "
Grâce à la bienveillance de ceux qui l'accueillent et le protègent il parvient à se construire loin des siens dans cet univers préservé si éloigné de la vie citadine. Enfant ayant connu l'oppression, exilé loin de chez lui, il réintègre sa juste place dans le monde aux côtés de ces résistants vaillants prêts à braver l'histoire pour leurs valeurs. La beauté le révèle à lui-même.
Bilan :
Au-delà du récit d'initiation, L'Île haute de Valentine Goby est surtout un puissant roman de célébration du monde !
Présentation de l'éditeur : Actes sud
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Dans ce roman autobiographique, Annie Ernaux cherche à « débroussailler son chemin de femme ». Elle montre les dynamiques à l’œuvre dans son parcours : le modèle parental, moderne finalement pour l'époque avec un père doux et rêveur qui aide aux tâches ménagères et une mère forte, qui encourage sa fille à lire et à flâner, une enfance durant laquelle elle n'a jamais eu cette idée que « petites filles sont des êtres doux et faibles, inférieurs aux garçons. Qu’il y a une différence dans les rôles.», puis l'adolescence ébrèche déjà son indépendance, puisqu'elle se retrouve comme les autres à vouloir séduire, à être soumise à la dictature du corps, à entrer dans les codes : « pas facile de traquer la part de liberté et celle du conditionnement, je la croyais droite ma ligne de fille, ça part dans tous les sens. ». Enfin viennent les premières amours, l'insouciance, les études menées à bien, jusqu'au mariage qui marque la fin d'une époque...
Ce que j’ai aimé :
Annie Ernaux peint le portrait d'une femme dans les années 60 et met subtilement en avant les limites de l’émancipation féminine dans ces années-là. Cette femme gelée, ce fut elle, mais ce fut aussi et c'est encore d'autres femmes dépossédées d'elles-mêmes et de toutes leurs aspirations.
Elle voyait dans le modèle de ses parents un couple bien plus moderne. Aussi, quelle ne fut pas sa désillusion quand elle s'est retrouvée confrontée à un mari progressiste dans ses propos, mais bien moins dans ses actes :
« Un mois, trois mois que nous sommes mariés, nous retournons à la fac, je donne des cours de latin. Le soir descend plus tôt, on travaille ensemble dans la grande salle. Comme nous sommes sérieux et fragiles, l’image attendrissante du jeune couple moderno-intellectuel. Qui pourrait encore m’attendrir si je me laissais faire, si je ne voulais pas chercher comment on s’enlise, doucettement. En y consentant lâchement. D’accord je travaille La Bruyère ou Verlaine dans la même pièce que lui, à deux mètres l’un de l’autre. La cocotte-minute, cadeau de mariage si utile vous verrez, chantonne sur le gaz. Unis, pareils. Sonnerie stridente du compte-minutes, autre cadeau. Finie la ressemblance. L’un des deux se lève, arrête la flamme sous la cocotte, attend que la toupie folle ralentisse, ouvre la cocotte, passe le potage et revient à ses bouquins en se demandant où il en était resté. Moi. Elle avait démarré, la différence. »
Annie Ernaux met en scène le long et insidieux délitement des idéaux d’égalité dans le couple : elle nous montre comment les aspirations féminines à l’égalité, la liberté, l’émancipation par les études ainsi que ses capacités de résistance ou de révolte sont sapées en douceur, sans conflit ouvert, mais sapées par le quotidien, par le poids des modèles sociaux, par la mauvaise conscience des femmes et la mauvaise foi des hommes...
Présentation de l'éditeur : Folio
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♥ ♥
"J’aimais assez ses relations funambules, qui laissent place à la rêverie, à l’imagination et, chose primordiale, à la liberté. Je les savais fragiles, éphémères, intenses, donc délicieuses. "
Jeune professeure de français dans un lycée de Montpellier, la narratrice est intriguée par une élève arrivée en cours d’année, Séréna, qui prétend être née à Alexandrie. Des années plus tard, elle retrouve Séréna dans l’atelier d’écriture qu’elle anime désormais. Mais la femme nie être l’adolescente et dit s’appeler Thérèse. Pourquoi cette double identité et ce refus d’avouer qui elle est ? La quête de vérité finit par tourner à l'obsession pour la narratrice.
Ce que j'ai aimé :
Certaines pages font penser à Modiano avec qui l'autrice a en commun cette quête de la vérité, de l'identité parfois brouillée de nos semblables qui s'inventent, se cachent et s'estompent si facilement face à nous. Personnage de fiction, Séréna l'est à bien des égards, se créant un monde bâti sur le mensonge et le silence.
Ce que j'ai moins aimé :
J'ai regretté une tendance à se répéter, sans réellement avancer dans la quête.
Bilan :
Je ne suis pas tombée sous le charme...
Présentation de l'éditeur : Mercure de France
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"Il faut une tenue d'âme, être à la hauteur des splendeurs de la vie, ou tenter de l'être, se dire que tout peut s'arrêter, basculer, c'est peut-être la seule manière de se lever chaque matin." p 236
Jess après avoir subi une perte douloureuse décide de se retirer à Venise. Logée dans un appartement qu'on lui a prêté, elle propose des visites de la ville, s'enivrant de la beauté des ruelles et de ces heures hors du temps, comme suspendues. Mais l'appartement est mis en vente, elle doit quitter le lieu et donc trouver d'autres ressources. Elle accepte alors un travail chez Maxence Darsène, avocat pénaliste vivant sur l'île de Torcello avec son compagnon Colin. Maxence souhaite redessiner, reconstituer, sauver les jardins qui bordent sa maison, depuis toujours livrés aux ravages de la montée des eaux… Ce lieu calme, isolé est propice au retrait et à la contemplation chère à Jess et devient le symbole de son chemin intérieur. Au fur et à mesure que l’héroïne s’imprègne de la beauté mélancolique de l’île et de ses jardins, elle rencontre des personnages qui, chacun à leur manière, incarnent une part du passé ou de la quête de sens qu’elle poursuit.
"Je crois aussi qu'il faut laisser filer les choses sans importance et trouver le temps de savourer celles qui en ont."
Ce que j'ai aimé :
J'ai retrouvé tout ce que j'apprécie chez Claudie Gallay : cette écriture épurée, lente et mesurée, cet univers doux baigné de lumière, et ces personnages sur le fil capables de s'émerveiller d'un détail :
"Un papillon bleu entre par la fenêtre ouverte. Il vole dans la chambre. Les papillons ne font pas de bruit, mais en étant très attentifs, on peut entendre battre leurs ailes, et dans ce bruissement à peine audible, se tient quelque chose d'immensément grand que Jess ressent et qu'elle ne parvient pas à nommer, et qui est la force ou la poésie commune à toutes formes de vie." p186
L’île de Torcello et ses jardins abandonnés baignent dans une ambiance presque mystique, nimbant le roman d'un voile doré.
Les Jardins de Torcello est un roman subtil, porté par l’atmosphère magique de l’île vénitienne, et par le cheminement intime d’un personnage en quête de sens et de paix intérieure. Claudie Gallay réussit une fois de plus à capter les nuances de l’âme humaine et la beauté du monde et à les traduire avec délicatesse dans un cadre à la fois poétique et profond.
"L'aigle et la rose ne doivent pas nous faire oublier la beauté du moineau et du pissenlit." p 265
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Présentation de l'éditeur : Actes sud
Du même auteur : Les déferlantes ♥ ♥ ♥ ; L'amour est une île ♥ ♥ ; Une part du ciel ♥ ♥ ♥ ♥ ; Dans l'or du temps ♥ ♥ ♥ ; Seule Venise La beauté des jours
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"Ce lieu et la solitude m'ont remis dans mon axe. Ailleurs le monde me semble trouble, incertain, ici il devient net, évident ; mystère de l'incarnation."
Au coeur de l'hiver nous transporte dans un petit hameau isolé des Écrins, hameau des Étages dans les Hautes-Alpes à 1600 m d'altitude, où Rochette et sa compagne, Christine, décident de s'installer définitivement suite au confinement de mars 2020. Cette décision marque le début d'une vie nouvelle, empreinte de simplicité et d'autosuffisance. A la belle saison, ils cultivent des légumes et stockent des provisions, avant de se retrouver coupés de tout et de tous par des mètres de neige pour les trois mois d'hiver.
"C'est un récit de montagne, qui raconte notre installation dans un ancien hôtel du hameau des Etages, du côté de la Bérarde, dans le massif de l'Oisans. Quand j'ai fait ma BD, "La dernière reine" qui a très bien marché, j'ai senti que c'était mon dernier album. J'avais fait le tour. En plus, c'est très chronophage. Avec Christine, ma compagne, on passe l'hiver au cœur du massif des Écrins, dans une vallée qui est fermée pendant quatre mois à cause des avalanches. Et donc c'est une vie de reclus en apparence. On y a vécu des choses intéressantes. Il y a eu des avalanches et on est entouré par des loups. J'ai eu envie de raconter cette histoire. J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire. J'espère que les gens auront plaisir à lire cette aventure intime qui se passe ici et pourtant, on a l'impression qu'on vit au fin fond de la Sibérie." (Jean-Marc Rochette)
Ce que j'ai aimé :
La montagne, qui occupe une place centrale dans leur vie, devient dans le livre un espace à la fois hostile et bienveillant, un lieu de confrontation avec soi-même et avec l’autre, tout en offrant des moments de paix et de contemplation. Dans une certaine mesure, ce rapport à la nature et au partage de cet environnement difficile reflète leur quotidien à deux, où le cadre alpin est non seulement un décor mais un mode de vie qui façonne leur relation.
Ce que j'ai moins aimé :
L'élan sincère et authentique de l'auteur permet d'occulter le fait que le style soit assez dépouillé, proche de celui d'un journal de bord.
Bilan :
J'attends avec impatience la prochaine bande dessinée...
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L’avalanche est passée tout près de l’habitation de Jean-Marc Rochette. Photo Christine CAM
Du même auteur : Ailefroide ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ; Le loup ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ; La dernière reine ♥ ♥ ♥ ♥ (BD)
Présentation de l'éditeur : Les étages éditions : une maison d'édition à retenir, je vous remets ici sa présentation : Maison d'édition de haute altitude Les Étages Éditions s'ancre au coeur du massif des Écrins. Les livres qu'elle publie célèbrent la montagne et les trajectoires humaines et artistiques qu'elle engage. Récits, témoignages, beaux livres, romans graphiques, photographies. Célébrer la montagne sous toutes ses faces et mettre en lumière les trajectoires humaines et artistiques qu'elle engage. Située à 1 600 mètres d'altitude, au coeur du massif des Écrins, notre maison d'édition est un observatoire de haute montagne, un refuge où accueillir des démarches artistiques concentrées sur la nature, les paysages, la façon de les arpenter, de les explorer, d'y vivre tout simplement. Peu de titres, de petites collections qui privilégient la qualité et l'exclusivité. Une construction progressive qui vise le long terme. Un ancrage territorial qui s'impose jusque dans notre collaboration avec la Manufacture d'Histoires Deux-Ponts. Situé à Bresson, cette manufacture fondée en 1935, a reçu le label "Entreprise du Patrimoine vivant" et se caractérise par un savoir-faire d'exception. Notre démarche est avant tout une recherche d'équilibre.
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Au cœur du Cantal, dans la chaleur de l’été 1914, le père de Joseph part à la guerre, lui laissant le soin de s'occuper de sa ferme et de la famille, sa mère et sa grand-mère. Il sera aidé par Léonard, vieux voisin et ami, et devra faire face à Valette, leur voisin aigri. Valette accueille quant à lui Hélène, la femme de son frère et sa fille Anna.
Ce nouvel équilibre est vacillant, et les tensions ne tardent pas à s'exacerber.
Ce que j'ai aimé :
Des pages très lyriques, proches de la prose poétique.
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Ce que j'ai moins aimé :
- Une atmosphère très sombre.
- Les tensions se soldent par des évènements décevants proportionnellement au suspens mis en place.
Bilan :
Une lecture sous tension...
Du même auteur : Grossir le ciel
Présentation de l'éditeur : Le livre de poche
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Ce livre, qui a remporté le Prix Renaudot la même année, est une œuvre singulière dans la carrière de l'auteure belge, puisqu'il s'agit d'un récit largement autobiographique, mais raconté à travers la voix de son père, Patrick Nothomb.
Ce que j'ai aimé :
Comme toujours chez Amélie Nothomb, la fluidité du style est agréable.
Ce que j'ai moins aimé :
J'ai terminé le roman avec le sentiment que je l'aurai oublié dans une heure. J'écris ce billet un mois plus tard, et effectivement, il ne me reste absolument rien de cette lecture !
Bilan :
Vite lu, vite oublié !
Prix Renaudot 2021
Présentation de l'éditeur : Le livre de poche
Du même auteur : Frappe toi le coeur ♥ ♥ ♥ ♥ ; Stupeur et tremblements ♥ ♥ ♥
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Le roman commence de façon incisive avec un échange musclé entre Rebecca, star du cinéma français et Oscar, écrivain en déclin : Oscar a connu Rebecca dans son enfance et en garde un souvenir ébloui. Il la revoit dans Paris, alors que tous deux abordent la cinquantaine, et son commentaire est sans appel : "Pas seulement vieille. Mais épaisse, négligée, la peau dégueulasse, et son personnage de femme sale, bruyante. La débandade", écrit-il sur son compte Instagram. La réponse ne se fait pas attendre : "J'espère que tes enfants crèveront écrasés sous un camion et que tu les regarderas agoniser sans rien pouvoir faire et que leurs yeux gicleront de leurs orbites et que leurs cris de douleur te hanteront chaque soir", lui répond l'actrice. Commence alors une relation épistolaire entre ces deux personnages que tout semble opposer. Rebecca voit sa carrière vaciller tandis que Oscar est confronté à des accusations de harcèlement sexuel. Peu à peu leurs échanges gagne en intensité et un réel dialogue s'instaure. La jeune Zoé, qui prend aussi la parole au milieu de cet échange, accuse Oscar d'avoir voulu la séduire avec trop d'insistance alors qu'elle n'était qu'une jeune attachée de presse.
Le roman plonge profondément dans les questions de genre, de consentement, et d’abus de pouvoir. Despentes, fidèle à son style provocateur, ne recule pas devant les sujets controversés, abordant la complexité des relations entre hommes et femmes à l’ère de #MeToo.
« Imagine qu’à la place des femmes qui sont tuées par des hommes, il s’agisse d’employés tués par leurs patrons. L’opinion publique se raidirait davantage. On se dirait, ça va trop loin. On doit pouvoir aller pointer sans risquer d’être étranglé ou criblé de coups ou abattu par balles. (...) C’est quand tu transposes que tu réalises à quel point le féminicide est bien toléré. Les hommes peuvent te tuer. »
À travers le personnage d’Oscar, le livre examine les conséquences de la cancel culture, ce phénomène social où des figures publiques sont ostracisées pour leurs comportements passés ou présents. Le roman interroge l’efficacité et les effets de cette pratique, en soulignant la violence symbolique et psychologique qu’elle peut engendrer. Il semble difficile de maintenir des relations authentiques dans un monde où tout est médiatisé et jugé publiquement. Les personnages luttent contre ce monde extérieur destructeur et luttent aussi contre eux-mêmes, contre la dépression et la dépendance.
Malgré tout, l’amitié et le pardon rassembleront les solitudes perdues...
Présentation de l'éditeur : Le livre de poche
Du même auteur : Vernon Subutex
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Le roman plonge dans l'univers des "Ironworkers", ces ouvriers du bâtiment qui montent les structures en acier des gratte-ciel, un métier à la fois dangereux et emblématique de la modernité américaine. Michel Moutot s'intéresse particulièrement aux Mohawks, une nation amérindienne, connue pour leur absence de vertige, ce qui les a rendus indispensables sur ces chantiers vertigineux.
Le récit débute au début du XXe siècle, à l'époque où New York commence à s'élever avec des gratte-ciel comme l'Empire State Building, et se poursuit jusqu'aux événements tragiques du 11 septembre 2001, où l'histoire des Ironworkers et des gratte-ciel prend une tournure tragique. John, un jeune Mohawk, quitte sa réserve pour rejoindre l'équipe de son père et de son grand-père sur les chantiers de New York. Il s'illustre par son courage et son habileté, contribuant à la construction des monuments les plus célèbres de la ville. La vie à New York pour ces hommes est faite de hauts et de bas, oscillant entre le vertige des hauteurs et les réalités sociales souvent difficiles. Dans l'après-11 septembre, John, comme beaucoup d'autres Ironworkers, est appelé pour déblayer les débris du World Trade Center, dans un retour poignant sur le lieu où lui et ses ancêtres avaient travaillé.
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"Lunch a top a skyscraper" By Charles Clyde Ebbets - Washington Post, "One of the most iconic photos of American workers is not what it seems", Public Domain
Ciel d'acier est un roman à la fois historique et humain qui rend hommage à une communauté particulière, les Mohawks, et à travers elle, à tous les ouvriers du bâtiment qui ont contribué à façonner l'horizon de New York.
Présentation de l'éditeur : Points