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litterature francaise

Arctique solaire de Sophie VAN DER LINDEN

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Chaque hiver, depuis trente ans, Anna se rend dans les îles Lofoten pour capter les variations de lumière et peindre ces paysages lumineux. Elle laisse ainsi pour un temps son époux, célèbre architecte, appelée par l'attrait pour ces terres arctiques.

Inspirée par l’œuvre d’Anna Boberg (1864-1935), Sophie Van der Linden se glisse dans son intériorité, sonde ses attentes et ses ambitions, ravive ses souvenirs. admiratrice de Monet et amie intime de Sarah Bernardt.

Ce que j'ai aimé :

Sophie Van der Linden redonne vie à cette artiste méconnue et à ses paysages magnifiques que j'ai découvert par la suite avec plaisir !

Ce que j'ai moins aimé :

Toutefois, l'autrice peine à capturer la beauté lumineuse du lieu, les descriptions sont ternies par les considérations de Anna et sur sa culpabilité lancinante à laisser son mari loin d'elle. Quelques passages lyriques rendent hommage à ses hésitations d'artiste, mais le fil de la narration reste laborieux, assez statique sans transcender pour autant son quotidien.

Du même auteur : De terre et de mer ♥ ♥ ♥ ♥ 

Présentation de l'éditeur : Denoël

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Clara lit Proust de Stéphane CARLIER

Publié le par Hélène

♥ ♥

Clara, une jeune coiffeuse, mène une vie ordinaire et routinière jusqu'au jour où elle tombe par hasard sur un exemplaire de "Du côté de chez Swann", le premier volume de la fameuse série de Proust. Au début, la lecture de ce classique de la littérature française semble une tâche ardue et intimidante pour Clara, mais progressivement, elle est absorbée par le monde de Proust. La complexité et la richesse de l'écriture de Proust commencent à influencer sa perception de la vie, des gens autour d'elle et même d'elle-même.

Ce que j'ai aimé :

Il émane de ce récit un charme indéniable, la jeune coiffeuse s'ouvre peu à peu à ce qui l'entoure et sa lecture de Proust densifie son univers. Son côté "feel good / accomplissement de soi" pourra convenir pour une lecture légère de l'été.

Ce que j'ai moins aimé :

- Le style : très basique, je pensais qu'il se perfectionnerait parallèlement à l'apprentissage de Clara, mais il est resté simple, voire simplet, ce qui est tout de même paradoxal pour un roman qui évoque Proust !

- Les personnages restent quelque peu caricaturaux.

- L'histoire m'a fait penser à "Pas son genre " de Philippe Vilain, et les deux univers se sont télescopés durant ma lecture.

Bilan :

Mitigé...

Présentation de l'éditeur : Folio

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S'adapter de Clara DUPONT-MONOD

Publié le par Hélène

« Dira-ton un jour l’agilité que développent ceux que la vie malmène, leur talent à trouver chaque fois un nouvel équilibre, dira-t-on les funambules que sont les éprouvés ? » p 61

Au cœur des Cévennes, une famille se trouve confrontée à la naissance d'un enfant différent, handicapé. Chacun apprend alors à s'adapter et à trouver sa place dans cette famille malmenée par le sort. L'ainé se sent investi d'une mission : « Un jour, un professeur lui demanda ce qu’il souhaitait faire comme métier, il répondit « aîné ». », la cadette oscille entre révolte et compassion, et le plus jeune, qui nait après l'enfant handicapé ne connait la famille qu'à travers ce prisme. La manière dont chacun s'adapte à cette présence singulière révèle beaucoup sur les dynamiques familiales, les ressentis personnels et la résilience humaine.

Ce que j'ai aimé :

A travers une écriture sensible et poétique, l'autrice explore avec délicatesse et profondeur le thème de la différence et met en lumière la capacité de tout un chacun à s'adapter à son environnement, quelques soient les stigmates laissées par le monde extérieur.

Le premier chapitre est profondément délicat, tellement touchant que j'aurais aimé que les autres chapitres soient aussi lyriques.

« L'aîné lui fredonnait des petites chansons. Car il comprit vite que l'ouïe, le seul sens qui fonctionnait, était un outil prodigieux. L'enfant ne pouvait ni voir ni saisir ni parler, mais il pouvait entendre. Par conséquent, l'aîné modula sa voix. Il lui chuchotait les nuances de vert que le paysage déployait sous ses yeux, le vert amande, le vif, le bronze, le tendre, le scintillant, le strié de jaune, le mat. Il froissait des branches de verveine séchée contre son oreille. C'était un bruit cisaillant qu'il contrebalançait par le clapotis d'une bassine d'eau. Parfois il nous déchaussait du mur de la cour pour nous lâcher de quelques centimètres afin que l'enfant perçoive l'impact sourd d'une pierre sur le sol. (…) Il n'avait jamais autant parlé à quelqu'un. le monde était devenu une bulle sonore, changeante, où il était possible de tout traduire par le bruit et la voix. Un visage, une émotion, un passé avaient leur correspondance audible. Ainsi l'aîné racontait ce pays où les arbres poussent sur la pierre, peuplé de sangliers et de rapaces, ce pays qui se cabre et reprend ses droits chaque fois qu'un muret, un potager, un traversier étaient construits, imposant sa pente naturelle, sa végétation, ses animaux, exigeant par-dessus tout une humilité de l'homme. « C'est ton pays, disait-il, il faut que tu l'écoutes. » »

Ce que j'ai moins aimé :

La poésie du premier chapitre s'efface peu à peu avec la cadette révoltée, les tonalités changent.

Bilan :

Un très beau texte profondément touchant !

"De l'autre on ne retient que ses efforts. Le résultat peut être imparfait ou non, il reste secondaire. Seuls compteront les efforts. Tu vois, les parents de Sandro se sont séparés quand il était enfant. Son père était pauvre. Il vivait dans une seule pièce. Mais Sandro se souvient du paravent déniché on ne sait où, du lit fabriqué avec de la mousse et des cagette, des efforts du père pour fabriquer un petit coin uniquement pour son fils. Ces efforts-là valaient mieux qu'un père absent qui laisse du caviar dans le frigo."

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

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Dernier arrêt avant l'automne de René FREGNI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Le narrateur accepte l'offre que son ami libraire lui présente : s'occuper d'un monastère inhabité déserté, payé grassement par son riche propriétaire. Le monastère Ségriès, qui veut dire sacré ou secret, est situé dans un village reculé des Alpes de Haute Provence, niché au cœur des collines, et dans un premier temps, le narrateur voit là l'occasion rêvée pour se lancer dans la rédaction de son nouveau roman. Mais l'inspiration tarde à venir, il se laisse porter par le temps, rencontre un petit chat qu'il adopte et qui devient vite le symbole d'une vie oisive, en paix avec les autres et avec lui-même.

Mais un jour, il fait une découverte surprenante et sa tranquillité vacille !

"Rien n'est plus magique que l'écriture, elle va chercher des débris de vie dans des replis secrets de nous-mêmes qui n'existaient pas cinq minutes plus tôt. ON croit avoir tout oublié, on allume une lampe, on se penche sur un cahier et la vie entière traverse votre ventre, coule de votre bras, de votre poignet dans ce petit rond e lumière, un soir d'automne, dans n'importe quel coin perdu de l'univers."

Un charme indéniable émane de ce court récit qui se plait à profiter des jours qui filent, puis à nous effrayer, pour finir par nous toucher !

Présentation de l'éditeur : Folio

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Le muguet rouge de Christian BOBIN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

J'ai retrouvé certains aphorismes qui font le charme indéfinissable de Christian Bobin.

"Le seul fait de vivre, d'être jeté au monde comme on est jeté aux chiens, nous crée un devoir envers ceux qui nous ont précédés sur ce chemin, sous cette charmille, dans ce cyclone. Les morts nous ont menés, siècle après siècle, au rivage de la vie. Nous leur devons bien un peu de lumière. Etre dignes d'eux, ne pas abîmer ce qu'ils n'ont plus. Nous avons le devoir d'enchanter le bout de tissu que nos doigts de nouveau venu serraient au fond du berceau. ce tissu est la vie entière, légère, froissable." p 41

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai eu l'impression de lire des poèmes surréalistes, très oniriques, je ne comprenais pas, sans réussir pour autant à me laisser emporter par les mots et les sons.

Bobin nous parle de Descartes et de ses animaux machines, de Pascal, de Novalis et, ne possédant pas les clés philosophiques, une partie du texte m'a échappé.

Il s'agit d'un opus assez sombre où il est question de la mort, des technologies qui étouffent nos vies, des destins avortés.

Bilan :

Je vous conseille davantage ses textes précédents.

 

Goncourt de la poésie - prix spécial 2023

Présentation de l'éditeur : Folio 

Du même auteur : Les ruines du ciel  ♥ ♥ ♥ ; La part manquante ♥ ♥ ; L’homme-joie ♥ ♥ ♥ ;  Eloge du rien ♥ ♥ ♥ ; La dame blanche ♥ ♥ ♥ ; La grande vie ♥ ♥ ; L'épuisement  ♥ ♥ ♥ ♥ ; L'inespérée ♥ ♥ ♥ ; Le plâtrier siffleur ♥ ♥ ♥ ♥

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Roman fleuve de Philibert HUMM

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Philibert Humm, dans la lignée de Jerome K. Jerome et de son Trois hommes dans un bateau, entreprend avec deux amis, Pierre Adrian et François Waquet, la descente de la Seine, de Paris à l’océan.

Il raconte ici son aventure décalée. En ces pages vous trouverez :

Un pitch accrocheur : "Ce périple, les trois jeunes gens l’ont entrepris au mépris du danger, au péril de leur vie, et malgré les supplications de leurs fiancées respectives. Ils l’ont fait pour le rayonnement de la France, le progrès de la science et aussi un peu pour passer le temps.
Il en résulte un roman d’aventure avec de l’action à l’intérieur et aussi des temps calmes et du passé simple. Ceci est une expérience de lecture immersive. Hormis deux ou trois passages inquiétants, le suspense y est supportable et l’œuvre reste accessible au public poitrinaire. A noter la présence de nombreux adverbes.
L’éditeur ne saurait être tenu responsable des mauvaises idées que ce livre ne manquera pas d’instiller dans le cerveau vicié des nouvelles générations gavées d’écran et pourries à la moelle."

Une bande son tonitruante : les voyageurs sont branchés sur "autoroute fm"

Des citations de qualité "Comme le dit avec justesse Martine dans Martine prend le train : "Ah, qu'on aimerait vivre avec les gens de ce pays"." p 231

Des blagues d'intellectuels : Sylvain Tesson qui leur conseille d'appeler leur bateau "Orphée" (pour ceux -non intellos- qui n'auraient pas compris : Orphée, comme les canoës parfois, se retourne), Foin d'intellect, les aventuriers baptiseront d'ailleurs leur canoë "bateau" simple et efficace et accessible à tous !

Des pages pour se cultiver : par exemple des informations ô combien passionnantes relatives au débit de la Seine

De la psychologie digne de Freud sur les angoisses des mères : celle de Philippe lui dit avant son départ "Je te préviens, conosaure, si tu te noies tu vas m'entendre"

Des figures de style de pointe : "cuite mémorable" (un oxymore)

Des envolées lyriques " La mer. Quand je la vis, il me semble que mes poumons s'ouvraient enfin. Ah de l'air !"

Bref, un roman qui peut ouvrir la voie à des vocations d'aventurier professionnel ! A conseiller à vos ados rivés dans leur chambre qui ânonnent ce refrain sans fin "J'ai la fleemmme" !

Prix Interallié (2022)

Présentation de l'éditeur : Editions des Equateurs ; Folio

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Les misérables de Victor HUGO

Publié le par Hélène

♥ ♥

"- Mes amis, retenez ceci, il n'y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n'y a que de mauvais cultivateurs." p. 212

Tome 1 : Fantine

Ce premier tome narre le destin de Fantine, séduite et quittée brutalement alors qu'elle est enceinte et contrainte de laisser sa fille Cosette en pension chez les Thénardier, un couple sans scrupules qui n'hésite pas à plonger la jeune Cosette dans une misère encore plus profonde que celle à laquelle est acculée sa mère.

Nous croisons pour la première fois des personnages marquants comme Monseigneur Myriel, qui sauve Jean Valjean ancien bagnard poursuivi par le redoutable Javert, être sans coeur appliquant une justice implacable.

Hugo peint ici les tourments de l'âme humaine, ses hésitations tremblotantes, dans des pages lyriques, miroirs de l'âme humaine. Ses personnages sont des êtres presque divins par la justesse des choix qu'ils effectuent.

"Les préjugés, voilà les voleurs ; les vices, voilà les meurtriers. Les grands dangers sont au dedans de nous. Qu'importe ce qui menace notre tête ou notre bourse ! Ne songeons qu'à ce qui menace notre âme." p. 37

"Il y a un spectacle plus grand que la mer, c'est le ciel ; il y a un spectacle plus grand que le ciel, c'est l'intérieur de l'âme." p. 282peint

Tome 2 : Cosette

Les premiers chapitres consacrés à la bataille de Waterloo sont très longs ! Ensuite Jean Valjean prend sous son aile la jeune Cosette et se met à l'abri du redoutable Javert.

Le tome est enrichi de réflexions sur les couvents et le monachisme vu comme un fléau "Claustration, castration. Il a été fléau en Europe. Ajoutez à cela la violence si souvent faite à la conscience, les vocations forcées, la féodalité s'appuyant au cloître, l'aînesse versant dans le monachisme le trop-plein de la famille, les férocités dont nous venons de parler, les in-pace, les bouches closes, les cerveaux mirés, tant d'intelligences infortunées mises au cachot des voeux éternels, la prise d'habit, enterrement des âmes toutes vives." p.277

"Ecraser les fanatismes et vénérer l'infini, telle est la loi. Ne nous bornons pas à nous prosterner sous l'arbre Création, et à contempler ses immenses branchages pleins d'astres. Nous avons un devoir : travailler à l'âme humaine, défendre le mystère contre le miracle, adorer l'incompréhensible et rejeter l'absurde, n'admettre, en fait d'inexplicable, que le nécessaire, assainir la croyance, ôter les superstitions de dessus la religion ; écheniller Dieu." p. 283

Il s'agit d'un tome touchant sur Cosette, mais avec beaucoup de longueurs...

A ce stade, j'avoue avoir abandonné la version intégrale alors qu'il me restait encore 3 tomes :

Tome 3 : Marius

Tome 4 : L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis

Tome 5 : Jean Valjean

L'édition comporte 1338 pages et pèse près de 1kg ce qui n'est pas évident pour la lecture... J'ai repris en version abrégée avec cette édition adaptée aux collégiens :

J'ai beaucoup aimé cette édition que je ne connaissais pas, elle est superbement illustrée, agrémentée des dossiers habituels des éditions scolaires, avec en plus une possibilité d'écouter l’œuvre lue par un comédien, ou encore de visionner des extraits vidéo sur Internet.

Bilan :

Une œuvre incontournable, un magnifique plaidoyer pour la justice sociale, centré sur cet être condamné à tort et qui bénéficie d'une seconde chance rédemptrice.

Présentation de l'éditeur : Déclic ; Folio

Du même auteur : Le dernier jour d'un condamné ♥  ; Lucrèce Borgia ♥  ♥ (Théâtre) ; Ruy Blas ♥  ♥ (Théâtre) ; Hernani ♥ ♥  ♥ (Théâtre)

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Rendez-vous à la Porte Dorée de Agathe RUGA

Publié le par Hélène

 

"La vie d'adulte n'est rien d'autre que l'art du compromis"

Dans le roman précédent, L'homme que je ne devais pas aimer , la narratrice plaquait tout pour vivre une relation intense avec un homme croisé dans un bar. Dans "Rendez-vous à la porte Dorée" vient l'heure des désillusions, alors qu'elle reçoit des mails de lectrices enthousiasmées par son témoignage, elle avoue être tentée de leur répondre "Mais restez avec votre mari et mentez-lui". Anne/Agathe regrette, elle se rend compte qu"elle aime encore celui qu'elle a laissé derrière elle et que le nouveau est bien plus excitant sur le papier de ses romans qu'en réalité. Alors une nouvelle fois elle envoie tout valser et se heurte brutalement alors à la solitude de jours dépourvus de sens.

"Je ne crois plus en l'amour. Je crois beaucoup au désir, au narcissisme, à l'obsession pathologique, au transfert, à l'adoration. Je crois aussi  à l'amitié, à l'attachement, à l'admiration. Je crois aux habitudes, au capital retraite, à l a peur de la solitude. Je crois aux convenances et au statut social. Je crois à l'idée de l'amour mais l'amour entre deux êtres, non, je n'y crois plus."

Ce que j'ai aimé :

Certes le roman est touchant par sa sincérité, par cette capacité de l'autrice à se mettre à nu, puisque derrière le portrait de Anne, se profile une femme qui perd de sa superbe. Elle se plait à déconstruire l'image parfaite de la femme libérée qui plaque tout pour vivre intensément entre glamour et paillettes, pour livrer dans ses romans l'envers du décor, toutes les errances cachées derrière la perfection apparente d'une vie.

Ce que j'ai moins aimé :

Comme le personnage principal, j'avais placé trop d'espoir dans cette nouvelle aventure, les éloges hyperboliques pleuvaient sur Instagram, et je me suis laissée abuser par les sirènes des réseaux sociaux, ô combien souvent trompeuses et falsifiées. J'aurais aimé que cette transparence propre à l'autofiction soit davantage transcendée.

Bilan :

L'autofiction est un genre bien particulier qui oscille sur un équilibre précaire et peut-être est-il temps pour l'autrice, non dénuée de talent, de basculer vers la fiction pour davantage s'épanouir ?  

Présentation de l'éditeur : Flammarion

Du même auteur : L'homme que je ne devais pas aimer

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La forêt aux violons de Cyril GELY

Publié le par Hélène

♥ ♥

"C’est un monde, répondit Antonio. Un monde avec deux petites fenêtres en forme de f. Et qu’y a-t-il à l’intérieur? De la musique, divine. Entendre un violon c’est entendre Dieu. C'est entendre l'Univers. L'inaccessible. Comme si le monde d'ici nous transportait vers un monde inconnu."

Dans l’Italie du XVIIe siècle, Antonio, jeune luthier de Crémone, entreprend cinq voyages dans la région des « Montagnes roses » dans le but d’acheter du bois pour ses violons. Il cherche à fabriquer le violon parfait et pense que la qualité du bois est essentielle. Mais cela ne suffit pas : "Tant que tu ne sauras pas pourquoi tu fabriques des violons, aucun son n'en sortira." lui dira en effet son maitre. Puis là-bas, au lever du soleil, il croise une jeune fille qui lui inspirera le plus magnifique des instruments et donnera enfin un sens à sa quête du violon parfait.

Le parc naturel Paneveggio "la forêt aux violons"- Michela Modena @radio france

Si le roman célèbre l'art, il met aussi en lumière le travail insatiable qui précède la création, la recherche acharnée du juste matériau ou encore de la forme adéquate. L’œuvre ultime sera un subtil accord entre l'âme de son créateur, le travail fourni et la muse au caractère magique qui l'aura inspirée !

La composition du recueil est tout aussi musicale que son style porté par la douceur mélodique des chapitres courts. L'ouvrage est découpé en 71 petits chapitres, 71 étant également le nombre d'éléments dont est constitué un violon.

L'harmonie qui émane de ces pages résonne longuement en nous...

Présentation de l'éditeur : Points

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Un chien à ma table de Claudie HUNZINGER

Publié le par Hélène

♥ ♥

Sophie, romancière vit avec son compagnon Grieg au cœur de la forêt des Vosges, proches de la nature, ils se nourrissent de leur attachement au monde naturel, loin de la tourmente de la vie pervertie. Dans une ancienne bergerie bien-nommée « Les bois-bannis » ils sont à une heure de marche de tout site habité et se fabriquent ainsi un monde préservé cernés seulement de leurs livres.
« Et moi, je voulais encore une fois gouter au plaisir infini de déguerpir. Déguerpir, c'est ma base de romancière. de livre en livre, je me suis accrochée au déguerpir comme à la queue d'un renard. »

Tous deux vieillissent, tentent de trouver encore un sens dans leur vie. Un soir, une jeune chienne surgit à leur porte, marquée par des maltraitances humaines et cet évènement bouleverse leur quotidien.

"Ce qui m'a permis de comprendre qu'on n'est pas emmuré dans notre espèce, une espèce séparée des autres espèces, différente mais pas séparée, et que faire partie des humains n'est qu'une façon très restreinte d'être au monde. Qu'on est plus vaste que ça."
 
Ce que j'ai moins aimé :

Le rythme est très lent, statique et le roman est plus de l'ordre de l'essai sur la nature, voire d'une  autobiographie qu'une fiction à proprement dite.

Bilan :

La relation entre l'homme et le chien est l'occasion de réfléchir à nouveau au rapport à la nature saccagée, pour mieux trouver sa place dans ce monde en détresse et espérer retrouver, paradoxalement, notre humanité.

Présentation de l'éditeur : J'ai Lu

Du même auteur : La survivance  ♥ ♥ ♥ 

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