Le liseur de Bernhard SCHLINK

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Le jeune Michaël fait la connaissance de Hanna alors qu'il n'a que quinze ans. Il est fasciné par cette femme plus âgée qui lui ouvre rapidement l'espace de ses bras. Durant six mois, ils vivent une relation harmonieuse, relation cimentée par la lecture à haute voix que le jeune Michaël fait tous les jours. Puis Hanna disparaît du jour au lendemain. 

Sept ans plus tard, Michaël étudiant en droit assiste au procés de cinq criminelles gardiennes de camps de concentration. Parmi elles, Hanna. Il suit alors jour après jour les avancées du procés en tentant de comprendre la femme qu'il a aimée, et en s'interrogeant sur les dérives de son époque qui l'ont menée sur le banc des accusés. Né après guerre le jeune Michaël adopte un point de vue unique sur la Shoah, porté par ce qui fut son grand amour pour Hanna, il analyse sa honte avec recul et intelligence.

"Quelque consistance que puisse avoir, ou ne pas avoir, moralement et juridiquement, la culpabilité collective, pour  ma génération d'étudiants ce fut  une réalité vécue.Elle ne concernait pas uniquement ce qui s'était passé sous le Troisième Reich. Que des tombes juives soient barbouillées de croix gammées, que tant d'anciens nazis fassent carrière dans les tribunaux, l'administration et les universités, que la République fédérale ne reconnaisse pas l'Etat d'Israël, que l'émigration et la résistance tiennent moins de place dans les livres que la collaboration  et la soumission : tout cela nous remplissait de honte, même quand nous pouvions montrer du doigt les coupables." p. 190

Le rapport entre comprendre et juger s'avère ténu,  la peur d'avoir honte d'être jugé plaçant chacun face à ses responsabilités. En cela, Hanna demeure un personnage relativement énigmatique, ne faisant preuve d'aucun remords, comme si elle ne comprenait pas ce qu'elle a accompli. Ainsi, l'importance des mots, de la littérature, de la connaissance rédemptrice qu'ils apportent est au centre du roman, ces mots qui auraient pu la sauver, ces mots qui, peut-être pourront encore l'aider, si ce n'est pas trop tard...

Un très gros succés pour ce roman traduit en 39 langues et inclus aux programmes scolaires de littérature de la Shoah.

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai trouvé l'ensemble assez froid. 

Présentation de l'éditeur :

Folio 

Vous aimerez aussi :

Le film

D'autres avis :

Lu dans le cadre du Blogoclub : les avis de Sylire-  Titine - Lisa - Claudia lucia

 

 

Le liseur, Bernhard Schlink, traduit de l'allemand par Bernard Lortholary, Folio, 1999, 256 p., 7.50 euros

Publié dans Littérature Europe

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Commenter cet article

Nadael 23/06/2015 10:57

On retrouve cette froideur dont tu parles - de la part D' Hanna - dans le film. Je n'ai pas lu le roman...

Hélène 23/06/2015 12:43

Je n'ai pas accroché !

Yv 04/06/2015 17:45

J'avais beaucoup aimé lorsque je l'avais lu, et si froideur il y a elle colle aux personnages et notamment à cette femme jugée dure et qui ne se dévoile pas aisément. A noter que c'est un des rares films que j'ai trouvé aussi bon que le roman

Hélène 05/06/2015 08:06

Je ne sais pas si j'ai envie de voir le film de fait...

claudialucia 02/06/2015 22:12

Tu as vu que ce livre m'avait touchée; certes l'écriture est sobre, mais à mon avis elle n'est pas plate et sans relief comme le juge Zarline, plutôt analytique, introspective. C'est un personnage qui cherche à comprendre, qui écrit sur une génération, celle d'après guerre, sacrifiée, tourmentée. Mais sous cette analyse, j'ai ressenti la souffrance, la tristesse d'une vie gâchée, la nostalgie de quelqu'un qui vit sa vie en étranger à lui-même... Le personnage échoue dans son effort pour conserver la maîtrise de ses sentiments, pour tenir à distance son histoire personnelle douloureuse aussi bien envers son père que sa maîtresse, mais aussi avec l'horrible passé de son pays ... et en plus, oui, il est trop tard pour lui, les mots qu'il met sur son histoire n'ont pu le sauver il n'y a pas eu de catharsis par l'écriture! et je trouve cela terrifiant donc je n 'ai pu le juger froid! Tu te rends compte le constat d'échec de cet homme! Nous sommes tous différents dans notre façon de recevoir une lecture! Merci d'avoir mis un lien vers mon blog.

Hélène 03/06/2015 08:07

Ce n'est pas tellement le narrateur que j'ai trouvé froid, effectivement c'est peut-être le plus impliqué de l'histoire, ce serait plus Hanna, et tous les gens qui gravitent autour d'eux.

Valérie 02/06/2015 20:11

Je suis d'accord avec toi pour l'impression de froideur.

Hélène 02/06/2015 20:35

cela m'a gênée...

zarline 02/06/2015 14:50

Je suis assez d'accord avec Florence. Le côté froid reflète pour moi la distance que Michaël essaie de mettre avec cette histoire douloureuse. Par contre, l'écriture un peu plate et sans relief est plus gênante... Dommage!

Hélène 02/06/2015 20:37

oui dommage !

sylire 02/06/2015 07:16

Ta réflexion sur les mots est intéressante. Je n'ai pas trouvé l'ensemble froid mais c'est vrai que l'auteur se garde de juger et de prendre partie d'où l'impression de distance, je crois.

Hélène 02/06/2015 07:55

effectivement cette distance m'a gênée..

Ariane 01/06/2015 17:38

Il est sur ma liste depuis un moment mais je ne trouve jamais le bon moment pour le lire.

Hélène 01/06/2015 19:28

Tu as le temps !

dasola 01/06/2015 16:55

Bonjour Hélène, je ne me rappelle pas d'un roman froid quand je l'ai lu à sa parution. J'avais surtout trouvé courageux pour un écrivain allemand de traiter un tel sujet. Sinon, le film m'a paru en deça du roman mais Kate Winslet et surtout David Cross sont bien. Bonne après-midi.

Hélène 01/06/2015 19:28

Je regarderai peut-être le film !

Ellettres 01/06/2015 15:24

J'ai lu moi aussi ce livre dans le cadre du blogoclub ^^ et j'aime beaucoup la façon dont tu en parles. C'est vrai qu'Hanna reste assez énigmatique. J'ai trouvé que la 2e partie (à partir du procès) était plutôt pesante et même un peu bâclée. Mais l'histoire reste quand même très originale.

Hélène 01/06/2015 19:29

Je suis heureuse de voir un avis plus mitigé...

Alex-Mot-à-Mots 01/06/2015 14:21

Et pourtant, le film est magnifique.

Hélène 01/06/2015 19:30

Je n'en doute pas !

Aifelle 01/06/2015 13:14

Je l'ai lu il y a longtemps et j'avais aimé. Assez froid, c'est possible, dans mon souvenir c'est raconté avec une certaine distance et puis c'est difficile d'avoir de la sympathie pour la dame ...

Hélène 01/06/2015 19:30

effectivement !

gambadou 01/06/2015 11:44

J'avais bien aimé, mais il ne m'a pas laissé un souvenir impérissable

Hélène 01/06/2015 12:50

Ah ! à toi non plus...

Florence 01/06/2015 11:10

Oui, c'est vrai que l'écriture peut paraître assez froide. Pour moi, elle est plutôt neutre, distanciée. Cela ne m'a pas gênée, d'autant qu'elle est très fluide, comme tu le dis. Mais c'est vrai que du coup, on se focalise plus peut-être sur la réflexion, au détriment des émotions, très peu apparentes...

Hélène 01/06/2015 11:11

C'est souvent ce qui me dérange dans la littérature allemande d'ailleurs...

clara 01/06/2015 10:27

Grand Fifille l'avait lu en Troisième ( en français) et elle avait aimé.

Hélène 01/06/2015 10:45

En troisième, eh bien ! cela me semble difficile non ?

Electra 01/06/2015 10:10

J'avais vu le film à sa sortie et j'avais beaucoup aimé mais il se focalisait plus sur l'histoire d'amour entre ces deux être que le jugement de cette femme sur son passé de tortionnaires. On m'a toujours conseillé de lire le livre mais ton avis me pousse à repousser l'échéance !

Hélène 01/06/2015 10:15

Je l'ai trouvé assez frois. Je l'ai lu avec plaisir car l'écriture est fluide mais il ne m'a pas marqué !