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litterature asie

Tant qu'il y aura des cèdres de Pierre JARAWAN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Un proverbe dit "Si quelqu'un croit avoir compris le Liban, c'est qu'on le lui a mal expliqué."

Les parents de Samir le narrateur ont fui le Liban et se sont réfugiés en Allemagne où ils vivent heureux entourés de leurs amis. Mais un beau jour Brahim, le père si gai et heureux de vivre de Samir change, il devient distant, triste et finit par disparaitre sans laisser de traces, laissant sa famille désemparée. Samir n'a que huit ans et ce drame le marquera à jamais.

Des années plus tard, alors qu'il doit se marier, il comprend qu'il ne pourra lui-même fonder une famille s'il ignore ce qui s'est passé. Il se rend donc à Beyrouth, sur les traces de son père. Guidé par les contes que lui racontait son père le soir, il relève les indices et tente de reconstituer le destin de son père.

Ce que j'ai aimé :

L'enquête s'efface peu à peu pour laisser place à une nonchalance, reflet de l'état d'esprit du narrateur, en quête d'identité après cette perte irrémédiable tout autant qu'inexplicable. L'atmosphère bercée par les contes orientaux se voile alors de mélancolie et les rencontres prennent alors un autre sens...

Ce que j'ai moins aimé :

- L'histoire politique du pays est complexe et les subtilités sont difficiles à comprendre.

- Le rythme est relativement lent durant cette quête.

Bilan :

Un beau roman sur la quête des origines.

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Publié dans Littérature Asie

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Les murs et autres histoires (d'amour) de Vaikom Muhammad BASHEER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

La première nouvelle de ce petit recueil indien donne tout de suite le ton : décalé, léger, même si le narrateur est un homme emprisonné. Ce dernier parvient à se recréer un petit monde somme tout assez douillet entre les murs de sa prison, cultivant des roses et tombant amoureux d'une femme dont le parfum l'a enivré mais qu'il n'a jamais vu, un mur les séparant.

Toutes les nouvelles concernent l'amour et ses affres, qu'il s'agisse de L'anneau d'or, de La lettre d'amour avec un chassé croisé amoureux, ou d'histoires plus fantastiques comme Cherchez le diable ou La lumière bleue.

Un charme certain se dégage de ces pages drôles et tendres à la fois.

 

Présentation de l'éditeur : Zulma

Publié dans Littérature Asie

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Singapour Millionnaire de Kevin KWAN

Publié le par Hélène

Au préalable il faut préciser que je ne lis que rarement de la chick-lit, mais cette fois-ci je souhaitais découvrir un roman se passant à Singapour, et comme Babelio, lors de mes recherches, m'a proposé celui ci, je me suis laissée tenter. Je n'ai donc pas de critères de comparaison.

L'intrigue est simple : Rachel et Nick file le parfait amour quand Nick propose à sa belle de passer les vacances en famille à Singapour pour assister au mariage de son meilleur ami. La jeune femme accepte sans se douter que la famille de Nick est l'une des plus riches du pays et que le mariage en question a tout d'un mariage princier attendu par toute la jet-set. Rachel se retrouve alors propulsée dans un univers de paillettes, avec jets privés, robes coutant des millions, voitures de sport, maison ressemblant à de véritables palais. Si elle peine à s'adapter à ce nouvel aspect de Nick, sa belle-mère et d'autres jeunes femmes jalouses risquent d'achever de la désarçonner !

La quatrième de couverture prévoyait "Un Orgueil et préjugés sauce satay", inutile de dire que nous sommes bien loin de la psychologie fine et de l'univers feutré et subtile de Jane Austen. Nous sommes plus du côté de Dynastie que de la grande Jane.

"Elle resta immobile dans le véhicule, toutes vitres fermées . L'air devenait de plus en plus étouffant. Elle sentit son cœur s'accélérer. Elle venait d'acheter une bague en diamant de trois cent cinquante mille dollars qu'elle n'aimait pas vraiment , un bracelet à vingt-huit mille dollars qui lui plaisait assez , et des boucles d'oreilles à sept cent quatre -vingt- quatre mille dollars qui lui donnait l'air de Pocahontas. Pour la première fois depuis plusieurs semaines, elle se sentit toute gaie. "

Alors oui l'ensemble est ironique et soit-disant caustique, l'intrigue prouvant que tous, pauvres ou riches, ont les mêmes problèmes de couple ou d'éducation, que dans tous les milieux se rencontrent des pestes et des personnes bienveillantes et que toute famille peut avoir ses cruautés, les familles ici ne jurant que par l'ascendance, mais tout cela ne semble que prétexte pour se délecter des listes interminables de marques de modes ou de lieux branchés à fréquenter.

A la fin, l'auteur a souhaité alourdir son propos de façon artificielle avec le secret révélé de Rachel, comme s'il s'était rendu compte du vide de son propos initial. Un échec !

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Paru initialement sous le titre Crazy Rich à Singapour ou encore Crazy Rich Asians

La suite (que je ne lirai pas, merci bien) se nomme China girl

Publié dans Littérature Asie

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Retour à Brixton Beach de Roma TEARNE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Alice vit au Sri Lanka en 1973. Elle est très proche de son grand-père maternel, Bee. Le climat politique de la région se tend opposant les Tamouls et les Cinghalais. Le père d'Alice, Stanley est justement tamoul alors que sa mère Sita est cinghalaise, ils décident ainsi de quitter le pays pour se rendre en Grande-Bretagne, là où, ils l'espèrent, leurs origines ne seront plus sources de conflit. Leur départ est un déchirement pour Bee et pour Alice qui peine à s'adapter à cette nouvelle vie.
Le couple et Alice se heurtent aux difficultés de l'exil et à cette tendance de reformer loin de chez soi la communauté perdue. La Grande-Bretagne ne sera sans doute pas l'eldorado promis...

Nous suivons ces évolutions à travers le regard de la fillette qui grandit déchirée entre ces deux pays et communautés. Ce regard permet de mettre en avant l'absurdité de ces conflits violents, ainsi que la difficulté de vivre ensemble. Alice reste tournée vers son pays mais contrainte de suivre ses parents, elle tait ses véritables aspirations, qu'elle exprime plutôt dans l'art.

 Ce que j'ai moins aimé :

Des longueurs (sur 624 pages c'est un peu inévitable...)

De nombreux destins se brisent à cause du silence, de cette incapacité à communiquer ses émotions ou sentiments, ou bien du destin contraire inscrit dans les cieux ? Il n'en reste pas moins que la lumière évoquée par l'Alice enfant s'estompe peu à peu pour laisser place à une noirceur déstabilisante.

Bilan :

Un roman néanmoins marquant sur l'histoire peu connue du Sri Lanka.

 

Présentation de l'éditeur : Le Livre de poche

Publié dans Littérature Asie

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Huit monologues de femmes de Barzou ABDOURAZZOQOV

Publié le par Hélène

♥ ♥

Huit femmes prennent tour à tour la parole pour raconter leur histoire. Elles vivent au Tadjikistan et témoignent de leur quotidien souvent violent, de la perte des repères traditionnels malmenés par la modernité, et des relations complexes avec leurs congénères masculins.

Elles apprennent aussi à croire en elles-mêmes, quoi qu'il arrive, à ne pas baisser les bras et à ne pas perdre de vue l'espérance. Elles tentent de prendre en mains leur destin pour éviter aussi que les hommes ne se laissent conquérir par des jeunes filles à peine sorties de l'adolescence :

« Creusez-vous un peu la tête, un peu de fantaisie que diable, rajustez-vous. Et n’ayez peur de rien. Croyez en vous. Vous conquerrez le monde. Et alors on verra qui aura la peau de qui… »

Mises en  avant, elles subissent la violence des hommes mais elles sont aussi capables de sagesse :

"Le secret, c'est en toi qu'il est.
Dans la conscience que tu as de ce que tu es, même si ce n'est pas grand-chose, mais ça, eh bien c'est unique.
Dans le fait de comprendre que la vie, elle n'a qu'une marche en avant, qu'on ne peut pas revenir en arrière pour corriger ce qui s'est passé, qu'on ne peut pas dire un jour : "Excusez-moi, je n'avais pas compris, est-ce qu'on ne pourrait pas tout recommencer ?"
Le secret, il est là : quoi qu'il t'arrive, même si le destin s'est joué de toi, et quoi qu'en pensent les gens - crois en toi, et tout ira bien ! "

Ce que j'ai moins aimé :

Pas assez percutant à mon goût, d'ailleurs les portraits pourraient aussi être ceux d'une femme d'un autre pays.

 

Présentation de l'éditeur : Zulma

Publié dans Littérature Asie

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Moi, mon chat et le plaisir des jours de LAOSHU

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Laoshu, ou « Vieil Arbre » en chinois, de son vrai nom Liu Shuyong, représente la Chine d’aujourd’hui, à la fois dans la tradition et dans le XXIe siècle. Il est professeur à l’Institut des médias et de la culture de Pékin et critique d’art réputé, et poste sur son blog, chaque jour depuis 2011, une peinture accompagnée d’un poème.

Son personnage traverse les saisons en voyageur solitaire qui se plait à flâner en laissant le temps l'envahir. Il s'endort, des fleurs de pruniers dans les bras, disparait parmi les roseaux en fleurs, s'allonge sous un arbre en automne pour gouter à l'oisiveté, réceptif à ce que la nature a à lui offrir. Il s''émerveille d'un détail parce que, simplement, il prend le temps de s'arrêter pour contempler le monde.

Cet album est indispensable pour se recentrer en ces temps tourmentés, et parfait pour commencer cette nouvelle année chinoise sous de bons auspices...

 

Retrouvez des extraits ici  : Editions Picquier

Présentation de l'éditeur : Editions Picquier

Du même auteur :  Un monde simple et tranquille

Retrouvez cet album dans votre librairie la plus proche

Publié dans Littérature Asie

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Confessions d'un masque de Yukio MISHIMA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

« Étant enfant, je lisais tous les contes de fées qui me tombaient sous la main, pourtant, je n’ai jamais eu de goût pour les princesses. Je n’aimais que les princes. »

De l'enfance à l'adolescence, le jeune narrateur prend peu à peu conscience de son attirance pour les hommes : quand il se retourne sur les matelots dans la rue, admire les gravures d'art représentant des hommes, ou le corps d'un de ses camarades de classe, il ne peut nier sa préférence. Pourtant, il se contraint à porter un masque, dans une société japonaise des années 30-40 qui refuse l'homosexualité, il essaie de se persuader que son amour pour la belle Sonoko le rapproche de l'hétérosexualité. « A mes yeux, Sonoko apparaissait comme l’incarnation de mon amour même de la normalité, mon amour des choses de l’esprit, mon amour des choses éternelles. » Mais la scission entre sa chair est son âme est bien présente, s'il dit « Mon âme appartenait à Sonoko. », son corps lui, refuse cette pensée. Arrivera le jour où il faudra regarder la réalité en face et assumer...

D'inspiration autobiographique, ce roman s'interroge sur la norme qu'un adolescent distingue mais dans laquelle il ne peut se fondre.
" Dés le début, la vie m’avait écrasé sous un pesant sentiment du devoir. Bien que je fusse de toute évidence incapable d’accomplir ce devoir, la vie me harcelait, me reprochait ce manquement. »

L'intimité du personnage nous plonge dans cette lente prise de conscience aux étapes douloureuses, mais aussi éclairées par ce sentiment d'être différent, plus sensible, plus apte à capter les errances du monde. Le jeune narrateur fait montre d'une acuité psychologique hors normes. Quand on sait que Mishima a porté un masque toute sa vie en se mariant, en ayant des enfants avec une femme malgré ses attirances homosexuelles, et en se donnant finalement la mort de façon spectaculaire, ce récit revêt alors un aspect glaçant.

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

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La république du bonheur de Ito OGAWA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"Plutôt que de rechercher ce qu'on a perdu, mieux vaut prendre soin de ce qui nous reste."

Hatoko, la jeune femme déjà rencontrée dans La papeterie Tsubaki continue son activité d'écrivain-calligraphe au sein de sa petite papeterie. Elle vient de se marier avec Mitsurô et endosse avec joie le rôle de maman auprès de sa fillette QP. L'éducation de l'enfant lui permet de revenir sur ses propres souvenirs d'enfance, sur sa grand-mère apparemment si dure, sur cette mère disparue qui fera pourtant une apparition surprise ici. Elle se fait peu à peu une place dans sa nouvelle famille, et apprend à cohabiter avec le souvenir de l'épouse défunte de Mitsurô.

Avec délicatesse et sensibilité, Hatoko nous apprend à ouvrir grand les yeux pour profiter de chaque moment de l'existence, qu'il s'agisse d'un repas, source de joie et de partage, d'une promenade en famille, ou encore d'une rencontre avec un client de la papeterie. A travers ce personnage, l'auteur partage la douceur d'une vie centrée sur les petits plaisirs du quotidien, et nous encourage à profiter du bonheur quand il se présente, si ténu soit-il, tant il peut être volatile.

A noter qu'il est préférable de commencer sa lecture par La papeterie Tsubaki pour mieux comprendre les personnages cités.

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

Vous aimerez aussi :  Le restaurant de l’amour retrouvé ♥ ♥ ; Le ruban ♥  ; La papeterie Tsubaki ♥ ♥ ♥ 

 Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

Publié dans Littérature Asie

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Sélection romans indiens

Publié le par Hélène

Ce week-end devait avoir lieu le salon du livre dédié à L'inde. Annulé, rien ne nous empêche de nous plonger malgré tout dans la littérature indienne. Voici mes trois romans préférés :

La colère des aubergines de Bulbul SHARMA 

Un petit livre à s'offrir ou à offrir sans hésiter. Il conjugue des histoires divertissantes et drôles sur les femmes indiennes, et des recettes indiennes savoureuses qui en raviront plus d'un...

  Le tigre blanc de Aravind ADIGA

Un véritable chef d'oeuvre qui nous fait découvrir effectivement l'Inde sous une autre facette, nous entraînant bien loin des clichés de Bollywood... A lire ABSOLUMENT...

L’année des secrets d’Anjana APPACHANA 

 Foisonnant, nous emportant dans l'intimité d'une famille aux secrets bien gardés, L'année des secrets est un roman résolument très prenant.

 

Et vous ? lesquels conseilleriez-vous ?

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Fables de LA FONTAINE illustrées par des maîtres de l'estampe japonaise

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Au XIXème siècle, un éditeur japonais Hasegawa Takejirô fait traduire en plusieurs langues et imprimer sur des papiers japonais de qualité un certain nombre de contes japonais et publie des œuvres appartenant à la langue ordinaire du pays, comme ici pour les Fables.

Les artistes allient les fables à un paysage typique des estampes japonaises : paysages de glycine, de pins et de maisons au toit de paille, guerriers samouraïs, petit temple shintoïste perché sur un promontoire, silhouette enneigée du mont Fuji...  

Les fables choisies sont fidèles à l'esprit de La Fontaine, dénonçant les défauts et excès humains ou critiquant le pouvoir abusif des plus puissants.

 

Ce bel album prouve encore une fois l' universalité de la fable qui se retrouve même dans un paysage étranger.

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

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