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55 articles avec litterature asie

Neh Manzer ou les Neuf-loges

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce recueil de neuf contes est issu du Kharezm, région d'Asie centrale qui se situe aujourd'hui dans les frontières de l'Ouzbékistan. Composé entre le XVème et XVIème siècle et porté à la connaissance des lecteurs français en 1808 grâce à la traduction du baron Daniel Lescallier, haut fonctionnaire au service de l'Empire et "orientalise", il présente neuf histoires orientales merveilleuses. Le prétexte au conte est le même que celui des Mille et une nuits : une condamnation à mort différée de jour en jour grâce à une série de contes. Chirzade est en effet marié à Goulchade mais il se doit de tuer le père de sa femme qui a tué sa propre mère. Chaque fois qu'il se rappelle la vengeance nécessaire qu'il doit accomplir, sa femme Goulchade commence une histoire qui éloigne Chirzade de son objectif.

Des génies, des musiciens des êtres maléfiques qui abusent des liqueurs soporifiques, des déguisements, des coups de foudre, des princesses plus belles que la lune, des serviteurs dévoués, des hommes qui se transforment en perroquet pour abuser des belles princesses, des fées, tout l'imaginaire des contes surgit des brumes de la nuit pour enchanter nos sens et notre imagination. S'ils n'ont pas la force des contes des Mille et Une nuits, ces neuf contes flattent néanmoins nos penchants orientalistes.

 

Présentation de l'éditeur : Libretto

 

Neh Manzer ou les Neuf Loges, contes traduit du persan par Le baron Daniel Lescallier Libretto, janvier 2017, 144 p., 7.70 euros

Publié dans Littérature Asie

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Balzac et la petite tailleuse chinoise de Dai SIJIE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Durant la révolution culturelle chinoise, Luo et le narrateur sont envoyés dans un village rural en rééducation. Leur travail n'est guère attrayant, mais leurs jours sont rapidement éclairés par leur rencontre avec la fille du tailleur d'un village voisin. Luo tombe amoureux de la jeune fille et décide de lancer lui aussi son programme de rééducation mais évidemment inverse à celui du gouvernement : il veut cultiver la petite tailleuse. Ils empruntent des romans censurés au binoclard qui cache des livres rares sous son lit, des livres brulés par Mao sur la place publique.

"Souvent, après minuit, on éteignait la lampe à pétrole dans notre maison sur pilotis, et on s'allongeait chacun sur son lit pour fumer dans le noir. Des titres de livres fusaient de nos bouches, il y avait dans ces noms des mondes inconnus, quelque chose de mystérieux et d'exquis dans la résonance des mots, dans l'ordre des caractères, à la manière de l'encens tibétain, dont il suffisait de prononcer le nom, "Zang Xiang", pour sentir le parfum doux et raffiné, pour voir les bâtons aromatiques se mettre à transpirer, à se couvrir de véritables gouttes de sueur qui, sous le reflet des lampes, ressemblaient à des gouttes d'or liquide."

La lecture leur permet de s'évader loin d'une réalité aliénante à l'avenir avorté.

«Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée, nouée en croix. Nous la débarrassâmes de ses liens, et l'ouvrîmes silencieusement. À l'intérieur, des piles de livres s'illuminèrent sous notre torche électrique ; les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts : à leur tête, se tenait notre vieil ami Balzac, avec cinq ou six romans, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert, Baudelaire, Romain Rolland, Rousseau, Tolstoï, Gogol, Dostoïevski, et quelques Anglais : Dickens, Kipling, Emily Brontë... Quel éblouissement !
Il referma la valise et, posant une main dessus, comme un chrétien prêtant serment, il me déclara :
- Avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde.»

La Petite tailleuse ne sera effectivement plus la même après cette ouverture sur le monde...

Pour la petite anecdote, en 2000, alors que l'auteur Dai Sijie était reçu dans l’émission de télévision littéraire Bouillon de culture7 sur France 2, le présentateur Bernard Pivot ne tarissait pas d'éloges pour ce roman, s'exclamant à la fin de l'émission : « Si vous ne lisez pas Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, alors je ne sers à rien ! »

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Prix littéraires

  • Prix Edmée-de-La Rochefoucauld 2000
  • Prix Relay du roman d'évasion 2000
  • Prix Roland-de-Jouvenel de l'Académie française 2000

 

Balzac et la petite tailleuse chinoise, Dai Sijie, 240 p., Folio, 2001, 7.70 euros

 

Le Nouvel An chinois commence aujourd'hui, pour se terminer le 15/02/2018. Voilà une année du Coq de Feu, car elle est placée sous le signe de l'animal symbolique Coq et de l'élément cosmogonique Feu.

Publié dans Littérature Asie

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Jardin de printemps de Tomoka SHIBASAKI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Tarô loge dans un immeuble voué à la destruction. Un à un ses voisins quittent le lieu. Tarô fait alors la connaissance d'une de ses voisines qui résiste et passe ses heures à observer une maison située dans leur rue, fascinée et aimantée par ce lieu. Elle possède un livre de photographies ayant été prises dans cette maison, et rêve d'entrer dans les lieux pour admirer la décor. 

Dans un style léger, comme aérien, Tomoka Shibasaki évoque une atmosphère douce et frôlant l'inutilité du quotidien. Les êtres s'attachent à des chimères, à des images glacées d'un livre photo dans lequel un couple d'acteur se met en scène. Ils sont comme déconnectés de la réalité, dans une période transitoire, un âge indécis. Des êtres solitaires qui se frôlent.

Ce que j'ai moins aiméJardin de printemps possède le charme discret des romans japonais qui suggèrent plus qu'ils n'assènent... Cette discrétion diffuse peut laisser le lecteur indécis, interloqué par la légèreté de l'histoire et des propos. Un roman qui risque de s'évaporer rapidement de ma mémoire...

 

Présentation de l'éditeur : Picquier 

 

Jardin de printemps, Tomoka Shibasaki, traduit du japonais par Patrick Honnoré, Picquier, 2016, 141 p., 16.50 euros

Publié dans Littérature Asie

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7 années de bonheur de Etgar KERET

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Ce que ça peut être flippant, les attentats terroristes,

dit l'infirmière fluette à sa collègue plus âgée.

Tu veux un chewing?" 

Etgar Keret raconte ici 7 années de sa vie à Tel Aviv entre la naissance de son fils, sa soeur ultra-orthodoxe et ses onze enfants, les chauffeurs de taxi irascibles, ses parents rescapée de l'Holocauste, les tournées littéraires mouvementées, avec toujours en toile de fond, cette peur des bombardements... 

Ainsi avec sa femme ils pratiquent un moment la philosophie du si-je-dois-partir-en-fumée-je-ne-veux-pas-mourir-en-gogo devant l'imminence de l'explosion probable d'une bombe nucléaire sur leur quartier. Ils décident ainsi de ne pas réparer leur plafond délabré puisque la ville va être rayée de la carte prochainement, puis reportent également les travaux de jardinage, "Pourquoi sacrifier inutilement, en les plantant, des violettes, des jeunes citronniers et de jeunes orangers -ce serait du gâchis. Si j'en crois Wiipédia, ils sont particulièrement sensibles aux radiations.",  puis renoncent à faire la vaisselle car ils ne veulent pas mourir en faisant la vaisselle, suppriment le ménage, la sortie des poubelles, font un prêt astronomique à la banque jusqu'à ce que le doute s'installe... Et si les iraniens ne bombardaient pas la ville ???

Vous l'aurez compris, le ton est décalé, l'humour permettant à l'auteur d'affronter cette situation instable quotidienne et d'instiller du bonheur là où le chaos règne. 

"Quelques semaines avant la naissance de notre fils Lev, voilà bientôt quatre ans, deux questions de la plus haute importance philosophique se sont présentées à nous.

La première, va-t-il ressembler à sa maman ou à son papa, a reçu une réponse rapide et sans équivoque à sa naissance : il était beau. Ou, ainsi que le dit ma chère épouse avec beaucoup d'à propos, "La seule chose qu'il ait hérité de toi, ce sont ces longs poils dans le dos."

Quant à la seconde, que-fera-t-il-quand-il-sera-grand, elle nous a tarabustés pendant les trois premières années de sa vie. Son mauvais caractère semblait le destiner à une carrière de chauffeur de taxi ; sa capacité phénoménale à se trouver des excuses le prédisposait plutôt au métier d'avocat ; et l'impérieuse domination qu'il a  constamment exercée sur les autres montrait qu'il pouvait aspirer à occuper un poste élevé au sein d'un quelconque gouvernement totalitaire. Mais depuis quelques mois, le brouillard qui estompait l'avenir rose et replet de notre fils a commencé à se dissiper. Il sera probablement livreur de lait, sans quoi son étonnante aptitude à se réveiller chaque matin à cinq heures trente puis, immanquablement à venir nous réveiller aussi, ne servirait strictement à rien." p. 85

Avec autodérision et un humour incisif revigorant Edgar Keret évoque en filigrane tout au long de ces 7 années de bonheur des questions essentielles et universelles.

"D'ailleurs, on le dit bien : "Ce n'est pas parce qu'on est paranoïaque qu'on n'est pas persécuté." Au cours des vingt ans où j'ai voyagé un peu partout dans le monde, j'ai connu ma part d'actes, de gestes et de paroles antisémites authentiques qu'on ne peut expliquer par aucune erreur de prononciation." p. 41

 

Présentation de l'éditeur : Editions de l'Olivier ; Points

D'autres avis : Babélio

 

 

7 années de bonheur, Etgar Keret, traduit de l'anglais (Israël) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso, Points, 2015, 185 p., 6.50 euros

Publié dans Littérature Asie

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Kabuliwallah de Rabindranath TAGORE

Publié le par Hélène

♥ 

"Petites vies, petits chagrins,

Petites histoires de malheur,

D'une linéarité, d'une banalité radicales ;

Des milliers de larmes versées chaque jour,

Si peu sauvées de l'oubli ;

Pas de description élaborée,

Mais un pauvre récit monotone,

Ni théorie ni philosophie,

Aucune histoire vraiment résolue,

Une fin toujours avortée, 

Laissant le coeur insatisfait.

A jamais inachevées,

Les innombrables histoires du monde :

Boutons arrachés avant maturité, 

Gloire en poussière avant d'avoir été chantée,

L'amour, l'effroi, l'injustice

De milliers de vies obscures."

Rabindranath Tagore

Tagore est surtout connu en France pour ses poèmes et son magnifique Offrande lyrique. Et pourtant ce sont des nouvelles que nous présentent ici l'excellente maison d'édition Zulma, 22 nouvelles qui sont l'occasion de mettre en valeur le talent du prix Nobel de littérature pour capter des instants de vie qui en disent long sur les conditions sociales des Indiens en ce début de siècle. Ces nouvelles se déroulent en Inde, à Calcutta, la ville natale de Tagore, et mettent souvent en scène des femmes, victimes du système et de l'oppression masculine.

Qu'il s'agisse du mariage des petites filles (L'histoire du ghât, l'enfant muette), de l'éducation atrophiée des jeunes filles (Le cahier d'écolier), des difficultés dues à la dot (La dette) ou encore des mariages malheureux, la conclusion des nouvelles est souvent désespérée, mettant en valeur une injustice flagrante. L'innocence des enfants se perd, aliénés par la société et ses codes, la domination devenant exaltante pour certains.  A l'origine de tant de noirceur, l'argent qui vérole bien souvent les rapports humains (L'arbre du chagrin,  Le cerf d'or) mais aussi les errances du coeur humain (Insensé), facilement aveuglé, la raison peinant bien souvent à pénétrer l'esprit, et l'être humain se complaisant dans les "pièges de l'illusion". 

Une série de portraits de "petites vies, petits chagrins" sans consessions dans cette Inde de la fin du XIXème siècle. 

Ce que j'ai moins aimé : un peu répétitif, les nouvelles sont courtes et s'enchaînent, laissant peu de temps au lecteur pour s'imprégner de l'atmosphère et des personnages. 

 

Présentation de l'éditeur : Zulma 

D'autres avis : Yves 

Kabuliwallah, Rabindranath Tagore, Nouvelles traduites du bengali (Inde) et présentées par Bee Formentelli, Zulma, février 2016, 400 p., 22 euros

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Asie

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Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled HOSSEINI

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Dans les années 60, à Kaboul. Amir et Hassan grandissent ensemble. Hassan est le fils du serviteur chiite de la maison et Amir le fils bien aimé, mais les deux garçons ont été élevés côte côte, partageant même la même nourrice. Au fil des années, une complicité particulière s'est créée entre eux, complicité que leurs différences ne semble pas altérer. Et pourtant si le dévouement d'Assan envers Amir est absolu, le jeune homme étant prêt à se sacrifier et à défendre bec et ongles celui qu'il considère comme son ami contre ses ennemis, les sentiments d'Amir sont plus ambivalents. Lors d'une scène marquante, ces sentiments contrastés éclateront et résonneront jusqu'au fond du coeur et de l'âme des deux garçons. 

Plusieurs années plus tard, en 2001, se présentera pour Amir l'occasion de se racheter...

Ce roman foisonnant parcoure plusieurs années de l'histoire de l'Afghanistan, des premières secousses politiques et de l'occupation russe en passant par les luttes raciales, pour finir par  la prise de pouvoir des talibans et le régime sanguinaire qui s'ensuivit. Amir et son père seront contraints d'émigrer aux Etats-Unis, et ce n'est que bien plus tard qu'Amir sera amené à revenir dans Kaboul. 

Le contraste entre deux époques bien dissemblables est prégnant. L'enfance des enfants reste dorée, rythmée par des concours de cerfs volants, des promenades et des lectures pasisonnées. 

"Le ciel bleu s'étalait à l'infini, les habits étendus sur les fils à linge chatoyaient au soleil. En se concentrant on captait même les cris du marchand de fruits qui sillonnait Wazir-Akbar-Khan avec son âne : "Cerises ! Abricots ! Raisins !" Et en fin d'après-midi, on entendait l'azan, l'appel à la prière entonné par le muezzin depuis la mosquée de Shar-e-Nau." 

La violence s'immisce peu à peu dans leur univers, jusqu'à atteindre son paroxysme avec les exactions des talibans, le viol des enfants, les femmes fouettées parce qu'elles mettent des chaussures à talons, lapidées si elles trompent leurs maris, ou encore le massacre des Hazaras. Il n'en reste pas moins qu'Amir est profondément attaché à ses racines afghanes qu'il continue de célébrer en idéalisant son passé. 

Afghanistan © Michel Treillet - DR
Cette image est en vente au profit de l’association
 Afghanistan libre

L'auteur s'attache également à mettre en valeur les contradictions d'un homme rongé par la jalousie et le remords. Amir aurait aimé être au centre de l'univers paternel, mais sa personnailté ne semble pas correspondre à ce que son "Baba" attend de lui. Ces déceptions incessantes créent un gouffre en lui, et même si la rédemption est au bout du chemin, celui-ci ne sera pas simple et harmonieux...

Les cerfs-volants de Kaboul sort en 2003 aux Etats-Unis et bénéficie d'un extraordinaire bouche à oreille. Traduit dans plus de 70 pays, vendu à plus de 15 millions d'exemplaires dans le monde, acclamé par la critique et adapté au cinéma en 2007, ce roman ne tarde pas à devenir un véritable phénomène international. Il paraît en 2005 en France et reçoit ici aussi un beau succés, récompensé par le prix RFI et le grand prix des lectrices de Elle en 2006.

Mes réticences : La dernière partie tire sur le pathos, enchaînant les évènements sombres. Un peu plus de sobriété et de retenue aurait sans doute apporté plus de puissance à l'histoire. 

 

Présentation de l'éditeur : Belfond 

D'autres avis : Tant qu'il y aura des livres ; Sylire 

Sur le même sujet : Syngué Sabour de Atiq Rahimi 

 

Les cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini, traduit par Valérie Bourgeois, 10/18, 2006, 416 p., 8.8 euros

 

Lu dans le cadre d'une lecture commune autour de Hosseini pour Lire le Monde

Kathel ; Sandrine 

Publié dans Littérature Asie

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Les délices de Tokyo de Durian SUKEGAWA

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Sentarô tient une échoppe proposant des dorayaki, une pâtisserie japonaise. Ses clientes sont pincipalement des lycéennes qui l'abreuvent de discussions piaillantes. Le jeune homme semble relativement insensible, travaillant de façon mécanique. Un jour une vieille dame vient lui proposer ses services. Sentarô refuse dans un premier temps mais Tokue sait être persévérante et surtout, elle est douée pour confectionner le an, la pâte d'haricots rouges qui garnit ses dorayaki. Sentarô l'accepte à ses côtés pour cuisiner, mais ayant remarqué que ses mains portent les stigmates d'une maladie, il refuse qu'elle serve ses clients.  

Peu à peu des liens particuliers se nouent entre l'énigmatique Sentarô et la volubile Tokue qui apprend au jeune homme à mettre du coeur dans ce qu'il fait, et à écouter ce que lui racontent les haricots...Les saisons courent, les cerisiers fleurissent puis les fleurs tombent, les secrets se découvrent peu à peu.

http://www.japantours-switzerland.com/

Porté par Tokue, Sentarô vit une véritable renaissance. La vieille dame l'éclaire sur le sens qu'elle donne à sa vie, et l'enjoint à observer le monde qui l'entoure à l'affût du "rayonnement invisible". 

"Je suis convaincue que chaque chose ici-bas est douée de parole. A mon avis, on peut prêter l'oreille à tout, aux passants dans  la rue devant la boutique bien entendu, à tout ce qui est vivant, et même aux rayons du soleil et du vent." p. 158

Marquée par une vie de souffrance, Tokue encourage chaque être humain à devenir une sorte de poète capable d'éclairer le monde. Peu importe la véracité des paroles émanant de la lune, des étoiles, des feuilles ou du vent, y croire suffit à la porter en avant, au-delà des vicissitudes de la vie.

 

Mes réticences : Le style rend l'ensemble un peu simplet au lieu de lui apporter l'aura poétique qu'il mérite, il est en effet très dialogué, avec un vocabulaire familier. Les "bof" et "ça craint" peuvent lasser...

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel 

 

Les délices de Tokyo, Durian Sukegawa, Traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako, Albin Michel, février 2016, 238 p., 17.50 euros

 

Merci à l'éditeur.

 

Ce roman a été porté à l'écran par Naomi Kawase et son adaptation faisait partie de la sélection d'Un certain regard à Cannes en 2015. Une adaptation tout en délicatesse...

 

Publié dans Littérature Asie

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Oreiller d'herbe de SOSEKI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Réédition :

Picquier propose une nouvelle traduction pour ce texte que Soseki appelait son "roman-haïku", édition illustrée de peintures d'une infinie délicatesse, aux couleurs veloutées, chatoyantes, issues d'une édition japonaise de 1926 en trois rouleaux où figuraient le texte entièrement calligraphié et une trentaine de peintures, toutes reproduites ici.

 

Présentation de l'éditeur

Oreiller d’herbe occupe une place privilégiée dans l’œuvre de Sôseki, manifeste poétique et esthétique qui suit le voyage d’un jeune peintre à la montagne, loin des passions et de l’agitation de la cité. Une silhouette féminine aperçue au clair de lune, le murmure d’une chanson, la contemplation de la nature entraînent ce double de l’auteur à approfondir sa méditation sur l’art et la création. 
« Je ne crois pas qu’un tel roman ait déjà existé en Occident. Il ouvrira de nouveaux horizons à la littérature », prédisait Sôseki en l’écrivant.


 Ce que j'en disais

Un peintre se retire dans une auberge de montagne pour peindre et réfléchir sur son art. Il y rencontre une jeune femme Nami, fille du patron des lieux. Son histoire recoupe le destin de la Belle de Nagara, légende de la région  : aimée par deux garçons, elle ne choisit aucun des deux, compose un poème et se noie dans la rivière. Nami quant à elle était aussi aimée de deux garçons, mais "n'a heureusement pas recouru à la solution de la rivière." Elle choisit un des hommes, mais étant malheuruese, le quitte er revient vivre chez ses parents. Elle hante les lieux et est depuis soupçonnée de s'enliser dans la folie. 

Le narrateur est envoûté par la jeune femme et cherche son inspiration dans son chant. Son esprit erre dans des brumes oniriques, entre rêve et réalité, la poésie s'installe au delà du sentiment, provoqué et reconstruit par le poète. 

"Dans un pareil moment, comment retrouver un point de vue poétique ? Eh bien, il suffit de placer devant soi un sentiment,  de reculer de quelques pas et de l'examiner avec calme comme s'il s'agissait de celui d'un autre. Le poète a le devoir de disséquer lui-même son propre cadavre et de rendre publics les résultats de son autopsie." p. 53

Des silhouettes fantômatiques peuplent son monde, telle la belle Ophélie de Millais.

Si la peinture le fascine, le narrateur rédige aussi des haïkus, artiste complet il est happé par le besoin de créer et ressent profondément les affres et doutes de la création artistique. Ses cheminements poétiques empruntent quelquefois des méandres difficiles à suivre pour un lecteur occidental qui doit se laisser bercer par le rythme lancinant de la littérature japonaise pour être touché. 

Bilan : 

Cette réédition enrichit le texte en l'embellissant. 

Chez Picquier 

 

Oreiller d'herbe, ou le voyage poétique, SOSEKI, traduction de Elisabeth Suetsugu, Picquier, ocotbre 2015, 200 p., 23 euros

 

Merci à l'éditeur.

 

Oreiller d'herbe de SOSEKI
Oreiller d'herbe de SOSEKI

Publié dans Littérature Asie

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Oreiller d'herbes de Natsumé SOSEKI

Publié le par Hélène

♥ 

"Un village d'eaux isolé... l'ombre de fleurs par un soir de printemps... un chant à mi-voix au clair de lune... une silhouette dans une nuit de pénombre... ce sont des thèmes de prédilection des artistes." 

Un peintre se retire dans une auberge de montagne pour peindre et réfléchir sur son art. Il y rencontre une jeune femme Nami, fille du patron des lieux. Son histoire recoupe le destin de la Belle de Nagara, légende de la région  : aimée par deux garçons, elle ne choisit aucun des deux, compose un poème et se noie dans la rivière. Nami quant à elle était aussi aimée de deux garçons, mais "n'a heureusement pas recouru à la solution de la rivière." Elle choisit un des hommes, mais étant malheuruese, le quitte er revient vivre chez ses parents. Elle hante les lieux et est depuis soupçonnée de s'enliser dans la folie. 

Le narrateur est envoûté par la jeune femme et cherche son inspiration dans son chant. Son esprit erre dans des brumes oniriques, entre rêve et réalité, la poésie s'installe au delà du sentiment, provoqué et reconstruit par le poète. 

"Dans un pareil moment, comment retrouver un point de vue poétique ? Eh bien, il suffit de placer devant soi un sentiment,  de reculer de quelques pas et de l'examiner avec calme comme s'il s'agissait de celui d'un autre. Le poète a le devoir de disséquer lui-même son propre cadavre et de rendre publics les résultats de son autopsie." p. 53

Des silhouettes fantômatiques peuplent son monde, telle la belle Ophélie de Millais.

Si la peinture le fascine, le narrateur rédige aussi des haïkus, artiste complet il est happé par le besoin de créer et ressent profondément les affres et doutes de la création artistique. Ses cheminements poétiques empruntent quelquefois des méandres difficiles à suivre pour un lecteur occidental qui doit se laisser bercer par le rythme lancinant de la littérature japonaise pour être touché. 

 

D'autres avis chez Babélio 

Présentation de l'éditeur chez Payot et Rivages. 

 

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A bicyclette de SU Tong

Publié le par Hélène

♥ ♥

L'auteur d'Epouses et concubines livre ici ses souvenirs d'enfance dans la ville de Suzhou à la fin de la révolution culturelle. Il évoque sa première bicyclette, son poisson rouge, sa rue et sa marchande de glace, des légendes autour des rivières, le cinéma en plein air, des femmes emblématiques du quartier mais aussi les privations, l'école...

Suzhou  © Zakia Abadane

Par la suite, une réflexion sur l'écriture filtre dans les pages, l'auteur s'interrogeant sur la part autobiographique que met un écrivain dans ses romans.

"Par sa force, la fiction agit comme un filtre sur l'eau contenue dans le verre de la réalité pour en faire un verre d'eau pure. Ce verre d'eau purifiée, l'auteur le tient en main, et dans une certaine mesure, il en fait un élixir magique, qui prolonge indéfiniment la vie de son écriture." p. 120

Puis pour finir il dresse quelques portraits des commerçants du quartier.

Cet ensemble reste assez décousu, les nouvelles sont très courtes, et malheureusement, certaines sont sans grand intérêt. Une petite déception.

 

 

Présentation chez Picquier

D'autres avis mitigés également chez Babélio 

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Asie

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