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litterature asie

Moi, mon chat et le plaisir des jours de LAOSHU

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Laoshu, ou « Vieil Arbre » en chinois, de son vrai nom Liu Shuyong, représente la Chine d’aujourd’hui, à la fois dans la tradition et dans le XXIe siècle. Il est professeur à l’Institut des médias et de la culture de Pékin et critique d’art réputé, et poste sur son blog, chaque jour depuis 2011, une peinture accompagnée d’un poème.

Son personnage traverse les saisons en voyageur solitaire qui se plait à flâner en laissant le temps l'envahir. Il s'endort, des fleurs de pruniers dans les bras, disparait parmi les roseaux en fleurs, s'allonge sous un arbre en automne pour gouter à l'oisiveté, réceptif à ce que la nature a à lui offrir. Il s''émerveille d'un détail parce que, simplement, il prend le temps de s'arrêter pour contempler le monde.

Cet album est indispensable pour se recentrer en ces temps tourmentés, et parfait pour commencer cette nouvelle année chinoise sous de bons auspices...

 

Retrouvez des extraits ici  : Editions Picquier

Présentation de l'éditeur : Editions Picquier

Du même auteur :  Un monde simple et tranquille

Retrouvez cet album dans votre librairie la plus proche

Publié dans Littérature Asie

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Confessions d'un masque de Yukio MISHIMA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

« Étant enfant, je lisais tous les contes de fées qui me tombaient sous la main, pourtant, je n’ai jamais eu de goût pour les princesses. Je n’aimais que les princes. »

De l'enfance à l'adolescence, le jeune narrateur prend peu à peu conscience de son attirance pour les hommes : quand il se retourne sur les matelots dans la rue, admire les gravures d'art représentant des hommes, ou le corps d'un de ses camarades de classe, il ne peut nier sa préférence. Pourtant, il se contraint à porter un masque, dans une société japonaise des années 30-40 qui refuse l'homosexualité, il essaie de se persuader que son amour pour la belle Sonoko le rapproche de l'hétérosexualité. « A mes yeux, Sonoko apparaissait comme l’incarnation de mon amour même de la normalité, mon amour des choses de l’esprit, mon amour des choses éternelles. » Mais la scission entre sa chair est son âme est bien présente, s'il dit « Mon âme appartenait à Sonoko. », son corps lui, refuse cette pensée. Arrivera le jour où il faudra regarder la réalité en face et assumer...

D'inspiration autobiographique, ce roman s'interroge sur la norme qu'un adolescent distingue mais dans laquelle il ne peut se fondre.
" Dés le début, la vie m’avait écrasé sous un pesant sentiment du devoir. Bien que je fusse de toute évidence incapable d’accomplir ce devoir, la vie me harcelait, me reprochait ce manquement. »

L'intimité du personnage nous plonge dans cette lente prise de conscience aux étapes douloureuses, mais aussi éclairées par ce sentiment d'être différent, plus sensible, plus apte à capter les errances du monde. Le jeune narrateur fait montre d'une acuité psychologique hors normes. Quand on sait que Mishima a porté un masque toute sa vie en se mariant, en ayant des enfants avec une femme malgré ses attirances homosexuelles, et en se donnant finalement la mort de façon spectaculaire, ce récit revêt alors un aspect glaçant.

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

Publié dans Littérature Asie

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La république du bonheur de Ito OGAWA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"Plutôt que de rechercher ce qu'on a perdu, mieux vaut prendre soin de ce qui nous reste."

Hatoko, la jeune femme déjà rencontrée dans La papeterie Tsubaki continue son activité d'écrivain-calligraphe au sein de sa petite papeterie. Elle vient de se marier avec Mitsurô et endosse avec joie le rôle de maman auprès de sa fillette QP. L'éducation de l'enfant lui permet de revenir sur ses propres souvenirs d'enfance, sur sa grand-mère apparemment si dure, sur cette mère disparue qui fera pourtant une apparition surprise ici. Elle se fait peu à peu une place dans sa nouvelle famille, et apprend à cohabiter avec le souvenir de l'épouse défunte de Mitsurô.

Avec délicatesse et sensibilité, Hatoko nous apprend à ouvrir grand les yeux pour profiter de chaque moment de l'existence, qu'il s'agisse d'un repas, source de joie et de partage, d'une promenade en famille, ou encore d'une rencontre avec un client de la papeterie. A travers ce personnage, l'auteur partage la douceur d'une vie centrée sur les petits plaisirs du quotidien, et nous encourage à profiter du bonheur quand il se présente, si ténu soit-il, tant il peut être volatile.

A noter qu'il est préférable de commencer sa lecture par La papeterie Tsubaki pour mieux comprendre les personnages cités.

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

Vous aimerez aussi :  Le restaurant de l’amour retrouvé ♥ ♥ ; Le ruban ♥  ; La papeterie Tsubaki ♥ ♥ ♥ 

 Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

Publié dans Littérature Asie

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Sélection romans indiens

Publié le par Hélène

Ce week-end devait avoir lieu le salon du livre dédié à L'inde. Annulé, rien ne nous empêche de nous plonger malgré tout dans la littérature indienne. Voici mes trois romans préférés :

La colère des aubergines de Bulbul SHARMA 

Un petit livre à s'offrir ou à offrir sans hésiter. Il conjugue des histoires divertissantes et drôles sur les femmes indiennes, et des recettes indiennes savoureuses qui en raviront plus d'un...

  Le tigre blanc de Aravind ADIGA

Un véritable chef d'oeuvre qui nous fait découvrir effectivement l'Inde sous une autre facette, nous entraînant bien loin des clichés de Bollywood... A lire ABSOLUMENT...

L’année des secrets d’Anjana APPACHANA 

 Foisonnant, nous emportant dans l'intimité d'une famille aux secrets bien gardés, L'année des secrets est un roman résolument très prenant.

 

Et vous ? lesquels conseilleriez-vous ?

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Fables de LA FONTAINE illustrées par des maîtres de l'estampe japonaise

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Au XIXème siècle, un éditeur japonais Hasegawa Takejirô fait traduire en plusieurs langues et imprimer sur des papiers japonais de qualité un certain nombre de contes japonais et publie des œuvres appartenant à la langue ordinaire du pays, comme ici pour les Fables.

Les artistes allient les fables à un paysage typique des estampes japonaises : paysages de glycine, de pins et de maisons au toit de paille, guerriers samouraïs, petit temple shintoïste perché sur un promontoire, silhouette enneigée du mont Fuji...  

Les fables choisies sont fidèles à l'esprit de La Fontaine, dénonçant les défauts et excès humains ou critiquant le pouvoir abusif des plus puissants.

 

Ce bel album prouve encore une fois l' universalité de la fable qui se retrouve même dans un paysage étranger.

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

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Un fils en or de Shilpi Somaya GOWDA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Anil est un jeune Indien qui commence des études de médecine dans le Gujarat puis part les compléter aux États-Unis. Si son père le soutient, sa mère rêve pour lui d'une union prestigieuse au pays. Son amie d'enfance, Leena, fille d'un métayer pauvre est mariée durant son absence.

Tandis que Anil découvre les difficultés de l'année d'Internat et de la vie d'expatrié, le travail à l'hôpital éreintant psychologiquement et physiquement à cause de la pression, des pathologies différentes de celles apprises dans les livres, des humiliations par les seniors, de la concurrence, la jeune Leena se heurte aux côtés sombres des mariages arrangés.

Les deux destins vont finalement se rejoindre mais les choix entre tradition et modernité ne s'avèreront guère évidents...

Ce que j'ai moins aimé :

A la fin du roman, tout se précipite comme s'il fallait conclure au plus vite, de nouveaux personnages sortis de nulle part apparaissent, et l'ensemble perd en crédibilité.

Bilan :

Un roman très prenant qui m'a captivée...

 

Présentation de l'éditeur : Mercure de France ; Folio

D'autres avis : Babélio

Vous aimerez aussi : APPACHANA Anjana  L’année des secrets    

 

Merci à Martine pour le conseil.

Publié dans Littérature Asie

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Âpre coeur de Jenny ZHANG

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Les fillettes qui prennent la parole tour à tour ont entre 7 et 9 ans. Immigrées chinoises dans les années 90, elles viennent d'arriver à New York. Différentes histoires, différents points de vue se font entendre, mais toujours celui de la fillette, qu'il s'agisse de Christina, Lucy, Frangie ou Annie. Elles évoquent la violence des rapports humains, les racismes, la barrière de la langue qui gêne l'intégration, mais aussi l'amour des parents, incommensurable. Ces derniers connaissent une vie de sacrifices pour que leurs enfants aient un avenir décent, leurs choix ne sont pas toujours les meilleurs, mais ils tentent avec les moyens qui sont à leur portée, d'offrir un futur à leur enfant. Quelquefois, les grands-parents viennent les rejoindre et sont en décalage avec les nouveaux codes occidentaux de ces familles qui tentent de s'intégrer.

Tous apprennent finalement à saisir chaque chance d'être heureux en ce monde, car ces chances sont rares.

"Il n'y avait pas moyen d'être libre dans ce monde

Il n'y avait pas moyen d'être libre dans ce monde

Il n'y avait pas moyen d'être libre dans ce monde

Aucun moyen

Vraiment aucun moyen."

Ce que j'ai moins aimé : Certaines scènes sont très crues, d'une violence physique et psychologique quelquefois marquante !

Bilan : un roman percutant qui me marquera durablement ! "J'avais envie de montrer des jeunes filles en colère, qui détestent le monde, qui ont parfois envie de se venger, qui découvrent leurs corps." dira l'auteure, elle même fille d'immigrés chinois arrivée aux Etats-Unis à deux ans. Elle signe aujourd'hui un roman sans langue de bois !

 

Présentation de l'éditeur : Editions Picquier

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Asie

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Les Billes du Pachinko de Elisa SHUA DUSAPIN

Publié le par Hélène

 ♥ ♥ ♥

Claire, résidant habituellement en Suisse, passe l'été chez ses grand-parents à Tokyo, organisant pour eux un prochain voyage en Corée, leur pays natal qu'ils ont du quitter durant la guerre. La communication n'est pas aisée entre la jeune femme et ses grands-parents qui refusent d'utiliser une autre langue que le coréen. Pour lutter contre les heures qui s'étirent entre le jeu de Tétris et des repas tardifs, elle accepte de s'occuper durant cet été de Mieko, une petite japonaise à qui elle apprend le français. Elle fuit ainsi sa grand-mère à qui la mémoire fait défaut et son grand-père qui travaille toute la journée au salon de Pachinko, une salle de jeu mettant à l'honneur le Pachinko, entre le flipper et la machine à sous.

L'écriture dépouillée de l'auteure réussit admirablement à rendre l'atmosphère, la moiteur, l'ennui prégnant, les sons tonitruants. Les personnages semblent errer dans une journée sans fin, et même si les divertissements foisonnent, même s'ils passent une journée au pays d'Heidi, ou dans des parcs d'attraction, une langueur persistante s'empare des âmes et des corps. Leur identité reste vague, à l'image de cette lassitude, mouvante, comme si chacun cherchait à se trouver. Les solitudes se frôlent dans la grande mégalopole, sans se connaitre, sans se parler, les histoires individuelles se brouillent devant la grande histoire. Les grands-parents ont dû choisir entre le nord et le sud de la Corée, et pour eux, c'est comme si leur pays n'existait plus, ne leur reste que la langue, à laquelle ils se raccrochent désespérément, quitte à creuser l'écart entre eux et leur petite-fille... L'arrière grand mère elle-même en arrivant au Japon , s'était coupée la langue , refusant de parler le Japonais obligatoire.

Un roman délicat qui confirme, après Hiver à Sokcho, le talent d'Elisa Shua Dusapin.

 

Présentation de l'éditeur : Editions Zoé

D'autres avis : Télérama ; Moka
Du même auteur :
Hiver à Sokcho

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Un monde simple et tranquille de LAO SHU

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Lao Shu - qui signifie Vieil arbre- est un peintre chinois loin d'être traditionnel. Il a créé un blog sen 2011 sur l'un des sites Internet les plus connus de Chine et il y affiche régulièrement ses dessins et peintures exécutés au pinceau, agrémentés de courts textes, souvent des poèmes en vers de six caractères. Il nous livre ses états d'âme et ses réflexions existentielles. Un personnage sans visage, portant une longue robe à larges manches, à la façon des lettrés de la Chine d'autrefois, évolue dans des paysages ou des activités quotidiennes, flânant au bord d'un lac, arrosant ses fleurs, musardant dans la campagne. Symbole d'une époque révolue qui suscite une profonde nostalgie chez Lao Shu, ce personnage incarne l'époque républicaine, qui a précédé la révolution menée par Mao Zedong en 1949. Il permet surtout au peintre de créer un monde à part, à la fois onirique et reflet de ses préoccupations. Son personnage semble vouloir fuir un quotidien ou une société pesante. Il préfère se délecter du parfum des fleurs et de la beauté de la nature que de subir des conversations vides de sens.

 

 

 

Ce livre est une pure merveille de poésie, un joyau de beauté à garder précieusement près de soi, à lire, relire, contempler, pour ne pas se laisser rattraper par le temps et les préoccupations sans intérêt. Pour nous rappeler que la beauté existe, autour de nous, et magnifiée dans l'art.

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

Publié dans Littérature Asie

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Les petites épiceries de mon enfance de Lee MEKYEOUNG

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

""Essaie de vivre la vie comme elle vient" : je veux suivre ce conseil donné par mon père et mener une vie tranquille et ordinaire, à mon image et à l'image de es épiceries modestes et simples."

Alors qu'elle attendait son deuxième enfant, l'auteure déménage au fin fond de la commune de Toechon, dans le province de Gyeonggi. En se promenant dans le village de Gwaneum, elle tombe sous le charme d'une petite épicerie, attirée par cette beauté discrète qui s'ignore. Vingt ans plus tard, elle parcourt toujours le pays pour s'arrêter devant les petites épiceries, les prendre en photo pour les peindre ensuite, minutieusement. Dans ce recueil, elle nous livre ces merveilles, émaillée de brèves chroniques.

A travers textes et peintures, elle rend aussi hommage aux êtres modestes et simples qui vécurent avec nous à une époque donnée. Rares sont les épiceries qui survivent au fil des années. "Faisons attention aux choses qui nous entourent et qui nous sont familières. Peut-être leurs angles usés et arrondis par le temps cachent-ils une beauté que rien ne pourra remplacer ? En les observant attentivement, on peut y percevoir les traces du temps et de la douleur de la vie. Tel est le chemin qui mène à ces petites épiceries dans ma mémoire, elles qui suscitent en nous un bonheur attendrissant chaque fois que nous tournons au coin de la rue."

Dessiner toutes ces petites épiceries avant qu'elles ne disparaissent, devient ainsi comme une urgence et justifie son art. En les peignant, elles s'inscrivent dans la durée et continuent à vivre à travers l'oeuvre de l'auteure.

Avec délicatesse et modestie, Lee Mekyeoung nous invite à faire attention aux choses et à réfléchir à ce qui disparait tous les jours dans nos quartiers au nom du développement et du progrès. Chaque peinture est comme un fragment de bonheur, un hommage touchant à la vie qui passe, un souvenir éclatant dans le ciel de l'édition. 

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

D'autres avis : Chinouk

 

Les petites épiceries de mon enfance, LEE Mekyeoung, traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Lucie Modde, Editions Philippe Picquier, octobre 2018, 208 p., 26.50 euros

Merci à l'éditeur !

Publié dans Littérature Asie

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