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litterature europe

La vérité sur la lumière d Audur Ava OLAFSDOTTIR

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"On dit que l'homme ne se remet jamais d'être né. Que l'expérience la plus difficile de la vie, c'est de venir au monde. Et que le plus difficile ensuite, c'est de s'habituer à la lumière."  p 129

Dyya est sage-femme, "mère de la lumière". Elle est issue d'une lignée de sage-femmes quand ses parents dirigent des pompes funèbres et que sa sœur météorologue commente l'arrivée des tempêtes. La vie, résumée en une famille : la naissance, les tempêtes et la mort.

Diyya livre ses éblouissements, puisque "Il n'y a pas grand chose sous le soleil qui puisse surpendre une femme ayant une si longue expérience du métier. Si ce n'est l'être humain lui-même." En effet, si les petits arrivent démunis dans cette nouvelle aube, les parents sont quelquefois tout aussi surpris, innocents face à cet être qu'ils doivent mener vers le meilleur. certaines sages-femmes elles-mêmes se créent des angoisses, redoutant de ne pas être à la hauteur de leur mission. Mais Diyya et son expérience rassure les uns et les autres, avec humanisme et tendresse. Elle est comme guidée par son héritage, et par sa grand-tante disparue, elle-même sage femme.

C'est d'ailleurs en rangeant les cartons de sa grand-tante, que Diyya découvre une œuvre dans laquelle il est question de lumière et de nature.

Et cette lumière resplendit tout au long de ce roman tellement atypique, si beau. La beauté se découvre peu à peu, au détour d'une phrase, d'une fulgurance, d'un mot qui résonne soudain plus fort qu'un autre dans notre âme de lecteur.

Ces pages profondément humanistes et touchantes mettent au monde délicatement une nouvelle façon de regarder le monde !

Présentation de l'éditeur : Zulma

Du même auteur : Rosa candida ♥ ♥ ♥ ♥ ;  L’embellie  ♥ ♥ ♥ ; L'exception ♥ ♥ ♥ ♥ ; Le rouge vif de la rhubarbe ♥ ♥ ♥ ♥ ;  Ör ♥ ♥ ♥ ; Miss Islande ♥ ♥ ♥ 

Publié dans Littérature Europe

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Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan ZWEIG

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

« J'ai personnellement plus de plaisir à comprendre les hommes qu'à les juger. »

Alors qu'il séjourne dans une pension de la Côte d'Azur, le narrateur assiste à un scandale : l'une des pensionnaires, femme mariée,  s'est enfuie avec un jeune homme qu'elle ne connaissait que depuis une seule journée. Alors que tous la jugent, le narrateur fait preuve de plus de tolérance, ce qui amène une vieille dame anglaise à lui raconter sa propre histoire, qui n'est pas sans rappeler celle de cette fugitive aux prises avec la passion foudroyante.

Le narrateur et ses acolytes nous invitent à réfléchir sur le jugement que l'on peut porter à tort sur les autres, sur la nécessité de comprendre, de connaitre l’histoire avant de condamner hâtivement.

L'histoire elle-même est centrée sur les mouvements spontanés du cœur pas toujours explicables : « Je déclarai que cette négation du fait incontestable qu’une femme, à maintes heures de sa vie, peut-être livrée à des puissances mystérieuses plus fortes que sa volonté et que son intelligence, dissimulait seulement la peur de notre propre instinct, la peur du démonisme de notre nature et que beaucoup de personnes semblait prendre plaisir à se croire plus fortes, plus morales et plus pures que les gens « faciles à séduire ». »

En parlant, la vieille dame se libère peu à peu, elle lègue avec sincérité les échos de sa vie au narrateur qui se contente d'écouter, témoin bienveillant d'une confession pesante. Les sentiments apparaissent dans toute leur pureté et avec leurs contradictions inhérentes, la passion du jeu ou la passion amoureuse menant les hommes et les femmes au-delà de la frontière de la raison...

Un texte court et fort !

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Du même auteur : Le joueur d'échecs ♥ ♥ ♥ Magellan   ♥ ♥ ♥ (Biographie)

Publié dans Littérature Europe

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La maison de Lou ANDREAS-SALOME

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans cette maison, habitent trois personnages : Anneliese, femme du médecin Brandhardt, Gitta, leur fille et Balduin le fils tourmenté. Anneliese a renoncé à une carrière de pianiste pour sa famille, quand Gitta décide pour sa part de prendre sa vie en main. Balduin erre, telle une âme en peine, portrait saisissant du jeune Rainer Maria Rilke, ami proche de Lou Andréas Salomé.

Cette jeune femme est surtout connue pour avoir été la muse de Freud, Nietzsche et Rilke, mais cette réédition de La Maison permet de comprendre l'étendue de son talent. Dans un texte magnifique, elle prouve sa connaissance profonde de l'âme humaine et son talent pour se glisser dans les interstices des mots afin d'en rendre compte.

"Car on le savait de nouveau de toute son âme - comme un Evangile de la joie annonce à tout ce qui vit - : au fil des jours, dans le quasi-quotidien, dans ce qui se répète, innombrable, ce n'est pas la banalité qui règne en maître, qui est la loi intime de la vie ; non, c'est l'éternellement nouveau, le divinement inépuisable qui fait chaque printemps, chaque dimanche, chaque génie." p 121

" Lou Andréas Salomé définit la femme comme un être qui repose souverainement sur soi-même, et qui possède une beauté harmonieuse, se suffisant à soi-même. (...) L'homme au contraire, (...) ne peut trouver son plein accomplissement qu'en dehors de lui-même et se trouve donc ainsi privé de "soi-même"." Sabina Stretter

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Publié dans Littérature Europe

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Au-delà de la mer de Paul LYNCH

Publié le par Hélène

« L'espoir ce n'est rien qu'une petite flamme, pense Bolivar. On le nourrit d'une petite chose et puis d'une autre. C'est ainsi que nous vivons.«

Alors qu'une tempête se prépare, Bolivar, pêcheur sud-américain, décide de prendre la mer, pressé par le besoin d'argent. Son compagnon habituel de pêche restant introuvable, il emmène avec lui le jeune Hector. La tempête les rattrape rapidement, leur moteur tombe en panne et ils se retrouvent tous les deux seuls, face à l'immensité déserte.

Ce que j'ai moins aimé :

- Trop statique, l'action n'évolue pas et les réflexions liées à cette situation particulière n'ont pas trouvé d'écho en moi...

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel

Publié dans Littérature Europe

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Les ingratitudes de l'amour de Barbara PYM

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Peut-être tout amour portait-il en soi quelque chose de ridicule"

Londres, début des années 60. Dulcie Mainwaring, trente ans, se rend à un colloque pour se changer les idées après la rupture de ses fiançailles avec Maurice. Elle rencontre là-bas Viola, mais aussi Aylwin Forbes, directeur d'une revue. A son retour à Londres; elle se lance alors dans une enquête pour en apprendre davantage sur ce séduisant professeur, tout en accueillant provisoirement Viola dans sa grande maison, une Viola qui se consacre corps et âme à l'indexage du nouvel ouvrage de Aylwin...

L'auteure passe au vitriol plusieurs milieux : qu'il s'agisse des des milieux universitaires aux tâches quelquefois absurdes mais nécessaires, des vicaires attirant leurs ouailles sur le chemin de la perdition, ou des vieilles filles traînant leur ennui d'occupations inutiles en commérages abusifs,

"J’adore faire des découvertes sur les gens, reprit Dulcie. Je suppose que c’est une espèce de compensation pour pallier la monotonie de la vie quotidienne. "

Elles trouvent du réconfort dans des tasses d'ovomaltine car "les soucis de l'existence s'apaisent souvent au moyen de boissons bien chaudes à base de lait." Le gin semble aussi avoir le même effet par ailleurs ...

De descriptions caustiques en conversations cocasses, cette lecture so british permet de passer un bon moment.

 

A noter que je l'avais déjà lu il y a 5 ans et que j'avais été bien plus acerbe : http://www.lecturissime.com/2016/01/les-ingratitudes-de-l-amour-de-barbara-pym.html En le relisant je ne me souvenais absolument pas l'avoir déjà lu, je ne l'ai découvert qu'en rédigeant cette chronique !

A cela deux remarques s'imposent : se pourrait-il que la couverture et l'allure du livre ait influencé inconsciemment ma lecture ? Pour rappel voici la couverture de l'édition précédente :

Parfaitement désuet, et je ne vous parle pas de l'allure de mon exemplaire jauni qui avait déjà bien vécu !

De plus, c'est assez désarçonnant de se dire que le plaisir de lecture tient aussi aux circonstances, au moment où on lit le livre, à l'âge peut-être aussi.

Quoi qu'il en soit, soulignons que la mission des éditions Vintage de Belfond semble fonctionner : redonner vie "à des livres introuvables, qu’il s’agisse de classiques tombés dans l’oubli, de textes injustement méconnus ou de curiosités littéraires." Ces ingratitudes de l'amour ont réellement repris vie avec cette édition pour moi, donc le pari est réussi !!

 

Du même auteur : Comme une gazelle apprivoisée

Présentation de l'éditeur : Belfond

Publié dans Littérature Europe

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Le rêve de l'okapi de Mariana LEKY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Dans la vie, il s'agit avant tout d'une chose : établir une intimité avec le monde."

Ce matin-là, le village est sans dessus dessous : Selma a rêvé d'un okapi, ce qui est de mauvais augure, annonçant généralement la mort d'une personne le jour suivant. Chacun est donc sur ses gardes : Luise, la petite-fille de Selma, Martin, son meilleur ami, l'opticien, secrètement amoureux de Selma, Elsbeth, Peter, le père de Luise qui souhaite partir explorer le monde sur les conseils de son psy, ou encore sa femme qui se demande sans cesse si elle doit le quitter. Qui va être frappé ?

Ce que j'ai aimé :

L'univers onirique et loufoque de ce roman a des accointances avec le réalisme magique de certains romans sud-américains. Les personnages atypiques évoluent dans un monde qu'ils ne maitrisent pas forcément, et chacun avance cahin-caha vers ce qu'il imagine être son bonheur. Ils s'entraident sur ce chemin difficile pour que certains trouvent peut-être, enfin, la lumière. 

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai regretté un côté décousu dans la narration, surtout avec l'apparition du moine bouddhiste. La première partie ressemble à un roman feel good, puis le drame fait irruption, pour ensuite s'orienter vers une histoire d'amour impossible. Cela semblerait s'expliquer par le fait que les scènes utilisées par l'auteur sont issues d'une pièce radiophonique datant de 2012, qu'elle a ensuite cherché à rassembler pour former un seul récit.

Bilan :

Un récit particulier dans lequel il faut s'immerger pour que s'effacent les petits défauts de la construction.

 

Présentation de l'éditeur : JC Lattès

Publié dans Littérature Europe

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Ce genre de petites choses de Claire KEEGAN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Bill Furlong est un marchand de bois et de charbon d'origine modeste, à la tête d'une famille de cinq filles, il a su monter sa propre entreprise. Sa mère, domestique, s'étant retrouvée enceinte à 15 ans, il fut élevé par sa patronne, généreuse femme qui a su les prendre sous son aile. Elle a ainsi pu éviter à sa mère d'être enfermée dans le couvent voisin géré par une congrégation religieuse mais cachant en réalité une sombre réalité...

Bill est chargé de livrer ce couvent, et les rencontres qu'il y fait le placent face à un dilemme... Quels choix va t-il faire pour être en paix avec sa conscience ?

"Il pensa à Mrs Wilson, à ses bontés quotidiennes, à la manière dont elle l'avait repris et encouragé, aux petites choses qu'elle avait dites et faites et avait refusé de faire et de dire et à ce qu'elle avait dû savoir, aux choses qui, quand on les totalisait, représentaient une vie."

Le roman fait ainsi allusion au scandale des Magdalen Laundries, institutions gérées par des congrégations religieuses dans lesquelles furent enfermées et maltraitées des centaines de femmes depuis le dix-neuvième siècle, et qui fait l’objet d’une attention particulière depuis les années 1990.

La transposition est plutôt réussie, les personnages suffisamment incarnés pour capter notre attention, avec un Bill attachant cherchant un sens à sa vie que le hasard va peut-être lui offrir.

Ce que j'ai moins aimé :

- La fin, abrupte, bien trop ouverte à mon goût.

Bilan :

Un court roman simple qui laisse un goût d'inachevé...

 

Présentation de l'éditeur : Sabine Wespieser Editeur

Du même auteur : Les trois lumières

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Une saison douce de Milena AGUS

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Nous avions au moins une bonne raison de vivre : nous rendre utiles à ceux qui avaient eu encore moins de chance que nous."

Les habitants de Campidanese, un petit village de Sardaigne, voient leur quotidien bouleversé quand arrivent des migrants accompagnés d'humanitaires. Ils s'installent dans une maison vide, déçus de cette Europe dont on leur avait tant chanté les louanges. Pour les sardes, ce sont des envahisseurs. Mais un groupe de femmes se rapprochent d'eux sous l’œil désapprobateur du reste du village.

Ce que j'ai moins aimé :

Il m'a manqué une force, un souffle qui m'aurait réellement emportée. Les personnages sont nombreux, difficiles à différencier.

J'ai trouvé l'ensemble un petit peu léger derrière ses belles intentions.

 

Présentation de l'éditeur : Liana Levi

Du même auteur : Battements d’ailes ♥ ♥ ♥ ; Quand le requin dort ♥ ♥ ♥ ; Sens dessus dessous ♥ ♥ ♥ ♥ ; Terres promises ♥ ♥ ♥ ♥

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Si c'est un homme de Primo LEVI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Si c’est un homme est un récit autobiographique de Primo Lev, emprisonné dans le camp de concentration d’Auschwitz de 1943 à 1945. Chargé de rédiger un rapport technique sur le fonctionnement du camp, Primo Levi s’en servira pour écrire son propre récit, relatant les conditions inhumaines dans lesquelles les hommes sont emprisonnés. S'il décrit les difficultés physiques, la faim, la soif, le froid, les blessures, il met surtout l'accent sur les blessures morales, bien plus profondes. Les hommes perdent non seulement l'espoir, mais ils laissent aussi peu à peu leur humanité dériver loin d'eux.

« Nous avons voyagé jusqu’ici dans les wagons plombés, nous avons vu nos femmes et nos enfants partir pour le néant ; et nous, devenus esclaves, nous avons fait cent fois le parcours monotone de la bête au travail, morts à nous-mêmes avant de mourir à  la vie, anonymement. Nous ne reviendrons pas. Personne ne sortira d’ici qui pourrait porter au monde, avec le signe imprimé dans sa chair, la sinistre nouvelle de ce que l’homme, à Auschwitz, a pu faire d’un autre homme. » p 82

L’extermination ne signifie pas seulement la mort des hommes, mais aussi leur extermination morale : « Qu’on imagine maintenant un homme privé non seulement des êtres qu’il aime, mais de sa maison, de ses habitudes, de ses vêtements, de tout enfin, littéralement de tout ce qu’il possède : ce sera un homme vide, réduit à la souffrance et au besoin, dénué de tout discernement, oublieux de toute dignité : car il n’est pas rare, quand on a tout perdu, de se perdre soi-même ; ce sera un homme dont on pourra décider de la vie ou de la mort le cœur léger, sans aucune considération d’ordre humain, si ce n’est, tout au plus, le critère d’utilité. On comprendra alors le double sens du terme « camp d’extermination » et ce que nous entendons par l’expression « toucher le fond ». »

Malgré tout, des éclairs transparaissent, des hommes comme Alberto, Lorenzo, permettent de croire encore en l'homme et en sa bonté, le souvenir des jours heureux et des œuvres marquantes de l'humanité comme La divine Comédie, tout cela le rend quelquefois à lui-même, même si la marque de ces jours passés en enfer restera indélébile.

Si c'est un homme est un roman essentiel pour éclairer l'histoire tragique de notre XXème siècle.

 

Présentation de l'éditeur : Pocket

A lire également : Pour Primo Levi de Mario Rigoni Stern

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

 

Publié dans Littérature Europe

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Barry Lindon de William THACKERAY

Publié le par Hélène

L'histoire s'inspire d'un personnage ayant réellement existé : l'aventurier irlandais Andrew Robinson Stoney. Au coeur du XVIIIème siècle, nous suivons les aventures de ce héros picaresque sans scrupules, prêt à tout pour bafouer ses pairs. Sa trajectoire commence en Irlande qu'il est contraint de fuir après un duel, persuadé que son adversaire est mort. Il s'engage alors dans l'armée anglaise et participe à la guerre de Sept ans avant d'être capturé par les troupes prussiennes qui lui confient une mission délicate...

Ce que j'ai moins aimé :

- Il est difficile de s'identifier ou d'aimer le personnage principal, opportuniste sans aucune morale.

Bilan :

J'ai fini par m'ennuyer ! Il parait que l'adaptation de Kubrick est bien meilleure, tournez vous plutôt de ce côté !

L'occasion de vous dire que cette année sera celle des 10 ans du mois anglais organisé par Titine, Lou  et Cryssilda et qu'elles ont donc décidé de transformer ce mois anglais en année anglaise.

Publié dans Littérature Europe

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