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litterature europe

Les ingratitudes de l'amour de Barbara PYM

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Peut-être tout amour portait-il en soi quelque chose de ridicule"

Londres, début des années 60. Dulcie Mainwaring, trente ans, se rend à un colloque pour se changer les idées après la rupture de ses fiançailles avec Maurice. Elle rencontre là-bas Viola, mais aussi Aylwin Forbes, directeur d'une revue. A son retour à Londres; elle se lance alors dans une enquête pour en apprendre davantage sur ce séduisant professeur, tout en accueillant provisoirement Viola dans sa grande maison, une Viola qui se consacre corps et âme à l'indexage du nouvel ouvrage de Aylwin...

L'auteure passe au vitriol plusieurs milieux : qu'il s'agisse des des milieux universitaires aux tâches quelquefois absurdes mais nécessaires, des vicaires attirant leurs ouailles sur le chemin de la perdition, ou des vieilles filles traînant leur ennui d'occupations inutiles en commérages abusifs,

"J’adore faire des découvertes sur les gens, reprit Dulcie. Je suppose que c’est une espèce de compensation pour pallier la monotonie de la vie quotidienne. "

Elles trouvent du réconfort dans des tasses d'ovomaltine car "les soucis de l'existence s'apaisent souvent au moyen de boissons bien chaudes à base de lait." Le gin semble aussi avoir le même effet par ailleurs ...

De descriptions caustiques en conversations cocasses, cette lecture so british permet de passer un bon moment.

 

A noter que je l'avais déjà lu il y a 5 ans et que j'avais été bien plus acerbe : http://www.lecturissime.com/2016/01/les-ingratitudes-de-l-amour-de-barbara-pym.html En le relisant je ne me souvenais absolument pas l'avoir déjà lu, je ne l'ai découvert qu'en rédigeant cette chronique !

A cela deux remarques s'imposent : se pourrait-il que la couverture et l'allure du livre ait influencé inconsciemment ma lecture ? Pour rappel voici la couverture de l'édition précédente :

Parfaitement désuet, et je ne vous parle pas de l'allure de mon exemplaire jauni qui avait déjà bien vécu !

De plus, c'est assez désarçonnant de se dire que le plaisir de lecture tient aussi aux circonstances, au moment où on lit le livre, à l'âge peut-être aussi.

Quoi qu'il en soit, soulignons que la mission des éditions Vintage de Belfond semble fonctionner : redonner vie "à des livres introuvables, qu’il s’agisse de classiques tombés dans l’oubli, de textes injustement méconnus ou de curiosités littéraires." Ces ingratitudes de l'amour ont réellement repris vie avec cette édition pour moi, donc le pari est réussi !!

 

Du même auteur : Comme une gazelle apprivoisée

Présentation de l'éditeur : Belfond

Publié dans Littérature Europe

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Le rêve de l'okapi de Mariana LEKY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Dans la vie, il s'agit avant tout d'une chose : établir une intimité avec le monde."

Ce matin-là, le village est sans dessus dessous : Selma a rêvé d'un okapi, ce qui est de mauvais augure, annonçant généralement la mort d'une personne le jour suivant. Chacun est donc sur ses gardes : Luise, la petite-fille de Selma, Martin, son meilleur ami, l'opticien, secrètement amoureux de Selma, Elsbeth, Peter, le père de Luise qui souhaite partir explorer le monde sur les conseils de son psy, ou encore sa femme qui se demande sans cesse si elle doit le quitter. Qui va être frappé ?

Ce que j'ai aimé :

L'univers onirique et loufoque de ce roman a des accointances avec le réalisme magique de certains romans sud-américains. Les personnages atypiques évoluent dans un monde qu'ils ne maitrisent pas forcément, et chacun avance cahin-caha vers ce qu'il imagine être son bonheur. Ils s'entraident sur ce chemin difficile pour que certains trouvent peut-être, enfin, la lumière. 

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai regretté un côté décousu dans la narration, surtout avec l'apparition du moine bouddhiste. La première partie ressemble à un roman feel good, puis le drame fait irruption, pour ensuite s'orienter vers une histoire d'amour impossible. Cela semblerait s'expliquer par le fait que les scènes utilisées par l'auteur sont issues d'une pièce radiophonique datant de 2012, qu'elle a ensuite cherché à rassembler pour former un seul récit.

Bilan :

Un récit particulier dans lequel il faut s'immerger pour que s'effacent les petits défauts de la construction.

 

Présentation de l'éditeur : JC Lattès

Publié dans Littérature Europe

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Ce genre de petites choses de Claire KEEGAN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Bill Furlong est un marchand de bois et de charbon d'origine modeste, à la tête d'une famille de cinq filles, il a su monter sa propre entreprise. Sa mère, domestique, s'étant retrouvée enceinte à 15 ans, il fut élevé par sa patronne, généreuse femme qui a su les prendre sous son aile. Elle a ainsi pu éviter à sa mère d'être enfermée dans le couvent voisin géré par une congrégation religieuse mais cachant en réalité une sombre réalité...

Bill est chargé de livrer ce couvent, et les rencontres qu'il y fait le placent face à un dilemme... Quels choix va t-il faire pour être en paix avec sa conscience ?

"Il pensa à Mrs Wilson, à ses bontés quotidiennes, à la manière dont elle l'avait repris et encouragé, aux petites choses qu'elle avait dites et faites et avait refusé de faire et de dire et à ce qu'elle avait dû savoir, aux choses qui, quand on les totalisait, représentaient une vie."

Le roman fait ainsi allusion au scandale des Magdalen Laundries, institutions gérées par des congrégations religieuses dans lesquelles furent enfermées et maltraitées des centaines de femmes depuis le dix-neuvième siècle, et qui fait l’objet d’une attention particulière depuis les années 1990.

La transposition est plutôt réussie, les personnages suffisamment incarnés pour capter notre attention, avec un Bill attachant cherchant un sens à sa vie que le hasard va peut-être lui offrir.

Ce que j'ai moins aimé :

- La fin, abrupte, bien trop ouverte à mon goût.

Bilan :

Un court roman simple qui laisse un goût d'inachevé...

 

Présentation de l'éditeur : Sabine Wespieser Editeur

Du même auteur : Les trois lumières

Publié dans Littérature Europe

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Une saison douce de Milena AGUS

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Nous avions au moins une bonne raison de vivre : nous rendre utiles à ceux qui avaient eu encore moins de chance que nous."

Les habitants de Campidanese, un petit village de Sardaigne, voient leur quotidien bouleversé quand arrivent des migrants accompagnés d'humanitaires. Ils s'installent dans une maison vide, déçus de cette Europe dont on leur avait tant chanté les louanges. Pour les sardes, ce sont des envahisseurs. Mais un groupe de femmes se rapprochent d'eux sous l’œil désapprobateur du reste du village.

Ce que j'ai moins aimé :

Il m'a manqué une force, un souffle qui m'aurait réellement emportée. Les personnages sont nombreux, difficiles à différencier.

J'ai trouvé l'ensemble un petit peu léger derrière ses belles intentions.

 

Présentation de l'éditeur : Liana Levi

Du même auteur : Battements d’ailes ♥ ♥ ♥ ; Quand le requin dort ♥ ♥ ♥ ; Sens dessus dessous ♥ ♥ ♥ ♥ ; Terres promises ♥ ♥ ♥ ♥

Publié dans Littérature Europe

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Si c'est un homme de Primo LEVI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Si c’est un homme est un récit autobiographique de Primo Lev, emprisonné dans le camp de concentration d’Auschwitz de 1943 à 1945. Chargé de rédiger un rapport technique sur le fonctionnement du camp, Primo Levi s’en servira pour écrire son propre récit, relatant les conditions inhumaines dans lesquelles les hommes sont emprisonnés. S'il décrit les difficultés physiques, la faim, la soif, le froid, les blessures, il met surtout l'accent sur les blessures morales, bien plus profondes. Les hommes perdent non seulement l'espoir, mais ils laissent aussi peu à peu leur humanité dériver loin d'eux.

« Nous avons voyagé jusqu’ici dans les wagons plombés, nous avons vu nos femmes et nos enfants partir pour le néant ; et nous, devenus esclaves, nous avons fait cent fois le parcours monotone de la bête au travail, morts à nous-mêmes avant de mourir à  la vie, anonymement. Nous ne reviendrons pas. Personne ne sortira d’ici qui pourrait porter au monde, avec le signe imprimé dans sa chair, la sinistre nouvelle de ce que l’homme, à Auschwitz, a pu faire d’un autre homme. » p 82

L’extermination ne signifie pas seulement la mort des hommes, mais aussi leur extermination morale : « Qu’on imagine maintenant un homme privé non seulement des êtres qu’il aime, mais de sa maison, de ses habitudes, de ses vêtements, de tout enfin, littéralement de tout ce qu’il possède : ce sera un homme vide, réduit à la souffrance et au besoin, dénué de tout discernement, oublieux de toute dignité : car il n’est pas rare, quand on a tout perdu, de se perdre soi-même ; ce sera un homme dont on pourra décider de la vie ou de la mort le cœur léger, sans aucune considération d’ordre humain, si ce n’est, tout au plus, le critère d’utilité. On comprendra alors le double sens du terme « camp d’extermination » et ce que nous entendons par l’expression « toucher le fond ». »

Malgré tout, des éclairs transparaissent, des hommes comme Alberto, Lorenzo, permettent de croire encore en l'homme et en sa bonté, le souvenir des jours heureux et des œuvres marquantes de l'humanité comme La divine Comédie, tout cela le rend quelquefois à lui-même, même si la marque de ces jours passés en enfer restera indélébile.

Si c'est un homme est un roman essentiel pour éclairer l'histoire tragique de notre XXème siècle.

 

Présentation de l'éditeur : Pocket

A lire également : Pour Primo Levi de Mario Rigoni Stern

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

 

Publié dans Littérature Europe

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Barry Lindon de William THACKERAY

Publié le par Hélène

L'histoire s'inspire d'un personnage ayant réellement existé : l'aventurier irlandais Andrew Robinson Stoney. Au coeur du XVIIIème siècle, nous suivons les aventures de ce héros picaresque sans scrupules, prêt à tout pour bafouer ses pairs. Sa trajectoire commence en Irlande qu'il est contraint de fuir après un duel, persuadé que son adversaire est mort. Il s'engage alors dans l'armée anglaise et participe à la guerre de Sept ans avant d'être capturé par les troupes prussiennes qui lui confient une mission délicate...

Ce que j'ai moins aimé :

- Il est difficile de s'identifier ou d'aimer le personnage principal, opportuniste sans aucune morale.

Bilan :

J'ai fini par m'ennuyer ! Il parait que l'adaptation de Kubrick est bien meilleure, tournez vous plutôt de ce côté !

L'occasion de vous dire que cette année sera celle des 10 ans du mois anglais organisé par Titine, Lou  et Cryssilda et qu'elles ont donc décidé de transformer ce mois anglais en année anglaise.

Publié dans Littérature Europe

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Décompression de Juli ZEH

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Sven est instructeur de plongée sous-marine sur l'île de Lanzarote, il a quitté l'Allemagne pour échapper à tout type de jugement et vivre libre. Arrivent sur l'île Jola et Theo, couple berlinois très glamour, l'une actrice, l'autre écrivain, que doit accompagner Sven pendant quelques semaines, aussi bien durant leur plongée que dans leurs sorties. Mais leur couple au fonctionnement particulier risque de faire basculer l'univers si calme de Sven. Se prendra-t-il dans les rets de la belle Jola ? Qui dit la vérité entre Sven qui raconte froidement les évènements, ou Jola qui se confie à son journal intime ? Quel est le rôle de Théo ? Qui manipule qui ?

Le suspens grandit au fil des pages et de la relation de ce trio amoureux. Les êtres évoluent entre perversité, narcissisme, vengeance, passion, et les cartes se brouillent, laissant des êtres démunis devant la puissance de certains sentiments.

Mes réticences :

- Il s'agit d'un roman très psychologique jouant avec la perversité des êtres et les complications nées des entrelacs de l'âme humaine torturée, la plongée peut être glauque et oppressante...

- Il me semble dommage d'avoir laissé de côté le personnage de Antje, la compagne de Sven, qui aurait peut-être pu apporter un peu d'équilibre et de lumière dans ces relations néfastes...

Bilan :

Un roman parfaitement maîtrisé mais un plongée en apnée glaçante !

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

Publié dans Littérature Europe

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A l'ouest rien de nouveau de Erich Maria REMARQUE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Le roman décrit la Première Guerre mondiale vue par un jeune soldat volontaire allemand sur le front ouest. Symbole du pacifisme allemand, le roman devient rapidement un succès de librairie, brûlé lors des autodafés nazis de 1933. 

Le jeune Bäumer se laisse convaincre avec ses camarades par leur professeur Kantorek de s'engager volontairement dans l'armée impériale allemande. Leurs idéaux sont bien mis à mal face à la réalité de la guerre, face aux chefs abusifs, à la violence des combats. Irrémédiablement les jeunes hommes innocents changent :

« Nous ne faisons plus partie de la jeunesse. Nous ne voulons plus prendre d’assaut l’univers. Nous sommes des fuyards. Nous avions dix-huit ans et nous commencions à aimer le monde et l’existence ; voilà qu’il nous a fallu faire feu là-dessus. Le premier obus qui est tombé nous a frappés au cœur. Nous n’avons plus aucun goût pour l’effort, l’activité et le progrès. Nous n’y croyons plus ; nous ne croyons qu’à la guerre. »

« Nous sommes délaissés comme des enfants et expérimentés comme des vieilles gens ; nous sommes grossiers, tristes et superficiels : je crois que nous sommes perdus. «  p 96

Heureusement, la camaraderie, l'entraide permet de supporter l’innommable comme ce jour où ils partagent une oie. Lors des permissions, ils essaie de retrouver leur univers fixe, un soupçon de normalité. Mais désormais celle-ci leur est refusée.

« Pour moi les gens parlent trop. Ils ont des soucis, des buts, des désirs, que je ne puis concevoir comme eux. Parfois, je suis là assis avec l’un d’eux dans le petit jardin du café et j’essaie de lui expliquer que l’essentiel, en somme, c’est de pouvoir être là assis tranquillement. » p 130

Le narrateur prend alors conscience qu’il ne retrouvera pas sa place, son insouciance :

« Ce que je désire, c’est que la chambre me parle, m’enveloppe et me prenne. Je veux sentir mon intimité avec ce lieu, je veux écouter sa voix, afin que, quand je retournerai au front, je sache ceci : la guerre s’efface et disparait lorsque arrive le moment du retour ; elle est finie, elle ne nous ronge plus, elle n’a sur nous d’autre puissance que celle du dehors. «  p133

Ce témoignage puissant met en avant des destinées humaines marquantes, rappelant qu'un soldat est un homme avant d'être allemand ou français, un homme impuissant face à l'absurdité de la guerre et à sa logique implacable, un homme broyé par une mécanique violente.

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

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Ainsi parlait Rainer Maria RILKE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Il s'agit du 14ème volume de cette collection Ainsi parlait, consacrée à un auteur que l'on découvre par le biais de "Dits et maximes de vie" tirées de son oeuvre et présentées dans l’ordre chronologique de leur date de publication. Cela permet de découvrir un auteur et ses multiples méditations.

Morceaux choisis :

« Peut-être tous les dragons de notre vie sont-ils des princesses qui n’attendent que de nous voir un jour beaux et courageux. Peut-être les choses qui nous effraient sont-elles toutes, au fond, des choses en détresse et qui attendent notre aide »



« Il n’y a rien au monde qu’on puisse imaginer, pas la moindre chose. Tout est fait de quantité de détails uniques qui ne se laissent pas  prévoir. »

« L’art m’apparaît comme l’effort d’un individu, au-delà de l’étroit et de l’obscur, pour trouver une communication avec toutes choses, les plus petites comme les plus grands, et, dans ce continuel dialogue de se rapprocher des sources ultimes ; difficiles à entendre, de toute vie. »

« Que ce soit le chant d’une lampe ou la voix de la tempête, le souffle du soir ou le gémissement de la mer qui t’entoure, toujours veille derrière toi une immense mélodie, tissée de mille voix, dans laquelle seule, ici et là, ton solo a sa place. »

« Si votre quotidien vous semble pauvre, ne l’accuse pas ; accusez-vous vous-même dites-vous que vous n’êtes pas assez poète pour appeler à vous ses richesses. « 

« Etre ici est magnifique. »

« Mais l’existence nous est encore enchantée ; en mille

endroits elle est encore source. Un jeu de forces

pures que nul ne touche s’il ne s’agenouille et n’admire. »

« A travers tous les êtres nous atteint l’unique espace :

l’espace intérieur du monde. Le vol paisible des oiseaux nous traverse. Oh, moi qui veux grandir,

je regarde dehors et c’est en moi que l’arbre grandit. »

 

Présentation de l'éditeur : Editions Arfuyen

 

Publié dans Littérature Europe

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L'invitation à la valse et Intempéries de Rosamond LEHMANN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Little Compton, 1920. Olivia Curtis anglaise de 17 ans se réveille ravie au matin de son anniversaire, non seulement à la perspective de cette journée particulière, mais aussi parce qu'elle va assister prochainement à son premier bal chez Lady Spencer. Elle sait qu'elle sera supplantée par sa sœur ainée Kate, très courtisée, mais se réjouit néanmoins de cette première incursion dans le monde. Elle appréhende aussi les mois à venir puisque Kate prévoit de s'installer loin d'eux, à Paris.

Rosamund Lehmann n'épargne guère cette bourgeoisie anglaise errant entre oisiveté et superficialité. Le bal, tellement détaillé presque minute par minute, constitue une immersion totale dans cet univers oscillant entre solitude et paraitre. Les relations et discussions vides s'enchainent, mais quelquefois, au détour d'une conversation, une sincérité pure et troublante se fait sentir.

Le style rend admirablement les sensations et sentiments ressentis par les personnages, prouvant combien l'auteure est douée d'une faculté à comprendre et retranscrire les affres de l'adolescence bourgeoise, entre fébrilité et angoisse vague.

 

♥ ♥ ♥

Dix ans après L'Invitation à la valse Olivia a mûri, elle s'est mariée puis a divorcé et elle retrouve ici Rollo. Le riche fils de Lord Spencer a épousé la belle Nicole, mais la jeune femme s'avère asse décevante. Rollo et Olivia retrouve la complicité qui avait été la leur lors du bal.

Il est intéressant de lire les deux romans à la suite pour bien comprendre et observer les changements intervenus chez Olivia, et pour mieux appréhender la société de l'époque dans sa globalité. A l'adolescence pleine d'illusion, de cet espoir vague mais néanmoins troublant, succède les déconvenues mais aussi les choix plus assumés. La vie de la jeune femme sort des chemins battus, puisque non seulement elle n'a pas d'enfants, mais qu'elle est  surtout célibataire après un divorce, vivant avec sa cousine. Olivia travaille aux côtés d'une photographe, elle fait figure d'exception dans cet univers oisif. Elle s'échappe des carcans bourgeois pour créer sa propre voie, féministe avant l'heure avec les risques et les souffrances que cela implique, assumant ses désirs.

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

Bilan des deux tomes :

Je recommande cette peinture caustique de l'entre-deux-guerres !

Publié dans Littérature Europe

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