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173 articles avec litterature europe

L'analphabète qui savait compter de Jonas JONASSON

Publié le par Hélène

                                          

L'auteur :

Chez l'éditeur 

 

L'histoire :

Née à Soweto pendant l’apartheid, Nombeko Mayeki commence à travailler à cinq ans, devient orpheline à dix et est renversée par une voiture à quinze. Tout semble la vouer à mener une existence de dur labeur et à mourir dans l’indifférence générale. Mais c'est sous-estimer le destin... et le fait qu’elle est une analphabète qui sait compter – deux facteurs qui la conduisent loin de l'Afrique du Sud et la font naviguer dans les hautes sphères de la politique internationale. Durant son périple, elle rencontre des personnages hauts en couleur, dont deux frères physiquement identiques et pourtant très différents. Nombeko réussit à se mettre à dos les services secrets les plus redoutés au monde et se retrouve enfermée dans un camion de pommes de terre. C'est à ce moment-là que l’humanité est menacée. Dans son deuxième roman, Jonas Jonasson s’attaque avec humour aux préjugés et au fondamentalisme sous toutes ses formes. Il démolit une bonne fois pour toutes le mythe selon lequel les rois ne tordent pas le cou des poules.

 

Ce que j'ai aimé :

Jonas Jonasson nous emporte dans un univers toujours aussi loufoque, entre la jeune Nombeko dotée d'une intelligence hors normes, ses amies les chinoises spécialistes - entre autre - des empoisonnements de chien, son employeur peu reluisant. Parallèlement deux jumeaux voient le jour dans une famille anti-royaliste au possible, dans un univers tout aussi déjanté.

Les aventures des uns et des autres flirtent avec le pouvoir, la politique, ils aiment jouer avec les bombes à retardement, et ont des ressources cachées insoupçonnables...

Le rythme est rapide, tout s'enchaîne à un rythme infernal...

 

Ce que j'ai moins aimé :

Néanmoins, on se lasse de ces aventures, comme si le fil était rompu, le trait forcé. Les considérations politiques allongent le propos et créent des longueurs. 

Un deuxième roman décevant pour moi. 


Premières phrases :

"D'une certaine manière, les videurs de latrines du plus grand ghetto d'Afrique du Sud étaient bien lotis. Après tout, ils avaient du travail et un toit au-dessus de la tête."

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

AUtre :

 

D'autres avis :

Dasola 

Presse 

 

L'analphabète qui savait compter, Jonas Jonasson, traduit par Corinne Bruy, Presses de la cité, octobre 2013, 480 p., 22 euros

Publié dans Littérature Europe

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Le parfum de Patrick SUSKIND

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Histoire d'un meurtrier

 

L'auteur :

 

Patrick Süskind est un écrivain et scénariste allemand. Il est né le 26 mars 1949 à Ambach (code postal 82541) sur le lac de Starnberg (am Starnberger See), en Bavière près de Munich. Il étudie l’histoire (histoire médiévale et contemporaine) et la littérature à Munich et à Aix-en-Provence. Il travaille ensuite comme scénariste pour la télévision.

Il écrit une pièce théâtrale à un personnage : "La Contrebasse", qui sera jouée pour la première fois à Munich en 1981. Elle sera publiée en 1984. Cette pièce est jouée régulièrement depuis sa création en Allemagne et a été jouée à Paris avec Jacques Villeret, dans le rôle titre.
Le Parfum est son premier roman édité pour la première fois en 1985 à Zurich, sous le titre Das Parfum, Die Geschichte eines Mörders, puis traduit en français par Bernard Lortholary en 1986 avant d'être réédité par Fayard. Il vaut à son auteur un succès mondial. (Source : Babélio)

 

L'histoire :

 

Au XVIIIe siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque. Il s'appelait Jean-Baptiste Grenouille. Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre que lui n'aurait pas survécu. Mais Grenouille n'avait besoin que d'un minimum de nourriture et de vêtements, et son âme n'avait besoin de rien.

Or ce monstre de Grenouille, car il s'agissait bel et bien d'un genre de monstre, avait un don, ou plutôt un nez unique au monde et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout-puissant de l'univers, car « qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le coeur des hommes ».
C'est son histoire, abominable… et drolatique, qui nous est racontée dans Le Parfum, un roman très vite devenu un best-seller mondial, et aujourd'hui porté à l'écran. (Source : éditeur)

 

Ce que j'ai aimé :

 

 Jean-Baptiste Grenouille est un être fascinant, à la fois diaboliquement écoeurant, mais aussi artistiquement attirant. Doté d'un nez exceptionnel, il devient un esthète en matière de parfum et élabore les plus envoûtants parfums du siècle. Mais son projet ultime liée à sa fascination des jeunes filles pures l'éloigne peu à peu des sentiers battus. 

 

Par un récit dynamique teinté d'humour, l'auteur, comme Grenouille avec ses flagrances, transforme cette plongée dans le monde d'un assassin en oeuvre d'art parfaitement calibrée. Il parvient également à nous faire sentir les parfums créés par cet homme hors du commun, mais surtout, il nous fait ressentir l'absolue nécessité pour Grenouille de tuer ses victimes innocentes avant qu'elles ne soient perverties par le monde et la société, pour leur offrir un écrin d'éternité dont il pourra s'enivrer jusqu'à pamoison. 

 

Profondément ancré dans la réalité de l'époque, le roman nous emmène au coeur du Paris du XVIIIème avec par exemple la destruction des maisons du pont au Change, les évolutions des parfumeurs, ou encore la révolution culturelle et scientifique qu'ont constituée les Lumières : 

 

« Dans tous les domaines,, on pose des questions, on farfouille, on cherche, on renifle et on fait des expériences à tort et à travers. Il ne suffit plus de dire ce qui est et comment c'est : il faut maintenant que tout soit prouvé, de préférence par des témoins et des chiffres et je ne sais quelles expériences ridicules. Ces Diderot, d'Alembert, Voltaire, Rousseau, et autres plumitifs dont le nom m'échappe, (...), ils ont réussi ce tour de force de répandre dans toute la société cette inquiétude sournoise, leur joie maligne de n'être satisfaits de rien et d'être mécontents de toute chose en ce monde, bref, l'indesdcriptible chaos qui règne dans leur tête. » p.74

 

L'originalité du sujet aux accents fantastiques a fait de ce roman un classique aux accents atemporels, l'un des romans les plus connus de la littérature allemande et qui a été adapté au cinéma en 2006.

 

 

Premières phrases :

 

« Au XVIIIè siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus abominables de cette époque qui pourtant ne manqua pas de génies abominables. C'est son histoire qu'il s'agit de raconter ici. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le pigeon

 

Le parfum, Histoire d 'un meurtrier, Patrick Suskind, traduit de l'allemand par Bernard Lortholary, Le livre de poche, janvier 1998,5,60 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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Les pirates dans une aventure avec les savants de Gidéon DEFOE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Embarquez aux côtés de ces joyeux drilles !

 

L’histoire :

 Imaginez un bateau de pirates avec des pirates dedans. Aucun n’a de nom : ils sont appelés par une de leurs caractéristiques (le pirate à l’écharpe rouge, le pirate albinos… et le capitaine pirate, comme de bien entendu). Tous aussi naïfs et sots les uns que les autres. Ajoutez à cela une rencontre aussi fortuite qu’improbable avec des savants, dont Charles Darwin jeune, avant sa théorie. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 De drôles de lurons que ces pirates ! Quand ils ne courent pas les mers pour dépouiller les navires, ils aiment se lancer dans de longues discussions philosophiques sur la meilleure façon de cuire un jambon ou sur les avantages de la vie de pirate. Ils adorent aussi chanter des shanties (chants de marin entraînant), et quand, vraiment ils ont à court d'idées pour s'occuper, ils organisent des courses de tortues géantes ou cherchent d'autres occupations tout aussi saugrenues : 

 « Une poignée de pirates particulièrement brillants s’imaginèrent alors que s’ils attrapaient suffisamment de ces énormes méduses diaphanes qui flottaient autour du bateau, ils pourraient bâtir une sorte de château gonflable. »

Arrivés à ce stade, il est urgent pour eux de trouver un nouveau défi à relever, et heureusement ils vont se lancer ici dans une aventure aux côtés de Darwin et d’autres savants. 

 Drôles et bagarreurs, ces pirates-là sont surtout des marins d’eau douce qui ignorent que les serpents de mer dessinés sur les cartes marines sont purement décoratifs et ne signifient pas qu’à cet endroit un monstre marin va surgir des profondeurs :

 « Ca explique bien des choses, dit-il. Je suppose que c’est pour la même raison que nous n’avons jamais vu cette boussole géante dans le coin de la carte. J’avoue que je suis un peu déçu. »

 Leurs aventures sont toutes aussi déjantées qu’eux et les lecteurs passent un très agréable moment aux côtés de ces hommes bourrus sympathiques.

 Des dialogues incisifs, une action décapante, des personnages délurés embarquez aux côtés de ce joyeux drilles !

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - C'est léger, drôle, je suis conquise...

 

 Premières phrases :

 « -Ce qu’il y a de mieux dans la vie de pirate, dit le pirate atteint de la goutte, c’est les pillages.

- N’importe quoi ! dit le pirate albinos. C’est les doublons. Les doublons, c’est de loin ce qu’il y a de mieux dans la vie de pirate.

Les autres pirates, qui se prélassaient au soleil sur le pont du bateau pirtae, se joignirent bientôt à la discussion. »

 

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Les pirates, une aventure avec les baleines

Autre : les Jorn Riel

 

D’autres avis :

 Télérama Yves 

 

Les pirates dans une aventure avec les savants de Gidéon DEFOE, traduit de l’anglais par Thierry Beauchamp, J’ai lu, 2012, 6.20 euros

Publié dans Littérature Europe, Humour

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Persuasion de Jane AUSTEN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

 

Jane Austen est l'avant-dernière et deuxième fille d'une fratrie de huit enfants. Son père, George Austen, est pasteur ; sa mère, Cassandra Austen née Leigh, compte parmi ses ancêtres sir Thomas Leigh qui fut lord-maire au temps de la reine Elisabeth. Les revenus de la famille Austen sont modestes mais confortables ; leur maison de deux étages et un grenier, le Rectory, est entourée d'arbres, d'herbes ainsi que d'une grange.
En 1782, Cassandra et Jane (sa sœur) furent envoyées à l'école, d'abord à Oxford, puis à Southampton, enfin à l'Abbey School de Reading.  Son éducation fut brève, et en retournant à sa maison elle dut la terminer grâce à la bibliothèque paternelle et aux conversations familiales. C'est à ce moment qu'elle commença à écrire. Elle vécut une relation amoureuse douloureuse. Puis dut affronter la mort de son père. Elle travailla ses textes avec acharnement malgré la maladie (qui l'emporta jeune). Elle laissa des romans comme: Raison et Sensibilité, Orgueil et Préjugés, Emma, Mansfield Park, Northanger Abbey... (source : Babélio)

 

L’histoire :

L'histoire

 Depuis quand une jeune fille a-t-elle besoin qu'on lui dicte sa conduite ? Si elle s'est laissé persuader trop jeune de rompre ses fiançailles, Anne Eliott n'est plus dupe. Et lorsque son ancien amant réapparaît, auréolé de gloire, l'heure n'est pas à l'indécision. Pour Anne, il est temps de faire fi des convenances et de la vanité de son entourage !

« À lire yeux baissés et genoux serrés pour goûter en secret le délicieux plaisir de la transgression des interdits. »

Anne Barbe, Libération (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Persuasion : influence d’une pensée sur une autre.

Le mot désigne ici l’acte de conseillère de Lady Russell sur Anne : dans sa prime jeunesse la discrète Anne s'est laissée convaincre de rompre ses fiançailles alors qu'elle était très amoureuse de son fiancé. Avec les années, elle s'est flétrie, en gardant toujours en une page de son coeur ce bel et intelligent marin qui avait fait son bonheur. Aussi, quand il réapparaît dans son environnement proche, se repose la question de ses choix passés.

 Cette histoire d'amour entre deux héros désignés dés le début est surtout prétexte pour Jane Austen à s'interroger sur les travers de son époque.

En plongeant dans la psychologie de la jeune Anne et dans la société du XIXème, elle met à jour des questions qui demeurent universelles. Elle lance ainsi la question du devoir : faut-il obéir ou se risquer à dire non ? Question centrale pour Anne qui se rendra vite compte que c'est finalement la vie qui nous apprend à savoir agir. Pour Jane Austen par la vie qu’on a vécu, on apprend à diriger son destin. Le contexte natal  et social influe sur la personnalité, tout  se construit par des choses qui nous conditionnent, la vie quotidienne nous façonne. La société pèse comme un poids sur le comportement de l'individu qui doit par la force de son intériorité, se battre avec patience et modestie pour atteindre son objectif. Entre raison et sensibilité, les personnages de Jane Austen apprennent à faire des choix, à réfléchir sur eux-mêmes et à savoir juger l'autre avec justesse. 

La mer est ici comme une métaphore des risques et des incertitudes inhérents à la vie. Un monde trouble dans lequel Jane Austen navigue avec finesse et intelligence.


Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien.

 

Premières phrases :

 

« Sir Walter Elliott, du château de Kellynch, en Somerset, était un homme qui, pour se divertir, ne prenait jamais d’autre livre que le Baronnetage ; c’est à qu’il trouvait l’occupation d’une heure de loisir et la consolation d’une heure d’affliction : c’est là qu’il s’élevait à l’admiration et au respect en contemplant les restes limités des anciens titres, c’est là que toute sensation fâcheuse due à des ennuis domestiques se transformait naturellement en pitié et en mépris. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Orgueil et préjugés

Autre : Jane Eyre de Charlotte BRONTE

 

D’autres avis :

 

Télérama

Papillon


 

 Sur son adaptation : télérama 

 

 

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Persuasion, Jane Austen, traduit par ANdré Belamich, 10/18, 7.10 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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Montedidio de Erri DE LUCA

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Prix Fémina étranger 2002

 

L’auteur :

 D'origine bourgeoise, il est destiné à une carrière de diplomate. Il s'y refuse, rompt avec sa famille et en 1968, embrasse le mouvement de révolte ouvrière. Il intègre le mouvement d'extrême gauche : Lotta continua, dont il sera dirigeant de la fin des années soixante au début des années soixante-dix.
Il multiplie les métiers manuels : ouvrieir spécialisé chez fiat à Turin, manutentionnaire à l'aéroport de Catane, maçon en France et en Afrique, conducteurs de camions.
Bien qu'il se dise athée, il lit quotidiennement la bible et a appris l'hébreu ancien pour pouvoir lire et traduire les textes sacrés.
C'est un passionné d'alpinisme, sujet sur lequel il a écrit de nombreux articles.
Pendant la guerre de Yougoslavie, il s'engage comme conducteur auprès d'une association humanitaire, et convoie des camions de ravitaillement en Bosnie.
Bien qu'il ait commencé à écrire à l'âge de vingt ans, son premier livre ne paraît qu'en 1989, et obtient le prix Femina en 2002 pour Montedidio.
Il collabore au Matino, principal journal napolitain et à d'autres périodiques La republica, il manifesto).
Il vit actuellement près de Rome. (source : Babélio)

 

L’histoire :

 Montedidio, le " mont de Dieu ", emprunte son titre à un quartier populaire de Naples où vit le narrateur, un garçon de treize ans, dans l'immédiat après-guerre. Apprenti menuisier, il grandit dans une famille modeste où on parle le napolitain, mais il s'efforce de noter ses impressions en italien sur un grand rouleau de papier dont l'imprimeur du quartier lui a fait cadeau.
Sa vie évolue entre son père, ouvrier dans les docks, sa mère, malade, son maître Errico qui lui enseigne les rudiments de la menuiserie, et surtout don Rafaniello, un survivant de la Shoah échoué à Montedidio.

 En de brefs chapitres, c'est toute une communauté humaine qui prend corps sous la plume du narrateur qui, en écrivant sa vie, laisse derrière lui son enfance. (Source : éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 Avec retenue et émotion, Erri De Luca évoque cet âge délicat situé entre l'enfance et son univers doré insouciant, et l'âge adulte avec ses prises de conscience quelquefois moins gaies.

Le jeune narrateur a reçu un boomerang de son père, objet de tous les possibles, qu'il ne peut pas laisser échapper par manque d'espace, d'envergure. Il se contente de s'exercer au mouvement, rêvant de le laisser s'échapper. Son compagnon de route Rafaniello rêve lui aussi : bossu, il attend le bon moment pour déployer ses ailes. Parce que l'adolescence est cet espace d'attente, tout est encore possible, rien n'est fermé.

Le narrateur commence à travailler et devient ainsi un homme, un peu. Sa voix mue, il découvre les émois de la chair avec la jeune Maria qui trouve dans l'amour du jeune homme un exutoire à une vie triste. Jour après jour, page après page, il quitte l'enfance. Il découvre aussi les âpretés de la vie, la pauvreté de Maria, la maladie de sa mère, les persécutions des hommes qui profitent de la faiblesse de certains... Mais porté par l'amour de son père, de ses amis et de  Maria, il apprend à évoluer dans un monde en demi-teinte.

Un roman douceureux, doux amer empli de poésie et du vent qui siffle au-dessus de leurs têtes, comme un danger intrinsèque à la vie qui les pousse à se serrer plus étroitement les uns contre les autres, pour mieux s'épauler face aux adversités de la vie : 

"Assis l'un près de l'autre, par terre, contre le parapet, à l'abri de la couverture, nous passons le temps, compères du vent qui se moque des fils vides des étendoirs et des antennes de tlévision. il siffle au-dessus de nous, trouve notre abri et nous donne une bourrade, pour qu'on se serre encore plus fort." p. 142

 

Ce que j’ai moins aimé :

-Rien.

 

Premières phrases :

« A iurnata è nu muorzo » ? La journée est une bouchée, c’est la voix de mast’Errico devant sa boutique. Moi, j’étais déjà là depuis un quart d’heure pour bien commencer ma journée de travail. Lui, il arrive à sept heures, relève le rideau métallique et dit sa phrase d’encouragement : la journée est une bouchée, elle est courte, il faut se remuer. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  Trois chevaux de Erri DE LUCA ; En haut à gauche de Erri DE LUCA Le contraire de un d’Erri DE LUCA Le poids du papillon de Erri DE LUCA Le jour avant le bonheur de Erri DE LUCA

Autre :  Littérature Europe du Sud

 

D’autres avis :

 Papillon 

 

Montedidio, Erri de Luca, traduit par Danièle Valin, Folio, octobre 2003, 240 p., 6.80 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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Pourquoi j’ai mangé mon père de Roy LEWIS

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

L’auteur :

 Roy Lewis (1913 - 1996) était un écrivain britannique.

Né en le 6 novembre 1913, Roy Lewis a grandi à Birmingham, et poursuivi ses études à Oxford avant d'intégrer la London School of Economics. En 1938, il part sillonner l'hémisphère sud, avec sa jeune épouse. Après un long séjour en Australie, il rentre en Angleterre en 1946 et entreprend alors la rédaction d'ouvrages socio-économiques. Rapidement, il est engagé comme correspondant a Washington pour The Economist, avant de rejoindre le Times en 1961, où il reste jusqu'à sa retraite en 1971.
Journaliste et sociologue, Roy Lewis, pour être venu tard à la littérature, n'en a pas moins fait une entrée remarquée avec Pourquoi j'ai mangé mon père. Il est également l'auteur de Mr Gladstone et la demi-mondaine, et La Véritable Histoire du dernier roi socialiste. (Source : Babélio)

 

 L’histoire :

Lorsqu'on se penche sur la préface de ce texte, écrite par Vercors, également traducteur de ce livre, on ne peut douter de ce que sera notre état à la lecture de Pourquoi j'ai mangé mon père : au pire, la mort par le rire, au mieux un divertissement total et entier. Vercors a ri, Théodore Monod a ri, tout le monde salue l'humour dévastateur et ethnologique de Roy Lewis. Utilisant avec réussite le principe ancien qui consiste à transposer dans une époque (la préhistoire), la pensée d'une autre (la nôtre), Roy Lewis nous conte les efforts de nos ancêtres les demi-singes dans leur lutte acharnée pour la survie et la prospérité de l'espèce. Voilà que nos ancêtres sont à la croisée des chemins, face à une nature hostile et à une foule de prédateur. Un tournant de l'évolution qu'il est crucial de négocier en douceur, sous peine d'extinction. Or, voilà qu'Edouard, hominien à l'esprit éclairé, découvre le feu. Une trouvaille qui sauve la famille certes, mais déplaît fort à son frère Vania, qui prédit la fin du monde, milite pour la viande crue et le retour dans les arbres... Roy Lewis fait ici de l'anachronisme sa seule loi et revisite avec brio les grands thèmes de société : l'éducation, le rôle de la femme ou l'éternel combat entre progressistes et réactionnaires. Il aborde également l'écologie, la famille et pose la question cruciale de la maîtrise du progrès technique par le biais de cette fresque grandiose, hilarante et moderne. --Hector Chavez

 

Ce que j’ai aimé :

 

L’histoire se déroule durant le Pléistocène (du grec pleistos , le plus, et kainos, récent ) : troisième et avant - dernière époque de la période Néogène.  Le Pléistocène correspond à une période géologique allant de -2588 Ma à -0.0117 Ma, en Préhistoire il correspond au Paléolithique. Les personnages en présence sont donc des hommes au seuil du progrés de l’évolution, et leurs mésaventures entraînent une réflexion sur le progrés. D'un côté l'oncle Vania conservateur endurci qui répète à l'envi "back to the trees". De l'autre, le père du jeune Ernest, narrateur, père novateur qui veut l’évolution de l’humanité. Les deux points de vue vont s'affronter au fil d'épisodes cocasses comme la découverte du feu, des armes, le mariage et la conquête de jeunes donzelles...

 

Pour le père d'Ernest le bonheur rend paresseux, “Tu chercheras dans le  travail, tout au contraire, une diversion à tes difficultés, avec un surcroit d’énergie. » (p. 91) Le jeune Ernest suit les yeux fermés son père mais finira peu à peu par se révolter, son apprentissage de jeune homme se parachevant par un geste pour le moins radical !

 

L'auteur nous offre une vision humaniste de ce père amateur du progrés, alors que ses fils ont une vision plus économique. Edouard répète tel un mantra « Les possibilités sont prodigieuses » sorte de leitmotiv qui prouve combien il est fasciné par les nouveautés qui se présentent à lui.

 

Une lecture très agréable, une bonne surprise. L'ensemble est à la fois drôle et didactique, nous enjoignant derrière le rire à réfléchir sur le progrés de nos sociétés modernes. 

  

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien.

 

Premières phrases :

 « A présent nous étions sûrs de nous en tirer. Oui, même si elle descendait encore plus au sud, cette grande calotte de glace, serait-ce jusqu’en Afrique. Et quand la bourrasque soufflait du nord, nous empilions tout ce que nous avions de broussaille et de troncs brisés, et flambe le bûcher ! Il en ronflait et réfléchissait. »

 

D’autres avis :

Papillon 

 

Pourquoi j’ai mangé mon père, Roy Lewis, traduit de l’anglais par Vercors et Rita Barisse, actes sud, Babel, 8 euros

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Voyages avec ma tante de Graham GREENE

Publié le par Hélène

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L'auteur :

Considéré comme l'un des plus grands auteurs britanniques, Graham Greene est né le 2 octobre 1904 à Berkhamsted en Angleterre. Après des études au Balliol College d'Oxford, il travaille pendant quatre ans comme rédacteur adjoint au Times. En 1929 paraît son premier roman, L'Homme et lui-même, bientôt suivi par Orient-Express (1932), C'est un champ de bataille (1934), Mère Angleterre (1935). Il fait la guerre comme agent de renseignements en Sierra Leone. Ses nombreux déplacements vont nourrir son oeuvre : Le Fond du problème (1948), Un Américain bien tranquille (1955), Notre agent à La Havane (1958). Romancier, nouvelliste, homme de théâtre, essayiste, engagé sur les plans politique et religieux, Greene a aussi travaillé pour le cinéma, adaptant ses oeuvres à l'écran, écrivant des scénarios, dont ce grand classique du film noir LeTroisième Homme (1949). Décoré de l'ordre du Mérite anglais et nommé Companion of Honour, Graham Greene est mort en Suisse en avril 1991. (Source : Babélio)

L'histoire :

Henry Pulling, banquier à la retraite, amateur de poésie lyrique et de jardinage, mène une paisible existence dans sa petite maison de banlieue. Bien ancré dans ses habitudes, il refuse obstinément la moindre interférence dans le courant de sa vie de célibataire. C'est compter sans l'irruption de sa tante Augusta, une femme excentrique de soixante-dix ans, charmante et volage, qui décide d'ouvrir les yeux de son neveu sur un monde résolument autre. Et celui de tante Augusta est sans tabous ni limites, entourée qu'elle fut d'hommes surprenants comme le révérend d'une église pour chiens ou M. Visconti, le grand amour de sa vie. Les voilà donc partis dans un tourbillon de voyages qui leur réserve bien des surprises. (Babélio)

 

Ce que j'ai aimé :

Le personnage de la tante est très bien croqué, elle est vive, dynamique, au passé dense et elle a l'art pour se mettre dans des situations étranges, par naïveté. En revanche celui du neveu est plus terne, ennuyeux. Si bien que finalement j'ai eu l'impression que le récit ne décollait pas, il traînait en longueur, et l'ennui a eu raison des prégrinations de cette charmante tante et de son acolyte... Même si l'ensemble est relativement amusant, distrayant, les digressions nombreuses finissent par lasser.

« Si l'âge marquait très peu ma tante, je reconnaissais cependant sa griffe dans une propension à sauter d'une anecdote à l'autre sans attendre la fin. Sa conversation faisait assez penser à ces magazines américains où , pour trouver la suite de l'histoire, l'on doit courir de la page vingt à la page quatre-vingt-huit en feuilletant toutes sortes de recettes de cocktails, vie amoureuse d'une star de cinéma, voire aute récit ou roman qui n'a rien à voir avec celui dont le fil a été brutalement interrompu. » (p. 82)

Cela me semble bien résumer mon ressenti...

 

Premières phrases :

« Je rencontrai ma tante Augusta pour la première fois en plus d'un demi-siècle aux obsèques de ma mère. Ma mère avait près de quatre-vingt-six ans à sa mort ; ma tante était sa cadette de quelque onze ou douze ans. Deux ans plus tôt j'avais quitté la banque avec une retraite suffisante et une agrable « enveloppe ».

 

Vous aimerez aussi :

En Caravane de Elizabeth VON ARNIM

 

Voyages avec ma tante, Graham Greene, traduit de l'anglais par Georges Belmont, Pavillons poche

Publié dans Littérature Europe

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Le pèlerin de Fernando PESSOA

Publié le par Hélène

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L'auteur : 

 http://www.bibliomonde.com/auteur/fernando-pessoa-525.html

 

Présentation de l'éditeur : 

Dans ce récit initiatique, datant de 1917, le jeune narrateur - le Pèlerin - évoque d'abord sa vie paisible chez ses parents, jusqu'au jour où, alors qu'il contemple la route en bas de chez lui, apparaît un mystérieux Homme en noir qui lui dit : " Ne fixe pas la route ; suis-la. " Une force mystérieuse le pousse alors à quitter sa maison et à suivre la route. Jusqu'où ? " Puisqu'il m'avait dit de la suivre et non de l'emprunter jusqu'à un certain point, je devais la suivre sans m'arrêter, jusqu'au bout... " Qui est l'Homme en noir et quel est l'objet de la quête qui jette le narrateur sur la route ? Comme dans tout conte initiatique, il sera soumis à la tentation et subira diverses épreuves, dont, d'étape en étape, il sortira vainqueur. Arrivé au bout de la route, quelle sera sa découverte ultime ?

 

Mon avis : 

 Un homme vit une vie bien tranquille chez ses parents jusqu’au jour où il croise ‘un home ne noir » qui lui murmure des mots qui l’invitent à prendre la route, celle qu’il n’avait fait qu’observer jusqu’ici. Le pèlerin se met en route à la recherche de lui-même sans doute. Cette marche initiatique le confrontera à diverses tentations mais il continuera sa route, tendu vers l’objet de sa quête.

 Un court conte plaisant, mais interrompu, la fin est seulement résumée : en effet, le texte présenté provient d’un cahier, sans titre, et de fragments intitulés « le Pèlerin ». Rassemblés ici, ils forment un tout cohérent, mais tronqué puisque les aventures s’interrompent et que la dernière partie du récit présente seulement un récapitulatif complet de l’histoire et un résumé de la fin. Ce qui nous permet de constater que le récit présenté ici  est loin d’être exhaustif, abouti et complet.  Je me pose donc la question de l’intérêt de publier un patchwork de textes, avec 80 pages de texte dont 25 de préface et une dizaine de résumé…  Pour les esthètes attachés à l’auteur, ce texte présente sans doute un intérêt, mais pour le lecteur lambda il reste une frustration lancinante…

 

Premières phrases :

 « J’habitais la maison de mes parents, dans ma ville natale au bord de la mer, et j’étais content. Aucune occupation ne venait distraire mon esprit des charmes propres à l’imagination heureuse des adolescents ; l’amour, avec sa joie insatisfaite, n’était pas encore venu troubler la limpidité de ma vie. »

  

 

Le pèlerin, Conte, Fernando Pessoa, texte établi et organisé par Ana Maria Freitas et Teresa Rita Lopes, préface de Teresa Rita Lopes, traduit du portugais par Paricidio Gonçalves, Editions de la différence, Minos, 2013, 6 euros

 

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La lettre à Helga de Bergsveinn BIRGISSON

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

"La vie n'est que trame et rêve,

calme plat et dur ressac,

écueil et courant rapide,

tempête, neige et brouillard.

Avec fleurs et soleil aussi.

Mais derrière les hautes montagnes -

personne n'est encore allé voir." (p. 102)

 

L'auteur :

Bergsveinn Birgisson est né en 1971. Titulaire d’un doctorat en littérature médiévale scandinave, il porte la mémoire des histoires que lui racontait son grand-père, lui-même fermier et pêcheur dans le nord-ouest de l’Islande.

Immense succès dans les pays scandinaves ainsi qu’en Allemagne, la Lettre à Helga est enfin traduit en français.

 

L'histoire :

« Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible.

Et c’est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l’âpre existence qui fut la sienne tout au long d’un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d'attention émerveillée à la nature sauvage.

Ce beau et puissant roman se lit d’une traite, tant on est troublé par l’étrange confession amoureuse d’un éleveur de brebis islandais, d’un homme qui s’est lui-même spolié de l’amour de sa vie.

 

Ce que j'ai aimé :

Bjarni Gislason est un vieil homme qui, à l'orée de sa mort, souhaite alléger le fardeau avec lequel il affrontera l'au-delà. Il se confie à Helga, son grand amour inassouvi, celle sui aurait pu être la seule et l'unique, celle qu'il n'a jamais cessé d'aimer, même si leur amour était impossible. Il lui écrit une longue lettre, une déclaration enflammée dans lequel il se souvient avec délices et intensité des premiers émois, des premiers regards, des premiers gestes... Mais il livre aussi sa vie, nue, l'élevage des moutons, son travail de contrôleur de fourrage, et surtout, surtout, son amour inconditionnel pour la nature sauvage si différente des villes telles que Reykjavik.

"Je ne veux pas dire que tout est tellement merveilleux par ici, ni que les gens sont des anges. Bien sûr, ici il y a les ragots, la jalousie, et toutes sortes de conneries qui vont avec l'espèce. Mais ces gens-là vous dépanneront d'un pneu de tracteur en cas de besoin. " (p. 103)

Avec une poésie sans pareille il chante son monde, comme pour enchanter ses choix et abnégations. Parce qu'il ne peut pas partir sans expliquer, sans expier, sans aimer, une dernière fois...

"J'ai appris à déchiffrer les nuages, le vol des oiseaux et le comportement du chien. J'ai éprouve l'étonnement du premier colon et mesuré l'envergure des premiers habitants de ce pays. J'ai perçu l'angoisse du feuillage aux éclipses de lune, j'ai levé les yeux dans les côtes et senti mon âme s'élever hors de moi tandis que je conduisais mon tracteur. (...) Je me suis baigné dans une eau pleine de l'écalt du soleil, et no celle qui sont noires des  tuyaux de lieux civilisés et j'ai perçu la différence. (...) L'amour ne se réduit pas au romantisme citadin où il s'agit de trouver la seule, la vraie qui comblera votre âme jusqu'à la faire déborder et dégouliner telle une pompe intarrissable. L'amour est présent aussi dans cette vie que j'ai menée ici, à la campagne." (p. 105)

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Un magnifique chant d'amour poétique, beau comme un coucher de soleil sur une vallée islandaise. Bjarni s'éteindra peut-être doucement bercé par le bêlement de ses moutons, mais son chant restera longtemps lové dans l'âme de ses lecteurs...

A lire, à relire, à offrir, à savourer, à aimer...

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien

Premières phrases :

"Chère Helga,

 

Certains meurent de causes extérieures. D'autres meurent parce que la mort depuis longtemps soudée à leurs veines travaille en eux, de l'intérieur. Tous meurent. Chacun à sa façon. Certains tombent par terre au milieu d'une phrase. D'autres s'en vont paisiblement dans un songe. Est-ce que le rêve s'éteint alors, comme l'écran à la fin du film ? Ou est-ce  que le rêve change simplement d'aspect, acquérant une autre clarté et des couleurs nouvelles ? Et celui qui rêve, s'en aperçoit-il tant soit peu ?"

 

Vous aimerez aussi :

Rosa candida de Audur Ava OLAFSDOTTIR

 

D'autres avis :

Babélio A noter qu'il est rare pour un roman de connaître un tel avis positif quasi unanime.

 

La lettre à Helga, Bergsveinn Birgisson, traduit de l'islandais par Catherine Eyjolfsson, Zulma, août 2013, 130 p., 16.5 euros

 

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La femme à la clé de Vonne VAN DER MEER

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Un récit tout en émotions.

L'auteur :

Vonne van der Meer vit près d’Amsterdam. Ses précédents romans, La Maison dans les dunes (2005) et Le Bateau du soir(2006), situés sur une île frisonne, ont rencontré un énorme succès aux Pays-Bas. Le Voyage vers l’enfant, en cours d’adaptation au cinéma, débute sur cette même île de Vlieland et se poursuit jusqu’à Lima. (Présentation de l'éditeur)

L'histoire :

" Femme, 59 ans, d'apparence maternelle, hanches larges, voix agréable, vient vous border et vous faire la lecture avant que vous vous endormiez. Discr. assurée. Intentions sexuelles totalement exclues."

Voilà l'annonce un brin malicieuse que rédige Nettie, lorsque la recherche d'un travail devient inévitable, quelques mois après le décès de son mari. Sans expérience professionnelle à faire valoir, elle se tourne vers sa passion et propose aux âmes esseulées - chômeur célibataire, hôtesse de l'air divorcée, fillette qui boude l'école - ses services en tant que lectrice. ( Présentation de l'éditeur)

Ce que j'ai aimé :

Nettie est une femme discrète, veuve, qui cherche une activité rémunératrice. En faisant le tour de ses compétences, elle décide de proposer ses services en tant que lectrice. Bien sûr son rôle dépassera largement celui de lectrice, à l'écoute de ses "clients", elle est à la fois la confidente, la soeur, la mère et apporte bien plus que quelques pages de lecture. Parce que notre besoin de réconfort est infini, Nettie n'est jamais à court de demandes.

Nous retrouvons le charme discret de Vonne Van der Mer dans ces pages, pages émaillées de récits enchâssés, petites nouvelles que racontent Nettie le soir au creux du lit... Charme brumeux, qui file là où on ne l'attend pas forcément, atmospère douce et mélancolique.

Ce que j'ai moins aimé :

Le récit reste un peu court dans tous les sens du terme, il manque une dimension, et de pages pour densifier l'ensemble qui reste dans l'ombre de ses pairs comme Raymond Jean...

Premières phrases :

C'’était une douce soirée de printemps. On pouvait se passer de coupe-vent et de pulls, les nouer autour de la taille. Nous chantions en cette fin de journée, comme la veille et l’avant-veille. Mais l’impression de nouveauté avait disparu et rien ne laissait présager un incident particulier.« Nous ne sommes pas près de rentrer chez nous, la route est longue, la route est longue… » « Le petit pot de graisse sur la table j’ai posé… » « Et hop, les garçons ça ne vaut rien, hop, les garçons ça ne vaut rien. Et les filles, ça ne connaît rien au foot… »

Les garçons avaient mêlé leurs voix à celles des filles, pas seulement les garçons de notre classe mais tous ceux des écoles voisines et même de plus loin, pour chanter que les filles, ça ne vaut rien. Et que ça ne connaît rien au foot. Nous hurlions ces curieuses paroles comme si nous étions sur le sentier de la guerre. Le lendemain, quand serait décernée la médaille de la Marche de quatre jours, il fallait absolument avoir la voix cassée. Plus que cette médaille, l’extinction de voix était la preuve qu’on avait été de la partie."

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Les invités de l’île de Vonne Van DER MEER

Autre : La lectrice de Raymond Jean

D'autres avis :

Babélio, cathulu

 

La femme à la clé, Vonne VAN DER MEER , traduit de lu néerlandais par Isabelle Rosselin, Héloïse d'Ormesson, août 2013, 208 p., 17 euros

 

rentrée littéraire2013 2

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