Un bûcher sous la neige de Susan FLETCHER

Publié le par Hélène

 

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 ♥ ♥ ♥ ♥

Un roman ensorcelant. Susan Fletcher est une grande magicienne…

  

L’auteur :

 

Susan FLETCHER est une écrivain anglaise. Un bûcher sous la neige est son troisième roman, après  Avis de tempête et  La fille de l'Irlandais (Plon 2006) qui a connu un immense succès en Angleterre (sélectionné par le célèbre talk-show " Richard and Judy "). 

 L’histoire :

 

Dans l’Ecosse du XVIIème siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie et de trahison envers le roi Guillaume, attend le bûcher. Le révérend Charles Leslie vient d’Irlande pour tenter de comprendre qui a été l’instigateur du massacre de Glencoe. Il va alors rencontrer la jeune fille qui en fut témoin, et qui va accepter de lui raconter ce qu’elle sait, à condition qu’il écoute l’histoire de sa vie. Chaque jour, ce récit continue, comme une longue confession.

 Ce que j’ai aimé :

 

-         Le portrait de Corrag, archétype des êtres rejetés pour leur étrangeté, est subtilement peint : la jeune fille se livre à la première personne avec toute sa naïveté, sa jeunesse, et sa beauté, et parallèlement, dans les lettres qu’il écrit à sa femme Jane,  la voix de Charles donne un point de vue externe sur elle, point de vue qui va évoluer au fil du récit de cet étrange personnage.

Charles est finalement admiratif et fasciné par cette femme lumineuse :

 

« Jamais je ne me suis tenu immobile dans un marécage, ni n’ai entendu une chouette hululer. » (p. 308) dira-t-il, soudain ébranlé dans ses certitudes. Ce qu’il croyait vrai et juste n’était que l’ombre de préjugés insufflé par d’autres.

 

Mais Corrag ne sera plus la même après ce récit, elle qui a pourtant appris à se méfier des hommes :

 

« Tellement de haine dans le monde. Tellement de tristesse.

Ma mère disait toujours il n’y a pas de diable. Rien que les coutumes diaboliques de l’homme. Et elle allait là où étaient le vent, les hauteurs et l’herbe, car ces endroits-là ne pouvaient pas lui faire du mal, pas comme les gens. » (p. 306)

 

Elle aura rencontré quelques hommes irradiant la même lumière qu’elle, quelques hommes qu’elle s’autorisera à aimer, malgré l’avertissement désabusé de sa mère.

 

« Mais il y a aussi de la lumière. Elle est partout. Elle inonde ce monde, le monde en est rempli. Un jour, assise au bord de la Coe, je regardais des rayons de lumière tomber à travers les arbres, à travers leurs feuilles, et je me suis demandé s’il y avait quelque chose de plus beau que ça, ou de plus simple. Il y a maintes beautés. Mais toutes –depuis la neige jusqu’aux cheveux d’Alasdair, roux comme les fougères, jusqu’au ciel reflété dans l’œil de ma jument quand elle humait l’air sur la lande de Rannoch -, toutes ont de la lumière en elles, et elles valent la peine. Elles valent la peine de ce qui est sombre. » (p. 385)

 

-         Le souffle lyrique aère ces pages et leur offre une dimension supérieure. Jeune femme sauvage, Corrag vit en harmonie avec les éléments, et nous offre une vision pure de cette nature souvent ignorée au bénéfice des hommes et de leurs tourments. Nous parcourons les High lands à ses côtés, et comme pour Charles, c’est tout à coup une autre vision du monde qui s’offre à nous.

 

« Je pense ça, et je lève les yeux.

C’est le soir. La lune est à son premier croissant. Il y a des étoiles, et le bruit d’un ruisseau, et dans l’obscurité j’entends même des ailes d’insectes. Je me dis quels présents nous recevons. Quels présents, chaque jour.

Je m’enveloppe dans votre manteau, je respire. Je souris.

Je vais devant moi sous le ciel, à travers la lande. » (p. 388)

 

    Ce que j’ai moins aimé :

-         Rien.

 

 Premières phrases :

 

« Jane,

Je ne me souviens d’aucun hiver qui fût aussi cruel ou me mît à si rude épreuve. Tempêtes de neige et gel sévissent depuis des semaines. Un féroce vent du nord s’infiltre dans ma chambre et tourmente la bougie à la lumière de laquelle j’écris. Par deux fois, elle s’est éteinte. Ce qui va m’obliger à être concis. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La fille de l’irlandais

 

Un bûcher sous la neige, Susan FLETCHER, traduit de l’anglais par Suzanne MAYOUX, Plon, Feux croisés, août 2010, 400 p., 22 euros

 

Merci à Jennyfer SOULAT des Editions Plon pour cette découverte ensorcelante.

 

D’autres avis chez Ys, Cathulu, Papillon, Fashion, Liliba, Clara...

 1pourcent

Publié dans Littérature Europe

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M

Je partage complètement ton enthousiasme !! Un très beau roman !!
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F


Moi aussi j'attends impatiemment la sortie poche, je sens que je vais aimer, ah, l'Ecosse... merci pour ton billet qui a piqué ma curiosité



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H


Tu vas adorer, forcément !



E


J'espère qu'il sortira très vite en poche car je suis sure qu'il va me plaire.



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H


Un gros coup de coeur pour moi !



A


Je suis en pleine lecture et j'adore



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H


Un vrai bol d'air frais, vrai et vivifiant...



P


Un de mes coups de coeur de la rentrée ! Quelle plume ! Moi aussi j'ai envie d'en lire d'autres de cette auteure.



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H


Je pense que toutes celles qui l'ont lu, l'ont apprécié...



C


avis de tempête, qui est aussi en poche!:)



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H


Il viendra donc après "la filled e l'irlandais"



Y


J'ai retrouvé les Highlands le temps d'une lecture...



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H


Tour y est : le climat, les paysages, les bruits même, une merveille...



K


Je vais me laisser tenter...Vous êtes terribles!



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H


Succombe, fais nous confiance.



C


Il y en a un autre aussi traduit en français, remarquable!



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H


J'ai craqué et acheté "La fille de l'irlandais", c'est de celui-ci dont tu parles ou "Avis de tempête" (j'ai hésité entre les deux mais "la fille de l'irlandais" avait reçu une distinction en GB)



C


Une lecture magnifique !!!!



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H


Alors que comme je le disais à keishé, a priori les histoires de sorcières ne me tentaient pas plus que cela... Mais il y a tellement plus, c'est tellement beau, profond, bien écrit... De fait
j'ai envie de me plonger dans "la fille de l'irlandais", pour retrouver cette magie ! Je l'ai sur mes étagères, je ne vais pas résister longtemps...