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biographies et cie

Moi, Malala de Malala YOUSAFZAI

Publié le par Hélène

 ♥ ♥ ♥

« Si nous croyons en quelque chose de plus grand que nos vies, alors nos vies ne feront que s’amplifier même si nous sommes morts. » p147

Quand les talibans prirent le contrôle de la vallée du Swat, au Pakistan, Malala, malgré son jeune âge, décida de ne pas céder à la terreur et de lutter contre le fanatisme. Élevée dans une famille moderne qui refuse de faire une différence entre les garçons et les filles, elle comprend rapidement que l'éducation est au cœur des enjeux pour lutter contre l'ignorance et le fanatisme.

La famille de Malala se dresse contre les talibans, malgré les menaces, pour lutter pour la paix et la démocratie dans leur pays. Peu à peu Malala gagne en notoriété jusqu'au jour fatidique en octobre 2012 où les talibans lui tirent dessus dans son bus scolaire.

A 15 ans, elle est grièvement blessée d’une balle dans la tête. Cet attentat censé la faire taire l’a au contraire confortée dans son engagement en faveur de l’éducation des filles dans son pays et, au-delà, des millions d’enfants non scolarisés de par le monde.

« La vérité triomphera de la fausseté. C’est cet article de la véritable foi musulmane qui nous a guidés tout au long de notre parcours. Les talibans m’avaient tiré dessus pour essayer de me faire taire. Finalement, c’était le monde entier qui écoutait mon message dorénavant. « 

« Une personne avait tenté de me réduire au silence. Et des millions lui reprochaient son acte. C’était là des miracles, également »

A 17 ans, elle reçoit le prix Nobel de la paix et continue de se battre pour la paix et l'éducation car « Un enfant, un professeur, un crayon, un livre peuvent changer  le monde »

Son témoignage bouleversant est un exemple de courage et d'engagement. 

Présentation de l'éditeur : le livre de poche

Publié dans Biographies et cie

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Les villes de papier. Une vie d'Emily Dickinson de Dominique FORTIER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Chaque poème est un minuscule tombeau élevé à la mémoire de l'invisible."

La jeune Emily Dickinson est comme un oisillon fragile et insaisissable, sa vie est entourée de mystères : née le 10 décembre 1830 dans le Massachusetts, morte le 15 mai 1886 dans la même maison, elle ne s’est jamais mariée, n’a pas eu d’enfants, a passé ses dernières années cloîtrée dans sa chambre, écrivant sans cesse, mais sans souhaiter publier. Et pourtant, elle est aujourd’hui considérée comme l’une des figures les plus importantes de la littérature mondiale.

Le style poétique de Dominique Fortier s'attache aux pas de Emily Dickinson sans chercher à juger, ni à expliquer cette femme dont le cœur s'emballe  à la vue de "l'éclair rouge d'un cardinal dans le feuillage de l'érable."

"En écrivant, elle s'efface. Elle disparaît derrière le brin d'herbe que, sans elle, on n'aurait jamais vu.(...) Elle écrit pour témoigner : ici a vécu une fleur, trois jours de juillet de l'an 18**, tuée par une ondée un matin, Chaque poème est un minuscule tombeau élevé à la mémoire de l'invisible."

Elle imagine les raisons qui ont pu la mener à rester recluse à la moitié de sa vie :

"C'est dans cette exquise répétition des choses, dans ce temps suspendu, qu'elle arrive, par éclairs, à saisir ce que murmure l'herbe et ce que souffle le vent. Il n'y a pas d'autre moyen de s'arrêter que de tourner exactement au même rythme que la Terre qui tournoie autour du Soleil, et de s'abandonner à ce vertige."

La délicatesse et la beauté de l'écriture de l'autrice s'accorde parfaitement avec ce personnage diaphane, presque  magique.

Un petit bijou !

 

Présentation de l'éditeur : Grasset

 

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Manderley for ever de Tatiana DE ROSNAY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Tatiana de Rosnay s'attache aux pas de cette femme libre et passionnée qui aurait voulu être un garçon. En se concentrant particulièrement sur les lieux aimés, elle suit le destin de cette écrivaine prolixe qui ne compte pas moins de vingt-neuf romans à son actif. Au centre de son univers Menabilly, la maison qui a inspiré le magnifique Manderley et à laquelle Daphné Du Maurier était très attachée.

Source : Vanity Fair

L'auteure balaie à la fois la vie familiale, sentimentale, mondaine, et littéraire. Elle revient en détail sur les œuvres écrites, et nous permet d'accéder aussi à cet univers noir en contradiction avec la femme rayonnante que Daphné du Maurier était et avec l'étiquette qu'on a bien voulu lui attribuer d'écrivaine romantique. Elle met en lumière le travail difficile d'écriture, si nébuleux, mystérieux, lumineux et sombre à la fois.

"Voilà comment se nourrissent les romans, d'ardeurs et d'obsessions, tout ce qu'on ne peut exposer au monde extérieur au risque de passer pour une démente, tout ce que ces abrutis de juges n'ont jamais su, ni anticipé, tout ce qui se trame dans l'âme des écrivains, fragments de vérité et de fantasmes, argile personnelle façonnée et pétrie à souhait dans les dédales d'un labyrinthe de l'intime interdit aux visiteurs et aux curieux."

Un dossier avec photos permet de mettre des images sur les mots pour créer un récit vivant qui fait revivre sous nos yeux une femme exceptionnelle !

 

Oeuvres de Daphné DU MAURIER : Mary Anne ♥ ♥  ; Ma cousine Rachel ♥ ♥ ♥ ♥ ; Rebecca ♥ ♥ ♥ 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

 

Publié dans Biographies et cie

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Rien n'est noir de Claire BEREST

Publié le par Hélène

♥ ♥

« À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages? Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien. "

L'auteure choisit ici de s'intéresser à dix ans de la vie de Frida Kahlo : sa rencontre avec Diego, cette passion dévorante, les années fastes pour Diego qui côtoie les Ford et Rockefeller, les voyages incessants, mais aussi les infidélités, les pleurs et séparations, réconciliations sans fin... Et, pour conjurer ces déceptions, ces accidents de la vie, l'art. L'art pour conjurer la souffrance physique et morale, l'art pour simplement survivre...

"Frida est trop intense parfois, impossible à son contact d'oublier que l'on va tous mourir et que notre passage ici est une sorte de violence magique, futile, essentielle et grotesque, interdit d'oublier que nous sommes tous reins et peau d'inconsolables incendies, c'est trop de tension, il est sorti ce soir, il a besoin d'être seul parfois, souvent. Mais une vie sans elle serait une pâle étoile. Une longue et morne promenade bordée de réverbères perpétuellement allumés."

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai fini par m'ennuyer, avec l'impression que le roman tournait en boucle autour de cette passion à la fois destructrice et source de création :

"Le problème, c'est que Diego veut être aimé du monde entier et du siècle.

- Et toi, Frida ?

- Moi, je veux être aimée de Diego Rivera."

Si le début m'a passionnée parce que je ne connaissais pas bien la personnalité de Frida ni son histoire, par la suite j'ai fini par survoler ses émois passionnés...

Bilan :

Si le destin de cette femme extraordinaire est fascinant, je n'ai pas été sensible aux mots de Claire Berest...

Frida Kahlo e Diego Rivera, Messico 1933. Fotografia di Martin Munkácsi

Présentation de l'éditeur : Stock

D'autres avis : je n'ai lu que des avis positifs : Frédérique ; Cathulu

Lu sur Netgalley

 

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Les soeurs Brontë de Laura EL MAKKI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Pour trouver "La force d'exister", les sœurs Brontë ont dû mener un combat quotidien : que ce soit contre la maladie, cette tuberculose insidieuse qui leur enlève leurs proches un à un, que ce soit contre des établissements scolaires insalubres, aux méthodes violentes, que ce soit contre la pauvreté qui les guette sans cesse, contre leur condition de femme qui jette un discrédit sur leurs écrits... Mais grâce à l'art, à une ébullition continuelle autour de la création littéraire, les trois soeurs luttent et s'émancipent des aléas de l'existence :

"L'écriture leur apprend ce qu'est la puissance. Si la force peut manquer contre le froid ou la maladie, elle s'exerce et se déploie grâce aux mots.  Pour les Brontë, qui ont supporté la mort et tente chaque jour de l'esquiver, écrire est une manière de persévérer, au sens spinozien du terme : de continuer à vivre de manière active, de "durer" avec la certitude que l'action - la création - sauve de l'inertie dangereuse, de l'espérance vide."

Laura El Makki revient ici sur leur parcours dans le presbytère paternel, dans les landes du Yorkshire 1836, jusqu'à la publication sous pseudonymes masculins de leurs œuvres : Les hauts de Hurlevent, Jane Eyre ou encore la recluse de Wildfell Hall. Elle mentionne aussi Branwell, le frère si prometteur mais aux prises avec ses démons... Au fil du récit, certaines dissensions entre les sœurs apparaissent aussi :

 

"La maison des Brontë était un drôle d'endroit. On partageait des rêves, on écrivait des chefs d’œuvre, mais on cachait aussi aux autres - aux aimés- qui l'on était vraiment."

 

Malgré tout, leur amour de l'écriture transcende leurs différences et les porte vers la reconnaissance qui les sauvera de la précarité.

 

Ce que j'ai moins aimé : Le lyrisme du style du début de la biographie s'efface peu à peu, c'est dommage.

 

Bilan : Une biographie passionnante qui éclaire le destin de ces femmes hors du commun.

 

Présentation de l'éditeur : 10/18

Des soeurs Brontë : Mon préféré est Jane Eyre de Charlotte (lu 5 fois), puis La dame du manoir de Wildfell Hall  de Anne, mais Les Hauts de Hurlevent de Emily, lu à 20 ans, m'avait déçue, et enfin même déception pour Agnès Grey

D'autres avis : Dominique ; Cathulu

Publié dans Biographies et cie

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Etre ici est une splendeur, vie de Paula M. Becker de Marie DARRIEUSSECQ

Publié le par Hélène

 ♥ ♥

1876 à 1907. Paula Modersohn-Becker est une artiste peintre allemande de la fin du XIXème siècle, célèbre en Allemagne et dans beaucoup d’autres pays au monde, mais à peu près inconnue en France bien qu’elle y ait séjourné à plusieurs reprises... Elle est précurseure de l’expressionnisme, et fut amie de Rilke et de son épouse, la sculptrice Clara Westhoff. Elle peint envers et contre tout, comme un besoin essentiel.

Elle se marie en 1901 avec Otto Modersohn, mais elle reste déçue par le mariage, ce qui la pousse à quitter son mari quelques années plus tard, préférant se consacrer corps et âme à son art.

"L'expérience m'a enseigné que le mariage ne rend pas plus heureuse. Il ôte l'illusion d'une âme soeur, croyance qui occupait jusque-là tout l'espace. dans le mariage, le sentiment d'incompréhension redouble. Car toute la vie antérieure au mariage était une recherche de cet espace de compréhension. est-ce que ce n'est pas mieux ainsi, sans cette illusion, face à face avec une seule grande et solitaire vérité ?"

Elle reviendra vers lui et tombera alors enceinte, mettant au monde une petite fille, Mathilde. Dix-huit jours après sa naissance, alors qu'on l'autorisait à se lever pour la première fois, elle s'écroula, victime d'une embolie pulmonaire. Son dernier mot sera "Schade" "Dommage".

AU-delà de son intérêt pour son art, Marie Darrieussecq s'est aussi intéressée à elle à cause de ce dernier mot :  "J'ai écrit cette biographie à cause de ce dernier mot. Parce que c'était dommage. Parce que cette femme que je n'ai pas connue me manque. parce que j'aurais voulu qu'elle vive. Je veux montrer ses tableaux. Dire sa vie. Je veux lui rendre plus que la justice : je voudrais lui rendre l'être-là, la splendeur."

Ce que j'ai moins aimé : le style et certains détails nous font balancer entre charme et vide des propos : par exemple au restaurant des détails tels que : "Paula y prend volontiers des asperges, et Rilke du melon." apparaissent bien peu nécessaires...

Bilan : Au-delà du personnage touchant de l'artiste, je n'ai pas été sensible au charme de cette biographie.

 

Présentation de l'éditeur : POL ; Folio

D'autres avis : TéléramaBabélio

 

Etre ici est une splendeur, Marie Darrieussecq, Folio, septembre 2017, 160 p., 6 euros

 

EXTRAIT DE REQUIEM POUR UNE AMIE
Rainer Maria Rilke, 1908

Proche de Paula Modersohn-Becker, le poète Rainer Maria Rilke est terriblement affecté par la disparition de la jeune femme. Les deux amis se sont toujours vouvoyés. Mais un an après son décès, il la tutoie dans un texte poignant à sa mémoire.

« Dis, dois-je voyager ? As-tu quelque part
laissé une chose qui se désole
et aspire à te suivre ? Dois-je aller visiter un pays
que tu ne vis jamais, quoiqu’il te fût apparenté
comme l’autre moitié de tes sens ?
Je m’en irai naviguer sur ses fleuves, aux étapes
je m’enquerrai de coutumes anciennes,
je parlerai avec les femmes dans l’embrasure des portes,
je serai attentif quand elles appelleront leurs enfants.
[…]
Et des fruits, j’achèterai des fruits, où l’on
retrouve la campagne, jusqu’au ciel.
Car à ceci tu t’entendais : les fruits dans leur plénitude.
Tu les posais sur des coupes devant toi,
tu en évaluais le poids par les couleurs.
Et comme des fruits aussi tu voyais les femmes,
tu voyais les enfants, modelés de l’intérieur
dans les formes de leur existence. »

 

Le musée d'Art Moderne de Paris lui consacre une exposition en 2016, exposition à laquelle a collaboré Marie Darrieussecq :

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Epicure en Corrèze de Marcel CONCHE

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

"Nous sommes nés une fois, il n'est pas possible de naître deux fois, et il faut n'être plus pour l'éternité : toi, pourtant, qui n'es pas de demain, tu ajournes la joie ; la vie périt par le délai, et chacun de nous meurt affamé." Epicure

Marcel Conche est né en 1922 en Corrèze dans une famille de paysans. Son enfance s'est déroulée dans les champs, dans une harmonie simple et limpide avec la nature et ses secrets. Les travaux des champs étaient son quotidien : s'occuper des vaches, arracher les pommes de terre ("Je suis peut-être le seul philosophe qui ait arraché les pommes de terre... ou du moins le seul encore vivant !" ironise-t-il à ce propos), faire les foins, s'occuper de la vigne... De ces expériences premières, il retire une sagesse millénaire : il apprend à faire les choses lentement, dans l'ordre, en temps et en heure. Ce sera sa première leçon de philosophie... 

Touche après touche, Marcel Conche nous livre ici ses souvenirs d'enfance pour revenir aux sources de son amour de la philosophie. Il en profite pour évoquer les philosophes qu'il affectionne comme les grecs Héraclite, Parménide, Epicure ou l'humaniste Montaigne. 

"La Nature est le Poète premier, ai-je souvent dit, et la philosophie a sa source dans la poésie." 

Il réfléchit sur le temps, l'espace et le sens de de la vie, nous livrant sa sagesse avec humilité. Il souligne à ce sujet que le titre est du fait de son éditeur, lui n'aurait jamais eu la prétention de se comparer à Epicure. Avec le temps il est devenu spécialiste de ce philosophe grec souvent mal compris pour qui la recette du bonheur est de ne pas craindre dieux, de savoir que la mort n'est rien, que le bonheur est facile à obtenir, la souffrance facile à supporter si nous maîtrisons nos désirs de sorte que les satisfaire ne nous crée aucune difficulté. Ainsi vivre selon la Nature cela signifie vivre sous le signe de la limite et non pas dans un relâchement journalier.

Dans ces pages, Epicure cotoie d'autres personnalités comme la femme du philosophe corrézien ou ses amies Chaïmaa et Emilie, prouvant ainsi combien la philosophie fait partie intégrante de la vie et ne constitue pas une discipline à part. Elle donne des directions vers "la vie bonne", libre à chacun ensuite de suivre les pas de Marcel Conche qui chante la beauté d'une vie simple : 

"Les fanes de pommes de terre sont assez sèches pour être brûlées... J'enfais des tas au pied desquels j'allume des torches de papier journal. La flamme s'élève bientôt, le vent la secoue dans un sens et dans l'autre ; quand son bruit de souffle s'apaise, le murmure de la Dordogne toute proche parvient jusqu'à moi, et je me sens environné d'amis. Ils sont rares chez les humains, mais la nature en est peuplée." 

 

Présentation de l'éditeur : Editions Stock 

L'auteur Né en 1922, il est professeur émérite à la Sorbonne et membre de l’Académie d’Athènes. Outre lesLettres et Maximesd’Épicure, il a traduit, aux PUF, le Poèmede Parménide, lesFragmentsd’Anaximandre et lesFragmentsd’Héraclite. On lui doit une trentaine d’ouvrages, dont des essais classiques sur Lucrèce, Pyrrhon ou Montaigne. Il a développé son propre système, construit autour de l’idée de la Nature comme source spontanée de toutes choses – lire notamment le recueilPrésence de la Nature (PUF, 2001) etMétaphysique (PUF, 2012). Dernier ouvrage paru : Présentation de ma philosophie (HDiffusion, 2013). (source : Philosophie magazine )

D'autres avis : repéré dans Télérama  ; Le JDD ; BibliobsPhilosophie magazine 

 

Epicure en Corrèze, Marcel Conche, Stock, ocotbre 2014, 120 p., 17 euros

Publié dans Biographies et cie

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Grace Kelly de Sophie ADRIANSEN

Publié le par Hélène

                                     

♥ ♥

"Ecrire sur Grace Kelly, c'est s'attaquer à un iceberg." 

 

L’auteure :

 http://www.sophieadriansen.fr/

 

L’histoire :

Fille de millionnaire, comédienne obstinée, reine du cinéma, éternelle amoureuse, mélancolique chronique, mère accomplie et princesse au grand coeurGrace Kelly est une icône et son destin est une légende, celle d'une reine d'Hollywood devenue souveraine après avoir trouvé sonprince charmant. Elle a passé tant de temps dans la lumière qu'on croit connaître d'elle le moindre secret. Mais les images ne disent pas tout. 

Grace Kelly a tout au long de son existence incarné un idéal qui n'était qu'un trompe-l' oeil. Voici une plongée dans les profondeurs floues du protocole monégasque et des plateaux hollywoodiens, une invitation à découvrir l'envers de tous les décors d'une vie passée devant les objectifs et mise en scène sur pellicule. Grace Kelly est un iceberg dont la légende s'écrit comme un roman. Ce portrait, brossé d'une plume remarquable, ressuscite la femme et fait fondre la glace.

(Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j'ai aimé :

 Grace Kelly est comme une icône de papier glacé, belle, talentueuse, femme au destin exceptionnel, elle a côtoyé les plus grands, de Hitchcock à JFK.

Sophie Adriansen nous offre ici une image plus fragile de cette femme : dans l’attente d’une reconnaissance paternelle, perdue dans les relations compliquées d’Hollywood et pourtant tellement heureuse devant la caméra, puis princesse enfermée dans une cage dorée qui la place plus que jamais sous les feux des caméras du monde entier.

Le destin de la belle blonde se dessine au travers 7 dates clés : 1947 qui voit les débuts de la jeune Grace devant la caméra, 1954 et la "déferlante Kelly", de ses débuts à Boadway à sa rencontre avec Hitchcock, 1956, son mariage princier, 1962, à nouveau ses tentations hitchcokiennes, 1965, 1978 et enfin1982, "le clap de fin". 

Une biographie qui se lit comme un roman, un roman triste finalement, qui montre que derrière  les fastes et la réussite, Grace Kelly était une femme à la recherche d'autre chose, de plus de quiétude et de pleinitude.

"Grace a tout au long de son existence incarné un idéal qui n'était qu'un trompe l'oeil ; la diaphane porcelaine comporte des fêlures visibles seulement qi l'on s'approche." (Préface)

 

grace-kelly.jpg

 

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai été un peu lassée par cette structure en flash-backs : le début du chapitre se passe à une période X, et la suite revient en arrière pour expliquer comment Grace en est arrivée à cette période X. 

 

Premières phrases :

"La candidate avait indiqué sur le formulaire d'inscription qu'elle ambitionnait de devenir une comédienne suffisamment accomplie pour que son onlce George écrivît un jour une pièce pour elle. Elle portait le paronyme de Kelly et savait qu'elle marquerait des points en faisant état de son lien de parenté avec le dramaturge."

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Je vous emmène au bout de la ligne  ;  Quand nous serons frère et sœur 

 

Autre : Le film d'Olivier Dahan prévu qui fera l'ouverture du festival de Cannes

D’autres avis :

Séverine ; L'irrégulière ; Marie-Claire ; Lionel

 

Grace Kelly, d’Hollywood à Monaco le roman d’une légende, Sophie Adriansen, Premium, janvier 2014, 250 p., 18 euros

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Joseph Anton, une autobiographie de Salman RUSHDIE

Publié le par Hélène

joseph anton 

♥ ♥

 

L’auteur :

 http://www.salman-rushdie.com/about-2/

 

L’histoire :

 Le 14 février 1989, Salman Rushdie reçoit une fatwa de Khomeini pour avoir écrit Les versets sataniques. En toute franchise et honnêteté, l'écrivain raconte sa clandestinité, son changement d'identité obligé et son combat pour retrouver une liberté. Il raconte sans tabou son quotidien sous surveillance armée et sa lutte pour obtenir soutien et compréhension du monde des médias ou des politiciens. (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Salman Rushdie nous fait pénétrer dans l’antre de l’écrivain, nous permettant d’assister à la mise en place d’un nouvel écrit, aux pensées de l’artiste mais aussi à celle de l’homme tant sa vie d’artiste a modifié profondément sa vie d’être humain suite à la publication des Versets sataniques.  Il expose ses projets d’écriture, ses rencontres littéraires décisives et échafaude peu à peu, sous nos yeux, les prémisses du roman qui va bouleverser son existence.

 «  La grande question était de savoir comment le monde s’assemblait, pas seulement de voir comment l’Orient se mêlait à l’Occident et l’Occident à l’Orient, mais comment le passé façonnait le présent et comment le présent modifiait notre perception du passé, et comment le monde imaginaire, le lieu des rêves, de l’art, de l’invention mais également de la croyance se diffusait à travers la frontière qui le séparait de la « réalité » quotidienne où chaque être humain est persuadé, à tort, de vivre. » (p. 88)

 Puis vient l’heure de la lutte pour la liberté d’expression, lutte menée contre les extrémistes, lutte qui détient en son sein un caractère universel atemporel, malheureusement. Il s’agissait du prix à payer pour faire vivre son projet :

« Ecrire un livre c’est conclure un pacte faustien à l’envers. Pour gagner l’immortalité, ou du moins conquérir la postérité, on perd, ou du moins on compromet, sa véritable existence quotidienne. » (p. 113)

L’ensemble de l’autobiographie est marquée par un esprit très érudit, réfléchi et cultivé, un homme complet mis au ban de sa propre vie pour avoir osé braver l’interdit religieux.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 J’ai regretté de n’avoir pas lu « Les versets » avant ma lecture de cette autobiographie,  afin de mieux saisir les subtilités de son raisonnement.

Salman Rushdie écrit dans un style tellement fluide qu’il se laisse emporter par son propos si bien que cette Autobiographie ne compte pas moins de 727 pages, un pavé non exempt de quelques longueurs…

 

Premières phrases :

 « Après coup, alors que le monde explosait autour de lui et que les merles de la mort s’assemblaient en masse sur le portique dans la cour de récréation, il regretta d’avoir oublié le nom de la journaliste de la BBC qui lui avait dit que son ancienne vie était désormais terminée et qu’une nouvelle existence, plus sombre, allait commencer. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Les versets sataniques

 

 D’autres avis :

 Les inrocks 

Blogs : Audouchoc JosteinNadael Akialam Keisha ; Clara

 

Joseph Anton, une autobiographie, Salman Rushdie,  traduit de l’anglais par Gérard Meudal,  Plon, 727 p., 24 euros

 

grand prix lectrices de elle

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La tête à Toto de Sandra KOLLENDER

Publié le par Hélène

                                                 tete-a-toto.jpg

 ♥ ♥

 

 L’auteur :

 Conceptrice-rédactrice puis comédienne, elle met sa carrière entre parenthèses en 2003 pour s’occuper de son fils, alors atteint du Syndrome de West.

Elle partage actuellement son temps entre les nombreuses rééducations et la scène.

La Tête à Toto est son premier roman.

 L’histoire :

 – Écoute Anna, ton bébé est gravement malade, mais tu sais il pourrait être handicapé. Ah, OK, il est handicapé ? Mais tu pourrais être une mère célibataire. Ah, ça aussi ? Bon mais ne te plains pas, je te rappelle que le père de ton fils est vivant alors que ton amoureux d’avant est mort d’un cancer. Ah, tu vois, ça va tout de suite mieux non ?

 Anna a grandi dans une famille où le pathos est proscrit. Chez les siens, il est un devoir de rire de tout. Alors, elle n'a pas choix, il faut tout prendre autrement. C'est une question de survie.

 Dans ce roman autobiographique, Sandra Kollender nous entraîne dans un monde surréaliste et lumineux. Elle démontre que dans la vie non seulement tout peut arriver – mais que, surtout, presque tout arrive. Même le meilleur.

En refermant ce livre sur le pouvoir de l'amour maternel, on se dit que, bien qu’escarpé, le chemin est exaltant.

 

Ce que j’ai aimé :

Sandra Kollender nous fait découvrir le parcours du combattant d’une mère et de son enfant handicapé : les médecins peu aptes à expliquer la maladie, peu psychologues, les directrices d’école, peu enclines à accepter un enfant handicapé, les méthodes de rééducation, peu adaptées en France… Le bilan pour la France est lourd : il semble que ce soit un pays qui ne sait pas gérer cette réalité, obligeant par exemple Noé à se faire rééduquer à … Toronto !

 Après les stages à Toronto avec la méthode MEDEK voici le bilan de la jeune maman : 

 « Eh bien moi j’ai réalisé pendant mes longues heures d’avion que si Noé était né dans une ferme au fin fond de la Creuse, dans une famille un peu moins informée et avantagée, il n’aurait pas pu partir à Toronto et rien de tout ça ne serait arrivé.

J’ai aussi vu le retard de la France en matière de prise en charge (peu de choix, quasiment aucun remboursement), mais surtout l’étroitesse d’esprit des nombreux rééducateurs qui refusaient de s‘ouvrir aux méthodes qui ne sont pas celles enseignées à l’école.(…)

« Ah oui, c’est très bien. Oui vraiment, très impressionnant. Ca ressemble un peu à la méthode machin que j’utilise parfois. Bravo, il a fait de beaux progrès. Allez, reprenons où on en était. » » (p. 43)

Le ton de ce témoignage se veut drôle et décalé :

 « Je n’ai rien contre les PMI. C’est peut-être très bien. Mais faut pas y aller quand t’es malade. C’est marqué dans le règlement. Quand t’es malade il faut aller voir le pédiatre. Mais comment tu sais que t’es malade si tu vas qu’à la PMI ? » (p. 21)

 En effet derrière cette mascarade humoristique, se cache de véritables failles, cachées pour les besoins du bien-être de l’enfant :

 « Mais il faut qu’il sache que je suis la plus graaaande actrice qu’il ait jamais connue.

Je suis celle qui peut vire chaque jour avec un cœur mort en chantant « Meunier tu dors » avec les mains qui tournent et le changement de rythme et tout et tout.

Je suis celle qui peut parler pendant près d’une heure avec sa grand-mère adorée d’une voix parfaitement calme et raccrocher pour pouvoir enfin m’écrouler.

Je suis celle qui va jouer la comédie du monde meilleur pour son petit garçon, parce que si je ne le fais pas, il va devenir triste. » (p. 76)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 J’ai nettement moins aimé les chapitres consacrés uniquement à la maman et à ses déboires amoureux. Il faut dire aussi que ce livre est beaucoup centrée sur elle, sur sa capacité à passer outre les difficultés, à être une super-maman…

Je me suis demandée si les quelques caricatures qui égratignent la France sont vraies ou pas, j'aurais aimé qu'un dossier accompagne ce petit livre, avec en plus des explications sur la maladie évoquée.

 Au final, je pense que le fait de traiter de ce sujet sur un mode humoristique est dérangeant pour les personnes concernées par le handicap, j’ai en effet demandé à deux personnes dont c’était le cas, elles m’ont répondu que ce type de livre les gênait. 

  

Premières phrases :

 « Je m’appelle Anna, je suis au bord de mes trente-sept ans et de pas mal d’autres choses. J’ai des diplômes vraiment très impressionnants. Si vous voulez les voir, ils sont quelque part au fond d’un carton. »

 Vous aimerez aussi :

Où on va papa de Jean-Louis FOURNIER 

 

D’autres avis :

Clara Mimi Stieg Yves

   La tête à Toto, Sandra Kollender, Steinkis Editions, février 2012,  156 p., 9.50 euros

grand prix lectrices de elle

Publié dans Biographies et cie

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