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litterature francaise

Sido et les vrilles de la vigne de COLETTE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

Dans Sido Colette peint le portrait de sa mère, Sidonie, elle chante son amour pour cette femme qui s'émerveille de tout, détachée des contraintes humaines, et inculquant à ses enfants cet amour de la nature et de la liberté.

"Je célèbre la clarté originelle qui, en elle, refoulait, éteignait souvent les petites lumières péniblement allumées au contact de ce qu’elle nommait "le commun des mortels.""

Colette évoque aussi avec nostalgie les autres membres de sa famille, son père qu'elle aurait aimé mieux connaître, ses deux frères et sa sœur Juliette.

Si ce récit autour de l'enfance est émouvant, permettant de mieux comprendre l'autrice, Les vrilles de la vigne, série de courts textes reprenant les thèmes chers à Colette, est un bijou de littérature.

A côté de sujets légers comme son amour des chats, elle évoque aussi son mariage, les infidélités de son mari puis sa nouvelle vie libérée, les moments joyeux passés au music-hall, sa maîtresse, et  son amour inconditionnel pour la vie et ses merveilles :

« Quoi ?… ma vie aussi est inutile ? Non, Toby-Chien. Moi, j’aime. J’aime tant tout ce que j’aime ! Si tu savais comme j’embellis tout ce que j’aime, et quel plaisir je me donne en aimant ! Si tu pouvais comprendre de quelle force et de quelle défaillance m’emplit ce que j’aime !… C’est cela que je nomme le frôlement du bonheur. Le frôlement du bonheur… caresse impalpable qui creuse le long de mon dos un sillon velouté, comme le bout d’une aile creuse l’onde… Frisson mystérieux prêt à se fondre en larmes, angoisse légère que je cherche et qui m’atteint devant un cher paysage argenté de brouillard, devant un ciel où fleurit l’aube, sous le bois où l’automne souffle une haleine mûre et musquée… Tristesse voluptueuse des fins de jour, bondissement sans cause d’un cœur plus mobile que celui du chevreuil, tu es le frôlement même du bonheur, toi qui gis au sein des heures les plus pleines… et jusqu’au fond du regard de ma sûre amie… »

« Une journée douce de printemps, ou bien un matin mouillé d’automne, peut-être une nuit de lune, vous sentirez en votre cœur une chose inexprimable et vivante s’étirer voluptueusement, – une couleuvre heureuse qui se fait longue, longue, – une chenille de velours déroulée, – un desserrement, une déchirure soyeuse et bienfaisante comme celle de l’iris qui éclôt… Sans savoir pourquoi, à cette minute, vous nouerez vos mains derrière votre tête, avec un inexplicable sourire… Vous découvrirez, avec une naïveté reconquise, que la lumière est rose à travers la dentelle des rideaux, et doux le tapis aux pieds nus, – que l’odeur des fleurs et celle des fruits mûrs exaltent au lieu d’accabler… Vous goûterez un craintif bonheur, pur de toute convoitise, délicat, un peu honteux, égoïste et soigneux de lui-même… »

Elle chante la vie avec lyrisme et humour, transfigurant la réalité et célébrant le monde de l'enfance, le monde du vivant dans toutes ses acceptions, et pour finir la vie elle-même, l'amour, le plaisir, la liberté et l'intensité des moments vécus.

J'avais découvert ce texte à vingt ans et quelques années après (si peu...) le plaisir reste intact, la fulgurance des émotions résonnant comme une évidence.

Un texte à lire et relire !

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

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Maritimes de Sylvie TANETTE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

"Celui qui ne sait pas sauver son prochain se perd lui même."

Sur un îlot perdu en Méditerranée, les habitants vivent serrés entre eux, soudés, comme un seul homme. Sur le continent, une dictature fait rage. Quand Benjamin arrive et trouve refuge chez eux, ils ne posent pas de questions inutiles, comme ils n'aiment pas qu'on leur en pose, ils ont foi en l'homme et en son humanité. Ils ont leur propre monde, peuplé de créatures marines fantastiques et ont en eux des valeurs et des idées fortes, n'hésitant pas à dire "non" quand cela s'impose. Ils font front et acceptent Benjamin dans leur univers, observant avec bienveillance son histoire d'amour naissante.

A travers le portrait de ces iliens hors du commun, l'auteur célèbre l'entraide et la tolérance qui devraient gouverner tous les comportements humains.

 

Un récit magnifique, délicat et poétique  !

Présentation de l'éditeur : Grasset

Du même auteur : Amalia Albanesi

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Appelez-moi César de Boris MARME

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Pendant l'été 1994 une bande de garçons part en montagne durant un camp d'été. Tous viennent de la même cité, sauf Etienne, scolarisé dans un quartier plus huppé. Vingt-cinq ans après les faits, celui-ci raconte ce qui a mené à la disparition de l'un d'eux lors d'une randonnée en montagne.
Il évoque le groupe, sa mécanique difficile pour trouver sa place et la conserver, il parle de Jessy, leader charismatique et dangereux à la fois. Chacun teste ses limites et les limites des autres jusqu'à la tragédie qui changera à jamais leurs vies ...

Ce roman peint minutieusement les dynamiques du groupe d'adolescents, les défis lancés, les secrets gardés jalousement pour que les autres n'aient pas de prises, la violence sous-jacente cachée sous des jeux plus cruels qu'ils n'y paraissent, la fascination pour celui qui se démarque, pour ce "César", rôle que tous rêvent d'endosser. Les adultes s'avèrent inopérants face à cette force du groupe et à ces personnalités si fortes.

Un récit initiatique juste et intense, porté par le suspens initial et par une analyse très fine de l'adolescence. Une belle réussite !
 
 
Présentation de l'éditeur : Plon
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America[s] de Ludovic MANCHETTE et Christian NIEMIEC

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Un beau matin de 1973 Amy, 13 ans, décide de partir à la recherche de sa grande sœur dont elle est sans nouvelles depuis un an. Cette dernière se rendait alors au Manoir Playboy pour tenter d'y travailler. Amy décide de la rejoindre et prend la route, quitte à devoir traverser seule tous les Etats-Unis. Tout au long de sa route, elle fera diverses rencontres, certaines peu recommandables, mais d'autres lumineuses.

Ce que j'ai aimé :

-La personnalité de Amy est attachante, la jeune fille n'a peur de rien, et s'attache facilement à ceux qu'elle croise. Elle mûrit au fur et à mesure de ses rencontres, et sort grandie de ce road-trip en apprenant finalement à suivre son propre chemin, et à aller là où son coeur la porte. .

-Le lecteur s'amuse à reconnaitre les personnalités croisées, aidé par les notes des auteurs. On prend plaisir à rencontrer Bruce Springsteen avant son succès...

Ce que j'ai moins aimé :

- Le style reste assez basique.

- J'ai regretté l'absence d'une intrigue plus fournie qui aurait apporté cohérence et crédibilité au roman.

Bilan :

Une lecture qui n'est pas désagréable mais pas non plus inoubliable...

 

Présentation de l'éditeur : Le cherche midi

Du même auteur : Alabama 1963 (bien meilleur)

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L'homme que je ne devais pas aimer de Agathe RUGA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Il y a les mères qui bouffent, boivent, prennent des médicaments.

Il y a les mères qui travaillent trop.

Celles qui pleurent le matin au réveil en se demandant pourquoi.

Il y a les mères qui cuisinent, cousent, rejoignent des associations, vont à la messe.

Celles qui courent frénétiquement dès l'aube.

Il y a celles qui postent six mille photos de leurs gamins.

Il y a celles qui ne font rien de tout ça et qui tombent malades.

Et puis il y a les mères qui trompent leur mari.

Les mères qui font ce qu'elles peuvent.

Les pères aussi."

Ariane est une femme comblée, mère de trois adorables filles, aimée d'un mari beau et spirituel, femme accomplie intellectuellement, son parcours est doré. Mais ce sera sans compter sur ce grain de sable, cette phrase ou ce regard qui appelle tout à coup autre chose, et qui, consciemment ou non mène à tout remettre en question et à tout balancer par dessus bord. Pour Ariane, il s'agit de Sandro, un barman qu'elle croise un beau jour, un homme qui n'est pas fait pour elle -lui-même le dit- mais qui deviendra une obsession dont la jeune femme ne saura se défaire.

Avec une sincérité touchante, en totale transparence, Ariane, double de l'auteur, livre cette période tourmentée de sa vie. Elle s'interroge sur les modèles masculins qui ont jalonné sa vie et l'ont peut-être poussé inconsciemment à aimer cet homme interdit. Cette plongée dans les arcanes de la passion lui permet aussi d'observer la femme trop souvent cachée derrière la mère de famille débordée par un quotidien aliénant. Cette passion n'est-elle pas aussi la façon de retrouver la femme, l'adolescente tapie derrière la vie de famille trop sage et pourtant longtemps rêvée ? Une façon de retrouver sa jeunesse et de faire un pied de nez au temps qui passe et ternit l'élan initial ?

Ses paradoxes sont nombreux, mais le choix assumé de retirer tous les fards qui auraient pu maquiller cette passion et la justifier permet de les présenter dans toute leur logique déconstruite, dans leur pureté scintillante.

Quand l'expérience personnelle touche à l'universel et est relatée avec tant de pureté et d'honnêteté, de pages en pages, de mots en mots, peu à peu, cette expérience devient artistique et trouve seule sa justification.

Présentation de l'éditeur : Flammarion

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Tu m'avais dit Ouessant de Gwenaëlle ABOLIVIER

Publié le par Hélène

♥ ♥

En 2015, Gwenaêlle Abolivier décide de résider trois mois dans le sémaphore de l'île de Ouessant, au bout de la Bretagne. Là, sous l'égide du phare du Créac'h, elle se prépare à un beau voyage immobile. elle explore l'île, rencontre ses habitants.

Ce que j'ai aimé :

- Le style :

"Ouessant est devenue une urgence à vivre. cet appel d'air contient tous les parfums et les humeurs du monde qui éloignent de la servitude de l'ordinaire des jours et des attentes déçues. sanglots longs qui jaillissent comme des accords de Ry Cooder. J'entendais, il y a des vies plus vraies que d'autres. Je répondais qu'est ce que le sens de la vie ? "Respire, marche, pars, va-t'en", me soufflait Cendrars. Si j'avais été pilote, je serais partie dans le ciel, si j'avais été apnéiste, j'aurais plongé vers les abysses. Ma consolation sera une île." p 13

Ce que j'ai moins aimé :

Il s'agit plus d'un journal au jour le jour, sans trame romanesque, une série de remarques sur les habitants, l'histoire de l'île.

Bilan :

Je n'ai pas été sensible à ce petit livre trop statique et linéaire.

Présentation de l'éditeur : Le mot et le reste et Pocket 

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Le bonheur-du-jour de Jacques BROSSE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"On cueille la vie, ensuite on la recueille. Alors, on peut se recueillir. Ce livre est le recueil de mes recueillements." p 77

Jacques Brosse livre ici son journal sur un an de mars à mars, l'auteur notant ses émerveillements au sein de son Périgord. Il partage juste la contemplation de ce qui l'entoure, des oiseaux qui viennent picorer à sa fenêtre, se contentant d'admirer le monde, en se tournant résolument vers la nature et vers ce qu'elle a de beau et inattendu à nous offrir.

Une pépite à savourer en suivant le vol des hirondelles....

"Il faut, disent-ils, "se tenir au courant". L'actualité, la mode, les médias, la publicité, l'internet, voilà le courant qui les hypnotise et les entraine dans une vie qui ne leur appartient plus. Savent-ils seulement que les hirondelles sont de retour ? Et ils se prétendent "dans le vent". Autant en emporte-t-il !" p 15

*

"L'herbe brillante, parsemée de pâquerettes, de fleurs de pissenlit, de véroniques bleu vif que broute un petit lapin, on dirait le sol du paradis dans une tapisserie flamande encore sur le métier d'angéliques lissiers." p 15

*

"A chaque promenade solitaire sa trouvaille. Il suffit d'ouvrir l'oeil et de ne penser à rien, alors, au sein du connu, se révèle l'imprévisible. "

*

"Ecouter en silence le bruissement des feuilles dans la brise du soir." p96

*

"Le sacré, c'est l'invisible, quand parfois il daigne se manifester, quand enfin nous consentons à le voir. " p 156

 

Présentation de l'éditeur : Les éditions de la table ronde

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Trilogie des cimes de Olivier SALON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

L'auteur raconte trois de ses expéditions en montagne : l'une au Huascaran dans la Cordillère blanche avec 8 autres acolytes dont un chef d'expédition surnommé la Pintade, une ascension de El capitan dans le Yosemite et enfin une traversée dans le massif du Mont Blanc avec sa fille.

Il propose ainsi trois nouvelles très différentes : la première, pourtant tragique est teintée d'humour, la deuxième est rédigée en vers, et la troisième apparait bien plus technique. l'auteur étant membre de l'oulipo, cela explique sans doute les choix d'écriture très différents.

Si j'ai un faible pour la première, toutes les trois nous plongent dans cet univers sauvage dans lequel tout peut basculer à tout moment, où chaque pas est un suspens attaché au-dessus du vide, mais aussi un univers où la beauté surgit inopinément, brusquement et souvent.

"Ce mélange fort subtil d'effort et de somptuosité des paysages, de bataille contre les éléments (qui sortent parfois vainqueurs), de matériel à bien doser, le rapport avec les compagnons de cordée, le partage de cette joie essentielle avec ses amis, avec ses enfants, les nuits glacées dans la neige ou dans l'altitude que vient contrebalancer la chaleur des liens que tisse la montagne avec les compagnons, c'est ce que m'ont offert et continuent de m'offrir la montagne et l'escalade. C'est ce qui me pousse à toujours y retourner.

Si j'ajoute à cela les imprévus : orages, cordes coincées, erreurs d'itinéraire, corde trop courte, cheveux coincés dans le descendeur, tombée brusque du brouillard le jour où la boussole est absente du sac... j'aurai dit que l'aventure en montagne est avant tout humaine, et qu'aucun topo ne saurait la décrire. " (préface)

Présentation de l'éditeur : Transboréal

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Germinal de Emile ZOLA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

« L’ouvrier ne pouvait pas tenir le coup, la révolution n’avait fait qu’aggraver ses misères, c’étaient les bourgeois qui s’engraissaient depuis 89, si goulûment, qu’ils ne lui laissaient même pas le fond des plats à torcher. » p 128

Germinal suit la trajectoire de Etienne Lantier qui arrive dans la petite ville de Montsou et se fait embaucher dans les mines. Il découvre un monde âpre qui permet à peine aux familles de survivre, un monde de misère, des hommes et des femmes hantés par la faim, soumis aux familles plus riches, peu enclines à écouter "les classes inférieures". Peu à peu, la révolte gronde et s'organise.
Le roman s'inspire de la grève en 1884 des mineurs d'Anzin où se tient une grève de 12 000 miniers. Zola se documente également dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais : il interroge les mineurs et ingénieurs sur leur vie quotidienne et rencontre en particulier Émile Basly, meneur de la grève. Il dépeint alors la vie harassante des « gueules noires », l'émergence de la classe ouvrière, la nécessité d'une lutte sociale pour plus de justice sociale. les mineurs étant juste libres de crever de faim.

« Non, sûrement, la vie n’était pas drôle. On travaillait en vraies brutes à un travail qui était la punition des galériens autrefois, on y laissait la peau plus souvent qu’à son tour, tout ça pour ne pas même avoir de la viande sur sa table, le soir. Sans doute on avait sa pâtée quand même, on mangeait, mais si peu, juste de quoi souffrir sans crever, écrasé de dettes, poursuivi comme si l’on volait son pain. Quand arrivait le dimanche, on dormait de fatigue. Les seuls plaisirs, c’était de se soûler ou de faire un enfant à sa femme ; encore la bière vous engraissait trop le ventre, et l’enfant, plus tard, se foutait de vous. Non, non, ça n’avait rien de drôle. »

Les rêves des uns et des autres forment une émulation qui permettra malgré tout, d'avancer, peu à peu, malgré des embûches et tragédies.

« Et il songeait à présent que la violence peut-être ne hâtait pas les choses. Des câbles coupés, des rails arrachés, des lampes cassées, quelle inutile besogne ! Cela valait bien la peine de galoper à trois mille, en une bande dévastatrice ! Vaguement, il devinait que la légalité, un jour, pouvait être plus terrible. Sa raison mûrissait, il avait jeté la gourme de ses rancunes. Oui, la Maheude le disait bien avec son bon sens, ce serait le grand coup : s’enrégimenter tranquillement, se connaître, se réunir en syndicats, lorsque les lois le permettraient ; puis, le matin où l’on se sentirait les coudes, où l’on se trouverait des millions de travailleurs en face de quelques milliers de fainéants, prendre le pouvoir, être les maîtres. Ah ! quel réveil de vérité et de justice ! Le dieu repu et accroupi en crèverait sur l’heure, l’idole monstrueuse, cachée au fond de son tabernacle, dans cet inconnu lointain où les misérables la nourrissaient de leur chair, sans l’avoir jamais vue. »

Et pour finir l'espoir de la renaissance, l'espoir d'un monde nouveau, chanté dans des pages magnifiques et lumineuses.

Zola lui-même dira : « Ce que j'ai voulu, c'est crier aux heureux de ce monde, à ceux qui sont les maîtres : "Prenez garde, regardez sous terre, voyez ces misérables qui travaillent et qui souffrent. Il est peut-être temps encore d'éviter les catastrophes finales. Mais hâtez-vous d'être justes, autrement, voilà le péril : la terre s'ouvrira et les nations s'engloutiront dans un des plus effroyables bouleversements de l'Histoire. »

Un incontournable !

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Thérèse Raquin ♥ , Au bonheur des dames ♥ ♥ ♥ ♥ ; L'oeuvre ♥ ♥ ♥ 

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La carte postale de Anne BEREST

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Il ne faut pas que je les oublie, sinon il n'y aura plus personne pour se souvenir qu'ils ont existé. "

C’était en janvier 2003.
Dans notre boîte aux lettres, au milieu des traditionnelles cartes de voeux, se trouvait une carte postale étrange.
Elle n’était pas signée, l’auteur avait voulu rester anonyme.
L’Opéra Garnier d’un côté, et de l’autre, les prénoms des grands-parents de ma mère, de sa tante et son oncle, morts à Auschwitz en 1942.
Vingt ans plus tard, j’ai décidé de savoir qui nous avait envoyé cette carte postale. J’ai mené l’enquête, avec l’aide de ma mère. En explorant toutes les hypothèses qui s’ouvraient à moi. Avec l’aide d’un détective privé, d’un criminologue, j’ai interrogé les habitants du village où ma famille a été arrêtée, j’ai remué ciel et terre. Et j’y suis arrivée.
Cette enquête m’a menée cent ans en arrière. J’ai retracé le destin romanesque des Rabinovitch, leur fuite de Russie, leur voyage en Lettonie puis en Palestine. Et enfin, leur arrivée à Paris, avec la guerre et son désastre.
J’ai essayé de comprendre comment ma grand-mère Myriam fut la seule qui échappa à la déportation. Et éclaircir les mystères qui entouraient ses deux mariages. J’ai dû m’imprégner de l’histoire de mes ancêtres, comme je l’avais fait avec ma sœur Claire pour mon livre précédent, Gabriële.

L'enquête remonte aux sources familiales, avec en toile de fond ce devoir de mémoire pour ceux qui ont disparu.

"Après la guerre, dans les familles juives orthodoxes, les femmes avaient eu pour mission de mettre au monde le plus d'enfants possible, afin de repeupler la terre. Il m'a semblé que c'était la même chose pour les livres. cette idée inconsciente que nous devons écrire le plus de livres possible, afin de remplir les bibliothèques vides des livres qui n'ont pas pu voir le jour."

Le fil conducteur de la carte postale permet de balayer passé et présent tout en posant un questionnement sur ce que signifie être juif et, plus globalement, sur l'identité.

Un beau roman émouvant.

Présentation de l'éditeur : Grasset

Du même auteur : Recherche femme parfaite

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