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litterature francaise

Hystériques de Sophie ADRIANSEN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans la médecine antique, l'hystérie était vue comme une pathologie liée à des troubles sexuels dont l'origine était supposée découler d'un dysfonctionnement de l'utérus (hysteros en grec). A notre époque le terme est employé souvent de façon sexiste, pour discréditer la parole des femmes. C'est ici le cas, puisque plusieurs personnages féminins se voient affublés du terme "hystériques" sans raison valable par des hommes expéditifs.  Même si toutes ont un rapport particulier à leur utérus, cette relation est en réalité bien plus complexe que ne voudraient le croire les hommes.

Noémie, Diane et Clémentine sont trois sœurs issues d'une famille dans laquelle on ne parle pas de ces sujets-là, chacune restant avec ses questionnements, ses doutes, ses peurs et angoisses. Alors qu'elle essaie d'avoir un enfant, Noémie découvre qu'elle doit se passer de cet organe, avant d'apprendre qu'il est possible de s'en faire greffer un. Sa sœur Clémentine renoue avec un souvenir douloureux qu'elle avait repoussé vers les profondeurs de son inconscient. Les souvenirs de l'accouchement cauchemardesque de Diane quant à eux restent un peu trop présents.

Sophie Adriansen donne la parole tour à tour à ces femmes malmenées dans leur maternité, et s'interroge sur l'héritage familial laissé par nos parents, et surtout ici par les mères.

Ce que j'ai aimé :

Hystériques permet d'aborder des sujets dont on parle peu, ou pas du tout, et de mener ces personnages en proie à des angoisses vers la lumière, vers l'épanouissement qui devrait prévaloir dans toute maternité.

Ce que j'ai moins aimé :

Peut être un peu trop de cas problématiques dans une seule famille et dans un seul roman ?

Bilan :

Un roman essentiel doté de personnages attachants dont on a envie de voir l'évolution.

 

Présentation de l'éditeur : Charleston

Du même auteur : Je vous emmène au bout de la ligne  ♥ ♥ (Essai)  Quand nous serons frère et sœur ♥ ♥ ; Grace Kelly ♥ ♥ (bio) ; Max et les poissons ♥ ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Naître et grandir en musique  ♥ ♥ (doct) ; Les grandes jambes  ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Le syndrôme de la vitre étoilée ♥ ♥ ♥ ♥ ; Linea Nigra ♥ ♥ ;  Ailleurs meilleur ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; L'été du changement ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; La remplaçante ♥ ♥ ♥ (BD)

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Le dernier gardien d'Ellis Island de Gaëlle JOSSE

Publié le par Hélène

♥ ♥

John Mitchell est le dernier directeur du centre d'Ellis Island qui en 1954 va fermer ses portes. Passage obligé pour tous les immigrants venus d'Europe, ce lieu aura marqué les mémoires et l'histoire de l'Amérique. Ce directeur revient alors sur son passé, sur Liz son épouse aimée, et Nella, l'immigrante sarde qui l'a tant marqué.

Ce que j'ai aimé :

- Le style, très beau.

- L'histoire de ce lieu marqué d'émotions avec le portrait des immigrés si fragiles à cette période de leur périple :

"Il faut imaginer la fragilité, la folle énergie, la détresse et la détermination de toutes celles, de tous ceux qui ont un jour accepté l'idée, pour fuir la misère de la persécution, de tout perdre pour peut-être tout regagner, au prix d'une des plus terribles mutilations qui soient : la perte de sa terre, des siens, la négation de sa langue et parfois celle de son propre nom, l'oubli de ses rites et de ses chansons. "

Ce que j'ai moins aimé :

- Il s'agit du portrait d'un homme désagréable, qui s'est laissé porter par son pouvoir, et même si un semblant de rédemption apparait par la suite, reste un sentiment désagréable...

Bilan :

Je retiendrai surtout la froideur qui m'a dérangée et que j'avais déjà ressentie dans Les heures silencieuses

 

Présentation de l'éditeur : J'ai lu

Du même auteur : Les heures silencieuses

D'autres avis : Manou ;

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Rendez-vous à Parme de Michèle LESBRE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Nos vies sont peuplées d'ombres flottantes. "

Alors qu'elle ouvre un carton de livres ayant appartenu à un ami qui vient de mourir, la narratrice retrouve un exemplaire de La chartreuse de Parme de Stendhal, roman qui la replonge dans son passé. Lors d'un été, alors qu’elle n'avait que quatorze ans, elle avait rencontré un homme meurtri par la vie qui lui lisait à voix haute des romans et qui lui avait dit « Quand vous serez plus grande, vous irez à Parme, il faut lire ce roman de Stendhal à Parme. »

Elle décide alors, sur un coup de tête, de partir pour l'Italie. Elle se laisse porter par le temps, jamais seule puisque ses lectures et sa passion pour le théâtre l'habitent et nimbent son voyage d'une aura particulière, évanescente.

Le charme de ce roman est ténu, il tient sur un fil, le fil tout aussi mince de cette intrigue qui n'en est pas une. Mais tout se passe justement en coulisses, dans les interstices de la mélancolie. Cette écriture aux accents nostalgiques évoque quelquefois celle de Modiano et nous emporte dans un monde doux et voluptueux.

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Chemins ♥ ♥ ♥ 

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Tant qu'il reste des îles de Martin DUMONT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Ce pont, il a chuchoté, c'est la mort de la poésie. [...]
C'est pas rien, une île... C'est un bout de terre planté au milieu de l'océan. Un caillou peut-être, mais avec la mer autour. Un truc magique, un endroit d'où tu ne peux pas te barrer comme ça, juste sur un coup de tête. Et même pour la rejoindre d'ailleurs ! Une île, ça se mérite. Faut prouver qu'on est digne de l'atteindre, faut être à la hauteur. [...] Si tu construis un pont, tu détruis tout, non ? Moi, je dis que tu la tues, cette île. "

Léni travaille sur un chantier naval sur l'île. Il regarde de loin les conflits qui éclatent au sujet du pont en construction, conscient des facilités que ce pont engendrera, mais aussi comprenant les discours de ses amis qui veulent bloquer ce chantier qui brouille leur quotidien et risque de perturber l'île. Le béton avance pourtant inexorablement. Léni est concentré sur la garde de sa fille qu'il aimerait voir plus malgré le divorce, et se trouve aussi perturbé par l'arrivée de Chloé, une journaliste qui s'installe dans la région pour un temps souhaitant fuir la capitale. mais Léni pourra-t-il créer un pont entre elle et lui ?

Avec sensibilité et délicatesse, l'auteur évoque la fin d'un monde, accompagnée de son corollaire, la peur de la nouveauté et du changement. Les personnages lumineux incarnent réellement cette difficulté de s'attacher ou de se détacher que ce soit d'un continent, d'un travail, d'un couple. Reste la joie procurée par l'union et l'harmonie avec les autres, les hommes désœuvrés se retrouvant le soir dans le bar de Christine pour des soirées hors du temps autour de parties de cartes ou d'un air d' accordéon.

"J’aime la symbolique des ponts, tout ce qu’ils représentent en termes de liens, d’abolissement des frontières et des barrières. Même si la magie des îles tient en grande partie à leur inaccessibilité. On peut dire que j’écris sur la mer, les bateaux, ou même sur la maladie, comme dans mon premier roman. Mais le centre de mes textes, ce sont les gens. Pas d’histoires grandioses ou d’aventures particulières. Juste des personnes qui se débattent avec leur vie, qui font ce qu’elles peuvent pour s’en sortir dignement et être heureuses autant qu’il est possible de l’être. Voilà ce qui m’intéresse. Les gens, leur complexité, leurs réactions face à une situation perturbatrice, et surtout les relations qu’ils nouent entre eux." explique l'auteur.

Un pari réussi pour ce très beau roman !

 

Présentation de l'éditeur : Les avrils

Merci à Lecteurs.com pour cette très belle découverte

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Tout le bleu du ciel de Mélissa DA COSTA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Emile et Joanne sont comme deux âmes perdues qui vont se rencontrer à la croisée des chemins : lui apprend qu'il est atteint d'un alzheimer précoce et refuse de mourir branché à des machines, il décide donc de partir en camping car dans les Pyrénées. Pour trouver de la compagnie, il publie une petite annonce à laquelle répond Joanne, une étrange jeune femme assez fermée. Côte à côte ils se soutiennent, s'entraident et réapprennent à vivre en s'enrichissant mutuellement. Joanne apprend à Emile la méditation en pleine conscience, comme son passé s'efface et que son futur n'existera pas, lui reste le présent. Il apprennent à profiter de la beauté du monde, ici et maintenant, ils mangent des glaces à la lavande, parcourent des villages à la beauté époustouflante comme Eus, Peyriac de mer, l'étang du Doul, la vallée de Lescun.

"La vie n'en a jamais terminé. Il l'a bien compris. Tant qu'il décidera qu'il n'est pas mort, elle continuera de lui jouer de drôles de tours."

Leur parcours est aussi jalonné de rencontres marquantes, Myrtille, Sebastian, Hippolyte.

Ponctué de citations pertinentes, Paolo Coelho en tête, ce roman remue indéniablement, il pousse à réfléchir sur nos choix, sur nos vies, notre rapport à la terre, au monde. Comme dirait James Dean : "Puisqu'on en peut changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter les voiles" Un roman qui, délicatement, amène des remises en question.

Ce que j'ai moins aimé :

- Inutile de vous dire que vous devez préparer vos mouchoirs. J'ai regretté que l'histoire de Joanne soit aussi larmoyante également, je me demande si cela était tellement nécessaire d'appuyer sur le registre pathétique ?

Bilan :

Un roman émouvant.

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

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Sans famille de Hector MALOT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

« Comprends aujourd’hui, mon garçon, que la vie est trop souvent une bataille dans laquelle on ne fait pas ce qu’on veut. »

Au XIXème siècle, le jeune Rémi est à la recherche d'une famille, après avoir été chassé de chez Mère Barberin, sa nourrice et  menacé d'aller à l'hospice. Il rencontre tout d'abord cette famille à travers la troupe de Vitalis, puis coule quelques temps heureux auprès de Mme Milligan ou des Acquin ou encore de Mattia qu'il considère comme un frère. Au fil de ses aventures, il apprend à se forger pour la vie, en découvrant différents modes de vie ou métiers comme saltimbanque, jardinier, ou mineur dans les Cèvennes.

Mon avis : 

Je gardais un souvenir très pathétique de cette histoire suivie dans ma jeunesse, à l'époque, je ne pouvais pas voir le dessin animé sans pleurer.

Or si dans le roman aussi Rémi se heurte à l'adversité, il m'a semblé que le pathétique s'effaçait face à la volonté de Rémi mené par Vitalis et son mot d'ordre "en avant". Jamais ils ne se laissent abattre, ils rebondissent toujours et repartent sur les routes pour gagner de l'argent, découvrir le monde, et rendre heureux ceux qu'ils aiment.

Bilan :

Un roman sans temps mort, dynamique au héros attachant.

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

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Des diables et des saints de Jean-Baptiste ANDREA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Joseph joue sur les pianos publics dans les gares. Pourquoi ce virtuose s'adonne-t-il à cette activité particulière ? Il déroule alors le fil de son histoire et revient sur son adolescence dans un pensionnat religieux des Pyrénées situé au bout du monde et appelé à juste titre "les Confins". Là-bas, il connaitra les corvées, la maltraitance, mais aussi les amis, l'entraide, et Rose...

"Parce que si ça se trouve, le diable n'a rien demandé. Si ça se trouve il n'est pas né diable, c'était un bébé rose comme les autres. Peut-être qu'il a perdu ses parents, qu'on l'a envoyé dans un orphelinat, et que c'est là qu'il est devenu le diable."

La musique et son éducation portent le jeune Joseph et lui permettent de survivre dans cet univers inhospitalier, habité par des êtres peu recommandables qui profitent de la faiblesse des pensionnaires et se cachent derrière leur foi religieuse pour justifier le pire. Avec sensibilité et retenue, l'auteur place l'amitié au cœur de son roman, c'est elle qui sauve au propre comme au figuré aussi le jeune homme.

Si le manichéisme rôde à l'image du titre, ce roman n'en reste pas moins profondément touchant, fort et tendre à la fois.

Présentation de l'éditeur : Editions Iconoclaste

Grand Prix RTL LIRE 2021

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Ce qu'il advint du sauvage blanc de François GARDE

Publié le par Hélène

Le récit s'inspire d'une histoire vraie : en 1843, Narcisse Pelletier, marin français, échoue sur une île du pacifique sur laquelle il passera dix-sept ans, ses compagnons et leur bateau repartant sans lui parce qu'il s'était aventuré trop loin dans les terres.

François Garde a choisi d'inventer la suite. Contraint de vivre aux côtés d'une tribu aborigène pendant dix-sept ans, peu à peu, Narcisse perd sa propre culture et s'immerge totalement dans les mœurs aborigènes. Quand il est retrouvé et confié aux bons soins de Octave de Vallombrun, il doit faire le chemin à rebours pour retrouver sa culture, son langage, l'homme civilisé devant être soutenu par le milieu social. Octave est un scientifique qui tente de le faire parler sur son séjour, mais en vain.

Les deux récits aux formes différentes alternent : l'un est le récit des aventures de Narcisse sur l'île, l'autre se compose de lettres de Octave envoyé au président de la société de géographie pour rendre compte de ses avancées concernant l'observation de Narcisse.

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai appris que François Garde n'avait pas effectué de recherches sur le peuple, ni sur Narcisse, préférant centrer sa réflexion sur la coexistence de deux cultures en soi. S'il ne caricaturait pas les sauvages, ce ne serait pas gênant en soi, mais la scène du viol notamment est choquante quand on réfléchit à cette notion essentielle de barbarie !

Voici les liens mentionnant ces réflexions : SOGIP ; Le Koala lit ; Sur mes brizées

Présentation de l'éditeur : Folio

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L'oeuvre de Emile ZOLA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

« Ah ! la vie, la vie ! la sentir et la rendre dans sa réalité, l’aimer pour elle, y voir la seule beauté vraie, éternelle et changeante, ne pas avoir l’idée bête de l’anoblir en la châtrant, comprendre que les prétendues laideurs ne sont que les saillies des caractères, et faire vivre, et faire des hommes, la seule façon d’être Dieu ! »

Claude est un peintre avant-gardiste, incompris par l'Académie partisane de l'art officiel. Il persévère malgré tout et travaille jour et nuit sur son grand projet "Plein air". Il veut peindre la vie moderne « la vie telle qu’elle passe dans les rues, la vie des pauvres et des riches, aux marchés, aux courses, sur les boulevards, au fond des ruelles populeuses; et tous les métiers en branle; et toutes les passions remises debout, sous le plein jour; et les paysans, et les bêtes, et les campagnes!... »

Alors qu'il s'était juré de se consacrer à la peinture uniquement, il rencontre alors Christine qui prend une place grandissante dans sa vie.

Dans ce roman s'exprime Zola critique d'art, ami de Cézanne, fervent défenseur de Manet, de Monet et de toute l'avant-garde qu'incarne Claude Lantier dans le roman. Il met en scène le statut de l'artiste et les affres de la création, les doutes, l'envie prégnante de toucher du doigt la perfection quand tout fuit et se délite. Face à cette passion dévorante, certains êtres sont laissés alors sur le bord de la route, qu'il s'agisse ici de Christine jalouse des femmes peintes, ou de Jacques, jeune sacrifié à l'autel de la création. L'artiste demeure tout entier voué à cette quête incertaine, sans suivre les conseils sages du peintre plus âgé : « Je vous l’ai dit vingt fois qu’on débutait toujours, que la joie n’était pas d’être arrivé là-haut, mais de monter, d’en être encore aux gaietés de l’escalade. »
Zola écrit : "Avec Claude Lantier, je veux peindre la lutte de l'artiste contre la nature, l'effort de la création dans l’œuvre d'art, effort de sang et de larmes pour donner sa chair, faire de la vie : toujours en bataille avec le vrai et toujours vaincu, la lutte contre l'ange. En un mot, j'y raconterai ma vie entière de production, ce perpétuel accouchement si douloureux "

Un roman profondément parlant et toujours tellement juste et pointu dans sa peinture des milieux !

 

Présentation de l'éditeur : Folio

A noter : attention à ne pas acheter une version simplifiée qui vous privera de passages essentiels

Du même auteur : Au bonheur des dames ; Thérèse Raquin

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La science de l'esquive de Nicolas MALESKI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Kamel Wozniak s'est réfugié dans un petit village dans les Causses, louant un meublé pour un temps. Kamel est en fuite, et cette étape ne devrait qu'être transitoire. Puis son propriétaire s'installe peu à peu dans son quotidien, il se lit d'amitiés avec un groupe de jeunes du village, ayant sauvé de la noyade l'un d'eux, il se rapproche d'une gendarme, et surtout, il observe sa voisine, fasciné.

Mon avis :

La tension monte, et cette idée d'ancrer malgré tout un être en fuite, comme malgré lui, parce que tout le monde a besoin de liens, de repères, était intéressante. Mais la découverte du secret gâche un peu l'histoire, j'aurais préféré rester dans l'ignorance, ou bien découvrir un secret plus fracassant, plus crédible.

 

Présentation de l'éditeur : Harper Collins

 

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