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232 articles avec litterature francaise

Monsieur Origami de Jean-Marc CECI

Publié le par Hélène

« A quoi sert-il d'avoir si être nous manque. »

Maître Kurogiku vit seul dans une grande maison abandonnée en Italie. Arrivé du Japon 40 ans auparavant, il passe ses heures à s'adonner à l'art du washi, papier papier artisanal japonais, dans lequel il plie des origamis. L'arrivée d'un jeune homme, Casparo, qui "voudrait construire la montre qui puisse contenir toutes les mesures du temps." va bouleverser son équilibre.

"Je fais sans doute comme vous : je passe mon temps à une activité dont personne ne voit l'utilité. C'est sans doute ce que l'on appelle la passion." p. 56

Entre silences et mots suspendus, les échanges entre les deux hommes s'esquissent avec subtilité, modelant peu à peu leur âme vers le changement.

Autour de l'origami, art ancien populaire venu de Chine et apporté au Japon par des moines bouddhistes, se tisse un roman délicat, placé sous le signe du dénuement.

"L'origami le plus populaire et symbolique au Japon est la grue.

La légende raconte que si l'on parvient à plier mille grues en papier, tous nos voeux se réalisent.

Senbazuru. La légende des mille grues." p. 43

Une belle poésie philosophique se dégage de ces pages;

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

D'autres avis : TéléramaBabélio

Vous aimerez aussi : Neige de Maxence Fermine

 

Monsieur Origami, Jean-Marc Ceci, Gallimard, août 2016, 128 p., 15 euros

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Ca nous apprendra à naître dans le nord de Amandine DHEE et Carole FIVES

Publié le par Hélène

"Quand t'es née dans le Nord, t'as forcément des ouvriers qui se raccrochent désespérément aux branches de ton arbre généalogique, un sandwich à l'omelette à la main."

Carole Fives et Amandine Dhée sont en résidence d'écriture "afin de créer du lien social et des espaces de dialogues en développant un travail de questionnement des mémoires et de l'histoire d'un territoire, et contribuer à sa transmission et à la valorisation d'un patrimoine..."  et dans ce cadre, elles enquêtent sur l'histoire ouvrière en berne du quartier de Fives, à Lille. Entre tribulations dans le quartier, interventions des habitants, les deux auteures se retrouvent souvent autour d'un café dans les bistrots du coin pour discuter de l'avancement de leur projet - ou de sa stagnation...

Au final, les deux femmes nous offrent un patchwork désopilant, original au ton humoristique, léger et grave à la fois.

Un supplément audio est disponible sur le site de l'éditeur : Louise Bronx mène l'enquête à sa façon et collecte des sons dans l'environnement sonore du quotidien et les harmonise ensuite en temps réel au contacte de Carole Fives et Amandine Dhée. Un complément très appréciable !

Une belle réussite !

 

Présentation de l'éditeur : La contre allée

D'autres avis : Cathulu ;  Babélio

Des mêmes auteurs : de Carole Fives : Une femme au téléphone ♥ ♥ ♥ ♥ ; Quand nous serons heureux ♥ ♥ ♥; C'est dimanche et je n'y suis pour rien ♥ ♥ ♥ ♥

 

Ma participation pour Un mois un éditeur consacré ce mois-ci aux éditions de la Contre Allée

 

http://yspaddaden.com/

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Titus n'aimait pas Bérénice de Nathalie AZOULAI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"On dit qu'il faut un an pour se remettre d'un chagrin d'amour. On dit aussi des tas d'autres choses dont la banalité finit par émousser la vérité."

Prix Médicis 2015

Titus a quitté Bérénice, préférant rester avec sa femme Roma. Bérénice décide alors de rejoindre son homonyme racinienne et plonge corps et âme dans les tragédies  et dans l'oeuvre de Racine. Pour se consoler, pour oublier. La vie du dramaturge défile alors de sa jeunesse à Port Royal à sa mort en passant par le faste de Versailles. L'homme prend forme peu à peu, au-delà du créateur de génie, c'est un homme différent qui apparait, tiraillé entre son éducation religieuse et son attirance pour les lumières.

"Parfois, à la nuit tombée, Jean est épuisé par cette ronde d'éclipses qui commence dès l'aube, cette alternance d'anneaux, où il doit faire entrer toute son âme et qui n'ont jamais la même diamètre, tantôt larges, confortables, tantôt étroits, jusqu'à l'étranglement. Tantôt clairs, tantôt obscurs. La gloire, l'ingratitude, la gloire, l'ingratitude, la gloire, ad nauseam..." p. 147

En étudiant son oeuvre centrée sur la passion et ses débordements, Bérénice espère peut-être comprendre ce qui l'a emportée et l'a laissée transie sur le rivage de la rupture.

"Si vous parvenez à saisir tout ce qui se passe dans l'annonce d'une séparation, vous êtes au coeur de la condition humaines, ses désirs, sa solitude. On peut disséquer la mort d'une âme sans verser une seule goutte de sang." p. 193

Mais :

"Vouloir comprendre ce qu'on appelle l'amour c'est vouloir attraper le vent" p. 288

Dans une langue travaillée, proche de la grâce, l'auteur livre un bel hommage à la littérature, à ces textes classiques essentiels, essentiels pour se sauver, pour pratiquer la catharsis, pour comprendre comment d'autres ont succombé aux passions ou s'en sont affranchis, pour s'échapper un temps d'une réalité trop lourde à porter, pour qu'un personnage nous aide à porter notre destin incertain à bout de bras... Elle évoque la littérature, comme consolation pour "quitter son temps, son époque, construire un objet alternatif à son chagrin, sculpter une forme à travers son rideau de larmes." p. 20

Un texte magnifique !

 

Présentation de l'éditeur : P.O.L et Folio

Vous aimerez aussi : Phèdre de RACINE

 

Titus n'aimait pas Bérénice, Nathalie Azoulai, folio, février 2016, 304 p., 7.70 euros

Merci à l'éditeur

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La mort du roi Tsongor de Laurent GAUDE

Publié le par Hélène

                            

♥ ♥ ♥ 

"Il était comme un survivant stupide qui voit toute une génération d'hommes mourir et reste seul, hébété, au milieu d'un monde sans nom."

Dans une Antiquité imaginaire, le vieux Tsongor, roi de Massala, doit marier sa fille Samilia à Kouame, Aux côtés de son fidèle Katabolonga, le roi n'aspire qu'à du repos après avoir mené tant de campagnes sanguinaires laissant sur son chemin multitude de cadavres. Malheureusement, la paix va être de courte durée puisque surgit un ancien prétendant de Samilia et que le vieux roi doit à nouveau se heurter à des dilemnes inextricables. La guerre est à sa porte...

Faut-il honorer ses promesses même si pour ce faire une guerre va décimer famille et patrie ? Samilia et sa famille sont pris entre deux feux et le vieux Tsongor ne pourra guère les aider à résoudre ce cruel dilemne. Mais les personnages de cette tragédie sont des êtres faillibles, qui font des erreurs humaines qui coûtent des vies. La guerre semble inévitable, voulue par tous, même par ceux qui ont les moyens de la stopper. La nature humaine serait-elle foncièrement belliqueuse ? 

Marchant sur les traces de son père, Souba, le fils du roi Tsongor va être le seul à devenir plus humain, il va connaître la honte qui lui permettra d'accéder à l'humilité qui rend les hommes plus vrais.

« Souba, même s’il n’a pas compris le sens de cette route longue et difficile que son père lui a offerte en héritage, a obéi. Il a pressenti que la vie est un voyage, une longue errance jamais terminée. Cette route était sagesse et pauvreté matérielle qui seules, pouvaient le sauver. Ainsi Souba sans s’en apercevoir, a transformé sa vie en offrande et en don de soi. Contre toutes les apparences, il est le seul à avoir réussi." 

Porté par un souffle épique hors du commun, digne des plus grandes tragédies grecques, Laurent Gaudé fait montre en ces pages d'un talent extraordinaire pour nous parler de sacrifice, de fierté, de l'envie de vivre qui quelquefois supplante la raison, de fidélité, d'identité. 

 

Présentation de l'éditeur : Actes sud 

Vous aimerez aussi : Du même auteur :  Ouragan  Le soleil des Scorta ;  Pour seul cortège 

Autre : Antigone de Henry BAUCHAU

D'autres avis : LilibaKathel Val 

 

La mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé, Actes Sud, Babel, janvier 2005, 6.60 euros

Merci à Sandra...

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Une femme au téléphone de Carole FIVES

Publié le par Hélène

Charlène 62 ans est une mère qui trompe sa solitude en passant des appels à sa fille. Appels tour à tour enjoués, culpabilisants, désespérés ou excessifs. Pour cette femme cancéreuse, bipolaire à ses heures, ces appels sont le moyen de se raconter, de se livrer, de partager ses aventures liées à ses rencontres sur des sites de rencontre, de parler de son quotidien entre grisaille et rose bonbon.

"Meetic ? Ah non j'ai arrêté, c'est toujours les mêmes têtes. Ceux qui vont sur Meetic, c'est comme ceux qui vont chez Ikea, ils cherchent des choses standard. Et moi je suis pas standard." p. 15

Après sa visite chez un psy, elle commente : "Elle m'a dit tout ce que mon père m'avait fait, enfin, elle savait tout. C'était très dur, je suis complètement détruite. Maintenant, y a plus qu'à reconstruire. Un nouveau départ. Le problème c'est que le prochain rendez-vous c'est pas avant septembre. Dans deux mois. Je les passe comment juillet-août moi ? Je me colle un panneau "en chantier" ? " p. 44

Elle en profite pour insidieusement envoyer des piques à sa fille, dans une demande constante d'attention, d'amour conjuguée à une toxicité inébranlable.

"Comment ça, on ne fait pas des enfants pour les garder pour soi ? Ce sont des phrases toutes faites ça, qu'on dit quand on n'a pas de coeur. La vérité c'est qu'on fait les enfants pour soi, sinon c'est trop égoïste." p. 76

Au détour de ses critiques, elle distille toutefois des conseils avisés :

"Des disputes ? Mais il faut faire des efforts pour garder un homme voyons, ça ne va pas de soi. Mets-toi à la place de ce pauvre garçon, tu ne repasses pas, tu ne cuisines pas, tu vis dans un foutoir monstrueux, quel avantage a-t-il à vivre avec toi ? Maintenant que vous attendez cet enfant, tu ne peux plus tout envoyer bouler comme avant. Il faut mettre de l'eau dans son vin, bien sûr la vie à deux ce n'est pas toujours drôle, on préfèrerait rester seule bien tranquille, profiter de sa maison, manger une connerie quand on en a envie, regarder le programme qu'on préfère à la télé... Le couple, c'est dur, mais il faut s'accrocher, pour ne pas finir toute seule." p. 83

A travers ce portrait Carole Fives nous offre un texte drôle, intelligent, jubilatoire et profond à la fois, une vraie réussite !

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

Du même auteur :Quand nous serons heureux ; C'est dimanche et je n'y suis pour rien

D'autres avis : Télérama

 

Une femme au téléphone, Carole Fives, L'arbalète Gallimard, janvier 2017, 112 p., 14 euros

 

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Elles sont parties pour le nord de Patrick LECOMTE

Publié le par Hélène

1917 la petite Wilma 11 ans vit dans une cabane avec son père trappeur dans le Grand nord canadien. Un jour, de retour d'une expédition dans la ville, son père lui ramène un livre qui va changer sa vie Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède. La jeune fille, proche de la nature s'intéresse alors de plus près aux grues blanches qu'elle observe d'un promontoire près de la cabane. Elle aperçoit alors celle qu'elle prénommera Akka, une grue boiteuse qu'elle retrouvera saisons après saisons. Mais les années passant, Wilma comprend que cette espèce à laquelle elle est tant attachée est en voie de disparition. Elle décide alors de lutter pour la préservation de l'espèce.

Ce récit s'inspire de la véritable histoire du déclin de la grue blanche d'Amérique, il suit les différentes grandes étapes de la conservation. Aujourd'hui la situation s'est améliorée mais la menace rôde encore dans l'ombre car il n'en reste que 300.

https://www.registrelep-sararegistry.gc.ca/

Ce que j'ai moins aimé :

Il manque un souffle romanesque à l'histoire : le début était prometteur dans le grand froid canadien, puis les grandes étapes de la préservation prennent le devant de la scène au détriment de l'histoire de la jeune fille. Les sauts temporels annihilent toute tentative pour rentrer dans l'histoire car au moment où l'on s'attache au personnage et aux lieux, l'ellipse temporelle nous amène des années plus tard.

Bilan : Un premier roman qui reste prometteur malgré ses maladresses.

 

Présentation de l'éditeur : Préludes

D'autres avis : Babelio

 

Elles sont parties pour le nord, Patrick Lecomte, Préludes, mars 2016, 288 pages, 14.30 euros

 

Merci à l'éditeur.

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Recherche femme parfaite de Anne BEREST

Publié le par Hélène

Emilienne, photographe trentenaire décide de se lancer dans un projet ambitieux en vue d'exposer aux rencontres de Arles. Elle traque pour ce faire la femme parfaite, chaque femme photographiée devant lui donner le nom d'une autre femme qu'elle considère comme la femme parfaite. Cette quête lui permet d'amorcer une réflexion sur la femme moderne, sur les pressions sociales qu'elle subit notamment avec l'image de Julie, la voisine de Emilienne, traumatisée par son accouchement et son nouveau rôle de mère. Elle rencontre également une jeune femme libre, Georgia, par qui elle est irrésistiblement attirée.

Au-delà des femmes, l'auteure ausculte aussi notre société moderne, enferrée dans un culte à l'image que propagent les publicités ou encore les réseaux sociaux. Ceux-ci créent des cadres  dans lesquels les êtres essaient de rentrer, ils fantasment l'image qu'ils renvoient aux autres, enfantant un être factice "Aujourd'hui tout le monde met en scène sa vie dans le seul but que cela soit "cool" sur les photos.", "C'est pas ça être libre. Etre libre, c'est faire des choses sans être regardé." La vraie marginalité serait alors de ne pas être référencé sur Google...

Sur un ton plaisant, non dénué d'humour l'auteur use du second degré pour aborder ces problématiques modernes.

Ce que j'ai moins aimé : la bluette sentimentalo-sexuelle qui transforme la jeune femme en adolescente...

Bilan : un bon moment de lecture assez plaisant, surtout dans sa première partie.

 

Présentation de l'éditeur : Grasset ; Folio

D'autres avis : Caroline ; Violette ;

 

Recherche femme parfaite, Anne Berest, folio, janvier 2016, 240 p., 7.20 euros

Merci à l'éditeur.

 

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Remèdes à la mélancolie d'Eva BESTER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Eva Bester anime une émission sur France Inter le dimanche à 10h dans laquelle elle recueille les remèdes de son invité pour se soustraire à la mélancolie, "le morne regret des chimères absentes" (Baudelaire) . Dans le prolongement de son émission, elle rassemble ici certains remèdes proposés par ses invités et nous propose de piocher des instants de plaisir.

Certains remèdes sont cocasses comme celui de Dany Lafferrière pour qui balayer est un palliatif efficace à la mélancolie. Qu'il s'agisse de cuisiner avec des amis (Adrien Bosc), de savourer un plat de spaghettis aux palourdes, de rire des chatouilles (Antonin Peretjatko), de lire ce qui est écrit sur les paquets de céréales (Christophe Bourseiller), des textes de Desproges, se cacher sous les tables dont les nappes vont jusqu'au sol (s'il est recouvert de moquette), chacun nous offre une étincelle de bonheur.

Mes préférés : 

- Regarder des gens en train de faire de l'aquagym de Babx

"Oui, en fait, donc là je dois l'avouer, j'ai eu pendant un mois l'idée que j'allais faire un peu de sport parce que j'étais ressorti d'un été un peu abominable après une tournée et donc j'allais me remettre en forme dans une salle tout ce qu'il y a de plus absurde, alors là c'est génial en plus et avec des machines et des trucs pour se remettre en forme, et il y avait cette piscine, ce bassin plus exactement, où, derrière une vitre, je voyais des gens régulièrement sautiller sans jamais s'arrêter sur une musique, tout ça dans l'eau. Et tout d'un coup je me suis arrêté et je me suis dit : " Au milieu de l'univers, il se passe ça !", c'est à dire au milieu de tous ces schismes permanents, des guerres, des planètes qu'on n'a pas encore découvertes, il y a un endroit dans tout cet infini où il y a des gens en train de faire dong-dong-dong dans de l'eau avec des bonnets de bain, totalement persuadés de ce qu'ils sont en train de faire et ça m'a fasciné ! Je me suis vraiment dit que l'humain était d'une poésie incroyable pour pouvoir se mettre comme ça dans des pareilles situations et surtout croire dur comme fer à ce qu'il est en train de faire."

- L'absurde "L'absurde drôlatique est la parfaite application de la leçon nietzschéenne : certes, la vie est tragique mais au lieu de nous lamenter, on peut transcender la bassesse de notre condition par l'imagination au service de l'art et du rire. l'absurde est un moyen d'élévation." p. 171

Neige de nuit à Kambara de Hiroshige (Chantal Thomas)

- L'espace et les étoiles car " Je crois que penser aux étoiles, pour moi, c'est l'occasion de se replonger dans le cosmos, dans l'univers : dés qu'on songe à son immensité, même s'il n'est pas infini, dés qu'on songe à cet espace absolument sans commune mesure avec notre corps et nos habitudes terrestres, on ne peut plus se contenter de macérer dans sa seule petite tristesse, ni dans son seul horizon, même s'il est joyeux." Roger-Pol Droit

- la citation choisie par Cécile Sciamma

"Peut-être tous les dragons de notre vie sont-ils des princesses qui n'attendent que le moment de nous voir un jour beaux et courageux. Peut-être que toutes les choses qui font peur sont au fond des choses laissées sans secours qui attendent de nous le secours. Pourquoi voulez-vous exclure de votre vie toute inquiétude, toute souffrance, toute mélancolie alors que vous ignorez leur travail en vous." Rainer Maria Rilke Lettres à un jeune poète

- La chanson choisie par Agnès Desarthe :

- Les films comme The big Lebowski des frères Coen (Christophe Bourseiller et Agnès Desarthe), Chantons sous la pluie pour la scène de danse (Agnès Jaoui et Robin Renucci), Stardust memories de Woody Allen.

Ce que j'ai moins aimé : les arts visuels, les arts sonores ne rendent pas tellement à l'écrit.

Bilan : Une bouffée de bonheur à prescrire de toute urgence !

 

Présentation de l'éditeur : Autrement

D'autres avis :Cathulu, repéré chez elle en début d'année, merci à elle !

 

Merci à l'éditeur pour cette belle découverte !

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Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar de Antoine CHOPLIN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Tomas est un jeune cheminot dans la ville de Trutnov en Tchécoslovaquie au début des années 70. Son chemin croise celui de Vaclav Havel, alors que celui-ci n'est encore qu'un artiste de théâtre. Une amitié se noue entre les deux hommes, amitié de coeur mais aussi amitié d'idées. Face au régime communiste qui se durcit et poursuit les dissidents comme Vaclav, Tomas fait rapidement son choix. Il reste résolument du côté de la liberté et de la culture, centrale, "comme un outil de savoir et de plus grande conscience sur le monde."

Avec tact et retenue, Antoine Choplin évoque la montée au pouvoir de Vaclav Havel, des premières heures hésitantes jusqu'au succès, et ceci par l'intermédiaire de cet acolyte de l'ombre, Tomas, un  cheminot ordinaire amoureux des écorces et des oiseaux, un homme que rien ne prédestinait à jouer un rôle dans l'histoire, mais  qui décide simplement de suivre ses préceptes moraux et d'accomplir ce qui lui semble juste aux côtés de personnes qu'il apprécie. L'amitié qui relie les deux hommes est touchante, discrète, de ces liens solides qui ne nécessitent pas une effusion disproportionnée quand on sait que l'essentiel nous rassemble.

A travers le destin de Tomas Kusar, Antoine Choplin nous offre un roman tout en délicatesse retraçant l'engagement de ces hommes qui se battent pour des valeurs, et qui passent au travers des épreuves inhérentes à leurs positions, par conviction, par passion pour la vie et la liberté indissociables dans un monde qui chancèle.

 

D'autres avis : Caroline ; Yves ; Leiloona ; Jostein ;

Du même auteur : La nuit tombée ; Le héron de Guernica Radeau  ; L'incendie Une forêt d'arbres creux

 

Quelques jours dans le vie de Tomas Kusar, Antoine Chopli, La fosse aux ours, janvier 2017, 18 euros

 

La fosse aux ours est l'éditeur du mois pour Un mois un éditeur

 

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L'autofictif croque un piment de Eric CHEVILLARD

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Les ventes de mes livres seraient bien meilleures ; malheureusement, mes lecteurs ne lisent pas." p. 78

Eric Chevillard a commencé par expérimenter sur son blog http://l-autofictif.over-blog.com/  un nouveau type d'écriture : l'Autofictif. Chaque jour, il livre trois phrases à la frontière entre aphorisme, haïku, réflexion philosophique, brève de comptoir, mais surtout commentaire sur sa vie et sur le monde qu'il observe avec ironie et décalage. Il retranscrit sous forme papier en 2009 ses réflexions de 2007 et 2008.

L'autofictif croque un piment couvre la période 2011-2012. Les sujets sont tout aussi variés et jouissifs. Quelques perles :

- quand il se moque de son manque de succès ou de la suffisance de certains écrivains

"Quand on voit quel chemin montueux, tortueux, rocailleux mène à la gloire, comment s'étonner que tant d'ânes en aient atteint le sommet ?" p. 97

"Je me flatte d'avoir vécu une expérience rare pour un écrivain - qui atteste aussi une certaine force de caractère, ayons l'humilité de l'admettre: j'ai voyagé dans le Transsibérien sans en rapporter un livre! "

- quand il observe sa fille :

"Pourquoi il n'y a pas de crayon de couleur beige ?" p.125

"- Non, Suzie, tu ne touches pas à ça ! Quand tu auras dix-huit ans, tu feras ce que tu voudras.

Elle débranchait son babyphone !" p. 181

- quand il repense la nature :

"Si le boa avait des cheveux - et l'on comprend bien du coup pourquoi la nature a jugé cette option superflue -, il se ferait des nattes." p.121

Son inventivité n'a pas de limite, lui qui décide par exemple de devenir pope. Pour la tenue...

Eric Chevillard est drôle, incisif, jamais complaisant envers lui-même, bref il faut le découvrir !

« C’est Jules Renard, Pascal et La Rochefoucauld réunis, et encore plus que ça. Les petits faits de la vie, de menues observations mis en formules gnomiques et transfigurés par l’invention, l’humour, la fantaisie. Autre chose que la morne liste des courses qui fait l’ordinaire de ce qu’on nomme autofiction, sans doute pour signifier que ça exclut toute inventivité. »
Pierre Jourde, Le Nouvel Observateur

 

Présentation de l'éditeur : L'arbre vengeur

Son site : http://autofictif.blogspot.fr/

 

Un mois un éditeur : http://www.arbre-vengeur.fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D'autres avis : Keisha

 

L'autofictif croque un piment, Journal 2011-2012, Eric Chevillard, L'arbre vengeur, 2013, 245 p., 13 euros

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