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litterature francaise

A celui qui...

Publié le par Hélène

Chez moi, il a une étagère pour lui seul. En hauteur.

Il est celui qui a accompagné une de ces amitiés fusionnelles d’adolescentes,

Nos éclats de rire, nos connivences, nos complicités.

Nous chantions à tue-tête Céline Dion, mais nous lisions Bobin le soir,

Comme un équilibre, comme une évidence pour guider nos vies adolescentes tâtonnantes.

Je recopiais des passages entiers de ses livres sur des cahiers dorés,

Que je relisais inlassablement ensuite pour les faire miens.

Ses mots, ses choix résonnent éternellement en moi.

Il était cet homme simple et humble qui préférait la solitude lové au sein de la nature aux éclats éblouissants des projecteurs,

Cet homme qui pouvait s’émouvoir du vol d’un oiseau, d’une libellule dans un pré, d’un arbre qui frémit,

Cet homme qui avait compris que la vie n’a de sens que dans l’émerveillement du monde.

Désormais, il est parti enchanter les anges.

Puisse son chant résonner encore jusqu’à nous...
 

En ces pages :  Les ruines du ciel  ♥ ♥ ♥ ; La part manquante ♥ ♥ ; L’homme-joie ♥ ♥ ♥ ;  Eloge du rien ♥ ♥ ♥ ; La dame blanche ♥ ♥ ♥ ; La grande vie ♥ ♥ ; L'épuisement  ♥ ♥ ♥ ♥ ; L'inespérée ♥ ♥ ♥

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Le collier rouge de Jean-Christophe RUFIN

Publié le par Hélène

♥ ♥

En 1919, dans une petite ville écrasée par la canicule, un chien hurle à la mort devant la prison. Il attend l'unique prisonnier du lieu, Morlac. Bientôt le juge Lantier arrive pour interroger le prévenu et tente de le convaincre de faire amende honorable, mais Morlac refuse obstinément, assumant l'acte qui l'a mené en prison. Le lecteur ne découvrira la raison de son emprisonnement qu'à la fin du roman.

A travers cette histoire atypique inspirée de celle de son grand père, l'auteur témoigne de l'immensité de la violence vécue, qui transparait notamment dans les récits de guerre de Morlac envoyé à Salonique ou dans la Somme. Il s'interroge surtout sur la question de notre identité humaine qui devrait différer de celle de l'animal, et qui pourtant, en temps de guerre est mise à mal. Qu'est ce qui fait de nous un homme finalement ?

« Il avait toutes les qualités qu’on attendait d’un soldat. Il était loyal jusqu’à la mort, courageux, sans pitié envers les ennemis. Pour lui, le monde était fait de bons et de méchants. Il y avait un mot pour dire ça : il n’avait aucune humanité. Bien sûr, c’était un chien… Mais nous qui n’étions pas des chiens, on nous demandait la même chose. Les distinctions, les médailles, citations, avancements, tout cela était fait pour récompenser des actes de bêtes. « p127

Ce que j'ai moins aimé :

Malgré une construction au cordeau, j'ai trouvé que ce roman manquait d'intensité, d'incarnation et je n'ai pas ressenti l'enthousiasme d'autres lecteurs... A vous de voir...

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Immortelle randonnée ♥ ♥ ;  Les sept mariages d'Edgar et Ludmilla ♥ ♥ ; Les flammes de pierre ♥ ♥ ♥ ♥

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Six ans, vingt-huit jours de Antoine RACCAT

Publié le par Hélène

♥ ♥

Alors qu'elle est sans nouvelles de Valentin depuis leur rupture deux ans auparavant, Caroline reçoit un appel de lui : il l'invite en vacances, en Grèce. Juste eux deux pour vingt-huit jours dans un décor paradisiaque. Caroline accepte, par respect pour ce qu'ils ont vécu ensemble.

Tour à tour, Caroline ou Valentin prennent la parole pour raconter, plonger dans le passé ou interroger l'autre à l'aune de ses différences. Cette alternance des points de vue permet de mettre en perspective deux choix d'existence : du côté de Valentin, la stabilité la sécurité, le quotidien, ou la vie au présent incarnée par Caroline qui refuse de ce fait la maternité. Alors que chacun semble sûr de ses choix, peu à peu ils constateront combien les certitudes sont fragiles et peuvent vaciller face à l'autre et tant lesdits choix sont induits par nos rencontres : "De l'autre on ne connait rien. (...) On n'est jamais ceci ou cela. Juste une palette d'humeurs, aux couleurs pâles, pas vraiment tranchées. Des sensations plus ou moins fortes et qui se déclenchent dans des contextes précis, selon tout un tas de paramètres - l'éducation, l'expérience, les gènes. Autrui se révèle par l'expérience ponctuelle et immédiate qu'on en fait, non par une espèce d'appréhension ontologique totale. Je doute qu'on vienne un jour à bout de l'humain."

Ce que j'ai moins aimé :

Le style, pas assez travaillé à mon goût, m'a gêné dés le début du roman.

La fin est un peu trop mélodramatique, était-il nécessaire d'en ajouter autant ?

Bilan :

Mitigé.

Présentation de l'éditeur : Robert Laffont

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Dix heures et demie du soir en été de Marguerite DURAS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Pierre et Maria et leur petite fille Judith sont en vacances en Espagne avec leur amie Claire. Ils passent la nuit dans un petit village près de Madrid. Un meurtre passionnel a eu lieu dans la journée et le jeune Rodrigo Paestra est recherché par la police pour avoir tué sa femme et son amant.

Dans la chaleur de la soirée percée par les orages, les heures s'étirent, scandées par les passages des policiers. Maria observe Pierre, son mari et Claire, son amie, se rapprocher dangereusement... Elle se noie alors dans les verres d'alcool attendant que le désir palpable entre eux se concrétise. Elle guette aussi l'ombre de Rodrigo, caché sur les toits du village.

Une profonde mélancolie s'échappe de ces pages, le désespoir de Maria émane de chaque phrase, de chaque mot, de chaque souffle. Impuissante, elle observe dans l'ombre le désir ramper entre son mari et son amie, se résignant déjà à l'inéluctable. Fataliste, elle succombe pour sa part au désir de l'alcool tandis que dans les rues, les orages éclatent et nimbent l'atmosphère d'ombres et de lumières.

Le clair-obscur domine ces pages éblouissantes ! 
 

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur :  L’amant ♥ ♥ ♥ ; Moderato Cantabile ♥ ♥ ♥ ♥

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Partie italienne de Antoine CHOPLIN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Gaspar s'installe à Rome, fuyant sa récente notoriété en tant qu'artiste. Il passe ses journées aux terrasses de café, à jouer aux échecs avec ceux qui se présentent, laissant le temps s'écouler loin de toute contingence. Un matin une jeune femme s'installe à sa table, et peu à peu, dans la langueur des jours, une relation particulière nait entre eux.

Roman au charme incontestable, Partie italienne souffre aussi de ses qualités : la légèreté des jours finit par contaminer le sujet, pourtant plus difficile autour du grand-père de Marya, prisonnier à Auschwitz, et l'histoire ne laisse finalement qu'une impression diffuse, peu marquante.

 

Des similitudes avec Le joueur d'échecs de Stefan Zweig

Présentation de l'éditeur : Les éditions Buchet Chastel

Du même auteur : La nuit tombée ♥ ♥ ♥ ♥ ; Le héron de Guernica ♥ ♥ ♥ ♥ ;  Radeau ♥ ♥ ♥ ; L'incendie ♥ ♥ ; Une forêt d'arbres creux ♥ ♥ ♥ ; Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar ♥ ♥ ♥ ; Partiellement nuageux ♥ ♥ ♥ ; A contre courant ♥ ♥ ; Nord-est  ♥ ♥

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La patience des buffles sous la pluie de David THOMAS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Ceux qui me connaissent et me suivent depuis longtemps, savent combien La patience des buffles sous la pluie compte pour moi. Lu en 2009, je l'ai découvert lors du jury du prix Orange du livre, et je n'ai eu de cesse de le défendre et de le mettre en avant par la suite. Quand j'ai décidé de me lancer dans l'aventure des blogs en 2010, c'est lui que j'ai choisi comme premier billet de blog. Aujourd'hui, il est réédité aux éditions de l'Olivier, en poche - à un prix modique sans aucune inflation - et je ne peux que vous encourager à nouveau, que dis-je vous exhorter, vous supplier, d'aller découvrir ce recueil !

Pourquoi, me demanderez-vous, dans un éclair de méfiance, vague réminiscence d'un discours prônant la sobriété ? Parce que si nous n'usons pas d'humour, d'ironie, de satire sur notre quotidien volontiers désenchanté par des politiques déconnectés, la lumière de l'optimisme risque de s'éteindre et de nous laisser désarmés dans un monde absurde. David Thomas évoque dans ses textes la quintessence du quotidien d'un humain ordinaire. Un homme qui a su prendre du recul sur lui-même, qui sait se moquer de ses travers, qui a compris que la vie n'a pas de sens, mais qui continue malgré tout, pauvre Sisyphe fatigué, à bâtir des chimères. Le couple notamment est au centre de ces chimères, puisque nous continuons pertinemment d'y croire, nous accrochant follement aux souvenirs des premiers moments, quand l'usure et le quotidien ont enseveli élan et passion sous une couche tenace d'aigreur et reproches.

Et pourtant, l'espoir est humain et continue à battre en nos veines, nous susurrant doucement que rien n'est irrémédiable pour qui sait prendre du recul...

La dérision et l'esprit critique permettent de nourrir en nous l'espoir d'une humanité un peu plus intelligente et qui se tournerait peut-être - enfin - vers la sagesse...

"Je dirais que La patience des buffles sous la pluie fait partie de ces livres à la fois formidablement simples et sobrement raffinés qui nous rendent intelligibles à nous-mêmes, qui nous rattachent les uns aux autres, nous donnent envie de tenir debout et de nous ancrer encore plus profondément dans cette étrange activité suicidaire qu'est la vie." Préface de Jean Paul Dubois

Présentation de l'éditeur : Editions de l'Olivier

Du même auteur Un silence de clairière ♥ ♥; Je n’ai pas fini de regarder le monde ♥ ♥ (Nouvelles) ; On ne va pas se raconter d'histoires ♥ ♥ ♥ (Nouvelles) ; Hortensias ♥ ♥ ♥ ; Le poids du monde est amour ♥ ♥ ♥ (Nouvelles) ; Un homme à sa fenêtre ♥ ♥ ♥ (Nouvelles)

 

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Un été avec Homère de Sylvain TESSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Pourquoi espérer l'au-delà au lieu d'accomplir passionnément son chemin d'humain dans la panoplie du réel dévoilé par le soleil ?"

Durant l'été 2017, France Inter diffusait une série d'émission durant lesquels Sylvain Tesson nous emmenait naviguer en Grèce sous l'égide de L'Iliade et L'Odyssée. L'écrivain s'est retiré sur une île des Cyclades pour écrire ses textes, il s'est laissé bercer par le rythme et la lumière si particulière, et surtout par les récits homériques à la poésie envoûtante. De ces récits atemporels il retient la "substantifique moelle" pour enrichir sa pensée et la faire résonner avec les aventures d'Achille ou Ulysse.

"Être païen consisterait à se tenir devant le spectacle du monde et à l'accueillir sans rien espérer -aucun lendemain qui chante (cette tartufferie !), aucune vie éternelle (cette farce !). Il ne faut rien chercher d'autre que les signes de ce qui advient."

*

"L'amour et la haine, le pouvoir et la soumission, l'envie de rentrer chez soi, l'affirmation et l'oubli, la tentation et la constance, la curiosité et le courage. Rien ne varie sur notre Terre. (...) Mais tous, nous portons dans nos cœurs une Ithaque intérieure que nous rêvons parfois de reconquérir, parfois de regagner, souvent de préserver?"

*

"Que retient-on de ces premiers chants de l'Odyssée ?

La vie nous impose des devoirs.
Il importe d'abord de ne pas transgresser la mesure du monde.

S'il faut réparer un forfait commis, il ne faut pas dévier de sa course ni renier les objectifs fixés.

Enfin, ne jamais oublier l'individu que l'on est, ni l'endroit d'où l'on vient, ni l'endroit où l'on va."

Ces émissions constituent une belle façon de découvrir ou redécouvrir ces chants immémoriaux tout en savourant les éclairs de Sylvain Tesson.

 

Du même auteur :  Une vie à coucher dehors ♥ ♥ ♥ ♥ (Nouvelles) ; Dans les forêts de Sibérie ♥ ♥ (Récit de voyage)Géographie de l’instant ♥ ♥ ♥ ♥ (Récit de voyage) ; S'abandonner à vivre ♥ ; Aphorismes sous la lune ♥ ♥ ♥ ; Sur les chemins noirs ♥ ♥ ♥ ♥ (Récit de voyage) ; La panthère des neiges ♥ ♥ ♥ (Récit de voyage)

Retrouvez le podcast ici : France Inter

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Que sur toi se lamente le tigre de Emilienne MALFATTO

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

« Nous sommes un pays de mutilés, d’ensanglantés, un pays d’ombre et de fantômes » p 80

Dans l'Irak d'aujourd'hui, une jeune femme s'est donnée à son fiancé et est tombée enceinte. Malheureusement son fiancé meurt à la guerre, la condamnant également à la mort puisque « L’honneur est plus important que la vie. Chez nous, mieux vaut une fille morte qu’une fille mère.» Son frère la tuera donc pour venger l'honneur.

Elle raconte sa dernière journée, secondée par les autres membres de la famille qui eux aussi prennent la parole dans des monologues qui prouvent combien la parole est bridée derrière les apparences lisses. Chacun est complice du meurtre mais présenté comme une victime enfermée dans un système qui détermine leur condition, leur rôle et pèse sur leurs épaules. La mère elle-même avoue avoir recréé pour sa fille une prison : « J’ai justifié mon monde en le reconduisant. » Ils ne parviennent pas à s'abstraire du poids des traditions, même si, peut-être, le plus jeune des frères rayonne comme seule lueur d'espoir « je suis celui qui, peut être, ne sera pas un assassin ". Les femmes aussi, en se révoltant, en racontant, pourront se révolter face à cette société profondément patriarcale, comme le prouvent les mouvements liées à la mort de Mahsa Amini récemment en Iran.

Deux autres fils narratifs s'entremêlent au récit de la jeune femme : celui du fleuve Tigre, témoin des destins tourmentés et de toute l'histoire du pays hantée par les guerres et la violence « J’ai baigné les califes et les princesses aux longs cheveux. Aujourd’hui, Bagdad la tourmentée déverse en moi ses vomissures, sa bille et ses blessés. », et l'autre fil de l'épopée de Gilgamesh, certains épisodes étant relatés pour insister sur l'universelle fatalité du destin des hommes et mettre en valeur la puissance des mythes et de la littérature quand ils nous interrogent sur les grandes questions de la condition humaine, la vie, la mort, le bonheur, la liberté.

Un roman essentiel, puissant, poétique, de ceux qui rappellent combien la fiction est importante pour donner la parole à ceux et celles que la société s'évertue à bâillonner.

Présentation de l'éditeur : Elyzad

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Emerveillements de Marie ROUANET

Publié le par Hélène

« C’est quoi, “être émerveillé” ? Est-ce être heureux quand on est embrassé par celui que l’on aime ? Quand il me dit un gentil mot ? Quand on sait que le soir, il y aura un repas entre amis ?

— Non, cela arrive tout d’un coup. C’est imprévisible. C’est un jour comme les autres, peut-être même plus monotone. Et tout d’un coup, en regardant une chose, en permanence sous nos yeux (voir, ce n’est pas regarder), on découvre enfin son originalité, sa beauté méconnue, son mystère. Et cela balaie en nous tout ce qui pèse. »

Ce que j'ai aimé :

Le principe avait tout pour m'attirer : mettre en avant la beauté du monde, apprendre à regarder ce qui nous entoure avec des yeux poètes, embellir le monde, autant de pistes qui me fascinent...

Comme vous l'aurez remarqué, en plus la couverture est magnifique !

Ce que j'ai moins aimé :

Je n'ai pas été émerveillée, j'ai été déçue par les textes proposés, je suis passée à côté.

Non seulement les émerveillements choisis ne m'ont pas touchée (un coupe papier, une araignée, un chat...) mais de plus, je n'ai pas aimé la façon dont ils étaient mis en avant, je n'ai pas été sensible à la poésie du texte.

Bilan :

Un rendez vous manqué.

 

Présentation de l'éditeur : Editions Le pommier

 

tous les livres sur Babelio.com
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Fauteuils réservés et autres contes de Eugène DABIT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"De nouveau , il se sentait angoissé et avide, homme vivant parce qu'il nourrissait en lui un perpétuel désir."

Fauteuils réservés et autres contes qui vient de paraître, est un recueil de cinq nouvelles extraites de le Mal de vivre et autres textes, précédemment paru dans la collection L'Imaginaire. Cinq courtes nouvelles, cinq portraits ou tranches de vie d'hommes et de femmes du Paris populaire des années 1930.

Dans ces cinq textes brefs, l'auteur de L'Hôtel du Nord, plume phare de l'Ecole prolétarienne, dépeint avec un lyrisme pudique quelques trajectoires d'hommes et de femmes du peuple de Paris. "Il n'osa pas se dire que la vie l'avait volé une fois encore. Il se retrouvait dans la rue. C'était assez d'avoir à lutter contre la solitude, contre la nuit qui n'en finirait plus".

Il insiste sur la profonde solitude des êtres qui errent dans Paris et cherchent du réconfort auprès d'une femme, lestés par un quotidien que l'amour pourrait alléger. Ces personnages ressentent une envie de vivre malgré tout, conscients que le bonheur éphémère reste précieux.

Ces nouvelles courtes et percutantes nous tendrement de l'humain...

Présentation de l'éditeur : Folio

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