Asta de Jon Kalman STEFANSSON

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Je suis sans doute tombé sur la mauvaise planète.

Ici tout est tellement bizarre." Sigbjorn Obstfelder

Au fil des errances de la narration éclatée, se profilent un à un les personnages : Sigvaldi, Helga et leur amour passionné, Asta lors de son séjour dans une ferme, sa rencontre avec Josef, Asta à Vienne, des années plus tard, déprimée, Sigvaldi encore, tombé de son échelle, qui se remémore son existence, le frère de Sigvaldi, poète à ses heures, Asta écrivant des lettres à son amour perdu ... Les époques se confondent et s'entremêlent parce que la vie n'est jamais aussi linéaire qu'on peut le croire, et que les  souvenirs ont tendance à s'interposer pour casser le fil trop droit du destin.

Chacun cherche une once de bonheur ou de répit, sans succès, parce que le monde est ainsi fait, parce que la société de consommation, le monde qui nous entoure et nous enserre est créé pour engendrer notre insatisfaction. "Voilà pourquoi le but de la publicité est de nous rendre insatisfaits du moment présent, de nous donner l'impression que nous passons à côté de quelque chose, que nous n'avons pas la vie que nous méritons."

Si la quête du bonheur reste vaine, il est urgent de vivre chaque minute intensément. Passer une soirée entre frères en ne pensant pas au dernier bus qui part sans nous, batifoler dans le foin frais odorant, étrenner une table plutôt solide, se gorger de la beauté du monde, faire rouler dans nos cœurs les mots doux et serrer dans nos bras les gens qu'on aime, tant qu'il est encore temps, avant qu'ils ne tombent d'une échelle ou d'un bateau, avant que la nuit ne tombe dans l'oubli. Ne pas oublier l'importance d'aimer, aimer ses enfants, aimer ses frères, ses sœurs, aimer ses parents, inconditionnellement, sans laisser les lettres d'amour sans réponse, sans penser que le mot est galvaudé et usé jusqu'à la corde ...

"La meilleure manière de contrer la mort, c'est de se constituer des souvenirs qui, plus tard, auront le pouvoir de caresser doucement et d'apaiser les blessures de la vie."

Et finalement, ce sera la pureté qui irradiera le destin de Asta et de ses proches :

"Mais il y a si peu de choses qui ne soient pas des erreurs ici-bas. Au contraire, les vérités du cœur ne font pas toujours bon ménage avec celles du monde. C'est cela qui rend la vie incompréhensible. C'est notre douleur. Notre tragédie. La force qui fait notre lumière."

Un roman lumineux qui fusionne les nuits sombres et les aurores boréales pour enfanter la beauté ...

 

Présentation de l'éditeur : Grasset

D'autres avis : Télérama ; Moka ; Karine ; Jérôme (qui vante depuis longtemps les mérites de cet auteur et que j'avais tout de même à moitié écouté puisque je me suis rendue compte que j'avais deux romans de cet auteur dans ma Pal, ô joie)

 

Lu dans le cadre des matchs de la rentrée Littéraire de PriceMinister #MRL18

Il s'agissait d'un choix de Moka que je remercie pour cette belle découverte ! Voici ce qu'elle en disait dans sa présentation pour les matchs :

"Un roman étranger / Une envie folle que vous croisiez à votre tour Ásta / Une histoire d’amour / Un peu de désamour / Un petit goût d’Islande / Un pavé de rentrée / Une odeur de vodka / Une plume poétique qui dit l’ailleurs et les autres / L’abandon, les retrouvailles et tous leurs absents. / Une fresque familiale qui se reflète dans un miroir brisé. / Ce concentré de drame et de désillusion. "

Publié dans Littérature Europe

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Noukette 11/11/2018 16:56

Je viens de me l'offrir et j'ai hâte de m'y plonger !

Daphné 08/11/2018 20:01

Ce n'est pas celui que j'ai préféré de cet auteur mais je l'ai tout de même vraiment aimé. La plume de Stefansson est vraiment extraordinaire.
Daphné

Autist Reading 08/11/2018 16:03

Le billet de Jérôme m'a déjà interpelé mais ton billet, ainsi que d'autres participants au MRL, confortent mon envie de découvrir ce roman... et cet auteur.

maggie 07/11/2018 19:50

Je ne sais pas si je lirai celui-là mais cela fait un moment que je veux découvrir cet auteur

clara 07/11/2018 11:15

Je suis fan de cet auteur et je l'ai beaucoup, beaucoup aimé !

Alex-Mot-à-Mots 07/11/2018 09:48

Réservé à ma BM, mais il est victime de son succès : trop de monde avant moi....

eimelle 06/11/2018 21:37

je le prévois pour bientôt!

gambadou 06/11/2018 19:02

Cool, c'est ma prochaine lecture !

Anne 06/11/2018 18:39

Je n'ai encore jamais lu cet auteur, je sens que c'est une lacune ;-) (j'en ai aussi un dans la PAL, je crois)

Jerome 06/11/2018 13:41

Il faut lire Stefansson si on aime la littérature, un point c'est tout. Rien n'égalera sa première trilogie je pense mais cette Asta prouve quand même à quel point le bonhomme est talentueux.

manou 06/11/2018 13:21

J'avais adoré "D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds" et j'attends de lire celui-là bien évidemment. je vois que pour toi c'est un 4 étoiles...je languis de le découvrir

edwige.mingh 06/11/2018 11:16

Après Indridason, j'entame "Asta "... et je suis bouleversée. C'est vrai que le parti pris d'une intrigue complexe et croisée peut dérouter. Mais cela ne m'a pas gêné. Toujours au Nord, je poursuis avec "Le Testament de Dina" de Herbjorg Wassmo, norvégienne que je ne connais pas encore !

dominique 06/11/2018 11:00

j'avais énormément aimé la première trilogie de l'auteur mais un peu moins celle là
mais ce roman reste à lire vu ton enthousiasme j'espère que j'aurai le même plaisir

Nathalie 06/11/2018 10:16

Moins enthousiaste que vous, j'ai eu du mal à entrer dedans, c'est vraiment très décousu. .. Mais je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé non plus tellement l'écriture à un côté envoûtant. ..

claire jeanne 06/11/2018 09:37

Très belle critique, merci ! J'adore cet auteur...

ingannmic 06/11/2018 07:56

Quelle jolie conclusion ! Je l'avais déjà noté, mais si cela n'avait pas été le cas, ton billet m'aurait fait courir illico vers la librairie la plus proche !!

Hélène 06/11/2018 08:15

Merci !

keisha 06/11/2018 07:36

En fait je peux aussi commencer par un de ses romans précédents?

Hélène 06/11/2018 08:15

Je pense oui bien sûr. celui ci est indépendant !