Naufrage(s) de Michèle LESBRE
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"Nous flottons sur les océans imaginaires qui nous guident et nous perdent aussi."
Le récit s'ancre dans la géographie brute de l'île de Sein, cette « petite terre têtue » au bout de la Bretagne, constamment battue par un vent tyrannique et entourée par l'océan. En arrivant sur l'île, l'autrice-narratrice est saisie par une immense émotion. Elle s'y promène parfois flanquée d'un petit chien noir et blanc croisé au bar du village, regarde la mer et se laisse traverser par les éléments.
Mon avis :
J'ai choisi cette lecture car elle parlait de l'île de Sein or les scènes sur l'île sont anecdotiques. Le texte se concentre plutôt sur l'errance, physique et intellectuelle, convoquant différents auteurs, les faisant converser.
L'autrice convoque des figures de femmes fortes et indomptables liées à la mer, comme la pionnière Anita Conti ou l'écrivaine Catherine Poulain et son Grand Marin, mais aussi des références à Werner Herzog ou au philosophe Vladimir Jankélévitch.
Le récit est construit comme une odyssée intérieure, une déambulation à la frontière du journal, de la méditation et du poème en prose. Les naufrages peuvent être politiques avec l'effondrement des grandes utopies, des espoirs de jeunesse et la sensation d'un monde actuel qui part à vau-l'eau, mais aussi intimes puisque le temps n'en finit pas de fuir, la vieillesse nous guette, le désir s'essouffle et la mélancolie des souvenirs a tendance à nous envahir.
Un récit mélancolique au fil ténu, une lecture sur la corde...
De la même autrice : LESBRE Michèle Chemins ♥ ♥ ♥ ♥ ; Rendez-vous à Parme ♥ ♥ ♥
Présentation de l'éditeur : Sabine Wespieser Editeur