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litterature francaise

Le septième siffleur de Colin NIEL

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Dans les Highlands écossais, sur une exploitation agricole en difficulté, vivent Fiona, son mari éleveur et leur fils adolescent, dont la vue décline. La baie de Somme est le terrain de chasse de Willy, qui espère un jour transmettre à son petit garçon sa passion pour le gibier d’eau. Au Maroc, la Merja Zerga voit naviguer touristes, guides ornithologiques et le jeune Hamza, qui donnerait tout pour s’échapper, migrer loin de là où il est né.

Dans ces mêmes lieux, chaque année, fait escale un oiseau en déclin, le courlis cendré.

Ce que que j'ai aimé :

Colin Niel est un auteur qui aime profondément ses personnages. Si certains se perdent en route, parce que la vie les malmène, parce que les difficultés financières s'imposent, parce leur éducation les a formatés, ils savent s'arrêter un instant au bord de leur colère et se remettre en question. Qu'il s'agisse des rapports de couple quand les difficultés extérieures se dressent entre deux êtres et éloignent les êtres, des relations parents-enfants nées de la difficulté de communiquer ou de jalousies dans la fratrie, chacun affronte une incompréhension, se terrant dans sa solitude avant de s'ouvrir à l'autre.

Chez Colin Niel, tout est nuance. 

De même quand il aborde le thème de l'écologie et de l'extinction des espèces, il sait faire coexister la passion des naturalistes à la recherche de l'espèce rare, et les chasseurs tout autant fascinés et passionnés par les espèces animales, à leur manière. 

Il peint un monde dans lequel la compréhension est plus que jamais nécessaire pour effacer les tensions que l'écologie ou l'économie ne manqueront pas de faire naître. 

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai trouvé que le fait que le fils de Fiona devienne aveugle n'apportait rien à l'intrigue, sinon quelques passages tirant vers le pathos...

Bilan :

Un beau roman sur la cohabitation des espèces, mais aussi des points de vue...

Présentation de l'éditeur : Seuil

Du même auteur : Je vous conseille tous les autres romans de l'auteur, notamment sa trilogie guyanaise qui s'ouvre avec Les hamacs de coton dont je parlerai prochainement, et continue avec Ce qui reste en forêt ♥ ♥ ♥ puis avec Obia et Sur le ciel effondré ♥ ♥ 

Dans le domaine de l'écologie, j'ai apprécié Seules les bêtes ♥ ♥ mais moins  Entre fauves ♥ 

Et enfin, l'auteur aborde magnifiquement le thème de l'enfance maltraitée dans Darwyne ♥ ♥ ♥ ♥ et Wallace, qui m'attend aussi dans ma PAL

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Rousse ou les beaux habitants de l'univers de Denis INFANTE

Publié le par Hélène

♥ 

Sur terre, alors que les humains semblent absents, lors d'une époque indéterminée, une terrible sécheresse s'est installée. Rousse, jeune renarde intrépide décide de partir de chez elle pour échapper au manque d'eau. Elle part au-delà des montagnes qu'elle aperçoit au loin. Sa route sera jalonnée de rencontres : d'autres animaux, une ourse protectrice, un corbeau philosophe, mais aussi des rencontres moins agréables. 

Ce que j'ai aimé :

Indéniablement, ce récit fait preuve d'originalité.

Le message est finalement optimiste : le livre rappelle que la nature forme un tout interconnecté. La survie passe par la transmission, l'écoute des autres et le partage d'un territoire commun.

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai été désarçonnée par le style : l'auteur choisit délibérément de supprimer les articles et déterminants devant les noms, créant ainsi une écriture hachée, et finalement une lecture malaisante pour moi.

Ce récit post-apocalyptique, même si le message est finalement optimiste, a eu tendance à réactiver mes angoisses liées aux questions environnementales. 

Bilan :

Je ne suis pas parvenue à rentrer dans l'univers de cette fable !

Présentation de l'éditeur : Points

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Le festin de pierres de Jean-Marc ROCHETTE

Publié le par Hélène

♥ 

Le 21 juin 2024, une terrible crue de la rivière Vénéon a provoqué la destruction partielle du village de la Bérarde en Isère. Fréquentant ce lieu depuis l'âge de 10 ans et connaissant ses sommets par cœur, Jean-Marc Rochette a vécu la destruction du village, et notamment de son église emblématique, comme un choc immense et un signal d'alarme climatique.

Ce drame sert de déclencheur à une réflexion beaucoup plus vaste. L'auteur entremêle des souvenirs personnels et des épisodes historiques, remontant parfois jusqu'au Moyen Âge pour rappeler que la montagne a toujours bougé et façonné le destin des hommes. 

Ce que j'ai aimé :

Dans cette oeuvre, Jean-Marc Rochette clame son attachement viscéral à la vallée du Vénéon, un territoire d'enfance et d'alpinisme bouleversé par la catastrophe de La Bérarde. Loin d'un simple hommage nostalgique, l'auteur s'improvise passeur de mémoire en faisant revivre les voix des bergers, des guides et des animaux qui ont façonné ces sommets. Son écriture célèbre avec une profonde humilité la puissance indomptable de la nature, acceptant sa fureur tout en cherchant une forme de consolation dans sa résilience.

Ce que j'ai moins aimé :

Le livre est découpé en 7 nouvelles/chapitres autonomes traversant les époques, et le lien entre les différents récits passant de l'enfance de l'auteur à des foires médiévales ou des voyages en Asie m'a semblé trop mince, donnant une impression de manque d'unité narrative.

Du même auteur : Ailefroide     ♥ (BD) ; Le loup    ♥ (BD) ; La dernière reine    ♥ (BD) ; Au coeur de l'hiver    ♥

 

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L'archipel de Claire de Eric DE KERMEL

Publié le par Hélène

♥ ♥

Claire est psychanalyste sur l'île de Bréhat, en Bretagne. Depuis la disparition de son mari, elle a fait de cette île bretonne son havre de paix, vivant au rythme des marées et entourée de quelques proches, comme son amie Sidonie qui tient un commerce atypique à la fois boulangerie et librairie ou son fils navigateur. Son cabinet face à l'océan est désormais fermé et les confidences de ses patientes ont cessé. Mais sa routine paisible bascule le jour où Aëlwen pousse sa porte. Un mystérieux lien semble les unir et cette rencontre va forcer Claire à rouvrir des chapitres de son passé qu'elle croyait enfouis, plongeant au cœur de secrets de famille.

Ce que j'ai aimé :

Une collègue m'a prêté le roman car elle connait mon attachement pour l'île de Bréhat. L'île, avec ses paysages marins, ses mouvements de marée et sa beauté sauvage, offre une atmosphère poétique et apaisante qui fait écho aux états d'âme des personnages. Une douceur émane rapidement de ces pages, teintée de bienveillance.

Ce que j'ai moins aimé :

Les thèmes abordés n'ont pas fait écho en moi, qu'il s'agisse du sempiternel secret de famille ou des considérations plus spirituelles, presque ésotériques.

Bilan : 

Une lecture qui sera vite oubliée !

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En attendant Bojangles de Olivier BOURDEAUT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"Certains ne deviennent jamais fou... 

Leurs vies doivent être bien ennuyeuses." 

Charles Bukowski

Le jeune narrateur observe avec tendresse ses parents enlacés danser sur "Monsieur Bojangles" de Nina Simone. Cette danse est à l'image de leur vie, une fête perpétuelle menée tambour battant par la mère, feu follet qui veut faire virevolter la vie, danser et rire, toujours... Cette femme extravagante se moque des conventions, refusant d'ouvrir les courriers désagréables, changeant de nom tous les jours au rythme de ses humeurs, achetant un château en Espagne parce qu'elle a pris l'expression au pied de la lettre, adoptant un superbe oiseau exotique nommée Mlle Superfétatoire, faisant définitivement un pied de nez à la normalité. Quand l'école de son fils demande à ce que ce dernier respecte les horaires et autres obligations scolaires, elle répond du haut de sa superbe : "Mais vous voulez quoi ? Qu'il devienne fonctionnaire ? Mon fils est un érudit oiseau de nuit qui a déjà lu trois fois le dictionnaire, et vous voulez le transformer en mouette couverte de cambouis se débattant dans une marée noire d'ennuis !" 

Le père fasciné est fou amoureux de cette nymphe qui embellit la vie, même s'il se doute qu'ils marchent sur un fil. Peut-on s'abstraire ainsi de la réalité éternellement ? Le monde extérieur ne risque-t-il pas de s'immiscer pour faire chanceler la joie ? Il connaissait les risques. Et pourtant, quand il se livre dans son journal, il souligne "Je ne regrettais rien, je ne pouvais pas regretter cette douce marginalité, ces pieds de nez perpétuels à la réalité, ces bras d'honneur aux conventions, aux horloges, aux saisons, ces langues tirées aux qu'en dira-t-on."

Sous l’œil admiratif du fils, la vie bat son plein. Dans ce tourbillon de la vie, tout n'est que "fêtes, voyages, excentricité et extravagante gaieté" et tant pis si la réalité vient y mettre son grain de sel. Tant pis. Ça valait quand même le coup... 

  • Roman des étudiants France Culture - Télérama (2016)
  • Prix Roman France Télévisions (2016)
  • Prix Emmanuel-Roblès (2016)
  • Prix de l'Académie de Bretagne (2016)
  • Grand prix RTL-Lire (2016)

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Pactum salis ♥ ♥

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Le loup garou et autres nouvelles de Boris VIAN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Le Loup-garou est un recueil de nouvelles fantastiques et satiriques, écrit pour la plupart dans les années 1940 et publié de manière posthume en  1970.

Ce que j'ai aimé : 

J'ai apprécié l'univers rocambolesque et la recherche stylistique de certaines nouvelles comme Le loup garou, qui renverse les clichés puisque en tant que loup le narrateur est calme et doux et quand il se transforme il devient un homme devenu frénétique. Un coeur d'or est ma nouvelle préférée, road-trip absurde avec des chauffeurs fous qui  veulent assommer des poules avec un pain, des poules qui s'enfuient avec le pain, des voitures aussi qui s'évadent et se mettent à brouter l'herbe. L'amour est aveugle est très poétique :

« Il s’abattit en nappes parallèles ; d’abord, il moutonnait à vingt centimètres du sol et l’on marcha sans voir ses pieds. Une femme, qui habitait au numéro 22 de la rue Saint- Braquemart, laissa tomber sa clé au moment d’entrer chez elle et ne put la retrouver. Six personnes, dont un bébé, vinrent à son aide ; entre-temps, la deuxième nappe tomba et on retrouva la clé mais pas le bébé qui avait pris le large sous le couvert du météore, impatient d’échapper au biberon et de connaître les joies sereines du mariage et de l’établissement. Treize cent soixante-deux clés et quatorze chiens s’égarèrent ainsi dans la première matinée. Las de surveiller leurs bouchons en vain, des pêcheurs devinrent fous et partirent pour la chasse. »

Les recherches verbales foisonnent : 

« Pour la première fois de sa vie, il remarqua le craquement de la première marche, le crainquement de la seconde, le criquement de la quatrième, le croquement de la septième, le frouttement de la dixième, le chuintement de la quatorzième, le  brruiquement de la dix-septième, le gyyment de la vingt-deuxième et le zouinguement de la rampe en laiton dévissée de son support terminal. »

Ce que j'ai moins aimé :

Comme c'est souvent le cas pour les recueils posthumes regroupant des textes écrits à différentes, toutes les nouvelles ne se valent pas, et globalement, je n'ai pas accroché à ces nouvelles.  Quelques récits sont plus inégaux ou anecdotiques.

Bilan :

L'ensemble reste unanimement salué pour son impertinence, sa liberté de ton et son inventivité verbale.

Je pense que personnellement, je ne suis pas sensible à l'univers de cet auteur, puisque, déjà, je n'étais pas entrée dans L'écume des jours

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Du même auteur : L'écume des jours  ♥ 

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Naufrage(s) de Michèle LESBRE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Nous flottons sur les océans imaginaires qui nous guident et nous perdent aussi."

Le récit s'ancre dans la géographie brute de l'île de Sein, cette « petite terre têtue » au bout de la Bretagne, constamment battue par un vent tyrannique et entourée par l'océan. En arrivant sur l'île, l'autrice-narratrice est saisie par une immense émotion. Elle s'y promène parfois flanquée d'un petit chien noir et blanc croisé au bar du village, regarde la mer et se laisse traverser par les éléments.

Mon avis :

J'ai choisi cette lecture car elle parlait de l'île de Sein or les scènes sur l'île sont anecdotiques. Le texte se concentre plutôt sur l'errance, physique et intellectuelle, convoquant différents auteurs, les faisant converser.

L'autrice convoque des figures de femmes fortes et indomptables liées à la mer, comme la pionnière Anita Conti ou l'écrivaine Catherine Poulain et son Grand Marin, mais aussi des références à Werner Herzog ou au philosophe Vladimir Jankélévitch.

Le récit est construit comme une odyssée intérieure, une déambulation à la frontière du journal, de la méditation et du poème en prose. Les naufrages peuvent être politiques avec l'effondrement des grandes utopies, des espoirs de jeunesse et la sensation d'un monde actuel qui part à vau-l'eau, mais aussi intimes puisque le temps n'en finit pas de fuir, la vieillesse nous guette, le désir s'essouffle et la mélancolie des souvenirs a tendance à nous envahir.

Un récit mélancolique au fil ténu, une lecture sur la corde...

De la même autrice : LESBRE Michèle Chemins ♥ ♥ ♥ ♥ ; Rendez-vous à Parme ♥ ♥ ♥

Présentation de l'éditeur : Sabine Wespieser Editeur

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Les mains du miracle de Joseph KESSEL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Dans ce récit inspiré de faits réels, Joseph Kessel nous plonge dans le destin incroyable du docteur Felix Kersten, médecin-masseur d'origine finlandaise, installé en Hollande et en Allemagne, dont les mains ont le pouvoir de soulager les douleurs d'estomac atroces et chroniques qui paralysent Himmler. Devenu indispensable au chef de la SS, Kersten se retrouve dans une position unique et extrêmement dangereuse au cœur du Troisième Reich.

Au lieu de fuir ou de profiter de cette situation pour son enrichissement personnel, Kersten décide d'utiliser son incroyable influence médicale sur Himmler comme une monnaie d'échange. À chaque fois qu'il soulage les crises de douleur du dirigeant nazi, il exige en guise de paiement la libération de prisonniers, de résistants et de condamnés à mort.

Ce que j'ai aimé : 

La force tranquille de ce héros atypique est admirable ! Combattant de l'ombre, il ne possède pas d'armes, ne mène pas de combats spectaculaires : il fait usage de son intelligence, de courage et d'humanité face à l'un des pires représentants de la barbarie. À travers cette relation complexe, Kessel explore avec finesse les zones grises de la morale et les choix impossibles imposés par l'Histoire. Kessel excelle à décrire le contraste saisissant entre la puissance terrifiante d'Himmler orchestrant la déportation de millions de personnes et sa vulnérabilité physique absolue face à la maladie, le rendant totalement dépendant de Kersten.

La plume de Kessel est remarquable : précise, vivante, presque cinématographique. Chaque rencontre, chaque négociation, chaque décision est chargée d'une tension à couper au couteau.

Au-delà du récit historique, Les Mains du miracle est une réflexion profonde sur le pouvoir de l'individu face à l'oppression. Un livre bouleversant, captivant et profondément humain, qui rappelle que même dans les périodes les plus sombres, certains trouvent le moyen de faire triompher la vie.

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur L'armée des ombres ♥ ♥ ♥ 

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Le soldat désaccordé de Gilles MARCHAND

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans les années 1920, le narrateur, un ancien combattant de la Grande Guerre, s'est reconverti en enquêteur pour les familles de disparus : il tente de suivre la trace des soldats disparus pour rendre leur souvenir à leur famille. A la demande de sa mère, il part ainsi à la recherche de Emile, disparu en 1917. 

Ce que j'ai aimé :

La quête est prétexte à de multiples rencontres et témoignages poignants des soldats, avides de raconter leur guerre, tant il est difficile pour eux de partager cette expérience traumatisante avec leurs proches, comme ce soldat qui refuse de raconter la guerre à sa femme pour ne pas que s'évanouisse la lumière de ses yeux.  

Face à la barbarie, chacun trouve son refuge, pour Emile il s'agira d'une belle histoire d'amour avec Lucie, d'autres s'accrochent à de belles légendes, espérant croiser "la fille de la Lune", jeune femme qui apparaît dans les tranchées, à la recherche de l'homme qu'elle aime. Moriceau prétend avoir croisé le grand Apollinaire, 

"On a tous une histoire d'amour intense, forte, dévorante. Une qui a tout emporté sur son passage et qui ne s'est pas finie, ou qui n'a jamais eu lieu parce qu'elle n'était pas réciproque. Une qu'on n’a pas osé déclarer, une qu'on a gardée pour soi parce qu'on avait peur. Et même quand tout se passe bien, on a encore peur : que l'intensité s'en aille, que la passion se soumette comme un animal sauvage à qui on aurait appris à lever la patte. La passion ne donne pas la patte, elle te la met dans la gueule. Et quand tout va bien, on cherche des noises, on va au conflit sans savoir pourquoi, alors que la réponse est simple : faut que ça bouge, faut que ça brûle, faut que ça pète. Pas tout le temps, mais parfois, juste pour permettre au sang de faire un tour et de revenir. Juste pour voir si on a encore des larmes, si les cris peuvent encore sortir ou s'ils restent bloqués au fond de notre gorge."

Emile est définitivement "désaccordé", fabriquant des sculptures à partir de douilles, écrivant des lettres d'amour enflammées, rêveur épris de poésie et de musique. Il possède une forme de fragilité poétique qui le distingue, représentant ainsi cette jeunesse sacrifiée avant d'avoir pu vivre pleinement.

Face à la grisaille de la mort, le roman célèbre la capacité de l'homme à créer des histoires, des légendes et de la beauté pour ne pas sombrer.

Du même auteur : Une bouche sans personne

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

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La femme coupée en deux de Julie FUSTER

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Louise semble menée une existence maitrisée : elle suit une carrière dans le milieu de l'art, renvoie une image impeccable et semble tout contrôler. Mais quand elle revoit sa mère Nadia lors d'un mariage, puis quand elle apprend sa mort, tout se fissure. Louise est alors sommée de revenir vers un passé qu'elle avait enfoui. 

Ce que j'ai aimé : 

Le roman pose une question brutale : l'artiste a-t-il le droit de "piller" la vie de ses proches pour créer ? Nadia a transformé la douleur de sa fille en matière première, un acte que Louise perçoit comme un viol de son intimité. Mais le processus créatif apparaît aussi comme indubitablement lié à l'entourage : l'influence des proches est inévitable "J'étais sans cesse poursuivi, rattrapé, dévoré par eux, par leur influence, leurs questions, et les coïncidences perpétuelles qu'ils relevaient entre mes textes et ce qu'ils voulaient bien comprendre."

En retournant sur les lieux de son passé, Louise voit ses certitudes s'effriter. Le roman explore aussi comment nous réécrivons nos propres souvenirs pour survivre.

Ce que j'ai moins aimé

Le thème du conflit mère-fille reste assez classique et ne m'a pas touchée. 

Bilan :

Une lecture fluide mais peu marquante. 

Sélection n° 8

Catégorie Fiction

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