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litterature francaise

La marin de Gibraltar de Marguerite DURAS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"On cherche toujours plus ou moins quelque chose, dis-je, que quelque chose sorte du monde et vienne vers vous."

Alors qu'il passe ses vacances en Italie à Florence avec sa femme, le narrateur réalise qu'il n'est pas épanoui dans sa vie. Il rencontre un homme qui évoque un petit village italien à l'embouchure d'un fleuve, Rocca, et décide sur un coup de tête de se rendre là-bas. L'homme mentionne aussi une mystérieuse femme propriétaire d'un yacht, Anna, femme très belle et très riche, qui passe aussi quelques temps à Rocca. Le narrateur se rend là-bas avec sa femme et trouve le courage de la quitter et de se présenter à Anna pour arpenter les mers à ses côtés sur son yacht plutôt que de retourner à son travail routinier. Celle-ci est à la recherche de celui qu'elle nomme "le marin de Gibraltar", un homme qu'elle a aimé et qui l'a abandonné. Ensemble, ils vont rechercher avec scrupule ce marin disparu. S'ils le trouvent ce sera la fin de leur amour. Étrange contradiction. De Sète à Tanger, de Tanger à Abidjan, et d'Abidjan à Léopoldville, leur recherche se poursuit.

Le rythme est lent, pareil à la course du bateau se laissant porter par les flots, le narrateur et Anna vivant au rythme du bateau et de ses escales, et se découvrant l'un et l'autre peu à peu. Leur relation est tout aussi lancinante, oscillant sur les vagues du souvenir qui relie Anna au marin et sur celles du présent lié au narrateur qui a largué ses amarres pour elle. A l'entrecroisement de leurs quêtes respectives, ils vont se rencontrer et peut-être s'aimer...

Un très beau roman délicat par lequel il faut se laisser porter pour en saisir tout le charme.

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : L’amant ♥ ♥ ♥ ; Moderato Cantabile ♥ ♥ ♥ ♥ ; Dix heures et demie du soir en été ♥ ♥ ♥ ♥

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Deux femmes et un jardin de Anne Guglielmetti

Publié le par Hélène

♥ ♥

Mariette vient d'hériter d'une vieille maison en Normandie et elle se décide de laisser derrière elle Paris et ses turpitudes pour se terrer au fond de la campagne. La maison est branlante et le jardin qui la jouxte est en friche, mais Mariette souhaite ici fuir ses fantômes. Une jeune fille, Louise vient troubler sa solitude : cette adolescente en vacances dans la région choisit d'aider Mariette à débroussailler le jardin, prétexte aussi pour fuir la lourdeur familiale. Peu à peu, un lien ténu se crée entre les deux femmes solitaires.

Deux femmes et un jardin est un roman délicat, simple qui chante juste la magie d'une rencontre improbable, quand deux solitudes se frôlent dans la fraicheur d'un été. L'instant est comme suspendu, tout comme le fut cette amitié.

Une belle découverte !

Présentation de l'éditeur : Folio

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Les grands de Sylvain PRUDHOMME

Publié le par Hélène

♥ ♥

Guinée Bissau 2012. Couto apprend brutalement la mort de Dulce, chanteuse. Dans les années 70 ils appartenaient au même groupe de musique Super Mama Djombo et il l'a aimée passionnément avant qu'elle ne choisisse un mariage avec un chef d'état major putschiste. Couto se plonge dans ces années passées, quand dans le présent, un coup d'état politique se prépare. Couto se souvient aussi de tous ces chefs en qui ils ont cru avant qu'ils ne se fassent happer par " la tentation de l'autoritarisme et des combines, se mettait à placer ses amis, à se remplir les poches, à commanditer des meurtres, à éliminer à coups de faux procès des opposants, bref achevait lentement mais sûrement de tuer les derniers restes d'espoir placés en lui." p 111

Le rythme du roman est teinté de nostalgie, Couto oscillant entre passé et présent, porté par une mélancolie lancinante liée au souvenir de cet amour passionné qui l'a profondément blessé et laissé sonné. Il semble errer dans un champ de ruines, désarçonné par les changements qui s'opèrent dans son pays.

L'auteur a vécu deux ans en Guinée- Bissau et écoutait régulièrement le groupe Super Mama Djombo durant son séjour et ses pages respirent l'amour pour ce pays bigarré et sa musique !

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Par les routes ♥ ♥ ♥ ♥

Ce roman a obtenu :

- Le Prix LIRE : Révélation française 2014.

- Le Prix littéraire Georges Brassens.

- Le Prix littéraire de la porte dorée 2015.

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Et vous passerez comme des vents fous de Clara ARNAUD

Publié le par Hélène

♥ ♥

« Nous étions en paix comme nos montagnes
Vous êtes venus comme des vents fous
Nous avons fait front comme nos montagnes
Vous avez hurlé comme des vents fous
Éternels nous sommes comme nos montagnes
Et vous passerez comme des vents fous »

Hovhannès Chiraz « Impromptu »

Alors qu'une ourse et ses deux petits habitent la vallée, Gaspard, berger pyrénéen s'apprête à rejoindre son estive, hanté par l'accident tragique survenu l'année précédente. Alma, jeune éthologue se rend dans cette même vallée pour suivre le comportement des ours et élaborer des réponses adaptées à la prédation. Les esprits s'échauffent sur la question de la présence des ours.

Dans cette vallée où jadis le dressage des ours était une tradition, la réintroduction du plantigrade exacerbe les tensions. L’histoire de Jules, jeune saltimbanque parti faire fortune à New York avec son animal sert de toile de fond au récit principal et résonne puissamment avec le présent.

A travers ces destins, l'autrice s'interroge sur le sauvage en nous proposant une véritable immersion dans cet univers pyrénéen. Elle ne tranche pas, mettant juste en scène avec délicatesse les différents points de vue tout en nous enjoignant à nous émerveiller encore de cette nature fragile à préserver.

Présentation de l'éditeur : Actes sud

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Tiens ferme ta couronne de Yannick HAENEL

Publié le par Hélène

 ♥ ♥ ♥

"Il faudrait enfoncer un couteau dans la matière des journées, trancher le gras, y découper ce qui seul vous éblouit : a-t-on besoin d'autre chose que de vertige ?"

Incompris, le narrateur-écrivain a écrit un scénario sur Herman Melville intitulé The Great Melville. Malheureusement aucun producteur ne l'accepte. Sur les conseils d'un ami, il décide alors de s'adresser à Michael Cimino. Cimino accepte de le rencontrer à New-York et notre homme fait donc l'aller-retour pour passer une journée aux côtés du célèbre réalisateur de Voyage au bout de l'enfer et de La Porte du paradis. Il lui laisse son manuscrit, confiant, et revient à Paris pour se terrer dans son appartement à visionner encore et encore des films mythiques comme Apocalyspe now. A côtoyer des oeuvres marquantes du cinéma, il espère qu'une étincelle s'allumera et donnera tout à coup un sens profond à sa vie.

"Les ténèbres attendent que nous perdions la lumière ; mais il suffit d'une lueur, même la plus infime, la pauvre étincelle d'une tête d'allumette pour que le chemin s'ouvre : alors, le courant s'inverse, vous remontez la mort."

Il recherche une forme de vérité, obsédé par cette phrase de Melville : « En ce monde de mensonges, la vérité est forcée de fuir dans les bois comme un daim blanc effarouché. » En tant qu'artiste et en tant qu'homme, il tente de trouver sa place dans un monde souvent effrayant et trop grand pour l'humain.

"Au fond, il était possible de vivre : avec les récits, avec toutes les histoires contenues à l'intérieur des récits, on avançait mine de rien d'une île à une autre, on faisait se rejoindre le commencement et la fin, on allait mieux."

Le monde s'offre à lui dans une suite d'aventures rocambolesques, il rencontrera Isabelle Huppert, sera suivi par deux moustachus à l'allure louche, s'inquiètera de la disparition de son ami Tot, perdra son dalmatien dans la ville, rencontrera la conservatrice du musée de la Chasse, pour peut-être, enfin, trouver une forme de lumière.

"A la fin, me dit-il, la véritable politique consiste à garder son âme ; et plus simplement encore : à avoir une âme."

A travers cet être indécis Yannick Haenel allume une lumière dans l'obscurité de nos vies, il nous invite à découvrir le sacré sous la patine des jours, à vibrer, pour simplement, survivre digne dans un monde qui chavire.

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

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La morte amoureuse et autres contes de Théophile GAUTIER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le recueil comprend : La cafetière, Omphale ou la tapisserie amoureuse, La morte amoureuse, Le chevalier double et Arria Marcella.

Le registre fantastique pose un autre regard sur les choses, un regard mélancolique, désabusé et enchanté, sur des apparences toujours susceptibles de se déchirer pour faire place à la magie. Il interroge sur les limites entre réalité et irrationnel, déstabilisant son lecteur qui perd peu à peu ses repères sensibles lors d'une hésitation prolongée ouvrant les interprétations à des explications plus surnaturelles. La peur de la mort rôde et l'espoir insensé nait que les frontières soient poreuses entre les deux mondes.

« En effet, rien ne meurt, tout existe toujours ; nulle force ne peut anéantir ce qui fut une fois. Toute action, toute parole, toute forme, toute pensée tombée dans l’océan universel des choses y produit des cercles qui vont s’élargissant jusqu’aux confins de l’éternité. La figuration matérielle ne disparaît que pour les regards vulgaires, et les spectres qui s’en détachent peuplent l’infini. Pâris continue d’enlever Hélène dans une région inconnue de l’espace. »

Dans la morte amoureuse le narrateur oscille aussi en termes d'identité, tout comme dans La cafetière dans lequel il recherche l'absolu et laisse son âme s'élever vers la félicité, quelque soit le prix à payer. Le désir mène les êtres qui errent comme dans Arria Marcella dans des ruines, prêts à être secoués dans leurs certitudes.

Ces nouvelles portées par un lyrisme troublant aux accents romantiques enrichissent inexorablement notre vision du monde...

Présentation de l'éditeur : Larousse

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L'assommoir de Emile ZOLA

Publié le par Hélène

♥ ♥

Gervaise, une jeune femme de 22 ans a des rêves simples : « travailler, manger du pain, avoir un trou à soi, élever ses enfants, mourir dans son lit... » et ne pas être battue. Malheureusement son premier mari Lantier la quitte, la laissant seule avec deux enfants, Etienne et Claude. Elle se remet en couple avec Coupeau, et tous deux travaillent dur pour sortir de la misère, Gervaise rêvant d'ouvrir sa propre blanchisserie. « Mes personnages ne sont pas mauvais, ils ne sont qu’ignorants et gâtés par le milieu de rude besogne et de misère où ils vivent. »

Mais l'alambic dévore le peuple  "Fermez les cabarets, ouvrez les écoles" dira Zola, et de la même façon, l'exploitation subie par les travailleurs les entraine vers une chute inexorable. Tous sont aux prises avec un déterminisme social et héréditaire à l'emprise redoutable.

Dans ce septième tome des Rougon Macquart, Zola s'intéresse à la vie de la classe ouvrière. Le réalisme du tableau donne toute sa force à la dénonciation de la misère du peuple. Pour Zola, « c’est de la connaissance seule de la vérité que pourra naître un état social meilleur ».

« J’ai voulu peindre la déchéance fatale d’une famille ouvrière, dans le milieu empesté de nos  faubourgs. Au bout de l’ivrognerie et de la fainéantise, il y a le relâchement des liens de la famille, les ordures de la promiscuité, l’oubli progressif des sentiments honnêtes, puis comme dénouement la honte et la mort. C’est la morale en action, simplement. »

Ce que j'ai moins aimé :

Contrairement à d'autres romans de Zola, j'ai trouvé que celui-ci manquait de lumière, d'espoir, tout est assombri et pousse la pauvre Gervaise vers sa fin (et quelle fin...) !

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Thérèse Raquin ♥ ♥ ♥ , Au bonheur des dames ♥ ♥ ♥ ♥ ; L'oeuvre ♥ ♥ ♥ ♥ ; Germinal ♥ ♥ 

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Le serpent majuscule de Pierre LEMAITRE

Publié le par Hélène

Avec Mathilde "jamais une balle plus haute que l'autre, du travail propre et sans bavures". Mathilde, ancienne résistante devenue tueuse à gages, se demande si le temps n'est pas venu de prendre sa retraite, mais son chef lui confie une nouvelle mission...

Mathilde apparait comme un personnage atypique qui dégomme les autres personnages les uns après les autres, de façon très répétitive et désincarnée. L'ensemble est donc très peu crédible, franchement décevant !

Oeuvre de jeunesse de l'auteur, écrite en 1985 et jamais proposé à la publication jusqu'à ce que le succès de l'écrivain ne le pousse à le relire et remanier. Il aurait peut-être dû le laisser dans le tiroir, tant le roman manque de cohérence et propose des personnages auquel il est difficile de s'attacher !

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Du même auteur : Au revoir là-haut ♥ ♥ ♥ ; Trois jours et une vie ♥ ; Cadres noirs ♥ ♥ ♥ (policier) ; Couleurs de l'incendie ♥ ♥ ♥ 

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Le quai de Ouistreham de Florence AUBENAS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

En 2009, en pleine crise économique, Florence Aubenas, journaliste, décide d'aller vivre la crise de l'intérieur, concrètement aux côtés des plus démunis, pour mieux en parler ensuite. Elle part pour Caen, s'inscrit à Pôle emploi en se fabriquant un personnage. On lui propose alors de devenir agent de propreté dans des entreprises. Commence alors un parcours du combattant pour glaner des heures de ménage à droite, à gauche, au gré des contrats ou des absences des collègues car « aujourd’hui on en trouve pas de travail, on trouve des heures « Elle apprend à "gagner en productivité", à manier la mono-brosse avec dextérité, elle enchaine les formations, les forums de l'emploi, et trouve finalement quelques contrats sur le ferry de Ouistreham et dans un camping de mobile-homes.

Des rencontres marquantes ponctuent son parcours, chaque personne lui raconte son expérience, ses échecs, ses humiliations, ses victoires quelquefois. Il est avant tout question de dignité humaine, Florence raconte comment elle est devenue "invisible", comment elle et ses collègues doivent abattre un travail harassant en un temps record car les heures supplémentaires ne sont pas payées, comment elles sont à la merci de chefaillons, de "dragons" qui aiment les humilier.

«On travaille tout le temps, sans avoir vraiment de travail, on gagne de l’argent sans vraiment gagner notre vie. »

Elle pointe du doigt aussi les manquements de Pole emploi : chaque conseiller a 180 demandeurs dans son portefeuille il devrait n’en avoir que 60. Dans la région 4000 dossiers en retard. Chacun fait comme il peut pour aider ces contrats précaires à trouver leur place dans cette société en crise...

Ce livre rend avant tout hommage à ces "invisibles", ces femmes qui luttent dans l'ombre pour conserver leur dignité et faire vivre leur famille, quoiqu'il advienne. Elles s'épaulent, s'entraident, partagent des fous rires et malgré les vicissitudes de leur vie, restent profondément humaines !

Un beau récit profond et humain !

 

Si vous voulez connaitre les réactions des collègues de travail de Florence après la parution du livre, Elle leur a consacré un article ICI.

Présentation de l'éditeur : Points

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Corniche Kennedy de Maylis de KERANGAL

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Durant un été, quelques bandes d'adolescents prennent l'habitude de se retrouver sur la corniche Kennedy et de sauter du haut de la corniche, comme un pied-de-nez à la mort. Mais un commissaire les observe et tente de les protéger des risques encourus en accroissant sa surveillance.

L'atmosphère de cet été se tend entre les conflits inhérents à toute bande d'adolescents, la nouvelle qui s'impose mais n'est pas tout à fait intégrée, les attirances improbables, les interdits que l'on aime dépasser, les adultes qu'il faut provoquer. Et le saut dans le vide est comme une façon de se sentir encore plus vivant, plus important, quoiqu'en pense la police !

L'écriture ample de l'autrice permet de coller à cet élan de la jeunesse et d'embrasser ces adolescents avec tendresse et bienveillance.

Ce que j'ai moins aimé :

- La fin, tout aussi abrupte que la falaise !

- De même l'histoire du policier ne se termine pas réellement.

Bilan :

Une peinture très fine de l'adolescence qui rappelle les romans de Marion Brunet ou encore Nicolas Mathieu.

Présentation de l'éditeur :

Du même auteur : Un monde à portée de main 

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