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nouvelles

Le loup garou et autres nouvelles de Boris VIAN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Le Loup-garou est un recueil de nouvelles fantastiques et satiriques, écrit pour la plupart dans les années 1940 et publié de manière posthume en  1970.

Ce que j'ai aimé : 

J'ai apprécié l'univers rocambolesque et la recherche stylistique de certaines nouvelles comme Le loup garou, qui renverse les clichés puisque en tant que loup le narrateur est calme et doux et quand il se transforme il devient un homme devenu frénétique. Un coeur d'or est ma nouvelle préférée, road-trip absurde avec des chauffeurs fous qui  veulent assommer des poules avec un pain, des poules qui s'enfuient avec le pain, des voitures aussi qui s'évadent et se mettent à brouter l'herbe. L'amour est aveugle est très poétique :

« Il s’abattit en nappes parallèles ; d’abord, il moutonnait à vingt centimètres du sol et l’on marcha sans voir ses pieds. Une femme, qui habitait au numéro 22 de la rue Saint- Braquemart, laissa tomber sa clé au moment d’entrer chez elle et ne put la retrouver. Six personnes, dont un bébé, vinrent à son aide ; entre-temps, la deuxième nappe tomba et on retrouva la clé mais pas le bébé qui avait pris le large sous le couvert du météore, impatient d’échapper au biberon et de connaître les joies sereines du mariage et de l’établissement. Treize cent soixante-deux clés et quatorze chiens s’égarèrent ainsi dans la première matinée. Las de surveiller leurs bouchons en vain, des pêcheurs devinrent fous et partirent pour la chasse. »

Les recherches verbales foisonnent : 

« Pour la première fois de sa vie, il remarqua le craquement de la première marche, le crainquement de la seconde, le criquement de la quatrième, le croquement de la septième, le frouttement de la dixième, le chuintement de la quatorzième, le  brruiquement de la dix-septième, le gyyment de la vingt-deuxième et le zouinguement de la rampe en laiton dévissée de son support terminal. »

Ce que j'ai moins aimé :

Comme c'est souvent le cas pour les recueils posthumes regroupant des textes écrits à différentes, toutes les nouvelles ne se valent pas, et globalement, je n'ai pas accroché à ces nouvelles.  Quelques récits sont plus inégaux ou anecdotiques.

Bilan :

L'ensemble reste unanimement salué pour son impertinence, sa liberté de ton et son inventivité verbale.

Je pense que personnellement, je ne suis pas sensible à l'univers de cet auteur, puisque, déjà, je n'étais pas entrée dans L'écume des jours

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Du même auteur : L'écume des jours  ♥ 

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Le chat noir et autres histoires de Edgar Allan POE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

Publié au XIXᵉ siècle (les nouvelles ont été écrites entre 1830 et 1840), ce recueil rassemble plusieurs histoires célèbres de Poe, écrivain fantastique ancêtre de la science-fiction, spécialiste du conte horrifique, précurseur de la théorie psychanalytique du dédoublement de la conscience, initiateur du récit policier, maitre du récit d'aventure, analyste averti de la presse, satiriste, bref, un écrivain aux multiples facettes ! 

Ce que j'ai aimé : 

La diversité de registres est remarquable ! 

- des récits fantastiques : Le Portrait ovale qui rappelle que l'art consume la vie ou bien Le Chat noir récit fantastique noir dans lequel un homme sombre dans l’alcoolisme et la violence.

- des récits policiers : Les Meurtres dans la rue Morgue et Le Mystère de Marie Rogêt  récits policiers précurseurs du genre

- des contes mystiques : Le Colloque de Monos et Una  mettant en scène une conversation entre deux morts 

- des contes satiriques : Il ne faut jamais parier sa tête au diable ; La Semaine des trois dimanches ; De l’escroquerie considérée comme une des sciences exactes ; Sans lunettes

- des récits mélancolique comme Eleonora 

- des horreurs allégoriques : Le Masque de la mort rouge sur l’inéluctabilité de la mort et la vengeance face à la dépravation morale

- des horreurs historiques  Le Puits et le Pendule  

- des récits d'aventure Le Scarabée d’or, sorte de chasse au trésor 

- des contes cruels Le Cœur révélateur monologue d’un homme qui prétend ne pas être fou alors qu'il a tué un vieillard qui avait selon lui un œil de vautour, La Boîte oblongue

Edgar Poe est maître dans l'art de l'exploration de l’esprit humain tourmenté. Les criminels sont souvent trahis par leur propre conscience et dans les récits fantastiques, la frontière est floue entre réalité et hallucination. Il montre comment la conscience peut devenir une punition plus terrible que la justice. 

« Cependant, aussi sûr que mon âme existe, je crois que la perversité est une des primitives impulsions du cœur humain, – une des indivisibles premières facultés ou sentiments qui donnent la direction au caractère de l’homme. Qui ne s’est pas surpris cent fois commettant une action sotte ou vile, par la seule raison qu’il savait devoir ne pas la commettre ? N’avons-nous pas une perpétuelle inclination, malgré l’excellence de notre jugement, à violer ce qui est la Loi, simplement parce que nous comprenons que c’est la Loi ? »

L'auteur aborde aussi des questions scientifiques et des énigmes géographiques de la première moitié du 19ème siècle comme dans Une descente dans le Maelström  aventure marine au style très lyrique.

Bilan :

Un classique qui a influencé la littérature fantastique moderne et marque la naissance du roman policier.

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Thème du mois : Histoires courtes 

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Le vent et le lion de James McBRIDE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Sept nouvelles, une multitude d'émotions. James McBride met en scène des personnages afro-américains au cœur de récits qui oscillent entre réalisme et imaginaire.

Ce que j'ai aimé : 

McBride est musicien de jazz, et cela se sent dans son écriture. Ses phrases ont un rythme, un "groove" particulier que la traduction de Gallmeister (souvent excellente pour saisir l'argot et le rythme américain) restitue très bien.

Les personnages sont profondément humains, même les personnages les plus excentriques ou les plus faillibles sont traités avec une immense tendresse.

J'ai particulièrement aimé la première nouvelle "Un train nommé "Under Graham Railroad" : un collectionneur et vendeur de jouets anciens, obsédé par la valeur historique des objets liés à l’histoire afro-américaine, est fasciné par un train miniature rarissime représentant l’« Underground Railroad ». Il consacre son énergie à traquer cette pièce mythique. Peu à peu, McBride montre que la véritable valeur ne réside pas dans l’objet mais dans la transmission humaine et le sens qu’on donne au passé. La quête du jouet devient une métaphore de la quête d’identité.

La nouvelle "Le bal de Noël" rend hommage aux soldats afro-américains souvent oubliés par la grande Histoire qui ont combattu pour une liberté qu'ils n'avaient pas pleinement chez eux. C'est une histoire de fraternité qui dépasse les mots, où le silence est aussi parlant que la musique.

"L'ange Homme-Poisson", ma préférée met en scène Abraham Lincoln qui vient de perdre son fils, elle présente un homme fatigué, mélancolique mais toujours tourné vers les plus faibles. 

Les nouvelles passent de la comédie de quartier à la fable historique en quelques pages sans jamais perdre ce mélange audacieux d'humour décalé, de tendresse et de réflexions engagées, offrant un regard à la fois lucide et poétique sur la condition humaine.

Ce que j'ai moins aimé :

Comme dans n'importe quel recueil de nouvelles, certaines m'ont moins touchée comme "M. P. et le vent" une nouvelle étonnante qui se déroule dans un zoo à l'abandon où les animaux et les humains entrent dans un dialogue philosophique et absurde sur la liberté.

Bilan : 

Ces nouvelles rappellent que la vie reste imprévisible mais rayonne malgré tout, fragile et lumineuse, même dans des contextes difficiles.

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Du même auteur : La couleur de l'eau

Challenge Gallmeister

Mois de Février : Histoires courtes, émotions longues

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Floride de Lauren GROFF

Publié le par Hélène

♥ ♥

Lauren Groff déroule ici onze nouvelles placées au cœur de la Floride. Qu'il s'agisse de petites filles abandonnées sur une île par une mère irresponsable, d'un père un peu trop proche des serpents et pas assez de ses enfants, d'une femme isolée dans une maison loin de tout, avec une panthère qui rôde dans les parages, des fantômes qui profitent d'une tempête pour revenir hanter les vivants, tous les personnages semblent perdus dans un monde qui n'est plus à leur mesure. La nature écrasante se déchaine dans une atmosphère poisseuse qui contamine les êtres.

Ce que j'ai aimé :

Deux nouvelles m'ont particulièrement touchée : celle de la femme qui part en Normandie sur les pas de Maupassant, ainsi que la première très mélancolique : une femme arpente le soir les rues de son quartier pour fuir son foyer gangrené, et observe les vies de ses voisins par la fenêtre.

"Parfois dans le silence, je suis témoin de querelles qui ressemblent à de lentes danses, sans musique. C’est incroyable la façon dont les gens vivent, leur désordre, les délicieuses odeurs de cuisine qui portent jusque dans la rue, les décorations de Noël qui peu à peu se fondent dans l’environnement quotidien. "

La nouvelle sur la jeune professeure qui devient sans abri m'a fait penser à l'errance de L'invitée

Ce que j'ai moins aimé :

Ce sont des nouvelles noires, voire désespérées ! La détresse des êtres suinte à chaque page, leur solitude au milieu de la multitude les enserre, et leur mal-être est comme un écho aux tempêtes qui sévissent dans la région. Leurs tempêtes intérieures sont tout aussi dévastatrices...

Bilan :

Restons sur une note optimiste avec ce dialogue entre un homme et sa femme :

« Dis-moi, tu crois qu'il existe encore des gens bien en ce monde ?
Oh oui, a-t-il répondu. Des milliards. Le problème c'est que les méchants font beaucoup trop de bruit. »

Du même auteur : Les furies ♥ ♥ ♥ 

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La morte amoureuse et autres contes de Théophile GAUTIER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le recueil comprend : La cafetière, Omphale ou la tapisserie amoureuse, La morte amoureuse, Le chevalier double et Arria Marcella.

Le registre fantastique pose un autre regard sur les choses, un regard mélancolique, désabusé et enchanté, sur des apparences toujours susceptibles de se déchirer pour faire place à la magie. Il interroge sur les limites entre réalité et irrationnel, déstabilisant son lecteur qui perd peu à peu ses repères sensibles lors d'une hésitation prolongée ouvrant les interprétations à des explications plus surnaturelles. La peur de la mort rôde et l'espoir insensé nait que les frontières soient poreuses entre les deux mondes.

« En effet, rien ne meurt, tout existe toujours ; nulle force ne peut anéantir ce qui fut une fois. Toute action, toute parole, toute forme, toute pensée tombée dans l’océan universel des choses y produit des cercles qui vont s’élargissant jusqu’aux confins de l’éternité. La figuration matérielle ne disparaît que pour les regards vulgaires, et les spectres qui s’en détachent peuplent l’infini. Pâris continue d’enlever Hélène dans une région inconnue de l’espace. »

Dans la morte amoureuse le narrateur oscille aussi en termes d'identité, tout comme dans La cafetière dans lequel il recherche l'absolu et laisse son âme s'élever vers la félicité, quelque soit le prix à payer. Le désir mène les êtres qui errent comme dans Arria Marcella dans des ruines, prêts à être secoués dans leurs certitudes.

Ces nouvelles portées par un lyrisme troublant aux accents romantiques enrichissent inexorablement notre vision du monde...

Présentation de l'éditeur : Larousse

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Les vitamines du bonheur de Raymond CARVER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Les douze nouvelles du recueil s'attachent à des personnes ordinaires : Patti, jeune femme au chômage qui décide de vendre des vitamines à domicile, Jack et Fran invités chez un couple d'amis dotés d'un magnifique paon envahissant et d'un bébé hideux, un homme divorcé qui prend le train pour retrouver son fils... Ces personnages vivent sur le fil et à tout instant tout peut basculer. Dans leur monde, l'alcool agit comme une tentation dont il est difficile de se défaire, le couple reste chancelant quand les coups du sort s'acharnent, et la famille est un refuge tout aussi branlant.

Raymond Carver maitrise parfaitement l'art du détail, de l'atmosphère qui fait ressortir des blessures bien plus profondes. Dans ses nouvelles assez pessimistes le bonheur reste éphémère, comme une parenthèse enchantée à l'image de Chef qui avait trouvé un refuge dans la première nouvelle du recueil, mais doit quitter la maison, et à nouveau faire face à la précarité,  ou encore de la visite de cet aveugle dans la dernière nouvelle qui vient bousculer un couple englué dans le quotidien et dessine une cathédrale. Une cathédrale, comme une métaphore de l'art seul capable de sauver de la dérive ?

Présentation de l'éditeur : Points

Du même auteur : N'en faites pas une histoire

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Trilogie des cimes de Olivier SALON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

L'auteur raconte trois de ses expéditions en montagne : l'une au Huascaran dans la Cordillère blanche avec 8 autres acolytes dont un chef d'expédition surnommé la Pintade, une ascension de El capitan dans le Yosemite et enfin une traversée dans le massif du Mont Blanc avec sa fille.

Il propose ainsi trois nouvelles très différentes : la première, pourtant tragique est teintée d'humour, la deuxième est rédigée en vers, et la troisième apparait bien plus technique. l'auteur étant membre de l'oulipo, cela explique sans doute les choix d'écriture très différents.

Si j'ai un faible pour la première, toutes les trois nous plongent dans cet univers sauvage dans lequel tout peut basculer à tout moment, où chaque pas est un suspens attaché au-dessus du vide, mais aussi un univers où la beauté surgit inopinément, brusquement et souvent.

"Ce mélange fort subtil d'effort et de somptuosité des paysages, de bataille contre les éléments (qui sortent parfois vainqueurs), de matériel à bien doser, le rapport avec les compagnons de cordée, le partage de cette joie essentielle avec ses amis, avec ses enfants, les nuits glacées dans la neige ou dans l'altitude que vient contrebalancer la chaleur des liens que tisse la montagne avec les compagnons, c'est ce que m'ont offert et continuent de m'offrir la montagne et l'escalade. C'est ce qui me pousse à toujours y retourner.

Si j'ajoute à cela les imprévus : orages, cordes coincées, erreurs d'itinéraire, corde trop courte, cheveux coincés dans le descendeur, tombée brusque du brouillard le jour où la boussole est absente du sac... j'aurai dit que l'aventure en montagne est avant tout humaine, et qu'aucun topo ne saurait la décrire. " (préface)

Présentation de l'éditeur : Transboréal

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Le combat de Patrick SUSKIND illustré par SEMPE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Jean est le favori indétrônable du Luxembourg. Joueur expérimenté, il est un habitué des parties d'échecs du jardin du Luxembourg. C'est alors que se présente un jeune inconnu sûr de lui, prêt à en découdre pour détrôner le challenger. Le public se range rapidement de son côté, admirant son assurance face à Jean, enfermé dans ses habitudes. Qui triomphera ?

Réflexion philosophique allégorique sur le pouvoir, la force des masses, et la confiance en soi, ce récit comporte de multiples ramifications. Les dessins de Sempé s'accordent parfaitement à l'atmosphère des parties d'échec du jardin du Luxembourg, ces moments suspendus tout en tension et partage.

Un récit tout en profondeur !

Présentation de l'éditeur : Fayard

Du même auteur :  Le parfum ♥ ♥ 

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Une femme d'imagination et autres contes de Thomas HARDY

Publié le par Hélène

"J'avais peut-être besoin d'un surcroit de reconnaissance, plutôt que d'un renouveau d'amour..."

Ces quatre nouvelles de Thomas Hardy mettent en scène des femmes malmenées par l'amour. En quête d'absolu, ces femmes ne parviennent pas à se contenter de la réalité décevante qui s'offre à elles et elles tentent de s'échapper par le biais de l'amour. Malheureusement, elles restent soumises aux choix familiaux, au mariage, et ces rêves romantiques tournent court... Dans « Le hussard mélancolique », la jeune Phyllis s'éprend d'un soldat étranger alors qu'elle est promise à un beau mariage, Caroline tombe comme ensorcelée par la musique du « Le violoneux de contredanses » alors qu'elle pourrait connaitre un mariage heureux et calme auprès de Ned, Sophy se tourne vers un amour de jeunesse après la mort de son mari, mais son fils met son véto à cet amour indigne à ses yeux (« Le véto du fils »). Pour finir, dans "Une femme d'imagination", en villégiature au bord de la mer, l'héroïne comprend que la chambre qu'elle occupe temporairement est celle d'un poète qu'elle admire particulièrement, elle-même écrivant de la poésie. Peu à peu elle se concentre sur une seule envie : le rencontrer, mais le destin semble lui être contraire.

Les destins assez sombres de ces femmes résonnent tragiquement : incomprises et souvent délaissées, en proie à des passions qui les dépassent, ou soumises au hasard qui entrave leurs rêves, elles connaissent un sort malheureux quand, pourtant, leur esprit et leur coeur se voulaient enjoués. Cette capacité à saisir avec intelligence les émois féminins honore Thomas Hardy et prouve encore une fois son immense talent !

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de Poche

D'autres avis : Martine ; Cryssilda ; Lou

Du même auteur : Les forestiers ♥ ♥ ♥ ; Loin de la foule déchaînée  

 

Pour le mois anglais sur les blogs ce matin nous parlons de recueil de nouvelles !

 

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Courir au clair de lune avec un chien volé de Callan WINK

Publié le par Hélène

♥ ♥

« Des nouvelles vraiment impressionnantes, dont les personnages m’ont habité longtemps. » Jim Harrison

Salué par le maître Jim Harrison et par Thomas McGuane, Callan Wink est un jeune auteur qui fait preuve dans ce premier recueil de nouvelles d'une profondeur d'analyse prometteuse.

Il met en scène des protagonistes souvent divisés entre le poids des responsabilités et l'envie de liberté. Perry, le héros de Une autre dernière bataille, trompe sa femme atteinte d'un cancer avec une jeune indienne crow une fois par an, dans Exotisme, James est un professeur perdu qui part vers la liberté pendant les vacances d'été. Son frère quant à lui a fait le choix d'une vie de famille rangée. Comme dans la symétrie d'un jeu de miroirs l'un envie le mode de vie de l'autre :

""J'aimerais juste pouvoir me barrer quand l'envie m'en prend, aller vivre sur un ranch, réparer des clôtures, baiser des femmes que je viens de rencontrer et boire de la bière toute la journée."

James s'esclaffa; "Ne me tente pas, mon vieux. J'échangerais ma place contre la tienne sans l'ombre d'une hésitation. Enfiler tes chaussons. Boire ton bourbon de luxe. Profiter de ton compte en banque. Etrangler ta femme."" p. 139

Certains font les mauvais choix ou s'interrogent longtemps sur la pertinence des dits choix. Ainsi, pour avoir voulu courir après le profit, Rand, entrepreneur zélé, en a trop demandé à ses ouvriers, jusqu'à la catastrophe, un soir de Noël (La danse du soleil). De fait, les rapports familiaux sont souvent complexes et les jeunes errent désoeuvrés dans une vie qui les dépasse, face à des attentes frustrantes (Les respiriens, Dérapage et Moïse au pays des indiens crows)

Car chacun lutte comme il peut contre une solitude qui s'attache d'un peu trop près à leurs pas à l'image de cette éleveuse de boeufs texans dans Regarder en arrière.

Mes réticences : Si ces textes sont forts, il manque encore un petit supplément d'âme que l'on espère trouver dans les oeuvres futures de ce jeune auteur...

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel

 

Courir au clair de lune avec un chien volé, Callan Wink, traduit de l'américain par Michel Lederer, Albin Michel, Terres d'Amérique, septembre 2017, 290 p., 22 euros

 

Merci à Babélio

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