Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

litterature europe

Sous l'aile du bizarre de Kate ATKINSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

"Que la vie serait plus facile pour les pauvres écrivains s'ils n'avaient pas à écrire." 

Effie Stuart est une jeune étudiante écossaise qui passe une nuit mouvementée sur une île battue par les vents en compagnie de sa mère, Nora. Au fil de leurs conversations, Effie revient sur ses années d'université, ses amitiés, ses amours, ses ambitions littéraires et les nombreux événements étranges qui ont marqué sa vie.

Peu à peu, les souvenirs se mêlent aux inventions, les secrets de famille remontent à la surface et la question de l'identité d'Effie devient centrale. Le lecteur avance dans un récit où il est parfois difficile de distinguer le vrai du faux.

Ce que j'ai aimé :

Le milieu des universitaires est croqué avec malice. Kate Atkinson montre surtout que l'université est moins un sanctuaire du savoir qu’un théâtre social : étudiants et professeurs y construisent des personnages d’intellectuels, rivalisent pour le prestige et adoptent les théories à la mode. Elle se moque du jargon universitaire et de la tendance à parler de littérature de façon abstraite plutôt qu’à la lire ou l’écrire. Le roman suggère aussi une tension entre création et institution : peut-on vraiment enseigner l’écriture sans la normaliser ? Enfin, l’université apparaît comme un lieu où l’on expérimente des identités politiques, intellectuelles et affectives, souvent avec beaucoup d’incertitude et de mise en scène. Toutefois, le regard d’Atkinson n’est pas anti-intellectuel : elle aime profondément la littérature, mais se méfie des prétentions et des jeux de pouvoir du milieu universitaire.

L'humour est omniprésent, souvent absurde, et les personnages sont hauts en couleur.

Ce que j'ai moins aimé :

Ce roman est l'un des plus singuliers de Kate Atkinson. Son intrigue n'est pas linéaire : elle avance par détours, anecdotes et récits imbriqués.La lecture demande parfois un peu d'attention car l'autrice joue constamment avec les frontières entre réalité et imagination. Elle multiplie les personnages, si bien que le risque est grand de perdre le fil !

Bilan : 

 Un bilan mitigé, j'avais préféré d'autres romans de cette autrice comme Dans les coulisses du musée ou  A quand les bonnes nouvelles ♥ ♥ ♥

Lecture commune avec Nathalie et Enna !

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Toutes les nuances de la nuit de Chris WHITAKER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

En 1975 à Monta Clare, dans une petite ville de l'Amérique profonde, le jeune Joseph « Patch » Macauley, un garçon borgne qui se prend pour un pirate, sauve la fille la plus riche de la ville d'un tueur en série de jeunes filles. Mais en faisant cela, Patch est capturé à sa place et disparaît. Saint, sa meilleure amie, une jeune fille farouche élevée par sa grand-mère, refuse d'abandonner l'idée de le retrouver. Elle va consacrer sa vie entière à le chercher. Lorsque Patch réapparaît des mois plus tard, il est brisé et transformé. 

Ce que j'ai aimé :

Les personnages prennent réellement vie au fil des pages, Patch, héros tragique se fait dévorer peu à peu par son traumatisme et par ses conséquences. A ses côtés, Saint tente de le sauver des griffes de la folie et de l'obsession, prête à tout sacrifier pour lui. Ni l'un ni l'autre ne grandit vraiment, tant ils sont restés marqués par ce traumatisme de 1975, n'ayant de cesse de s'extirper de cette obscurité pour enfin retrouver la lumière. Ils traquent la vérité

Certes le livre est épais (896 pages), mais les chapitres courts, presque cinématographiques, rendent la lecture fluide. 

Bilan : 

Le livre a reçu un accueil critique dithyrambique à sa sortie, bien mérité, il est souvent qualifié de "chef-d'œuvre de l'année" tant il transcende les genres du polar et de la littérature générale.

 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Nord et Sud de Elizabeth GASKELL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

Margaret Hale est la fille d’un pasteur du Sud rural qui quitte l’Église d’Angleterre pour des raisons de conscience et emmène sa femme et sa fille dans la ville industrielle de Milton dans le Darkshire, où on lui propose un travail de professeur privé. Ils rejoignent ainsi le rude et besogneux Nord industriel qui contraste sévèrement avec le paisible Sud rural et conservateur. Margaret découvre un monde totalement différent de celui qui était le sien, elle, qui vivait chez sa tante, dans un milieu privilégié, se heurte à un monde régi par la révolution industrielle et la montée des syndicats. Ces nouvelles valeurs s'incarnent dans le personnage de John Thornton, un riche manufacturier de la ville que méprise Margaret. Elle se lie au contraire avec les Higgins, des pauvres du quartier pour qui elle éprouve de la compassion. A leurs côtés, elle assiste alors aux premières grèves organisées et voit s'affronter patrons et ouvriers, s'éloignant peu à peu de l'univers qu'elle a quitté, de ces nobles qui se laissent vivre de façon indolente en entretenant des discussions superficielles, quand de l'autre côté, des travailleurs acharnés se battent pour nourrir leurs enfants. La jeune femme prend résolument partie, encourageant un dialogue égalitaire entre patrons et ouvriers, ouvriers qu'elle considère avant tout comme des êtres humains et non pas des outils de production régentés par le monde de l'argent. 

Dans cette magnifique fresque au souffle romanesque puissant, les points de vue différents s'affrontent face au pouvoir industriel, et les préjugés de la jeune Margaret se transforment face à la réalité et face à son ennemi de la première heure, le ténébreux John ... 

Elizabeth Gaskell a su trouver le bon équilibre entre romance et roman social pour porter les questions de son siècle sur le devant de la scène, et si les scènes sentimentales flirtent quelquefois avec les clichés, les pages passionnantes sur les grèves rachètent ces légers errements.

Un grand roman victorien. 

Présentation de l'éditeur : Points

 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Les fantômes de Shearwater de Charlotte McCONAGHY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Sur une île isolée de l’océan Austral, menacée par la montée des eaux, un père et ses trois enfants veillent sur une banque mondiale de graines, censée préserver l’avenir de l’humanité. Mais la montée des eaux va les obliger à partir dans quelques semaines. Un soir, après une tempête, une femme échoue sur la plage. Que cherche-t-elle dans ce lieu désolé ? Que tentent de cacher ses hôtes ? 

Ce que j'ai aimé :

Ce roman se situe à la frontière de plusieurs genres : à la fois fable écologiste, récit d’anticipation post-apocalyptique et thriller, il s’inspire également du nature writing, ce qui lui permet de séduire un large public. Ce mélange des registres fonctionne avec efficacité.

La famille occupe une place centrale dans l’histoire, portée par des relations complexes et des silences subtilement distillés. La figure paternelle se distingue particulièrement : marqué par un deuil qu’il n’a pas su surmonter, il s’efforce malgré tout de veiller sur les siens.

Enfin, pour couronner le tout, l’objet livre est en lui-même superbe.

Ce que j'ai moins aimé :

Autant de drames étaient-ils nécessaires ? 

Tout comme le style qui le sert, le message s'avère relativement simpliste : le monde est dangereux, nous ne survivrons pas mais rien de vaut la beauté des rapports humains familiaux, un message distillé plus délicatement dans bon nombre de romans, dont le magnifique Soleil des Scorta relu récemment. Avec cette même scène de banquet et de danse symbole d'insouciance et de bonheur de vivre. 

Bilan :

Une petite déception tant j'avais apprécié les romans précédents ! 

Du même auteur : Je pleure encore la beauté du monde ♥ ♥ ♥ ♥ ; Migrations ♥ ♥ ♥ 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

Sélection N°7

Catégorie Fiction 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Le pays des phrases courtes de Stine PILGAARD

Publié le par Hélène

♥ 

La narratrice quitte Copenhague pour s’installer dans le Jutland rural avec son compagnon, professeur dans une école alternative. Pendant qu'il enseigne, elle s'occupe de leur bébé et tente de nouer des relations avec les habitants de la communauté, ce qui n'est pas une tâche facile tant elle trouve les habitants particuliers. Elle peine à trouver sa place, ne comprenant pas les codes, les conversations semblant se terminer avant d’avoir commencé. En parallèle, elle essaie désespérément d’obtenir son permis de conduire, faisant le désespoir des différents moniteurs...

Ce que j'ai aimé : 

Le permis de conduire devient d’ailleurs une métaphore de cette difficulté à “circuler” dans la vie sociale. La narratrice comprend mal les règles implicites du monde qui l’entoure, comme si elle n’arrivait jamais à conduire correctement dans les relations humaines. Leur expérience en tant que parents n'arrange pas les choses : ils ne dorment pas depuis plusieurs mois et vivent perpétuellement dans un brouillard, ignorant quels peuvent être les meilleurs choix pour leur enfant, navigant à tâtons dans ce monde complexe de la parentalité.

Alors qu'elle essaie désespérément de comprendre les codes de cette communauté, observant, voire harcelant les "professionnels" de la communication, elle répond également dans un journal local à des lettres de lecteurs.

Là elle fait preuve d'une clairvoyance étonnante derrière ses maladresses : quand une femme lui demande comment savoir si un homme est fiable, elle conseille de regarder comment il ses comporte avec ceux qui travaillent dans le secteur des services, les serveurs, chauffeurs de taxi. Quand un jeune père se plaint des changements de sa femme depuis qu'ils ont des enfants, elle mentionne la "colère de la nuit des temps des femmes contre les hommes" : "un tonnerre assourdissant transgénérationnel" "c'est la peur collective d'être violée, des douleurs menstruelles vertigineuses, des accouchements solitaires et un sentiment d'ingratitude." Un fardeau que nous portons et nous ne pouvons pas toujours le porter en silence. Pour conclure " Méfie-toi de la rage de la nuit des temps. Ne la prends pas personnellement, mais prends-la au sérieux." 

Ainsi, derrière cette personnalité déphasée, se terre une vraie angoisse moderne : comment appartenir à un groupe, comment aimer, comment parler, comment devenir adulte quand on a l’impression de jouer un rôle, et surtout comment parler aux autres quand on a trop de mots dans un monde qui préfère les phrases courtes !

Après une année entière passée au sein de cette école, la jeune femme finira finalement par trouver sa place...

Bilan : 

Un de ces romans à la fois absurde et profond, comme je les aime !

 

 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Novecento de Alessandro BARICCO

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

« La vie c’est quelque chose d’immense, vous allez comprendre ça oui ou non ? Immense ! »

Le roman Novecento de Alessandro Baricco est un récit court, poétique et hypnotique, qui raconte l’histoire extraordinaire de Danny Boodman T.D. Lemon Novecento, un pianiste né et élevé à bord d’un paquebot transatlantique. Dès sa naissance, il ne posera jamais le pied sur terre : toute sa vie se déroule sur le pont et dans les salons du navire, au milieu des passagers et des vagues.

Ce que j’ai aimé :

Racontée par Tim Tooney, trompettiste et témoin de sa vie extraordinaire, l’histoire révèle un personnage fascinant : Novecento ne joue pas seulement du piano, il crée des univers entiers avec ses notes, suspend le temps et captive des foules entières sans jamais quitter le navire. Le monde extérieur, avec ses règles et ses obligations, l’effraie ; sa liberté est totale, mais confinée au pont et aux vagues.

Le roman est un hymne à la musique, à la solitude créatrice et à la peur de l’inconnu. À travers le destin de Novecento, Alessandro Baricco compose un récit à la fois poétique et philosophique, où le génie se mesure à la capacité de rêver, de créer et de rester fidèle à son univers intérieur. Chaque phrase est comme une note de jazz, chaque silence comme une respiration du vent sur la mer.

Le roman est un voyage enivrant sur les flots et dans l’âme humaine : une réflexion sur la liberté, le talent, l’art et les choix qui définissent nos vies, enveloppée dans la magie et la musique du roman.

Du même auteurTrois fois dés l'aube ♥ ♥ ♥ ;  La jeune épouse ♥ ♥

Présentation de l'éditeur : Folio

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Le vent passe et la nuit aussi de Milena AGUS

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Prenez des notes ! Littératurez votre existence ! Littératurez ! Armez-vous de licences poétiques et transformez la réalité en rêve."

Cosima, une adolescente très rêveuse vit à Cagliari en SardaigneElle vient d'une famille pauvre, sa mère est la fille illégitime d'un riche industriel de Cagliari qui a refusé de la reconnaitre, son père est un artiste rêveur et insouciant, mais souvent au chômage. Cosima est une élève brillante, qui suit à la lettre les conseils de sa professeure de littérature et se plait à "littératurer son existence". Quand elle rencontre le berger Costantino Sole, elle lui trouve immédiatement des ressemblances avec Heathcliff des Hauts de Hurlevent et tombe alors sous son charme.

Ce que j'ai aimé :

Le rêve est-il un refuge nécessaire ou une prison qui nous empêche d'aimer les gens tels qu'ils sont ? Cosima transforme ce jeune berger en héros romanesque et la puissance de son rêve se heurte à la dureté de la réalité quand il perd ses atours pour redevenir un humain faible et faillible. Paradoxalement, elle refuse de voir à ses côtés son ami « el señorito bandazo » qui a vécu à Cuba, s'habille et parle en révolutionnaire, mais reste obstinément transparent à ses yeux. Ainsi l'autrice montre comment la lecture peut sauver une vie, mais aussi comment elle peut nous rendre "inadaptés" au bonheur simple. Cosima doit apprendre que la "vraie" vie n'a pas besoin d'être un chapitre des Hauts de Hurlevent pour être digne d'être vécue.

Bilan : 

Un roman solaire, profondément optimiste qui enjoint à voir la beauté du monde derrière les oripeaux de la réalité. 

Présentation de l'éditeur : Editions Liana Levi

Du même auteur : Battements d’ailes ♥ ♥ ♥ ; Quand le requin dort ♥ ♥ ♥ ; Sens dessus dessous ♥ ♥ ♥ ♥

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Eclaircie de Carys DAVIES

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

En 1843, en Ecosse, se mettent en place les tragiques Clearances écossaises : des communautés de paysans ont été chassés de chez elles par les propriétaires terriens dans le cadre d'un implacable programme dans le but de faire place nette pour les cultures, les troupeaux de vaches et, de plus en plus au fil du temps, de moutons. 

L'intrigue repose sur un face-à-face bouleversant, choc de deux solitudes : Ivar est le dernier habitant d'un îlot oublié entre les Shetland et la Norvège. C'est un homme taiseux, robuste, qui vit en symbiose avec une nature hostile, entouré de sa jument Pegi et d'une vache aveugle. Il parle le norn, une langue scandinave en train de s'éteindre. John Ferguson est un pasteur sans le sou, envoyé là par un riche propriétaire pour une mission ingrate : convaincre Ivar de quitter sa terre.

Mais dès son arrivée, John fait une chute terrible. Il est sauvé, soigné et nourri par celui-là même qu’il est venu chasser.

Ce que j'ai aimé :

Ce qui fascine dans ce récit, c'est l'absence initiale de langue commune. Les deux hommes ne se comprennent pas, mais ils s'apprivoisent. Le pasteur se met à noter les mots d'Ivar pour désigner les oiseaux ou les plantes. Peu à peu, la méfiance se mue en une amitié fragile, presque mystique, tandis que sur le continent, Mary, l'épouse de John, attend avec une angoisse croissante.

Le style de Carys Davies est d'une économie magistrale. Pas un mot de trop. Elle parvient à rendre palpable le froid, l'odeur de la tourbe et le cri des macareux. C’est un roman sur ce qui nous lie quand tout semble nous séparer : l'histoire, la religion, l'argent.

Bilan :  

Un immense coup de cœur pour ce récit court mais d'une densité émotionnelle rare. C’est une lecture qui agit comme une "éclaircie" : elle illumine brièvement la part d'ombre de l'Histoire pour en extraire une beauté humaine universelle. La fin est, par ailleurs, absolument saisissante et inattendue.

Présentation de l'éditeur : Editions La Table Ronde

Sélection n°5

Catégorie Fiction 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Naïf. Super. de Erlend LOE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Le jour de ses vingt-cinq ans, le narrateur prend brutalement conscience que sa vie n’a pas de sens. Il prend les choses en main et dresse la liste de ce qu’il possède. Mais il lui manque l’essentiel : des projets, une bonne dose d’enthousiasme et, surtout, une petite amie. Il rédige alors une nouvelle liste et trouve l’objet avec lequel la vie va enfin pouvoir reprendre son cours: un ballon rouge… 

Ce que j'ai aimé :

Le narrateur gère sa crise existentielle en la prenant à bras le corps : il se met à lister des objets, à acheter des balles pour les lancer contre un mur, à envoyer des fax à des inconnus, à réfléchir très sérieusement au temps et à l’univers. Il conserve un calme enfantin, presque déconcertant, lui permettant de désamorcer l’angoisse, en rendant le vertige de l’existence soudainement manipulable. Comme si, face à l’immensité du monde, la seule réponse possible était une logique volontairement bancale mais rassurante.
Il commence par une célébration radicale de la simplicité : ici pas de pathos inutile, les gestes sont simples, les pensées aussi, et c’est précisément là que le roman devient lumineux. Faire rebondir une balle, boire du lait, écrire des listes, envoyer une lettre : ces actes minuscules deviennent des points d’ancrage. Le roman affirme, sans grands discours, que le sens n’est pas forcément dans les grandes idées mais dans les petites routines que l’on choisit consciemment.

Ainsi, peu à peu, l'enthousiasme reprend le pas, le narrateur décide de croire. Croire que recommencer est possible. Que changer ses habitudes peut changer sa manière d’être au monde. Que l’on peut reconstruire une énergie vitale à partir de presque rien. Cette énergie-là n’est jamais spectaculaire : elle est douce, maladroite, parfois ridicule, mais profondément sincère. 

Derrière cette naïveté assumée, se cache une envie irrémédiable de croire en la vie. Naïf. Super. n’est pas un roman de fuite, c’est un roman de réconciliation. Avec le temps qui passe. Avec l’idée qu’on ne comprendra jamais tout. Avec le fait que l’espoir peut être une décision quotidienne plutôt qu’un état permanent. Loe nous dit, sans emphase : on peut choisir la joie modeste, la routine apaisante, l’élan de tout recommencer et ceci  même quand on se sent vide ou perdu.

C’est un livre qui fait du bien précisément parce qu’il n’essaie pas d’être profond : il l’est malgré lui. Et c’est peut-être ça, sa plus grande réussite.

 

 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Les enfants de Sainte Marguerite de Ante TOMIC

Publié le par Hélène

♥ ♥

Sur l'île de Sainte-Marguerite, l'arrivée d'un migrant syrien de toute beauté et les braiments d'un âne mystique bouleversent le quotidien d'une population haute en couleur. Entre les cellules transformées en chambres d'hôtes par un policier astucieux et les joutes philosophiques autour de l'origine du kebab, une série de rebondissements improbables s'orchestre sous l'œil de la sainte locale. Cette épopée rocambolesque se transforme finalement en une grande aventure amoureuse qui scelle le destin de cette communauté solidaire.

Ce que j'ai aimé : 

S’immerger dans ce roman d’Ante Tomić, c’est comme s’asseoir à la table d’un banquet de village où l’on ne connaît personne au début, mais où l’on finit par embrasser tout le monde à la fin.

Le génie de Tomić réside dans sa capacité à orchestrer une véritable fourmilière humaine. Ici, pas de héros solitaire, mais une foule de personnages hauts en couleur qui se croisent dans une chorégraphie délicieusement désordonnée. Ils crient, ils gesticulent, ils se disputent pour un rien et ils se battent parfois, mais surtout, ils s'entraident. C'est un récit où l'on se conseille mal, où l'on se mêle de tout, mais où personne n'est jamais vraiment laissé de côté. 

L'auteur manie un humour décalé, presque absurde, qui ne tombe jamais dans la caricature. Sous la farce, Tomić glisse une réflexion profondément humaine sur la dignité et la résilience d'un peuple qui en a vu d'autres. Il célèbre l'identité méditerranéenne dans ce qu'elle a de plus noble : sa capacité au mélange. "Les peuples et leurs religions se sont férocement combattus en ces terres, mais bien plus souvent ils se sont mélangés, ont coopéré, échangé des chansons, des histoires et des recettes d'agneau à la broche, de fromage de chèvre, de chou farci, de risotto à l'encre de seiche et de cévapcici."

Bilan : 

Un livre solaire, bruyant et généreux.

 

Du même auteur : Miracle à la combe aux Aspics ♥ ♥ ♥

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>