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litterature europe

La librairie disparue de Evie WOODS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

En 1921, Opaline, une jeune femme passionnée de littérature, fuit Londres et l'avenir tracé qui l'attend : un mariage arrangé qu’elle rejette catégoriquement. Elle s’installe à Dublin, où elle transforme une vieille boutique en une librairie unique en son genre, spécialisée dans les livres anciens et rares. Cette librairie devient son refuge, un lieu à la fois de paix et de rébellion contre la vie qu’on aurait voulu lui imposer.

Des années plus tard, Martha, une femme qui fuit son propre passé de violence conjugale, croise Henry, un jeune étudiant qui, en cherchant des informations sur une librairie disparue, tombe sur la mystérieuse histoire d'Opaline. Intriguée par l’énigme, Martha décide de l’aider à résoudre ce mystère.

Ce que j'ai aimé : 

L’histoire s’attache à sonder le pouvoir secret des livres et cette troublante faculté qu’aurait la vie de se laisser réécrire. Elle révèle, en filigrane, la manière dont le passé modèle silencieusement l’avenir en offrant deux beaux portraits de femmes en quête d’émancipation, chacune tentant d’arracher son destin aux ombres qui l’ont précédée. Toutes deux, selon leur propre élan, cherchent à reprendre possession de leur existence, et la librairie, à la fois refuge et creuset de métamorphoses, incarne cette reconquête.

L’un des aspects les plus envoûtants du récit réside dans cette librairie disparue qui, avec ses ouvrages anciens, semble devenir un théâtre où se matérialisent souvenirs, émotions et événements inexplicables. Les livres s’y révèlent bien plus que de simples volumes : ils sont des passages secrets, des foyers de révélations, des énigmes à déchiffrer, des mémoires ensevelies qui palpitent encore dans l’ombre.

Bilan :

Un roman poétique et envoûtant, parfait pour les amateurs de récits mêlant mystère, magie et réflexion sur la résilience et la rédemption.

Présentation de l'éditeur : J'ai Lu

Publié dans Littérature Europe

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Une vie entière de Robert SEETHALER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Andreas Egger vit dans un petit village des Alpes autrichiennes, au XXᵉ siècle. Sa vie s'écoule doucement au coeur de sa vallée alpine, entre tragédies et petits bonheurs. Le récit suit sa trajectoire, celui d'une vie ordinaire, l'enfance difficile, le travail comme ouvrier agricole, éreintant, voué à la construction des lignes de téléphérique — symbole de la modernisation et de la fin d’un monde rural ancien. Puis l'amour comme un éclat, bref et intense. La guerre et le retour des années plus tard dans un monde transformé. Pour finir, la vieillesse, Andreas terminant sa vie dans la même vallée, témoin du passage du temps et de la disparition d’un mode de vie simple et rude.

Ce que j'ai aimé : 

Andreas Egger n’est ni un héros ni un homme d’exception. Sa vie « banale » prend pourtant une profondeur universelle, il endure tout avec une forme de sérénité muette, une acceptation stoïque de la vie.

"Comme tous les êtres humains, il avait, lui aussi, nourri en son for intérieur, pendant sa vie, des idées et des rêves. Il en avait assouvi certains, d’autres lui avaient été offerts. Beaucoup de choses étaient restées inaccessibles ou lui avaient été arrachées à peine obtenues. Mais il était toujours là. Et dans les jours qui suivaient la première fonte des neiges, quand il traversait le matin le pré humide de rosée devant sa cabane et s’étendait sur une des dalles rocheuses qui le parsemaient, avec dans son dos la fraîcheur de la pierre et sur le visage les premiers chauds rayons de soleil, il avait l’impression qu’il ne s’en était tout de même pas mal tiré ».p133

Le ton est calme, presque contemplatif, ce qui rend le roman d’autant plus émouvant. 

Bilan : 

Le livre a rencontré un grand succès critique et public, traduit dans de nombreuses langues. En France, il a été finaliste du Man Booker international Prize en 2016 et a conquis les lecteurs par sa sobriété et sa profondeur humaniste.

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Le tabac Tresniek ♥ ♥ ♥ ♥

Publié dans Littérature Europe

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Les éléments de John BOYNE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

Quatre récits, quatre voix, comme les points cardinaux d’une même douleur : une mère en fuite, un jeune footballeur accusé, une chirurgienne des grands brûlés, un père en voyage avec son fils. Chaque trajectoire explore à sa manière la culpabilité, le silence, la complicité, qu’ils soient subis ou infligés. Ensemble, ces histoires composent une fresque bouleversante sur la violence, l’innocence perdue et la quête de rédemption.

Ce que j'ai aimé :

En quelques phrases, la magie opère, et déjà nous marchons aux côtés de ces personnages, pris dans le flux de leurs existences. L’écriture, ample, sensible, sait capturer le souffle du récit et l’offrir comme une évidence.

Mais si Boyne captive, c’est aussi parce qu’il refuse la facilité des jugements binaires. Là où d’autres pointeraient un doigt accusateur, lui dessine des visages complexes, multiples, marqués par la lumière comme par l’ombre. Ce roman n’incrimine pas seulement les hommes : il ose dévoiler la part des femmes, non pas comme simples victimes silencieuses, mais comme figures actives, parfois complices, parfois cruelles. Des femmes qui savaient et se sont tues. Des femmes capables de violence – physique ou morale. Des mères distantes, incapables d’offrir à leurs enfants le moindre geste d’amour.

Cette nuance est la force de ce roman. Elle confère au récit une profondeur vertigineuse, obligeant le lecteur à interroger ses propres certitudes. Ici, nul manichéisme, mais un chœur de voix humaines, traversées de failles et de contradictions. Et c’est dans cette justesse que réside le grand art de John Boyne : raconter non pour juger, mais pour révéler.

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai moins aimé la dernière histoire, plus statique, plus classique sur le conflit parent-adolescent. 

Bilan :

Un roman qui nous plonge dans les eaux troubles de l’âme humaine, et qui, longtemps après la dernière page, continue de nous poursuivre.

Présentation de l'éditeur : Editions JC Lattès

 

Sélection pour le mois de septembre 

Catégorie : Fiction

Publié dans Littérature Europe

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Mon cher mari de Rumena BUZAROVSKA

Publié le par Hélène

Ces onze nouvelles racontées à la première personne présentent chacune une femme décrivant son époux dans une scène de la vie quotidienne. Elles explorent les complexités de la vie conjugale à travers le prisme des voix de différentes femmes.

Ce que j'ai aimé :

Rumena Bužarovska pointe les limites des rôles attribués par la société et interroge les relations, les attentes sociétales, et les frustrations silencieuses souvent vécues dans le cadre du mariage.

Ce que j'ai moins aimé :

Le roman est écrit par une macédonienne mais il aurait tout aussi bien pu se passer ailleurs...

De plus, ces femmes sont fort peu sympathiques, voire exécrables, jalouses, violentes et les hommes narcissiques, infidèles. Les deux sont violents envers leurs enfants et finalement le portrait du genre humain est très pessimiste en ces pages ! 

Bilan

Très glauque !!

Présentation de l'éditeur : Folio

Publié dans Littérature Europe

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La mansarde de Mrs K de Mary WESLEY

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Laura Thornby est une femme d’une quarantaine d’années, indépendante, séduisante, mais qui cache une solitude tenace. Elle rencontre Claud Bannister, jeune écrivain fragile et hanté par ses obsessions créatives. Pour Laura, il n’est d’abord qu’un « caprice », une distraction de plus dans sa vie de séductrice. Mais l’aventure prend une tournure inattendue.

Ce que j'ai aimé : 

Le roman prouve comment l'imaginaire et la littérature peuvent avoir un pouvoir destructeur ou libérateur, brouillant les frontières entre la vie et la fiction. Laura Thornby, indépendante et cynique, pense s’amuser avec le jeune Claud Bannister, mais se retrouve piégée par ses propres sentiments – et par la force de l’imaginaire.

Ce que j'ai moins aimé : 

L’intrigue manque de souffle : Claud reste une silhouette, trop enfermé dans ses obsessions littéraires, et la rivalité avec l’héroïne inventée aurait mérité un traitement plus audacieux. On sourit à certains passages, on s’agace à d’autres, et l’ensemble laisse une impression en demi-teinte.

Bilan : 

En définitive, un texte qui illustre bien le style piquant de Wesley mais sans atteindre la densité émotionnelle de ses meilleurs romans. À lire si l’on connaît déjà l’autrice, mais pas comme porte d’entrée idéale dans son univers.

Présentation de l'éditeur : Flammarion

Du même auteurSucré, salé, poivré ♥ ♥ ♥ ; La pelouse de camomille ♥ ♥ ♥

Publié dans Littérature Europe

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Madame Hayat de Ahmet ALTAN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Fazil est un jeune étudiant en littérature qui vient d’une famille modeste. Il perd son père et, pour survivre, donne des cours particuliers et vit dans une pension bon marché. Sa vie bascule quand il croise Madame Hayat, une femme mûre, libre, magnétique, exubérante, qui l’attire et le trouble. Parallèlement, Fazil rencontre Sila, une jeune femme cultivée, réservée et élégante, issue d’un autre milieu social.

Ce que j'ai aimé : 

Les deux figures féminines incarnent deux voies possibles pour Fazil : l’amour charnel et libérateur d’un côté, l’amour romantique et normatif de l’autre : Madame Hayat incarne la sensualité et la jouissance de l’instant, en opposition à l’austérité et à la mélancolie de son quotidien. Sila, quant à elle représente une autre forme d’amour, plus classique et plus "acceptable". Mais la tension liée  aux deux figures antithétiques est encore plus profonde. Bien que la Turquie ne soit jamais explicitement nommée, l’univers du roman reflète un climat de peur, de surveillance et de répression. Le roman est traversé par la mort, les deuils et la fragilité des existences. Face aux bouleversements politiques, l'autoritarisme, et les tensions sociales que traverse la Turquie contemporaine, le personnage de Madame Hayat incarne la liberté vécue, tandis que Sıla présente une vision plus rationnelle et mesurée. Le roman est animé par un sentiment d’urgence : saisir la beauté du monde avant qu’il ne disparaisse. Madame Hayat est finalement comme l'allégorie de la vieille Turquie et en ce sens les dernières pages sont déchirantes...

Pour finir, ce roman est d'autant plus marquant qu'il a été écrit en prison : Altan a été arrêté en 2016 et condamné à la réclusion à perpétuité (peine annulée ensuite, mais il a passé plusieurs années en détention). Pendant cette période, il a écrit plusieurs textes, dont ce roman. Malgré la censure, la prison et les contraintes, Altan insiste sur la puissance de l’imagination, de la mémoire et du désir. La littérature apparaît alors comme un refuge vital face à l’oppression.

Un grand roman !

Prix Fémina étranger en 2021

Présentation de l'éditeur : Actes sud

Publié dans Littérature Europe

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Encore 25 étés de Stephan SCHAFER

Publié le par Hélène

Et voilà je suis encore tombée dans le piège d'un feel-good qui ne s'annonce pas comme tel mais a bien tous les défauts du feel-good que je n'apprécie guère. Je ne me suis pas méfiée, le roman est sorti chez Actes Sud, d'un auteur allemand,et il n'avait pas de titre à rallonge comme "le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie" "ainsi gèlent les bulles de savon" "Cupidon a des ailes en carton" ou que sais-je encore. Juste "Encore 25 étés" pour un pitch qui s'annonçait philosophique : La vie a t-elle un sens ? Travailler nuit-il à notre liberté ? Autrui est-il indispensable ? Qu'est ce qu'être humain...

Que nenni !

Tout commence par une baignade, et dans ma grande naïveté, je voyais déjà une allusion à Héraclite mais si c'est le cas, le raccourci aurait déjà dû m'alerter : on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, le temps ne revient pas, lavons nous de nos mauvaises habitudes, allégeons nous, libérons nous profitons de chaque minute qui ne reviendra pas ! (le leitmotiv de ces romans) 

Mouais... on partait mal.

La rencontre entre le féru de travail qui ne peut pas laisser son portable trois secondes, qui établit des to-do list interminables, et celui qui, plus prosaïquement, a décidé de cultiver des pommes de terre, s'avère bien caricaturale, ponctuée des phrases habituelles sensées nous faire dire "mais oui mais c'est bien sûr pourquoi est ce que je perds mon temps à travailler quand je pourrais finalement cultiver des patates en profitant de chaque minute qui, comme le dit si bien Héraclite, ne reviendra pas ! " !!

Petit florilège des phrases en question : 

"La vraie décision, c'est d'être toi-même" p 67 (je note les pages si jamais vous vous dites "nous elle exagère" vous pourrez vérifier !)

"Donne à chaque jour la chance de devenir le plus beau jour de ta vie " (attribuée à Tom Sawyer, l'auteur a des lettres...) p 90 

"Savourer les choses en pleine conscience, être plus soigneux de son temps, aimer plus attentivement, embrasser plus longuement." (on n'était pas loin du rythme ternaire, mais non, même le style est décevant...) p 127

"Il s'agissait de vivre maintenant. De ne plus perdre de temps." (le message doit être répété souvent pour que le lecteur naïf comprenne bien ...) p 132

On rencontre tout de même un texte de Borges (qui dit la même chose, en mieux) mais la traductrice a cru bon de préciser (sans doute aussi sonnée par tant de banalités) que le texte était attribué à Borges à tort ! 

Bref, je n'ai pas eu l'envie de tout plaquer pour aller trier des patates au bord d'un lac, et je referme le roman déçue, ce n'est pas encore aujourd'hui que je connaitrai le sens de la vie...

Présentation de l'éditeur : Actes sud

Publié dans Littérature Europe

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Un coeur de trop de Brina SVIT

Publié le par Hélène

♥ ♥

Lila Sever, jeune Slovène égarée à Paris, partage sa vie avec Pierre et Oscar, son fils. Un jour, elle apprend la mort de son père, Matija, resté en Slovénie. En héritage, il lui laisse une maison nichée au bord du lac de Bled. Même si elle ne souhaite pas récupérer cette maison, elle part, sur un coup de tête. 

Et c’est là que la vie la surprend, avec ses rencontres singulières qui font naître en elle une étrange impression de solitude, des hommes, Nast, Sergueï et ce chat qui, tel un spectre familier, retrouve sa place dans la maison vide. Elle trouve également un manuscrit dans une armoire paternelle, "Un cœur de trop", comme un secret dévoilé. 

A Paris est restée Simone, l'amie de toujours, trahie mais pourtant toujours présente, vigile de l'ombre.

Ce que j'ai aimé :

L'atmosphère est ouatée, délicate, et la jeune femme se complaît dans cet entre-deux qui permet paradoxalement une ouverture vers le monde, vers son passé, vers elle-même. La neige s’étend, recouvrant le lac, son îlot et son église et suspend le temps, figé dans une immobilité douce, comme un rêve entre deux battements de cœur.

Bilan : 

Dans ce roman, l'auteure explore les fragilités humaines avec une tendresse remarquable.

Présentation de l'éditeur : Folio

Publié dans Littérature Europe

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Les curieuses rencontres du facteur de Skogli de Levi HENRIKSEN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Simon est journaliste et il vient de perdre son père. Il décide de reprendre sa vie en mains et part s'installer dans la  la maison de ses grands-parents, dans le village isolé de Skogli, au fin fond de la Norvège. Là, il devient facteur, espérant aussi oublier sa femme, surprise au lit avec un autre homme.

Durant ses tournées, il fait la connaissance de villageois tous plus singuliers les uns que les autres : un couvreur obsédé par les insectes et oiseaux, un homme âgé élégant qui l’invite à déjeuner chez lui, une veuve qui expose chaque année les costumes de son défunt mari, et une jeune femme mystérieuse qui sort très rarement de chez elle.

Ce que j'ai aimé : 

Avec une délicatesse toute scandinave, Levi Henriksen nous entraîne dans le quotidien de ce petit village norvégien où la routine d’un facteur devient peu à peu une ode à la vie, à la bienveillance et aux secondes chances.

Le personnage principal, profondément humain dans ses failles comme dans ses élans de générosité, se révèle au fil des pages d’une grande justesse. Ses rencontres, tantôt cocasses, tantôt émouvantes, dessinent une mosaïque de destins abîmés qui trouvent, au contact de son regard attentif et de sa patience discrète, un chemin vers la reconstruction.

Ce roman est avant tout une histoire d’humanité partagée. On y retrouve cette chaleur simple, presque fragile, qui nous rappelle que même dans les existences cabossées, il reste toujours une possibilité de recommencer. Le facteur de Skogli incarne à merveille ce pouvoir silencieux des petits gestes : une parole bien placée, une oreille tendue, un acte de gentillesse qui bouleverse plus qu’on ne le croit. Le mot d'ordre de Simon est "l'humain avant tout" et ce devrait être celui de tout un chacun en ces temps troublés ! 

Bilan :

Un roman réconfortant !

Publié dans Littérature Europe

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Les filles du chasseur d'ours de Anneli JORDAHL

Publié le par Hélène

Elles sont sept, sept sœurs aux allures de sauvageonnes, avec leurs longues chevelures rousses, leurs muscles noueux, leurs gestes brusques et leurs éclats de rire ponctués de grossièretés. On les voit parfois descendre au marché, les bras chargés de peaux de bêtes, qu’elles vendent avant de danser, ivres et flamboyantes, sous les sifflets des hommes. On les dit braconnières, bagarreuses, et quand la lune est pleine, on jurerait les apercevoir, nues et hurlantes, se baigner dans la rivière. Mais nul ne sait vraiment qui elles sont. Elles portent un seul nom : les filles du chasseur d’ours.

Pourtant, derrière ces renardes effrontées se cache un récit plus sombre. Une nuit, leur père ne revient pas de la chasse, et les sept filles se retrouvent livrées à elles-mêmes. La forêt, pour celles qui n’étaient jusque-là qu’une bande de gamines jouant les dures, devient alors une épreuve implacable. La faim, le froid, la discorde — et surtout la violence des hommes — leur apprennent ce que la survie exige.

Ce que j'ai aimé : 

Les personnages sont atypiques : ces filles sauvages aiment chasser, fumer, danser, s’enivrer de bière, se goinfrer de gibier, se baigner nues dans les lacs glacés, se rouler dans la boue et se foutre des raclées, et ne se promènent pas sans un gourdin. Et pourtant elles révèlent leur humanité au fil des pages, au fur et à mesure qu'elles s'émancipent de l'image du père. Elles comprennent peu à peu qu'il ne leur a pas appris à lire, écrire, les a maintenues dans leur sauvagerie et non pas par idéologie comme elles le pensaient. Elles apprennent peu à peu à se libérer des entraves et gagnent une véritable liberté en affirmant leur propre personnalité.

« Vous êtes libres. Libres de créer votre propre royaume où vous serez reines. Vivez ! Soyez fortes, vivez fort, et vous pouvez compter sur votre père. Je serai à vos côtés jusqu'au bout. »

Ce que j'ai moins aimé :

Il faut persévérer au début pour s'attacher aux personnages, très nombreux. La crudité du ton et la noirceur des scènes peuvent aussi déranger. 

Bilan :

Un roman à la fois cruel et fascinant, relativement sombre.

Présentation de l'éditeur : J'ai Lu

Publié dans Littérature Europe

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